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BELLA

Au début c'est l'éclat du soleil qui me tire de mon sommeil plutôt confortable.

Ensuite c'est le bruit doux de petits rires qui m'entraîne davantage dans l'éveil et me fait sourire. J'adore le rire de Charlotte.

Mais qu'est-ce qui m'a vraiment réveillé comme si quelqu'un m'avait aspergé d'eau ?

C'est le rire qui répond à ce rire. Un rire masculin.

Je ne suis pas un homme.

Cependant il me semble que le corps sur lequel je suis couchée appartient à l'un d'eux.

Mes yeux s'ouvrent et quelle est la première chose que je vois ?

Ce n'est pas le torse ferme et habillé dont je viens de parler. Ou l'amusement dans les yeux émeraude alors qu'il me regarde.

D'accord je les ai remarqué mais cela ne m'a pas autant alarmé que l'énorme cercle rond de bave qui est sur sa chemise.

Je m'assieds rapidement ce qui est une erreur parce que rester dans cette position pendant… oh mon dieu... huit heures m'a rendu raide et maintenant je suis endolorie, étourdie et embarrassée.

C'est vraiment le tiercé gagnant ce matin.

"Oh purée," dis-je en jetant un regard attentif à ma fille.

"De la purée au petit-déjeuner ? Pas l'exemple que je voulais donner à Mlle Charlotte ici présente," taquine Edward.

Je passe mes doigts sur les coins de ma bouche pour essuyer toute trace liquide et ensuite je passe ma main dans mes cheveux.

Pour quoi faire, je ne sais pas. Je sais que quand je me réveille je ressemble à une femme fraichement échappée d'un asile de fou, je suis donc surprise qu'il ne se soit pas enfui en courant.

"Non, je voulais dire… peu importe." Je mords ma lèvre. "Je me suis endormie sur toi."

"Oui c'est vrai."

"Toute la nuit, j'ai dormi sur toi."

"Oui."

"J'ai bavé sur toi."

Il baisse les yeux sur sa chemise.

"Il semblerait que oui."

"Je suis désolée," je grimace.

"Ce n'est pas grave Bella.. cependant j'attends pour aller à la salle de bain alors si tu veux bien m'excuser." Il se lève et part dans le couloir et je fais de même après avoir allumé la télévision pour Charlotte.

Je gémis en me voyant. C'est bien pire que ce que je craignais. Oui mes cheveux ressemblent à un nid de rat mais je ressemble aussi à un raton laveur car mon mascara a coulé sous mes yeux et je suis pâle. C'est comme si quelque chose était mort dans ma bouche.

Dieu sait seulement ce qu'il en a pensé.

Il ne m'embrassera plus jamais.

Mes parties féminines pleurent de manière appropriée.

Je me brosse les cheveux et les dents, enfile un pantalon confortable en coton et un débardeur et vais préparer le petit-déjeuner de Charlotte.

Seulement pour découvrir qu'Edward m'a devancé.

"Gelée Mlle Charlotte ?" lui demande-t-il.

"Fraise," dit-elle.

"Quel merveilleux choix," dit-il en l'étalant sur son pain grillé et en le posant à côté de son bol de céréales.

Son sourire en réponse me réchauffe le cœur.

Je me sers un bol de céréales ce qui me fait paraître occupée. La vérité est que je ne sais pas quoi faire de tous ces sentiments secrets qui flottent à l'intérieur. Tout ce que j'ai dit maintenant pourrait le faire fuir en hurlant.

"Tu veux aussi de la fraise ?" murmure-t-il à mon oreille en collant légèrement son corps contre le mien. Ma respiration se coupe.

"Hmmm," je gémis. "Je veux dire oui ! La fraise c'est bon."

Il rit doucement, son souffle chaud flottant sur ma nuque et me faisant frissonner.

"Bien." Il s'éloigne et je ressens son absence.

Putain. Il sait exactement ce qu'il me fait.

Je me racle la gorge et opte pour un air de nonchalance alors que je m'assieds et commence mon petit-déjeuner.

"Eh bien hier soir c'était quelque chose," dit-il.

Ma cuillère s'arrête à mi-chemin de ma bouche. Hier soir ? Qu'est-il arrivé hier soir ? L'avons-nous fait ? Non. Je me souviendrais de ça. Seigneur, dites-moi que je m'en souviendrais. Je ne suis pas endolorie, je suis complètement habillée… je veux dire je serais endolorie et au moins sans culotte non ?

