Disclaimer : Pas à moi.

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Blabla de debut de l'auteur :

Hey guys. How are u ?

Listen, euh…c'est vraiment, vraiment compliqué d'écrire un truc sur ces persos quand on a si peu d'info personnelles sur eux. Alors j'ai fait de mon mieux, mes cocos.

Au menu, beaucoup de conneries, d'humour de geek mais aussi, beaucoup, beaucoup de lemon.

Je ne peux pas promettre leur qualité, parce que j'écris rarement de lemon alors je suis peut-être un peu rouillée et je vais devoir me relire plusieurs fois, mais bon, j'avais vraiment envie d'écrire cette histoire et les scènes de concombre y jouent un rôle ultra important.

C'est une Omégaverse, il me semble que le principe est assez vulgaire maintenant. Et non, je n'ai pas du tout la flemme de faire un paragraphe explicatif.

Mon dieu, je crois que je me suis lâchée avec cette histoire sur les scènes explicites alors ceux qui n'aiment pas ça, sachant que c'est du yaoi, aka romance entre deux mecs, ou encore si vous n'avez pas l'âge requis pour en lire (dites-moi qu'il y'a pas des 13/14 ici, hum) passez votre chemin plzz.

Ou alors passez les parties ou il y aura lesdites scènes, cependant, je ne garantis pas la protection totale contre les allusions douteuses.

Bon écoutez, j'ai fait mon taff de préservatrice des jeunes pouces innocentes, le reste, vous êtes de gros dévergondés qui en ont vu de toutes les couleurs, alors je n'ai plus qu'à vous souhaiter…

Bonne lecture !

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- Que comptes-tu me faire ?

- Un million de petites choses, bébé.

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Orochimaru avait toujours préféré l'excellence.

Déjà à l'école maternelle, il avait une conception de la vie qu'il jugeait supérieure à tous les marmots chiards dont il devait se coltiner la présence à longueur de journée.

Également, il n'y avait rien qu'il exécrait plus que la médiocrité.

Ça ne faisait tout simplement pas partie de son programme génétique. Le monde avait dû l'accepter, ses filaments d'ADN n'étaient pas synthétisés et transportés de la même manière que ceux d'un individu lambda. Ce n'était même pas de la prétention, juste un état de fait dont il ne prenait même pas la peine de reléguer, ses encadreurs, émerveillés par l'étendue de son génie, le faisaient déjà bien assez comme ça pour lui.

Tous s'accordaient à dire qu'il faisait partie de ces indicibles génies qui n'apparaissaient qu'une seule fois par génération et qu'il irait loin, n'en témoigne ces cent sur cent à l'examen qui marquait la fin du lycée quelques années plus tôt. Un score rare et marquant l'excellence, mais qui jusque-là, ne dépeignait pas à quel point le jeune homme était brillant.

S'il avait été un Alpha, ça aurait été la cerise sur le gâteau.

Cette affirmation avait toujours eu le don de profondément l'agacé. Car peu importait l'aspect de ses organes reproducteurs, fut-il été une oie ou un canard, il aurait continué de se démarquer par son intelligence, c'était tout simplement son plus grand atout, qu'il soit né Oméga ne changeait assurément rien, le jeune homme savait qu'il irait loin.

Pas seulement parce qu'il était doté d'une intelligence supérieure. Mais aussi parce qu'il était roublard, sans scrupules et justement, prêt à tout pour réussir.

Réussir à tout prix. Cette phrase était imprimée au fer rouge dans son esprit depuis que ses parents avaient trouvés la mort dans un accident de voiture. Un traumatisme d'enfance qui ne l'avait évidemment pas dévié du chemin de l'excellence – ses pieds y étant juste trop profondément encrés -, mais qui l'avait empli d'une rage de vaincre inébranlable.

Donc, Orochimaru était habitué à l'excellence.

À tort, on aurait pu croire que cela s'appliquait à tous les domaines de sa vie.

A le voir réussir tout ce qu'il entreprenait avec brio, on aurait pu penser qu'il y était habitué dans absolument chaque facette de son existence.

Et dieu qu'il aurait aimé que ce soit le cas.

Malheureusement, en amour, c'était loin, loin d'être ça.

Il avait fallu qu'un an après la mort de ses parents, son père adoptif décide de déménager et qu'au milieu de l'été de ses huit ans, il fasse la rencontre de cet énergumène qui s'amusa grandement à bousculer toutes ses habitudes.

