Bonjour aux jolies créatures que vous êtes ! J'espère que vous prenez soin de vous. De mon côté, j'ai fini tout ce qui était en lien avec mon école, je vais donc profiter un peu de l'été ! J'espère que cette histoire continue de vous plaire et de vous intéresser, n'hésitez pas à me faire des retours, c'est vraiment très important pour moi :3
Situation : un peu plus d'une semaine plus tard
PS : désolée pour les fautes, enjoy ! :)
Le glas des deux semaines de cohabitation avait sonné mais aucune des deux filles ne l'avait mentionné. Cheryl appréciait la compagnie rafraîchissante de sa camarade et Toni aimait chaque instant passé auprès de la rousse. Elles n'avaient donc rien changé à leur dynamique et c'était à la fois un soulagement et une torture pour la jeune Topaz.
La vie luxueuse à laquelle elle s'était maintenant habituée ne représentait qu'une infime raison dans l'océan de celles qui l'avaient incitée à rester. Il y avait d'abord le sourire charmant de Cheryl, puis ses prunelles pétillantes, son rire cristallin, ses clins d'œil complices, ses joues rougissantes quand Toni la complimentait. Mais il y avait surtout ce sentiment grandissant, qui fleurissait avec bonheur dans son corps et lui laissait un goût doux-amer dans la gorge. Elle profitait de la beauté brute et de la gentillesse pure de Cheryl, mais elle ne s'autorisait pas à lui en demander davantage.
Parfois, la question dansait au bord de ses lèvres, pesait un peu plus lourd sur sa langue et menaçait de lui échapper. Elle la retenait toujours juste avant qu'elle ne tombe de sa bouche. Parce qu'elles vivaient ensemble et que Toni ne voulait pas changer cet équilibre si agréable, qu'elle chérissait tendrement. Mais aussi parce qu'elle avait peur. Elle était absolument terrifiée que Cheryl ne la repousse.
Aux dernières nouvelles, la jeune Blossom était toujours entichée de Veronica. Toni n'avait pas osé la questionner à ce sujet trop douloureux, effrayée de l'entendre dire que rien n'avait changé. Car de son côté, tout était à présent différent.
Il lui arrivait par moment d'avoir l'impression qu'elle profitait de l'ignorance de Cheryl, de sa gentillesse et de sa naïveté, alors que des fantasmes amoureux se balançaient langoureusement dans sa tête. Elle se rassurait à chaque fois en se persuadant que, tant qu'elle gardait ses pensées enjôleuses dans les confins de son esprit, il n'y avait aucune raison de culpabiliser.
-Silence, silence ! S'exclama Madame Graham, le professeur d'anglais de Toni et Cheryl.
La jeune Topaz papillonna des paupières pour reprendre contact avec la réalité et posa le regard sur leur enseignante, juste après avoir jeté un coup d'œil rapide en direction de la rousse. Elle se demandait des fois si elle n'était pas tout simplement incapable de s'en empêcher, tant elle laissait régulièrement son regard couler sur sa camarade.
-Bien. Je vous ai annoncé à la fin du cours précédent que vous alliez travailler en binôme sur un recueil de poésies de votre choix. J'ai hésité à constituer les binômes moi-même, mais il me semble plus simple de vous laisser faire. Organisez-vous en fonction de ce qui est le plus pratique pour vous, et donnez-moi juste vos noms, que je sache avec qui vous comptez travailler. Annonça Madame Graham, en attrapant son carnet.
Avant que Toni n'ait pu prendre réellement conscience de la consigne, elle vit Cheryl lever la main et le professeur relever son regard vers la rousse.
-Oui, Miss Blossom ? L'interrogea-t-elle.
-J'aimerais me mettre en binôme avec Antoinette Topaz. Comme nous vivons actuellement ensemble, nous n'aurons aucun mal à fournir le travail demandé. L'informa-t-elle.
Madame Graham fronça une seconde les sourcils en considérant la fille aux cheveux roses du coin de l'œil, puis acquiesça et prit note du binôme sur son carnet.
-Très bien, mesdemoiselles. Un autre binôme ? Enchaîna-t-elle en relevant les yeux vers la salle.
Toni, quant à elle, resta abasourdie et complètement figée.
Oh non. Voilà que tout le monde savait à présent qu'elle habitait chez Cheryl. Elle n'avait pas honte, là n'était toujours pas le problème. Le problème… eh bien c'était tout ce qui avait évolué depuis le début de leur cohabitation. Les confidences, les soirées à regarder des comédies qui les faisaient rire aux éclats, les réveils tactiles, les contemplations silencieuses pendant que Cheryl travaillait sérieusement à son bureau. C'étaient tous les sentiments qui peuplaient le cœur de Toni.
La jeune Topaz observa rapidement ses camarades et remarqua immédiatement le regard de Sweet Pea et de Fangs posé sur elle, réprobateur pour l'un et ahuri pour l'autre.
Elle gémit discrètement, car elle savait déjà qu'elle allait avoir droit à une confrontation en bonne et due forme, ce dont elle n'avait absolument pas hâte. Qu'allait-elle leur dire ?
Le cours passa à toute vitesse et, quand il fut terminé, Toni ne savait toujours pas si elle comptait mentir à ses amis ou être honnête avec eux, voire complètement honnête avec eux.
Elle se leva et secoua la tête. Qu'allait-elle inventer là ? Il était hors de question que qui que ce soit connaisse les pensées déplacées qui courraient librement dans son esprit à propos de la rousse.
