Bonjour à tous,

Nous arrivons officiellement à la moitié de l'histoire ! Je remercie ceux/celles qui sont toujours là et j'espère sincèrement que malgré la longueur, vous ne vous ennuyez pas et prenez plaisir à suivre cette histoire.

Bonne lecture :)


Phase 3 - Brûlé

Chapitre 20

Stiles regardait les visages autour de lui, totalement serein, comme s'il ne venait pas de lâcher une véritable bombe. Il eut l'impression d'être revenu le jour de son arrivée dans la meute, lorsque Talia avait réuni quelques membres pour décider s'il pouvait rester parmi eux. Il aurait pu être un peu gêné ou embarrassé d'avoir révélé une telle information mais il restait étrangement calme, cette décision faisant finalement parti d'un long processus qu'il s'était empêché de voir.

Ce fut donc naturellement qu'après l'avoir révélé à Scott, il choisit de faire son annonce lors de la prochaine réunion de meute.

Jennifer avait été la raison principale de ses soucis, depuis le tout début. Elle était présente dans tous ces souvenirs douloureux, dans tous les événements tragiques qui avaient frappés son existence. Qu'il n'ait pas encore décidé de la traquer relevait du miracle.

A l'inverse, autour de lui, c'était un peu le chaos. Les autres parlaient en même temps, se coupant la parole et discutant de ce que Stiles venait d'annoncer avec ferveur. L'adolescent s'obligea à ne pas sourire devant ce qu'il venait, sans le vouloir, de déclencher. Ses parents avaient eu tendance à dire qu'il était comme une véritable tornade, engendrant panique et stupéfaction sur son passage par ses bêtises. Ils en avaient toujours parlé avec douceur et affection et l'adolescent serra les poings contre ses genoux, réalisant une nouvelle fois à quel point il avait eu des parents merveilleux.

Talia avait dû hausser le ton pour permettre à chacun de s'écouter et d'échanger. Stiles choisit alors de se reconcentrer sur le cœur de leur conversation, lorsque Cora prit la parole.

« Attendez une seconde, est-ce que je suis la seule à penser que c'est l'idée la plus stupide jamais entendue ? Et pourtant, nous vivons avec Peter alors côté stupidité, j'ai déjà vu et entendu pas mal de choses. »

L'ignorant, Peter se contenta de sourire narquoisement.

« Je n'ai pas prétendu ne pas être un gars stupide. » Stiles s'agita, observant Cora avec malice mais la jeune fille n'avait pas l'air d'humeur à accepter son humour.

« Alors quoi ? Tu t'es réveillé ce matin en te disant que ce serait une bonne idée d'aller tuer une femme dont tu ne sais ni où elle se trouve, ni si elle n'a pas les moyens de t'enfermer à nouveau dans une cage comme un animal ? »

Haussant mollement les épaules, Stiles eut l'air de dire que c'était à peu près vrai, oui.

« Bon sang, c'est ce psychopathe qui t'a fait fondre les méninges ? » précisa-t-elle, faisant référence à Theo, toujours aussi frontale. Sa sœur siffla alors son nom pour la sermonner.

« Cora, ça suffit. »

A côté de Laura, Scott écoutait également, le visage si tordu que Stiles se demanda s'il n'allait pas vomir. Stiles avait en effet compris rapidement que l'adolescent répugnait le simple fait d'imaginer de prendre une vie, dans n'importe quel contexte. Dans un sens, c'était une qualité plutôt chevaleresque. Mais Stiles n'était pas capable d'une telle compassion. En revanche, il ne fut pas vraiment surpris de constater qu'Allison possédait une expression réfléchie et posée, comme si elle pesait le pour et le contre.

Elle et son père avaient dû tuer pour survivre, il était évident qu'elle n'en avait pas la même vision.

« Une chose est sûre, c'est que Stilinski sait toujours nous trouver de quoi nous divertir, ici. » renifla Jackson, dont Stiles ne savait pas s'il trouvait l'idée complètement idiote ou s'il était pour une fois impressionné.

Mais il n'avait pas tort sur un point. Depuis qu'il était arrivé, Stiles n'avait eu de cesse d'apporter de nouvelles épreuves que la meute Hale avait dû affronter. Il n'en était pas très fier, ni de provoquer une nouvelle mêlée au sein de leur groupe.

« Je ne vous demande pas de m'aider. » Stiles regardait Talia mais s'adressait sincèrement à tous. « Je veux juste faire les choses bien cette fois. Je n'aurais pas dû partir comme je l'ai fait la dernière fois. Vous m'avez aidé et traité d'une façon que je n'aurais jamais imaginé. Mais j'ai pris ma décision. »

Talia resta silencieuse, comme si elle mesurait la détermination du garçon. Non loin d'elle, Deaton qui n'avait pour l'instant pas encore participé à la discussion, s'anima :

« Ce n'est pas vraiment ce que nous avions envisagé mais est-ce réellement une surprise ? » glissa-t-il à son alpha qui hocha la tête.

« Je suis avec le gamin. » Peter bouillonnait presque, semblant accentuer par la même occasion l'exaspération de Cora.

« Très bien, je vais le dire puisque tout le monde a l'air d'avoir été hypnotisé par notre ami magicien ici présent. » Elle plongea son regard dans celui de Stiles, s'exprimant comme à chaque fois qu'elle le faisait avec fougue. « Tu vas mourir. Ce n'est pas une hypothèse ou une probabilité. Tu vas mourir et sans doute d'une façon bien lente et douloureuse. C'est vraiment ce que tu veux ? Après avoir échappé de si nombreuses fois à ce que cette femme voulait te faire ? »

« Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, j'ai déjà échappé à des dizaines de tentatives d'assassinats. Autant partir avec panache, non ? Je veux dire, imagine un peu qu'on écrive des livres sur moi ? J'ai toujours rêvé d'avoir mon nom inscrit sur un bâtiment. »

Levant les yeux au ciel, Cora croisa les bras sur sa poitrine.

