Bonsoir petits loups ! Je ne sais pas si cette histoire intéresse encore quelqu'un mais je l'espère en tout cas ahah ! J'ai bien aimé écrire ce nouveau chapitre, où j'ai commencé à faire bouger d'autres lignes... J'espère que ça vous plaira !


Situation : deux jours plus tard

PS : désolée pour les fautes, enjoy ! :)


La routine s'installa à une vitesse déconcertante et donna à Toni l'étrange impression qu'elle avait toujours vécu avec Cheryl, alors même qu'elle n'était là que depuis trois jours.

La rousse, avec son amabilité légendaire et son hospitalité sans limite, la mettait à l'aise et semblait ravie que la jeune Topaz partage son quotidien. Après toutes les révélations qu'elles s'étaient faites, une dynamique amicale prit doucement place entre elles. C'était bien la dernière chose à laquelle la fille aux cheveux roses s'attendait – voir pas à pas éclore une amitié entre elle et Cheryl – mais c'était indéniable. Elles appréciaient la compagnie l'une de l'autre et leurs caractères se complétaient divinement.

Ce qui étonnait le plus Toni, c'était le plaisir tendre qu'elle prenait à réveiller Cheryl le matin. La jeune Blossom lui avait expliqué le rituel que son frère et elle avaient mis en place et Toni avait religieusement noté toutes les étapes dans son esprit. Quand le réveil sonnait, elle se forçait donc à sortir de son sommeil profond et pressait gentiment le bras de Cheryl, avant de le caresser avec légèreté. La rousse ouvrait assez rapidement les yeux, papillonnait des paupières et posait son regard déjà vif sur sa camarade, toute ensommeillée. Elle quittait toujours le lit la première, pendant que la jeune Topaz trainaillait entre les draps.

-Tu as besoin de m'emprunter des vêtements ? Demanda Cheryl.

Toni se redressa dans le grand lit, les cheveux encore en bataille, alors que la rousse fouillait son placard à la recherche d'une tenue pour la journée de cours.

C'était aussi ce qu'elle trouvait agréable avec la jeune Blossom. Qu'elle lui propose toujours sans la forcer, en lui laissant le choix.

-Euh… oui, je crois. Marmonna Toni, encore à moitié endormie.

Elle était bien moins matinale que Cheryl et se lever pour aller au lycée représentait tous les jours un calvaire sans nom. Son cerveau qui marchait au ralenti l'autorisa néanmoins à se rappeler qu'elle n'avait plus de vêtements propres dans son sac et que, tant qu'Evelyn n'avait pas fait de machine, elle était contrainte d'emprunter des affaires à son hôte.

-Sers-toi, Toni, j'ai toutes les couleurs du monde, même si je mets les mêmes en permanence ! S'amusa Cheryl, d'un ton jovial, visiblement excitée à l'idée de voir la jeune Topaz se confectionner une tenue à partir de sa garde-robe.

Toni sourit dans le vide, face à l'énergie communicative et l'air réjoui de la rousse. Cheryl mettait du soleil dans sa vie dès son réveil, et c'était un exploit qu'elle se lève de bonne humeur, alors elle devait cette victoire à la jeune Blossom et à son enthousiasme.

-D'accord, merci. Répondit-elle, laconique, en quittant la chaleur réconfortante du lit.

-Je vais prendre ma douche, je te laisse choisir ce qui te fait plaisir. L'incita Cheryl, avant de se diriger vers la salle de bain.

Toni acquiesça en silence puis inspecta le dressing de la rousse. Comme elle le lui avait annoncé, elle découvrit une myriade de vêtements aux couleurs et aux étoffes variées, mais tous taillés dans des tissus luxueux et d'excellente facture. La fille aux cheveux roses avait presque peur de les abimer en les frôlant du bout des doigts, mais son émerveillement laissa vite place à une curiosité criante et une envie de toucher à tout.

