Daphné et moi nous entendions très bien quand nous étions petites. Malheureusement, lorsqu'elle est entrée à Poudlard, tout a changé. Ses fréquentations l'ont rendue vaniteuse et prétentieuse et, petit à petit, elle s'est éloignée de moi, sa petite sœur de deux ans sa cadette.
J'ai réellement remarqué la différence lorsqu'elle est revenue au Manoir pour les vacances de Noël. J'étais tellement impatiente de la revoir, elle m'avait énormément manquée.
- Astoria, cesse de remuer, m'ordonne ma mère après que je me sois de nouveau tortillée sur mon fauteuil.
- Pardon Mère, répondis-je en prenant un air contrit.
Je n'ai pas eu le droit d'accompagner Père chercher Daphné à la gare car Mère souhaitait absolument que je rattrape mon cours de bonnes manières que j'avais manqué la dernière fois à cause d'un mauvais rhume.
Je me rassis correctement et me concentrait sur ce que disait Mère.
- Bien Astoria, dit-elle au bout d'un moment. Tu peux aller voir ta sœur maintenant, le cours est fini.
Il ne fallut pas me prier de nouveau pour que je me rue sur la porte, dévale les escaliers et saute dans les bras de ma sœur. Mais, au lieu de me rendre mon étreinte, ma soeur me repoussa froidement.
- Voyons Astoria, ce n'est pas digne d'une sang-pur ! Tu n'as donc rien retenu des cours de Mère ? Me lance-t-elle d'un ton dédaigneux.
- Mais Daphné, répondis-je les larmes aux yeux, tu es ma sœur !
- Et donc ? Tu es encore une enfant Astoria mais lorsque tu rentreras à Poudlard, tu devras surveiller ton comportement.
Et elle partit, me laissant dans le hall.
- Ne t'inquiètes pas Astoria, me dit mon père en me prenant dans ses bras. Ta sœur entre doucement mais sûrement dans la phase de l'adolescence.
Je restais un long moment dans les bras de mon père, encore choquée par la réaction de Daphné.
Les vacances se passèrent comme cela. Daphné ne cessait de parler de ses nouveaux amis, surtout de Drago Malefoy. Je connaissais les Malefoy, ou plutôt les parents. Ces derniers étaient de très bon amis de Père et Mère et ils venaient souvent au Manoir. Mais ce qui m'intéressait le plus était les cours. J'avais beau questionner Daphné, elle contournait la question et reprenait son laïus.
Mes parents me lançaient des coups d'œil compatissants. J'avais un jour entendu ces derniers discuter entre eux à mon sujet. Père disait que j'avais une intelligence exceptionnelle tandis que Mère disait qu'il faudrait que je fasse attention lorsque je serais grande. La raison, je ne l'avais appris que plus tard. Mère m'avait expliqué qu'étant une sang-pur, je ferais sûrement un mariage arrangé. Or, les femmes sang-pur ne travaillent pas et Mère m'a expliqué que la plupart des hommes issus de la noblesse sorcière sont stupides et ne supportent pas les femmes plus intelligentes. Une question d'ego je crois.
Toujours est-il que les deux ans qui m'ont séparés de Poudlard m'ont semblé à la fois très longs et très rapides. J'ai eu le temps de dévorer encore et encore les ouvrages de notre bibliothèque, me suis avancée sur les programmes de première et deuxième année et ai ignoré ma sœur avec qui le fossé n'a cessé de s'agrandir au fil des années.
Me voici donc prête, à 11 ans, à commencer mes études et à construire ma vie.
