De miel et d'abeilles
Auteur : PlumePlume
Disclaimer : l'univers et les personnages de Supernatural appartiennent à ses créateurs et je ne tire aucun profit financier de cette histoire.
Spoiler : se situe quelque part pendant la saison 8. Les Winchester vivent seuls dans le bunker, Cas les aide pendant leur chasse et j'ai considéré que Naomi n'existe pas.
Pairing : Dean / Castiel, alias Destiel
Rating : M parce que les Winchester ne sont pas des modèles de politesse
Voilà ma première pierre ajoutée à l'immense édifice du Destiel. J'espère que vous prendrez autant plaisir à lire cette histoire que j'en ai eu à l'écrire !
L'histoire est déjà entièrement écrite, elle est découpée en cinq chapitres. Je posterai un nouveau chapitre tous les mercredis.
Bonne lecture et rendez-vous en bas !
PS : il y a un autre couple mystère dans cette fic', je vous laisse chercher lequel !
Chapitre 1 : Comme une odeur de miel
Dean sifflotait gaiement au volant de son Impala. Sam somnolait sur le siège passager, la chasse n'avait pas été de tout repos. Le démon traqué, qui possédait un apiculteur et manipulait ses abeilles pour assassiner les touristes, s'était montré particulièrement créatif pour leur filer entre les doigts. Mais la vision du démon tordu de douleur qui s'éteint en petits éclairs était encore plus jouissive lorsque ça signait la fin de deux semaines de chasse intense.
Cas leur avait aussi donné un coup de main sur cette affaire. À la fois, cet emplumé n'aurait loupé pour rien au monde une chasse impliquant des abeilles. Il avait donc mis un point d'honneur à arborer un sourire idiot quasiment non-stop pendant les deux dernières semaines. Sourire qui avait bien vite contaminé Dean, bien que ce dernier s'en défende vertement.
L'ange passait désormais beaucoup plus de temps avec eux, bien qu'il disparaissait encore de temps à autre. Surtout la nuit, l'ange n'avait pas besoin de dormir, comme il aimait si souvent le rappeler. Dean était rassuré, d'une certaine manière. Savoir l'ange proche de lui, d'eux, et non pas en train de risquer sa vie dans une énième guerre qui les dépassait, c'était un sujet d'inquiétude en moins.
Dean reporta son attention sur la route. Ils avaient quitté la ville dès le démon éliminé, pour limiter les risques de se faire interpeller par la police locale, déjà suffisamment suspicieuse à leur encontre. Il roulait depuis maintenant quatre petites heures, sous un croissant de lune des plus poétiques (non pas que Dean soit sensible à ce genre de choses). Quelques autres heures de route le séparait encore de son bien-aimé lit à mémoire de forme, dans le bunker. Le chasseur se passa une main lasse sur le visage et appuya sur l'accélérateur. L'air de rien, il lui tardait d'arriver.
ooo
Dean s'étira et entra dans la bibliothèque en se grattant mollement le dos, sa tasse de café fumant à la main.
– Hey Sammy ! Du nouveau ?
Le-dit Sammy, qui avait depuis longtemps arrêté de lutter contre cet infâme surnom, leva brièvement les yeux de son ordinateur et secoua négativement la tête. Ça faisait plusieurs jours qu'ils étaient revenus de la chasse au démon-vengeur-apiculteur et le frère aîné commençait déjà à se lasser de la vie paisible du bunker. Pour calmer son impatience, Sam avait même demandé à Cas d'utiliser son omniscience angélique pour accélérer la recherche d'une nouvelle affaire.
Sam poussa un profond soupir en refermant un énième onglet infructueux. Beaucoup de bruit pour des chiens écrasés et trop peu de faits divers dignes de ce nom. Il était temps d'appeler Cas au rapport. Le chasseur esquissa un léger sourire et se racla la gorge.
– Hum, Cas ? Tu me reçois ? J'aimerai savoir si tu as trouvé quelque chose.
Un bruissement d'aile se fit entendre, accompagnant l'apparition soudaine de l'ange à deux pas de Dean. Ce dernier sursauta violemment et manqua de renverser son café sur sa chemise. Sam affichait un sourire affreusement satisfait.