Il avait fallu qu'il tombe amoureux de cet Alpha plus bête qu'un pied, son quotient intellectuel avoisinant celui d'un invertébré dans ses plus hautes heures.

Et surtout, il avait fallu qu'Orochimaru ne puisse quasiment rien lui refuser et qu'à présent, il se retrouve attablé en face de l'invertébré congénital en question qui s'amusait à spéculer sur la vie de toutes les personnes qui avaient le malheur de passer devant la baie vitrée qui bordait le petit café de centre-ville.

- Mais puisque je te dis qu'elle ne peut pas juste être une simple serveuse, insistait l'idiot. Regarde ses doigts, ils sont lisses et manucurés, je te parie qu'elle a une double vie et qu'elle sort avec un homme marié qui l'entretient.

Orochimaru leva les yeux au ciel. D'ailleurs, il commençait à avoir le vertige à force de faire ce geste.

Il n'arrivait pas à saisir l'intérêt que certaine personne pouvait porter à d'autres personnes. Ça le dépassait. Quand il avait admis être tombé amoureux, alors qu'il se croyait immunisé contre ce type d'atteintes typiques banales pour une personne avec son bagage intellectuelle, il avait bien mis deux mois à se remettre de sa dépression.

En conséquence, il porta sa paille à sa bouche et aspira avec désintérêt le diabolo menthe qui était dans son verre. Lorsque l'exquise boisson atteignit son palais et qu'une explosion de saveurs gustatives plus grisantes les unes que les autres l'assaillirent, il poussa un soupir de contentement en relativisant la tournure inquiétante qu'avait pris sa vie depuis qu'il avait eu le malheur de croiser la route de ce dégénéré.

- Qu'est-ce que t'en penses, Roshi ? lui demanda-t-il en arrêtant enfin de débiter un flot de paroles plus inintéressantes les unes que les autres.

Rien que pour cela, Orochimaru fut presque tenté de passer l'éponge, mais il se ravisa, ses oreilles méritaient amplement d'être vengées après avoir autant souffert.

- J'en pense que je n'en ai rien à foutre de la vie de cette fille. Ou celle des cinquante autres personnes dont t'as parlé avant elle.

Il n'avait rien de particulier contre la gentille serveuse qui était venue prendre leurs commandes quelques minutes plutôt, mais que Jiraiya se mette à détailler sa vie comme s'il était l'officier d'état-civil qui avait écrit son acte de naissance, c'était juste au-dessus de la limite de ce qu'il pouvait tolérer.

Qu'elle se fasse entretenir ou non, il n'en avait complètement rien à faire. Mais alors rien du tout.

- T'es vraiment pas drôle Roshi, bougonna son vis-à-vis en portant à son tour son verre à ses lèvres.

- Parce que tu crois que toi, t'es drôle peut-être ? s'emporta-t-il avant de le regretter aussitôt.

Il n'y avait vraiment que cet imbécile pour lui faire autant sortir de ses gonds rien qu'avec une simple phrase et une attitude stupide. Il se croyait plus entraîner que ça depuis le temps qu'il le connaissait.

- Je suis venu parce que tu m'as dit que tu voulais parler d'un truc important…

- Ouais à ce propos je…

- C'est trop tard, le coupa-t-il, trop heureux de lui faire fermer sa grande gueule. Je me casse, au revoir.

- Quoi ? Non, Roshi attend !

L'ignorant royalement, Orochimaru prit son sac à dos et tourna les talons. Pour les heures de sa vie qu'il lui avait fait perdre, il partit sans payer.

Le matin même, le moulin à paroles l'avait appelé en catastrophe pour lui demander son aide sur un sujet très important, selon ses propres dires. Le jeune homme avait roulé des yeux, sachant parfaitement que l'idiot avait une perception très relative des mots et qu'il ferait mieux de se méfier. Cependant, il avait tant insisté qu'Orochimaru avait fini par céder et lui promettre que juste après ses cours, il le rejoindrait dans un café pour qu'ils puissent discuter.

Et il avait eu raison de se méfier. Il avait toujours raison.

Il se maudissait de rien pouvoir lui refuser à ce point. Et hypothétiquement qu'il n'était pas si idiot que ça et qu'il avait fini par comprendre qu'il était complètement fou de lui et en profitait pour se foutre de sa gueule.

