Bonsoir à vous mes loulous ! Tout d'abord je tiens à vous souhaiter une très bonne année 2022, qu'elle vous apporte le bonheur, la joie, la bonne santé et la réussite dans tous vos projets !
Pour célébrer la nouvelle année je vous offre le dernier chapitre de cette traduction, vous qui l'attendiez avec impatience.
Merci à vous tous pour votre soutien et vos commentaires pour cette trad qui a mis du temps à sortir.
Maintenant je souhaite me lancer sur la correction de mes anciennes traductions, celles qui me font perdre mon âme tellement il y a de fautes et de manque de concordance des temps. Bref une horreur quoi. J'ai commencé à corriger Through the fire, mon premier OS et je m'en arrache les cheveux.
Dans tous les cas, si vous souhaitez que je corrige une trad en particulier pour que vous puissiez la relire sans que vos yeux ne saignent, n'hésitez pas à me le dire et je m'y pencherai avec plaisir.
Sans plus attendre voici le dernier chapitre et bonne lecture à vous !
Derek retourna dans son appartement quelques jours avant que le shérif ne sorte de l'hôpital. Lui, Jordan et quelques gars avaient aidé Stiles à transporter la chambre du shérif dans le salon et à mettre des rambardes dans la salle de bain du rez-de-chaussée. Stiles avait grimacé en voyant le tabouret de douche que Jordan avait amené « Papa va détester ça »
Comme Stiles détestait ses appareils auditifs se dit Derek. Les hommes Stilinski étaient taillés dans le même moule. Ils étaient fiers et n'aimaient pas qu'on les plaigne. Le truc, en fait, c'était de ne pas avoir pitié d'eux.
« Il va juste devoir prendre sur lui » avait dit Derek et Stiles avait renâclé avant de rire.
Et maintenant, de retour dans son appartement, ça manquait à Derek de ne plus vivre avec Stiles. Ca ne faisait que trois semaines au final mais quelque part, ces trois semaines avaient laissé leur marque sur lui. Maintenant il laissait un espace sur le canapé. Il faisait assez à manger pour deux. Il mettait automatiquement les sous-titres quand il regardait un film. Derek avait toujours eu peur de ne pas être assez flexible, de ne pas être assez sociable, pour laisser de la place à une autre personne dans sa vie. Mais il se trouve qu'il le faisait, du moins tant que cette personne était Stiles.
Cette idée était à la fois optimiste et terrifiante et Derek ne savait pas quoi faire avec ça. Si ce n'est…
La première nuit de retour à son appartement, il éteignit la télévision, alluma son ordinateur et chercha des tutoriels basiques sur Youtube de langue des signes et ouvrit la vidéo.
Le shérif Stilinski faisait traditionnellement un barbecue pour le 4 juillet (1) dans son jardin chaque année. Cette année, Jordan et Tara s'étaient occupés de tout le travail même si cela se passait toujours dans le jardin des Stilinski. Derek n'y alla pas… il était inscrit au tableau de service. Ça ne le dérangeait pas car c'était la nature de son travail. S'il travaillait le 4 juillet, peut-être qu'il aurait le jour de Thanksgiving de repos. Ou peut-être pas. Ne pas attendre beaucoup du tableau de service était aussi dans la nature de son travail.
Derek était de corvée de bureau le jour du barbecue et c'était une garde tranquille. Les choses étaient assez chargées sur la route mais le férié tenait éloigné la population de l'accueil du poste. Ce qui voulait dire que Derek pouvait s'asseoir au fond pour passer ses tutoriels et pratiquer la langue des signes. Jusqu'à maintenant il avait saisi le signage lettre par lettre mais il n'était pas encore doué pour les mots ou les phrases.
Il faisait déjà sombre dehors quand la porte du poste s'ouvrit et que Stiles arriva d'un pas nonchalant jusqu'au bureau avec un sourire sur les lèvres, ses appareils auditifs bleus vifs sur les oreilles et bien trop de carreaux sur sa chemise. Il posa un Tupperware sur le comptoir et le fit glisser vers lui « Joyeuse fête nationale Derek »
Derek ne put empêcher le sourire de s'étaler sur son visage « Tu m'as apporté à dîner ? »
Stiles acquiesça « Puisque tu loupes le barbecue je me suis dit que le moins que je puisse faire c'était de t'en garder un peu »
Le Tupperware était encore chaud quand Derek enroula ses doigts autour.
