Je devais écrire quelque chose sur Haizaki et Mizukamiya, j'aime décidément trop ce duo. D'ailleurs en comptant Kidou, ça fait tout de même trois joueurs de Polaris au sein d'Inazuma Japon (non, non, c'est pas parce qu'il a joué un match avec Inakuni Raimon que Haizaki est un Raimon pour autant)… en tant que fan de cette équipe, j'en suis très contente.
D'ailleurs, à la base, je voulais inclure Kidou dans cet OS… puis je me suis rappelée que Kidou était devenu recruteur pour Inazuma Japon et donc était apparemment retourné au Japon. Donc pas de Kidou au final. C'est dommage mais mon seul réconfort là dedans c'est qu'en son absence, je peux mettre un peu en avant Endou.
Faire impression
« Hein ? Haizaki se comporte étrangement ? »
Mizukamiya le confirma d'un hochement de tête, incitant ainsi Asuto à se tourner de l'autre côté du terrain où Haizaki s'entraînait face à Endou. Il l'observa attentivement tirer coup sur coup, avec à chaque fois plus de force mais aussi plus de frustration et d'imprécision au fur et à mesure que le gardien arrêtait ses frappes ou que le ballon n'était pas cadré et volait au-delà des limites du terrain.
Asuto devait admettre que Mizukamiya avait raison. Il connaissait le démon du terrain pour être parfois virulent et impatient mais il ne l'était qu'en situation de crise ou lors d'un intense match. Là non seulement ce n'était qu'un entraînement mais en plus Inazuma Japon avait remporté son match contre les Ole de Samba et se rapprochait de plus en plus de la finale malgré les tentatives de la Fondation Orion pour les arrêter.
Il n'avait donc pas de raison particulière d'être dans cet état irascible.
« Maintenant que tu le dis… il est assez colérique ces temps-ci, avoua Asuto en croisant les bras, embêté. Je ne sais pas trop pourquoi il agit comme ça…
— S'entend-il bien avec ses coéquipiers ? demanda Mizukamiya.
— Hé bien depuis que lui et Hiroto ne sentent plus leur place menacée l'un par l'autre, il me semble que oui. »
Le garçon aux cheveux bleus esquissa un sourire amusé.
« Une rivalité avec Kira Hiroto ? Pourquoi cela ne me surprend pas ? se demanda-t-il à voix basse avant de reprendre son sérieux. Quoi qu'il en soit, je te remercie tout de même, Asuto. Je crois qu'il vaudrait mieux que j'aille en parler à Endou. Il est son capitaine après tout, il doit avoir remarqué quelque chose.
— Oh, je pourrais venir avec toi quand tu iras lui parler ? Haizaki est mon ami et si quelque chose ne va pas avec lui, je veux pouvoir l'aider.
Mizukamiya le regarda avec étonnement et amusement.
« Ainsi donc, il n'exagérait pas quand il se plaignait que tu le collais partout où il allait et ne cessait de le harceler ?
— Hein ? s'exclama Asuto en prenant un air surpris et indigné. Haizaki a dit ça ? »
. . .
Mizukamiya n'avait pas voulu perturber l'entraînement de Endou pour des problèmes qu'il considérait moins concerner Inazuma Japon que d'anciens coéquipiers au sein de l'École Polaris. Il décida de garder le silence au moins jusqu'à ce soir et de vérifier, au cas où, si ce n'était pas simplement son esprit qui lui jouait des tours en observant discrètement Haizaki.
À son grand dam, son intuition avait été bonne : il se passait quelque chose avec le démon du terrain. Même en dehors de celui-ci, Haizaki se comportait de façon étrange. Il était certes quelqu'un d'assez en retrait et peu porté sur les ''instants de camaraderies'' d'une équipe mais cela ne lui ressemblait pas de s'écarter volontairement des autres et d'être sur la défensive quand on s'adressait à lui, répondant d'un ton féroce et irrité.
« T'es bouché ou quoi ! grogna-t-il à l'encontre de Nosaka, qui resta impassible face à son explosion de fureur au contraire de nombreux membres d'Inazuma Japon qui sursautèrent. J'ai dis que je voulais pas de…
— Haizaki ! »
Le démon du terrain tourna ses yeux rouges vifs sur lui mais Mizukamiya ne flanchât pas et soutint son regard en exprimant clairement sa désapprobation vis à vis du comportement agressif de son coéquipier. Il ignorait ce qui troublait Haizaki mais cela ne lui permettait pas de parler ainsi aux autres, surtout pas aux membres de son équipe.
À sa grande surprise, Haizaki fut le premier à céder et à détourner le regard. Il fourra les mains dans ses poches et quitta la salle en maugréant. Tout aussi étonné que le capitaine de Polaris, Nosaka se tourna vers Asuto et s'avança pour lui parler à voix basse tandis que Mizukamiya continua de fixer les portes derrières lesquelles Haizaki avait disparu.