Nan, ça ne pouvait pas être ça. Même s'il finissait par comprendre, la réaction la plus probable serait qu'il cherche à s'éloigner de lui. Jiraya avait bien trop peur de lui pour tenter quelque chose d'aussi risquer. Il savait parfaitement qu'Orochimaru l'éviscérait vivant en y prenant tout le plaisir du monde.

Lorsqu'il entra dans son appartement, il alla directement prendre une douche et se changer avant de rejoindre Anzo, son colocataire, qui était affairé à leur préparer le repas du soir, puisque c'était son tour, cette semaine. Orochimaru se hissa sur une des chaises du bar, consultant ses mails sur son portable pour passer le temps.

- Alors comment c'était avec Jiraya ? l'interrogea son homologue au bout d'un moment.

Le jeune homme relava lentement les yeux, un sourcil haussé.

- Comment sais-tu que j'étais avec lui ?

- Oh, tu as ta tête renfrognée comme à chaque fois qu'il est dans les parages. Et t'as claqué la porte quand tu es entré, je ne crois pas qu'il y ait dix mille personnes capable de te mettre dans des états pareils.

Orochimaru crut s'étrangler avec sa salive.

Comment ça, il avait un air à chaque fois que l'idiot était dans les parages ? Depuis quand ?

Poussant un reniflement, il leva les yeux au ciel devant le sourire narquois de son colocataire. Il lui semblait que celui-ci était entré en compétition avec lui-même pour lui arracher des expressions.

Un jour qu'il avait lâché une blague et qu'Orochimaru avait souri, Anzo en avait eu la larme à l'œil tellement il était ému.

Pour lui, le jeune homme était trop neutre, là ou le concerné se trouvait juste réservé et calme.

- Alors, comment c'était ?

- Rien de palpitant. Il était juste très bête et très con, aucune nouveauté, dit-il avec une désinvolture qui trahissait des années d'habitudes.

Le rire moqueur qu'Anzo avait eu en réponse n'aurait jamais pu préparer la question qui suivit ensuite.

- Quand est-ce que tu te décideras à lui avouer tes sentiments ?

Cela eut le don de le mettre mal à l'aise, pour une fois.

Evidemment, il n'avait rien dit à Anzo de ses sentiments envers son meilleur ami. S'il le savait, c'était simplement parce qu'il était très observateur et que quand il lui avait directement posé la question, Orochimaru n'avait pas pris la peine de démentir. Il connaissait le jeune homme brun depuis leur toute première année de faculté, il faisait partie de ceux qu'il pouvait considérer comme ses amis, ou tout du moins le rare pourcentage de personne qu'il supportait, mais jamais il ne parlait de ses émotions.

Et les entendre étaler de cette manière avait quelque chose de profondément perturbant, d'autant plus qu'Anzo n'était pas très porté en diplomatie et qu'il mettait généralement les pieds dans les plats sans passer par quatre chemins.

Il aimait cette facette de lui habituellement, c'était une autre histoire lorsqu'elle était dirigée contre lui.

- Je ne pourrais de toute manière pas envisager une relation sérieuse avec un individu doté d'une aussi grande frivolité.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

Orochimaru poussa un soupir las, consentant tout de même à entrer grossièrement dans les détails.

- Que Jiraya drague tout ce qui a un cul rebondit et un joli visage.

- Toi y compris ? s'intéressa Anzo.

- Moi ce n'est pas pareil, répliqua-t-il, avec ce qui ressemblait à de la gêne.

- Rochi, t'as sans doute l'un des plus beaux visages qui m'ait été donné de voir, et en ce qui concerne ton cul, je ne saurais dire avec l'accoutrement avec lequel tu te trimbale – Orochimaru essaya de ne pas mal le prendre – mais tu ne t'es jamais demandé pourquoi s'il drague réellement tout ce qui bouge, t'es genre le seul Oméga dont il n'en a royalement rien à foutre sexuellement parlant ?

- Tu t'es donné pour mission de me plomber le moral aujourd'hui ? lui reprocha-t-il, réellement vexé par cette analyse.

- Bien sûr que non, j'essaye juste de te faire comprendre que tu ne devrais pas te fermer à d'autres possibilités et cesser de ne voir que dans une seule direction.

- Écoute Anzo, débuta-t-il dans une sérénité qu'il était loin d'éprouver. Je pourrais le mettre à mes pieds si je le voulais vraiment, ok ?

