Cher Journal
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Note
Hellooo !
Je suis en retard, je sais, et c'est d'autant plus impardonnable que le chapitre était déjà écrit depuis un moment... Mais bref. (Pardon.) Un petit coucou et surtout, un grand merci à mes FANTASTIQUES revieweuses, j'ai nommé Sun Dae V, Baccarat V, jane6966, HelAndNifflhel et Maya et cie !
J'espère que vous avez reçu vos petits cadeaux, Charles-Eudebert a des soucis d'orientation. La dernière fois il s'est pris un érable et BIM, six jours de coma, le pauvre choupi.
Merci Pamphile qui a gentiment relu ce chapitre :3
Bonne lecture !
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CHAPITRE V
Où Tom découvre un secret
« Quiconque connaît Slughorn aurait su qu'il y avait de bonnes chances qu'il garde pour lui quelque chose d'aussi délicieux. »
– Harry Potter, à propos d'une bouteille d'hydromel.
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1er janvier
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00h02
Cher Journal,
BONNE ANNÉE ! ET JOYEUX ANNIVERSAIRE !
Tous mes vœux de bonheur à moi-même. Puissent mes désirs de noirceurs et mes ambitions de pouvoir se réaliser ! En attendant, Marcus a eu la bonne idée de trinquer avec l'hydromel grand cru 1899 de Slughorn pour fêter ça. D'un côté, il n'a pas tort. Si on le laisse à Alphard, il risque de le boire à lui tout seul et ce ne serait pas très bon pour sa santé.
00h09
Le goût n'est pas si mal !
00h14
Aaah, on a oublié Karl Rosier ! Il était devant nous depuis tout ce temps !
ORION BLACK !
00h36
Par contre, je ne sais pas si c'est lié à l'hydromel mais j'ai un peu la tête qui tourne.
00h47
J'adore cet hydromel. J'adore ce lit. Et Marcus.
Ce garçon est formidable, j'ai beaucoup de chance de l'avoir.
01h13
Hihihihihihihi.
On va faire des trucs interdits !
TELLEMENT EXCITANT !
01h17
Mhaqrr jgiug pomnimp -
10h06
...
MA TÊTE.
C'était mon anniversaire hier. J'ai eu seize ans.
C'était aussi le premier de l'an.
J'ai envie de mour... de dormir très très longtemps (ne pense pas à la mort, Vode, n'y pense surtout pas).
10h09
Quel désastre !
On aurait dû laisser la bouteille à Alphard, je ne sais pas ce qui nous a pris.
(R.I.P, chère bouteille.)
Ça a commencé par un verre, puis Marcus a proposé qu'on fasse un jeu. On devait citer tous les noms de Sang-Pur qu'on connaissait et si l'un de nous avait une hésitation de plus de trois secondes, hop, une gorgée !
C'est un jeu complètement contreproductif. Comment vous voulez qu'on se souvienne de quoi que ce soit après le deuxième verre ? La suite, d'ailleurs, est un peu floue dans mon esprit. Je crois me rappeler avoir eu l'idée de sortir dans les couloirs de l'école en pyjama. Je n'ai aucune idée de ce qui s'est passé après. J'espère que personne ne nous a vus.
Surtout Slughorn ! Ça m'ennuierait un peu de baisser à ce point dans estime.
10h16
Note à moi-même : ne jamais renouveler l'expérience. La gueule de bois n'est pas du tout une bonne façon de commencer l'année.
11h04
Tiens, Avery n'est toujours pas sorti du dortoir.
J'espère qu'il va bien.
11h23
Ah non, il n'est même pas dans le dortoir. Mais où ? Quand j'y repense, je n'ai vraiment aucun souvenir qu'on soit remonté ensemble dans la salle commune. Mais bon, j'ai des souvenirs de rien du tout alors en même temps...
C'est quand même bizarre. Je vais aller explorer un peu le château pour le retrouver.