"Je… est-ce que nous... je veux dire... quoi ?" je bégaie.

Il me lance un regard confus.

"Ton père," me rappelle-t-il.

Mes yeux s'écarquillent.

"Ah ouais… C'est vrai... c'était quelque chose," je marmonne.

"De quoi croyais-tu que je parlais ?" demande-t-il.

"Rien," je réponds rapidement. "Charlotte, tu veux bien aller regarder la télévision ?"

Elle hoche la tête et court pour aller voir Paw Patrol ou Bubble Guppies.

"Ce n'est pas rien. De quoi croyais-tu que je parlais ?"

"Rien." J'insiste et ensuite je me lève pour prendre nos bols et les mettre dans l'évier.

Je ne l'entends même pas se lever mais il est déjà derrière moi. Quel furtif putain !

" Tu pensais qu'on avait fait quelque chose de coquin, Mme Swan ?" murmure-t-il.

"Non bien sûr que non," je me moque, heureuse qu'il ne puisse pas voir mes joues rouges flamboyantes.

"Oh que si… tu l'as fait. Croyez-moi, Mme Swan, quand nous aurons des relations sexuelles tu n'auras plus à te demander si nous l'avons fait ou non. Tu le sauras," jure-t-il.

Mes genoux sont sur le point de céder. Je m'agrippe fermement au comptoir.

"En voilà un qui est sûr de lui !" Je me moque.

"J'espère sincèrement que nous y arriverons," dit-il.

Soudainement nous ne parlons plus de sexe. Je me retourne pour lui faire face. Il est plus proche que ce que je pensais alors j'essaie de reculer d'un pas ou de cinq mais en vain. Le comptoir tape contre mon dos et lui me coince.

"J'essaie."

"Je sais. Maintenant que je sais qui est ton père, je peux voir pourquoi tu as des problèmes de confiance." Il met une mèche de cheveux derrière mon oreille. "Je peux être patient."

"Tu peux ?" je demande avec espoir.

Il hoche la tête puis la secoue. "Non !" dit-il en riant. "Mais pour toi je ferai une exception. Tu en vaux la peine."

"C'est vrai ?"

"Oui," dit-il simplement. "Je déteste partir mais j'ai du travail." Il sourit en s'excusant.

"Non ça va. Je comprends."

"Sors avec moi ce soir."

"J'aimerais beaucoup, mais Charlotte..."

"Elle peut venir avec nous."

"Ça ne te dérange pas ?" je demande.

"Même pas un peu. Je passe te prendre à cinq heures ?" demande-t-il.

Je hoche la tête et avec une bise sur ma joue et celle de Charlotte, il s'éclipse, me laissant fixer la porte d'entrée plus longtemps que je ne veux l'admettre.


"Viens, mon bébé, on va mettre tes chaussures," dis-je, en me penchant pour prendre les sandales de Charlotte.

"Au revoir ?" demande-t-elle, en venant et en s'asseyant sur le canapé, en levant ses petits pieds vers moi.

"Oui. Nous sortons ce soir, avec Edward." Je lui dis de manière informelle pendant que j'attache sa chaussure et commence la suivante.

"EdBeh !" dit-elle avec enthousiasme, en tapant dans ses mains.

Je lui souris alors que je finis de la préparer.

"Tu aimes vraiment Edward, n'est-ce pas ?" Je lui demande.

"Uh huh." Elle hoche la tête avec enthousiasme.

"Moi aussi," je chuchote en embrassant sa joue. "Assieds-toi ici pendant que je finis de me préparer. Dora ?" je demande.

"Bob l'éponge !"

Je gémis mentalement. Je déteste ce foutu dessin animé mais si ça la fait sourire...

Tout ce que nous faisons pour nos enfants...

Je le mets et je finis d'aller me préparer.

Je porte un pantalon blanc en coton avec un haut moulant vert en soie. C'est une tenue décontractée. Je laisse mes cheveux lâchés en vagues et mets un peu de maquillage. Ensuite j'enfile mes sandales blanches et le look est complet. C'est fin septembre mais il ne fait pas encore trop frais pour que je sois mal à l'aise. Autant s'habiller bien tant que je le peux. Les hivers de Forks peuvent être rudes.

"EdBeh !" crie Charlotte.

Je me précipite dans le salon.