Anzo leva les mains en signe d'apaisement, car c'était encore plus rare de voir Orochimaru monté ainsi sur ses grands chevaux.

C'est vrai qu'il ne s'était, en aucun cas, posé la question de savoir pourquoi Jiraya ne lui faisait jamais aucune allusion alors qu'il ne se gênait pas avec ses autres amis Omégas. Mais Orochimaru ne s'était pas alarmé de cette habitude, il n'allait pas se plaindre de ne pas avoir un obsédé collé à son derrière. Mais maintenant qu'il y pensait, c'était un peu…offensant ?

Il était loin d'être hideux, et il était parfaitement sérieux lorsqu'il affirmait que s'il le souhaitait, cet imbécile se pâmerait à ses pieds.

- Allez, Rochi, tu ne vas pas faire la tête ?

Ce dernier ne répondit pas, se replongeant dans son téléphone pour lui signifier que tout semblant de discussion était proscrit.

Il ne supportait pas son surnom. C'était Jiraya qui s'était mis à l'appeler comme ça quand ils s'étaient rencontrés, arguant que son prénom était définitivement trop long, sans doute effectivement trop pour son petit cerveau limité, et à cause de lui, tout le monde s'était mit à l'affubler de ce patronyme ignoble qui lui collait à la peau.

Il était littéralement la conséquence directe de tous ses problèmes en ce bas monde.

Et comme si ça ne suffisait pas, le dégénéré avait débarqué chez lui et s'était mis à agresser sa sonnette d'un doigt qu'il se jurait de couper. Il n'avait pas besoin de se lever pour aller vérifier, il n'y avait qu'une seule personne mentalement limitée dans son entourage pour sonner chez les gens avec autant d'agressivité.

Orochimaru finit par se lever avec toute la brusquerie du monde, hésitant à emporter un couteau avec lui afin de gracier les quelques années de vie qu'il lui restait et lorsqu'il ouvrit la porte, c'était effectivement la tête d'ahuris de celui qui s'était auto proclamée son meilleur ami qui lui fit face.

- Ah, Rochi, j'étais certain que t'étais là !

- Non, jure, rétorqua-t-il dans un mouvement renfrogné.

Jiraya n'eut pas le temps de répondre ni même d'aller saluer son colocataire qu'il le tira par le col de son vêtement, manquant presque de l'étrangler, pour les amener dans sa chambre.

- Qu'est-ce que tu fais là ? grogna-t-il en le poussant sur son lit sans amabilité aucune.

- Pourquoi toujours si peu de douceur ? se plaignit l'intrus en se frottant la peau du cou.

- Tu as deux secondes pour parler sinon je te jure que je te découperais en si petits morceaux qu'on pourra en faire des confettis.

Son air toujours neutre n'avait rien enlevé du sérieux de sa menace, au contraire, sa future victime eut un tressaillement d'horreur en entendant ainsi son possible destin.

Néanmoins, faisant fi de sa peur, il se racla la gorge dans le but d'annoncer ses intentions.

- Euh…tout à l'heure je voulais te parler de quelque chose de très sérieux avant que tu te barres comme une fleur.

L'Oméga eut un froncement de sourcil face à ce ton chargé d'un reproche qu'il jugeait injustifié.

- Toi et moi savons qu'on n'a pas la même définition du mot sérieux. Si pour toi, c'est parler de la vie de personne que tu ne connais pas et qui ne te connaissent pas et qu'en plus cela n'influencera jamais le cours du temps d'une quelconque manière, je n'appelle pas ça un problème urgent.

- Tant mieux, répondit-il après avoir théâtralement roulé des yeux. Parce que ce n'est pas de ça dont il s'agit.

Orochimaru pinça les lèvres, suspicieux quant à la réelle issue de cet échange. Il traversa le petit espace de sa chambre pour aller caler ses hanches contre son bureau. Les bras croisés sur sa poitrine, il décida de lui donner le bénéfice du doute, non sans lui faire implicitement savoir toute la patiente que cela lui coûtait.

- De quoi cette fois ? Tu veux savoir si les escargots ont un pénis ? ironisa-t-il.

- Ils en ont ?

- Bordel Jiraya ! explosa-t-il, prêt à bondir sur lui pour l'éventrer.

Jiraya se mit aussitôt en position de défense, les jambes repliées contre lui et les bras devant son visage.

