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« Combats & désillusions »
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J'étais une jeune infirmière dans un grand hôpital depuis deux ans déjà, tout allait pour le mieux. Je menais la vie que j'avais toujours voulue, et j'étais heureuse dans ma vie.
Et puis vint un bouleversement surgit soudain : la guerre. Le sept décembre 1941 avait changé ma vie, comme des milliers d'autres personnes, et cela pour toujours.
En lisant les articles qui relatait les destructions et le nombre de mort, je sentis que je devais y prendre part, que je devais faire quelque chose d'utile pour aider les jeunes hommes qui s'engageaient par milliers.
Après quelques temps de réflexion, à peser le pour et le contre d'un tel engagement, je pris la décision de m'engager comme infirmière militaire.
En mai 1944 j'embarquais sur un navire-hôpital qui partait vers le Pacifique sud. Je ne savais pas quand je reviendrais, ni ce que j'y verrais, tout ce que je savais c'était que je m'étais engagée pour toute la durée de la guerre avec un an supplémentaire si besoin. J'ai bien déterminée à faire mon devoir et à agir.
Mais l'important n'était pas là. Ce qui devait importer c'était d'aider au mieux de mes capacités mes jeunes compatriotes qui combattaient depuis deux ans maintenant sur le front face à des soldats japonais qui se montraient féroces. Intraitables.
Quand on arriva sur place j'ouvris grand les yeux en voyant des fumées noires montées d'une petite ile volcanique. La guerre faisait rage. Comme rarement. Et les blessés arrivèrent bien vite.
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Voilà des heures que je veillais sur ce soldat. Il était arrivé la veille dans un état lamentable, une fracture ouverte à la jambe et la tête en sang. Nous avions fait de notre mieux en nous occupant de lui rapidement. Nettoyant ses blessures et arrêtant les hémorragies qui le vidait lentement de son sang.
Il souffrait et je le savais, mais je ne pouvais rien faire de plus pour lui, à part soulager un peu sa douleur, et attendre une amélioration de son état. Parfois en vain malheureusement.
Assise sur une chaise en métal, je lui fis un peu la lecture mais il avait du mal à écouter le moindre mot que je lui lisais tant la douleur était intense. Et soudain il convulsa. Je me levais d'un geste et je tentais de toutes mes forces de le maintenir en place sur le lit.
Anna va chercher le médecin de garde ! m'écriais-je. Vite !
Il y avait urgence, il n'y avait plus beaucoup de temps. Il fallait faire vite.
Le soldat se calma peu à peu, son souffle devint saccadé et sa respiration se fit difficile. Ses poumons cherchaient l'air indispensable à sa survie. En vain.
C'était trop tard. Avant même que le médecin n'arrive, il était mort devant moi. Christopher Jones n'était plus.
Des larmes coulèrent le long de mes joues. J'étais fatiguée. Ces quelques semaines m'avaient usée. Je commençais à avoir le sentiment d'être inutile ici. J'entendis le médecin arriver mais je ne bougeais pas. Il s'avança et prit le drap pour recouvrir le corps et le visage du soldat. En se retournant il croisa mes prunelles humides et il me lança un regard compatissant. Puis il partit. Me laissant là interdite.
Je restais un moment, ne pouvant détacher mon regard du soldat recouvert par le drap immaculé.
Après quelques minutes, je séchais mes larmes et me levais sans quitter le lit des yeux. Je respirais profondément avant de faire quelques pas pour m'en rapprocher. Je repoussais alors le drap, et je détachais d'un geste sec la plaque d'identification du soldat.
Ce jour-là, je changeais de vie.
Être utile, tel était mon but. Seul m'importais d'être utile.
Je ne pouvais plus rester là, en arrière, à soigner des blessés qui arrivait trop souvent trop tard, sans que l'on puisse faire grand-chose pour les sauver. Je ne voulais plus vivre ce genre de chose. Plus jamais. Je n'en pouvais plus. Je n'en voulais plus.
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Peleliu
J'étais assise là, sur le bord du bâtiment du terrain d'aviation que l'on venait de reprendre aux troupes japonaises.
