Rating : K+
Genre : Romance, Fluff, Tranche de vie.
Disclaimer : Les personnages et l'univers de My Hero Academia appartiennent à Kohei Horikoshi.
Note : Ce texte est inspiré d'une incorrect quote sur Hitoshi et Denki (à laquelle j'ai joyeusement rajouté Mashirao, parce que j'aime ces trois-là), venant de incorrectheroquotes sur tumblr.
Opération séduction
À peine rentré de sa journée de travail, Hitoshi s'était installé au bureau sur son ordinateur portable pour terminer son rapport de mission et relire ceux déjà rédigés par son équipe. L'agence MoonHeros avait récemment mené à bien une intervention d'envergure, avec un succès retentissant, mais dont les conséquences administratives n'en finissaient pas de peser sur leurs membres. Hitoshi ayant dirigé l'opération, il lui incombait de regrouper les différents documents nécessaires au dossier qui serait ensuite transmis à la police pour les poursuites judiciaires intentées contre les vilains qu'ils avaient arrêtés.
Denki et Mashirao comprenaient l'importance de cette tâche. Ils l'avaient laissé travailler sans le déranger, lui déposant juste une part de poulet au curry et veillant à ce qu'il finisse son assiette. Le soleil était à présent couché depuis longtemps, mais Hitoshi ne se détachait pas de son clavier, trop plongé dans son rapport pour prendre conscience de l'heure.
Mashirao, déjà en pyjama, se glissa dans son dos et enroula ses bras autour des épaules de son compagnon.
– Tu viens te coucher ?
– J'arrive, marmonna Hitoshi sans quitter l'écran des yeux.
– Ne tarde pas, souffla-t-il en embrassant sa tempe.
Mashirao regagna la chambre où il trouva Denki assis en tailleur au milieu des couvertures. Il avait enfilé l'un des tee-shirts d'Hitoshi avec un énorme dessin de chat sur le torse, et de ses lèvres pendait le câble de son téléphone portable qu'il était en train de recharger. Mashirao grimpa sur leur lit king size et tira sur le câble.
– Branche-le sur le secteur, au lieu de vider tes réserves, conseilla-t-il avec un sourire.
– L'habitude, rigola Denki.
Il chercha l'adaptateur avant de se pencher vers la prise pour y ajuster l'appareil. Ils se glissèrent ensuite sous les couvertures, attendant qu'Hitoshi les rejoigne mais les minutes défilaient sans que leur compagnon ne daigne se déplacer.
Denki et Mashirao échangèrent un regard, partagés entre l'amusement et l'exaspération.
– Bouge pas, soupira Denki en se levant.
Il sortit de la chambre, puis bondit sur Hitoshi, se collant dans son dos et nichant son visage dans ses cheveux. Ignorant les plaintes de son petit ami, Denki frotta son nez contre son crâne en gémissant :
– Toshiiii... Viens dormir.
– Je termine juste ce paragraphe, affirma Hitoshi en lâchant son écran pour se tourner à demi vers lui.
– Tu dis toujours ça...
– J'en ai pas pour longtemps.
– Promis ?
– Promis, assura-t-il en se penchant pour l'embrasser.
Denki hocha la tête, puis retourna dans la chambre. Il sauta sur le lit, faisant rebondir Mashirao sur le matelas et lui arrachant un petit rire. Ils se blottirent sous les draps, Mashirao enroulant sa queue autour de la taille de Denki, qui plongea aussitôt les doigts dans la douce fourrure qui en coiffait l'extrémité. Mashirao émit un ronronnement de contentement et déposa de petits baisers sur la nuque de son compagnon.
Cependant, Hitoshi tardait toujours à les rejoindre.
Ils le connaissaient assez pour savoir qu'il pourrait facilement passer la nuit entière à travailler sur son ordinateur en ignorant la fatigue, creusant un peu plus ses cernes et malmenant son organisme. Denki s'agitait de plus en plus, jetant des regards soucieux vers la porte entrouverte de la chambre, qui laissait filtrer la lumière tamisée du bureau. Mashirao se résigna à quitter la chaleur des couvertures pour tirer Hitoshi de son rapport de mission. Il s'appuya contre l'encadrement de la porte, se penchant vers lui :
– Tu sais, c'est contre-productif de travailler aussi tard, fit-il remarquer. Tu seras crevé demain et tu n'avanceras pas autant qu'après une bonne nuit de repos. Une vraie nuit de sommeil.
