Voici ma participation au défi de l'été 2021 organisé par le Forum Saint Seiya FR. Comme l'année dernière, c'était un évent où l'on s'échangeait des phrases à compléter avec la suite qu'on voulait. C'était très amusant !

Hadès risque d'être OOC dans cet OS. J'ai voulu donner un ton léger au récit, et essayer de faire quelque chose d'humoristique.

Disclaimer : Les personnages appartiennent à Masami Kurumada. L'image en cover est une illustration que j'ai réalisée.


Tout pour l'amour de Valentine !

Après avoir établi la paix dans le monde et ressuscité tous les combattants qui avaient été impliqué dans les Guerres Saintes. Une trêve avait été signé entre les différents camps. Dorénavant, Hadès et Poséidon ne chercheront plus à détruire la Terre, ainsi Athéna n'aura plus à lutter contre eux. Suite à cela, les dieux et leurs armées reprirent le cours de leur vie.

Cette nouvelle ère de paix changea bien des choses, notamment les comportements de certaines personnes et les relations qu'elles entretenaient. L'ambiance était bien plus détendue entre les différents domaines sacrés, ce qui déridait (voir même décoinçait) l'ensemble des guerriers et divinités. Certains de ces changements étaient pour le moins... surprenants. C'était le cas pour les Enfers, où l'on pouvait observer une scène particulière se dérouler quotidiennement.

Alors que Valentine patrouillait comme à son habitude dans la Huitième Prison, il entendit soudain quelqu'un l'interpeler.

« Ah, Valentine ! Te voilà enfin, ça fait un moment que je te cherchais.

— Seigneur Rhadamanthe ? Vous me cherchiez ?

— Oui, je voudrais m'entretenir avec toi et te demander quelque chose.

— Très bien, je vous écoute. Que puis-je faire pour vous ?

— Voilà, je…

— Valentine ! intervint une tierce personne, c'était Pharaon qui accourait vers eux. Je te trouve enfin ! Oh et bonjour Seigneur Rhadamanthe.

— Oh Pharaon, tu me cherchais toi aussi ?

— Dépêche-toi de parler. Tu viens de m'interrompre alors que je m'entretenais avec lui ! lui ordonna le juge mécontent de s'être fait couper.

— Pardonnez-moi, Seigneur Rhadamanthe, s'excusa-t-il en effectuant une révérence, puis il s'adressa à la Harpie en se redressant. Valentine, Sa Majesté veut te voir immédiatement.

— Je vois… Dans ce cas, je me rends à la Giudecca de ce pas. Seigneur Rhadamanthe, veillez m'excuser, nous parlerons plus tard. »

Sur ces paroles, le Chypriote prit congé et se rendit au palais d'Hadès. L'Anglais grinça des dents, furieux de ne pas avoir pu dire à son lieutenant ce qui lui brûlait son être depuis la résurrection.

Il se trouvait que la Wyvern était éperdument amoureux de la Harpie depuis très longtemps. Seulement, à cause de leur devoir de spectres et des combats qu'ils avaient dus mener, il avait fait taire ses sentiments afin de se concentrer uniquement sur son rôle de juge des Enfers. Maintenant avec la paix, ils avaient tous la possibilité de vivre comme ils l'entendaient. Rhadamanthe avait alors pris la décision de se déclarer à son amour de toujours. Mais voilà, à chaque fois qu'il avait tenté une approche, il y avait toujours quelqu'un pour l'empêcher d'aller jusqu'au bout.
Et cette personne était Hadès lui-même ! Le dieu pour qui il avait juré de servir fidèlement et pourtant… Il se retrouvait à présent en confrontation avec lui ! Et pour cause : lui aussi s'intéressait à la Harpie !
Le blond avait beau vénérer son chef, mais quand on avait des vus sur son lieutenant, il n'y avait plus de respect hiérarchique qui tenait !

Ah Valentine… Comment ne pas l'aimer ? Il était si beau avec sa soyeuse chevelure d'un joli rose tendre, contrastant à merveille avec son surplis aussi sombre qu'une nuit sans lune, sans compter son regard d'ambre acéré envers ses ennemis, mais bienveillant à l'égard de ses proches, tout son être le fascinait.
Son ami de toujours qui était lui était si dévoué et sincère dans ses intentions. C'étaient ces qualités qui l'avaient séduit : sa loyauté absolue, sa force et surtout son désintérêt. Le Chypriote prenait son rôle de serviteur très à cœur, aussi il prenait grand soin de son maître, son bien-être lui importait. Il avait été prêt à tout pour l'aider du mieux qu'il le pouvait pour l'élever vers les sommets. Avec du recul, Rhadamanthe se disait que sans lui, il ne serait certainement pas ce qu'il était maintenant. La présence du jeune homme aux cheveux rose dans son quotidien lui était indispensable, et d'aussi loin qu'il se souvenait, il avait toujours été là pour lui. Le juge ne pouvait pas souhaiter de meilleur partenaire, il le voulait éternellement à ses côtés comme compagnon.

Cependant, il n'était pas le seul à le désirer comme amant. Hadès était aussi bien déterminé à l'avoir pour lui, et cela lui compliquait les choses. Au rythme où avance sa conquête, il n'était pas près d'avoir Valentine dans ses bras. Il devait absolument établir un plan d'attaque et vite !

