Titre : Nous qui étions si aveugles

Disclaimer : Masami Kurumada

Notes : c'est vraiment venu sur un coup de tête. Me demandez pas pourquoi. Ah oui, et je maîtrise parfaitement la concordance des temps. J'avais juste envie de faire ce que j'ai fait, je trouve que ça rajoute quelque chose à l'histoire^^


Milo regardait fixement la pierre blanche. Cela faisait près de deux heures qu'il était là, sans dire un seul mot. Complètement seul. Aussi bien dans son corps, que dans son cœur. Depuis cinq ans maintenant, l'hiver abrite son cœur. Cinq ans qu'il vient ici tous les jours, cherchant désespérément à se repentir, et à comprendre l'erreur qu'il a commise.

Roméo et Juliette Montaigue (x907-x927) (x911-927)

Cette pierre tombale, surplombée par un ange, abrite le corps de deux amants, unis dans le secret, envers la haine que leur deux famille se portaient. Lorsqu'ils les ont découverts, ensemble, dans le caveaux familial des Capulets, personne n'a eut le cœur de les séparer. Mais Roméo ayant été banni de Vérone, c'est sur la propriété des Capulets qu'ils ont été enterrés. Il y a cinq ans. Parce qu'il avait voulu la marier à un autre. Sa propre fille.

Doucement, une main se pose sur son épaule. Il tourne la tête, laissant ses boucles blondes indisciplinées glisser le long de son dos voûté par le chagrin. Devant lui, le visage angélique de Camus apparaît. Camus, qui a pleuré. Camus, qui s'en est voulu. Camus, qui a malgré tout réussi à avancer. Malgré la douleur, malgré le chagrin, malgré la peine. Malgré l'amour.

- Milo, murmure-t-il, essayant de capter le regard azur de son mari.

- Il fait frais, répond le comte. Tu devrais rentrer, tu vas prendre froid.

- Toi aussi, fait l'homme à la chevelure rousse.

Mais Milo détourne la tête, et repart dans sa contemplation de la pierre tombale. Il ne veut pas partir. Il n'y qu'ici qu'il se sent bien, qu'ici qu'il peut demander pardon.

- S'il te plaît, insiste Camus, le tirant légèrement par le bras.

- Encore un peu, murmure le blond.

Le roux soupire.

- Milo, cela fait cinq ans que Juliette est morte. Ça ne la fera pas revenir. Il faut passer à autre chose, maintenant.

Les mots de l'homme qu'il aime le blessent plus que tout. Comment peut-il dire une chose pareil ? Comment peut-il être aussi insensible ?

D'un bond, il se lève. Il plante son regard azur dans celui rubis de son vis-à-vis.

- Qu'est-ce que tu dis ?! Tu n'as pas de cœur, Camus ? C'est de ma faute si Juliette est morte ! C'est de ma faute si notre fille est morte !

Camus accuse le coup. Il sait à quel point Milo a mal. Mais il est temps, maintenant. Alors, doucement, il enveloppe de ses bras le corps de son aimé, et l'attire contre lui.

- Ce n'est pas de ta faute. C'est de la nôtre, nous qui avons été si aveugle.

Alors, Milo se met à pleurer. Il laisse couler ces larmes, et enfouit sa tête dans l'épaule de son amant, qui est la dernière personne en ce monde qu'il aime encore. Sa peau pâle se mouille de ses pleures. De ces larmes qui coulent pour la première fois depuis cinq ans.


Voilà, c'était pas très joyeux. Mais j'avais envie d'écrire cette petite histoire. J'espère en tout cas que ça vous a plu !