Disclaimer : Sinbad est l'oeuvre de James Dormer, de Russel Lewis et de Jack Lothian.
Résumé : Si Sinbad est revenu du royaume des morts sans encombre, sa mère, elle, y a laissé son esprit. Alors Safia se le promet : elle élèvera ses petits-fils pour qu'ils deviennent les hommes que sa fille aurait aimé qu'ils deviennent.
Note de l'auteur : Cet écrit a été réalisé dans le cadre de l'atelier d'écriture du Discord « La Fabrique à Plume» du 07/09/2021. 30 minutes. Un mot et une image pour nous inspirer. On pouvait choisir entre le mot et l'image. Prompt 6 – Stase
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Le serment d'une vie
Safia observe sa fille, le cœur oscillant entre dévastation, soulagement et chagrin profond. Ce que son gendre a fait est un miracle, il n'y a pas d'autres mots. Sans lui, Zahirah serait encore dans le royaume des morts et Sinbad aussi. Sinbad qui dort du sommeil du juste dans son couffin, veillé par son grand-frère aux yeux pétillants de curiosité et d'affection pour ce petit être. Par chance, Jamil n'aura aucun souvenir de la tragédie qui a secoué cette maison. Il ne se souviendra pas de l'odeur de fer dans la chambre parentale, du sang sur les draps, de la pâleur maternelle, des cris déchirants quand ils ont réalisé que la jeune femme était morte en mettant au monde son enfant, lequel n'avait pas survécu non plus à l'accouchement. Non, ça, son beau-fils ne l'a jamais accepté et il a défié toutes les lois de la magie. Il a réussi l'impossible : il a été chercher sa femme, leur fils, dans le royaume des morts et les a ramenés au prix de sa propre existence...
Et de l'état actuelle de sa bien-aimée.
Zahirah vit mais elle n'est plus qu'un corps presque vide. Elle a une conscience, assez pour réagir avec ses yeux, se laisser guider, nourrir, coucher. Mais la plus grande partie de son âme est toujours là-bas, sans doute déjà dévorée par ce qu'il y a dans ce royaume inaccessible aux vivants. Sinbad, lui, est indemne. Il est un vivant né de la mort. Il aura un pouvoir énorme, un destin hors du commun et la vieille femme se doit de le garder sur le droit chemin. C'est sa responsabilité. Sa fille, elle, est condamnée à rester dans cette stase jusqu'à ce que la mort la libère enfin, réclamant son dû ou quand son esprit lui sera rendu. Non, la vie qui se profile pour ses petits-fils n'est ni belle ni aisée. Mais elle se jure de la rendre la plus douce possible. A défaut de luxe, ils auront l'essentiel. Et elle les protégera.
Parce qu'elle les aime.
Et en les aimant, c'est aussi sa fille qu'elle honore, une fille encore en vie à sa manière mais dont elle doit faire le deuil d'une certaine façon.
- Je ferai de vous des hommes dont votre maman serait fière, mes enfants. Oui, je le jure devant Dieu. Vous serez tout ce qu'elle a souhaité que vous soyez.
FIN