De son côté, le spectre de la Harpie arriva dans la salle du trône, s'agenouilla tête baissée et attendit les ordres du maître des lieux. Ce dernier le regarda faire, une lueur amusée et attendrit dans les yeux. Puis il se leva, descendit jusqu'à sa hauteur, lui posa une main sur son épaule de manière bienveillante avant de prendre la parole.

« Allons Valentine, tu n'as pas besoin d'être aussi formel avec moi. Nous sommes seuls, tu peux te détendre.

— Seigneur Hadès, je ne pense pas en être capable. Cela me paraît tellement déplacé de vous traiter avec familiarité et sans le protocole qui vous est dû…

— Pourquoi ? Parce que je suis un dieu et le dirigeant des Enfers ?

— Entre autres oui…

— Ah Valentine ! Tu es si solennel, j'aimerais que tu puisses te défaire de cette habitude et être plus décontracté avec moi. Mais bon, si cette attitude te gêne tant que cela, je ne t'obligerais à l'adopter. D'un côté, je trouve ce respect flatteur et cet embarras touchant. Déclara-t-il en lui caressant doucement la joue.

— Sei-Seigneur Hadès… balbutia le spectre les joues rougies de gêne par cette action et par la proximité du dieu.

— Tu es si mignon comme ça… dit-il en prenant une de ses mèches roses et la huma. Mmh… tu sens si bon…

— Je… Seigneur Hadès… C'est si embarrassant…

— Ma proximité te dérange tant que cela ?

— …

— Tu peux me le dire franchement. J'arrêterais, si c'est le cas.

— Eh bien… Oui, cela m'incommode…

— Très bien, très bien… soupira-t-il de résignation.

— Pourquoi m'avez-vous fait venir ? Vous vouliez me confier une tâche ? Quelque chose de grave est arrivé ?

— Oh, non rien de cela. Je voulais juste te voir.

— … Juste me voir ?

— Oui, je m'ennuyais un peu. Le fait de te voir m'empli de joie, ta compagnie est si agréable…

— Je… Je suis flatté votre Majesté… Mais… J'ai encore des devoirs à accomplir. Puis-je me retirer ?

— Tu sais que je peux suspendre tes missions, ainsi tu n'auras plus rien à faire. Je peux aussi t'ordonner de rester. Mais rassure-toi, je ne le ferai pas sans ton accord.

— C'est… C'est généreux de votre part. Cependant, je ne le souhaite pas : je suis un spectre comme un autre, j'ai du travail à faire et j'aimerais m'en acquitter.

— Très bien, comme tu le voudras… Tu peux disposer dans ce cas. »

Après une brève révérence, Valentine se retira. Lorsque le claquement de la porte retentit, signe que le spectre était parti et qu'il était de nouveau seul, Hadès soupira.

Décidemment, le Chypriote était toujours aussi sérieux et protocolaire avec lui. Il avait beau insister et essayer de se rapprocher de lui, le spectre restait toujours aussi distant. A croire que ses intentions n'étaient pas claires, alors qu'il ne cherchait absolument pas à cacher son intérêt pour son subordonné.

Ce qui l'avaient attiré chez lui étaient non seulement son physique élégant et svelte, mais surtout la loyauté inébranlable dont il faisait preuve. Le dieu savait qu'au-delà de sa soumission envers lui en tant que spectre, Valentine était par-dessus tout entièrement dévoué à Rhadamanthe.
Si ce fait pouvait être vu comme un outrage envers sa personne, Hadès lui était captivé par cet amour et cette dévotion. Des vertus rares et précieuses qu'il voulait pour lui. Oh bien sûr, tous ses soldats lui étaient fidèles, sans pour autant égaler la probité de la Harpie.

Le juge était conscient de la chance inouïe qu'il avait d'avoir été choisi comme maître par le Chypriote. Cependant, il ignorait que ses sentiments avaient été réciproques, croyant que son serviteur ne le voyait que comme son supérieur. Hadès en avait donc profité pour essayer de détourner l'attention de Valentine. Néanmoins, il semblerait que l'Anglais ne fût pas disposé à perdre son précieux bras-droit, pas même au profit de son dieu. Depuis, les deux prétendants se livraient une lutte sans merci pour l'amour de la Harpie.

Cette guerre froide n'était pas passée inaperçue aux yeux des spectres. Il fallait dire qu'ils étaient tout sauf discrets. Amusés par ce manège, les habitants des Enfers suivaient attentivement cette affaire, comme s'il s'agissait d'un feuilleton à l'eau de rose. Certains avaient même parié sur lequel des deux s'attirera les faveurs du jeune homme : la division de la Wyvern soutenait fermement son chef, tandis que les autres étaient convaincus que leur collègue cèderait aux avances de la divinité, après tout, c'était ce qu'une personne sensée ferait.

Mais s'il y avait bien quelqu'un qui n'était pas du tout amusé par cette situation, c'était Valentine.

Après être sorti de la Giudecca, le jeune homme à la chevelure rose ne put s'empêcher de soupirer. C'étaient tous les jours le même cirque : le Seigneur Rhadamanthe cherchait à lui dire quelque chose avant que sa présence ne fût désirée par leur dieu. Il avait bien conscience des intentions du souverain envers lui, et même s'il se sentait quelque part flatté d'attirer le maître des Enfers, il était surtout embarrassé par sa proximité et son insistance. Cela le mettait quelque peu mal à l'aise, sachant qu'il était le seul à recevoir ce traitement alors qu'il n'avait rien (à ses yeux) de plus à envier qu'un autre spectre. D'autant plus que les sentiments n'étaient pas réciproques, seulement, il n'avait pas osé le lui dire, croyant que le dieu comprendrait par son comportement mais en vain.

