The Hunter's sight
Mon nom est Hunt. Rook Hunt.
Me croiriez-vous si je vous disais que j'ai été tiré du ruisseau par des bras royaux ?...
Laissez-moi vous conter mon histoire avant que je ne vous tire ma révérence car le devoir, voyez-vous, m'appelle là-bas, dans les bois.
Je n'étais pas plus haut que ça lorsque mon village natal fut sauvagement massacré, ne laissant que très peu de survivants, me faisant orphelin avant même le sevrage.
J'ai été nourri par le sein d'une nourrice qui avait un enfant du même âge, d'un lieu voisin.
On me destinait à être paysan. Mais mes traits fins s'accordaient plutôt avec le milieu ecclésiastique. On me fit donc prêtre avant l'âge d'entrer dans les ordres !...
Pourtant, ce n'étaient ni les champs ni l'ambiance confinée des cloîtres qui m'inspirait !...
C'était elle. Elle, belle, forte et dense. Sauvage aussi. La forêt. Les bois et ses fourrés. Le gibier dont elle regorgeait.
Très jeune, je m'étais confectionné un arc et quelques flèches taillées dans du bois grossier.
Je finis par m'enseigner sur les essences même qui s'y prêtaient ; if commun, frêne commun, érable plane, charme commun, robinier, cornouiller mâle, sureau noir, saule marsault, noisetier commun, hêtre, châtaignier... vous l'aurez compris ; ils étaient légion à faire mon bonheur !
Je pris réellement le tour de main en cinq ans de taille.
Vous me cherchiez ?... Vous étiez sûrs de me trouver dans les bois !...
Le gibier me fascinait, qu'il fut sur pattes ou à plumes.
Avant de prétendre leur donner la chasse, je passais de longues heures à observer leurs mœurs. Le brame profond du cerf en rut, la parade de la perdrix, le gloussement du grand tétras faisaient partie de mes classiques.
Mes premières tentatives de chasse me menèrent droit à l'échec... soit le gibier percevait mon odeur et s'enfuyait - les plus hardis me chargeant sans vergogne, notamment un énorme sanglier mâle qui me tint plus de six heures juché sur la hauteur d'un arbre avant d'abandonner la partie - soit ma flèche manquait lamentablement sa cible !...
Mes premiers essais furent laborieux. Mais ils développèrent à la fois ma persévérance et ma maîtrise.
Ma première prise fut un lièvre que je ramenais fièrement au village où nous étions établis, ma mère adoptive, mon frère et moi.
Le festin fut succulent !...
Je pris ainsi le pli de chasser régulièrement, leur ramenant de quoi remplir nos gamelles que les produits céréaliers ne suffisaient à remplir.
En lisière de forêt se tenait un immense château médiéval. On y murmurait que la reine qui y demeurait était d'une très grande beauté... ce fait attisa ma curiosité de jeune adulte.
Le matin même de mon expédition, je m'attachais les cheveux que je portais longs jusqu'aux reins, avant de placer mon chapeau sur la tête, arc au corps et carquois fabriqué de toutes pièces placé dans le dos.
J'épiais depuis des heures lorsqu'une voix sublime me débusqua. "Holà, toi !... Qui espionnes-tu ainsi ?"
Mon regard venait d'échouer sur la plus envoûtante créature au monde, juchée sur un étalon de prix !...
Cette beauté, glaciale, qui vous promettait à la fois une mort lente et une puissante résurrection, eut un très fort effet sur ma personne.
Loin de me démonter, je quittais mon perchoir.
"Qui es-tu ? Parle." allant me chercher de sa cravache de cuir. "Parle !" frappant un premier coup sur mon épaule.
"Je porterai le nom que vous voudrez me donner." ployant un genou devant cette subjuguante beauté.
De ma vie, je ne m'étais encore incliné devant personne !...
"Je suis ravi de voir que tu sais reconnaître ta place. Viens avec moi jusqu'au palais."
"Vous voulez dire... ?..." avisant le château d'un regard.
"Évidemment, que crois-tu ? Marche derrière moi." faisant avancer sa monture.
Mon regard fixa, le trajet durant, son dos si finement sculpté. Ses cheveux étaient attachés dans une savante coiffure.