Hitoshi se laissa aller contre le dossier de sa chaise pivotante.
– Désolé, je ne suis pas très présent, en ce moment...
Il avait en effet été très sollicité par son agence ces dernières semaines, n'ayant que peu de temps à accorder à ses compagnons, même lorsqu'il était à l'appartement avec eux, mais ce n'était pas ce qui inquiétait Mashirao et Denki. Eux aussi étaient héros pro, ils connaissaient les aléas du métier.
– On se fait du soucis pour toi, surtout, précisa Mashirao.
Hitoshi était sujet à de fréquentes crises d'insomnie, en partie causées par son alter qui – pour une raison que les médecins n'avaient jamais compris – maintenait son esprit en éveil et l'empêchait de dormir alors même que son corps réclamait une quantité normale de sommeil. Un nouveau traitement lui permettait depuis peu de retrouver un cycle régulier, mais les mauvaises habitudes avaient la vie dure. Mashirao et Denki devaient parfois batailler pour qu'il se couche à une heure décente.
– Je vais bien, assura Hitoshi. J'arrive tout de suite, promis.
– On t'attend.
De retour dans la chambre, Mashirao avisa l'expression pincée de Denki. Il haussa un sourcil à son intention mais le jeune homme était plongé dans ses ruminations et ne fit pas attention à lui.
– Il va pas décrocher de son ordi, prédit-il soudain.
Mashirao soupira. Lui aussi avait l'intuition que ce serait l'un de ces soirs où Hitoshi traînerait le plus longtemps possible avant d'aller se coucher, et passerait de ce fait une mauvaise nuit. Ce n'était pas une réaction consciente, ni volontaire. Seulement une trop grande implication dans son travail – ce qu'ils ne lui reprochaient pas – et l'habitude de toute une vie à veiller jusqu'au petit matin à cause des insomnies – ce qu'ils déploraient et s'efforçaient de limiter.
– Bon ! trancha Denki en se levant d'un bond. Aux grands maux, les grands moyens !
Sous le regard éberlué de Mashirao, il fit passer son tee-shirt par dessus sa tête et quitta son pantalon de pyjama, ne gardant que son très élégant caleçon à l'effigie de Pikachu.
– Mais qu'est-ce que tu fais ?
– J'emploie les mesures d'urgence.
Denki sortit de la chambre, puis s'appuya contre le montant de la porte dans une posture qui se voulait aguichante – Mashirao n'arrivait pas à déterminer si elle l'était vraiment, ou si son compagnon était seulement ridicule.
– Hey, Toshi... appela-t-il d'un ton langoureux.
Ridicule, trancha intérieurement Mashirao. Mais Hitoshi, toujours penché sur son écran, ne vit rien du spectacle donné par leur compagnon et se contenta de marmonner, sans même se retourner :
– Je n'ai pas besoin de me coucher tout de suite, je ne suis pas fatigué. Je vais bien.
Denki ne se désespéra pas de ce manque manifeste d'intérêt à son égard. Il s'approcha d'une démarche féline du bureau pour venir s'appuyer contre la table de travail d'Hitoshi, prenant soin de se pencher en arrière pour offrir une vue plongeante de son corps à son partenaire. Resté en arrière, Mashirao pressa sa main contre ses lèvres pour s'empêcher de rire.
– Mais bébé, on se sent si seuls sans toi, dans ce grand lit... Viens avec nous et laisse-nous nous blottir contre toi, dans tes grands bras musclés, pour qu'on puisse à nouveau se sentir complets...
Un éclat de rire échappa à Mashirao, tandis qu'Hitoshi lâchait enfin son écran des yeux pour dévisager Denki d'un air interdit. Un court silence flotta au-dessus des trois jeunes hommes. Denki fixait Hitoshi, les yeux brillants et un sourire canaille aux lèvres. Ce dernier s'éloigna enfin de son ordinateur, un léger tressautement au coin de la bouche.
– Essaies-tu de me séduire dans l'intention détournée d'augmenter mes heures de sommeil ?