De plus, cela devait également être gênant pour le juge qui n'avait toujours pas pu s'entretenir avec lui. Le lieutenant devait bien avouer que cela l'intriguait : que pouvait-il bien avoir de si important à lui dire ?

Cela ne pouvait pas durer, il devait mettre fin à cette situation ! Il se dirigea donc vers le tribunal pour discuter avec son seigneur, comme il lui avait promis. Seulement, quand il arriva sur les lieux, il le vit en train de juger des âmes. Vu la file qui attendait, il en déduisit qu'il en aurait pour quelques heures avant d'être libre. Ce n'était donc pas le bon moment pour parler et hors de question de l'interrompre dans son travail. Il devra donc encore patienter avant de pouvoir être reçu.

Le Chypriote quitta le tribunal et constata qu'il avait fini ses tâches quotidiennes. Il décida alors de remonter discrètement sur Terre.

Une fois à la surface, en ayant pris soin de ne pas être suivi, le spectre nota qu'il faisait déjà nuit noire. Parfait, l'obscurité était son domaine, et lui permettrait de ne pas se faire remarquer. Il se dirigea vers le Sanctuaire.
En arrivant là-bas, il cacha sa présence et pénétra dans le territoire d'Athéna sans se faire repérer. Le jeune homme avait connaissance des passages secrets des douze maisons, aussi il les emprunta afin de s'assurer de ne pas être vu. Quand il en sortit, il se retrouva au niveau de la huitième maison.

Il entra dans le temple plongé dans les ténèbres. Alors qu'il avançait tranquillement, il sentit une présence dans la pénombre proche de lui. Elle se déplaça rapidement vers lui et lui sauta dessus ! La Harpie se retrouva plaquer au sol, et même s'il faisait sombre, il pouvait clairement voir le sourire qu'affichait son agresseur.

Le ciel se dégagea, laissant apparaître la lune qui baigna le Sanctuaire de sa lumière. Quelques rayons parvinrent à éclairer l'intérieur du temple, révélant l'identité de l'homme qui se tenait à califourchon au-dessus de lui : il ne s'agissait de nul autre que Milo, le chevalier d'or du Scorpion.

Il était là, juste quelques centimètres de son visage, le surplombant avec un doux sourire aux lèvres, le regard rempli de tendresse. Valentine ne put s'empêcher de le détailler, le trouvant incroyablement beau avec ses yeux bleu-vert tel la mer Egée et ses longs cheveux blonds, luisant d'un éclat doré sous les rayons argentés de la lune, tombant de part et d'autre de son visage, le chatouillant… Blond comme ceux de Rhadamanthe… Non ! Il ne devait pas y penser ! Le spectre chassa vite cette idée de son esprit.

Il ignorait combien de temps ils restèrent dans cette position, et à vrai dire, il s'en moquait éperdument. Les deux hommes auraient continué à demeurer ainsi si une troisième personne ne s'était pas manifestée.

« Ahem ! Je dérange peut-être ? fit l'arrivant d'un air entendu. En entendant sa voix, les deux guerriers dirigèrent leurs regards dans la direction d'où elle provenait. La silhouette dans l'obscurité s'avança vers la partie éclairée, dévoilant un homme aux yeux et cheveux rouge sang.

— Oh, bonsoir Camus. Désolé, je ne t'avais pas vu, s'excusa le Chypriote.

— Bien sûr que non, tu ne nous déranges pas ! Il ne manquait plus que toi, viens nous rejoindre !

— Milo… Tu exagères, à peine il arrive et tu lui sautes déjà dessus. Laisse-lui le temps de reprendre son souffle au moins après cette montée. En plus, il doit être fatigué après sa journée de travail.

— Ne t'inquiète pas, je vais bien. Ça ne me gêne pas, je trouve ça même touchant.

— Ah tant mieux ! Tu vois Camus, tout va bien. Mais dis donc, tu viens tard aujourd'hui.

— Oui, j'avais pas mal de choses à faire.

— Est-ce que tu as mangé ? l'interrogea le Verseau.

— Non pas encore… Et vous ?

— Nous non plus, nous t'avons attendu.

— Vous avez veillé jusqu'à aussi tard ? Il ne fallait pas… J'aurais pu ne pas venir…

— Nous savions que tu viendrais. Maintenant que tu es là, passons à table ! annonça Milo en l'aidant à se relever. »

Les trois hommes se dirigèrent donc vers la cuisine du Scorpion. Quelle fut la surprise de Valentine quand il vit que le dîner avait déjà été préparé et la table dressée.

« Vous aviez tout préparé et vous m'aviez attendu… Je… ça me touche et en même temps ça m'embarrasse un peu. Je me rattraperai la prochaine fois.

— Allons, ce n'est pas grave. Nous nous en doutions que tu avais dû avoir une journée chargée. Installe-toi et détends-toi à présent ! Nous nous occupons de tout ! Camus a préparé ton plat préféré.

— Et c'est Milo qui a décoré la table. Il mit des fleurs et des bougies pour donner une ambiance romantique.

— Ça alors ! Je… Merci, vous êtes des amours. C'est parfait.