La peur commençait tout juste à s'atténuer, mais le vacarme des combats peinait à quitter mes oreilles. J'avais traversé tout le terrain en courant, sans m'arrêter ou presque. J'étais arrivée de l'autre côté le souffle court et la gorge en feu.
J'étais vidée. Complétement vidée.
Et je n'en revenais pas de ce que je venais de faire. Courir sous les balles et les bombes. Et en sortir vivante. Car je l'étais bel et bien vivante.
On a tous peur, disait le capitaine Haldane. Nous tous. Tout homme qui n'a pas peur est soit un menteur, soit mort. L'Histoire est pleine de guerres combattues pour différentes raisons. Mais cette guerre, notre guerre, je veux croire, je dois croire, que chaque pas à travers cet aérodrome, chaque homme blessé, chaque homme mort, que tout ça en vaut la peine car notre cause est juste. Bien sûr, si une cause juste était accompagnée de bouffe et d'eau, je ne serais pas contre. Reposez-vous les gars.
Oubliant un instant que j'étais une femme au milieu d'hommes, et qu'en plus de cela je n'avais rien n'à faire là, j'enlevais son casque. Je me sentis un peu plus libérée après cela. C'était comme si j'avais brisé ma carapace. Ma natte tomba négligemment sur mes épaules, mais je ne réagis pas. J'en étais bien incapable en cet instant.
C'est alors qu'en une fraction de seconde je me retrouvais bloquée contre un pilier, maintenue fermement par le capitaine Haldane qui m'avais vue.
Que fais-tu ici ? me cria-t-il.
Capitaine s'il vous plait, le suppliais-je en levant les mains.
Celui-ci relâcha sa prise, quelque peu déconcerté d'avoir trouvé une femme parmi ses hommes. Mais il voulait savoir par quel moyen j'étais arrivée là.
Je suis infirmière militaire, commençais-je en reprenant mon souffle. J'ai vu ce marine mourir devant moi sur le navire-hôpital USNC Haven.
Illustrant ma parole par un geste, je montrais la plaque d'identification que je portais autour du cou. Le capitaine la prit entre ses doigts et la lu à haute voix : « Private First Class Christopher Jones ». Instantanément j'eus le cœur serré à la simple évocation de ce nom.
Je ne pouvais pas continuer à rester là-bas à attendre que l'on m'en amène d'autres encore et encore, sans que je ne puisse rien faire pour eux, expliquais-je. C'était trop dur. Alors je n'ai pas réfléchi très longtemps et je suis venue. Je suis très bonne tireuse et je sais que je pourrais aider ici. Ne me renvoyez pas là-bas capitaine. Je vous en supplie.
Le capitaine me considéra quelques secondes, cherchant sans doute à déterminer si ce que je disais était vrai ou non. Mais il ne vit pas de mensonges dans mes yeux.
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Le lendemain la compagnie avait commencé son avancée dans les collines où nombre de nos ennemis restaient cachés. Cette progression nous avait causé de nombreuses pertes : à chaque mètre prit, il fallait le payer.
J'avais les mains abîmées et de la cendre sur le visage comme tous les autres. Jamais je n'aurais pensé vivre de telles choses, aussi macabres et sanglantes et pourtant j'y étais bel et bien. Et je l'avais choisi. Pleinement choisi.
Après notre retour de la première ligne, une fois à nouveau au terrain d'aviation désormais en notre possession, le capitaine Haldane nous avait accordé une matinée de congé.
Nous avions tous eu le droit à un repas chaud, le premier depuis des jours, et à une pause bien méritée au soleil. Inattendue dans ce cauchemar.
Je m'installais avec les autres au milieu des gravas de ce qui était un terrain d'aviation. Je m'occupais de nettoyer mon arme soigneusement, quand Burgin et Bill Leyden passèrent torse nu devant moi.
Tu sais tu peux te mettre à l'aise toi aussi, me dit Bill taquin.
Même pas dans tes rêves les plus fous, Leyden, lui répondis-je avec un sourire amusé.
Alors je vais rêver ! s'exclama Bill dans un éclat de rire.
Je ne pensais pas qu'il oserait, m'avoua Burgin une fois que Bill fut parti.
Tu es sûr que l'on parle de la même personne Burgin ?