"Tu as ouvert la porte ?" Je demande à Charlotte, alarmée.

Elle se mord la lèvre, ce qui est un aveu de culpabilité.

"Ma puce, tu dois toujours laisser maman répondre à la porte, d'accord ? Je ne veux pas que quelque chose t'arrive," je l'apaise.

Elle hoche la tête, les yeux pleins de larmes.

Je lève les yeux vers Edward.

"Salut," dis-je doucement.

"Salut." Il sourit puis ses yeux se tournent vers Charlotte. Je peux dire qu'il veut la dorloter et je secoue la tête en signe d'avertissement. Je déteste être sur son dos mais elle doit apprendre et je ne peux pas avoir Edward s'immiscer dans sa vie, contrecarrant son apprentissage.

"C'est la partie la plus difficile de l'éducation des enfants..." je lui chuchote en attrapant nos vestes.

Il hoche juste la tête, ce que j'apprécie.

"Tu es prête ?" demande-t-il à Charlotte.

Elle hoche la tête, toujours en reniflant. Il se penche puis hésite, en me regardant. "Je peux la prendre… maintenant ?"

Je roule des yeux. On aurait pu croire que je l'avais battue, vu comment ils se comportent tous les deux. Je hoche la tête pour lui faire savoir que c'est bon et il me sourit, se penchant pour l'attraper et la faire rire.

Bientôt, on m'a oublié, même si ça ne me dérange pas. Elle n'avait pas été aussi heureuse depuis longtemps et j'ai l'impression que c'est pareil pour lui. Ils sont bons l'un pour l'autre, Edward et ma fille. Des âmes sœurs, si vous voulez.

Il nous amène à sa voiture. Attends, sa voiture n'est pas faite pour les enfants et je n'en ai pas encore une.

J'ouvre la bouche pour lui dire et je suis surprise de trouver un Porsche Cayenne garée sur le côté de la route.

"Quoi, tu es sorti et tu as acheté une nouvelle voiture juste pour l'occasion ?" je demande.

Son regard penaud me dit que je ne suis pas loin de la vérité.

"S'il te plaît, dis-moi que tu n'as pas acheté une nouvelle voiture juste pour nous sortir ?" je demande.

"Ok, je n'ai pas acheté une voiture juste pour vous sortir toutes les deux," répète-t-il consciencieusement.

Je hausse un sourcil.

"Je le promets. Parole de scout," dit-il.

"Tu étais scout ?" je demande, sceptique.

"Oui, pendant deux mois entiers," dit-il.

"Tu t'es fait virer ?"

"Oui, mais ce n'était pas ma faute. Je ne savais pas à l'époque que le gaz et le feu ne faisaient pas bon ménage. J'avais raté ce cours..."

"Ton EdBear a besoin d'une aide professionnelle," dis-je à Charlotte.

Elle se blottit juste encore plus contre lui.

Puis je pense à autre chose.

"Je n'ai pas son siège auto avec moi. Il est dans la voiture d'Alice."

"Pas de problème. J'en ai acheté un," dit-il.

"Bien sûr, que tu l'as fait."

Nous nous installons dans la voiture puis il démarre.

"Alors, où allons-nous ?" je demande.

"Eh bien, je me suis dit qu'il était trop tôt pour aller à une fête foraine car nous devions être prudents après sa récente opération, alors j'ai fait des réservations au Tin Brick à Port Townsend. C'est pour les familles et c'est sous terre, j'ai pensé que ce serait cool."

"Tu n'y es jamais allé ?"

"Jusqu'à récemment, je passais tout mon temps à travailler, donc non. J'ai hâte d'y être. C'est bon ?"

"C'est parfait," dis-je.

Nous arrivons et prenons l'escalier pour descendre au restaurant. L'hôtesse, après avoir fait un examen approfondi de mon compagnon, nous fait asseoir. Est-ce mal que j'ai envie de la poignarder avec une fourchette ? Dans sa clavicule, pas moins.

"Puis-je faire quelque chose pour vous ?" demande-t-elle, de manière suggestive. Je veux dire... vraiment... il y a un enfant ici.

"Non !" je réponds sèchement.

Il rit mais le cache rapidement par une toux. Je lui lance un regard noir.

"Quoi ?" demande-t-il.

"Tu sais quoi," et c'est tout ce que je dis.

Je regarde le menu et fronce les sourcils.