Il s'était attendu à ce que le garçon s'énerve et lui sorte une réplique cinglante comme à son habitude lorsqu'ils commençaient à être en désaccord et entraient dans des disputes que seuls Kidou ou l'entraîneur Kudou pouvaient arrêter.
Que Haizaki renonce à se battre ne lui ressemblait pas et Mizukamiya avait la désagréable sensation que cela avait un rapport avec lui…
Il s'empressa donc de quitter le salon pour partir à la recherche de Endou. Il arriva devant sa chambre et frappa à sa porte mais personne ne lui répondit.
Son portable dans sa poche vibra. C'était Asuto, qui lui demandait s'il était parti à la poursuite de Haizaki. Malgré lui, la naïveté du garçon l'amusa : aller discuter Haizaki lorsque celui-ci était sur les nerfs semblait une mauvaise idée pour tout le monde, sauf pour Inamori Asuto.
Cela lui rappela néanmoins ce dont ils avaient discuté plutôt sur le terrain et il retourna dans le salon, où Asuto et Nosaka l'attendaient.
« Sais-tu où est allé Haizaki ? lui demanda Nosaka.
— Non, j'étais allé voir Endou mais il n'est pas dans sa chambre.
— Endou ? Je l'ai aperçu s'entraîner dehors avec Kozoumaru.
— Il s'entraîne ? Encore ?
— Hé oui ! s'exclama Asuto en rigolant. Endou est comme ça.
— Bien, je vais le rejoindre dans ce cas. J'ai besoin de tirer toute cette histoire au clair avant que cela commence à nuire à l'équipe.
— Je t'accompagne alors ! Nosaka, tu viens avec nous ?
— Allez-y sans moi. Je crois que ce serait mieux que je ne sois pas présent si vous vous retrouvez face à Haizaki. »
Nosaka ajouta avec un sourire amusé et complice :
« J'ai toujours eu le don de l'énerver. Je me demande pourquoi ? »
Mizukamiya pensa à tous les surnoms peu élogieux dont Haizaki affublait le capitaine de Sélène et dans une autre situation, aurait souri à cette pensée. Au lieu de cela, Asuto et Mizukamiya s'engagèrent dans les couloirs pour se rendre à l'extérieur. Ils croisèrent à l'entrée Kozoumaru, qui marchait dans la direction inverse à la leurs avec son sac de sport dans une main et une bouteille d'eau vide dans l'autre.
« Oh, Kozoumaru ! l'interpela Asuto. Tu tombes bien. Nosaka nous a dit que tu t'entraînais avec Endou. Vous avez fini ? »
L'attaquant, perdu dans ses pensées, leva les yeux vers lui. Il fronça les sourcils, une lueur désappointée dans ses yeux.
« Pas exactement. Nous avons arrêté quand Haizaki est venu sur le terrain, expliqua-t-il qu'une voix contrariée. Il était énervé donc Endou a préféré mettre un terme à notre séance d'entraînement pour aller lui parler. Je ne vois pas pourquoi il perd son temps à faire ça mais je ne peux pas contester les ordres du capitaine donc je m'apprêtais à rentrer me doucher. Si vous cherchez Endou, vous le trouverez sur le terrain. Il y est toujours avec Haizaki. »
Ils remercièrent Kozoumaru de son aide et quittèrent le bâtiment. À l'extérieur, le vent froid de la Russie les accueillit sous un ciel étoilé étincelant de mille feux en cette belle soirée.
Ils s'approchèrent du terrain de football, d'où ils entendirent les voix de Haizaki et Endou briser le silence de la nuit sans pour autant pouvoir écouter leur conversation. Ils distinguèrent la silhouette familière de l'attaquant appuyée contre le grillage avec, en face de lui et leur tournant le dos, Endou. Celui-ci se tut en les entendant venir et se retourna pour leur faire face.
« Asuto et Mizukamiya ? s'étonna-t-il. Que faites-vous là, les gars ?
— Euh… »
Mizukamiya ne se laissa pas aller à l'hésitation comme Asuto et s'avança d'un pas, son regard rivé vers son partenaire de Polaris qui, les bras croisés et toujours appuyé contre les grilles, fixait le sol avec une expression renfrognée et hostile.
« Je veux savoir ce qui ne va pas avec toi, Haizaki. »
Le démon du terrain émit un grognement étouffé semblable à un rire moqueur et amère mais ne dit toujours rien, bien décidé à ne prendre part à aucune conversation. Endou observa l'échange en silence avant d'entraîner les nouveaux venus à l'écart. Il délaissa la mine sombre qui obscurcissait son visage pour leur offrir son sourire chaleureux et confiant si emblématique.
