Disclaimer: Le monde de Teen Wolf appartient à Jeff Davis.

Note: Avouez, vous pensiez que j'allais encore louper ce mois-ci ! Et bah non ! Grâce à la grande réactivité de la merveilleuse PiccolinaSandra (à qui j'ai envoyé mon texte hier soir), le texte est prêt pour ce soir !

J'espère qu'il vous plaira !

Inspiration (Pinterest) :

«- There's a rumor going around that you're one to ask if someone need to acquire rare and dangerous object

- There's a rumor going around that you're an undercover cop»

.II.

Stiles entra dans la boutique avec son plus bel air louche.

Il fit semblant de regarder les vieux bouquins – il était plus jeux vidéo que bouquins poussiéreux – avant d'en attraper un au hasard et de se rendre à la caisse où Boucle d'Or faisait semblant d'être occupé.

Il jeta sans aucune délicatesse le livre sur le comptoir et toussota avant de chuchoter :

- Il parait que si on a besoin de quelque chose de rare et dangereux, c'est ici qu'il faut venir.

La réponse de Boucle d'Or fusa :

- Il parait que vous êtes un flic sous couverture.

Soudainement, Stiles se redressa, retira son air louche et haussa les épaules.

- Ouais, je sais pas pourquoi c'est moi qu'ils ont envoyé sur le terrain. La dernière fois, j'ai aidé un dealer à fuir sans faire exprès.

Il se retourna sans demander son reste et au moment de quitter la boutique dit « Désolé pour le dérangement. »

.II.

- Mais enfin, Stilinski, vous foutez quoi ?! Vous venez de flinguer votre couverture en 20 secondes !

- Vous en faites pas cheffe, je gère.

- Vous gérez rien du tout ! Merde, vous avez foutu en l'air trois mois de préparation ! Dégagez Stilinski, je ne veux plus voir votre gueule.

- Bien cheffe.

Putain, on lui avait dit que ce gars était brillant mais irritant. Pour l'instant, elle voyait bien le côté irritant mais elle cherchait encore le génie.

.II.

Stiles eut une envie de curly fries. Il entra dans un fast-food, commanda un burger alors qu'il était 15h30 et s'installa sur une banquette qui lui donnait tout le loisir d'observer la rue.

Sa cheffe était une conne. Elle était persuadée qu'il fallait tout miser sur cette minuscule boutique d'antiquités qui appartenait à leur cible. Le fait que ladite cible n'y ait pas foutu les pieds en un mois de planque ne semblait pas lui poser de soucis.

Laura Hale était brillante. Ce n'était pas pour rien que c'était elle qui avait repris les rênes de l'organisation familiale à la mort de Talia. Peter Hale – le petit frère de cette dernière – aurait dû être le successeur de cet empire mais il était trop instable et un peu trop enclin aux tueries. Là où sa nièce était plus mesurée. Qu'il soit damné si elle se laissait aussi facilement bernée que par un soi-disant camion de glace qui avait soudainement décidé de s'installer en face de son magasin.

La personne qui dirigeait la boutique – Boucle d'Or – s'appelait en réalité Isaac Lahey et avait été recueilli par Laura après que le géniteur Lahey eut décidé de donner son fils en dédommagement de dettes qu'il ne pouvait rembourser. Elle lui avait pété les deux genoux, lui avait dérobé tous ses biens de valeurs avant d'appeler les flics. Quand on est malin, on évite de stocker des photos compromettantes et illicites sur son ordinateur. Malheureusement pour lui, Conrad Lahey était loin d'être malin. Dans son sillage, elle avait emmené un Isaac apeuré qui s'était calmé quand il avait compris que personne ne lui ferait rien contre son gré. Depuis, il vouait à la famille Hale une loyauté sans faille et appréciait son travail tranquille à la tête d'une boutique d'antiquité honnête. C'était peut-être la seule chose d'honnête chez les Hale.

Aux côtés de Laura Hale, on trouvait Derek, son frère, espèce de colosse d'un mètre quatre-vingt-douze et une carrure de rugbyman. Peu causant (à part les sourcils), observateur et grognon. Il évitait à tout prix de se salir les mains mais était capable de briser un bras d'un seul mouvement. C'est lui qui gérait le côté administratif de l'organisation. Eh oui, quand on extorque à tour de bras, il faut bien donner l'illusion que l'argent a été honnêtement gagné.