Avant d'avoir pu y réfléchir à deux fois, elle quitta la salle en coup de vent et se dirigea presque au pas de course vers la classe de chimie et s'installa à sa paillasse sans un mot. Elle sortit ses affaires lentement, pour essayer de calmer son cœur palpitant, et entendit ses camarades remplir peu à peu la salle.
Elle releva discrètement la tête et croisa aussitôt le regard dur et déterminé de Sweet Pea. Ce dernier la frôla en se dirigeant vers le fond de la pièce et, lorsqu'il fut arrivé à sa hauteur, ralentit une seconde le pas.
-Ne crois pas qu'on ne va pas en discuter après. Lui siffla-t-il dans un chuchotement glacial.
Toni ne répondit rien, avala sa salive avec difficulté et termina de se préparer pour le cours. Son cœur n'avait décidément pas compris la leçon et battait encore plus fort à ses oreilles.
Quand Cheryl arriva au bureau, la jeune Topaz était à fleur de peau, tendue comme l'arc que la rousse utilisait sans doute lors de ses après-midis de tir. Il n'était que trop malheureux de voir que Cheryl se trouvait être sa cible.
Une fois que la rousse fut assise et installée pour le cours, Toni ne put se retenir une seconde de plus et envoya une flèche directement dans le cœur de la jeune Blossom.
-Cheryl, qu'est-ce qui t'a pris de dire à tout le monde qu'on habitait ensemble ?! La questionna-t-elle sévèrement.
La rousse tourna la tête vers sa voisine, les sourcils froncés et un air d'incompréhension peint sur ses traits fins.
-Euh… je ne l'ai pas dit à tout le monde, je l'ai dit à Madame Graham pour qu'on puisse travailler ensemble… Tu ne voulais pas te mettre en binôme avec moi ? L'interrogea-t-elle, ne comprenant pas pourquoi elle réagissait de la sorte.
La naïveté inconsciente de Cheryl agaça Toni pour la première fois. Une colère inattendue se mit soudainement à bouillonner en elle et elle leva les yeux au ciel.
-Bien sûr que si, je veux bien me mettre en binôme avec toi. Ce n'est pas ça, le problème, Cheryl. Lui répondit-elle sur un ton irrité.
Aveuglée par son énervement, elle ne remarqua pas l'air blessé puis coupable qui habilla le visage poupin et délicat de la rousse.
-Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? S'enquit-elle, voulant visiblement bien faire et réparer les pots cassés.
Là était le vrai problème. Cheryl n'avait rien fait de mal. Toni était la seule responsable de la situation dans laquelle elle se trouvait à présent. Si seulement elle s'était montrée honnête envers ses amis, si seulement elle avait autorisé ses élans de vulnérabilité à parler à sa place et si elle s'était confiée aux deux garçons, la situation ne la mettrait pas dans un tel embarras.
Mais cela allait plus loin encore. Si elle n'avait pas laissé son fichu cœur s'enticher de la beauté éthérée et du rire mélodieux de Cheryl, alors rien de tout cela ne serait un problème.
-Tu voulais garder cela secret ? La pressa la rousse, face à son silence qui l'incommodait de plus en plus.
-Ce n'est pas ça ! Lâcha-t-elle d'un ton mordant, à voix basse tout de même pour ne pas attirer l'attention sur elles.
Cheryl eut un infime mouvement de recul, surprise par la réaction brusque de la fille aux cheveux roses. Toni était toujours si douce, attentive et bienveillante envers elle. D'où venait cette intensité déstabilisante et intimidante qui serra le ventre de la jeune Blossom ?
-Mais alors pourquoi est-ce que tu es fâchée ? La questionna-t-elle, de plus en plus perdue et émotive face à celle qu'elle comprenait d'habitude si bien.
Depuis quand n'arrivaient-elles plus à communiquer clairement ? Que s'était-il passé ? Quel avait été l'élément déclencheur à côté duquel Cheryl était visiblement passée sans même s'en apercevoir ?
Toni ouvrit la bouche à plusieurs reprises pour lui répondre, mais elle ne pouvait rien lui dire. Car il n'y avait aucune raison, aucune explication qui n'impliquait pas son cœur et tous ces sentiments bourdonnants qui se faisaient si bruyants à ses oreilles et qui l'empêchaient de penser clairement.
La jeune Topaz se détourna de sa camarade, défaitiste et des larmes au bord des yeux. Il fallait qu'elle reprenne le contrôle de ses émotions. Cheryl n'y était pour rien. Ce n'était pas sa faute si Toni était tombée sous son charme. La rousse ne maitrisait pas sa beauté fatale et sa candeur attendrissante. La fille aux cheveux roses ne pouvait pas lui en vouloir.
-Ce n'est rien, oublie… Excuse-moi de m'être emportée. Conclut-elle, son ton sans appel, espérant secrètement que Cheryl ne tenterait pas de creuser plus loin car ses larmes menaçaient de dévaler la pente de ses joues au moindre mot de la rousse.
La jeune Blossom resta complètement interdite, crispée sur sa chaise. La perplexité qui peuplait son esprit rendait toute réflexion bien trop nébuleuse, alors elle décida de lâcher prise. Toni n'avait apparemment pas envie d'en discuter davantage et elle ne savait toujours pas ce qui avait causé son élan fougueux. Elle se résolut à attendre que la jeune Topaz revienne vers elle pour en parler quand elle se sentirait prête. Pour le moment, elle laissait tomber, le temps de se remettre de ses émotions et de reprendre le contrôle de son cœur qui battait la chamade.
Elle avait la désagréable impression que Toni venait de planter une flèche dans son âme et elle ne s'expliquait pas pourquoi cela l'affectait autant.