Son regard se posa sur une jupe à carreaux bleu-gris et rouge foncé, assez courte et divinement douce. Elle la sélectionna et attrapa un débardeur à bretelles larges, dans les mêmes tons de rouge, pour l'accompagner. Elle farfouilla encore un peu et trouva une paire de collants noirs au fond de la penderie. Elle hésita un instant au niveau du tiroir à sous-vêtements et prit une culotte en dentelle noire qu'elle dénicha tout au fond du tiroir, en espérant que cela signifiait que Cheryl ne la portait pas souvent.

Pour une fois, elle s'était douchée la veille au soir et put donc se vêtir dans la chambre, alors que Cheryl occupait toujours la salle de bain. Quand elle fut prête, elle s'assit face à la coiffeuse et commença à brosser ses cheveux et à appliquer le peu de maquillage qu'elle avait emporté avec elle.

-Cheryl ?

Toni tourna la tête en direction de la porte entrouverte de la chambre. Une voix féminine étouffée et lointaine parvint à nouveau jusqu'à elle. Intriguée, elle se leva et se rendit dans le couloir, pour essayer de savoir qui avait appelé la rousse. Elle s'avança jusqu'à une pièce dont la porte était également ouverte et passa sa tête par l'encadrement.

Une dame âgée se tenait assise dans un fauteuil qui paraissait divinement confortable, une tasse de thé au bord des lèvres et une sous-tasse à la main. Elle porta son regard vers l'intruse qui venait d'apparaître dans son champ de vision et ses yeux s'écarquillèrent sous le coup de la surprise, avant qu'une lumière ne s'allume dans ses prunelles vives et qu'elle n'offre un sourire à Toni.

-Oh… vous devez être Antoinette ? Ma Cheryl ne cesse de me parler de vous depuis quelques jours… Venez vous asseoir. L'intima la dame et la jeune Topaz s'avança timidement dans la pièce luxueuse.

-Bonjour Madame. La salua-t-elle d'une petite voix, ne sachant pas vraiment ce qui était attendu d'elle.

Le sourire de Nana Rose s'agrandit et devint encore plus doux et chaleureux qu'un instant auparavant. Toni comprit enfin à qui elle avait affaire, car une certaine rousse souriait exactement de la même façon. Cette dame devait forcément être apparentée à Cheryl.

-Je suis Rose Blossom. Se présenta-t-elle succinctement, puis elle invita Toni, d'un geste de la main, à prendre place face à elle, sur un fauteuil identique au sien.

La jeune Topaz s'exécuta et tenta tant bien que mal de faire bonne figure à la Nana de Cheryl, qui semblait si distinguée.

-Je suis enchantée de faire votre connaissance. Annonça Toni en se tenant bien droite sur son siège, ses mains sagement placées sur ses genoux.

-Moi de même. Lui répondit Rose avant de boire une gorgée de thé.

Elle posa sa tasse et sa sous-tasse sur le guéridon à côté d'elle, puis ramena ses coudes sur les accoudoirs et croisa ses doigts sous son menton. Le regard curieux et intense de l'aînée des Blossom déstabilisa Toni qui se râcla la gorge. Elle décida de prendre la parole pour briser ce silence qui lui pesait douloureusement.

-Cheryl est à la douche, c'est la raison pour laquelle c'est moi qui suis venue, et non elle. Expliqua-t-elle, pour justifier sa présence.

Rose hocha la tête, son sourire dansant toujours sur ses lèvres pâles.

-Oui, oui, ne vous inquiétez pas, j'avais simplement envie de lui souhaiter bonne chance pour son évaluation de cet après-midi, mais je le ferai quand elle sera prête. En attendant… comment trouvez-vous le manoir, Antoinette ? La questionna Nana Rose.

La fille aux cheveux roses contempla la pièce richement décorée autour d'elle et se rappela le dédale de pièces qui composaient la demeure, la gigantesque chambre de Cheryl, la salle de bain avec ses comptoirs en marbre, sa baignoire et sa douche, la salle de réception qui pouvait certainement accueillir la moitié des élèves de Riverdale High, la bibliothèque qui contenait autant de livres que la petite librairie de la ville.