« Parfait, j'abandonne, vous avez tous perdus la tête. »

« Je ne vois pas pourquoi. » Son oncle s'ébranla. « Vous n'en avez pas marre de simplement tenter de sauver ce qu'on peut ? Il est temps que quelqu'un leur montre ce que ça fait d'être traqué. »

« Peter, tuer ne résout rien. » Talia objecta, comme si l'idée de laisser quelqu'un, même Stiles, partir en croisade dans l'espoir d'assouvir une vengeance, continuait de lui paraitre insensé.

« Oui, c'est ce que tu dis toujours. » susurra Peter d'une manière plus lente. Stiles reconnut alors rapidement qu'il faisait désormais référence à son exil hors de l'Etat pour rendre justice à ses proches. « Mais regarde où nous a mené la paix. Obligé de fuir et de vivre comme des miséreux, à nous cacher ou à être les témoins d'actions barbares. Nous nous taisons depuis trop longtemps. »

« Qu'est-ce que tu proposes ? Se rendre dans la capitale et tuer tous les membres du Conseil ? » Talia éleva la voix.

Stiles imaginait aisément que ressasser toutes ces choses ne devaient pas être agréable. Elle avait fait partie du gouvernement du pays, avait tenté, par les mesures et les lois, d'égaliser et de pacifier le territoire. Elle avait assisté aux prémices de l'installation de cet ignoble régime où les habitants étaient désormais traités en fonction de leurs différences. Elle avait essayé de rétablir un Etat sain et avait été obligée de fuir avec sa famille lorsqu'elle s'était rendue compte que ces tentatives n'étaient pas suffisantes. Stiles pouvait comprendre qu'elle plaçait désormais le bonheur et la sécurité des siens en premier.

« Si c'est ce qu'il nous faut pour mettre fin à cette guerre, je n'y vois aucune objection. » Peter conclut, avec fermeté.

« C'est justement parce qu'un groupe de personnes à commencer à réfléchir de cette manière que nous nous retrouvons dans cette situation aujourd'hui, Peter. » Confia Talia, toujours songeuse.

« Donne les sermons que tu veux, j'en ai fini de tendre l'autre joue. »

Stiles désira pourtant clarifier les choses.

« Je ne veux pas de massacre. Je ne veux pas de tuerie. Je ne veux que Jennifer. » affirma-t-il.

« Je me contenterais de la garce. » L'oncle concéda. « Ce sera toujours un monstre de moins dans ce pays. Et puis, avec un peu de chance, ce sera l'occasion d'en faire disparaître deux ou trois en même temps. »

Cette dernière déclaration ne passa pas inaperçu et Scott s'agita dans son coin, mal à l'aise.

« Attendez, » intervint Scott, « vous parlez réellement de faire exploser toute une assemblée ? Tuer... des gens ? Et s'il y avait des innocents, parmi eux ? »

« Personne n'est réellement innocent dans ce genre d'histoire. Si tu choisis de ne rien dire, alors tu acceptes. »

« Je ne sais pas, ça me semble imprudent. Et je suis d'accord avec Cora, tu as pensé à ce qui pourrait t'arriver ? »

Leurs échanges continuèrent de cette manière alors que chacun exposait son point de vue sur cette situation. Si certains étaient prêts à en découdre comme Peter et Jackson, d'autres restaient un peu sur la réserve comme Scott. Etonnement, Deaton sembla accepter cette expédition, déclarant qu'il était partant pour les accompagner et les aider en cas de problème.

Chris aussi avait émis quelques doutes, mais pas pour les mêmes raisons que l'adolescent :

« Ça ne va pas être facile, elle doit certainement se trouver dans le centre de la capitale, entourée d'une garde armée. »

« Mais pas impossible, pas vrai ? » Stiles sourit car il connaissait déjà la réponse. Chris ne résisterait jamais devant un tel défi.

« Pas impossible, non. »

« Alors, c'est quoi le plan ? » Jackson argua. « On trouve cette femme, on se pointe dans son repère et on l'a fait exploser ? »

« Oui, c'est la meilleure manière de tous se faire tuer. » Laura critiqua avant de lever les yeux au ciel. « Réfléchis un peu. »

Jackson ne parut pas offensé, observant les autres, un à un comme s'il attendait qu'ils viennent avec une meilleure idée. D'un côté, il n'était complètement éloigné de la vérité. Ou en tout cas, son impatience révélait un problème que Stiles n'avait pas encore eu le temps de résoudre.

« Il nous faut une occasion, quelque chose qui pourrait expliquer notre présence. » Laura continua, révélant ce que Stiles avait en tête.

Elle attira alors sur elle le regard de l'adolescent.

Si ce dernier avait rapidement compris qu'il serait suivi de près par Peter et Jackson, il n'était certain de rien pour les autres. Mais elle était déjà en train de réfléchir à quelque chose, comme si elle n'avait pas hésité avant d'accepter. Stiles ne savait pas vraiment dans quelle position se mettre. S'il était certain d'apprécier cette loyauté, il n'était pas aussi sûr à l'idée de ne pas être en même temps dépassé par tout ça. Il n'avait rien fait pour mériter autant de dévotion, et cette coopération lui faisait un peu peur.

Mais ce qui était évident, c'était qu'ils allaient avoir besoin d'une organisation solide, peut-être encore plus que ce qu'ils n'avaient déjà fait jusque-là. Avant, le but avait toujours été de se faire le plus discret possible afin de récupérer le plus d'enfants et de s'enfuir sans attirer l'attention. De se faufiler dans la nuit silencieusement en espérant ne jamais se faire prendre. Mais là, ce qu'ils envisageaient était différent. Ils avaient besoin d'une opportunité.