J'étais un souillon à côté de lui !... Certes, j'avais un soupçon d'éducation... mais je demeurais bien loin des statuts affichés par cette incarnation de grâce et de monarchie.
Vil Schönheit. Descendant d'une vaste dynastie de souverains.
Lorsque ses mains vinrent s'emparer de mes cheveux pour les placer en arrière, décrétant qu'une coupe courte m'irait à merveille, je sus pour qui je voulais à présent vivre. Et qui je souhaitais servir.
Je devins son chasseur. Vil m'initia à la beauté, à l'art et à la poésie - des domaines que je n'aurai pas même pu toucher du doigt si j'étais demeuré dans ma condition !...
Je dois tant à Vil !...
"HIIIIIAAAAA !" talonnant, bride tenue d'une main, cuisses fermement liées autour des flancs de ma monture, slalomant entre les troncs, à la poursuite de ce chevreuil qui ne devait décidément pas m'échapper !...
Je tirais une flèche du carquois, me hâtant car si l'animal parvient jusqu'au ruisseau, la poursuite s'arrêterait là !...
Voilà près de deux ans que j'officiais pour Vil.
Je suais, mon palpitant atteignant des sommets. La rage faisait battre mon ventre.
Je plaçais la flèche, l'ajustant, me jurant que le gibier finira dans l'assiette de ma reine.
Je savais faire preuve d'un acharnement terrible et d'une sauvagerie sans nulle autres pareilles lorsque je chassais.
Le ruisseau s'annonçait au détour d'une clairière.
L'animal fuyait et bondissait en tous sens mais je connaissais le gibier par cœur et étais donc en mesure de prévoir ses mouvements. Sauf avec celui-ci. Il était prévu qu'il vire à droite, or le bestiau vira à gauche, me prenant au dépourvu et s'offrant une fuite en traversant le ruisseau.
Je me tins devant le cours d'eau, souffle raccourci par l'effort, quittant mon large chapeau à plume pour m'éventer.
"Saloperie de... foutriquet !..." au chevreuil épargné, lui tirant ma révérence pour l'occasion. "Peu ont su se dérober à ma flèche. Tu as bien mérité de vivre. Peut-être serons-nous amenés à nous croiser à nouveau... Pouuuuh !... Je suis en nage, moi." laissant ma jument se désaltérer, quittant son dos pour faire de même, en symbiose avec la nature, me délectant du clapotis relaxant du courant.
Au château, une nouvelle perspective se dessina également... faire de moi, humble serviteur, le roi de la cour. Devenir roi, oui. Jusqu'en son lit à l'édredon de soie pure.
Ce que nous apprécions par-dessus tout était le contact de nos peaux que le désir rendait brûlantes... il faut dire que nous étions harnachés de vêtements chez Pomefiore - notamment nos manteaux doublés en pure laine vierge, frappés des armoiries du prestigieux clan, le tout portés sur une tunique sombre et pantalon assorti !...
L'art des baisers maîtrisé par Vil, comme autant de papillons butinant mes lèvres avant de rendre la chose plus exquise encore par un jeu de langues bataillant pour obtenir le maximum de sensations.
Nous appeler par nos noms, faire croiser nos doigts dans des serments indécents.
Vil me confessa que je possédais définitivement le don de l'amour autant que celui de la chasse !...
Il possédait une façon de se mouvoir, avec autant de grâce que de force, improvisant des positions sensationnelles, se livrant à l'érotisme exacerbé sans compter, explorant des plis laissés vierges, ramenant à lui le plaisir refoulé, sans vulgarité ni tabou, sublimant l'audace qui caractérisait les bons amants.
Généralement, ces joutes nous laissaient moites de bonheur, lovés l'un contre l'autre, joliment entrelacés malgré l'espace spacieux du lit baldaquin, nous offrant des sourires qui n'appartenaient qu'à ces moment-là.
"Vous savez être tant d'hommes à la fois..." rêveur, encore secoué par le plaisir dont il venait de me gratifier.
"Voilà... quelque chose que j'ignorai jusqu'alors, Rook..." caressant mes cheveux et mon visage.
Je talonnais ma jument, jambes serrées autour de la monture, la dirigeant d'une main tandis que je récupérais une flèche létale pour l'armer sur l'arc, libérant un instant totalement les rênes.