L'ange se tourna vers Dean et lui offrit un sourire radieux.
– Hello Dean. Sam.
– Alors, tu as du nouveau ?
Cas ouvrit la bouche pour rendre compte mais se figea soudainement et se pencha sur Dean. Le sourire de Sam s'agrandit discrètement. Dean eut un mouvement de recul mais l'ange l'attrapa par l'épaule et enfouit son visage dans le creux du cou du chasseur avant d'inspirer profondément. Sam aurait juré que le visage de Dean venait d'atteindre un tout nouveau record de rougeur. Mais avant que l'aîné ait pu se débattre ou piquer une de ces ires dont il avait le secret, Cas se recula et ré-instaura entre eux une distance socialement acceptable. L'ange ajouta :
– Tu sens le miel, Dean.
Le concerné ouvrit la bouche, la referma, puis se racla la gorge, espérant faire ainsi baisser la température affolante de ses joues. Quelle idée l'ange avait eu de placer son visage si près du sien de si bon matin, aussi ! Pour une odeur de… miel en plus ? L'information lui fit froncer les sourcils.
– Comment ça, je sens le miel ?
Il retroussa une de ses manches et huma la peau de son bras sans déceler la moindre odeur de miel, ou de quoique ce soit de sucré d'ailleurs. Un Winchester, ça n'a pas la peau sucrée de toute façon. Un Winchester sent la virilité, la transpiration. Et parfois la tarte. Éventuellement.
Mais Cas insista, ses intonations d'Ange-du-Seigneur-j'ai-la-vérité-universelle reprenant un temps le dessus.
– Tes sens d'humain sont moins affûtés que les miens, mais je t'assure que tu sens le miel, Dean.
Dean détourna le regard et clôtura le débat d'un geste agacé. Il s'efforça également d'ignorer l'air diablement amusé de son petit frère pour se concentrer sur les vraies priorités.
– Donc, Cas. Tu as trouvé quelque chose ?
L'ange, qui se penchait déjà de nouveau vers lui, se redressa vivement et débita son compte-rendu.
– À Janesville, dans le Wisconsin, il y a eu huit morts étranges ces derniers mois. À chaque fois, ce sont deux frères qui meurent dans des circonstances mystérieuses. La police suspecte des suicides mais il est probable qu'il s'agisse d'un esprit vengeur.
– Très bien. Sam, tu peux voir si tu as plus de renseignements sur les victimes ?
Sam hocha la tête et Dean partit chercher une carte du Wisconsin.
ooo
Dean se mordilla la lèvre. Son doigt tapotait nerveusement sur la carte, pointant l'emplacement de leur prochaine destination, un motel miteux à proximité du quartier résidentiel où les meurtres avaient eu lieu. Sam faisait mine d'être complètement absorbé par l'écran de son ordinateur, alors que l'aîné savait très bien qu'il jubilait intérieurement. Dean inspira profondément.
– Cas, s'il te plaît. Arrête de… Arrête de respirer ma nuque. C'est désagréable et ça ne se fait pas.
Cas se décolla à regret du large dos du Winchester, qui reprit d'un ton las.
– Je te l'ai déjà dit pourtant ! Ça ne se fait pas de renifler les gens, comme ça !
– Désolé… Je croyais que ça ne s'appliquait qu'aux cadavres…
Sam laissa échapper un petit rire et Dean le fusilla du regard. L'aîné soupira d'agacement, il avait la désagréable impression d'être le seul réellement concentré sur la chasse à venir.
– Donc. Janesville est à environ dix heures de route. On va partir maintenant pour arriver avant la nuit. Cas, tu nous rejoindra là-bas quand on y sera, ok ?
L'ange, redevenu mortellement sérieux, hocha la tête et disparut dans un battement d'aile. Sam leva dramatiquement les yeux au ciel devant le ton autoritaire de son frère, qui lui retourna un regard noir et le pointa d'un doigt menaçant.
– Rigole pas, je sais que tu es derrière cette affaire d'odeur de miel. T'as de la chance qu'on ait de la route à faire mais je te jure qu'au motel je te le ferai payer !
