Bonsoir mes roudoudous ! Nous voici arrivés à la fin de cette fanfiction ! Je suis heureuse de vous l'avoir partagée et, avant cela, de l'avoir terminée ahah. Je n'ai pas voulu approfondir davantage car j'ai aimé la façon dont j'ai conclu toute cette histoire, donc j'espère que vous partagerez mon avis :) On se retrouve très bientôt pour de nouvelles aventures !


Situation : dans la continuité du chapitre précédent

PS : le trait transversal est une ellipse temporelle. Désolée pour les fautes, enjoy ! :)


Des larmes plein les yeux, les joues, le cœur, l'esprit, Toni retourna en vitesse au vestiaire pour collecter ses affaires alors qu'elle n'avait pas fini de se changer. Elle portait toujours son haut d'entraînement mais avait enfilé son pantalon et ses chaussures de ville. L'ensemble sortait un peu de l'ordinaire, mais c'était bien là sa dernière préoccupation.

Les cheerleaders la regardèrent d'un air inquiet mais n'osèrent pas s'approcher d'elle quand elle ouvrit furieusement son casier, se saisit du reste de sa tenue et de son sac de classe, puis claqua la porte bruyamment avant de quitter la pièce telle une tornade déchaînée.

Elle n'arrivait pas à penser clairement, à calmer ses pensées désordonnées et qui fusaient à toute vitesse. Elle sentait bien que sa réaction était irrationnelle mais ses émotions l'envahissaient sans qu'elle ne parvienne à reprendre le contrôle.

La vue brouillée par ses larmes et la gorge serrée, elle avançait d'un pas déterminé vers l'entrée du lycée, prête à quitter l'établissement et à prendre une décision impulsive. Elle la regretterait peut-être plus tard, mais elle ne voyait en cet instant pas d'autre solution pour se sortir de cette situation qui la mettait à présent constamment à fleur de peau et qui, cette fois, l'avait faite complètement implosée.

-Toni ? Tout va bien ? La questionna la voix inquiète de Jason.

La fille aux cheveux roses s'arrêta en l'entendant l'interpeller et tenta de ravaler ses sanglots pour faire bonne figure le temps de lui répondre.

Elle fit demi-tour et se retrouva face au roux, qui fronça les sourcils face à son visage rougi et larmoyant. Il portait son uniforme de Bulldog et venait visiblement de terminer son entraînement, tout en sueur qu'il était, ses camarades bavardant vivement à proximité d'eux.

Toni posa les yeux partout sauf sur le jeune Blossom, de peur de voir l'intérêt qu'il semblait lui porter dans son regard agrandi et troublé par son comportement inhabituel.

-Qu'est-ce qui t'arrive ? La pressa-t-il à nouveau, de plus en plus anxieux.

Elle secoua la tête, incapable de prononcer un mot. Il ne lui arrivait rien, elle était simplement arrivée à son point de non-retour. C'était de la jalousie infondée, mal placée, injustifiée et qu'elle n'avait définitivement pas le droit de ressentir, mais là était le problème, car elle la ressentait malgré tout. Et ce n'était plus possible. Elle ne pouvait pas continuer de se torturer de la sorte, de partager le quotidien de celle dont elle s'était entichée et qui en aimait une autre.

-Je… mes parents m'ont demandé de rentrer et ils avaient l'air plutôt en colère que je n'aie pas remis les pieds à la maison avant aujourd'hui, alors je vais aller récupérer mes affaires chez vous en bus et puis je vais partir. Réussit-elle à mentir, dans un murmure incertain.

Jason fronça encore une fois les sourcils, pas vraiment convaincu par l'explication de la jeune Topaz. Il commençait à la connaître maintenant et il sentait bien que quelque chose clochait. Le regard de Toni était trop fuyant, son corps trop tremblant, ses yeux trop larmoyants pour qu'il n'y ait rien d'autre.

Mais avant qu'il n'ait eu l'occasion de réinterroger la fille aux cheveux roses, cette dernière avait fait volte-face et s'était précipitée hors du bâtiment.

Il resta un moment abasourdi, immobile en plein milieu du couloir, les bras ballants. Il y avait un problème, et il était bien décidé à découvrir ce qui n'allait pas.