« Jordan m'a amené » dit Stiles. Il plissa le nez « Il attend dans le parking à faire le discret ou un truc comme ça »
Effacé, parce que c'était une situation où il fallait être effacé ? Le cœur de Derek battait un peu plus vite. Est-ce que… est-ce que Stiles était en train de lui faire des avances ?
« Merci » dit Derek. Il leva sa main jusqu'à sa bouche, la paume à plat et fit un signe vers Stiles. C'était comme envoyer un baiser sans l'expression qui allait avec.
Stiles haussa les sourcils « Est-ce que… est-ce que tu viens juste de faire le signe 'merci' ? »
Derek rougit « Oui »
Les yeux de Stiles se mirent à briller « Putain de merde. Est-ce que tu apprends la langue des signes ? »
« Oui » dit Derek, sentant son rougissement monter jusque dans tout son visage « Vraiment, vraiment mal en revanche »
Stiles rit « Oh mon Dieu. Der ? »
« Oui ? »
« Tu ferais mieux d'ouvrir cette porte pour que je puisse aller là-bas »
Derek appuya sur le bouton derrière le comptoir. Un moment plus tard, il avait les bras pleins de membres et de motifs à carreaux et d'yeux lumineux et rieurs. Et puis, avant même qu'il n'ait le temps d'apprécier tout ça, Stiles s'éloigna et fit un geste vers les mains de Derek.
« Montre moi ce que tu as appris »
Derek grimaça « Je peux à peine faire l'alphabet Stiles »
Il savait qu'il était lent, gauche et maladroit et il aurait souhaité attendre d'être bon avant de partager ça avec Stiles.
« Ok » dit Stiles « Genre, si tu pouvais me signer une seule chose là maintenant, qu'est-ce que ça serait ? »
Et l'esprit de Derek s'effaça totalement. Puis, se sentant comme un idiot, il leva la main et prit celle de Stiles dans la sienne. Il la retourna pour que la paume de Stiles soit dirigée vers le haut. Puis, en utilisant son index, il traça une courbe sur la peau de Stiles, comme la forme d'un hameçon à l'envers. Et puis, il traça cette image en miroir juste à côté.
« Ce n'est pas un signe » dit Derek « C'est… »
« C'est un cœur » dit Stiles et il avait l'air d'être essoufflé. Il cligna des yeux et ceux ci se mirent à briller et il se mit à rire « Oh putain ! T'es un romantique »
Derek se tortilla sur ses pieds, le visage brûlant.
« Oh non » dit Stiles « Ne me fais pas cette tête. T'es un romantique et ça me va. Derek ça me va tellement ! »
Stiles retira sa main de celle de Derek et puis il la posa contre sa joue alors que l'autre s'enroulait autour de sa nuque pour l'attirer dans un baiser.
C'était incandescent. C'était électrique. C'était tout.
Et, aima penser Derek, ça aurait pu durer plus longtemps si Jordan n'était pas soudainement apparu dans l'entrée en se demandant pourquoi Stiles mettait autant de temps.
John Stilinski lança un regard à Derek quand celui-ci se pointa à la maison un soir avec son étui à guitare.
« Stiles est en train de prendre une douche » dit-il « Est-ce que tu es là pour lui faire une sérénade Hale, parce que dois te le dire, je sais pas si tu y as assez réfléchi »
Derek rougit « Je peux même pas jouer »
« Ça ne clarifie absolument rien, fils » dit John. Il s'appuya sur ses béquilles alors qu'il se dirigeait lentement vers le salon « Ferme la porte derrière toi veux tu ? »
Derek ferma la porte derrière lui et suivit John dans le salon.
John grimaça alors qu'il se posait dans un fauteuil « Stiles ne sort avec personne Derek »
Derek sursauta.