Burgin s'éloigna à son tour force est de reconnaitre que c'était bien du goût de notre ami. Même si c'était uniquement pour faire rire.
Les deux s'installèrent à quelques pas de là, et discutaient tranquillement quand un autre soldat arriva vers notre groupe, en demandant si quelqu'un avait des armes de soldat japonais. C'était tout ce qui lui importait. Je levais les yeux au ciel. Quel crétin !
Ce que tu veux, je l'ai planqué dans mon cul, vas-y regarde ! lui répondit Bill Leyden en lui montrant ostensiblement son postérieure.
Je ne pus m'empêcher de sourire face à la répartie de Bill mais aussi devant la tête de son interlocuteur débouté.
Les gars, salua le capitaine Haldane en venant vers nous, et mademoiselle Ruth.
Capitaine, saluais-je
Il ne faut jamais courir quand on peut marcher, déclara le capitaine après avoir posé son arme contre un rocher. Ne jamais marcher quand on peut se tenir debout. Ne jamais se tenir debout quand on peut s'asseoir. Ne jamais s'asseoir quand on peut s'allonger. Ne jamais s'allonger quand on peut dormir. Et ne jamais refuser une réserve d'eau propre.
Amen, fit Sledge à la fin de la tirade.
A la fin Haldane s'assit et enleva son casque après avoir retiré son équipement. Il conversa un peu avec Eugène Sledge, mais je n'écoutais pas leur conversation. J'en profitais plutôt pour défaire la natte que je m'étais faite des jours avant, et je laissais mes cheveux ondulés librement sur mes épaules. J'essayais ensuite tant bien que mal de les démêler avec mes mains. Mes longs cheveux blonds n'étaient plus que paille sèche et leur couleur or avait ternie.
Je ne savais pas que tu avais les cheveux aussi longs, me dit Burgin non loin de moi.
Et pourtant si ! lui répondis-je. Mais je les attache sinon je risque d'être gênée pour tirer.
C'est vrai qu'ils sont beaux, ajouta Bill à côté.
Les gars c'est une blague ? Ils ne ressemblent à rien !
Peu avant onze heures du matin, je rassemblais mes affaires et je me levais pour suivre les autres quand quelqu'un m'attrapa par le bras.
Toi tu ne viens pas, me dit le capitaine Haldane en bloquant mon avancée.
Je ne comprends pas, fis-je.
Tu ne viens pas, répéta Haldane.
Comment ça je ne viens pas capitaine ? demandais-je les sourcils foncés. C'est parce que je suis une femme ?
Tu n'as pas à être là, affirma Haldane.
Et pourtant je le suis.
Ruth, tu sais ce que je veux dire.
Capitaine, je suis très bonne tireuse et je suis infirmière, contrais-je. Et vous avez besoin de moi. Je ne veux pas de traitement de faveur.
Je vois que je ne peux rien faire pour te dissuader, souffla Haldane en rendant les armes. Tu es un vrai marine. Dans ce cas viens avec nous. Mais je ne suis pas responsable si tu meurs.
Je ne compte pas mourir capitaine, lui répondis-je sûre de moi.
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C'était à notre tour d'aller en première ligne. A nouveau. Le capitaine Haldane emmena avec lui quelques hommes dont Burgin et moi.
La tension était palpable.
Deux jours avant Hillbilly était mort alors qu'il était blessé et que des hommes, dont Sledge, étaient venus comme brancardiers l'évacuer loin du front. Il n'aura pas survécu au trajet. Les soldats japonais n'épargnaient personne, pas même les blessés. Ou ceux qui venaient les soigner.
Plus on gagnait du terrain face à eux, et plus ils devenaient agressifs. Ils ne lâcheraient rien quoi qu'il en coûte, et cela ne s'améliorait pas de sitôt.
On avançait prudemment dans ce décor presque lunaire et irréel fait de roches calcinées et de poussière. Là-bas, en face de nous, sur la colline, les japonais et leur artillerie. La mission était de prendre des renseignements sur leurs positions pour demander un éventuel bombardement aérien. C'était périlleux mais il fallait bien que quelqu'un le face. Très vite on essuya des tirs nourris.