11h26
Aaaah il fait si froid dehors.
Mieux vaut rester devant la cheminée.
14h08
Avery a fini par revenir. Il était à l'infirmerie. Apparemment, alors qu'on y errait en pyjama, on a entendu des bruits dans le couloir. Je l'ai poussé pour partir en courant et le pauvre s'est pris un mur en pleine face. Il s'est évanoui.
C'est fou qu'il soit si fragile.
Enfin, tout va bien, il a fait croire à Têtenjoy qu'il était somnambule. L'autre n'y a vu que du feu ! D'après Marcus, elle s'était probablement elle-même pris une cuite avec le reste des professeurs. Elle trébuchait une marche sur deux.
Que d'aventures !
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9 janvier
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14h28
Cher Journal,
On reprend bientôt les réunions du club théâtre et comme je l'ai solennellement annoncé à Marcus pas plus tard qu'il y a deux minutes, je n'ai plus l'intention de me laisser faire. Ils doivent comprendre que je suis le chef incontesté de nos petites soirées alcoolisées à l'hydromel. En attendant la prochaine, j'ai passé une bonne partie de la journée dans les Archives de Poudlard à la recherche de la « famille Sang-pur très ancienne » qui a engendré ma mère. Contrairement à ce qu'affirme Slughorn, il y a eu bien quelques Elvis à cette époque.
Elvis O'Brien, né-moldu irlandais avec lequel je refuse d'être associé.
Elvis Cadwaller, né-moldu également et président du club d'échec dans les années 1890.
Elvis Bowie qui s'est pris une heure de retenue pour avoir « léché les excréments d'un niffleur ».
Tiens, intéressant...
« Elvis Gaunt, entré à Poudlard en 1888. »
« Batteur pour l'équipe de Serpentard de 1892 à 1896. »
« Retenu, le 7 janvier 1894, pour avoir incité une vipère à attaquer le jeune Elvis O'Brien. »
Définitivement quelqu'un qui mérite d'être connu.
Toujours plus qu'Elvis Bowie. Rien que d'y repenser, il me donne envie de vomir.
« Gaunt. »
Ils font partie du Registre, n'est-ce pas ?
14h37
Je me demande comment il a fait pour lancer une vipère sur un Né-moldu. J'ai essayé une ou deux fois de convaincre mes rats d'attaquer Mimi Geignarde et aucun d'eux n'a voulu m'écouter. Ça me désole un peu. Quand il s'agit de faire des petits tours rigolo, pas de problème, mais quand il faut être utile à l'humanité y'a plus personne !
14h39
Il faudrait que j'essaie sur les serpents. Peut-être sont-ils naturellement plus réceptifs à ce type de sollicitation.
15h41
J'ai fait quelques recherches complémentaires sur les Gaunt. C'est vraiment une famille très ancienne. J'ai remonté jusqu'au XIIIe siècle et j'en trouve encore. Ils étaient très puissants, il fut un temps. Pour expliquer leur disparition, Histoire des Grandes Familles blâme la consanguinité mais au moins, ils sont restés fidèles à leurs valeurs – pas comme certains.
Je suis sûr qu'un ou deux moldus se cachent dans l'arbre généalogique des Malefoy. Je ne peux pas le prouver mais Abraxas est trop beau et charismatique pour que ce ne soit pas un minimum suspect.
Si au moins il avait un petit défaut, un strabisme divergeant ou un grain de beauté sur la joue ! Même pas !
Certes, moi non plus. Mais tout de même !
16h13
OH NON C'EST PAS VRAI.
16h15
En train de sauter de joie dans la bibliothèque.
Je ne nie pas que mes camarades m'ont jeté un regard étrange. Arnold m'a fixé comme si j'étais devenu fou. Il a fini par quitter les lieux, clairement effrayé par ma danse de la joie. Qu'il parte, je m'en fiche ! Il n'est qu'un insignifiant Sang-de-bourbe, moi je suis (roulement de tambour) le descendant de Salazar Serpentard en personne ! ! !