Plus sauvage, on trouvait Malia Hale, la fille de Peter. Elle avait hérité de la folie de son père mais était bien plus directe. Elle disait ce qu'elle pensait, pensait ce qu'elle disait et avait cassé des doigts au simple prétexte qu'on l'avait mal regardé.

Et autour du noyau venait la ribambelle de chiots abandonnés qu'ils avaient recueilli.

Outre Boucle d'Or, on trouvait Erica Reyes, escort, Vernon Boyd, garde du corps, Lydia Martin, voleuse de haut-vol, Jackson Wittemore, escroc, Danny Mahealani, hacker et Scott McCall, directeur d'une association caritative.

Oui, ce dernier faisait tâche dans le groupe mais une association était aussi une bonne manière de blanchir de l'argent. Et de se faire un réseau de généreux bienfaiteurs. Il avait aussi été le héros d'un Roméo et Juliette moderne lorsqu'il s'était amouraché d'Allison Argent. Cette dernière n'était autre que la petite-fille de Gérard Argent, chef d'un autre empire mafieux qui faisait paraître les crimes de l'organisation Hale pour de la charité par rapport à ses propres méfaits. Une presque tuerie plus tard, un semblant de paix avait été trouvé entre la famille Hale et Christopher Argent, fils de Gérard et nouveau chef du groupe après la mort du patriarche.

Beaucoup de personnes très sympathiques, qui faisaient des choses pas très légales et que Stiles avait pour mission d'arrêter.

Plus facile à dire qu'à faire.

Premièrement parce qu'ils étaient doués. Ils faisaient dans la discrétion, que ce soit leur règlement de compte ou leurs comptes en banque. Ses collègues passaient leurs journées à éplucher leurs finances sans jamais rien trouver de répréhensible pendant que les autres faisaient le pied de grue nuits et jours devant une boutique de vieux trucs. C'était à se décourager.

Deuxièmement, parce qu'ils étaient attachants. Voilà trois semaines que Stiles avait trouvé cette magnifique banquette qui lui donnait une vue sur les bureaux de Laura Hale, il avait passé ce temps à compulser ses notes, dressant des portraits de chacun. Et force est de constater qu'il commençait à s'attacher. Et c'était très mauvais. Parce que, dans l'histoire, Stiles était le gentil et les Hale étaient les méchants.

Mais ils étaient héroïques dans leur méchanceté. Des sortes de Robin des Bois. Ils volaient les sénateurs véreux, faisaient chanter les hommes adultères, détruisaient les époux violents et protégeaient les enfants. Ils n'étaient pas comme ces autres Mafias qui grandissaient sur le sang de gamins errants.

Stiles secoua la tête pour essayer de faire sortir ces mauvaises pensées. Il devait quitter le fast-food, ça faisait maintenant 1h30 qu'il y était. Être là plus longtemps risquerait d'attirer l'attention. Il devait maintenant retourner voir son chef pour essayer de lui prouver l'erreur dans laquelle il se complaisait. Le flic attrapa ses affaires, ses notes et disparut dans la rue.

.II.

- Ecoutez-moi, cheffe. On ne trouvera rien à la boutique et -

- On ne trouvera rien parce que tu as cramé ta couverture et tous tes collègues par la même occasion.

- Mais j'ai une autre piste !

- Tout le monde s'en fout, moi la première !

Et sur ces mots, sa cheffe fila dans son bureau et claqua la porte. Stiles réprima un cri de frustration. Ok. De toutes façons, il n'avait pas le droit de s'approcher du camion de glace pour ne pas risquer de « compromettre ses collègues ». Normalement, il devrait aller aider ses collègues à éplucher des comptes en banque débiles mais ça semblait ô-combien-inintéressant. Ça lui laissait beaucoup de temps pour continuer son enquête de son côté et prouver à sa hiérarchie qu'il n'était pas le boulet qu'ils redoutaient.

.II.

Son plan était simple : faire le même boulot que ses collègues devant la boutique de vétustés mais devant les bureaux. Il ne pouvait pas rester comme un con à regarder par la fenêtre 8 heures par jour, il se ferait remarquer après une journée. A moins qu'il ne mente.

.II.

Ainsi, il était revenu le jour d'après au diner, son PC dans son sac, des notes et des crayons et s'installa à sa table fétiche. A tous - et surtout au serveur - il expliqua qu'il venait de lourder son boulot pour se dédier à une unique chose : l'écriture d'un chef d'œuvre. Justifiant ainsi de passer la journée dans ce café à regarder par la fenêtre. Il fit bien attention à avoir des moments hyper concentrés et d'autres où il hurlait quasiment de frustration.