— Rien n'est trop beau pour notre Valentine ! déclara le blond en lui faisait un clin d'œil. »

Sans plus de cérémonie, ils à manger tout en parlant de leur journée. Le spectre se fit servir comme un roi par les deux chevaliers. Pendant le repas, il ne put s'empêcher d'admirer Camus comme il l'avait fait plus tôt avec Milo. Le Français possédait un physique très attrayant aussi enviable que celui du Grec. Comme il aimait caresser sa longue et soyeuse chevelure flamboyante, et son regard d'ordinaire si froid, devenait chaleureux en sa présence et celle de leur compagnon.

En effet, depuis la fin de la guerre entre leurs deux camps, les guerriers avaient appris à se connaitre. De nouvelles amitiés s'étaient créés, les dieux ne s'y étaient pas opposés, n'y voyant aucun inconvénient. Certains s'étaient même grandement rapprochés, c'étaient le cas de Camus, Milo et Valentine. Ces trois-là entretenaient une relation depuis quelques temps, toutefois, elle demeurait secrète : personne n'était au courant. Ils n'avaient pas encore eu le courage de la révéler au grand jour. Ils avaient décidé de prendre leur temps pour cela.

Après le dîner, le serviteur d'Hadès continua à se faire choyer par les deux chevaliers, recevant beaucoup d'attention et de caresses de leur part. Il n'y avait pas à dire, il était heureux avec eux et les adorait. Cependant, une partie de lui ne pouvait pas oublier son amour platonique quand bien même il avait essayé, en vain. Cela le faisait un peu culpabiliser…

Camus et Milo étaient aussi heureux avec lui. A vrai dire, c'étaient eux qui avaient proposé à la Harpie de tenter d'avoir une relation avec eux. Les deux chevaliers avaient été charmé par ce spectre qu'ils trouvaient à leur goût avec ses jolis cheveux rose et ses yeux jaune-orange. Il avait quelque chose de spécial : une sincérité bouleversante. Mais il y avait autre chose, une certaine tristesse en lui qui les avait touchés. Les deux hommes avaient pour but de la faire disparaître et voir leur compagnon comblé.
Valentine avait accepté en espérant pouvoir ainsi tourner la page et commencer sa nouvelle vie sur une nouvelle base.

Ce soir-là comme d'autres auparavant, le spectre s'endormit entourer des deux chevaliers, tendrement enlacé.

Le lendemain, leur réveil fut très agréable, tout en douceur. Les trois hommes prirent leur petit-déjeuner ensemble dans le calme et la sérénité du huitième temple, tout en contemplant les premiers rayons du jour illuminer le Sanctuaire. Valentine y avait vite pris goût : comme il vivait dans les profondeurs des Enfers dépourvus de la lumière du soleil, il avait rarement eu l'occasion d'admirer un tel spectacle.

Suite à cela, il repartit pour le monde des ténèbres, non sans un dernier câlin échangé avec les deux chevaliers. Leur promettant de revenir dans la soirée quand il aura fini ses devoirs du jour.

De retour au Cocyte, le spectre reprit sa routine comme si rien n'était. Personne n'avait remarqué son absence et n'était au courant de ses sorties. Alors qu'il s'assurait de l'emprisonnement des âmes, comme la veille, la Wyvern vint le retrouver.

« Valentine ! l'interpella-t-il. Je suis désolé, j'étais débordé hier, nous n'avons pas pu parler. Mais maintenant je suis libre toute la journée.

— Ne vous en faîtes pas, j'avais bien vu que vous aviez beaucoup à faire. Du coup, je vous écoute.

— Tout d'abord, nous pouvons laisser tomber ces solennités comme je te l'ai déjà demandé plusieurs fois : nous sommes seuls.

— … Très bien, comme tu voudras… capitula le Chypriote. »

Il ne comprenait pas pourquoi ses supérieurs insistaient tant sur ce point avec lui, mais soit. Avec Rhadamanthe, il pouvait se le permettre et avait moins de mal à être familier en sa présence. Après tout, ils se connaissaient depuis des lustres et pouvaient se considérer comme amis au-delà de leur rôle maître/serviteur.

« Valentine… Tu sais, ça fait si longtemps que nous sommes ensemble… Je ne me rappelle même plus de la courte période durant laquelle tu n'as pas été présent dans ma vie : c'est comme si tu avais toujours été à mes côtés, fidèle au poste.

— Bien sûr, c'est mon devoir après tout.

— … Tu ne restes avec moi que par obligation ?

— Non… Je… Je t'ai toujours admiré, Rhadamanthe. J'ai toujours souhaité pouvoir être à tes cotés pour te soutenir du mieux que je peux, et ainsi te voir accomplir ta destinée.

— Et pour cela, je te remercie. Ta noble intention me touche plus que ce que ne le penses. En vérité, je…

— Valentine ! cria une voix non-loin.

— Encore toi Pharaon ! Qu'est-ce que tu veux ?! Tu ne vois pas que je suis en pleine discussion avec lui ?! C'est la deuxième fois en même pas deux jours que tu m'interromps !

— Je suis navré, Seigneur Rhadamanthe ! Mais sa Majesté veut voir Valentine.

— Encore ?!

— Oh… Très bien… J'arrive. Je suis désolé, pouvons-nous reporter cette entrevue une fois de plus ?

— Pas question ! Ça commence à bien faire cette histoire, je viens avec toi !

