Basil et Eden découvrent vraiment le concept d'homosexualité

BASIL : Bordel.

EDEN : Ouais.

BASIL : Mec quand tu m'as réveillé pour me dire "Al s'est tiré, on le suit", je m'attendais à tout, vraiment à tout, sauf à ça.

EDEN : La même.

BASIL : Il sort avec un prof. Un prof. J'étais trop pas loin hier !

EDEN : …

BASIL : On se les caille, non ?

EDEN : Sérieusement ? Basil, est-ce qu'un jour tu vas réussir à être vraiment sur le sujet ? Faut que tu t'accroches mon pote, je sais que c'est pas facile mais quand même quoi !

BASIL : Ben quoi ? On est resté genre, quarante minutes sans bouger dans cette salle de classe à regarder par l'entrebâillement de la porte, on est fin janvier, on se les pèle, j'en parle. J'vois pas le problème.

EDEN : T'es grave. Tu viens d'apprendre un truc gigantesque sur Albus, notre meilleur pote, et t'es là à te plaindre que t'as froid ! C'est la seule chose qui te marque ?!

BASIL : Gars, ça va hein. Ok c'est un peu bizarre de se taper un prof, mais ça va il est pas très vieux, celui-ci. C'est presque pas un prof en plus, on a fait du patin avec lui !

EDEN : Ok. Et la partie où c'est un mec et où ton pote est homo, on en parle ou pas ?

BASIL : Tu sais, ma tante elle est homo. Donc bon. C'est pas très important, si ? Je veux dire, je pensais pas qu'Al préférait les mecs, mais ça change vraiment quelque chose ?

EDEN : Je sais pas… J'arrête pas de me dire qu'il y a une raison pour laquelle il nous en a jamais parlé.

BASIL : Genre quoi ?

EDEN : Genre je sais pas p't'être qu'il a peur que tu sois trop bête pour comprendre.

BASIL : Oh ça va hein, je ne suis pas si...

EDEN : Ça va ? Tu t'es fait mal ?

BASIL : Non, j'ai… Juste glissé sur la marche, là ! Ils sont relous à foutre des marches partout aussi !

EDEN : C'est le concept d'un escalier, Basil…

BASIL : Ouais bah c'est naze. On disait quoi ?

EDEN : Tu disais que t'étais pas bête. Non mais en vrai, on a fait un truc qui fallait pas, pour Al ? Ou alors il a honte tu crois ?

BASIL : Possible. Je suis pas dans sa tête. On lui dira qu'on s'en fout.

EDEN : Ah non, on va pas lui dire ça, non.

BASIL : Ben on s'en fout pas ?

EDEN : Bien sûr que si on s'en fout, mais on va certainement pas lui dire. Parce qu'après, il va nous demander comment on sait ça, et t'as vraiment envie de lui expliquer qu'on a passé presque une heure à le regarder galoche un mec ?

BASIL : …

EDEN : …

BASIL : J'avoue c'est chelou, t'as raison. On lui dit rien.

EDEN : On lui dit rien. Et on attend qu'il nous en parle.

BASIL : Et s'il nous en parle pas ?

EDEN : C'est son choix. C'est lui qui décide. S'il a envie, il en parlera. J'espère.

BASIL : P't'être que je pourrais lui faire comprendre subtilement qu'il peut nous en parler ?

EDEN : Basil je te jure, tu te la boucles. La subtilité et toi ça fait douze donc ferme-la. On ne dit rien.