Il était très fier de son idée.

.II.

Il fut débusqué le jour 7. Une partie de lui était assez étonné qu'ils aient mis autant de temps à le remarquer. Il y avait clairement des améliorations à faire dans ce domaine.

Il sursauta quand Lydia Martin s'installa à ses côtés, un sourire pincé aux lèvres.

- Vous manquez de budget au FBI pour faire des enquêtes correctes ? Ou vous êtes juste des incapables ? Entre vous, planté devant nos bureaux et vos blaireaux de collègues dans leur camion de glace, je commence vraiment à être déçue.

- Clairement la 2nde solution. Mais si un jour, on a un souci de financement, on viendra vous soumettre notre dossier ?

Un mince sourire perça son visage mais disparut vite.

- Vous semblez sympathique. Et c'est pour ça que je vais vous donner ce conseil : arrêtez-vous. Vous perdez votre temps. Et vous nous en faites perdre aussi.

Stiles jeta un coup d'œil à son café en ricanant.

- Très bonne réplique de méchante -

Sa réplique mourut sur ses lèvres quand il remarqua que Lydia Martin avait disparu.

.II.

Il ne s'arrêta pas. Par contre, il arrêta de faire semblant d'être un écrivain fou. Cette merde était fatigante. Surtout quand on ne tenait son rôle que pour le serveur blasé.

Il notait toutes les allées et venues et complétait la description des différents protagonistes. Il s'offrit même le luxe de faire un coucou à Laura Hale. Elle lui rendit son salut.

.II.

Jour 9, Erica Reyes arriva dans le diner d'une démarche féline avant de s'écrouler avec grâce à côté de lui. Elle lui sourit langoureusement et commença à le saluer.

Stiles la coupa en souriant.

- Tu ne devrais pas te fatiguer. Tu es wahou, vraiment et si j'étais intéressé, je serais en pâmoison. Malheureusement Blondie, tu n'es pas mon genre. Je les préfère barbu, musclé et sarcastique.

Contre toutes attentes, Erica Reyes éclata de rire.

- C'est noté. Tu veux des gaufres ?

Franchement, d'où venait cette question ? Bien sûr qu'il voulait des gaufres !

Par contre, il avait clairement des progrès à faire : il était presque sûr que manger des gaufres et des pancakes à s'en faire exploser le bide avec une criminelle n'était pas ce qu'on pouvait appeler un comportement professionnel. Mais il fallait avouer qu'Erica était hilarante.

.II.

Il ne savait pas pourquoi il était surpris d'être convoqué par sa cheffe. Voilà quasiment dix jours qu'il n'avait pas foutu les pieds au bureau ni rendu de compte à personne. C'était affligeant à quel point on pouvait faire ce qu'on voulait sans que personne ne s'en inquiète.

Mais il était prêt à livrer cette bataille. Il avait préparé un dossier ficelé, mettant en avant les - minces - avancées qu'il avait fait en quelques jours.

Il entra dans le bureau avec confiance. Confiance qui fondit comme neige au soleil quand il vit l'air patibulaire de sa supérieure.

- Vous êtes une épine dans le cul Stilinski. Que faites-vous dans ce foutu diner ?

Stiles était surpris. Il ne pensait pas qu'ils entreraient dans le vif du sujet.

- On a une vision parfaite sur le bureau des Hale. J'ai ici tous les documents que j'ai pu constituer après ces quelques jours d'observation. Je pense vraiment qu'il serait plus pertinent de déplacer notre planque et -

- Qui vous a donné l'ordre d'épier ces bureaux ?

- Je sais que j'ai agi de mon propre chef et que ce n'est pas comme ça que cela fonctionne. Mais j'étais inutile pour la planque et -

- Vous étiez inutile parce que vous avez foiré votre couverture en trente secondes Stilinski.

Elle se pencha vers son bureau et posa ses deux mains sur le bureau en bois massif.

- Ecoute-moi bien Stilinski. Vous allez arrêter immédiatement ce que vous êtes en train de faire. Demain, à 8h, je vous veux à votre bureau en train de faire de la paperasse. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?

- Je ne comprends pas. Si vous savez que leurs bureaux sont là, pourquoi ne lancez-vous pas une enquête - oh ...

Stiles se tût, touché par une illumination. Merde.

- Qu'ont-ils sur vous ?

Une lueur de peur passa dans le regard de sa supérieure.