— C-Comment ? Mais le Seigneur Hadès n'a demandé que la présence de Valentine…

— Eh bien, il devra me supporter aussi s'il veut le voir. »

N'osant contrarier d'avantage l'Anglais, l'Egyptien n'en rajouta pas et amorça la marche jusqu'à la Giudecca. Les deux autres spectres le suivirent en silence.

« J'ai un très mauvais pressentiment concernant cette rencontre… » pensa la Harpie dans son for intérieur. A cet instant, il ignorait que cette pensée lui donnerait raison.

Dans la salle du trône, Hadès attendait impatiemment l'arrivée de l'étoile céleste de la lamentation. Cette fois-ci, il lui avait prévu quelque chose et espérait le faire tomber sous son charme. Quand la porte s'ouvrit, quelle fut sa surprise de voir, non pas deux, mais trois hommes entrer dans la pièce. Ces derniers s'agenouillèrent devant l'air déconcerté du dieu.

« Majesté, je vous ramène Valentine comme vous me l'aviez demandé.

— Je vois bien cependant… que fait Rhadamanthe ici ?

— Eh bien… Comment dire…

— J'accompagne Valentine. C'est mon lieutenant, je tiens à l'avoir près de moi en toute circonstance.

— Et moi, je veux m'entretenir avec lui en privé. Tu peux disposer, Pharaon.

— Quel hasard, moi aussi je dois lui parler en tête-à-tête. Si vous avez quelque chose à lui dire, faîtes-le en ma présence : je suis son supérieur, j'ai le droit de savoir tout ce qui le concerne. »

En entendant cela, le Chypriote le regarda d'un air effaré. Alors ça c'était la meilleure ! Son maître voulait abuser de son statut maintenant ! Le spectre s'apprêta à protester, toutefois Hadès prit la parole avant qu'il ne pût dire quoi que ce soit.

« Entendu, de toute façon que tu sois au courant ou non, m'importe peu. Déclara-t-il avec indifférence, choquant encore plus la Harpie. Donc Valentine, je voulais te demander si tu me ferais de dîner avec moi ce soir.

— Un dîner ce soir ?! Non, je…

— Désolé votre Majesté, mais j'avais prévu d'inviter Valentine également à dîner ce soir.

— … Ah bon ? s'étonna le subordonné.

— Oh voilà qui est fâcheux… Ce serait cruel de lui imposer un choix.

— En fait, je…

— Ah je sais ! Dînons tous les trois, ensemble, cela me semble être un bon compromis. Tu n'y vois pas d'inconvénient, Rhadamanthe ?

— Aucun, je pense que cela pourrait régler le problème une fois pour toute.

— Je suis d'accord, cela a assez duré. Alors, Valentine ? Tu es d'accord ?

— Mais… Pourquoi ? Je veux dire, en quelle honneur organisez-vous un dîner ?

— C'est purement professionnel.

— Oui, c'est cela ! C'est pour parler du travail.

— Oh… Je vois… Dans ce cas, je me dois d'y assister.

— Tu n'es…

— A la bonne heure ! Donc, nous nous retrouverons ce soir à 20h dans la salle à manger du château d'Heinstein. Annonça Hadès en coupant Rhadamanthe, mettant fin à la conversation. »

Sur ces mots, ils se séparèrent, chacun devant se préparer pour l'événement. Du côté du juge et du dieu, les deux hommes réfléchissaient à un plan pour conquérir la Harpie puis montrer à l'autre qui était le meilleur et qui aurait su trouver grâce ses yeux. Alors que le Chypriote lui appréhendait grandement ce dîner. Son instinct lui disait que les choses allaient tourner de manière inattendue.

« Tu as entendu ça, Camus ? Valentine a été invité par Hadès et Rhadamanthe à dîner. C'est étrange.

— C'est un dîner professionnel, il n'y a rien d'étrange.

— C'est ce qu'ils lui ont fait croire ! Je parie qu'ils ont autre chose derrière la tête.

— Tu ne trouves pas que tu t'inquiètes un peu trop ? Je ne vois pas qu'ils ont l'intention de faire à part manger et parler des Enfers.

— C'est là que tu te trompes : ils pas discuter du travail, ils vont certainement tenter des approches.

— Pour quoi faire ?

— Pour le draguer, évidemment.

— Tu le penses vraiment ?

— J'en suis même convaincu : tu te souviens quand Valentine nous racontait qu'ils se faisaient souvent solliciter par ces deux-là ? Il disait que c'était souvent soit pour lui parler, soit pour faire des activités avec lui ou lui donner quelque chose. Tiens, la semaine dernière : Hadès l'avait convoqué pour faire une balade en bateau à deux sur le Styx. Puis il y a trois jours, Rhadamanthe lui avait offert un ours en peluche en lui disant je cite : « Est-ce que ça te plait ? Oui ? Tant mieux, j'avais un doute. Je suis content que ça te fasse plaisir. ». Ce sont des signes qu'ils s'intéressent à lui, non ?

— Mmh… Dit comme ça… Oui, ça m'en a tout l'air. Tu as peut-être raison.

— Cette soirée ne me dit rien qui vaille…

— Que proposes-tu ?

— Allons le chercher.

— Tu es sûr ? Cela ne va sans doute pas plaire à Valentine, et cela risque même de causer des ennuis.