Le trouble traversa brièvement le visage de Denki, surpris d'être si vite démasqué – Mashirao leva les yeux au ciel, hilare.
– Est-ce que ça marche ?
– Tu n'es pas vraiment doué pour la drague, chéri.
– Pardon ? s'offusqua Denki.
Mashirao craqua et s'écroula de rire, se retenant au montant de la porte pour ne pas s'effondrer.
– C'est n'importe quoi, je suis un excellent dragueur ! Pas vrai, Mashi ?
– Oh, et bien, je ne dirais pas "excellent"... articula-t-il entre deux éclats de rire.
– Tu tires toutes tes phrases d'accroche des pires comédies romantiques, fit remarquer Hitoshi.
– Tu fais ce truc bizarre, en clignant des paupières, ajouta Mashirao.
– Tu ne sais pas danser sans trébucher sur tes propres pieds...
– Tu rates les sous-entendus évidents et tu en inventes là où il n'y en a pas...
– C'est de la mauvaise foi ! s'écria Denki, outré, sous le regard amusé de ses compagnons. Je vous ai séduits tous les deux, c'est bien la preuve que je suis un tombeur !
– Ça compte pas, contra Hitoshi.
– Bien sûr que ça compte !
Mashirao s'approcha en levant la main et se racla la gorge :
– Vous sortiez déjà tous les deux ensemble quand je suis tombé amoureux de vous, rappela-t-il. Donc j'ai été séduit autant par toi, Denki, que par Hitoshi. Moitié-moitié. Toshi, en revanche... tu ne le dois qu'à la seule présence de Denki...
– Il m'a eu à l'usure, c'est tout...
– C'est une méthode comme une autre, affirma Denki avec suffisance. Mais on s'éloigne du sujet, les gars !
Il se tourna vers Hitoshi, sourire mutin aux lèvres et clignant deux fois de l'œil droit :
– Viens au lit avec nous, Toshi...
– Ah ! Tu vois ? Tu refais ton truc bizarre avec ta paupière ! nota Hitoshi, hilare.
– D'accord ! Très bien ! J'ai compris ! s'exclama Denki avec une moue boudeuse. Faites ce que vous voulez, moi, je vais me coucher !
Il leur tira la langue avant de s'en aller d'un pas énergique dans la chambre. Mashirao échangea un regard amusé avec Hitoshi. Denki ne cherchait pas tant à séduire ce dernier qu'à le distraire suffisamment pour qu'il décroche de son rapport de mission. Ce qui avait de toute évidence fonctionné, puisqu'il rabaissa l'écran de son ordinateur avant de se lever à son tour.
Lorsqu'ils arrivèrent dans la chambre, Denki avait renfilé tee-shirt et pantalon et se glissait sous les couvertures, leur tournant ostensiblement le dos. Mashirao le rejoignit alors qu'Hitoshi se changeait pour la nuit. Denki ignora ses baisers et repoussa même sa queue lorsqu'il l'enroula autour de sa taille, marmonnant d'un ton boudeur. Hitoshi vint se glisser à leurs côtés et, avec Mashirao, ils le titillèrent et le chatouillèrent jusqu'à ce qu'il se déride. Denki finit par éclater de rire, cessant sa comédie pour s'accrocher à Hitoshi en mode "koala" : bras et jambes enroulés autour de son corps. Mashirao éteignit la lumière et se colla à eux.
Lui comme Denki ne tardèrent pas à s'endormir. Hitoshi mit plus de temps à trouver le sommeil, mais ainsi blotti contre ses deux amoureux, dans la douceur et la chaleur de leur étreinte, il était confortable, apaisé. Il en oublia jusqu'à son rapport de mission sur lequel il s'arrachait les cheveux depuis des jours, se focalisant sur la respiration de Denki, ainsi que les ronronnements occasionnels de Mashirao. Il finit par s'endormir à son tour, d'un sommeil paisible et réparateur.
Note : La quote de départ est celle-ci :
Shinsou : I don't need to go to bed, I'm not tired, I'll be fine.
Kaminari : But baby, I'll be so lonely without you. Come here and let me curl up in yours strong arms so I can feel whole again.
Shinsou :
Shinsou : Are you trying to seduce me into healthy sleeping patterns ?
Kaminari : Is it working ?
