CHAPITRE 18
C'était lors d'un de ces innombrables et barbants diners, retrouvailles des Sang Purs célébrant leur pureté.
Assis dans son coin, un adolescent d'environ quinze ans, sa chevelure platine parfaitement coiffée en arrière, son costume trois pièces noir, l'habillant élégamment, tira sur sa cravate pour la desserrer discrètement.
Surtout, garder le port altier. Ne pas montrer ses émotions. Rester courtois et distingué. Voilà les règles les plus importants des Malefoy. Et des Sangs Purs. Assis, debout, parlant, murmurant, calomniant ou refaisant le monde, les invités de ses parents se croyaient maitres de ce dernier. Et c'était bien une chose qu'il ne comprenait pas. Ou plutôt plus.
Toute son enfance, son père lui avait inculqué l'importance du sang – et de sa Pureté –, le prestige de leur nom, le pouvoir de leur influence. Par sa naissance, tout lui était accessible et dû. Ça, Drago Malefoy l'avait bien assimilé.
Jusqu'à ce fameux jour de mai, ou juin, il ne savait plus très bien. De toute façon, la chronologie importait peu. Le plus important dans cette histoire était qu'il s'était pris un coup droit en pleine poire et qu'il ne l'avait pas vu venir. Après tout, on ne touchait pas un Malefoy ! Cette règle implicite mais présente avait été violée par nulle autre que Monica Fletcher, Sang de Bourbe de son état. Mais ce qui avait le plus ébranlé ses convictions était la gifle que son père lui avait assénée quand il lui avait rapporté l'événement.
À partir de cet instant, celui où son père lui avait craché qu'il lui faisait honte, qu'il n'était pas digne de son nom, mais surtout à partir de celui où son père avait dans la foulée affirmé que leur Maitre n'aurait fait qu'une bouchée de cette Sang de Bourbe, de cette infâme créature, c'était à partir de cet instant que Drago vit ses convictions chanceler.
Pourquoi son père l'insultait-il alors qu'il s'était fait agressé ? Aurait-il réagi autrement si cela avait été le fait d'un Sang Pur ? Et ce Maitre, Lord Voldemort, que venait-il faire dans l'histoire ? Ce nom, il l'entendait depuis sa naissance, d'abord en chuchotant, caché derrière les sourires de connivence et les signes de tête hautains entre collègues tout aussi arrogants, puis plus haut au détour d'une conversation entre ceux qui se donnaient discrètement le lugubre titre de Mangemorts. Mais il ne l'avait jamais vu, ce Lord que son père et ses amis proches louaient comme s'il était Salazard Serpentard.
Plus tard, ces pensées ont mené Drago Malefoy vers ce qu'il ne comprenait pas encore comme étant le premier geste de rébellion et de rejet de la pensée de pureté de la race. Un matin, l'adolescent s'est levé avec la rage au ventre, fusillant du regard son père toute la journée, toute la semaine, juillet entier. Puis il s'était lassé de l'indifférence de son père. Alors il avait repris son air « malefoyien » et desserré les dents, tout en perdant la conviction en cette pensée de l'élite.
Maintenant, cette élite, il la dévisageait l'air las, assis dans son coin, priant pour qu'arrive plus vite le moment où il pourrait enlever sa cravate.
Son air las sembla attirer l'attention de son arrière-grand-père – oui, ce vieux bougre était encore en vie – qui vint s'asseoir à ses côtés.
- Je vois que tes yeux s'ouvrent, mon enfant, lui souffla l'haleine avinée de son aïeul.
- Je dirais plutôt le contraire, bon papa, grogna Drago.
- Si tes yeux se lassent de ce spectacle navrant, cela veut dire qu'ils s'ouvrent à la Vérité.
Qu'est-ce qu'il racontait, celui-là ? Drago tourna la tête vers Septimus Malefoy qui le fixait de ses intenses prunelles aciers. Surpris, le jeune garçon eut un mouvement de recul. Il n'eut pas le temps de réagir, son ancêtre étant bien trop vif : ce dernier jeta un rapide coup d'œil vers la salle bondée puis pivota sur sa chaise, se pencha vers son arrière-petit-fils et entoura sa main de la sienne, pas si décharnée pour son âge avancé.