« Je crois que j'ai ça en réserve. » Chris formula avant d'expliquer. « La Récolte aura lieu dans quelques jours, ce qui nous donne l'avantage. Ils ne s'attendront pas à nous voir débarquer pour mettre fin aux festivités. »

« La récolte ? » répéta Scott, perdu comme les autres semblaient l'être aussi.

« A l'origine, il s'agissait de la période consacrée à la collecte des semences. La plupart des Natifs sont issus de familles traditionnalistes, dont beaucoup viennent d'un monde rural. La terre, pour eux, est le symbole de la vie et de la réussite. Ce n'est pas étonnant qu'ils réutilisent ce genre de vocabulaire, y compris pour l'organisation de fêtes et de cérémonies. » divulgua l'ancien chasseur, avec complaisance. « Aujourd'hui, la Récolte est devenue une sorte de gala, une soirée durant laquelle les plus gros propriétaires et investisseurs se rejoindront ainsi qu'une bonne partie des plus fervents croyants de notre gouvernement. Le but est bien évidemment d'amasser le plus d'argent possible, argent qui sera ensuite réinvesti dans de nombreux projets comme la construction de nouvelles Zones ou dans la formation des futurs Manteaux Noirs. Une belle soirée en perspective. »

Chris était déjà en train de fourmiller d'idées, ne tenant pas en place mais Stiles avait les yeux fixés sur Talia. Celle-ci n'avait pas l'air prête à donner son accord. Elle remarqua l'attention que Stiles portait sur elle et confirma ses pensées.

« Je sais que cette idée compte pour toi. Bien plus que tu ne peux l'imaginer. » Stiles voulait bien la croire. Talia n'était peut-être pas celle qui engageait les batailles mais elle avait dû y participer bien plus de fois qu'elle ne l'aurait voulu. « Et tu sais aussi que je ne peux malheureusement pas te soutenir dans cette quête de vengeance. C'est trop risqué. Les chances que vous atteigniez cette femme, sans vous faire repérer sont minimes. Et même si vous arriviez à sortir de là sans blessures, vous risqueriez de la mener jusqu'à nous. Je ne peux mettre en péril la meute de cette façon. Est-ce que tu comprends ? »

« Je comprends. »

Bien sûr que Stiles comprenait. Il était déjà bien étonnant qu'elle ait pris le temps d'organiser une réunion pour en discuter. Qu'elle ne l'ait pas juste envoyé paître pour avoir imaginé un seul instant cette mission quasi suicidaire.

« Et s'il y avait autre chose ? Une autre raison ? » Chris prit la parole, s'avançant vers l'alpha.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Si cette mission nous servait à obtenir quelque chose d'autre ? » précisa-t-il. « Peter n'a pas tort, nous ne pouvons pas continuer à nager ainsi dans le flou total, nous avons besoin d'informations concrètes et pas seulement des rumeurs et des fragments de récits que toi et moi aurions entendus, Talia. Il nous faut des preuves, des fichiers qui prouveraient l'existence des Zones, leur emplacement précis ainsi que les systèmes de sécurité mis en place. Il nous faut des contacts, des endroits où nous pourrions nous réfugier en cas d'attaque. Tu sais que nous ne réussirons pas à renvoyer ces enfants au Canada sans papiers officiels. Je pense que nous pourrions trouver tout ça, là-bas. »

« Pourquoi est-ce que tu penses pouvoir trouver des dossiers en rapport avec les Zones lors d'un gala de charité ? » demanda Laura, s'interrogeant sur les chances qu'ils avaient de mettre éventuellement les mains sur un tel trésor.

« Parce que ces hommes ne donnent pas seulement de l'argent pour améliorer leur ville. Ils le font aussi en espérant obtenir des votes aux élections. Beaucoup d'entre eux sont des membres du Congrès ou participent aux conseils. Comment crois-tu que ces élections se passent ? A coup de campagnes électorales honnêtes ? » renifla-t-il, bien au courant des pratiques douteuses qui sévissaient dans ce milieu. « Ils ont besoin de faire bonne figure et de montrer qu'ils sont prêts à tout pour continuer à promouvoir le système des Natifs. Je te parie que Jennifer a prévu d'en discuter lors de cette soirée, de faire en sorte de réunir le plus d'argent pour ces projets de Zones. Elle aura avec elle tout ce dont nous avons besoin, tout ce qu'il nous manque. »

« Mais où est-ce qu'on va pouvoir les trouver ces fichus dossiers ? Ce n'est pas comme si elle les cachera sous sa robe. » Cora enchaîna, ne cachant pas le fait qu'elle trouvait l'idée un peu grotesque.

Stiles pensa alors soudainement à quelque chose. Le visage de Jennifer apparut devant ses yeux, lors de souvenirs qu'il aurait préféré oublier. Il voyait sa figure, penchée au-dessus alors qu'on venait de l'étourdir à coups de courants électriques. Il se rappelait d'un détail. La femme jouait souvent avec un trousseau de clés, le faisant tournoyer entre ses doigts. Il savait que ces clés ouvraient les tiroirs de son bureau. Dans quel autre endroit pourrait-elle cacher des informations aussi importantes ?

« Les clés. » Stiles chuchota avant de reprendre plus fort lorsque les autres se mirent à le regarder. « Elle a des clés qu'elle porte constamment sur elle. Elle ne les quitte jamais. Je suis sûr qu'elles ouvrent quelque chose que Jennifer n'aimerait surtout pas qu'on trouve. »

« Bien. On force ce foutu bureau et on zigouille la psychopathe par la même occasion. » Peter décida, mais Talia avait l'air sceptique.

