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Note de l'auteure, qui pense à 'Bidule' tous les jours :

Eh oui, mon chien Bidule nous a quittés l'année dernière. Et je pense tous les jours à lui...

De manière générale, je suis plutôt chien que chat.

Mais, depuis que j'ai découvert Alpine avec Bucky, je me devais d'écrire quelque chose sur eux, car MCU ne s'en charge pas pour l'instant...

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Vous connaissez la chanson : pas de lecteurs, pas de Bêta, donc pardonnez-moi pour les nombreuses fautes restantes.

Et l'histoire.

Et le personnage.

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« I was broken from a young age,
Taking my soul into the masses... »

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Meow ! Meow ! Meow !

La petite Alpine sauta d'un bond sur le matelas, aux couvertures défaites, de son maître, à même le sol. Depuis la Seconde Guerre Mondiale et toute la programmation de l'HYDRA sur sa personne, Bucky avait pris l'habitude de dormir par terre. Il avait acheté un matelas uniquement pour que son chat puisse se lover avec plus de confort, près de lui, la nuit.

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Alpine était une jeune femelle Alpine Lynx, d'où son simple prénom. Entièrement blanche, avec le poil court, les orteils touffus et les pattes arrière un peu plus longues que les pattes avant. Elle avait les yeux aussi bleu acier que ceux de son maître.

Bucky l'avait trouvé une simple nuit, dans une ruelle de Brooklyn, elle se battait contre un autre chat pour protéger sa nourriture durement gagné dans une poubelle renversée. Ce soir-là, Bucky n'était pas d'une humeur joyeuse. Son ami Steve lui manquait terriblement et il n'avait pas eu de nouvelles de Sam Wilson depuis un moment, à cause de ses responsabilités en tant que nouveau Captain America.

L'homme venait donc de sortir d'un Pub Irlandais, après avoir avalé cinq Pints de Guinness, sans en ressentir les effets. Malheureusement pour lui, il ne pouvait plus être en proie à l'ivresse, dû au Sérum de Super Soldat injecté par l'HYDRA, au siècle dernier.

Le soldat n'avait absolument pas prévu d'adopter ce chat. Ni aucun chat en général, d'ailleurs. Mais le chat en question ne lui laissa pas vraiment le choix.

Alpine courut vers Bucky pour se cacher derrière ses imposantes bottes en cuir noir. Le matou contre lequel elle se battait ardemment ne demanda pas son reste, et disparut dans l'ombre de la ruelle en grognant un « MEOW ! » rancunier.

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Au moment où Bucky fit demi-tour, la chatte blanche lui coupa la route, en miaulant à la mort devant lui. L'homme leva les yeux au ciel, en maugréant :

- Non. Non. N'y penses même pas !

Il essaya de se diriger vers la rue principale, mais Alpine bougeait dans tous les sens à ses pieds pour l'empêcher d'avancer. De peur de lui marcher dessus, Bucky s'arrêta et considéra le chat un long moment. Il ferma les yeux et souffla.

Après quelques secondes de délibérations mentales, il lâcha :

- OK. Très bien ! Mais juste pour cette nuit !

Il se pencha pour attraper la chatte, tout en soufflant de découragement.

Cependant, en voyant sa petite mine juvénile et ses yeux bleus céruléens, Bucky se mit à sourire :

- J'espère que tu n'as pas peur en moto...

Il déambula sur les trottoirs de la nationale, avec sa petite boule de poils blanche dans les bras. Il arriva devant son énorme moto, garée en face d'un cinéma, et il grimpa dessus. Puis, il scruta le chat avec questionnement.

Bucky tenta quelque chose : il ouvrit à moitié sa veste de cuir noir pour y lover Alpine. La chatte se laissa faire. Il ferma son blouson juste assez pour bien caler le petit animal entre son vêtement et sa poitrine, tout en lui laissant de l'espace pour respirer convenablement. Puis, dans des gestes routiniers et sûrs, il enleva la béquille de sa moto de sa jambe droite tout en tournant le guidon pour quitter sa place de parking.

Il démarra l'engin et le bruit assourdissant du moteur ne fit même pas sursauter le chaton, qui commençait déjà à fermer les yeux pour se laisser bercer par la route. Entre les battements de cœur de son nouveau maître.

Bucky sourit derechef en s'engageant sur la route.

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Une seule nuit se transforma en deux nuits.

Puis trois.

Quatre.

Une semaine.

Puis deux.

Cinq.

Et voilà que la petite Alpine devint grande, depuis maintenant les six mois que son « papa » l'avait adopté.

Bien sûr, au début, Bucky n'avait absolument aucune idée de comment s'occuper d'un chat.

Ni ses parents, ni ses frères et sœurs n'avaient eu d'animaux de compagnie, dans les années 1920.

Et puis, les 90 années suivantes au service de l'HYDRA ne comptaient même pas.

De fait, Bucky avait fait ce que toute personne aurait fait dans ce cas présent : chercher sur le Net.

Il était allongé sur ses couvertures, à même le sol, avec la petite Alpine dans les bras, tout en pianotant de sa seule main droite humaine sur l'écran tactile de son portable.

Alpine miaulait tendrement en se frottant à son menton, se grattant contre sa barbe de trois jours, tout en jouant avec ses cheveux mi-long. Bucky souriait malgré lui.

Il lisait avec sérieux les informations des nombreux sites, concernant les chats, qu'il avait trouvé. Tous les accessoires pour chats qu'Internet lui proposait le rendaient quelque peu dubitatif et intrigué. Pourquoi acheter cet énorme arbre à chat alors que le sien passait son temps à jouer avec ses cheveux ou essayer de griffer son bras métallique ?