Sam lui répondit par une de ses plus authentiques bitch face et Dean s'en retourna vers sa chambre en grommelant.
ooo
Deux chemises à peu près propres, une poignée de boxers, le costume d'agent du FBI… Mousse à raser, rasoir, dentifrice… Dean allait envoyer brosse à dent et gel douche rejoindre son sac de voyage lorsqu'une idée le frappa. Il déboucha le gel douche et le porta à son nez.
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– SAMMY ! TOUCHE ENCORE UNE FOIS À MON GEL DOUCHE ET JE TE RASE TA TIGNASSE DE YÉTI !
Le fou rire de Sam résonna à travers tout le bunker. Le gel douche « Extra fresh - Coconut» sentait curieusement le miel.
ooo
Dean sortait de la douche du motel, après s'être consciencieusement savonné avec un gel douche acheté à la supérette du coin. Garanti cent pourcents sans miel, bien entendu. Il en avait même profité pour acheter un shampoing colorant d'un vert plus que douteux. Ce serait parfait pour son idiot de petit frère.
Ce dernier était d'ailleurs sorti pour aller chercher le dîner. Autant dire que Dean était déterminé à ne pas toucher une seule miette de ce que son frère allait ramener. L'autre élan serait capable de lui donner une haleine de miel. Et ça donnerait une nouvelle excuse à Cas pour s'approcher beaucoup trop près de sa bouche. Et Dean n'avait aucune envie que ça se reproduise.
L'ange ne s'était d'ailleurs toujours pas manifesté. Mais Dean préférait que ça reste ainsi. Bien qu'il n'ait plus l'impression de sentir le miel, l'emplumé serait bien capable de trouver une autre excuse saugrenue pour violer son bien-aimé espace personnel. De toute façon, pas besoin de l'appeler puisqu'ils n'auraient pas plus d'informations à lui donner, ils n'avaient pas encore commencé l'enquête. À peine installés dans leur chambre, Dean avait foncé sous la douche et Sam s'était éclipsé à la recherche du dîner.
Dean s'essuya rapidement les cheveux avant de se laisser tomber sur son lit. Il poussa un petit gémissement satisfait en savourant le moelleux du matelas. Pas de ressorts proéminents, pas de tâches douteuses sur la literie et une épaisseur qui excédait les dix centimètres. Le Saint Graal des lits de motel…
ooo
Un bruit d'appareil photo tira brusquement Dean de son sommeil, l'arrachant violemment aux bras de plantureuses créatures aux yeux bleus. Le chasseur sursauta vivement et s'extirpa de l'étreinte de sa couverture pour menacer l'intrus avec le couteau de Ruby. Le sourire de Sam s'étirait d'une oreille à l'autre, derrière son téléphone.
– Sammy, je te jure que si tu n'effaces pas cette photo tout de suite, tu peux dire adieu à ta chevelure de princesse Disney !
Le jeune chasseur se contenta d'esquiver l'assaut de son frère en riant aux éclats.
– Mais tu es tellement adorable avec ton filet de bave ! Cas paierait une fortune pour cette photo !
Dean vira au rouge et ses attaques redoublèrent d'ardeur. Sam réussissait malgré tout à maintenir le téléphone hors de sa portée, sans départir de son sourire. Mais, sentant que la colère de son frère commençait à atteindre un seuil critique, l'élan, prudent, abattit sa dernière carte.
– Au fait, je l'ai invité à dîner, ce soir.
Dean se figea brusquement, avant de fixer son frère d'un air suspicieux.
– Tu as invité Cas à manger ?
– Oui… C'est généralement ce que des amis font, Dean.
L'aîné soupira d'exaspération et tenta de se justifier.
– Enfin, je veux dire… Cas n'a même pas besoin de manger… Il…
Sam savoura quelques instants la vision de Dean cherchant ses mots en gesticulant dans le vide avant de clarifier les choses.
– En fait, je lui ai simplement dit que j'avais trouvé du poulet au miel et il m'a regardé avec tellement d'étoiles dans les yeux que je n'ai pas pu lui refuser de venir en manger.
Dean se mordilla la lèvre, regrettant d'avoir loupé ce spectacle. Et intérieurement jaloux que Cas passe du bon temps avec Sam, sans lui. Il se serait mis des baffes pour oser penser ainsi. Il se passa une main dans les cheveux et rejeta la couverture pour se lever.