"IAAAAAH !" dirigeant la monture de mes seules jambes.
L'animal en était coutumier. Il était même capable d'obéir à la voix !...
Le chevreuil qui coursait devant nous était extrêmement vif et zigzaguait entre les troncs.
Si le gibier atteignait le cours d'eau, c'en était terminé !...
Et je le voulais, celui-là ! Car il me narguait depuis des semaines !
Il était parvenu à déjouer mes flèches - chose assez exceptionnelle, il fallait le noter !...
Chaque fois, il se dirigeait vers un cours d'eau, m'obligeant à lâcher l'affaire.
J'étais en nage - j'irai me tremper sous la cascade tout à l'heure, une fois que j'aurai chargé la carcasse de ce paltoquet !...
Ultime virage, serré celui-ci, faisant voler le chapeau à plume, avant la clairière et la rivière à quelques pas.
Je visais, libérant la flèche qui partit se planter dans le cuissot de l'animal, lui arrachant un cri bref avant de s'affaisser du train arrière, se traînant un moment au moyen de ses antérieurs.
Je bondis de ma monture, m'en approchant, délivrant la dague pour frapper un point vital.
Nous avons alors accueilli un nouveau membre du nom d'Epel au sein de Pomefiore. Cette demi-portion a happé mon cœur en m'offrant un ouvrage de botanique. J'y appose quelques notes en marge, en faisant une œuvre érotique. "Avez-vous déjà songé que les fleurs sont autant de sexes offerts à la pollinisation ? Imaginez-vous un champ dont les sexes colorés n'ont d'appels que pour les insectes les plus hardis des armées de mère nature, butinant de l'un à l'autre, sans attache ni notion de fidélité à une espèce ou à l'autre. Entendez le langage des fleurs vous crier à quel point l'acte n'est autre qu'un subterfuge destiné à la reproduction ?"
"Rook !..." rit Vil, ventre commençant à être chamboulé. "C'est... terriblement érotique."
"Ta proximité me l'inspire."
Je levais la main pour tracer, du bout des pulpes, la Cupid's bow charmante que lui a dessinée la nature.
Il attrapa mon poignet pour presser un baiser plein contre mes doigts.
"Rook..." approchant ses lèvres des miennes.
"Ma fabuleuse reine..." désir commençant à faire monter des vagues indécentes au creux de mon ventre.
Je glissais ma joue contre la sienne, soufflant le chaud à son oreille, doigts allant s'égarer dans le blond de ses cheveux.
"Rook... tu me troubles..." montrant de plus en plus de mal à contrôler la cadence de sa respiration.
Il agrippa mes épaules, penchant un instant en arrière pour approcher ses lèvres à hauteur des miennes, yeux magnifiques louchant adorablement sur mes lèvres qu'il prit l'instant d'après, corps entier vrillé de désir lancinant, langues entrant immédiatement en jeu, se saluant de la plus érotique des façons, dans et hors des cavités, têtes penchées pour plus d'exquise profondeur.
Ses paumes descendirent sur ma poitrine. "Mes vers sont... encore bien trop sages pour exprimer... le désir foudroyant que vous m'inspirez, ma reine. Il n'y a... que mon corps qui puisse le manifester aussi justement." reprenant ses lèvres, vif.
Je vins chevaucher ses cuisses tandis qu'il se calait contre la tête de lit.
Je passais mon haut par-dessus la tête, laissant ses paumes flatter mon buste tandis que les baisers se poursuivaient avec la même intensité.
Vil caresse mes épaules, mes clavicules, mon cou, ma jolie nuque, là où les cheveux ont été rasés.
Il apposait la paume sur mon sexe renflé que le slim comprime presque douloureusement.
Ses yeux dans les miens, il me libère pour me caresser à l'aveugle, me faisant perdre toute composition, paupières papillonnant sous l'afflux de plaisir, souffle complètement détraqué, voix laissant passer des rauques accomplis.
Nouveau baiser, endiablé celui-là, avant de lever la croupe pour l'insérer profondément, le laissant glisser lentement, nous arrachant toute décence.
Son menton fige vers le haut, son torse est pris par une allure erratique.