Orochimaru se ressaisit en levant les yeux pour demander de l'aide au ciel. Il ne savait plus jusqu'à quand il allait réussir à le supporter sans devenir fou. Même si c'était très satisfaisant de constater à quel point cet énergumène été terrifié par lui alors qu'il était presque deux fois plus large avec deux têtes de plus que lui.

- Désolé, désolé. Écoute, je ne fais pas ça pour t'embêter, je te le jure, c'est juste que tu es le type le plus intelligent que je connaisse. Et que toi seul peux connaître ce genre de chose, t'es un peu mon Wikipédia personnel, tu vois ?

Il l'écouta faire son mea-culpa sans broncher, très peu surpris de sentir ses joues s'embrasser sous ces compliments détournés. Ça lui faisait peut-être un peu trop plaisir que Jiraya reconnaisse ses capacités intellectuelles.

Quoi qu'il en fut, il renfila son masque imperturbable avant que son ami ne remarque son embarras.

- Bon abrège, qu'est-ce que tu me veux ?

L'Alpha ne répondit pas tout de suite. À la place, il se leva et s'approcha lentement de lui. Lorsqu'il prit ses mains dans les siennes, avec cet air sérieux qui ne voguait sur son visage qu'à de rares occasions, mais qui donnait une incroyable profondeur à ses traits virils, Orochimaru entendit clairement le flop que son cœur fit lorsqu'il atterrit dans son ventre.

Il n'était pas un adepte des contacts gratuits, raison pour laquelle Jiraya ne le touchait jamais. Alors percevoir la chaleur que ses grandes mains calleuses posaient sur les siennes le troubla à un point inimaginable. Le jeune homme peina à soutenir son regard, sa moiteur corporelle semblait le faire irradier sur place.

De la même manière, la température dans la pièce venait de gravir plusieurs échelons à une vitesse fulgurante.

- Roshi, commença-t-il d'une voix profonde.

Il serait incapable de sortir autre chose qu'un son étranglé qui ne manquerait pas de le ridiculiser, donc l'Oméga se contenta de se perdre dans les prunelles d'obsidiennes.

- Je veux que tu fasses semblant d'être mon petit ami.

Le cerveau pourtant si performant d'Orochimaru perçut ce qu'il voulait entendre. Égaré entre de différentes vagues d'émotions plus puissantes les unes que les autres, il choisit de laisser le bonheur l'envahir en premier lieu.

Jiraya lui demandait d'être son petit ami.

Il avait l'impression d'avoir attendu ça toute sa vie, comme un espèce de drogué en manque de sa dose habituelle ou un naufragé sur une île déserte qui recevait enfin de l'aide après avoir perdu tout espoir.

La bouche de l'Alpha si proche de lui était un véritable appel à la débauche. Pourquoi ne l'embrassait-il pas ? N'était-ce pas ainsi que l'on scellait les nouvelles relations amoureuses, habituellement ? Il voyait ses lèvres bouger, admirant chaque courbe sans rien entendre de ce qu'elles laissaient échapper, pratiquement hypnotisé par ces deux bouts de chair tentateurs qui semblaient le narguer.

- … je suis certain que Tsunade n'y verra que du feu !

Soudain, un bruit sourd de verre brisé se fit entendre dans une région reculée de sa boite crânienne.

Minute.

Que venait faire Tsunade, là-dedans ?

Sortant du monde dans lequel il s'était enfermé, Orochimaru cligna durement des yeux pour renouer avec la réalité. L'expression de Jiraya n'avait plus rien de réfléchie, au contraire, il arborait maintenant le même air lubrique avec lequel il écrivait ses romans à la limite de la pornographie.

- Attends…tu veux que je sois ton petit ami, non ? s'enquit-il en résistant à l'envie de se mordre les lèvres.

- Oui bien sûr, pour de faux. Tu sais, pour le plan que je viens de t'expliquer il y a à peine deux minutes.

Pour…de faux ?

Et quel plan ? De quoi diable parlait-il ?

Orochimaru eut l'impression que son cœur était en train de se briser en mille morceaux, tout du moins cette douleur qu'il ressentit à l'intérieur de lui avait rarement atteint cette intensité. Quelque chose était en train de se décomposer mollement en lui, seconde après seconde.

L'espoir qui avait grandi et gonfler dans sa poitrine venait d'exploser et de tout emporter au passage. C'était comme plongé les pieds sur de la lave en fusion après avoir marché pied nu en plein hiver.

Le choc était brutal.