– Hm. Très bien. Quand est-ce qu'on mange, du coup ?
– J'attendais juste que tu émerges de ton sommeil de princesse.
– Bitch.
– Jerk.
ooo
Les bruits de mastication emplissaient la chambre. Dean ne l'avouerait jamais, mais ce mélange contre-nature du poulet et du miel n'était pas si mauvais. Il avait fini par se laisser tenter en voyant l'expression de pure extase de Cas lorsqu'il goûta au plat. Et non, le fait qu'il puisse plus facilement cacher un début d'érection en étant assis à table qu'allongé sur son lit n'avait rien à voir là-dedans. Cas était un ange et Dean était un Winchester. Donc il n'y avait aucun moyen que Dean puisse trouver Cas désirable. Même lorsqu'il se léchait les doigts pour ne pas perdre une seule goutte de miel.
Sam se racla bruyamment la gorge et lui lança un regard appuyé. Shit. Dean reporta vivement son attention sur son assiette. Il s'engouffra rapidement le reste du morceau de poulet dans la bouche et se lécha les doigts, en regardant partout sauf en direction de l'ange.
– C'était super bon, Sammy. Il y a quoi pour le dessert ?
– De la tarte au miel et aux amandes. Je me suis dit que tu aimerais bien.
Sam s'éclipsa pour revenir du mini-frigo avec la plus belle création que Dean avait jamais vu. Plus gracieuse que toutes les femmes que le chasseur avait eu le plaisir de voir. Plus délicate, plus succulente, elle éclipsait tout le reste. Présentement, Dean se foutait bien d'avoir un filet de bave au coin des lèvres, la femme de sa vie venait d'arriver. Il pouvait déjà sentir le goût raffiné, la texture onctueuse et l'explosion de saveurs qui allait ravager son palais…
Ce fut avec une quasi vénération que Dean porta ce trésor à ses lèvres, louchant pour profiter jusqu'au dernier moment du moindre détail de ce chef-d'œuvre. La première bouchée dépassa toutes ses attentes et il sentit un gémissement de pur plaisir remonter du fond de sa gorge pour…
– Dean, s'il te plaît, je me croirais dans un de tes pornos, là. C'est gênant.
Le chasseur avala sa bouchée et fusilla l'importun du regard.
– Je suis en train de savourer la perfection incarnée. Ne me gâche pas ce plaisir, Sammy.
L'incriminé roula des yeux et mordit à pleine dent dans sa part puis avala le morceau sans plus de manières. Dean détourna ses yeux de ce sacrilège mais consentit à garder ses orgasmes gustatifs pour lui.
ooo
Si au début l'attention de Dean était entièrement dévouée à Dame Tarte Amande-Miel, il finit par se rendre compte des réactions de Cas. Il fallait avouer que l'ange rougissant et gigotant d'inconfort sur sa chaise était un spectacle des plus distrayants. Et suffisamment rare pour être remarqué. Dean n'avait pas mis longtemps à faire le lien entre ses gémissements dignes du livreur de pizza et les grimaces embarrassées de l'ange.
Si Sam n'avait pas été là, Dean aurait pris grand plaisir à pousser le vice jusqu'à fixer Cas dans les yeux, comme ils le faisaient si souvent, tout en savourant sa dernière bouchée de tarte. Mais il avait peur de se laisser aller à des pulsions indésirables s'il faisait face au regard bleuté assombri, perdu et implorant que Cas devait très certainement avoir. Alors il se contenta de déguster le reste de sa tarte dans un petit bruit appréciateur, puis de se lécher consciencieusement et suggestivement les doigts pour récupérer les derniers morceaux d'amande au miel.
Car si mettre l'angelot mal à l'aise était devenu un sport national pour l'aîné des chasseurs (sport dans lequel il excellait, en toute modestie), il était par contre hors de question d'introduire de quelconques… envies dans l'équation. De toute façon, Dean était hétéro, point barre.