Cheryl pénétra dans le vestiaire en soupirant, épuisée mais réjouie. La petite discussion qu'elle avait échangée avec Veronica lui avait encore davantage ouvert les yeux sur ses sentiments flous envers Toni et elle savait à présent ce qui lui restait à faire : trouver la jeune Topaz et lui avouer ce qu'elle ressentait. Une pointe d'appréhension dansait dans son ventre, mais l'euphorie amoureuse qu'elle avait dans la tête parlait plus fort encore et elle s'était décidée à n'écouter qu'elle.

Elle parcourut la pièce du regard et se rendit compte qu'elle était seule dans la pièce, avec Veronica.

Cheryl fronça les sourcils. Ce n'était pas dans les habitudes de Toni de quitter le vestiaire sans elle. Lorsqu'elle était prête avant la rousse, elle l'attendait sagement assise sur un banc, à parcourir son téléphone des yeux ou à rêvasser, le regard dans le vide. Mais, de temps à autre, elle allait prendre l'air pendant que Cheryl finissait de se changer, alors la rousse ne se formalisa pas de son absence. Elle supposa que Toni était sortie et l'attendait dehors.

Cheryl prit donc son temps pour se doucher et se changer, heureuse de pouvoir passer un moment seule à seule avec ses sentiments. Elle les écoutait lui confier des mots doux, imaginer un millier de scénarios langoureux et romantiques, couvrir Toni de compliments tendres et hautement mérités.

Elle quitta le vestiaire après Veronica et marcha d'un pas léger jusqu'au parking. Mais un nuage vint vite assombrir son ciel intérieur quand elle découvrit uniquement son frère à côté de la voiture.

-Toni n'est pas avec toi ? Le questionna-t-elle, étonnée.

Le roux secoua la tête, une expression grave et défaitiste sur ses traits.

-Non, elle est partie en trombe tout à l'heure, je l'ai croisée en allant me changer au vestiaire après notre entraînement. Elle a dit que ses parents voulaient qu'elle rentre chez eux au plus vite et qu'elle allait donc récupérer ses affaires en vitesse à la maison, mais… je ne sais pas… j'ai eu l'impression qu'elle me cachait quelque chose. Avoua-t-il à sa sœur.

Une vague de panique envahit rapidement la rousse, qui eut soudainement du mal à respirer. Pourquoi Toni avait-elle menti à Jason ? Cheryl savait pertinemment que les parents de Toni ne lui avaient rien demandé, alors pourquoi vouloir fuir le manoir ? Ne s'y sentait-elle plus chez elle ? Cheryl avait-elle fait quelque chose qui l'avait mise mal à l'aise ou lui avait donné l'impression qu'elle n'y était plus la bienvenue ?

Les yeux de la jeune Blossom s'écarquillèrent quand une pensée prit finalement racine dans son esprit. Peut-être avait-elle fini par comprendre que Cheryl avait des sentiments pour elle, et était-elle rebutée voire dégoûtée par la rousse.

Cette idée coupa la respiration de Cheryl, qui ne sut comment s'en remettre. Elle approcha une main de sa bouche et fixa son jumeau, un air de détresse dans les yeux.

-Cher ? Qu'est-ce qu'il y a ? L'interrogea-t-il, inquiet.

La rousse secoua la tête, des larmes prêtes à perler le long de ses joues.

-C'est… c'est ma faute, c'est à cause de moi. Murmura-t-elle dans un sanglot.

Elle sortit précipitamment son téléphone de son sac et tapa furieusement un message à l'attention de la fille aux cheveux roses.

Cheryl (16:56) : Toni, je suis désolée, ne pars pas s'il te plaît.

Elle releva ses prunelles humides vers Jason, une lueur de détermination dans son regard.

-Il faut qu'on rentre avant qu'elle ne soit partie. J'ai… j'ai besoin de discuter avec elle. Lui annonça-t-elle, sans entrer dans les détails.

Le roux ne posa aucune question et s'installa simplement derrière le volant. Cheryl ouvrit la portière les doigts tremblants et prit place dans la voiture, ses pensées fusant dans tous les sens. Elle n'arrivait pas à réfléchir clairement, ni à déterminer quelle était la cause des actions de Toni.