Les sensations sont telles qu'elles nous engouffrent.
Il manque de crier lorsque je commence à bouger sur lui.
Ça palpite déjà dangereusement ; véritable course à l'orgasme brûlant.
C'est un plaisir à sentir et à entendre.
Nous sommes dans le même état, à nous consumer l'un pour l'autre.
Il m'avoue que la chasse et la monte m'ont si joliment taillé, quel compliment, Seigneur !...
Nos sexes arrivent à bout de course, le sien finissant par rendre généreusement, dans un rauque sonore, triomphant des convenances, tandis que j'accélère de la main pour me libérer peu après lui.
J'entrai avec fracas dans les bois. A quel gibier allais-je donner la chasse, cette fois ?
Lièvre ? Biche ? Chevreuil ? ou un gibier à plumes ?...
Bah, je laisserai le hasard de mes rencontres en décider !...
Le seul gibier que Vil dédaignait était le sanglier - dont la chair lui était trop grossière. Le marcassin, passait encore.
Justement, voici une harde.
Je libérai ma jument et m'embusquai dans un fourré, armant mon arc.
Aujourd'hui, le vent s'était tu, ce qui m'arrangeait !...
Je bandais l'arc, visant la progéniture.
En plein !
La harde venait d'être prise de panique et se dispersa.
Je sortis de ma cachette, sifflant ma jument, avant de cueillir la proie, grimpant habilement sur son dos avant l'attaque de la laie furieuse.
Vil se penche à mon oreille pour me susurrer l'indécent.
"Bonté divine !" en parfait français.
Ma réaction fait sourire Vil. "Crois-moi, Rook, le divin n'a rien à voir là-dedans. Il s'agit simplement là d'un talent inné, ma... jolie pomme mentholée..." soupiré dans mes cheveux.
Ses pouces glissent sous mon menton et il se penche pour m'embrasser.
Ah !... L'art du baiser que maîtrise Vil ne trouve son équivalent que dans la poésie qu'il manie tout aussi habilement. Il butine, effleurant, jouant de diverses pressions, lèvres extrêmement mobiles, capables d'innombrables voluptés, qui, associées à cette langue terriblement caressante elle aussi, promettent monts et merveilles.
"Mmm... la poésie de vos lèvres... est un pur délice..." régalé, y retournant sans tarder.
Il rit et me pousse contre la porte. Ce genre de manœuvre me surprend toujours et m'excite d'un cran, me faisant instantanément passer du statut de chasseur à celui de gibier.
Ma bouche cherche, damnant la sienne, la condamnant à des tourments érotiques ; échanges savoureux de caresses salivaires, langues s'invitant dans une cavité à la fois proche et étrangère, nous suggérant des délices sans nom.
"Rook... oh, Rook..." soupiré entre deux.
Je presse le bassin contre le sien, percevant très nettement l'érection qui l'anime.
Lentement, je fais glisser un gant de cuir après l'autre, baisant le dos de la main. "Je ne le devrais pas mais... chaque fois que je vous pille à votre cour... cela m'enfle d'orgueil..." le fixant dans les prunelles, à la dérive.
J'esquisse un sourire bref, finissant par retourner la situation, son dos se retrouvant plaqué à la porte en bois, l'attrapant, comme à mon habitude, derrière les cuisses pour le hisser sur moi, en rajoutant à l'excitation déjà flagrante.
"Je vais vous... dévorer... ma reine... d'une façon dont vous vous... souviendrez longtemps." en pur français dans le texte.
Il glisse jusqu'à mon oreille, entre deux pans blonds : "J'aimerai savoir... qui t'a appris à manier aussi bien l'amour..."
Je m'approche de sa bouche à mon tour, main ferme derrière sa nuque : "Les véritables magiciens... ne révèlent jamais le secret de leurs tours."
Il plante son regard dans le mien, m'invitant à un véritable tour de force. "Qui ?... Homme ? Femme ?..." demeurant sur son idée de me faire cracher le morceau. "Qui, Rook ?..." accroché à mon manteau doublé.
Vil est prêt à aller très loin pour m'arracher la confession ? Soit.
"Quel a été... le mentor d'une telle... débauche ?..."
