Hello hello, voici un premier Défi Parry !

Avec le groupe Papote, écriture, lecture et bonne humeur, le but était d'écrire sur les thèmes suivants :

Thème 1 : Des mots et des lieux
Placer tous les mots : Armure, Chat, Vent, Crépuscule, Paisible, Livre, Libre, Aquarium
Placer 3 lieux (à choisir dans une liste, j'ai sélectionné les 3 suivants) : Une route déserte, La terrasse d'un café, Château

Thème 2 : C'est arrivé un 21 août

21 août 1911 : On a volé la Joconde
Au matin du lundi 21 août 1911, à la première heure, le peintre Louis Béroud se rend au Salon Carré du Louvre pour faire une copie de la Joconde. Quelle n'est pas sa surprise quand il découvre que ce petit tableau a disparu. Un gardien interrogé suppose qu'il est peut-être au service de reprographie !
Mais il faut très vite se faire une raison, il a bel et bien été volé. Le scandale est immense...

Le défi consiste à écrire sur ou autour du vol d'une œuvre d'art connu. Votre personnage peut être le voleur, l'inspecteur qui enquête, l'agent d'assurance, le directeur du musée, le gardien de nuit, le journaliste qui couvre l'affaire, le recéleur, le commanditaire du vol…. Vous pouvez faire une UA ou non. A vous de voir !

Thème 3 : Tout en image (une grande bibliothèque)

Thème 4 : Citations

Isaac ASIMOV, Le Cycle de Fondation , Tome 1 : Fondation

Citation 1 : Il est parfois utile de dire carrément ce qu'on pense surtout si l'on a la réputation d'être retors.
Citation 2 : On gagne toujours à jouer cartes sur table, surtout lorsqu'on a la réputation de cacher son jeu.
Citation 3 : Pour réussir, il ne suffit pas de prévoir. Il faut aussi savoir improviser.
Citation 4 : La violence est le dernier refuge de l'incompétence. Mais je n'ai certainement pas l'intention de déployer un tapis sous les pas des envahisseurs ni de leur cirer les bottes.

Voici 4 citations tirées de Fondation, à vous d'en choisir une et de vous en servir de prompt pour votre histoire !


Nuit mystérieuse

Fandom : Kiss kiss bang bang

Thème 1 : Des mots et des lieux

Tout avait commencé à la terrasse d'un café. Perry et moi on était là à siroter : café pour lui, coca pour moi. On causait de la possibilité de l'achat d'un nouvel animal. Petite ambiance paisible, mais pour combien de temps ? Je veux dire, tu connais Perry, il déteste a peu près tout ce qui bouge, il veut pas d'un chien, il veut pas d'un chat, c'est à peine s'il veut de son coloc ici présent. J'ai tenté le poisson rouge, mais il a répliqué que je ne serai pas foutu d'entretenir un aquarium vu la gueule de ma chambre et il n'avait pas tellement tort. Alors adieu animal de compagnie, à part Aglaé l'araignée qui avait tissé sa toile dans nos chiottes et qu'il tolérait parce que c'était l'été et que les moustiques étaient in love de nos guibolles.

J'ai râlé mais Perry disait que sans animal de compagnie et donc sans responsabilité, je serai libre de partir où et quand je le voudrais. De toute façon, et il insistait bien, il ne garderait pas de clébard pour que je puisse aller faire des conneries dieu sait où, surtout sans lui.

Parce que je faisais la gueule, ou sans doute simplement parce qu'il en avait envie, Super Détective proposa que nous fassions une sortie. J'ai tendu une oreille intéressée, puis il ajouta « culturelle ». Tu parles d'une tuile. On était déjà en fin d'aprem et j'étais pas chaud, mais quand Perry a une idée dans la tête, il l'a pas dans le cul, alors on est partis à Ouxiplou-les-bains-de-pieds.

L'idée était de visiter un château au crépuscule et d'y rester une nuit. La brochure qu'il m'avait fourré dans les mains une fois dans la voiture parlait de fantôme et de frissons, mais je savais que Perry ne s'intéressait qu'aux vieilles pierres et que c'était une technique comme une autre pour essayer de susciter le mien, d'intérêt. J'ai lu le papelard vite fait et j'ai décidé d'arrêter de faire la gueule. Une route déserte s'étendait devant nous et je ne suis pas un fana des longs silences. On a causé pendant tout le trajet, du boulot majoritairement et un peu des membres chiants de nos familles éloignées, puis le château est apparu. La vue aurait pu faire la couverture d'un des seul livre dont je connais l'auteur : Dracula (de Braille Stoker). Il y avait un putain de vent et il a fallu lutter pour rejoindre le hall d'entrée du château, où se trouvait une armure et une réceptionniste qui avait l'air de dater de la même époque.