John sourit légèrement « Voilà. Il est distant comme pas possible depuis le barbecue et ne m'as rien dit du tout. Mais voilà »
« Je… » Et Derek ne savait pas quoi dire après ça.
Il entendit la douche en haut se fermer.
« Stiles ne sort avec personne » dit de nouveau John « Il ne l'a jamais fait. Et bien que je sois presque sûr qu'il ne vit pas vraiment comme un moine, il n'a pas de relations » Son expression s'adoucit « Donc si tu as réussi à passer au travers de ces barrières qu'il s'est construit, alors je ne vais vraiment pas te barrer la route »
« Merci monsieur » dit Derek et il se prépara au discours paternel.
« Jordan m'a dit que tu t'étais occupé de Stiles pendant que j'étais blessé » dit John « J'apprécie ça, plus que tu ne le sache »
Derek acquiesça et attendit le reste. La phrase qui commençait par 'Mais' et qui finissait avec un pistolet à nettoyer.
« Merde » dit John et fit un signe vers la télécommande. Elle n'était pas à sa portée sur la table basse « Tu peux l'attraper pour moi ? »
« Pas de problèmes » dit Derek et la lui passa.
« Merci fils » dit John avec un léger sourire sur les lèvres alors qu'il se réinstallait pour regarder la télévision « Pourquoi tu n'irais pas là haut ? On dirait qu'il est sorti de la salle de bain maintenant »
Derek acquiesça à nouveau, toujours en agrippant son étui de guitare et alla à l'étage. Il y avait de la lumière qui sortait d'une porte ouverte et Derek s'y dirigea.
Stiles était assis sur le lit. Il avait un livre ouvert sur les genoux et il avait l'air totalement absorbé. Ses cheveux étaient toujours humides de sa douche et ils bouclaient légèrement au bout. Derek voulait y passer ses mains. Sa peau était aussi rose à cause de la douche et les choses que Derek voulaient faire avec ça n'étaient plus très limitées au moins de 12 ans.
Derek fit des signes, avec des mouvements larges et exagérés pour attirer l'attention de Stiles dans sa vision périphérique « Stiles ? »
Stiles leva les yeux et son expression se transforma quand il vit Derek. Un sourire apparut sur son visage « Derek ! » Et puis il faiblit, il cligna des yeux et plissa les yeux « Pourquoi t'as un étui à guitare ? »
Derek le posa sur le sol « Je veux essayer quelque chose. Mais on peut parler avant ? »
Stiles se leva et se dirigea vers son bureau. Il était plein de livres et de papiers, aussi chaotique et plein d'informations que Stiles lui-même. Il prit ses appareils auditifs et grimaça un peu quand il les mit avant d'attraper son téléphone « Qu'est-ce qui se passe ? »
« Um » dit Derek « Donc ton père sait qu'on est ensemble »
« Derek ! » s'exclama Stiles « J'avais l'intention de lui dire qu'on était juste bons amis jusqu'à ce qu'il nous prenne en flagrant délit en train d'avoir des relations sexuelles à l'arrière de la Camaro ! Et probablement encore après ça ! »
L'esprit de Derek s'arrêta à 'avoir des relations sexuelles à l'arrière de la Camaro' honnêtement. Tout le reste était statique « Tu um, tu veux qu'on ait des relations sexuelles à l'arrière de la Camaro ? » Il grimaça « Mais aussi que ton père nous surprenne ? »
« Je veux pas qu'il nous surprenne » dit Stiles « Je dis juste que connaissant ma chance, c'est exactement ce qui va se passer. Mais oui, je veux vraiment qu'on ait des relations sexuelles dans la Camaro donc si tu peux prendre note pour de futures recommandations, ça serait super »
« Um » dit Derek le visage brûlant « Ok. Ouais. J'en prends note »
Stiles lui fit un sourire effronté et Derek savait qu'il aimait le fait que ce soit si facile pour lui de troubler Derek. Il aimait bien ça lui aussi « Bien » dit Stiles « Maintenant, pourquoi tu as un étui à guitare ? »
Derek s'accroupit et ouvrit les fermetures. La guitare n'avait rien de spécial. C'était juste une guitare acoustique de rang moyen qu'il avait acheté à l'université et il n'avait jamais appris à jouer. Mais Derek avait toujours aimé sa sensation dans ses mains. Il se dirigea vers le lit de Stiles et s'assit dessus. Il posa la guitare sur ses genoux et appuya les cordes contre les frettes.