« Je suis heureux de voir que vous êtes là car vous vous inquiétez pour votre coéquipier, vous deux. Quoi qu'il arrive à Haizaki, votre soutien compte pour beaucoup. C'est comme ça que fonctionne une équipe.
— Vous avez remarqué que quelque chose n'allait pas avec Haizaki, capitaine ? Quand ça ? demanda Asuto.
— Euh… tout à l'heure, quand il est venu, admit Endou en passant une main à son cou, gêné. Je l'ai rarement vu aussi énervé donc ça m'a intrigué et je suis allé lui parler.
— Et il s'est confié à vous ? s'étonna Mizukamiya.
— Mmh ? Hé bien, si tu veux dire qu'il m'a parlé de ce qui le dérangeait, d'une certaine manière, oui. »
Asuto et Mizukamiya se dévisagèrent, aussi surpris l'un que l'autre que leur capitaine ait réussi à avoir une vraie discussion avec Haizaki.
Le sourire d'Endou s'estompa.
« Mizukamiya, je pense que tu devrais aller lui parler. Asuto, je suis désolé mais il va falloir que tu rentres avec moi. Je sais que tu t'inquiètes aussi mais c'est moins grave qu'on peut le croire. Néanmoins, c'est quelque chose qui se règle entre coéquipiers. »
Il fixa Mizukamiya, qui comprit qu'il ne parlait pas d'Inazuma Japan mais de Polaris. Il acquiesça d'un hochement de tête et se dirigea d'un pas résolu vers Haizaki tout en entendant Endou et Asuto s'éloigner pour retourner à l'intérieur.
Haizaki ne réagit toujours pas à sa présence mais Mizukamiya ne se laissa pas déstabiliser et prit la parole :
« Tu es fâché ? »
Il ne reçut aucune réponse, ce qui était en général plus significatif que des mots lorsqu'il s'agissait du démon du terrain.
« Pourquoi ? »
Enfin, Haizaki leva les yeux du sol pour croiser son regard. Il garda son expression aussi indifférente et ennuyée que possible et rétorqua d'un ton plat :
« J'ai pas envie d'en discuter, certainement pas avec toi. »
Mizukamiya demeura un instant muet, réfléchissant à la meilleure réponse à formuler. Il finit par opiner doucement de la tête et dit :
« Je comprends. Tu en as parlé à Kidou ?
— Ouais. Il m'a dit que je m'améliorais et que j'étais sur la bonne voie mais apparemment, ce n'étaient que des conneries qu'il racontait.
— Concernant quoi ? »
Haizaki s'écarta du grillage et fourra les mains dans ses poches, se mettant à marcher. Mizukamiya prit cela comme un bon signe : ils progressaient.
« Concernant quoi ? » répéta-t-il donc.
Il savait que son entêtement énervait Haizaki mais avait aussi compris que c'était la meilleure méthode pour le faire réagir : le pousser jusqu'à ce qu'il n'ait d'autres choix que de se confronter au problème qu'il essayait d'éviter.
« Pourquoi refuses-tu de me répondre, Haizaki ? Nous sommes coéquipiers… et amis, ajouta-t-il après un instant d'hésitation, ne sachant pas comment le garçon réagirait à ces mots. Il me semble que nous avions dépassé le stade des non-dits depuis tout ce temps. Qu'est-ce qui t'énerve autant ? »
Ce fut la bonne chose à dire : Haizaki s'arrêta et serra les poings avec une frustration évidente non pas tournée vers son ancien capitaine mais envers lui-même. Il poussa un bruyant soupir agacé et fit volte-face.
« Cela t'importe vraiment de savoir, capitaine ? Alors je vais te le dire. Je suis énervé car depuis le début de ce fichu championnat, j'ai l'impression d'être à la traîne. Ce type – Kira Hiroto – est pratiquement aussi bon attaquant que moi et y'a pas un de nous qui est capable de se démarquer mais en plus le coach – peut-être même Kidou puisqu'il est recruteur ou je sais pas quoi – trouve apparemment qu'on marque pas assez de buts puisqu'en plus d'avoir la moitié de nos milieux de terrain capables de marquer, il a fait venir trois attaquants depuis qu'on est arrivé en Russie. C'est comme si dès le début du FFI le seul vrai attaquant de cette équipe était Gouenji Shuuya et que notre rôle était juste de le remplacer ! »
Il s'interrompit un instant pour reprendre son souffle. Ses yeux ne trahissaient plus un désintérêt flagrant mais brillaient de colère.