Durant une fraction de seconde, il eut l'impression de sentir ses jambes vacillées.

- Roshi qu'est-ce qui t'arrive ? lui demanda son vis-à-vis, les sourcils froncés, un air étonné sur le visage. Tu vas bien ?

Rien de ce qui l'entourait n'avait plus d'importance, pas même l'allocution alarmée de l'Alpha qui le considérait telle une bombe sur le point d'éclater.

Non, ça n'allait pas. Il avait littéralement l'impression d'être sur le point de mourir asphyxier par tout le chagrin que ses mots venaient de lui causer. Pourtant, il n'en montra rien et hocha simplement la tête, s'écartant de lui pour mettre le plus de distance possible entre eux.

Respirer son odeur était subitement devenu une torture.

- Ouais…laisse-moi juste m'asseoir une minute.

Il s'installa sur le lit tout en se passant la langue sur les lèvres, essayant d'aviser à quel point il venait de prendre ses désirs pour la réalité.

Il aurait dû s'en douter…que Jiraya lui face une telle proposition de but en blanc, ça aurait été trop beau. Était-il si désespéré que ça d'être avec lui ? Sans doute. Or, c'était la première fois que cela lui apparaissait aussi tangible et humiliant.

Tout le temps qu'il passât à se languir de lui, à imaginer ses mains à la place des siennes lorsqu'il se touchait avait peut-être fait griller quelques-unes de ses neurones et voilà maintenant qu'il régressait psychologiquement, qu'il embellissait la réalité au gré de ses convoitises.

- Alors si je comprends bien, reprit-il avec fébrilité, tu veux que je fasse semblant d'être ton mec dans l'unique but de faire réagir Tsunade et qu'elle puisse te tomber dans les bras ?

Il leva ses yeux verts sur l'Alpha, priant toutes les divinités qu'il connaissait pour que son vis-à-vis réfute chacun de ses mots.

Mais bien qu'il semblât pour le moins perdu, Jiraya hocha doucement la tête en vue d'acquiescer.

- Euh…ouais ?

Un rire nerveux gratta soudainement les parois de sa gorge. Que l'énergumène surexcité se montre si hésitant dans une situation aussi risible, était profondément agaçant. De plus, maintenant qu'il avait résumé la situation à voix haute, Orochimaru se rendait compte à quel point ce qu'il lui demandait de faire était ridicule.

Il ne tarda pas à le lui faire savoir.

- Pourquoi diable est-ce que je ferais une chose pareille ?

- Parce que t'es mon meilleur ami ? tenta Jiraya en haussant un sourcil. Oh, allez Rochi ! insista-t-il devant le regard blasé que l'Oméga lui servit face à sa précédente déclaration. Steuplaiitttt, s'il te plait, s'il te plait !

- Bon sang Jiraya, arrête ! se récria-t-il en se levant.

Il lui tourna le dos, croisa à nouveau les bras puis enfin, se mordit les lèvres. Il s'était toujours su un peu masochiste, ayant un penchant pour chaque bord proscrit par la société, mais là, c'était définitivement trop lui en demander.

Personne n'était assez fou pour aider la personne qu'on aimait à tomber dans les bras d'une autre, pas même lui.

- Tu sais bien que je déteste quand tu essayes de me forcer la main, reprit-il en lui refaisant face, histoire que sa réaction ne sonne pas plus passionnée qu'elle n'aurait dû l'être.

Pour l'Alpha, il n'était que son ami. Son meilleur ami.

Jiraya le lui avait répété assez de fois depuis presque vingt ans qu'ils se côtoyaient, que Roshi avait eu tout le loisir de décortiquer chaque mot à sa guise. Et le ciel savait qu'il le haïssait pour l'avoir ainsi enfermé dans la case ami sans aucune autre forme de procès, sans même qu'il ne puisse plaider sa cause.

En désespoir, ses doigts se crispèrent sur ses bras. Les lèvres pincées, il lutta pour conserver une façade digne, ne serait-ce que pour pouvoir à nouveau le regarder dans les yeux, pourtant cela devint de plus en plus difficile.

- C'est non, n'insiste pas, conclut-il d'un ton qu'il espérait sans appel.

Ç'aurait été quelqu'un d'autre qu'il aurait sans doute lâché l'affaire depuis belle lurette, sauf que c'était Jiraya qui lui faisait face, a.k.a l'Alpha le plus borné et le plus déterminé de tout l'archipel.