« Viens par là » dit-il.
Stiles s'assit à côté de lui, curieux et vigilant « Tu vas me jouer une chanson Der ? »
« Non » dit Derek « Je suis pas très doué »
Stiles regarda son téléphone et se mit à rire.
« Pose tes mains dessus » dit Derek et il tendit les mains pour prendre celles de Stiles. Il les appuya doucement contre le corps de la guitare juste sous le chevalet « Ici »
Et puis il gratta doucement les cordes et regarda le visage de Stiles s'illuminer alors qu'il sentait les vibrations à travers le bois.
« Je ne plaisantais pas à propos du fait de ne pas être très doué » dit-il « Tu devrais probablement enlever tes appareils auditifs »
Stiles rit à nouveau et se redressa pour un moment. Il marcha jusqu'à son bureau et y laissa ses appareils auditifs là-bas. Il joua avec pendant un moment et puis les remit à nouveau « Non, je veux entendre »
« Tant pis pour toi »dit Derek impassible et il s'installa un peu plus sur le lit de Stiles pour se mettre à l'aise.
Stiles revint et grimpa sur le lit. Il s'enroula autour de Derek et de la guitare. Il posa sa tête sur l'épaule de Derek, son torse s'alignant avec la guitare « Fais-le encore »
Derek gratta de nouveau les cordes avec un peu plus de force cette fois-ci et Stiles laissa échapper un petit bruit qui semblait inclure à la fois le plaisir et le chagrin. C'était doux et amer se dit Derek et c'était peut être la première fois qu'il comprenait réellement ces mots.
C'était doux et amer.
Il continua à gratter la guitare (Dieu seul savait ce que le shérif pensait à l'étage en dessous) et Stiles se détendit contre lui. Sa main se déplaça du corps de la guitare vers le chevalet et puis les cordes elles-mêmes. Ses doigts se posèrent doucement dessus comme s'il avait presque peur de les toucher. Derek en pinça une durement pour envoyer les vibrations dans toute la corde.
Stiles leva la tête et lui sourit, les yeux brillants « Wow »
« Toi, essaye » dit Derek.
La bouche de Stiles se mit à sourire et il gratta les cordes. Le son fut encore plus discordant que tout ce que Derek avait fait jusqu'à maintenant mais il adorait le fait que le visage de Stiles s'illuminait et qu'il se mettait à rire.
Il aimait la façon dont il pouvait lui donner ça.
Et il aimait la façon où, quand Stiles l'embrassa, il put sentir tout l'univers basculer et tourbillonner autour d'eux.
Tous les moments avec Stiles n'étaient pas stupéfiants et ça allait. Parmi les moments préférés de Derek, il y avait ces moments tranquilles qu'il passait assis avec Stiles sur le sol de sa chambre, plein de frustration alors qu'il essayait d'apprendre de nouveaux signes.
« Rappelle toi quand on a parlé du fait de lire la parole et le langage corporel ? » lui demanda Stiles une nuit en lui donnant un petit coup avec son genou.
Derek acquiesça.
« Ce que je veux dire c'est que tes mains disent 'Ravi de vous rencontrer' mais que ton visage dit 'Je vais t'enterrer dans un caveau là où tes êtres chers ne pourront pas te retrouver' »
Derek soupira et bougea ses épaules pour soulager la tension qu'elles retenaient « Comment t'as fait pour apprendre ça ? »
Stiles haussa les sourcils « Je n'avais pas tellement le choix à ce moment là Der »
Derek grimaça. Quel crétin il faisait.
Stiles lui enfonça un doigt dans les côtes « Tu refais encore ton visage de Grumpy cat »
Derek renâcla.