- Je ne vois pas de quoi vous parlez. Dégagez d'ici Stilinski. Et si vous voulez avoir une carrière au sein du FBI, je vous conseille de coller votre cul sur le siège de votre bureau.

Sidéré, il se leva, raide, hocha la tête et prit congés.

.II.

Stiles n'était pas idiot. Il savait que la corruption existait, partout, même chez ceux qui étaient supposés lutter contre elle. Mais se rendre compte que sa cheffe, son équipe était mouillée, c'était une autre affaire. Il ne savait pas ce qu'il allait faire. Les films étaient plein de récit de personnes ordinaires qui avaient décidé de réécrire David contre Goliath et qui avaient gagné. Mais c'était parce que c'était extraordinaire qu'on faisait des films dessus. Combien s'étaient rebellés et s'étaient retrouvés écrasés ?

Stiles était-il prêt à dire adieu à sa carrière s'il échouait ? Être un agent du FBI, c'était son rêve de gosse. Combattre les méchants, rendre son père fier de lui. Et tout ça pouvait disparaître demain.

D'un autre côté, était-il capable de se regarder dans le miroir s'il se taisait ? Pourra-t-il encore être fier de son uniforme ? Quelque part, en lui, quelque chose s'était cassé. Stiles était un peu manichéen. D'un côté, il y avait les gentils, de l'autre, les méchants. Policiers contre bandits. FBI contre Mafia. Stilinski contre Hale.

Maintenant, il n'y avait que lui contre l'océan de déception et de doutes.

.II.

Il était débile. C'était ce qu'il n'arrêtait pas de se dire. Sinon, comment pourrait-on expliquer qu'il était 8h03, qu'il n'était pas au bureau comme sa cheffe l'avait exigé mais assis sur sa banquette, avec vue sur la fenêtre et des pancakes dans l'assiette ?

« Bientôt nous aurons tous à choisir entre le bien… et la facilité. » avait dit Dumbledore à Harry. Pour Stiles, c'était maintenant.

- Vous êtes une épine dans le cul M. Stilinski.

- C'est la 2nd fois qu'on me dit ça, Mme Hale. Je ne serais guère étonné que ce soit vous qui ayez mis ces mots dans la bouche de ma supérieure.

Laura Hale leva la main pour commander une tasse de café que le serveur lui amena avec diligence.

- Être un agent du FBI, c'est votre rêve. Ça l'est depuis que vous êtes gamin, bien avant la mort de votre mère.

Stiles aboya.

- Ne parlez pas de ma mère !

Elle leva les mains en l'air, faussement effrayée. Comme si l'épine dans le cul qu'il était pouvait effrayer Laura Hale.

- En vous asseyant sur cette banquette ce matin, vous avez fait un choix. Adieu la très belle carrière en tant qu'agent fédéral. Après que votre cheffe en ait fini avec vous, vous ne pourrez même plus devenir adjoint du Shérif d'une bourgade paumée. Quelle déception !

- Mais au moins, je pourrais me regarder dans la glace. Je me doute bien que la notion de respect vous est étrangère mais elle est importante pour moi.

- Et c'est tout à votre honneur.

Elle but une gorgée de café alors que la morosité de Stiles semblait émaner de lui en vague.

- Votre supérieure est une idiote.

- Oui, dix-huit mois aux Forces Spéciales m'ont appris qu'il ne fallait pas forcément être intelligent pour devenir chef. Apparemment, parfois, il suffit juste d'être le sujet de chantage de la part de la Mafia locale.

- Mafia ? Oh, vous blessez mon petit cœur M. Stilinski.

- Oh, pardon. Quelle est votre appellation officielle ?

- Famille.

Il ricana.

- Vous menacez, blessez, faites chanter, extorquez et fraudez. Appelez-vous « famille » si vous le souhaitez. Vous ne faites que perpétuer l'héritage mortifère de Talia Hale. Vous êtes une Mafia. Qu'importe que le terme ne vous blesse.

- Vous êtes courageux. Ou fou, pour ce que ça me concerne.

Cette fois-ci, Laura Hale semblait franchement agacée.

- Ce sera la dernière fois que je vous demanderais d'enlever votre affreux nez de nos affaires. J'aimerais éviter de devoir arriver à des extrêmes.

Elle se leva, prête à partir.

- Vous n'avez rien trouvé, n'est-ce pas ?

Elle haussa un sourcil.

