Acceptation

Croisant les bras face aux grande vitres donnant sur le jardin, une jeune femme blonde de trente ans au physique plutôt frêle et parée d'un unique peignoir en satin bleu contemplait avec apaisement le domaine et sirotait son verre de whiskey.

L'apaisement n'était que d'apparence car Amalia Malone était surtout soucieuse, unique descendante de la petite famille de sang-pur Malone.

Car les dernières nouvelles étaient inquiétantes.

En effet, les mangemorts étaient de plus en plus entreprenants et n'hésitaient plus à attaquer de jour, ce n'était qu'une question de temps avant que l'ordre du phoenix perde. Du moins, c'était ce que Amalia redoutait car elle savait ce qui l'attendait si ce gredin du nom de Voldemort remportait la guerre. La honte et le déshonneur. Elle qui ne s'était pas contentée de son statut et qui en voulait toujours plus, ne voulant être comme ces femmes issues de famille de sang-pur qui étaient trop souvent cantonnées à rester à la maison pour être femmes au foyer.

- Vous allez voir ! Je serais la plus brillante des avocates !

Ce souvenir lui arracha un léger rire cristallin, ce qu'elle pouvait être naïve à l'époque. Cependant, elle avait atteint son but, celui d'être avocate au plus grand désespoir de ses parents. Amalia ne s'était pas arrêtée là, elle qui avait été mariée de force à sa majorité, espoir fugace de ses parents pour la tenir à son rang, découvrit une faille et parvint à demander, ou plutôt exiger, le divorce. Une première pour une femme de son rang et un déshonneur supplémentaire. Toutefois, l'heure n'était plus à la plaisanterie.

Un petit rire enfantin arriva à ses oreilles.

Souriant, elle posa son verre sur le guéridon en pierre et prit son fils unique dans ses bras. Roger Malone, issu de son précédent mariage, mais qui n'aurait jamais à connaître son géniteur, se promit-elle avant de lui accorder un baiser sur la tempe.

Maintenant, c'était lui sa principale préoccupation et Vous-Savez-Qui pouvait exiger tout ce qu'il voulait d'elle, elle accepterait tout pour protéger cet être innocent qui n'avait pas conscience de la noirceur du monde actuel.