« Il nous faut ces documents pour traverser, Talia. » parlementa Chris, tentant une dernière fois de la convaincre. « C'est le seul moyen que nous ayons de tous les amener sains et saufs au Canada. »

Quand elle répondit cependant, Talia s'adressa à Stiles, le regardant sans sourciller.

« Je continue à penser que cette mission est dangereuse et beaucoup trop risquée pour ce que nous avons à gagner. En revanche, » releva-t-elle avec souplesse, « Je ne peux néanmoins ignorer que ces documents nous seraient particulièrement utiles pour la suite. Et je ne peux t'empêcher de partir accompagné si certains souhaitent venir avec toi. » Elle termina, son regard plongé dans celui de Peter.

Ce dernier n'attendait visiblement pas son accord pour en être mais il hocha tout de même la tête, un moyen pour lui de reconnaître le pas que venait de faire sa sœur vers lui. Elle n'était pas d'accord avec ce qui était proposé mais encore une fois, elle acceptait de ne pas se placer en travers de leurs chemins.

« Donc... on est sûrs de ça, Jennifer sera là ? » Compléta Laura.

« Elle y sera. » Stiles lança, avant même que Chris n'ait le temps d'y songer. « Elle est maligne et ne passera pas devant une occasion aussi belle d'obtenir encore plus de fonds pour ce qu'elle considère être une grande cause. Vous avez intérêt à sortir vos plus beaux costumes et à être prêts à chauffer vos portefeuilles. On a un gala de bienfaisance auquel assister. »

O

Un peu plus tard dans la journée, retrouver Scott fut plutôt simple et Stiles n'hésita pas longtemps avant de s'installer en face de lui. La cafétaria était vide à cette heure-ci et même Scott, qui pourtant ne rechignait jamais devant la nourriture, n'avait devant lui qu'une tasse de thé fumante. Il observait la boisson comme si celle-ci s'apprêtait à lui révéler les réponses à ces questions.

« Si tu espères transformer ta tasse en gâteau, je crois que tu vas devoir la fixer encore un moment. » Stiles offrit comme approche et éprouva du soulagement lorsque Scott sourit.

Ce n'était pas le sourire auquel il était habitué et Stiles ne fit pas semblant de ne pas le remarquer.

La réunion s'était achevée il y avait plus de deux heures et Chris avait quitté le domaine, prétextant devoir aller chercher des informations utiles à l'extérieur. Pensant un moment que Scott et Allison étaient ensemble, il avait été surpris de trouver la jeune fille seule. Scott n'avait pas caché le fait qu'il désapprouvait leur expédition.

« Eh, arrête de t'en faire pour ce que j'ai proposé tout à l'heure, » Stiles commanda gentiment. « Au contraire, je suis celui qui a toujours de très mauvaises idées. C'est plutôt un compliment si tu trouves que c'est une mission idiote. Ça prouve que tu as du bon sens. »

« C'est juste que... L'idée d'organiser tout ça dans l'espoir de tuer des personnes, aussi monstrueuses soient-elles... Ça me met mal à l'aise. Je sais bien que ce qu'elles ont fait est mal et qu'elles continueront certainement à faire souffrir d'autres gens. Mais je n'arrive pas à me dire qu'un massacre serait la solution à nos problèmes. Il doit bien y avoir autre chose, une autre alternative pour mettre fin à tout ça. Autre chose que... des tueries ? »

Stiles avait envie de lui dire que c'était le cas mais il y avait bien longtemps qu'il avait arrêté de penser de cette manière. Qu'il avait stoppé d'imaginer qu'il était encore possible de sauver ces gens de leurs idées empoisonnées.

« Je ne te juge pas, d'accord ? » Scott se sentit obligé de préciser. « Tu n'as rien à te reprocher et surtout pas l'envie de voir ceux qui t'ont privé de ta vie, de payer pour ce qu'ils ont fait. »

« Tu réalises que tu es en train de t'en vouloir parce que tu n'as pas envie d'ôter la vie à quelqu'un ? » Stiles finit par déclarer honnêtement, choisissant de montrer à Scott qu'il n'avait pas de raisons d'être aussi malheureux d'être en désaccord avec eux. « Bon sang Scott, t'es quelqu'un de bien. Tu vois le bon dans tous ceux qui t'entourent et ça, tu vois, c'est une qualité que je n'aurais jamais. Peut-être que c'était le cas, peut-être que je voyais aussi la part de bonté et de gentillesse chez chacun de nous mais ce n'est plus le cas. Je n'y peux rien, c'est qui je suis maintenant. Et j'ai conscience d'être le monstre que ces gens pensent que je suis en préméditant leur assassinat. Mais... c'est tout ce qu'il me reste. J'ai en ai marre de courir, j'en ai marre de fuir, j'en ai marre d'avoir peur. »

La peur avait fait partie de sa vie et ne l'avait jamais quitté.

« Jennifer a encore cette emprise sur moi. Et je veux être libre. »

Il ne voulait pas que Scott accepte son raisonnement, juste qu'il comprenne. Il n'avait jamais souhaité la mort de personne. Jusqu'à ce qu'on le sépare de sa famille. Jusqu'à ce qu'on lui mette des chaînes au poignet. Jusqu'à ce qu'on le mette en cage, tel un animal. Jusqu'à ce qu'on choisisse de le traiter comme un cobaye qu'il était possible de disséquer sur une table. Jusqu'à ce qu'on lui retire la dernière chose qu'il avait encore de cher sur cette Terre.

Stiles n'était pas un meurtrier. Mais il n'était plus totalement contre l'idée d'en devenir un. Juste pour elle.

Scott et lui restèrent installés en silence, patientant que le loup termine sa boisson. Lors de sa dernière gorgée, il fronça le nez comme s'il venait de goûter quelque chose de particulièrement amer.