Je m'attendais presque à ce qu'elle nous dise : bienvénoueeee dans mon châteauuu, mais elle nous a juste filé les clés de la chambre. Perry avait réservé bien sûr, tout ceci avait été planifié dans mon dos par mon traître de coloc et de patron.

Thème 2 : On a volé le rubis !

La visite était aussi barbante que prévue et la voix de notre guide, monocorde et grave, me donnait envie de pioncer sévère. Je ne détestais pas visiter des lieux historiques, mais le visuel me suffisait largement, pas besoin de savoir que François 5ème du nom se faisait encore torcher le cul à l'âge adulte ou que Marie-Anne Thérésa Hildegarde avait eu douze mômes. J'aurai bien flanqué un coup de pied à Perry qui posait des questions, mais celui que j'aurai eu en retour aurait été bien plus douloureux que le mien, alors je me suis abstenu.

Nous avons fait une pause blabla pour visiter les jardins et observer quelques chauves-souris et des chouettes qui n'avaient d'effrayantes que le nom. Le temps était agréable, il faisait frais mais on était loin de se geler les noix et je serai bien rester encore un moment à l'extérieur. Je savais que le calvaire historique allait recommencer et que ça allait durer des plombes. Apparemment, le château était connu pour abriter un rubis gros comme une pêche, transmis de génération en génération par tout un tas de gens dont je n'avais rien à foutre. Perry était aux anges, jusqu'à ce qu'on arrive dans la salle en question. La babiole à trouzemille carats avait disparu. Cette fois, c'était moi qui était aux anges : le bordel crée par le vol du joyau allait m'éviter la soirée la plus chiante de ma vie.

Perry et moi on s'est regardés, doigt sur le nez avant de désigner l'autre : le duo de choc était sur le coup. Le machin brillant venait de disparaître et le voleur était peut-être encore dans le coin. C'était bien plus excitant que la chasse aux fantômes et ça pourrait également nous rapporter beaucoup de flouze. Perry s'est chargé de socialiser avec les touristes présents et d'interroger les membres du personnel du château, montrant sa carte de détective un peu partout et moi, j'ai fourré mon nez dans tous les endroits trop évidents pour y cacher un énorme rubis. Comme dans le casque de l'armure à l'entrée de la baraque et...bingo.

― Sérieusement ?

J'étais le premier surpris, et je tenais à me le faire savoir. Puis il m'arrive souvent de dire tout haut ce que je pense très fort. Perry a rappliqué et pendant qu'on reconnaissait mes immenses talents de détective, il a tout gâché. Il a zyeuté le caillou de près et a déclaré que c'était un faux, juste un leurre pour gagner du temps. J'étais dépité, il était dépité, nous étions de retour à la case départ. La police est arrivée et on nous a sommé de ne pas quitter le château.

Thème 3 : Tout en image (une grande bibliothèque)

Grande réunion dans la grande biblio : tous les coupables potentiels présents et le caillou hors de prix, toujours introuvable. Au moins, personne n'était obligé de lire, mais je voyais l'oeil intéressé de Perry s'attarder sur les tranches de certains bouquins. Il n'y avait même pas une bande dessinée parmi eux et l'ennui m'envahissait pendant que la police fouillait le château. J'aurais aimé fouiner moi aussi, mais comme rien ne prouvait notre innocence, ce n'était pas possible. J'ai tenté de m'occuper en adressant mes plus formidables grimaces à Perry mais il me répondait seulement en me faisant de gros yeux, alors j'ai essayé avec une de mes voisines, une petite vieille aux cheveux frisés qui semblaient former un nuage gris. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle me tire la langue en louchant et j'ai ri, attirant tous les regards (dont celui très sévère de notre ami détective).

― Ça va, on est pas obligés de jouer au jeu du silence non plus.