Après quelques minutes à rouler dans le silence, elle osa prendre la parole pour que son jumeau l'aide à mettre de l'ordre dans son esprit.

-Jay-Jay… Je suis amoureuse de Toni mais je ne lui ai pas avoué… Tu penses qu'elle l'a deviné et que… et que c'est pour ça qu'elle veut s'en aller ? Le questionna-t-elle.

Jason tenta de garder une expression neutre face à l'aveu de sa sœur.

Il s'était peut-être douté qu'il y avait quelque chose, mais certainement pas ça, pas à ce point en tout cas. D'accord, il avait aidé sa jumelle à suivre le chemin de ses sentiments en y semant des petits cailloux pour mieux atteindre sa destination, mais elle était parvenue au bout bien plus vite que ce qu'il n'avait anticipé.

Il laissa l'aveu précieux de Cheryl prendre place dans son esprit, se poser sagement dans un coin, puis tenta de lui répondre le plus honnêtement possible, avec le peu d'informations qu'il avait réussi à collecter, tel un jeune détective d'amourettes.

-Je ne sais pas… Elle avait l'air vraiment chamboulée tout à l'heure, alors il y a certainement quelque chose du côté de l'affect en jeu, mais… je ne suis pas dans sa tête. Conclut-il laconiquement.

Cheryl acquiesça sans rien ajouter, concentrée à contempler l'horizon pour tenter de contenir ses larmes. L'aveu de son jumeau avait fait naître une petite flamme d'espoir dans le creux de son ventre et elle tenta tant bien que mal de la protéger du vent impétueux qui soufflait en elle de toute part. Plus que quelques minutes de route et elle pourrait enfin ouvrir son cœur à celle qui le faisait battre.

Quand Jason arrêta la voiture dans le garage de leur propriété, Cheryl se précipita sur la portière puis courut à en perdre haleine jusqu'à l'entrée de la grande demeure. Elle monta les marches quatre à quatre et finit devant la porte de sa chambre à bout de souffle.

Elle soupira de soulagement en voyant Toni mettre une des bretelles de son sac sur son épaule. Elle avait été plus rapide que la fille aux cheveux roses.

-TT, attends. L'implora Cheryl, avant même que la jeune Topaz n'ait posé les yeux sur elle.

Quand elle tourna enfin son regard dans sa direction, la rousse en eut – encore une fois – le souffle coupé. Les larmes qui baignaient ses joues et les émotions crues qui dansaient dans ses pupilles dilatées firent tanguer un peu plus Cheryl et la bousculèrent dans ses envies d'aveux amoureux.

Toni ne releva même pas le surnom qui avait échappé à la rousse, trop obnubilée par le désir criant de fuir le manoir et tous les sentiments à sens unique qu'il renfermait. Peut-être que loin des Blossom, loin de leur hospitalité, loin de la douceur que dégageaient ces murs et leurs habitants, Toni reprendrait la main sur toutes ses pensées volatiles et insaisissables.

-Non, Cheryl, je ne peux pas… Je-je dois m'en aller. Murmura-t-elle d'un ton faible.

Elle avait seulement envie que tout s'arrête, qu'elle n'ait plus la rousse dans la tête, qu'elle passe à autre chose.

La jeune Blossom sentit à son tour des larmes monter jusqu'à ses yeux et dévaler la pente de son visage. Elle ne les retint pas, car elle laissait toujours s'exprimer ses émotions.

-C'est-c'est à cause de –

-Oui, oui, oui ! Bien sûr que c'est à cause de ça ! S'emporta Toni, avant même que Cheryl n'ait eu l'opportunité de finir sa phrase.

Elle s'était crue capable de supporter que la rousse soit déçue par son comportement fuyant, se sente trahie peut-être même, mais elle s'était voilé la face – après tout, il n'y a plus d'objectivité quand on aime. Quand Toni vit Cheryl se briser devant elle, son implosion jaillit et se transforma en une explosion spectaculaire.

-D'accord… Je… Ecoute, je peux essayer de –

-Non, Cheryl, par pitié, je veux juste partir… je suis épuisée. Lui confia-t-elle finalement dans un soupir éreinté.