« Tu avais raison. J'aurais dû prendre un gâteau. »

O

Quelques heures plus tard, Stiles se trouvait au-dessus de la cuvette des toilettes, à vomir ses tripes comme si son estomac s'était engagé à ne rien garder. Maugréant contre ce dernier comme s'il était vivant, il se releva lentement, ses genoux irrités après avoir cogné si lourdement le carrelage de la salle de bain. S'agrippant au lavabo, il attrapa sa brosse à dents et s'échina à nettoyer sa bouche de ce goût immonde. De la sueur avait commencé à s'accumuler sur son front et une fois propre, Stiles jeta un coup d'œil à son reflet dans le miroir.

« T'es dans un piteux état, mon vieux. » Il se marmonna à lui-même, avant de se concentrer sur les détails.

Il avait la peau translucide et des marbrures bleues, tirant sur le rouge étaient apparues sous ses yeux. Ces derniers, d'un brun chaud d'ordinaire, étaient pâles et vides. Son torse coincé dans un t-shirt paraissait maigre et malingre, le col du vêtement descendant presque sur ses clavicules. Il n'y avait que ses lèvres qui renfermaient encore un peu de couleur. Elles étaient d'un rose vif, après les avoir frottés si vigoureusement.

Sortant de la salle de bain pour rejoindre la chambre, Stiles fut surpris de constater qu'il n'était pas totalement seul. Derek, assis sur son lit le regardait avec un mélange d'inquiétude et de frustration. Refermant la porte derrière lui, Stiles pénétra dans la pièce et scotcha un sourire sur son visage, s'approchant du jeune homme.

« Tu sais que tu aurais pu faire savoir que tu étais là, j'aurais pu être nu. » minauda-t-il avant de s'asseoir à côté de lui.

« J'ai toqué. » l'informa Derek mais Stiles fronça les sourcils.

« Je n'ai pas répondu, si ? Ça voulait donc dire que je ne t'avais pas entendu. Et donc on en revient à mon problème numéro un : j'aurais pu sortir totalement nu de cette salle de bain. Tu m'aurais alors blâmé de t'avoir infligé un tel traumatisme. »

« J'ai toqué. » répéta-t-il. « Puis j'ai entendu du bruit. Je pensais que c'était une invitation. » Derek haussa les épaules et Stiles tâcha de trouver du sens à ses propos.

« C'est un peu trop facile, j'espère que tu ne prends pas pour habitude de te faufiler dans la chambre des gens comme ça. »

« Evidemment que c'est ce que je fais tous les jours, comment est-ce que je m'occuperais autrement ? »

Ç'eut le don de faire rire Stiles avant qu'il ne place une main contre le haut de son torse lorsqu'une toux commença à le prendre. Il n'eut pas besoin de regarder Derek bien longtemps pour comprendre que l'autre continuait à lui jeter des coups d'œil troublés.

« T'en fais pas va, j'ai l'air d'être devenu une vieille personne mais c'est juste un air que je me donne pour attendrir les gens autour de moi. Ça a fonctionné, la dernière fois, Jackson s'est senti obligé de me ramener mon petit déjeuner, sans que je n'aie à sortir d'ici. Il m'avait même apporté un verre de jus de pomme parce qu'il sait que j'ai dû mal à digérer celui à l'orange. »

« Tu ne digères pas le jus d'orange ? » Derek argua, semblant croire que Stiles mentait.

« Tu ne veux pas voir ça, mon pote. Je me transforme en une sorte de monstre essayant de déglutir après que mes papilles aient été si durement assaillies. Crois-moi, ce n'est pas un spectacle pour les enfants. »

« Oh, je viens d'être témoin d'une scène tout aussi choquante. » L'homme glissa, le traître et Stiles s'offusqua.

« Je te rappelle que c'est toi le pervers qui t'amuses à entrer dans l'espace privé des autres, sans y avoir été invité. Sois un grand garçon et assume tes responsabilités maintenant. On sait très bien que l'une des règles fondamentales est de ne pas entrer dans une chambre d'adolescent, encore moins si le dit adolescent a pour habitude de se retrouver dans des situations embarrassantes. » Puis, il leva un doigt en l'air, comme pour le prévenir. « Et ne crois pas que je suis en train de parler de moi, parce que ce n'est pas le cas. »

« Tu as vu Deaton, aujourd'hui ? »

Ce n'était pas vraiment une question. Ou, en tout cas, pas le genre de question à laquelle Derek voulait entendre un non. Heureusement pour lui, Stiles avait effectivement été voir l'homme. Il n'avait certainement pas envie de se retrouver avec un Derek exaspéré sur les bras, prêt à le porter de force jusqu'au druide. Ce dernier n'avait effectivement pas su tenir sa langue et avait finalement révélé à tout le monde que Stiles était désormais une denrée dont la date était limitée.

« Oui, papa. »

« Et qu'est-ce qu'il a dit ? » demanda-t-il, ignorant le ton ironique de Stiles.

C'était bête de le questionner dessus. Et Stiles le lui fit savoir.

« Pourquoi est-ce que tu le demandes ? Ce n'est pas comme si la situation allait changer en l'espace d'une journée et demie. » Il débattit mais Derek ne semblait pas vouloir lâcher le morceau.

« Qu'est-ce qu'il a dit ? » Il répéta.

Soupirant, Stiles jeta un œil à ses mains. Elles aussi étaient pâles et arboraient désormais des petites taches sombres, comme si même son épiderme était en train de le lâcher.

« Que mon état se détériore. Et qu'il ne sait pas quoi faire pour arrêter le processus. Blablabla. »

Derek resta un moment silencieux, au point que Stiles se sentit obligé de relever la tête pour s'assurer qu'il ne venait pas de se métamorphoser en plante. Ce n'était pas comme si ce genre de choses était déjà arrivé mais Stiles n'était plus à ça près. Mais Derek était toujours là, en chair et en os, pareil à un mur tant l'expression de son visage resta figée.