- Vous connaissez ma ville, le métier de mon père, la mort de ma mère. Vous avez dû faire beaucoup de recherches. Mais rien de répréhensible ? Rien que je ne veuille cacher. C'est ça de vivre une vie honnête, vous devriez essayer.

- En effet, M. Stilinski, nous n'avons rien trouvé sur vous. Mais après votre tête-à-tête avec votre supérieure, vous devriez savoir que ce n'est pas quelque chose qui nous arrête. Si nous devons inventer, nous le faisons, ça vous brisera de la même manière. Mais pour une raison obscure, vous m'êtes sympathique. Je n'ai pas envie de vous blesser.

Elle tourna les talons et partit, sans prendre la peine de payer son café. Elle était presque à la porte quand il cria.

- Ne serait-ce pas dû au fait que votre mère et ma mère étaient meilleures amies ?

Elle se figea une seconde avant de disparaître dans le bruit de la rue.

- C'est bien ce que je pensais. Ajouta-t-il pour lui-même, lugubre.

.II.

Il était indécis. Habituellement, sur une question insoluble, la première chose qu'il ferait serait d'appeler son père. Son père était son modèle, il voulait être comme lui. Alors qui de mieux pour discuter ?

Mais dans ce cas, Stiles ne voulait pas mouiller son père dans une histoire qu'il ne maîtrisait pas. Que se passerait-il si Laura Hale se sentait d'humeur moins charitable et décidait de s'attaquer au Shérif ?

De toute façon, il y avait un repas dominical par mois qu'il devait passer à Beacon Hill, c'était le pacte. Ainsi, dimanche de bon matin, Stiles prit Roscoe et conduisit vers sa ville natale, regardant un peu trop dans le rétroviseur pour pouvoir être qualifié de serein.

Il avait décidé de ne rien dire. Ce qui signifia qu'à la fin du repas, son père commença à le cuisiner pour savoir ce qui le turlupinait. Et dans un élan de lâcheté, Stiles raconta tout.

Les Hales. Sa cheffe corrompue. Sa désillusion sur son métier. Et son avenir incertain.

- Tout d'abord, qu'importe ce que tu feras, je serais fier de toi. C'est une situation difficile.

Son père frotta son visage.

- Talia était une femme avec un caractère fort qui avait une idée très précise du bien et du mal. On s'est bien des fois disputés à propos de ce qu'on estimait être juste ou pas. On a fini par s'accorder sur le fait qu'on n'était pas d'accord. Tacitement, on a décidé de ne plus aborder le sujet. Et puis, ta mère est décédée et Talia a plongé dans ses magouilles. Elle ne m'a plus jamais contacté après l'enterrement. Égoïstement, j'ai décidé de ne pas m'en mêler. Je n'entendais que des rumeurs, elle avait eu le bon goût d'emmener tout ça à New-York. J'ai été lâche. J'ai décidé que ce n'était pas ma juridiction, pas mon travail et j'ai mis mes œillères.

Il soupira.

- Ce que je veux dire fils, c'est qu'on est tous confrontés à des questions morales dans nos vies. Avec les métiers que l'on fait, nos questions peuvent avoir plus d'impact que pour les autres.

Talia n'était pas méchante. Elle était malade de l'injustice. En tant qu'avocate, je pense qu'elle avait trop de fois vu des maris violents écraser leurs ex-femmes grâce à leur pouvoir ou des politiciens véreux s'en sortir avec de l'argent. J'ai vu les mêmes choses. La différence, c'est que je pensais que l'honnêteté et la droiture nous sauveraient alors qu'elle était persuadée qu'il fallait être corrompu aussi pour changer les règles du jeu.

- Tu « pensais » ? Tu veux dire que maintenant, tu penses aussi qu'on peut soigner la corruption par la corruption ?

Stiles était scandalisé. C'était tout une partie de son éducation qui s'écroulait. Son père aurait pu le gifler que ça lui aurait moins fait mal.

- Je ne dis pas ça Stiles. Je dis juste qu'après une carrière droite et honnête, j'ai encore libéré un homme violent hier parce qu'il a exercé une pression sur son épouse pour qu'elle retire sa plainte. Et que cette femme est actuellement entre la vie et la mort à l'hôpital. Quand on avait vingt ans avec Talia, je t'aurais certifié que j'avais raison. Trente ans après ? Je ne suis plus sûre de rien.

Laura ne semble pas être une mauvaise personne. Grâce à sa famille, des lois importantes ont été mises en place, votées par des sénateurs conservateurs victimes de chantage. Ce n'est pas comme ça que j'aimerais que notre société se comporte. Mais grâce à certaines de ces lois, l'homme qui a envoyé sa femme à l'hôpital est certifié de passer sa vie en prison.