- Je t'en prie, je te jure que je te revaudrais ça, allez quoi !

Il repensa aux mille autres fois où cet imbécile lui avait sorti la même chose et qu'au final il lui avait juste offert une glace pour la simple et bonne raison qu'Orochimaru n'avait pas son chic pour se fourrer dans des histoires sans queue ni tête.

Au moins un domaine dans lequel quelqu'un le dépassait parce que Jiraya détenait la palme.

- Je maudis le jour où j'ai croisé ton chemin et que ton cerveau rachitique ait cru qu'il serait bon de m'embarquer dans tes plans foireux, maugréa-t-il, les yeux plissés de dédain.

Trop habitué, Jiraya lui offrit un sourire rayonnant.

- Alors tu acceptes ?

- Ai-je réellement le choix ?

Jiraya était trop têtu pour le mal de crâne qu'il sentait poindre à ses tempes, l'Oméga ne pouvait vraiment rien lui refuser, encore moins lorsqu'il tenait cet air de gamin trop enjoué et ce sourire de dix kilomètres qui lui retournait l'estomac.

- Après tout, pourquoi faire facile quand on peut faire compliquer ? railla-t-il. C'est vrai que ce serait impensable de directement aller la voir pour lui avouer tes sentiments.

De qui te moques-tu ? lui susurra une voix taquine dans son esprit.

C'était bien connut que le docteur ne voyait jamais sa propre maladie, et dans les circonstances actuelles, il préférait encore mourir que de lui révéler qu'il était amoureux de lui depuis qu'ils avaient huit ans.

Il lui était dorénavant bien inconcevable d'omettre que le cœur de Jiraya battait pour quelqu'un d'autre.

- Tu déconnes ? s'étrangla l'Alpha. Elle vient de sortir d'une rupture compliquée avec Dan, la dernière fois que je lui ai dit bonjour, j'ai cru que j'allais finir encastrer dans le mur.

Orochimaru réprima une plainte de découragement.

- Et tu penses que nous voir ensemble la fera réagir ? Je t'ai connu bête, mais là c'est clair que tu le fais exprès, ce n'est plus possible. Je ne sais pas ce qui me retint de t'envoyer tout simplement voir ailleurs si j'y suis.

Loin de s'en offusquer, l'Alpha éclata d'un rire grave et réduisit considérablement la distance qui les séparait.

- Tu ne le feras pas, Rochi, déclara-t-il en passant un bras autour de ses épaules. Tu vas aider ton meilleur ami à conquérir la femme de sa vie.

Irrité, Orochimaru se dégagea de sa prise. Les paroles pourtant anodines lui tranchaient le cœur avec la précision d'une lame de rasoir.

Plus jamais qu'auparavant, il envia leur amie commune qui avait réussi à capturer le grand cœur de cet idiot trop insouciant. La jalousie s'infiltra par tous les pores de son corps, se faufilant dans chaque centimètre carré de son organisme jusqu'à emprisonné son palpitant dans une poigne douloureuse.

- La femme de ta vie, rien que ça, marmonna-t-il, amer. Je te croyais passer à autre chose.

Il l'aimait depuis des années, mais n'avait jamais eu droit à un regard, mais Tsunade le repoussait depuis des années et il décidait de se battre pour elle.

Son cerveau surchauffa tandis qu'il cherchait la logique dans tout cela.

Assurément, il regrettait l'époque où il était insensible.

- Je suis très persévérant, tu le sais. Surtout lorsque l'amour est en jeu, je donnerais tout pour avoir la personne que j'aime à mes côtés.

Un autre coup de poing dans l'estomac. À la fin de cette discussion, il serait probablement en K.O. technique.

Ignorant tout de son désarroi, son meilleur ami se pencha légèrement vers lui, le regard transpirant d'espoir.

- Alors, tu vas m'aider ?

Orochimaru poussa un soupir. Il était définitivement masochiste.

- As-tu au moins quelques idées ? abdiqua-t-il. Je refuse de te suivre sans un plan clairement élaboré. Que proposes-tu ?

Le sourire carnassier que Jiraya lui offrit en réponse lui confirma qu'il venait de faire la plus grosse erreur de sa vie en acceptant de l'aider. À moins que ce ne soient ses poils qui se dressèrent sur toute la longueur de ses bras sous son regard brûlant.

- Oh, un million de petites choses, Roshi.

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Review ?

À la prochaine !