Petit mot de l'auteure : A chaque truc chelou son coupable, donc pour ce texte ci l'accusé est Starck. C'est lui qui m'a copc d'un André x Gabriel (ok on voit plus une mise en contact ici mais voilà) donc c'est totalement sa faute.

J'ai pas vu les s3 et s4 donc pas de spoil svp !


Après plusieurs années d'exercice, André avant fini par se constituer une clientèle fidèle. Avec ces clients réguliers, il confectionnait la glace dès qu'il voyait leur forme au loin. Ces derniers avaient alors le plaisir de découvrir le dessert en arrivant sur le présentoir de la petite glacerie.

Mais si André aimait choyer ses fidèles, il adorait aussi découvrir de nouveaux clients. Essayer de déterminer les goûts qui leur conviendrait était l'une de ses activités favorites – et il ne se trompait que rarement.

Ainsi, entre les habitués et les nouveaux, la clientèle d'André était assez variée. Pourtant, il voulait sans cesse de nouveaux consommateurs. Non pas qu'il ait besoin ou particulièrement envie de s'enrichir. Après tout, il avait suffisamment de quoi vivre. Non, son envie d'expansion était pensée pour les autres : tout le monde méritait de pouvoir goûter une de ses glaces ! Car avec ce dessert, venait aussi la promesse d'un élément bien plus essentiel : l'amour. Et tout le monde méritait de connaître l'amour. Il changeait ainsi souvent d'endroit de vente et s'essayait à de nouvelles publicités pour diffuser son enseigne à de nouveaux publics.

Mais parmi toutes les âmes potentielles qu'il aimerait atteindre un jour, il y en avait une qui l'intéressait en particulier : Gabriel Agreste.

André ne savait pas bien pourquoi, mais il était toujours touché à chacune des apparitions télévisée du grand couturier. Peut-être était-ce à cause de la tristesse infinie qu'il pouvait lire dans ses yeux, de la fragilité qu'il se dégageait de lui malgré sa carapace, ou de la solitude qui semblait l'envahir malgré l'armée de journalistes et gardes du corps papillonnant autour de lui. Les explications étaient multiples, mais la conviction qui naissait en André était la même : cet homme là avait grand besoin de connaître l'amour dans sa vie. Mais ce n'était pas comme si un homme aussi secret et protégé que Gabriel Algreste allait un jour sortir de son palace pour manger une glace dans son échoppe...

Cependant, André avait toujours été un optimiste irrécupérable. Alors il se préparait, si jamais l'homme venait à le voir...

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Une nouvelle journée s'écoulait paisiblement. Il s'était mis au travail joyeusement, avant servi de nombreux clients et c'était régalé de voir leurs mines heureuses. Une journée tranquille et habituelle, en somme. Cependant, un petit imprévu était venu dérégler les rouages de sa machine.

Et ce petit imprévu avait pris la forme d'un canard.

André aimait bien les animaux, mais avait une phobie inexpliquée pour ces foutus canards. Et il ne savait pas bien comment ni pourquoi, mais l'un d'entre eux avait décidé de venir marcher sur le pont où André s'était installé. Si les autres passants pointaient du doigt l'animal d'un air attendri, André lui restait prudemment en retrait derrière son stand, espérant que l'oiseau de malheur allait vite disparaître de sa vue.

En vain.

La bestiole se rapprochait de lui en le regardant dans les yeux. Et punaise, le glacier pouvait jurer qu'il y avait du dédain et du défi dans son regard. André se mit alors à prendre plusieurs inspirations profondes pour essayer de chasser son angoisse.

Sa technique faillit fonctionner, lorsqu'un autre événement inattendu fit redoubler sa panique.

Un client se tenait devant lui.

En temps normal, André aurait adoré cette distraction bienvenue – une raison pour ne pas se concentrer sur le maudit volatile – mais là, son sang se figea. Car le nouveau client n'était autre que Gabriel Agreste.

- Je voudrais une glace pour mon fils, demanda-t-il d'un ton aussi hautain que celui qu'il avait dans ses interviews.