En une fraction de seconde je sautais en avant et je m'intercalais entre le capitaine Haldane et la balle qui aurait dû lui être fatale. Celle-ci frôla mon bras et je m'écoulais à côté du capitaine. Aussitôt je voulus me relever de moi-même, mais une violente douleur me déchira le bras et je dû me rallonger. Burgin m'aida tant bien que mal à me relever, tandis que le capitaine se remit debout tout seul. Il continuait à me fixer, alors que je m'appliquais à éviter son regard.
Je m'en allais vers les lignes arrière aussi vite que mes jambes tremblantes me le permettaient. Le capitaine Haldane était derrière moi, bien déterminé à me rattraper. J'avais mal, la douleur était atroce, et des larmes me montèrent aux yeux. Le capitaine vint à ma hauteur et m'attrapa par mon bras blessé. Je pus difficilement réprimer un cri de douleur. Mais le capitaine ne me lâcha pas pour autant.
Qu'est ce qui t'a pris ? me hurla le capitaine. Regarde-moi !
Je me retournais pour lui faire face mais je ne répondis rien. Je relevais la tête pour vriller mes prunelles humides dans les siennes. Il était en colère après moi, en colère que je sois là alors qu'il voulait me mettre en sécurité depuis le début en colère aussi contre ce soldat japonais qui m'avais blessée moi et pas lui.
Nous restâmes ainsi de longues minutes sans mot dire. Il me regardait droit dans les yeux, plongeant ses prunelles dans les miennes. Je soutiens son regard, m'y perdant. Le temps me parus comme suspendu. Il n'y avait plus rien autour. Plus de soldats américains ou japonais, plus de poussière et de débris, plus de guerre et de bruit. Il relâcha sa prise mais je ne bougeais pas. Je n'avais plus envie de fuir. Bien au contraire.
Et puis, oubliant la bienséance, il posa ses lèvres sur les miennes et m'embrassa. Sans réfléchir. M'obéissant plus à sa tête. Plus rien n'avait d'importance, pas même les visages mi- étonnés, mi- amusés des autres soldats autour de nous. Certains ouvrirent des yeux ronds devant cette scène surréaliste. Même Burgin arrêta son mouvement et se figea, son visage arborant un sourire. Je m'étonnais presque de répondre naturellement à son baiser. J'avais le sentiment que plus rien n'avait d'importance.
Il ne m'avait pas fallut longtemps pour tomber amoureuse de cet homme si courageux et droit. Il était à la guerre depuis les débuts. Il avait tout vécu, la jungle, la pluie abondante, et la chaleur. Le harcèlement de l'artillerie japonaise à Guadalcanal durant des nuits, et les morts et les blessés qui s'accumulaient des deux côtés. L'enfer de tous les côtés.
Ne refait plus jamais ça, dit-il en se détachant.
Je ne te le promets pas, répliquais-je.
Pourquoi ?
Parce que je ne peux pas, répondis-je simplement. Tout le reste oui, la guerre, les morts, les blessés, mais pas ça.
Pour seule réponse il m'enlaça un instant.
Si seulement j'avais su que nos instants étaient comptés.
Quelques jours plus tard je le regardais partir seul pour repérer des positions ennemies. Une nouvelle fois.
Andrews refusait systématiquement d'envoyer quelqu'un d'autre que lui-même. Bien qu'il dirigeait la compagnie et qu'il nous était précieux, il ne se voyait pas différemment qu'un autre soldat. Sa vie n'avait pas plus de valeur que celle des autres.
J'aurais voulu le rattrapé, mais je n'aurais pas pu le convaincre de rester. Alors je m'abstiens de le faire. Je préférais réclamer un baiser, qu'il me donna, avant de le regarder gravir la crête qui nous dissimulait. Une dernière fois.
Quelques instants plus tard je tombais à genoux. Andrews Haldane était mort.
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La mer s'étendait à perte de vue devant moi, les vagues allaient et venaient sans se soucier des douleurs du monde.
J'étais assise là et je regardais au loin. Andrew Haldane était mort quelques jours plus tôt. Mon amour.