Lui, le fondateur de Poudlard ! Même pas Rowena Serdaigle, non, Serpentard ! Mon ancêtre est le plus grand homme de tous les temps. (Car je refuse de penser qu'un autre Elvis a engendré ma mère.)
J'ai pu en douter un instant lorsque j'ai appris que mon père était potentiellement un moldu, mais au fond de moi j'ai toujours su que j'étais un être exceptionnel. A présent, j'en ai la preuve sous les yeux. Quel plaisir ! Qui va oser remettre en question mon pouvoir à présent ? Comment Alphard pourra s'adresser à moi avec autre chose que de la déférence lorsqu'il saura ? Lui, un simple Black contre un Serpentard. Un vrai !
Je n'ai pas été si euphorique depuis j'ai pendu le lapin du petit Max à l'orphelinat.
Son cri d'horreur restera l'un de mes souvenirs les plus émouvants.
16h23
Il faut absolument que je trouve cet Elvis Gaunt. Il sera ravi de découvrir qu'il a un petit-fils, j'en suis sûr !
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13 janvier
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19h43
Cher Journal,
J'ai bien essayé d'expliquer mon ascendance à mes fidèles pendant le club théâtre mais Alphard n'a pas eu l'air plus impressionné que ça. Il a repris une gorgée d'hydromel, puis m'a asséné les paroles suivantes : « D'accord... ton grand-père s'appelait Elvis. Qu'est-ce que ça change ? Dans la vie, on naît, on meurt, on n'est personne d'autre que soi-même ».
Karl a secoué la tête.
« Je ne suis pas d'accord. C'est très important d'être né dans une grande famille. Je suis content pour toi, Vode. Tu me files un fondant au chaudron ? »
Je crois qu'ils n'ont pas très bien compris encore le principe de nos réunions.
C'est ma faute, j'aurais dû être explicite dès le début et au lieu de ça, je les ai laissés s'empiffrer impunément.
« Le descendant de Serpentard, c'est tout de même très impressionnant, a déclaré prudemment Avery en me jetant un regard en coin.
— Enfin, ça c'est ce qu'il dit, marmonne Alphard en terminant son verre. Tu ne vas pas me faire croire qu'il n'y a avait un seul Elvis à l'époque dans tout Poudlard ! Et puis, même si c'était le cas, possible que ta mère ait choisi ce prénom juste parce qu'il y avait un Elvis dans son quartier. Ça sonnait bien et elle ne s'est pas pris la tête plus que ça.
— Je suis le descendant de Serpentard », je réponds froidement en le fusillant de mes yeux noirs.
Je n'aime pas beaucoup Alphard.
Il a beaucoup trop d'influence sur Karl et Gordon, je perçois le doute dans leurs yeux.
« Prouve-le, dans ce cas.
— Très bien, je murmure. Je te le prouverai. Mais je te préviens, Black. Tu risques de ne pas aimer ça. »
Super.
Je n'ai pas la moindre idée de comment je vais pouvoir m'y prendre. Mais je n'ai pas le choix. Ils n'attendent que ça et je n'ai pas le droit de les décevoir.
Ce crétin d'Alphard ne perd rien pour attendre.
21h34
A la bibliothèque avec Marcus.
Je sais qu'Alphard ne se contentera pas de recherches hasardeuses dans des bouquins poussiéreux. Il n'a jamais été un grand lecteur. Mais je ne sais pas trop comment je pourrais m'y prendre autrement.
Je secoue Avery qui a commencé à piquer un somme sur la table.
« Quoi ?