J'ai protesté. J'ai reçu d'autres regards critiques, puis la petite mémé est venue à mon secours, sortant de son sac de Marry Poppins un jeu de cartes. Elle a proposé à l'assemblée une partie d'un jeu dont je connaissais vaguement les règles. J'étais le seul, avec Perry et une touriste à l'accent allemand, qui semblait intéressé. La grand-mère, qui s'appelait Aurore, proposa que l'on joue de petits objets pour ajouter du piment à l'affaire, c'est ainsi que j'ai mis en jeu un bic, Perry, un paquet de mouchoirs, la touriste à l'accent allemand, un paquet de chewing-gum, et mémé, une épingle à nourrice. Perry et mamie Aurore étaient les plus doués et ils nous dépouillèrent petit à petit de tous nos objets de non-valeur, sans le moindre remord.

Alors que les flics fouillaient toujours le moindre recoin poussiéreux du château, le duel s'engagea entre Mémé et Perry, qui, s'ils continuaient à jouer encore longtemps, alors devoir bientôt parier

leurs fringues. Avant d'en arriver à cette terrible extrémité, il leur restait les objets qu'ils nous avaient fauchés, bientôt partagés équitablement entre eux. Ils décidèrent de faire une dernière partie avec une nouvelle règle inventée par Aurore : parier un objet surprise. Intrigué par ce que Mémé pourrait bien dissimuler sur elle, j'encourageai Perry qui gagna donc grâce à moi.

― Bien joué, monsieur Van Shrike. Je suis désolée de ne pas pouvoir réellement vous faire don de ceci...dit, Mémé.

Aurore ôta son chapeau, révélant l'énorme rubis disparu, posé comme un oeuf sur le nid de ses cheveux argentés.

Thème 4 : Citation 3 : Pour réussir, il ne suffit pas de prévoir. Il faut aussi savoir improviser.

Et oui. Le duo de choc venait encore de résoudre une affaire, mais celle-ci laissait un goût amer. Il n'y aurait sûrement qu'une petite récompense et Aurore qui avait juste voulu s'amuser un peu (selon ses dires, elle n'avait jamais prévu d'emporter le rubis) allait probablement faire un court séjour en prison malgré son grand âge. J'espérais que la justice serait clémente, mais hey, je sais comment elle fonctionne, la putain de justice...On pouvait prévoir la meilleure défense du monde et se faire enculer quand même. Mémé allait devoir improviser, émouvoir, toucher le jury en plein cœur. Je l'en croyais tout à fait capable et j'étais prêt à témoigner en sa faveur. Perry aussi.

En attendant le procès, on bossait sur nos affaires en cours, maris et femmes infidèles, chats disparus, petites magouilles. Puis enfin le jour J.

Il y avait beaucoup trop de peuple à mon goût dans la grande salle qui aurait fait bien dans un film d'Harry Potter et le juge avait une tronche qui ne me revenait pas. Je touchais une chaise pour porter chance à Mémé,en expliquant à Perry que toucher du bois porte-bonheur. Il me répondit que toucher du singe également et me passa la main sur la tête. L'enfoiré.

Une fois bien assis, nous avons entendu les explications détaillées de Mémé, qui avait tout de même bien planifié sa « farce » en avance et qui avait des compétences qui ne jouaient pas vraiment en sa faveur. S'en suivirent nos témoignages, qui la rendaient aussi sympathique que possible, puis ceux des autres personnes présentes et diverses autres interventions inintéréchiantes. Ensuite, la longue tirade de la principale intéressée, au sommet de son art. Une délibération à n'en plus finir pour une décision on ne peut plus prévisible : un petit temps de prison, réduit au maximum par clémence pour le grand âge de l'accusée.

Tout ça m'avait semblé à la fois extrêmement long et rapide, mais je n'suis pas à un parade-boxe près. Une fois dans la voiture de Perry, je l'ai regardé et j'ai dit :

― Tu vois, si tu avais accepté pour le chien, on aurait évité un tas d'embêtements.

Le flyers pour le château était encore dans la voiture et Perry l'utilisa pour me coller une tape sur l'oreille. Le papier était léger, la main de Perry beaucoup moins.

― Si tu tiens tant que ça à avoir un clébard à l'appartement, je peux t'aboyer dessus et te mordre le derche quand tu lambines.

Je ne sais pas pourquoi, je trouvais la proposition presque tentante.