Il avait les poings collés contre ses genoux et n'avait de cesse de les plier et de les déplier comme s'il ne savait pas quelle position adopter. C'était étrange de voir un homme aussi ordinairement constant et maître de lui, commencer subtilement à perdre le contrôle.

« Qu'est-ce que tu penses de tout ça ? »

« A propos de quoi ? Que Deaton ne sait pas comment annoncer de bonnes nouvelles ou que j'ai une date de péremption plus restreinte que celle d'un yaourt nature ? »

« De cette mission. D'aller trouver Jennifer. » précisa-t-il et Stiles acquiesça.

« J'ai envie d'en finir avec tout ça. Et je suis peut-être stupide de penser que ça marchera mais c'est ce qu'il me reste aujourd'hui. Je veux qu'elle paye pour ce qu'elle a fait. Pas seulement à moi, mais à tous ces enfants et à toutes ces familles qui ont un jour croisé sa route. Je veux qu'elle me voie cette fois. Pas juste comme une marchandise qu'elle pourrait utiliser ou vendre. Mais comme une menace. Je veux qu'elle soit effrayée. Et perdue. Comme nous l'étions autrefois. » L'adolescent remua, s'étant laissé un peu emporter. « Enfin, si tout ce que je dis fait sens. »

C'était ce qu'il ressentait en tout cas, ce qu'il animait désormais.

« Tu te rends compte que les chances de s'en sortir vivant sont proches de zéro ? » Derek annonça, même s'il savait qu'il ne ferait pas changer d'avis le plus jeune.

« J'ai plutôt été malchanceux jusqu'ici alors je me dis que le destin m'en dois une bonne. Et puis, ce sera toujours une occasion pour toi d'être débarrassé du nouveau au cas où les choses tourneraient mal. »

Derek le regarda si longuement que Stiles s'imagina avoir une marque énorme sur le visage.

« Pour quelqu'un qui n'arrête pas de se targuer d'être intelligent, tu es plutôt idiot de penser que tu t'y rends tout seul. »

Stiles s'y était un peu attendu. Ce n'était pas la première fois que Derek avait prouvé qu'il était prêt à le suivre, même dans ses plans les plus désespérés. Mais cette fois-ci, il ne se sentit pas soulagé ou ému de son dévouement. Il en était assez affolé. Tout simplement car il n'était pas certain d'en sortir vivant. Et il ne voulait pas le mettre en danger, ni lui, ni les autres.

« Derek... »

« Je ne te demande pas la permission. »

Stiles se tut alors, ses yeux fixés sur l'homme qui se tenait en face de lui, alors que la lueur dans ses yeux se changea, devenant plus légère et affectueuse.

Sans crier gare, il se pencha rapidement vers Derek, encadra son visage de ses mains glacées, sentant Derek frissonner sous son toucher. Il déposa ensuite un baiser si rapide sur ses lèvres que l'homme n'eut pas le temps de cligner des yeux.

Répondant à la question silencieuse, Stiles déclara honnête :

« J'en avais envie, c'est tout. »

Reprenant ses esprits, Derek sourit en coin, s'avançant près de son oreille pour le taquiner.

« Tu n'es plus dégoûté par le pervers qui s'est glissé dans ta chambre ? »

« Je crois qu'en fait, il n'est pas si dangereux. » Stiles répondit au jeu avec amusement. « Je dirais même qu'en réalité, c'est un petit chiot inoffensif. »

Les lèvres de Derek étaient chaudes contre celles de Stiles qui restaient froides et fraiches. Ce dernier eut presque envie d'arrêter, se disant que ça ne devait pas être très agréable pour son compagnon. Mais celui-ci ne semblait pas décourager, au contraire, Derek l'embrassa avec une ardeur nouvelle. Ce n'était plus aussi fougueux et rapide que les premières fois. C'était plus lent, plus langoureux et tout aussi intense.

Stiles ignorait ce qu'ils étaient en train de faire, ni à quel jeu ils étaient en train de jouer. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il ne voulait pas que Derek s'arrête. Mais l'adolescent dut bientôt retrouver son souffle et il eut envie de se fustiger alors qu'il avait l'air d'un marathonien en fin de course. Derek parut regretter de ne pas s'être retenu et Stiles désira plus que tout retirer cette expression de son visage.

« Arrête de t'inquiéter, je n'ai pas encore dit mon dernier mot. » annonça-t-il, plus sérieusement. « Peut-être que je serais le premier Inné à vivre sans pouvoir, qui c'est ? Je ne sais pas ce qu'il va se passer mais une chose est sûre, je ne m'en irai pas sans combattre. »

« Je te crois. » Derek chuchota.

Plus tard, leur groupe se réunit ensemble dans la grande salle, ayant convenu de se retrouver plusieurs fois afin d'y réfléchir et d'analyser correctement le plan qu'ils avaient prévu. Et ce dernier se devait d'être parfait. Ils n'auraient pas vraiment l'occasion de se rattraper si les choses devaient mal tournées. Stiles fut à nouveau impressionné par la volonté dont certains faisaient preuve. Il comprit alors que bien que Jackson ou encore Allison n'avaient jamais été fait prisonniers par l'armée des Manteaux Noirs, ils en avaient tout autant souffert.

« Il est désormais évident que si nous voulons mettre la main sur Jennifer, il va nous falloir passer sous le feu des projecteurs. » Laura, dont les deux mains étaient posées sur la table, alors qu'elle observait le plan que Chris leur avait apporté sur le lieu de cérémonie, déclara. « Inutile de penser à rester dans l'ombre, cette fois. On ne l'approchera pas en restant à l'extérieur. » Puis, elle soupira comme s'il s'agissait de la pire nouvelle qu'elle aurait pu donner. « Il va falloir qu'on entre et qu'on se fasse passer pour des gens venus investir notre argent pour une noble cause. »

Elle accentua le terme de « noble cause » montrant à quel point elle trouvait l'idée de cette soirée plus que répugnante.