— On a une mission, je te rappelle. »
Il roule des yeux mais n'ose pas répondre. Je laisse tomber sur la table un livre de l'épaisseur d'un gros rat. Vie et mensonges de Salazar Serpentard par Karen Skeeter. On sait jamais ! Si on y apprend là-dedans que Salazar avait des yeux aussi sombres que les miens, une telle ressemblance génétique pourrait bien suffire à convaincre Alphard. Marcus replace ses lunettes sur son nez et ouvre le bouquin à la première page avec un soupir. Un peu fatigué, je prends une pause pour le regarder lire.
« Alors ? je demande au bout d'un suspense interminable.
— Je ne suis qu'à la cinquième page, tu veux bien patienter un peu ? »
J'essaie, mais c'est terrible ! Cet incapable lit le doigt sur sa ligne. On dirait un escargot avec un bouquin entre les mains.
Et j'insiste : un escargot n'a même pas de main !
« Tu savais qu'il était un legilimens accompli ? »
Je secoue la tête. Ah tiens, je l'ignorais. Je suis devenu très bon occlumens à cause de la tendance de Dumbledore à tenter de petites incursions dans mes pensées, mais faudrait que je pense à m'essayer à la legilimencie ! Un bon Mage Noir se doit de n'avoir aucune faille. Et je pourrais enfin savoir ce que tout le monde pense de moi !
Ma puissance n'en serait que plus grande.
« Et... oh.»
Avery n'ajoute rien, plongé dans son passage.
Oh quoi ?
« Il savait aussi parler aux serpents.
— Ah. »
J'ai beau chercher, je ne vois pas en quoi ça explique l'air triomphant de mon camarade de classe.
« La langue des serpents, précise-t-il. Le fourchelangue. Tu sais parler le fourchelangue, Vode ?
— Pas à ma connaissance. »
Il est vrai que je croise plus souvent des rats que des serpents dans le château. Le fourchelangue ne doit pas s'appliquer aux lézards parce que j'ai tenté une fois d'avoir une conversation avec l'un d'eux à l'orphelinat et il ne m'a jamais répondu.
« C'est un don héréditaire apparemment. Si tu es vraiment l'héritier de Serpentard, tu dois l'avoir aussi. »
Intéressant.
Eh bien, Journal, ne me reste plus qu'à dénicher un serpent !
22h11
Évidemment, Marcus a râlé un peu quand j'ai insisté qu'on en trouve un maintenant et pas demain.
J'ai besoin de savoir.
22h56
Toujours pas de serpents en vue. On a tenté un sortilège d'Attraction mais je viens de me rappeler qu'ils ne marchent pas sur les êtres vivants.
23h10
Bon. On réessaiera demain. Il devrait bien y avoir au moins un serpent dans ce foutu château !
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17 janvier
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13h52
Cher Journal,
Ayant lu l'intégralité des livres disponibles sur le serpent dans la bibliothèque, je sais désormais qu'ils hibernent au mois de janvier. D'après Mrs Forrest, ces reptiles trouvent dans le sol une cachette creusée par un rongeur et n'en ressortent qu'au printemps, ce qui ne rend pas ma tâche aisée. Ça m'ennuie d'attendre le printemps pour prouver que je suis l'héritier de Serpentard !
Il doit y avoir une autre solution, non ?
13h56
Je me demande bien laquelle.
16h33
J'ai ramené quelques provisions dans les toilettes du deuxième étage pour réfléchir calmement à tout ça.
Je le répète, les toilettes normaux sont beaucoup plus confortables que les urinoirs si on veut se recueillir en compagnie de soi-même.
16h45
« Tom ? Qu'est-ce que tu fais là ? »
J'ai sursauté.
« Va-t-en, Mimi. J'ai besoin d'être seul.
— T'es au courant que ce sont les toilettes des filles ? »
J'en suis tout de même assez fier : il ne m'a suffi que d'un regard noir pour la faire pleurer.
16h47
Je plaisante, évidemment. Avec cette fille, je n'ai aucun mérite.
16h52
Mimi n'est pas encore partie mais au moins, elle s'est tue. Vive le silence !
