Bonjour à tous !

Maintenant ça y est, je suis enfin allée voir le film de Kaamelott. Et le moins que l'on puisse dire c'est que je l'ai trouvé des plus inspirants !

Je voulais donc saisir l'occasion pour écrire une petite fanfiction à son sujet. J'ai choisi de me baser sur la confrontation finale entre Arthur et Lancelot. Je dois bien admettre que j'ai été déçue par la version du film qui manquait tellement d'émotions. Je me suis alors dit que je tenterais d'écrire ma propre version basée sur les évènements du film (Après tout les fanfictions c'est fait pour cela, non ?). C'est également l'occasion de revenir sur le relation que je trouve tout à la fois complexe et tellement bien traitée dans la série. Malgré son ton dramatique, j'espère que saurais retranscrire l'esprit de ce duo auquel je tiens beaucoup.

En attentant, j'espère qu'elle vous plaira.

Bonne lecture à vous !


Il se tenait là, debout sur la colline surplombant le château de Kaamelott. Il regardait la scène qui se déroulait devant ses yeux alors que les Burgondes lançaient les premières salves de pierres sur sa forteresse. Il observait les évènements avec un manque d'éclat certain dans ses pupilles noires. Rien. Il ne ressentait pratiquement rien. Il était simplement blasé par le poids des responsabilités qui pesaient sur ses épaules. Le roi Arthur n'était à ses yeux plus qu'un lointain souvenir. Il n'était animé par nul désir de conquête ou de pouvoir. L'idée de s'asseoir à nouveau sur son trône ne l'enchantait pas plus que cela. La seule raison de sa présence en ces lieux était ses anciens sujets. Ses chevaliers le voyaient comme le messie, l'envoyé des dieux. De leur avis c'était à lui de mettre un terme au règne tyrannique de Lancelot. Excalibur elle-même semblait vouloir le guider vers ce destin. N'était-il parvenu à l'arracher du socle où elle était plantée depuis une décennie ?

Alors il devait oublier ses rêves de vagabondage. Oublier son périple tant espéré vers l'Ouest dans l'espoir de découvrir des ciels plus cléments. Il ne pouvait que renouer avec le sort haïssable qui était le sien. Retrouver l'essence du jeune légionnaire qu'il avait été à l'époque où il se faisait appeler Arturus. Il se remémorait les discussions si plaisantes qu'il avait eu par le passé avec César. Ce vieil homme plein de sagesse qui lui avait confié qu'un chef ne devait sa place qu'à un concours de circonstance. Qu'il devait apprendre à faire semblant de mériter sa place. Mais surtout que ce qui faisait sa grandeur était de se battre pour la dignité des faibles. Il se rattachait donc à ses serments afin de donner une raison à sa présence en ces lieux. Une raison qui justifierait que ce sort peu enviable lui soit dévolu.

Une pensée ressurgit alors subitement des tréfonds de son esprit. Un murmure lui rappelant une conversation passée. Un souvenir aigre-doux qu'il avait partagé avec un ami dans l'ambiance bruyante d'une taverne.

« Peut-être qu'on devrait faire autre chose vous et moi ? »

« Je ne sais rien faire d'autre. Et je ne veux rien faire d'autre. »

« Moi non plus. »

Il sentit alors son cœur se serrer quelque peu alors qu'il resserrait son emprise sur Excalibur qu'il portait à la ceinture. Il songeait alors avec amertume qu'il n'était pas le seul à connaître ce cruel dessein. Lancelot lui-même suivait sans rechigner une route qui avait été toute tracée par les dieux. Un chemin escarpé et noueux qu'il pensait pouvoir suivre à ses côtés. Il avait eu la certitude d'avoir trouvé dans ce chevalier un alter ego qui l'aiderait à franchir chacun des obstacles qui se dresseraient devant eux pour accomplir la quête du Graal. Cela avait fonctionné durant des années. Chaque pierre édifiant le château et le royaume de Logres portaient encore des marques indélébiles des fruits de leur collaboration prospère. Mais tout comme ces pierres qui s'envolaient en éclat, il ne restait plus que des ruines de leur amitié passée. Les sentiers de la vie les avaient séparés et Lancelot s'étaient enfoncé sur les chemins tortueux de la folie, abandonnant totalement ses idéaux chevaleresques. C'était ainsi que les choses devaient être car les dieux l'avaient décidé ainsi.

Pourtant, il arrivait encore à Arthur de rêver de pouvoir rallumer les braises encore fumantes de leur amitié et ramener Lancelot à la raison. C'était une pensée fugace qui traversait encore parfois son esprit aux heures les plus sombres de la nuit. Il espérait pouvoir renouer avec cette époque heureuse où tout lui semblait plus simple. Effacer les derniers chapitres de son existence pour réaliser leur grand projet commun. Mais c'était impossible. Il en avait bien conscience. Il savait que l'homme qui l'attendait entre ces murs n'était plus que l'ennemi qui n'avait eu de cesse de le traquer durant 10 ans. Il devait se raccrocher à cette idée pour ne pas perdre sa volonté de vaincre. Mais plus il avançait vers la forteresse plus il sentait son cœur se serrer dans sa poitrine. Il savait que la fin d'une tyrannie ne pourrait qu'aller de pair avec la disparition inévitable d'un frère. Tandis qu'il s'enfonçait discrètement dans les sous-sols de Kaamelott, il ne put que pousser un large soupir. Il s'adressa alors à ses chevaliers, aux dieux, au destin et à Lancelot.

« Vous me cassez quand même bien les couilles ! »