-Ce n'est pas mon environnement habituel, mais je commence à m'y faire. Cheryl m'a tout de suite dit de me sentir ici comme chez moi, ce qui n'est pas facile quand on a grandi dans le sud ! Confia-t-elle à Rose.

Cette dernière acquiesça, attentive au moindre mot de la jeune fille.

-Oui, cela doit vous changer en effet. Mais j'espère que vous appréciez d'être parmi nous malgré tout. Lui répondit l'aînée des Blossom, avec son sourire délicat.

Toni hocha simplement la tête, à court de mots. Elle savait à présent de qui Cheryl tenait sa gentillesse pure et éclatante, car elle avait grandi auprès de sa Nana, affectueuse et affable au possible.

-Où vivez-vous dans le sud, Antoinette ? La questionna-t-elle avec intérêt.

-Mon oncle a un trailer à Sunnyside, je ne sais pas si vous connaissez. L'informa-t-elle.

Le regard de Rose s'illumina d'un souvenir apparemment bienheureux, son sourire brillant sur sa bouche.

-Oh ! Un de mes amis y vivait, quand j'étais plus jeune… Il-il est mort depuis, mais je me rappelle les après-midis que nous passions dans les terrains vagues alentour, les soirées au coin des feux de joie qu'il organisait avec ses amis et auxquelles je participais toujours avec un plaisir rebelle. Se remémora-t-elle, les yeux brillants de larmes et d'étoiles.

Toni l'écouta lui conter ses souvenirs de jeunesse, surprise d'apprendre qu'elle avait côtoyé des gens de son milieu.

-Nana ! N'embête pas notre invitée ! S'exclama une voix à l'entrée de la pièce.

Les deux femmes se tournèrent d'un même mouvement pour découvrir Cheryl, les cheveux encore un peu humides, le visage rougi par l'eau chaude de la douche, un air inquiet et protecteur dans ses prunelles foncées.

-Je ne l'embête pas, on discute. La rassura sa Nana, en l'invitant à entrer d'un petit geste de la main.

Cheryl s'avança dans la pièce en jetant un rapide coup d'œil en direction de Toni. L'expression de la fille aux cheveux roses était indéchiffrable, tant elle-même ne savait comment se comporter face à la situation dans laquelle elle se trouvait. D'où venait l'élan fougueux de Cheryl de vouloir la protéger face à l'indiscrétion présupposée de sa grand-mère ? Depuis quand était-elle si attentive et prenait-elle soin de Toni au point de vouloir lui éviter des conversations scabreuses ?

Ses questions sans réponse résonnèrent bruyamment dans son esprit et brouillèrent complètement son sens commun. Elle n'avait pas l'habitude que les gens prennent soin d'elle, s'inquiètent, la défendent quand ils sentaient qu'elle n'était pas dans une situation confortable. Alors elle ne savait comment y réagir, si bien que le trouble monta en elle et la submergea.

-Je suis sûre que tu l'as mise mal à l'aise avec tes questions et ta curiosité légendaire. La réprimanda-t-elle avec un regard sérieux et entendu.

Toni secoua la tête pour se remettre les idées en place. Elle n'allait pas laisser Cheryl accuser sa Nana, alors qu'elles avaient partagé un doux moment de complicité.

-Non, non, ça va Cher, on discutait simplement du sud de Riverdale. Tout va bien. La rassura à son tour Toni.

Le rose monta aux joues de la jeune Blossom, parce que c'était la première fois que Toni employait un surnom pour s'adresser à elle. Et c'était étrangement… réconfortant. Une agréable chaleur se répandit dans son ventre et elle se sentit flotter un instant hors de son corps. Elle ne pensait pas qu'un simple petit terme affectueux pouvait lui faire autant d'effet, mais elle s'était apparemment trompée. C'était une preuve supplémentaire que Toni vivait avec elle non pas seulement parce qu'elle y était contrainte et forcée à cause de sa situation précaire, mais parce qu'elle appréciait – au moins un peu – la compagnie de la Cheryl.

-Oui, tout va bien ma douce. Je voulais d'ailleurs te souhaiter bon courage pour ton évaluation cet après-midi. Lui annonça sa Nana, avec un sourire plein d'amour.