"Ils n'ont pas de menu enfant ?" je demande.

Il regarde ce dont je parle. "On ne dirait pas. C'est une grande fille. Je parie qu'elle peut manger une pizza entière toute seule."

Je lui lance un regard narquois. "Tu ne vas pas payer dix dollars pour une pizza dont elle ne mangera que deux morceaux."

"Tu n'as pas le droit de regarder les prix quand tu es avec moi. J'ai de l'argent. Trop d'argent si je suis honnête. Je n'ai personne à qui le consacrer. Laisse-moi le dépenser pour toi et Charlotte. S'il te plaît."

"Bien," je marmonne.

"Charlotte, tu veux de la pizza ?" demande-t-il.

Elle hoche la tête.

"Fromage ou pepperoni ?"

"Fromage, s'il te plaît," dit-elle.

"Va pour le fromage." Il sourit. "Et pour toi ?"

"Cheese steak." je décide.

"Bon choix."

Nous commandons, heureusement c'est un homme cette fois et discutons en attendant notre nourriture. Charlotte est en admiration dans ce restaurant. Elle sourit plus que je ne l'ai jamais vu.

Après dîner nous repartons en voiture et son téléphone sonne.

"Je dois prendre cet appel," s'excuse-t-il.

Je hoche la tête et essaie de ne pas écouter la conversation mais c'est difficile car nous sommes proches.

Ça a été vite fait.

"Ça te dérange si on s'arrête chez moi pour que je regarde quelque chose ?" demande-t-il.

"Bien sûr que non."

Il se dirige vers chez lui et je réalise que nous sommes à la périphérie de la ville, à environ vingt-cinq minutes de chez moi. L'hôpital est à dix minutes de chez lui, dans la direction opposée.

"Tu m'as dit que j'étais sur ton chemin..." je l'accuse. J'avais, bien sûr, deviné cela, mais je ne l'avais jamais confronté à ce sujet.

"J'ai menti," dit-il.

"Je peux le voir."

"Tu es en colère ?"

Je le regarde et décide que je ne le suis pas.

"Comment je pourrais l'être ? Tu m'as aidé à m'en sortir," dis-je finalement.

"Waouh, donc tu peux être raisonnable. Je n'aurais jamais deviné."

"Oh chut…"

Il s'arrête dans une longue allée, il sort et comme je ne fais aucun mouvement pour le suivre, il se penche dans la voiture.

"Vous venez ?" demande-t-il.

"On peut juste attendre ici."

"Ça pourrait être un peu long."

"Ok," dis-je en haussant les épaules.

Je sors Charlotte et il la prend quand on atteint la porte d'entrée.

La porte s'ouvre sur un couloir plus grand que mon salon avec du marbre et des tables blanchies à la chaux.

Il nous fait entrer et Charlotte et moi regardons autour de nous avec curiosité.

"Faites comme chez vous," dit-il en prenant un des nombreux couloirs.

"C'est peu probable," je murmure.

L'endroit est vaste. Je veux dire, énorme. Je marche et je peux entendre l'écho de mes pas. C'est blanc aussi. Partout. Les sols blancs, les meubles blancs, l'électroménager blanc, juste blanc. Je veux dire qu'il y a une autre couleur. Le noir. Tapis noirs, œuvres d'art noires, télévision noire. C'est très monochromatique.

Ça manque de chaleur et... de convivialité . C'est étrangement troublant. Je me sens mal à l'aise.

Puis Edward apparait avec un sourire et je corrige mentalement cette affirmation. C'est lui la chaleur de cet endroit.

"Quelque chose ne va pas ?" demande-t-il, le sourire disparaissant de son visage.

"Non."

"Alors pose-la. Je dois juste regarder ça et passer un coup de fil rapide."

Je fais ce qu'il me demande.

"Tu as besoin d'aide ?"

"Oui, ce serait bien. J'ai juste besoin de voir à quelle date on a engagé l'équipe de construction pour savoir quand elle est censée avoir fini. Ils devraient être en train de terminer le remodelage du sixième étage et on a porté à mon attention qu'ils n'en sont qu'à la moitié. Je ne vais pas payer pour leur négligence."

J'acquiesce et je prends la moitié de sa pile pour la passer en revue, en essayant de garder un œil sur Charlotte. Je me perds vite dans la paperasse et je ne lève les yeux que lorsque j'entends un grand bruit et un cri de Charlotte.