— Peut-être mais nous n'avons pas beaucoup d'option. Tu me suis ?

— Oui, je m'inquiète aussi. »

Suite au message télépathique que leur avait adressé le spectre, leur prévenant qu'il ne pouvait finalement pas venir car ses supérieurs l'avaient invité. Les deux chevaliers d'or décidèrent qu'ils iraient sauver leur compagnon de leurs griffes.

Le soir venu, le Chypriote se présenta au lieu du rendez-vous à l'heure convenu. Rhadamanthe et Hadès l'y attendaient déjà. Il fut surpris de les voir habillés de façon très élégante, de plus la table était dressée avec des chandelles, des ornements floraux, les serviettes pliées, ainsi qu'une nappe en satin. On aurait dit qu'ils allaient manger dans un restaurant gastronomique pour un dîner romantique, et non à un repas d'affaire. Lui était vêtu de manière simple mais formelle, tout à coup, il eut comme un doute.

« Ah te voilà, toujours aussi ponctuel à ce que je vois. S'enthousiasma Hadès en le voyant.

— Bonsoir, je… Mmh… Comment dire…

— Qu'y a-t-il ? lui demanda Rhadamanthe, sentant son malaise.

— Nous étions censés parler d'affaires, n'est-ce pas ?

— Tout à fait.

— Alors pourquoi tous ces décors et ces tenues ? Ce n'est pas un peu… Sophistiqué ?

— Ah bon ? Tu trouves ? Je pensais que c'était le minimum syndical. S'étonna la divinité.

— Oh… Si je l'avais su, j'aurais aussi fait un effort vestimentaire…

— Non, tu es très bien comme tu es ! le rassura le juge. De toute manière, il trouvait son bras-droit beau dans n'importe quelle tenue.

— Oui, tu es parfait, ne t'inquiètes pas. Tiens, ces fleurs sont pour toi, dit le souverain en lui tendant un magnifique bouquet. Elles proviennent d'Elysion, je les ai cueillies spécialement pour toi.

— J'ai quelque chose pour toi aussi, annonça le blond en lui remettant une boite noire scellée par un ruban de soie rouge. Au vu de l'emballage, cela devait être un produit de haut de gamme. Ce sont des truffes au chocolat, tes préférés.

— Je… Eh bien… Merci… bafouilla-t-il, gêné par ces attentions. »

Il laissa ces cadeaux sur un coin de la table. Table qui était ronde, Hadès avait finalement opté pour cette forme, ainsi il n'avait pas eu à faire un plan de table.

Le dîner débuta, des plats des plus raffinés et exquis les uns que les autres défilèrent. Et les conversations bien qu'initialement tournaient autour du travail, l'attention avait vite été dérivé vers lui. Les regards fixés sur lui, les propos suggestifs de la déité, ainsi que le comportement farouche de l'Anglais envers leur dieu mais doux à son égard, le déroutèrent et ne firent qu'accentuer son malaise.

Il en venait à se demander ce qu'il avait fait de mal pour en arriver là. Certes, recevoir autant d'attention d'êtres aussi éminents qu'eux était un grand honneur. Cependant, il aurait préféré ne pas en avoir du tout, sachant qu'il était déjà en relation avec d'autres. A cette pensée, Valentine souhaita que ce repas se finît le plus tôt possible pour qu'il pût rejoindre ses compagnons et oublier cette journée.

Toutefois, les deux soupirants ne semblaient pas enclins à le lâcher. Voyant que le subordonné ne semblait pas réceptif à leurs avances, ils se rapprochèrent encore plus de lui, lui donnant l'impression d'étouffer.

« Tiens, ouvre grand la bouche. Fit le dieu dont l'intention était de nourrir son spectre de manière romantique (il avait lu ça dans un roman à l'eau de rose).

— Eloignez-vous ! s'écria le blond en poussant Hadès. Valentine tout va bien ? Tu veux que je te ressers un peu de vin ? »

Sans compter la rivalité évidente entre eux, le jeune homme au cheveux rose se retrouva au milieu de leur querelle malgré lui. Leur attitude commençait sérieusement à l'agacer. S'en était trop !

« Assez ! gronda la Harpie, surprenant les deux soupirants par cet éclat de colère soudaine.

— Val... tenta l'Anglais.

— Stop ! J'en ai assez de ces enfantillages. Alors soit vous arrêtez votre petit manège, et nous reprenons le cours du repas dans le calme. Soit nous arrêtons tout, et je m'en vais.

— Mais... Nous avons à peine eu le temps de discuter... commença l'ébène.

— Justement, si vous vous comportiez comme les supérieurs que vous devez être, et non comme de petits enfants puérils, nous n'en serions pas là. L'interrompit son soldat implacable.

— Pardon... Nous voulions juste te faire plaisir...

— Eh bien, c'est raté. Ça ne fait pas plaisir de vous voir vous abaisser à un tel niveau et vous chamailler. Je suis même assez déçu, je vous pensais plus sérieux que cela. »

Les deux prétendants baissèrent la tête, honteux de se faire réprimander comme des gamins. Surtout par l'être aimé, Ils voyaient bien qu'ils étaient allés trop loin et qu'ils avaient baissé dans son estime. C'était un sacré coup pour leur fierté.

« … Pourquoi ? Pourquoi faîtes-vous tout cela ?

— N'est-ce pas évident ? Amorça Hadès.