Ils pratiquèrent pendant encore une demie heure, Derek observant la façon dont les longs doigts de Stiles bougeaient sans efforts, avec tant d'élégance avant que le téléphone de Stiles ne s'illumine à cause d'une notification. Il l'attrapa, la lit et fit un grand sourire.
« Papa dit que le dîner est prêt ! »
Ils allèrent en bas.
Le shérif avait fait des pâtes pour ce soir et avait chassé Derek quand celui-ci lui avait proposé de l'aider. Il avait toujours ses béquilles ces derniers jours mais il s'appuyait de moins en moins dessus. Dans une semaine ou deux, il espérait revenir au travail en fonction réduite. Il allait falloir un moment pour qu'il retourne sur le terrain mais Derek se dit que personne au poste n'allait s'en soucier. Ils voulaient juste qu'il retourne au travail. Derek en avait bien plus appris sur la loyauté et l'amour que les adjoints de Beacon Hills avaient pour le shérif durant son absence plutôt que lors de sa présence au poste. Il leur manquait.
Ca n'avait pas été aussi gênant que ce que Derek avait pensé, d'être à la fois l'adjoint de John mais aussi le petit ami de son fils. John n'avait jamais fait la conversation paternelle mais Derek se dit que John n'était pas le genre d'homme qui avait besoin d'en faire une. Ils savaient tous les deux que Stiles était bien assez capable de chercher son propre châtiment si Derek lui faisait défaut.
Et, espéra Derek, ils savaient tous que Derek ne ferait jamais intentionnellement du mal à Stiles.
John se tourna quand Stiles et Derek entrèrent dans la cuisine. Son regard perçant remarqua le manque d'appareils auditifs et de téléphone chez Stiles, qu'il avait laissé à charger en haut.
« Met la table pour moi Stiles » dit John en signant les mots en parlant.
« J'y vais » dit Stiles.
« Derek, tu vas chercher à boire ? » Il signa aussi pour que Stiles ne soit pas laissé de côté.
Et voilà pourquoi Derek apprenait la langue des signes. Il ne voulait pas que Stiles soit obligé de compter seulement sur ses appareils auditifs ou sa technologie d'assistance sur son téléphone. Parce qu'il y avait des moments où Stiles ne voulait pas porter ses appareils auditifs et des moments où il laissait son téléphone à l'étage (même si ça n'arrivait que quand il était avec son père ou, et il l'avait remarqué, avec Derek. Et cette indication de la confiance que Stiles avait en lui lui faisait mal à la poitrine) Et Derek ne voulait pas qu'il se sente mis de côté lors de ces moments. Il voulait que Stiles ne se sente jamais mis de côté quand il était dans la même pièce que Derek.
Stiles mit la table et Derek apporta les boissons et puis il y retourna pour les pâtes. John faisait peut être tout ce qu'il pouvait mais des béquilles avec de la nourriture chaude n'était pas une bonne combinaison. Ils mangèrent surtout en silence parce que parler en langue des signes reléguait le fait de manger au second plan.
Derek aimait les soirées comme ça. Il aimait la lenteur de ces soirées. Il en aimait la domesticité chaleureuse (en excluant les notions aléatoires de vampirisme) et il avait l'impression de faire partie de la famille. Pas sa famille, pas encore mais un jour, se dit-il. Un jour.
« Tu souris » dit Laura quand Derek l'appela un mercredi après-midi.
« C'est pas un appel vidéo »
« Mais je peux le dire » dit Laura et elle avait raison « J'aime ça petit frère. Ca te va bien »
Le sourire de Derek s'agrandit.
Des fois, Derek était tellement distrait par la manière dont les doigts de Stiles bougeaient qu'il en oubliait qu'il était censé regarder les signes qu'il faisait et non pas laisser Stiles accidentellement l'hypnotiser.
« Derek ! » s'exclama Stiles en riant « Est-ce que tu suis ? »
Derek était sûrement le pire étudiant du monde mais Stiles n'avait pas l'air de s'en soucier quand Derek s'excusa avec un baiser et puis, parce que ça faisait toujours sourire Stiles, traça un cœur dans la paume de sa main. Il le regarda pour voir que le regard de Stiles entrait en contact avec le sien.