Nous nous levons tous les deux d'un bond et la trouvons dans le couloir, debout à côté d'un vase noir et blanc brisé sur le sol.

Sa lèvre tremble.

"Suis désolée," pleure-t-elle. Je la prends dans mes bras et essaie de la calmer pendant qu'Edward nettoie la poterie cassée.

Tout ce qu'elle peut dire et redire, c'est qu'elle est désolée.

Edward la prend dans ses bras et la berce d'avant en arrière.

"Tout va bien. Charlotte, regarde-moi." Elle le fait. "Je détestais ce vase. Je suis heureux que tu l'aies cassé. Il n'y a pas à être désolé, d'accord ?"

Elle hoche la tête et se blottit contre lui, essuyant son nez morveux sur sa chemise. Je grimace mais il fait comme si de rien n'était et embrasse sa tête.

"Nous devrions y aller. Je peux appeler un taxi," je propose.

"Quoi ? Non, prends la voiture. J'en ai pour un moment, j'en ai peur et elle commence à être fatiguée. Je t'appelle demain ?"

"Je ne peux pas prendre ta voiture," dis-je.

Il se racle la gorge et évite mon regard.

"Edward ?"

"Ce n'est pas ma voiture."

"Quoi, tu l'as volée ?" je rigole.

"Non, je l'ai achetée... pour toi."

J'arrête de rire et m'assieds, abasourdie.

"Tu as fait quoi ? Mais tu as dit..."

"J'ai dit que je ne m'étais pas acheté la voiture, je n'ai pas parlé de t'acheter la voiture," rectifie-t-il.

"Non," dis-je fermement. "Je ne peux pas l'accepter, je ne l'accepterai pas. C'est trop. Je trace la limite maintenant." Je lui prends Charlotte et me lève. "S'il te plaît, appelle-moi un taxi," dis-je fermement.

"Bella."

"Non. Tu ne peux pas continuer à faire ça. Je ne suis pas quelque chose que tu peux acheter."

"Je n'essaie pas de t'acheter..." dit-il, avec agressivité.

"Comment tu appelles ça alors ?"

"J'essaie de t'aider ! Mais tu es tellement déterminée à être indépendante que tu ne veux accepter l'aide de quiconque."

"Oui, je suis déterminée à être indépendante. Mais ces derniers temps, tout ce que je fais semble dépendre de toi. Et quand tu partiras, je serai de nouveau seule."

"Qui a dit que j'allais partir ?" crie-t-il.

Charlotte se remet à pleurer et nous nous arrêtons brusquement.

"Chuut... C'est bon. Nous sommes désolés, bébé," je l'apaise.

"Peux-tu s'il te plaît nous appeler un taxi ? " je demande doucement.

"Non, je vais te ramener chez toi." dit-il, en prenant ses clés. Je le suis en silence et lui remet Charlotte quand il tend ses mains.

Trente minutes plus tard, je suis à la maison. Il sort sa silhouette endormie de la voiture et la porte à l'intérieur. Il hésite à la porte et je suis derrière lui.

"J'essaie seulement d'aider," dit-il.

Je soupire.

"Je sais, je suis désolée."

"Moi aussi, je suis désolé. Je veux juste rendre les choses plus faciles pour toi."

Je m'approche pour l'entourer de mes bras.

"Tu le fais. Essaie juste de baisser d'un cran, d'accord ? Je ne suis pas habituée à toute cette attention somptueuse," lui dis-je.

"Je vais essayer. Je te le promets."

Quelque chose dans son ton m'ennuie mais nous sommes en train de nous réconcilier alors je laisse tomber.

"Je t'appelle demain, ok ?" dit-il.

"Ouais, ok."

Je lui fais un baiser sur la joue et il ferme la porte derrière lui, en laissant échapper un grand soupir. Cet homme est quelque chose d'autre.

Je me prépare pour aller me coucher et je m'endors rapidement.

Le lendemain matin, je me réveille avec Charlotte qui saute sur ma poitrine. Comme j'aime la voir si insouciante et en bonne santé.

J'ouvre la porte pour laisser entrer le rare soleil et je me fige.

Le Porsche Cayenne est là, dans mon allée. Et sur ma porte,une note.

Je croise les doigts Profites-en.

"Je jure que cet homme va être ma perte," je marmonne puis je claque la porte.