Enfin, c'était sans compter sur la voix. Encore ! Un murmure sifflant, presque provocateur, qu'elle n'a pas l'air d'entendre.
« Tuer... Tuer... Libérer... Arracher... »
Cette voix ne peut pas me laisser tranquille, depuis le temps ? Je ne sais pas si je parle le fourchelangue mais il est clair que le fantôme des toilettes adore me taper la discute. J'en ai marre. Entre Alphard et cet histoire d'héritier, je suis déjà à bout de nerfs. Pourquoi moi ? Pourquoi elle refuse de me lâcher ?
« MAIS QU'EST-CE QUE TU VEUX A LA FIN ? »
Un cri de terreur. Puis le silence. La voix s'est tue. Je crois que j'ai traumatisé Mimi. Elle est partie en courant.
Tant mieux, après tout. Une pierre deux coups !
16h57
C'est marrant, je n'avais jamais remarqué qu'il y avait un serpent gravé sur le robinet des toilettes.
17h00
Hum.
Je me demande ce que la voix entendait par « libérer » de son timbre sifflant.
« Y'a quelqu'un ? »
Silence.
« Tuer... »
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle ne brille pas par la variété de sa conversation.
Ça devient un peu répétitif avec le temps !
17h06
J'ai une petite faim. Heureusement pour moi, j'ai dans ma poche la chocogrenouille volée à Karl un peu plus tôt dans la journée. Miam. Par contre, le paquet qui annonce « ouverture facile », quel mensonge ! Je m'y atèle depuis cinq bonnes minutes et impossible de le déchirer ! Sérieusement, même mes dents n'arrivent pas à en venir à bout !
« Allez, ouvre-toi... », je marmonne.
Un bruit dans les canalisations se fait entendre.
Puis...
17h15
Wow.
Je ne sais pas du tout ce qui s'est passé. A peine ai-je prononcé ces mots que le robinet s'est mis à briller d'une lueur blanche. Un instant plus tard, le lavabo bascule, disparaît et dévoile l'entrée d'un tuyau suffisamment large pour permettre à quelqu'un de s'y glisser.
Un passage secret dans les toilettes ?
Je regrette l'absence de Marcus à mes côtés. En l'obligeant à passer en éclaireur, j'aurais évité dans le même temps de risquer ma précieuse vie en passant dans ce tuyau trop sombre.
17h17
Mais si je vais le chercher, je cours le risque que le passage se soit refermé à notre retour. Je refuse de vivre l'entièreté de mon existence sans savoir ce qu'il y a au bout de ce tuyau.
Sois courageux, Vode.
Si tu meurs dans ce tuyau, tu auras vécu une belle vie.
17h19
Dès que je pense à la mort, j'en ai des palpitations. C'est quand même un des gros soucis de l'humanité. Une preuve de sa faiblesse la plus grande, la plus dévastatrice. Je suis trop exceptionnel pour qu'elle s'applique à moi.
Quand on y pense, c'est fou que personne n'ait encore trouvé la solution au problème.
(Heureusement que je suis là.)
(Enfin, si je ressors vivant de ce foutu tuyau.)
Bon... Vode au compte-rendu... Ce n'est pas le plus accueillant des tuyaux et je suis bien content de faire attention à ma ligne. Faut pas avoir les hanches trop larges pour passer dans ce truc. Les rats s'écartent sous la lumière de ma baguette. J'essaie de ne pas trop y prêter attention. J'adore les rats mais ce n'est pas le moment de me mettre en chasse. Je pourrais toujours en attraper un ou deux au retour.
Avant, il faut que j'arrive au bout.
Je crois que j'y suis ! Enfin ! Et... Aaaah.
17h23
Un toboggan ! Ils auraient pu prévenir, j'ai frôlé la crise cardiaque !