Je me demandais si je devais rester là et continuer à me battre, ou bien partir le plus loin possible de ces îles de carnages.
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Okinawa
Une femme japonaise en larme s'avançait vers nous. Elle était très pâle, ses joues étaient creusées et sillonnées de larmes. Elle tenait tout contre elle un petit bébé qui pleurait lui aussi dans ses bras frêles.
J'eus de la peine pour elle. J'aurais voulu la prendre dans mes bras, la rassurer, la consoler, lui dire de ne pas s'en faire, mais je ne le pouvais tout simplement pas. Les civils, qui n'avaient rien à voir avec la guerre, en avait payé le prix en fin de compte. C'était du gâchis. Un immonde gâchis.
La femme semblait vouloir quelque chose de nous, mais on ne comprenait pas le moindre des mots qu'elle prononçait. Pour nous faire comprendre elle tendit les bras, et cela m'apparut alors comme une évidence : elle voulait que l'on prenne son bébé. Et si une mère en venait à donner son bébé à ceux qui étaient de fait les ennemis de son peuple, alors c'est qu'elle devait être sacrément désespérée.
Je m'avançais alors doucement vers elle et je pris le bébé dans mes bras. Burgin me fit signe de vite revenir, et je m'éloignais donc de la mère qui pleurait toujours en criant des paroles incompréhensibles. Et puis soudain elle explosa. Une kamikaze avec un bébé. La guerre était vraiment immonde.
Je blottis le petit être contre moi pour le protégé du mieux que je le pouvais de la déflagration. Ses sanglots reprirent de plus belle. Je le berçais doucement en lui murmurant une mélodie que je connaissais de mon enfance. Il s'apaisa et ses larmes se tarirent.
Quand je revins vers les autres restés en arrière, tous me regardaient, comme touchés par ma douceur. Mon geste résonnait comme une parenthèse dans ce monde obscure.
J'examinais ensuite longuement l'enfant, le prenant avec précautions, pour connaitre son état de santé. Au premier abord tout semblait aller, mais en examinant ses reins, je sentis que quelque chose n'allait pas. Ils étaient trop gros. Sans soin il mourait en quelques jours à peine.
Eugène dans mon sac il y a une petite boite dans un linge. Tu dois voir une petite fiole transparente dedans.
Eugène regarda dans mon paquetage et trouva la boite. Il enleva le linge et me tendit la fiole. Je la pris entre mes doigts et j'en donna quelques gorgés au bébé. Sans le quitter des yeux je rendis la fiole à Sledge qui la remit dans sa boite. Le bébé s'endormit et son souffle devint à peine audible. Il mourut dans mes bras en quelques instants. Burgin s'approcha de moi, mettant une main compatissante sur mon épaule.
Il serait mort en à peine deux ou trois jours, lui dis-je des sanglots dans la voix. Ses reins étaient beaucoup trop gros et il aurait beaucoup souffert, pour mourir ensuite.
Je sais Emma, je sais.
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En 1945 ce cauchemar prit fin. En septembre les japonais signèrent l'armistice et le monde retrouva la paix. Du moins pour une poignée d'années.
Quant à moi, après mon retour j'eus une vie paisible. Je repris mon travail d'infirmière et je me rendis plusieurs fois en mission humanitaire dans différent pays. Je ne me mariai pas, pensant jusqu'à ma mort à ce capitaine qui m'avait aimée quelque part sur une île perdue et désolée du Pacific.
« Ils dansaient au milieu d'un champ de ruine, n'ayant que faire de la désolation alentour.
Ils étaient ensemble tous les deux, et c'était tout ce qui leur importait.
Là l'un pour l'autre, quoi qu'il arrive, et malgré la destruction tout autour d'eux.
Ils vivaient avec l'odeur de brûlé et de mort,
et se battaient la peur au ventre, espérant chaque jour que de ce carnage
aboutirait un monde meilleur et une paix durable.
Dans les bras l'un de l'autre ils étaient plus forts. »
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FIN
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Cet OS est la réédition d'un vieille OS mit en ligne en septembre 2016 (supprimé depuis). J'avais envie de le réécrire depuis longtemps pour être honnête.
J'espère qu'il vous a plu ! :)
Little-road.