— Nous faisons tout cela parce que nous t'aimons. Compléta Rhadamanthe.

— … Pardon ? »

Sous le coup de la révélation, Valentine resta sous le choc. Ils l'aimaient ? Il savait qu'Hadès lui montrait de l'intérêt mais Rhadamanthe ? Maintenant qu'il y pensait, toutes ces attentions faisaient sens à présent. Néanmoins, cette information était très à digérer.

« Tu as bien entendu. Nous t'aimons.

—… Pourquoi ?

— Valentine... ton dévouement est quelque chose de rare. Ce désintérêt et cet amour inconditionnel ne nous laissent pas indifférent, au contraire, ces vertus nous ont charmés. Expliqua le souverain.

— Je... Je... Je suis flatté mais... Je suis au regret de vous dire que je ne suis pas libre.

— … Comment ça ? Questionnèrent-ils de concert, ahuri par l'aveu.

— J'ai une relation.

— Mais... avec qui ? Demanda le dieu d'une voix blanche

— Avec Camus du verseau et Milo du Scorpion.

— Des chevaliers d'Athéna ?! S'écria le juge dont le sang commençait déjà à bouillir. Depuis quand ?!

— De puis quelques mois... après la résurrection.

— Et pourquoi n'as-tu rien dit ?!

— Parce que cela ne vous regarde pas. Mais... à présent, c'est différent... Maintenant que je connais vos... sentiments à mon égard. Il n'est plus nécessaire de le cacher, sans quoi vous auriez continué.

— Ce n'est pas possible... Je refuse ! Je ne le permettrai pas ! Cria l'Anglais furieux.

— Pardon ? Aux dernières nouvelles, ma vie privée ne regarde que moi. Vous n'avez pas à interférer ou à me dicter quoi que ce soit, déclara sévèrement le jeune homme aux cheveux rose. Il eut un temps où je vous aimais... Mais vous n'avez jamais montré un quelconque signe de réciprocité... Désormais, c'est trop tard... avoua-t-il en se dirigeant vers la sortie.

— Qu... Valentine ! »

Soudain, la porte s'ouvrit brusquement, révélant Camus et Milo ! Quand on parle des loups, les voici qui font irruption, à l'étonnement général.

« Valentine ! Nous sommes là, qu'est-ce qui se passe ? Nous avons entendu des cris, s'inquiéta le Grec.

— Que faîtes-vous ici ? Les interrogea Hadès en reprenant contenance.

— Nous sommes venus chercher notre compagnon, annonça calmement le Français.

— Merci, votre inquiétude me touche. J'allais justement partir.

— Comment osez-vous vous introduire dans ce château ? C'est ma propriété .

— Vous ! C'est à cause de vous si Valentine s'est détourné de moi ! Vociféra la Wyvern.

— Pardon ? Oh je vois, le grand Rhadamanthe fait une crise de jalousie ? Valentine n'appartient à personne, il est venu vers nous de son propre gré, répondit Milo.

— La ferme ! Pourquoi lui ?! N'as-tu pas déjà un Verseau à tes côtés ?!

— Oui mais deux Verseaux... C'est encore mieux, dit-il avec un rictus provocateur.

— Espèce de...

— Ça suffit ! Nous n'avons plus rien à faire ici. Rentrons, déclara Camus. Tu viens avec nous, Valentine ?

— Oui, répondit-il en les suivant.

— Attends ! Je n'ai pas fini ! S'écria le juge. Valentine... est-ce vrai ? Tu m'as aimé toi aussi ? Je... Je ne le savais pas... Je croyais que je n'étais qu'un maître à tes yeux, la personne que tu te contentais de servir. Si je l'avais su... Je... J'aurais fait plus d'effort pour montrer mon affection pour toi. Je suis conscient à présent que c'est de ma faute si tu t'es éloigné de moi. Mais sache que je t'aime depuis bien longtemps, cependant ma lâcheté et mes craintes m'ont poussé à te le cacher. Sois sincère avec moi, n'éprouves-tu plus rien à mon égard ? »

Valentine avait stoppé sa marche en entendant ces mots, médusé. Les deux chevaliers d'or l'avaient senti, ils s'arrêtèrent et se tournèrent dans sa direction. Le Chypriote était en proie à plusieurs émotions : il y avait de la surprise, de la colère, mais aussi de la joie, ainsi que de la tristesse et du remord. Que devait-il faire ? Il observa ses compagnons puis se tourna vers son seigneur. Lorsqu'il vit toute la sincérité qui animait son regard, il sut quel décision il devait prendre.

« Rhadamanthe... Je t'ai toujours aimé. Je t'avoue que ton indifférence m'avait quelque fois blessé, je m'étais résigné à l'idée que mes sentiments ne seraient jamais partagés. J'étais tout de même heureux d'avoir pu être à tes côtés tout ce temps. Je me faisais une joie et un devoir de te servir fidèlement, le reste n'avait plus d'importance pour moi. Mais à notre retour à la vie, Milo et Camus m'ont appris ce que c'était de se faire aimer et d'être aimé. Je leur en suis extrêmement reconnaissant pour cela, j'ai appris à les aimer tendrement... Néanmoins, malgré tout ça, mes sentiments pour toi ne se sont pas envolés.

— Valentine... murmura doucement la Wyvern.

— Je sais à présent que tu as été honnête avec moi. Je prends aussi conscience de ce malentendu qu'il y avait entre nous... Quels idiots nous avons été. Si nous nous étions parlé plus tôt, nous l'aurions compris.