« Depuis qu'il s'est blessé, la seule chose que j'entends dire c'est combien tout serait plus simple si Gouenji était sur le terrain pour faire son Last Resort. Je marque encore et encore, pourtant ça sert à rien. Même quand il est pas sur le terrain, l'attaquant de feu reste aux yeux de tous le seul vrai joueur offensif de notre équipe. Le pire dans tout ça, c'est que c'est sans doute vrai. Avec Asuto et Nosaka, on est incapable de reproduire son Last Resort alors comment je suis censé surpasser un type pareil, qu arrive à exécuter une Supertechnique aussi puissante sans l'aide de personne ? »
Il se tut pour de bon, ses yeux partiellement écarquillés et ses joues empourprées sous son teint bronzé, comme si lui-même ne comprenait pourquoi il avait dit tout cela. Son visage se renfrogna de nouveau et il se redressa, tournant le dos à Mizukamiya. Celui-ci le laissa se calmer et reprendre ses esprits avant de dire :
« C'est donc ce que tu as sur le coeur depuis tout ce temps ?
— Ouais, grommela Haizaki. Jusque là, je jouais pour mettre un terme à l'arbitrage d'Arès mais maintenant qu'il existe plus, qu'est-ce que je suis censé faire sur un terrain de football si c'est pas devenir le meilleur ? Je voulais qu'une fois le FFI fini, lorsqu'on serait retourné au Japon et que j'aurais réintégré Polaris, que t'aies vu les progrès que j'ai fait mais maintenant tu es là et je suis toujours au même niveau qu'avant. »
Pour la première fois, Mizukamiya se retrouva incapable de répondre quoi que ce soit. Cette phrase se répéta dans son esprit jusqu'à ce qu'il s'entendre demander d'un ton surpris :
« Tu voulais… m'impressionner ? »
Haizaki se raidit et grinça des dents.
« Ça va ! Ne me fais pas paraître encore plus ridicule que je ne le suis déjà ! Je sais que c'est idiot, d'accord ? »
Il s'agita et parut sur le point de s'en aller mais Mizukamiya l'en empêcha en posant une main sur son épaule, le forçant à se retourner pour lui faire face. Avec une expression ferme et décidée, il lui dit avec sérieux :
« La seule chose idiote dans tout ça, c'est que tu doutes autant de toi, Haizaki. Tu n'en as pas l'impression mais tes progrès sont bien réels. Tu n'es plus du tout le même que lorsque tu jouais avec nous et je t'assure que lorsque tu reviendras à Polaris, ton niveau surprendra tout le monde. Tu as été choisi d'office pour être un membre à part entière d'Inazuma Japon et chaque match gagné prouve que sans toi, cette équipe ne serait pas allée aussi loin. Cesse de te morfondre et tu verras que j'ai raison. »
Il ajouta d'un ton plus doux et sans retenir un sourire :
« Tu m'as impressionné, Haizaki. Et je suis sûr que je le serai encore plus à la fin du FFI. Vous réussirez à exécuter ce Last Resort et il sera encore plus incroyable que celui de Gouenji, ça ne fait aucun doute. Nous allons remporter ce mondial et toute l'équipe de Polaris en restera sans voix. »
Haizaki le fixa longuement, comme pour s'assurer qu'il ne disait pas cela uniquement pour le réconforter. Les traits colériques disparurent de son visage, qui reprit son expression ennuyée et impassible habituelle.
« T'as pas intérêt à te tromper, capitaine, se contenta-t-il de répondre avant de regarder autour de lui avec désintérêt. Bon, on rentre ? Connaissant Asuto, cet imbécile s'est fait un sang d'encre pour rien du tout et si on apparaît pas bientôt il va imaginer le pire. En plus, il fait froid ici et ce satané vent commence à me porter sur le système.
— C'est toi qui a décidé de venir là, je te rappelle.
— Tss… »
Haizaki lui jeta un regard noir et se dirigea vers le bâtiment sans l'attendre. Derrière lui, Mizukamiya gloussa doucement, un sourire aux lèvres. Qui aurait cru que ce garçon insupportable lui manquerait autant ?
Je n'ai pas revu Orion depuis un moment donc je ne me rappelle plus s'il y a un terrain de football extérieur là où Inazuma Japon est logé en Russie. Je crois que non, puisqu'il me semble qu'ils sont dans un espèce d'hôtel et que je confonds toujours avec le centre d'entraînement près du Mont Fuji au début d'Orion mais pour les besoins de ce OS, j'ai prétendu qu'il y en a un et qu'il est à peu près pareil que ce qu'il y a dans le premier centre d'entraînement, d'accord ?
Je reconnais que j'ai aussi peut-être fait une erreur en donnant l'impression qu'il se passait quelque chose de grave avec Haizaki alors qu'au final, il est juste fâché contre lui même pour pas grand-chose… bon tant pis, il fallait bien un peu de contexte à ce dialogue de fin, je suppose. Discussion de fin foireuse par ailleurs mais j'arrivais pas à l'écrire différemment, ha, ha…