J'ai atterri sur les fesses (aïe) dans un nouveau tunnel, une antre humide et froide, les parois couvertes de vase et le sol de flaques d'un brun un peu pâle. Cet endroit se trouve quelque part sous le lac, très probablement. Je poursuis mon chemin avec prudence, rassuré par les ossements des rats qui jonchent le tunnel. Ça me fait plaisir de croiser des éléments familiers !
Puis je m'arrête.
Une protubérance sur le sol. Ou plutôt, comme une longue créature immobile. Je m'approche pour distinguer une matière brillante. Des écailles. La peau d'un serpent géant qui a dû muer, à un moment ou à un autre.
Un serpent.
Ça tombe bien, je parle le serpent !
(Enfin, j'espère.)
Hé, on entendrait pas comme un glissement au bout du tunnel ?
...
18h19
Un Basilic !
Heureusement que j'ai lu attentivement Monstres et créatures de légende d'Augustus Terrifiac il y a quelques années de ça. J'ai immédiatement su qu'il ne valait mieux pas le regarder dans les yeux. J'ai aussi lu l'Histoire de Poudlard mais j'avoue que je n'ai pas cru du tout à cette histoire de Chambre des Secrets. C'est une super idée de cacher un monstre pour tuer les Nés-moldus, mais ça me paraissait improbable que depuis tout ce temps, personne ne l'ait jamais trouvé. Or, cette salle dissimulée sous le lac ne peut pas être un hasard. Pas si Salazar parlait lui aussi le fourchelangue. La voilà, la preuve ! Parce qu'on s'est parfaitement entendu, le monstre et moi.
« Salut. »
Je me suis étonné d'entendre sortir de ma bouche un sifflement aigu, sans la moindre difficulté.
« Tuer... »
Il avait beau ne pas être ouvertement hostile, j'ai préféré couper court à toute ambiguïté.
« Tuer si tu veux, mais pas moi. D'autres victimes. Moi, je suis ton maître. Je préfère que ce soit clair entre nous : on ne tue pas son maître.
— Maître... Tuer...
— Encore une fois, on se connaît encore assez peu, je serais plus serein si tu n'associais pas ces deux termes. C'est possible ?
— Maître... Déchirer... »
D'une certaine manière, il se peut que la compréhension entre deux êtres ne soit pas seulement une histoire de langue, mais aussi de culture commune. Néanmoins, je n'abandonne pas l'idée d'entretenir un dialogue fructueux avec lui. Je m'approche d'un pas.
« Je m'appelle Vode. Je suis le descendant de ton premier maître, Salazar Serpentard. »
Je n'ose pas trop le regarder, c'est un peu le problème.
« Est-ce que tu pourrais fermer les yeux ? Ce n'est pas ta faute, mais tu me rends un peu nerveux. »
J'ouvre une demi-paupière pour vérifier ; le basilic a détourné la tête.
« Ça fait longtemps que t'attends dans le coin ?
— Longtemps...
— D'accord. Tu te sens pas trop seul ? »
Son corps énorme glisse sur le sol, soulève la poussière. Je ne sais pas pourquoi mais il ne me fait pas peur. Quoi qu'il se passe ensuite, je le sais, il ne m'attaquera pas.
« Seul... », siffle-t-il.
Je sais ce qu'il ressent. Il est seul dans un tunnel. Il attend son heure. Il attend de pouvoir « Tuer », qu'on le libère, qu'on lui en donne l'ordre.
« Moi aussi, j'attends. Moi aussi, je suis seul. »
Il ne répond pas. Mais je sens qu'il m'écoute attentivement. C'est comme un lien en train de se créer. Du bout des doigts, j'effleure ses écailles.
« Tu t'appelles comment ? »
Silence.
« Ça t'ennuie si je t'appelle Basile ? »
Il fouette la paroi du mur du bout de sa queue pour toute réponse. Un sourire vient fendre mon visage en deux.
J'adore me faire de nouveaux amis.
