Choisissez 5 images parmi les 10 proposées et écrivez un texte de moins de 350 mots sur chacune des images, vous pouvez les mettre dans un ordre précis pour écrire une histoire construite ou faire 5 textes indépendants. Vous pouvez tout faire sur le même fandom ou bien varier à chaque texte !


IMAGE 4

L'eau avait commencé à émettre des lueurs vertes, droit devant elle. Platina n'avait pas du tout aimé cette couleur, phosphorescente et étrange.

« Attends, avait-elle dit à Sublime, son luminéon, à laquelle elle s'accrochait pour traverser le courant. Je n'aime pas du tout ça… »

Mais elles ne pouvaient pas faire demi-tour et il semblait que l'onde brillante se rapprochait d'elles… La gorge serrée, Platina grimpa sur le dos de son Pokémon au lieu de rester à moitié immergée dans l'eau. Bientôt, elles furent totalement cernées par les reflets phosphorescents.

« Ça va ? s'inquiéta Platina, et Sublime émit un petit bruit doux en guise d'assentiment. »

Elles finirent par arriver devant une gigantesque racine d'arbre qui était comme couchée sur l'eau et qui se perdait au milieu d'un entrelacs inquiétant d'arbres noueux et décharnés. Même la racine était effrayante, avec ce trou béant à sa naissance qui ressemblait à un œil et les ramifications, comme des dents, qui plongeaient dans la rivière. L'espace d'un clignement d'yeux, Platina eut même l'impression de la voir bouger… Mais c'était une hallucination, n'est-ce pas ? Les racines, même plongées dans de l'eau verte, ne bougeaient pas…

« Je n'aime pas ça, murmura la jeune dresseuse, juste au moment où un grondement terrible sortait du plus profond de la rivière. »

Et, soudain, se dressa devant elle la racine effrayante, son « œil » noir brillant sur le ciel de souffre et ses ramifications tendues devant elle, comme des dents. Platina poussa un cri de terreur et serra, presque inconsciemment, ses bras autour du cou de Sublime. La « racine » bougea, faisant gicler l'eau verte tout autour d'elle, et se pencha vers la jeune Dresseuse. Puis, comme ça, d'un coup, elle la goba entre ses ramures.

Sublime parvint à esquiver l'attaque et fixa le corps de son amie qui dépassait encore de la créature, désespérée. Platina se tortilla, fouilla dans ses poches et en sortit ses pokéballs, dont elle libéra son équipe.

« Allez-vous-en ! s'écria-t-elle avant que la créature ne l'absorbe complètement. »

Et puis, la « racine » replongea dans l'eau.

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Platina sentit son cœur couler dans sa poitrine quand elle franchit la dernière rangée d'arbres noirs et morts qui composaient la forêt dans laquelle elle avait essayé de s'enfuir. Ce chemin, ce chemin gris, toujours le même, la ramenait toujours au même endroit, peu importe dans quelle direction elle tentait de s'enfuir. Il la ramenait vers cette maison de bois à deux étages, avec ses petites marches, ses pièces arrondies à grandes fenêtres, sa cheminée… Une lumière orange brillait dans la pièce de l'entrée et dans la plus grande de l'étage, de même que dans les yeux des petites citrouilles posées sur les marches… Des petites citrouilles qui la regardaient, Platina le savait, et qui semblaient lui dire qu'elle ne pouvait pas fuir et qu'elle en avait conscience. Il fallait qu'elle se résigne. Dans la pièce du haut, une silhouette humaine se tenait toujours et semblait la voir, elle aussi.

Les jambes tremblantes, la jeune Dresseuse se dirigea, apeurée et résignée, vers la maison. Il y avait d'autres gens à l'intérieur, des humains prisonniers comme elle et qui, pour la plupart, fixaient le plancher sans le voir. Ils étaient visiblement là depuis longtemps et paraissaient comme vieux et morts à l'intérieur. Avec des mouvements mécaniques, Platina s'assit à la grande table de la salle à manger avec deux ou trois des autres captifs et leva les yeux vers la silhouette noire, celle de la fenêtre, qui prenait place avec eux. Son regard sombre, inhumain, la fixa et il prit un tour de cou noir brodé de dentelle blanche qu'il lui passa. À ce moment-là, Platina eut l'impression que son corps était définitivement prisonnier de cette maison. Elle ne pouvait plus s'enfuir.

Une funeste cérémonie du thé commença. Il y avait d'autres silhouettes fantomatiques malveillantes qui côtoyaient les humains prisonniers et qui jouaient avec eux, comme avec des poupées contraintes et de plus en plus mortes au fur et à mesure que les années passaient.

Il y avait des tombes le long du chemin qui menait à la maison. Platina savait qu'un jour, son esprit mort les rejoindrait.

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La forêt moussue, plongée dans une lumière bleue opaque, était moins terrifiante que Simiabraz l'avait pensé. Même s'il sentait des présences terribles un peu partout, mortes et résignées ou bien glaçantes. Certaines de ces présences étaient des Pokémons, il le sentait confusément… mais des Pokémons qu'il n'avait jamais vus et que, sans doute, personne de vivant n'avait jamais vus…

Leur présence était bien trop terrifiante…

Simiabraz continua de s'avancer sur le chemin herbu et vaguement nappé de volutes de brume. Il devait retrouver Platina coûte que coûte. Il sentait son esprit commencer à se diluer et se fondre dans la peur. Lui aussi avait vraiment peur… mais son amie avait besoin de lui.

Lentement, le Pokémon continua d'avancer sur le chemin. Au premier esprit démoniaque qui se présenta devant lui, il cracha un long jet de flammes qui l'éloigna. Heureusement qu'il avait ça comme arme… Alors, il persévéra. Il marcha longtemps, très longtemps. Il perdit totalement la notion du temps.

Il oublia presque ce qu'il faisait là. Il ne savait qu'une seule chose : il devait retrouver quelqu'un. Cette personne, dont il sentait encore l'âme, avait besoin de lui. Il percevait aussi parfois son énergie faiblir et, dans ces cas-là, il accélérait le pas. Quand la force de la personne se ravivait, il ressentait du soulagement, seule émotion positive qui finit par lui parvenir, et il pouvait se permettre de marcher un peu moins vite. Mais il continuait de chercher.

Il chercha pendant des années. Il ne vit plus le temps passer dans ce monde étrange où Platina avait été engloutie, ce monde d'effroi où se perdaient des âmes et où même Machiavel le Giratina n'avait pas accès. Il finit par ne plus savoir ce qu'il faisait là. Mais il continua de chercher. Jusqu'à ce que qu'il tombe complètement en poussière. Et que l'âme de Platina rejoigne les sépultures le long du chemin menant à la maison qui l'avait emprisonnée.