- Comment es-tu au courant de ces choses ? Comment sais-tu qu'ils font chanter des sénateurs ? Tu as eu accès au dossier ?

Stiles était maintenant suspicieux.

- C'est quelque chose que tous les flics savent, Stiles. Rien qu'à Beacon Hills, la raison pour laquelle un budget a été alloué pour aider les familles précaires est parce que le maire a été surpris en compagnie d'une personne qui n'était pas son épouse dans un lit qui n'était pas le sien.

- Donc, ce que tu es en train de m'expliquer, c'est que notre monde est corrompu et pourri et que Laura Hale fait plus de bien que moi.

- Non ! Je ne cautionne pas ses actes ! Ni ses menaces envers toi ! Mais j'ai appris à accepter que tout n'est pas noir ou blanc, même si ça n'a pas été facile. Et je pense que tu commences à le comprendre. C'est pour ça que tu es déboussolé. Parce quetu es en train de te rendre compte que tout n'est pas aussi simple que ce que je t'ai appris.

.II.

Stiles ne s'attarda pas après cette discussion. Il pensait que son père lui dirait qu'il devait rester flic, combattre la corruption et dénoncer sa cheffe à sa hiérarchie. A la place, il avait l'impression que pour faire le bien, il fallait être un vilain.

Il retourna à ce qui semblait être devenu son lieu fétiche : le diner. Il commanda un dîner tardif en observant les bureaux éteints. Il n'était pas plus avancé. Il n'avait pas foutu les pieds au boulot depuis quelques jours, il supposait pouvoir affirmer qu'il n'était plus un agent fédéral désormais.

Il n'était que deux dans le petit restaurant, en plus du serveur albinos.

- Tu sembles perdu.

- Qu'est-ce que ça fait d'être à la tête d'une organisation criminelle ?

Stiles ne sentait même plus le besoin de faire semblant ou d'être discret. Le monde entier semblait être au courant de choses qu'il avait jusqu'alors ignorées.

- Hum. Je ne suis pas à sa tête, ma sœur l'est. Moi, je suis un honnête comptable.

- Alors, excuse-moi de briser tes rêves, mais t'as pas l'air d'un comptable. Avec ton air patibulaire et tes muscles, tu ressembles à un tueur à gages.

Derek grogna un rire.

- Et pourtant, c'est moi le moins dangereux.

- Ouais, ce qui doit donner une bonne idée du niveau de folie qu'il faudrait pour assister à un de vos repas de famille.

Le colosse se leva, déposa l'argent sur la table et s'arrêta au niveau de Stiles. Il déposa à côté du burger une carte professionnelle sur laquelle un numéro de téléphone avait été griffonné.

- Si un jour, tu cherches du boulot, tu devrais rentrer dans le bâtiment d'en face. Tout n'est pas aussi machiavélique que tu sembles le penser.

Derek partit sans attendre sa réponse. Avant qu'il ne passe la porte, Stiles cria :

- C'est un truc de famille, les départs mystérieux ?

Seul un rire lui répondit.

.II.

Quelques semaines plus tard, après avoir beaucoup tergiversé, Stiles avait passé la porte des bureaux. Il avait fait son deuil du FBI et d'un idéal qui n'était pas le sien. Ce que lui voulait faire, c'était le bien.

Ainsi, Stiles devint un des chiots abandonnés. Et dans sa perte, il trouva une famille.

NB : à peu près un an après son entrée, il participa à son premier repas de famille en tant que beau-frère de Laura Hale. Il avait eu raison, il fallait être fou pour y participer. Il découvrit aussi qu'il n'était pas tout à fait aussi sain d'esprit qu'il aimait le penser.

.II.

J'ai conscience que ça mériterait une histoire en plusieurs chapitres, pour montrer le changement d'idées et le chamboulement du monde de Stiles et que du coup, c'est un peu précipité. C'est pour ça que je ne suis pas sûre que ce soit un «bon» texte. Mais le défi est une histoire par mois et j'aurais vraiment pas eu le temps de le développer en plusieurs chapitres. Pourtant, j'ai commencé à bosser dessus dès le 1e octobre ! Mais la vie réelle est un peu trop prenante en ce moment. J'espère que ça vous aura quand même plu,

Prenez soin de vous,

Sterekement vôtre,

Math'