La rousse resta une seconde interdite face à la réplique de Toni. C'était bien le dernier adjectif qu'elle s'attendait à entendre quitter la barrière de ses lèvres.

-Epuisée ? L'interrogea-t-elle, une pointe de curiosité dans la voix.

La jeune Topaz ravala un nouveau sanglot et se retint de lever les yeux au ciel. Cheryl était-elle donc si aveugle qu'elle ne comprenait toujours pas quels étaient les sentiments de la fille aux cheveux roses à son égard ?

-Oui, épuisée, parce que je n'en peux plus de t'entendre parler de Veronica tout le temps… Je n'arrive même plus à te voir avec elle sans complètement vriller… La preuve. Conclut-elle avec un geste de la main pour s'englober et montrer que ses dires étaient fondés, puisqu'elle avait littéralement fui à la vue des deux filles ensemble.

La perplexité habilla le visage de la jeune Blossom, complètement perdue dans cette conversation. Toni n'avait visiblement rien compris à la situation et c'était risible.

Un éclat de rire éberlué et un brin moqueur quitta la bouche ronde de Cheryl.

-Tu crois que je suis encore amoureuse de Veronica ? S'exclama-t-elle, plus amusée qu'attristée à présent.

Ce n'était donc qu'un gigantesque quiproquo, auquel elle allait finir par mettre un terme.

Toni eut un mouvement de recul et croisa les bras sur sa poitrine, vexée que Cheryl ne rie à ses dépens. Elle occulta la question de la rousse et répondit amèrement, sur la défensive.

-Cheryl, ne me mens pas, je vous ai vues ensemble tout à l'heure, et –

-C'est la copine de mon frère, pour l'amour de Dieu ! La coupa Cheryl, mais son ton n'était pas mordant, plutôt malicieux.

Elle s'avança d'un pas vers Toni et lut le trouble et l'incompréhension qui grandissaient petit à petit en elle. Elle s'en délecta, s'en abreuva à chacun de ses pas, jusqu'à ce qu'elle soit au plus près de la fille aux cheveux roses. Elle sentit le souffle de la jeune Topaz, erratique et désordonnée, contre sa propre bouche. Son sourire se fit moins espiègle, devint tout à coup tendre et infiniment doux.

-Oui, tu nous as vues ensemble parce que je lui ai avoué que j'avais des sentiments pour toi. Chuchota Cheryl, dans l'air de la confidence, le rose aux joues et les cils battants.

Toni resta figée, immobile comme une statue majestueuse, et interloquée par les mots qui avaient échappé à la rousse.

-Tu-tu as des sentiments pour moi ? Bredouilla-t-elle, visiblement peu convaincue par les paroles de Cheryl.

Peut-être parce que cela lui semblait trop beau pour être vrai. Elle en avait rêvé pendant de si longues journées, pendant d'interminables nuits, que les entendre véritablement gardait une certaine irréalité.

La jeune Blossom hocha la tête et vint lentement, du bout des doigts, se saisir de la main de Toni.

-Oui, je pensais que tu avais deviné, tu es plutôt perspicace et observatrice la plupart du temps. La taquina-t-elle, n'osant pas croiser son regard.

Un éclat de rire sincère et soulagé échappa à Toni, qui pressa la main de Cheryl.

-Peut-être étais-je trop accaparée et aveuglée par mes propres sentiments pour remarquer les tiens. Proposa-t-elle.

Cheryl releva prestement la tête vers Toni à l'entente de ces mots magiques, qu'elle avait seulement osé espérer. Mais voilà qu'ils dansaient à présent entre elles, qu'ils enlaçaient langoureusement leurs deux âmes amoureuses et transies.

-Peut-être. Concéda Cheryl, de l'adoration plein les prunelles.

Toni amena ses doigts un brin tremblants jusqu'au fin visage de la rousse et dessina le contour de sa tempe, avant de replacer une mèche de cheveux en arrière de son appareil. Elle contempla Cheryl avec un regard neuf, comme si elle n'avait jamais posé les yeux sur elle, comme pour la première fois. Et elle crut tomber amoureuse d'elle plus encore qu'auparavant, car elle savait à présent qu'elle avait le droit d'aimer et que ses sentiments étaient partagés.

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