18h33
J'ai quitté Basile après être resté bavarder encore un peu. Si j'avais des doutes il fut un temps, je n'en ai plus. Je suis l'héritier de Serpentard. Je suis celui qui poursuivra ce qu'il a commencé. Alphard peut bien dire ce qu'il veut. Il a beau être un Black, il n'est rien face à moi. Rien.
S'il insiste, je pourrais l'emmener faire un tour dans le toboggan...
« Je te présente Basile, mon nouvel ami. Je suis sûr que vous allez vous entendre. »
Voilà qui pourrait faire taire les réserves de l'alcoolique de la maison. Toutefois, malgré l'efficacité de la méthode – je n'ai aucun doute là-dessus –, il y a toujours le risque qu'Alphard aille trouver Armando Dippet pour tout lui raconter. Non seulement une telle décision pourrait me retomber dessus, mais je refuse de mettre en danger un ami que je viens juste de rencontrer.
Peut-être que l'équipe pédagogique de Poudlard n'aura rien à redire à la présence discrète d'une telle créature, mais je préfère ne pas parier là-dessus.
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25 janvier
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8h02
Cher Journal,
Depuis ma rencontre inopinée avec Basile, je suis de bien meilleure humeur ! Marcus s'étonne que je disparaisse aussi souvent, seul, et que je devienne introuvable dans tout le château. Le seul truc auquel il faut que je fasse attention, c'est au retour. Par deux fois, je suis sorti alors que Mimi pleurait dans les toilettes ! Deux sortilèges d'Amnésie à la suite !
La pauvre fille est incapable de se souvenir de quoi que ce soit. Olive a passé sa journée à se moquer d'elle parce qu'elle oubliait systématiquement plume, manuel et parchemin, quelle que soit la matière.
9h24
Mon emploi du temps est bouleversé par ma nouvelle découverte. Dès que j'ai une heure de libre, j'arpente les cachots pour y chasser quelques rats que je rapporte le soir à Basile pour son goûter. Hier, j'ai même croisé le demi-géant de la dernière fois en train de chasser sur mon territoire. On s'est toisé un instant, et je n'ai pu m'empêcher de me montrer curieux.
« Qu'est-ce que tu fais ?
— C'est pour nourrir... pour nourrir... euh, moi, a-t-il marmonné dans un instant de panique.
— Tu chasses des rats pour te nourrir ? Es-tu au courant que le château fournit les repas ?
— Je...
— C'est même assez bon. Sauf quand y'a du poisson mais pour le coup, c'est vraiment un goût personnel.
— J'ai juste... »
Je dois avouer que sa gêne m'amuse beaucoup. Je me demande quand même ce qu'il peut bien faire de ses rats pour qu'il préfère me faire croire qu'il les dévore dans un barbecue égoïste. Est-ce qu'il aime bien, lui aussi, le moment où ils arrêtent de respirer ? Ou est-ce qu'il nourrit une créature géante tapie sous le lac de Poudlard ?
Soudain déterminé, il passe une main dans ses cheveux hirsutes et soutient mon regard.
« Et toi ? »
On se toise un instant. Il est clair qu'aucun nous n'a l'intention de dévoiler nos intentions réelles. Sans répondre, je jette un œil à la machinerie qu'il tient entre ses mains, un bâton de fer surmonté par du fromage où est coincé un petit souriceau. C'est intéressant de découvrir d'autres méthodes de travail. Je n'aurais jamais songé à utiliser du fromage !
« Ça a l'air efficace, je lâche, pensif.
— Comment tu les attrapes, toi ?
— Oh, je les accule dans un trou à l'aide de la magie et je les enfume. Je préfère quand ils sont vivants.
— Ah. Le problème, c'est que je n'ai jamais été très doué avec la magie. »
Je hoche la tête en prenant mon air compatissant, celui que j'ai longuement travaillé devant la glace pour savoir quoi répondre quand Slughorn commence à me parler de ses problèmes de prostate.