André resta quelques secondes bouchée bée, avant de se reprendre.

- Je vais vous faire ça tout de suite.

Le glacier commença à plonger sa boule à glace dans les bacs colorés, pour finalement tendre une glace fraise – cassis – mûre au jeune homme qu'il avait déjà eu l'occasion de croiser. Mais avant que le blond ne puisse attraper le cornet, un troisième événement inattendu se produisit.

Le canard vola pour aller se poser sur la caisse. Autrement dit, à dix centimètres du pauvre André qui se mit à crier de toutes ses forces. De frayeur, il sursauta également, lâchant ainsi le cornet du pauvre Adrien qui ne s'attendait certainement pas à une telle réaction. Mais le pire fut que la glace ne se contenta pas d'atterrir au sol.

Non, l'élan impulsé par André la fit finir sa course tout droit sur le front de Gabriel Agreste.

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André n'avait jamais été un homme lâche. S'il évitait les problèmes, il les affrontait s'il devait jamais en rencontrer. Mais là, tout de suite maintenant, il devait bien avouer qu'il avait envie de fuir très vite et très loin de Gabriel Agreste.

C'était un comble. Après tant d'années à espérer attirer l'homme à sa boutique, il fallait que ce soit aujourd'hui, et pile au moment où un canard avait décidé de surgir sur son étal pour lui coller la frayeur de sa vie ! Si ça c'était pas un manque de pot... André avait envie de pester. Contre le canard, bien évidement, mais aussi contre Ladybug et Chat Noir qui n'avaient pas daignés venir le secourir de ce monstre ignoble. Et puis, il était aussi énervé contre lui-même – non mais vraiment, envoyer une glace à la tête de ses clients, c'était vraiment une manière de réagir ?

En parlant de clients, les deux blonds père et fils étaient toujours devant le comptoir. André voulut se répandre en excuse, mais quelque chose l'arrêta.

Gabriel Agreste tremblait.

Le glacier pensa tout d'abord que la faute en était à... l'incident qui venait de se produire, mais en regardant mieux, il se rendit compte que le grand couturier tremblait de peur. Et qu'il regardait droit le canard, une lueur terrifiée dans son regard. Il ne se détendit que lorsque Adrien s'approcha du volatile pour le prendre dans ses bras et, sans un mot, l'éloigner du présentoir.

Maintenant seuls en face à face, André reprit ses esprits pour tendre une serviette à Gabriel.

- Je suis vraiment désolé pour... pour ça, s'excusa le glacier en désignant le sucre qui dégoulinait sur les lunettes du blond.

- C'était très peu professionnel, en effet. Mais... je vous comprends. Ces créatures sont parfaitement ignobles.

- Mais on est d'accord ! S'exclama André avec un ton qui tranchait avec la froideur de l'Algreste. Et personne ne me comprend quand je dis que j'en ai peur !

Lorsque Adrien revint après avoir déposé le canard en sortie de pont, il fut bien surpris de trouver son père en grande conversation avec le glacier à propos des « monstres cauchemardesques faussement mignons ». L'adolescent n'était pas bien sûr de savoir de quoi ils parlaient – ils ne pouvaient pas qualifier de pauvres et innocents canard comme ça, n'est-ce pas ? Mais une chose était sûre : voir son père s'ouvrir et parler à quelqu'un était une chose qui lui plaisait.

Alors lorsqu'il lui proposa, quelques semaines après l'événement, d'aller chercher une nouvelle glace, Adrien n'hésita pas un seul instant.


Petit mot de fin : "malgré l'armée de journalistes et gardes du corps papillonnant autour de lui" Oui, je suis fière de mon choix de mots.

Sinon... ce texte répond aussi à un challenge de la fabrique à plumes : Perso A admire Perso B, et aimerait que B le remarque enfin. Malheureusement pour A, ce jour tant attendu survient... alors qu'il se retrouve dans une situation fort gênante (laissée à l'appréciation de nos écrivains)