Bon, j'ai décidé aujourd'hui de publier toutes les vieilles fanfictions qui traînaient quelque part sur mon PC. Elles datent toutes de 2015/2016 donc soyez indulgents, je n'avais que 15 ans à l'époque et je commençais à peine à écrire des fanfics.

Bonne lecture

Cohabitation

Toris balayait un peu le plancher de sa maison. L'automne frais et venteux avait laissé place à un hiver froid et rude. Depuis son indépendance, il y a quelques mois, il était revenu chez lui, dans sa petite maison perdue dans la campagne lituanienne, à quelques kilomètres seulement de Vilnius. Mais à son retour, ce qui avait été auparavant une belle maison flambant neuve qu'il avait fait construire après la première guerre mondiale pour fêter son indépendance de la Russie, n'était aujourd'hui plus qu'une vieille baraque branlante et poussiéreuse, envahie par le froid et l'humidité, la deuxième guerre l'ayant de nouveau fait appartenir à l'Union soviétique à la suite du pacte germano-soviétique en 1940.

Après près de cinquante ans plus tard, il revenait de chez ce russe cinglé dans sa très chère maison qu'il s'était promis de remettre en état. Cela faisait déjà plusieurs mois qu'il était rentré et avait débuté quelques réparations, malheureusement, l'hiver était bien vite arrivé et le pauvre Toris ne pouvait que nettoyer un peu l'intérieur en attendant les premiers jours du printemps.

Terminant de balayer le sol, il fit un feu dans la cheminée à l'aide de vieilles bûches qui traînaient dans le grenier et partit ensuite s'asseoir sur son vieux fauteuil abîmé par le temps. Les flammes, d'abord hésitantes, prirent peu à peu de l'ampleur jusqu'à emplir l'âtre, créant une fumée noirâtre qui remontait dans la cheminée. La chaleur émanant du feu réchauffait doucement le pauvre corps gelé de Toris qui se blottit contre le fauteuil, regardant les flammes rougeâtres et leurs remous, la lumière orangée, tamisée, donnant un côté chaleureux à la pièce.

Il tomba lentement dans une paisible léthargie, ses yeux sur lesquelles se reflétait la lumière des flammes étaient à mi-clos et il se laissait bercer par le silence de la pièce. Lorsqu'enfin le sommeil le prit et qu'il se sentit partir dans le pays des songes, des coups frappés à la porte le firent sursauter. Il reprit rapidement ses esprits et se dirigea vers la porte d'entrée, cependant avec la crainte de se retrouver encore une fois devant le géant qu'était Russie. Il était déjà revenu deux fois, une troisième serait tout à fait possible.

Une fois devant la porte, il hésita longtemps. Devait-il l'ouvrir ? Et si c'était vraiment Russie qui était revenu le chercher, ou pire, le torturer pour l'avoir quitté. Toris déglutit fortement, une angoisse sourde naissait dans son ventre. Mais si ce n'était pas le Soviet, qui pouvait affronter le vent et le froid glacial qui régnait dehors pour venir le voir ?

Ce fut dans un élan de courage que le Lituanien se décida à ouvrir la porte. Mais ce ne fut pas devant un colosse russe qu'il se trouva, mais bien devant un garçon aux longs cheveux blonds et aux yeux verts menthe enroulé dans une tonne de vêtements chauds du nom de Feliks Lukasiewicz.

- F-Feliks…

- TORIS ! TU ES ENFIN REVENU !

Une tornade blonde s'abattit alors sur le Lituanien qui ne put qu'ouvrir les bras pour l'accueillir. Ils tombèrent sur le sol, soulevant en se heurtant au plancher un nuage de poussière de sous les lattes en bois. Le Polonais se releva légèrement, juste assez pour que son visage soit au-dessus de celui interpellé du brun.

- Tu m'as genre tellement manqué ! Tu peux pas imaginer à quel point c'est genre, hyper ennuyeux ici sans toi ! Ce maudit Russe t'a enfin relâché ! Quel crétin celui-là ! Quand je le trouverai, je vais lui faire la peau, genre ! Et puis…

Toris ne put s'empêcher de sourire devant son meilleur ami. Il était bien content de l'avoir retrouvé. C'est vrai qu'après toutes ces années, il était bien content de retrouver celui qu'il avait laissé après avoir été embarqué par M. Russie. Même ces « genre » placés à toutes les sauces lui avaient manqué.

- Moi aussi, tu m'as manqué, Feliks !

Le Polonais s'arrêta dans son monologue énervé et regarda son meilleur ami, toujours sous lui. Il lui sourit en retour.

- Tant mieux, tu ne vois donc pas d'objection à ce que je m'installe ici, genre !?

- Pardon ? S'exclama le brun.

- Tant mieux, parce que j'avoue que j'ai pas envie de laisser tous mes vêtements trop longtemps dans le froid. L'humidité pourrait genre les abîmer. Dit le Polonais en se relevant.

Le Lituanien put alors constater que son meilleur ami était venu en traîneau tiré par deux poneys et que celui-ci était rempli à ras-bords de paquets emballés – sans aucun doute les fameux vêtements. Finalement, peut-être que ça lui ferait du bien de cohabiter avec son meilleur ami pendant quelques temps. Qui sait, peut-être même arrivera-t-il à lui faire oublier sa peur permanente de voir M. Russie frapper à sa porte pour le ramener dans son maudit pays de glace…

Il regarda son meilleur ami qui avait rejoint le traîneau.

- Bah alors, genre qu'est-ce que tu attends pour m'aider ?! Mes vêtements vont pas rentrer tous seuls !

Oui, définitivement, ça lui changera les idées d'être avec ce Polonais qui aimait le rose et les poneys. Leur très ancienne amitié pourrait peut-être apaiser quelques-uns de ses maux. En souriant, il lui cria en retour « J'arrive » et se releva. Toris allait pouvoir recommencer à vivre à partir de maintenant, grâce à l'aide de son meilleur ami et béguin depuis presque toujours.