« Tu en veux un des miens ? Ils sont tout frais. »
Il me regarde de ses yeux brillants, dans lesquels je décèle un soupçon de méfiance. Il est vrai que j'ai pas été très aimable lors de notre dernière rencontre. Mais il m'intrigue vraiment avec son histoire de chasse. Je rencontre peu d'individus avec lesquels je partage un réel point commun.
« Tu ferais ça ? Oh, Aragog serait... »
Il se fige, conscient d'en avoir trop dit. Je souris.
« Aragog ?
— Mon araignée », finit-il par déclarer.
Une araignée qui mange des rats, donc. Intéressant.
« Je sais que c'est... mal, mais...
— Il n'y a ni bien ni mal, tu sais. Il n'y a que le pouvoir, et ceux qui sont trop faibles pour le rechercher.
Je souris parce que je n'arrive à placer cette réplique qu'une fois tous les trente-six du mois, autant profiter de son petit effet !
« Ne t'inquiète pas, dis-je en voyant son visage se décomposer. Je n'ai pas l'intention de te dénoncer. J'adore les animaux. J'ai moi-même un élevage de rats plutôt lucratif. N'hésite pas à venir taper dedans si tu en as besoin. »
Il semble reconnaissant devant la proposition. Il s'incline légèrement et s'enfuit, son souriceau et mon rat encore vivant entre les mains.
9h37
Parfois je m'étonne moi-même. Quelle belle personne je fais !
9h59
N'empêche, Basile m'a confié depuis il y a peu sa lassitude au sujet de son régime uniquement composé de rats et je peux le comprendre. Je lui ai promis que j'essaierai de lui prévoir très vite une petite sortie.
Ça va tout de même me demander un peu d'organisation. Je ne peux pas me permettre de croiser Dumbledore dans le processus et je ne sais pas pourquoi, il est toujours là quand je prépare un coup fourré.
La dernière fois dans la bibliothèque, j'étais occupé à lire Précis d'alimentation des grands serpents et il m'a longuement observé derrière ses lunettes en demi-lune.
« Vous vous intéressez aux grands reptiles ? »
J'ai hoché la tête.
« Ce sont des animaux fascinants. Vous ne trouvez pas ? »
Heureusement pour moi, il n'a pas tardé à partir.
10h47
En attendant, j'ai tenté un peu de fourchelangue devant mes fidèles, à la réunion du club. Mais c'est pas évident de parler une langue que personne ne comprend. Ils se sont contentés de me regarder, un peu sceptiques devant la démonstration. Ils sont si peu impressionnables, ils me désespèrent. Faut que je fasse quoi pour qu'ils me considèrent comme un individu sombre et dangereux, hein ? Sachant qu'ils sont les plus à même de me suivre, je ne peux quand même pas les tuer un par un, ce n'est pas ça qui va servir ma cause !
« S'il s'agit de siffler en prenant un air mystérieux, je crois qu'on peut tous se revendiquer petits-fils de Serpentard », s'est moqué Alphard.
Il a repris un verre d'hydromel et a entrepris de m'imiter avec son habituel sourire goguenard.
« La saucisse de Narcisse... »
Ils peuvent toujours rire, si Basile change un jour de régime... Je serais celui qui rira le dernier.
10h51
Je vais clarifier ma menace qui je le sens, était un peu trop vague : Alphard me paiera cet affront très très cher.
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(A suivre)
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Une review = un exemplaire du grand Fütterung Nahaufnahme von Schlangen !
(Il s'agit d'un Précis d'alimentation des serpents mais en allemand, la version française étant en rupture de stock en ce moment).
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N/A
Voilà voilà ! Ça vole toujours pas très haut mais j'espère que vous avez pris plaisir à lire.
Le prochain chapitre s'intitulera : Où Tom se frotte aux relations humaines (sauf si je trouve un meilleur titre hahaha).
Bisous, bonnes fêtes de fin d'année et à bientôt !