— Valentine, j'ai aussi été honnête avec toi, intervint la divinité qui jusque-là était restée silencieuse.

— Seigneur Hadès... Je suis sincèrement touché par vos sentiments. Mais je suis navré, je ne les partage pas...

— ... Pourquoi Valentine ? Ai-je fait quelque chose qui t'a offensé ? Qu'est-ce qui ne te plaît pas chez ? Dis-le moi, je changerai !

— N-Non, rien de tout cela ! Vous êtes parfait comme vous l'êtes, rien de m'a déplu ou offensé !

— Alors pourquoi ne m'aimes-tu pas ?

— Votre Majesté... Je vous respecte et vous admire grandement. Vous êtes bon et séduisant... Je vous aime, mais pas comme vous le souhaitez...

— … Très bien, je comprends. Je n'ai plus rien à ajouté, je me retire. »

Voyant qu'il n'avait aucune chance, le dieu préféra laisser tomber. Toutefois, la droiture de la Harpie l'avait une fois de plus ébranlé. C'était tellement dommage qu'il n'avait que d'yeux pour le juge, une constatation bien amère.

« … Qu'est-ce que tu décides de faire maintenant ? Demanda le roux.

— Camus... Milo... Je... Je vous apprécie énormément. Croyez-moi, j'ai passé de très bons moments avec vous et je vous suis reconnaissant pour tout. Cependant, nous ne pouvons pas continuer. J'ai l'impression de vous mentir, vous ne méritez pas ça...

— Donc tu nous quittes...

— Il vaut mieux que nous en restions là. Je vous jure que je prenais cette relation très au sérieux, je n'ai jamais cherché à vous blesser ou jouer avec vous.

— Nous le savons. Nous nous doutions aussi que cette situation risquait d'arriver. avoua Camus avec un air compréhensif.»

Milo s'approcha de Rhadamanthe et lui murmura à l'oreille : « Prends bien soin de ton Verseau. Si jamais tu lui fais du mal, nous viendrons le récupérer. Sois-en certain. », ce n'était pas une menace mais une promesse. Après cela, les deux chevaliers d'or rentrèrent chez eux, laissant les deux spectres seuls. Bien qu'ils ne le montraient pas, ils étaient attristés par la perte de leur compagnon.

Après s'être enfin expliqués, les deux spectres se comprenaient désormais. Le blond ne put se contenir s'avantage, il embrassa son lieutenant avec ferveur comme il l'avait toujours rêvé. Ce dernier répondit au baiser, soulagé et comblé. Tout irait bien, ils étaient ensemble dorénavant.

Rhadamanthe ne voulait plus perdre de temps, les dieux leur avaient accordés une nouvelle vie et il la consacrerait au bonheur de Valentine, souhaitant également passer le reste de ses jours à ses côtés. Aussi il sortit écrin de sa poche et l'ouvrit, dévoilant une bague de fiançailles en or noir, surprenant grandement son bien-aimé. Ce dernier n'en crut pas ses yeux lorsqu'il vit l'élu de son cœur s'agenouiller devant lui et lui demander sa main. Il s'empressa d'accepter ému, pleurant chaudes larmes. L'Anglais lui passa la bague au doigt avant de l'embrasser à nouveau.

Ailleurs, au Sanctuaire sous-marin et plus précisément dans le temple de Poséidon, on pouvait retrouver Hadès pleurant sur les genoux du dieu des océans. Ce dernier le laissa faire, se contentant de l'écouter déverser tout son chagrin et le laisser utiliser sa toge comme d'un mouchoir.

« Snif... Il ne m'aime pas ! J'aurais tellement voulu l'avoir comme compagnon... Maudit Rhadamanthe ! J'espère qu'il se rend compte de la chance qu'il a !

— Allons, sèche tes larmes. Tu trouveras quelqu'un de mieux, ne t'en fais pas.

— Mais je me sens si triste !

— Là, là... Calme-toi... le consola-t-il en lui caressant doucement la tête. »

Ça ne lui dérangeait pas réconforter le dieu des Enfers. Après tout, entre déités, il fallait bien se serrer les coudes. Et puis il trouva cela assez attendrissant : voir une divinité régresser autant était plutôt mignon. Hadès passa ainsi toute la nuit à se morfondre dans les bras de Poséidon.

Du coté de nouveau couple, ils avaient décidé de se marier l'année prochaine. Ils organiseraient la cérémonie en Angleterre, dans le pays d'origine du juge. Ils inviteraient tous les habitants des Enfers, du Sanctuaire d'Athéna, ainsi que ceux du Sanctuaire sous-marin à y assister.


Le plot que j'ai reçu au final était : "Rhadamanthe est amoureux de Valentine, cependant la Harpie se fait également courtiser par Hades ! Mais ce que ses deux prétendants ignoraient, c'était que Valentine était déjà secrètement en relation avec Camus et Milo... Rhada et Hadès décident donc d'inviter Valentine à un dîner officiellement pro (officieusement pour le séduire), sauf que...tout cela se finit en règlement de comptes général et aboutit à la mise en couple officiel du juge et de la Harpie qui prévoient déjà leur mariage, ce soir-là Hadès se consola chez Poséidon."

J'avoue que le coup de la relation secrète m'a beaucoup perturbé mais c'est le jeu X)