La rousse se détendit encore un peu plus, jusqu'à relâcher toutes les tensions qui avaient habité son corps à la vue des deux femmes ensemble. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi elle avait réagi si impétueusement, mais découvrir Toni en compagnie de Rose l'avait complètement décontenancée. Elle savait que sa grand-mère n'avait jamais de mauvaises intentions, mais la peur qu'elle se comporte mal envers la jeune Topaz avait pris le dessus et son âme pétulante n'avait pu s'empêcher d'intervenir.

-Merci, Nana. Répondit-elle laconiquement, un peu embarrassée de s'être emportée contre l'aînée des Blossom.

Rose considéra tour à tour les deux jeunes filles qui se tenaient dans sa chambre et remarqua que Toni ne cessait de contempler Cheryl à la dérobée, une pointe d'étonnement et d'admiration dansant dans son regard brûlant. Elle ne dit rien, laissa simplement un sourire s'épanouir sur ses lèvres.

-Cheryl ? Toni ? Vous descendez déjeuner ?

La voix de Jason résonna dans le couloir et les deux lycéennes reprirent contact avec la réalité en l'entendant.

-Oui, on arrive ! Répondit Cheryl, avant de se tourner vers Rose pour la saluer.

-A ce soir, Nana !

La grand-mère des jumeaux acquiesça avec un sourire affectueux.

-Je vous souhaite une belle journée de cours, mes jolies. Les salua-t-elle à son tour en les regardant se diriger vers l'entrée de sa chambre.

Elles se retrouvèrent toutes les deux dans le couloir et Cheryl se permit enfin de laisser son regard glisser sur la tenue de son invitée. Elle portait des vêtements qui criaient son nom, plus fort que celui de la jeune Blossom et cette dernière fut donc ravie qu'elle ait trouvé quelque chose qui soit à son goût dans toute sa garde-robe.

-Cette tenue te va bien, tu as réussi à dénicher ton style dans mon placard ! S'émerveilla-t-elle avec un rire léger et aérien.

Toni baissa les yeux sur les vêtements qu'elle avait choisis, en partie pour essayer de cacher ses joues empourprées par le compliment de Cheryl.

-Oui, je ne t'ai jamais vue les porter. Fit-elle remarquer en ramenant son regard sur la rousse.

La jeune Blossom haussa les épaules d'un air désintéressé.

-Ma mère m'achète parfois des habits, alors qu'elle ne connait rien de mes goûts, donc la majorité de ce qu'elle m'offre finit par ne jamais être mis. Mais maintenant que tu es là, ces vêtements vont pouvoir sortir à la lumière du jour ! S'amusa-t-elle en offrant un clin d'œil complice à Toni.

A ce stade, le visage de la fille aux cheveux roses lui paraissait en feu. Si Cheryl se mettait à lui faire des clins d'œil… Ce n'était définitivement pas bon pour Toni. Son esprit allait commencer à voguer vers des contrées interdites et qu'elle se refusait à explorer.

Il fallait qu'elle trouve un moyen de reprendre le dessus sur ses sentiments éparpillés et volatils. Et quoi de mieux que de troubler Cheryl en retour.

-Je t'ai emprunté une culotte, j'espère que ça ne te dérange pas. L'informa-t-elle.

La rousse s'arrêta et se figea une fraction de seconde, avant de reprendre sa marche le long de l'interminable couloir. Elle tenta de garder une expression neutre mais Toni nota les tensions dans son corps et se sentit alors un peu moins seule dans son étourdissement émotionnel.

-Oh… euh, tu as bien fait. Répondit-elle en se râclant la gorge.

Toni observa son visage qui rougissait petit à petit, lentement mais inexorablement. Elle ne comprit pas pourquoi elle était si satisfaite de l'effet que ses mots avaient eu sur la rousse, mais elle s'en délectait quoi qu'il en soit. Elle s'empêcha de s'y appesantir davantage et chassa toutes les pensées déplacées qui avaient peu à peu grandi en elle, pour essayer de retrouver la tranquillité apaisante de l'esprit libre du matin.