« Je ne savais pas pourquoi j'étais venu à Beacon Hills » dit-il doucement « Je ne savais pas ce qui manquait à ma vie mais je savais qu'il manquait quelque chose. Et il s'avérait que c'était toi »
Stiles ne baissa pas son regard vers son téléphone. Il le garda fixé sur Derek « C'était moi ? »
« C'était toi » confirma Derek.
« Bientôt tu seras en mesure de signer ça pour moi » dit Stiles, la bouche taquine.
« Bientôt » acquiesça Derek « Mais probablement pas aujourd'hui »
Le sourire de Stiles était doux et affectueux « C'est beaucoup à apprendre »
« Ça en vaut la peine » dit Derek et il traça un autre cœur dans la paume de Stiles.
Il pensa au fait qu'il s'était dit que Stiles était un connard impoli. Et puis que Stiles était un petit con qui se moquait de lui avec ses applications. Mais tout cela n'était pas le Stiles qu'il connaissait maintenant, celui que Stiles gardait caché sous une couche de motifs à carreaux, de toupet et de sarcasme. Le vrai Stiles était vulnérable et se protégeait. Le vrai Stiles était parfois adorable, parfois effrayé et riait parfois trop fort parce qu'il oubliait d'ajuster son volume. Le vrai Stiles était plus que des appareils auditifs, des écouteurs et son téléphone. Le vrai Stiles était mignon quand il dormait et qu'il se recroquevillait contre Derek comme un Isopode. (2)
Le vrai Stiles était aussi plein de culot, sarcastique et un impertinent parce que personne n'était unidimensionnel et que son ton était claquant quand il bottait les fesses de Derek aux jeux vidéos.
Le vrai Stiles était légèrement allergique à l'ananas mais en mangeait toujours parce que, comme il le disait, ça brûlait tellement bon.
Le vrai Stiles était peut-être un idiot mais il était l'idiot de Derek. Il entrait dans tous les endroits de la vie que Derek ne savait même pas qui étaient vides jusqu'à ce que Stiles soit là pour les remplir.
Le vrai Stiles, Derek ne pouvait pas s'imaginer vivre sans lui maintenant qu'il le connaissait.
« Un jour » dit maintenant Stiles avant de se pencher pour embrasser Derek « tu seras capable de signer tous ces mots »
« Tous » demanda Derek contre ses lèvres.
Stiles jeta un œil à l'écran de son téléphone et rit « Tous. Tous les mots du monde »
« Un jour » lui répéta Derek.
Derek n'avait pas besoin de signer tous les mots du monde pour Stiles. Juste ceux qui importaient. Un jour, ou plus précisément, un soir, presque deux ans après leur rencontre, il emmena Stiles pour un week-end à la maison dans la réserve et ils pique-niquèrent dans l'herbe pas tondue derrière la maison et paressèrent au soleil. Et puis, juste quand la couleur dorée de la fin d'après-midi se transforma en tombée du jour, Derek prit de sa poche l'écrin qui contenait la bague et signa : épouse moi ?
Un jour, peu de mois après ça, Stiles se tint devant l'autel avec lui et retint ses larmes alors que Derek récitait ses vœux qu'il avait écrit, sa voix bégayant un peu et ses doigts maladroits ratant quelques signes alors qu'il promettait d'aimer Stiles pour toujours.
Ce fut la promesse la plus facile du monde à faire et Derek savait qu'il ne la briserait jamais.
Un jour, alors que tous les gens autour d'eux applaudissaient et criaient, tout ce que Derek avait toujours voulu devint réalité.
(1) Jour de la fête nationale américaine
(2) Genre de crustacée sans carapace et au corps aplati. Le cloporte fait parti de cette famille là.
Et voilà pour cette trad, j'espère que ça vous aura plu et je vous retrouve pour la prochaine trad ou la prochaine correction.
Et sachez, mes loulous, que vous êtes ma plus grande motivation pour traduire.