« Comment est-ce qu'on va faire pour tous entrés ? Nous n'avons ni papiers d'identité, ni cartons d'invitation, je te rappelle ? » fit remarquer Jackson.

« Chris est sur le coup, il ne devrait plus tarder. »

Stiles avait évidemment noté comme tous les autres que depuis leur décision de se rendre dans la Capitale, Chris ne faisait que quelques apparitions, prétextant à chaque fois devoir rencontrer un ancien collègue qui pourrait leur venir en aide. Stiles était assez d'accord, quoi qu'ils en disent, ils ne pourraient pas le faire seuls et ils avaient besoin de toute l'aide disponible. Le père d'Allison leur avait déjà apporté plan du bâtiment, horaires et description du système de sécurité. Mais l'adolescent ne savait pas si le fait que Chris soit aussi souvent absent fusse une bonne chose. C'était peut-être le signe que cette mission s'avérait finalement trop compliquée.

« Mais tu n'as pas tort sur un point, nous ne pourrons pas tous rentrés. Il nous faudra une couverture, quelqu'un à l'intérieur pour nous briefer sur ce qu'il se passe.

Elle poursuivit, continuant de donner les détails sur la personnalité dont ils avaient besoin.

« Il nous faut une personne suffisamment élégante pour ne pas attirer l'attention sur une probable fausse identité, mais également assez odieuse et revêche pour écarter toute tentative de mener une conversation. »

Il y eut une seconde de flottement avant que chacun d'entre eux ne se retourne vers le sujet idéal. Derek fronça si fortement les sourcils qu'il déclencha quelques rires.

« Ne compte pas sur moi pour jouer les aristocrates de bas étage. » grogna-t-il, jetant à sa sœur un regard noir.

« C'est exactement ce que je disais. Parfait pour le rôle. » Cette dernière leva une main en sa direction, comme si elle venait d'avoir l'idée du siècle.

« Réjouis-toi, neveu, » Peter en rajouta, lui tapant l'épaule que Derek fusilla à son tour, « tu auras le droit à un costume tout neuf et à un tas de femmes d'âge mûrs bavant à tes pieds. »

« Justement. Afin que Derek ne paraisse pas ombrageux et surtout étrange de n'être arrivé sans personne à son bras, j'ai pensé qu'il lui fallait une cavalière. Allison ? »

Cette dernière hocha la tête sans hésiter, pas du tout apeurée à l'idée de se retrouver sur les devants de la scène. C'était peut-être ce qu'elle attendait. Une occasion de se venger de ceux qui avaient passé un accord avec le reste de sa famille. Ceux qui s'étaient engagés avec les siens à exterminer une partie des créatures surnaturelles qu'ils croiseraient sur leur chemin, dont les loups-garous. Ces gens qui l'avaient alors poussé à l'exil lorsqu'elle et son père avaient décidé que ce n'était pas la voie qu'ils choisiraient.

« Vous aurez tous les deux de nouvelles identités qui vous permettront d'entrer sans remous. Et Peter a raison, vous ne pourrez pas arriver habillés comme vous l'êtes aujourd'hui. »

Elle désigna deux énormes sacs placés derrière elle. Jackson s'en approcha et en retira un costume flambant neuf.

« Où est-ce que t'as trouvé ça ? » Le jeune homme paraissait stupéfait, comme s'il n'avait plus vu depuis longtemps un vêtement de cette qualité.

« Ma mère n'est peut-être pas particulièrement emballée par cette mission, mais ça ne veut pas dire qu'elle n'est pas prête à nous aider. » Laura mentionna comme seule réponse et Stiles savait que tout comme Chris, l'alpha avait également ses contacts en-dehors du domaine.

Jackson redéposa le vêtement avec regret et Stiles pensa un instant qu'il aurait joué le rôle de l'aristocrate de bas étage avec succès. Avant de songer qu'il aurait probablement passer la soirée à attirer l'attention sur lui, ce qui n'était absolument pas dans leurs intérêts.

Ils entendirent soudain des bruits de pas et découvrirent un Scott débraillé arrivé vers eux.

« Pardon pour le retard, je devais aider ma mère. Qu'est-ce que j'ai loupé ? »

Aussi étonnant que cela pouvait paraître, Scott avait fini par accepter de les accompagner. Il n'avait pas changé d'avis quant au fait qu'il n'était pas d'accord avec l'idée de tuer des gens. Il avait d'ailleurs précisé qu'il n'entrerait pas à l'intérieur du lieu mais qu'il ne pouvait pas laisser ses amis partir en guerre, sans lui.

Laura lui réexpliqua rapidement ce qu'ils avaient mis en place.

« Deaton, Chris et Peter se feront passer pour des musiciens et tenteront dès que l'occasion se présentera, de mettre la main sur le bureau de Jennifer. Le reste d'entre nous devra attendre dehors. » Laura continua, se tournant vers Stiles, Scott, Jackson et Isaac. « Ce n'est pas la peine de penser à se réfugier près de l'entrée. C'est l'endroit qui sera le plus surveillé et le plus animé. Je propose que l'on se poste à l'arrière du bâtiment. Elle doit notamment servir à l'arrivée des serveurs. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne devra pas être apprêtés. Ma mère nous a également trouvé des tenues de filles et de garçons de salle. »

Jackson ne cacha pas sa grimace et Stiles se réjouit à l'idée de le voir obligé de porter une telle tenue.

« A ce propos Stiles, il est impératif que l'on fasse quelque chose pour ta crinière. Je sais que tu aimes ce look d'adolescent à peine réveillé mais tu vas devoir t'en passer pour cette soirée. »

Se tournant subitement vers Laura avec de gros yeux, Stiles bégaya, se sentant particulièrement outré par cette accusation.