Ça n'avait décidément pas de sens pour lui.

Pourtant, quelques jours plus tard, il entra dans un magasin spécialisé sur les animaux de compagnie, notamment chats et chiens, et il acheta sa petite liste de fournitures plus ce que le gérant avait réussi à lui vendre. Ne pouvant ramener tout cela sur sa moto, le vendeur lui offrit la livraison à domicile.

Et voilà Bucky, le soir même, jetant un regard perdu à tout ce fatras devant lui :

Litières, gamelles, croquettes, lait pour chatons, pipettes de vaccins, des dizaines de jouets de toute sorte, des couvertures moelleuses, un grattoir pour griffes et d'autres petites choses dont il ignorait totalement les noms et les utilités.

Bucky jeta un regard tantôt sur ce bazar, tantôt sur Alpine qui jouait seulement avec les cartons d'emballage.

Il sourit :

- Eh bien, Alpine, c'est officiel : tu as beaucoup plus de choses que moi, dans mon propre appartement. Peut-être que je vis chez toi, finalement ?

Pour toute réponse, le chat blanc sauta dans une boîte remplie de boules de polystyrène, tout en miaulant gaiement.

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Six mois plus tard, Bucky avait toujours aussi peur en dormant la nuit avec Alpine. Il avait acheté un matelas pour s'y reposer dessus, à même le sol, devant sa télévision qu'il ne regardait pas vraiment. Mais ses sempiternels cauchemars quotidiens le faisaient bouger plus que de raison. Et il avait constamment peur de donner un mauvais coup au chat, pendant la nuit, contre sa volonté.

Seulement, il en fallait bien plus pour faire fuir Alpine, qui sentait les tensions de son maître, et essayait de le rassurer avec ses propres ronronnements.

Que Bucky appréciait beaucoup.

Même après tout ce temps passé à ses côtés, elle essayait encore et toujours de laisser sa griffe sur son bras métallique. Mais le Vibranium qui composait la prothèse gauche de Bucky, était à toute épreuve. Même contre les griffes et les morsures du chat, qui s'amusait à mâchouiller ses doigts argentés.

Bucky souriait toujours de la voir faire. Il ne sentait absolument rien, et c'était d'autant plus drôle et touchant. Au bout de quatre mois, Alpine avait compris que seul le bras droit de Bucky était parfait pour laisser sa marque. Et le pauvre homme avait quelques griffures de-ci, de-là pour confirmer cette découverte. Mais ce que la chatte aimait par-dessus tout, c'était de mordiller les cheveux de Bucky. Comme ils étaient mi-longs et qu'ils lui tombaient sur les épaules, elle pouvait aisément les attraper pour jouer avec, telles mille lianes à sa disposition.

Certes, parfois, ça faisait mal à Bucky. Mais il n'arrivait jamais à gronder Alpine. Il la réprimandait avec sourire et elle continuait sans discontinuer.

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Bucky, d'un naturel taciturne, commença à s'ouvrir avec Alpine. À lui parler. La rassurer. Lui raconter sa vie. Ce qu'il faisait déjà avec sa thérapeute attitrée, sauf que le chat blanc l'admirait avec amour et sans jugement. Quand il l'emmenait chez la vétérinaire, ils prenaient la moto tous les deux. Alpine adorait se lover au creux du blouson de Bucky. Entre sa poitrine et le doux cuir de sa veste noir. Dormir au rythme de la route qui défilait. Le son étrange du moteur.

Un vrombissement, comme son ronronnement à elle.

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Quand il partait en mission, parce qu'Alpine ne pouvait pas comprendre que Bucky était un des Avengers, et le bras droit de Captain America, il demandait à sa voisine de s'occuper de son chat.

Mais Alpine n'aimait pas vraiment Misty Knight. Pourtant, c'était une « dame à chats », mais la chatte en question ne l'appréciait pas du tout. Alpine n'arrêtait pas de la mordre et de la « cracher ».

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Néanmoins, Misty Knight envoyait à Bucky, des photos de la « petite » Alpine, lorsqu'il était en mission. Et, une fois n'est pas coutume, lorsque Bucky se retrouvait avec Sam avant un combat, son téléphone portable sonna encore et encore. Des dizaines de sms avec photos.

Sam vit Bucky sourire avec tendresse. Sur le moment, il crut à une petite-amie.

- C'est ta copine ?

Bucky fit la moue, presque outré de cette question :

- Non. C'est ma voisine. Elle s'occupe de mon chat.

Il sourit à nouveau. Mais Sam tiqua, très surpris :

- Pardon ?! Tu as un chat ?! Un chat a réussi à t'adopter, toi ?

Bucky releva la tête pour lui jeter un regard noir :

- Technique, j'ai adopté un chat. Une femelle. Elle s'appelle Alpine.

- Impossible !

Pourtant, Sam Wilson se pencha pour jeter un coup d'œil sur l'écran de son ami, et il vit les dizaines de photos défiler sous ses yeux. Surtout, il vit son ami sourire comme jamais il ne l'avait vu sourire depuis la mort de Steve Rogers.

Étrangement, il fut tout à coup heureux pour lui et décida de ne pas le charrier davantage.

Il lui tapota l'épaule, en badinant néanmoins :

- Elle est mignonne... Elle a tes yeux.

Bucky sourit derechef.

Parce que Sam avait absolument raison.

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THE END

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« Write down my poems for the few,
That looked at me, took to me, shook to me, feeling me... »