Les longs regards entre Cas et lui n'étaient que simples communications silencieuses, dans un cadre purement pratique et professionnel. Et si le chasseur se montrait parfois surprotecteur envers l'ange, c'était tout simplement parce que la dernière fois que l'ange avait été laissé sans surveillance, il avait fini par se prendre pour Dieu et relâcher sur Terre pas moins d'une armée de léviathans. Et les envies fantasques qui tenaillaient parfois Dean, comme embrasser Cas lorsqu'il passait trop près, ou l'attirer dans une virile étreinte lorsqu'ils réchappaient de la mort de justesse, n'étaient que de regrettables manifestations d'années de stress refoulé. Et elles se reportaient sur Cas car il était l'être le plus émotionnellement proche de lui après son frère… Avait-il dit « émotionnellement » ? Non, absolument pas.
Dean fut sorti de ses songes par le bruit de la chaise de Sam raclant sur le linoléum.
– Bon, je vais prendre ma douche, moi. Dean, je te laisse débarrasser ?
Dean n'avait pas encore émis de protestation que la porte de la salle de bain claquait, le laissant seul avec Cas et les vestiges de leur dîner. L'ange fixa le carton vide du poulet d'un air tiraillé, puis se lécha les lèvres. Le chasseur frissonna légèrement.
– Dean, il reste un peu de miel du poulet sur le carton. Est-ce que je peux le manger ?
– Euh… Oui, si tu veux.
Le visage de Cas s'illumina d'un grand sourire. Dean s'empressa de détourner le regard, et se focalisa sur le carton de feu Dame Tarte (carton qui était immaculé, Dean avait dévoré jusqu'à la dernière miette) qu'il alla jeter à la poubelle. Le chasseur attendit que les bruits de succion obscènes de l'ange et son poulet au miel cessent pour retourner auprès de Cas, afin de nettoyer le reste de miettes sur la table.
L'ange lui tendit gauchement l'emballage nettoyé du poulet, que Dean saisit en laissant peut-être ses doigts caresser ceux de Cas un peu plus longtemps que nécessaire. L'ange ne sembla pas relever, trop occupé à regarder partout sauf en direction de Dean. Si Dean n'était pas dans le même état de nervosité, il aurait probablement ri du malaise de l'ange.
Le carton de poulet refusait obstinément de rentrer dans la petite poubelle de bureau fournie par le motel. Agacé, Dean tenta de le plier avant de céder et de l'enfoncer de force d'un coup de poing. Heureusement que Cas l'avait nettoyé, sans quoi la violence du chasseur aurait sans doute projeté du miel partout. Dean se retourna, très satisfait, et sursauta en découvrant Cas planté à deux pas de lui.
– Euh… Cas ?
L'ange ne répondit pas, se contentant de le fixer en se mordillant nerveusement la lèvre. Dean s'humidifia inconsciemment les lèvres. Cas était trop près. Encore.
Dean s'efforça de ne pas fixer l'ange dans les yeux, sous peine de faire une connerie plus grosse que lui. Du genre le plaquer contre le mur pour enfin embrasser ces lèvres si tentantes… En toute amitié, bien-sûr. Cas lâcha un petit soupir qui le fit sursauter et attrapa le chasseur par les épaules pour l'attirer contre lui, le nez de l'ange encore une fois niché dans le creux de son cou.
Les deux hommes frissonnèrent de concert. La prise de Cas se resserra sur ses épaules tandis qu'il inspirait profondément, arrachant à Dean un gémissement (viril, le gémissement). Dean pouvait sentir le souffle brûlant de Cas contre son cou, la chaleur de son corps collé à lui, son cœur qui battait beaucoup trop vite. À l'image du sien. Un nouveau frisson le parcourut. Si Cas ne le lâchait pas dans la seconde, il ne répondrait plus de rien.
Mais à peine avait-il imaginé les outrages qu'il ferait subir à l'ange que ce dernier se décolla brutalement de lui. Il avait le visage rouge brique, la respiration courte, et lorsqu'il plongea ses yeux dans les siens, il crut défaillir devant le regard désireux et implorant de l'ange. Cas entrouvrit les lèvres, comme pour formuler une excuse à son comportement, mais rien ne sortit. À la place, il se pencha de nouveau et embrassa la commissure des lèvres de Dean. Chastement. Avec tout le respect et l'adoration du monde. Le cœur du chasseur loupa un battement. Puis l'ange s'envola dans un bruissement d'aile.
Dean était amèrement partagé entre la frustration et le soulagement.
À suivre...
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