« Quoi ? Qu'est-ce qu'ils ont mes cheveux ? » Il ne put s'empêcher de les toucher en posant la question, comme s'il s'assurait qu'ils étaient bien tous sur sa tête.

Il était vrai qu'il n'y faisait pas particulièrement attention. Il avait toujours eu une coupe plutôt banale, lorsqu'il vivait encore chez ses parents. Ce ne fut que lorsqu'il débarqua dans la Zone qu'on le força à se raser la tête, une sorte de nouvelle façon de l'humilier en lui montrant qu'il n'avait pas non plus de maîtrise sur son propre corps. En rencontrant les Hale, Stiles n'avait alors plus eu de raisons de porter ses cheveux aussi courts. Il les avait laissés pousser à leur guise mais ne s'imaginait pas qu'il donnait une telle impression.

Laura observa sa chevelure avec une expression si désabusée que Stiles lâcha un couinement pathétique.

Se tournant vers Scott en espérant trouver un peu de réconfort, le jeune brun le questionna.

« Tu trouves que mes cheveux sont bizarres ? »

Scott grimaça furtivement, avant de lui lancer un regard désolé qui n'arrangea rien à l'état de Stiles.

« La cérémonie commence à vingt heures mais il nous faudra arriver bien plus tôt pour nous mettre en place. Si nous réussissons, ce sont à terme des centaines d'enfants que nous pourrions sauver. »

« Tu as pensé à un moyen pour nous y rendre ? » Isaac s'inquiéta, se souvenant à quel point la dernière fois qu'ils s'étaient déplacés avait été périlleuse.

« C'est une question à laquelle je n'ai malheureusement pas encore trouvé de réponse. Les fourgons sont une proposition irrecevable, ils attireraient beaucoup trop l'attention et nous ne pourrions les garer sans devoir en même temps leur donner l'endroit exact de notre seule issue de secours. »

« Tu trouves que mes cheveux sont bizarres ? » répéta Stiles à Derek cette fois mais ce dernier se contenta de lui jeter un coup d'œil amusé avant de se reconcentrer sur les déclarations de sa sœur.

« On pourrait essayer d'y aller en train ? Garrett travaille toujours comme passeur. Il nous faudrait juste marcher sur quelques kilomètres avant d'atteindre le chemin de fer ? » Isaac proposa mais même Stiles qui continuait à tripoter ses mèches brunes, reconnut que ce n'était pas la meilleure solution.

« La question de comment s'y rendre n'est pas vraiment le problème. C'est plutôt comment quitter les lieux et ce, le plus rapidement possible. Si les choses devaient mal tournées, nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir un moyen de locomotion se trouvant à plusieurs kilomètres à pied. »

« Et si on restait cachés à un endroit en patientant que les troupes de Manteaux Noirs partent à nos trousses ? »

« Trop risqué. » Laura secoua la tête.

Stiles commença à se dire qu'ils avaient bel et bien un gros problème sous le bras lorsque la porte de la grande salle s'ouvrit à nouveau, laissant cette fois entrer un Chris Argent tout sourire. Cette vision laissa d'ailleurs Stiles un peu pantois, lui qui d'ordinaire était toujours d'allure prudente.

« J'ai cru comprendre que j'arrivais au bon moment. » Puis, se décalant légèrement sur sa droite, ce ne fut qu'à cet instant que Stiles remarqua que Chris n'était pas seul. « Je vous présente Skye. »

A ses côtés se tenait une jeune femme dont le look particulier l'étonna. Elle portait une chemise kaki avec un pantalon rouge qui paraissait duveteux. Elle avait également à chaque poignet une collection impressionnante de bracelets. Ses bottes en cuir jaune détonaient particulièrement avec le reste, mais ce fut sans compter ses cheveux bleus qu'elle avait attachés en deux petits chignons placés sur sa tête.

« Je croyais qu'on avait arrêté de ramasser des étrangers dans les rues. » Jackson riposta avec dédain, comme chaque fois qu'il rencontrait un nouveau membre de la meute. « D'où est-ce qu'elle sort, cette fois ? D'un cirque ? »

Chris n'eut pas l'air d'apprécier la remarque mais avant même qu'il n'ait pu dire un mot, quelque chose d'incroyable se produisit.

Alors qu'ils continuaient tous à fixer l'inconnue, celle-ci disparut subitement de l'endroit où elle se trouvait. Ce ne fut qu'en entendant le cri surpris que Jackson poussa que Stiles se tourna avant de rester la bouche ouverte. Skye se trouvait désormais devant le blond, le dévisageant de toute sa hauteur avant de lui lancer un clin d'œil. Autour d'eux, des feuilles de papier continuaient de virevolter, comme si elles avaient été projetées dans l'air par un corps propulser à toute vitesse.

« Pas un cirque, non. » dévoila-t-elle, un sourire canaille au coin des lèvres.

Et Stiles sut exactement ce qu'elle était. Parce qu'il en avait rencontré un il y avait environ trois ans. Un Exposé qui lui avait permis, lui, Gabriel et les autres, de sortir de la Zone.

De s'enfuir sans son frère.

« Apparemment, vous auriez besoin d'un moyen de transport ? » La jeune femme minauda, pas peu fière de son effet.

Stiles s'empêcha de ne pas repenser à ce jour où il avait abandonné Ben derrière lui. Il se força à ne pas laisser les pensées morbides qu'il savait être au fond de son esprit, pour se focaliser sur ce qui venait d'arriver. Ce n'était pas le moment de paniquer ou de se sentir coupable. Il fallait plutôt qu'il se réjouisse.

Parce que grâce à cette fille, ils avaient désormais leur porte de sortie.


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