Je lui fais enrouler les jambes autour de ma taille pour, ainsi, le mener jusqu'à la couche qui n'attend que nous.
"Pillez-moi autant que vous... le voudrez, ma reine." l'y faisant échouer, le recouvrant aussitôt de son corps, défaisant cordons, ceinture et manteau.
"Nus." directif, se débarrassant de son côté.
"Selon votre bon plaisir."
Nos vêtements enfin quittés, je fais échouer mon corps sur le sien. Nos peaux savourent ce contact extrêmement intime, s'appréciant de la plus érotique des façons, prodiguant des frissons intenses qui parcourent chaque pore.
Nous ne sommes dès lors plus que soupirs lourds, corps palpitant de se retrouver enfin !...
"Rook !..." appréciant la façon dont mon extrémité heurte son entrée qui m'invite à davantage d'intrusion, que je me refuse pour le moment, me plongeant dans une torture d'une volupté sans égale.
Vil me cherche pour m'y guider et nous suffoquons au moment où je glisse progressivement en lui.
Je me hisse à bout de bras, bassin ne répondant plus à aucune volonté autre que le plaisir.
"Aussi bon chasseur qu'amant !... Rook !"
Vil a mis un tel temps à se permettre mon prénom que le prononcer lui brûle la gorge d'un délice sur fond d'outrage.
Il lève haut ses jambes pour m'autoriser de buter au fond.
Son visage entier n'est plus que plis lascifs, respirations vives se faisant écho.
Ses mains se crispent à la fois dans mon dos que dans les draps défaits, corps entier se tendant de délice.
Je demeure arqué, fouillant en lui à plaisir, ne livrant que des expressions ponctuant ses allées et venues.
L'orgasme nous soulève dans un cri, nous faisant retomber sur le lit, savourant la montée de plaisir que les jets successifs procurent.
Il arrive à Vil de sévir lorsque mon comportement ne fait pas honneur à Pomefiore.
"You called, roi du poison ?..." ployant un genou devant celui que je sers loyalement et sans faillir.
"Tu en as mis du temps, Hunt ! Encore coincé dans ta cabane de chasse ?"
"Vous avez commandé un faisan. Ils se font rares en cette saison."
"Je pense plutôt que tu étais à nouveau à la chasse à la dinde. Je veux te voir dans les souterrains tout à l'heure, où je t'infligerai la sanction adéquate."
"Comme il vous plaira, roi du poison." baissant la tête, main à plat contre son cœur.
Je connais l'endroit. Je le connais même très bien. Sa fraîcheur qui me fait hérisser les tétons. L'humidité qui rend les cheveux moites. L'odeur de moisissure qui y règne.
Je viens de poser mon magnifique chapeau à plume sur le tabouret en bois, avisant les chaînes qui pendent au mur ainsi que les lourdes attaches qui permettent de lier les poignets.
"Tu n'es pas encore prêt ?!" gronde la voix de Vil derrière lui. "Presse-toi."
Je lui fais face, défaisant lentement le lourd manteau qui constitue ma protection. Puis le haut plus fin, sombre, offrant sur un torse fort agréable.
"Tourne-toi." jouant du manche du martinet dans la paume opposée. "Mets-y du zèle ou les coups compteront double."
Je plaque mon torse face au mur de moellons, bras écartés ainsi que les jambes. Le premier coup est généralement le plus douloureux.
Vil frappe sans hésitation.
Ma bouche s'ouvre pour ne laisser passer aucun son. C'en est suffisamment humiliant ainsi. Chaque nouveau coup fait tressaillir tout mon corps, le pressant contre les arêtes saillantes des moellons, le blessant par endroits.
Cette fois, Vil se saisit des lanières, une fois la pluie de coups cessée, pour frapper l'arrière des genoux, faisant ployer mon corps qui s'affaisse dans une position de soumission totale.
Faisant un pas sur le côté, m'attrapant le menton pour me faire lever la tête, me dévisageant avec un fort relent.
"Cesse ou je finirai par te tuer." me libérant d'un geste visant à ma faire baisser la tête.
"J'en suis... malheureusement incapable... roi du poison..." d'une voix vacillante.
Vil renforce sa poigne sur le manche du martinet.
"Je demeure... néanmoins votre obligé... pour l'éternité."