- Drago, je te demande ton entière attention. (Sa voix était basse, profonde, pressante.) Cette pensée qui te lasse maintenant, cette idée du pureté qui t'horripile sans que tu en aies conscience – ne lève pas tes sourcils, je t'ai vu, mon fils – n'a pas lieu d'être. Je t'en prie, Drago, ne suis pas ton père dans son idéalisme. (Nouveau coup d'œil pressé vers la foule.) Dans le grenier, il y a un coffre. Noir. Avec nos armoiries. Tu l'ouvres et y trouveras des cahiers, des livres… Lis-les. Tous. Ce sont mes journaux.
- Te voilà, mon fils !
Les têtes de Drago et Septimus pivotèrent vers Lucius qui s'avançait parmi les gens, accompagné de certains amis et collègues, eux aussi affublés d'une canne sombre et chic. Mais Septimus n'avait pas fini :
- Ne te laisse pas avoir par le faste de la famille, Drago. Ne te laisse pas endoctriner par cet individu.
Pas le temps de poser des questions : Lucius imposa sa main sur l'épaule de son fils, le forçant implicitement à se lever, et en profita pour jeter un regard soupçonneux à l'aïeul, assis et fier comme un roi, le visage impassible. Drago ne quitta pas son arrière-grand-père du regard tout au long du discours pompeux du Lucius sur ses résultats scolaires et son avancée plus que marquée vers la Réalité qu'était la leur. À ces mots, Drago comprit que Septimus avait sa propre réalité des choses. Et que seul le contenu de ce coffre mystérieux l'éclaircirait.
C'est ce à quoi Drago consacra la fin de ses vacances scolaires. Il lut, éplucha, décortiqua, encore et encore, des heures durant, l'écriture en pattes de mouche, tantôt appliquée, tantôt agitée, de son arrière-grand-père.
Il lut tant que ça devint trop. Il ne savait que penser de tout ça. Ça faisait beaucoup d'informations à assimiler.
Le jeune Malefoy s'était tellement plongé dans les pensées et réflexions de Septimus Malefoy qu'il ne trouva qu'une solution pour émerger : revenir à celles de son père.
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- Il m'a fallu deux ans, deux longues années maculées de sang pour comprendre que mon arrière-grand-père avait raison : que la pureté du sang et de la race ne mènerait à rien. Hélas, je me suis laissé berner par les sermons et grands discours suprématistes de mon père. Ce n'est qu'en rencontrant… (un frisson de dégoût le secoua) ce monstre que je compris que ce vieux Septimus avait tout compris à la vie.
- Il était opposé à ce que ton père pensait ? demande Hermione en resserrant les pans de la couverture autour d'elle, comme glacée par son histoire.
Drago acquiesça, sourcils haussés, lèvres pincées, son verre de whisky pur feu tournoyant entre ses doigts fins. La vaisselle vide disparut de la table.
- Il savait que les Sangs Purs ne valent pas plus que ce que mon père appellent des Sangs de Bourbe.
Hermione fronça les sourcil : quelque chose l'empêchait d'y voir clair.
- Drago, je ne comprends pas. C'est quoi, un Sang de Bourbe ?
L'intéressé stoppa tout mouvement, releva son regard glacé dans celui d'Hermione et laissa tomber un vrombissant :
- Des gens comme toi.
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Le choc assimilé, Hermione se leva et se mit à faire des aller-retours devant l'immense cheminée. Comment… Pourquoi… C'est ignoble !
Hermione s'arrêta brutalement, pivota sur ses talons et, sa chevelure folle encadrant son visage telle une crinière de feu, braqua sur Drago un regard dur et froid, déterminé :
- Et ton père dans tout ça ?
- Mon père ?
- Tu m'expliques comment tu as pris conscience de ce qui s'est déroulé quand tu étais gamin, que ton arrière-grand-père était un sage à sa façon. Tu m'as conté tes erreurs, tes hontes, tes fiertés. Mais tu as omis ce que ton père fait ici.
- Co…
- Je le sais Drago. Et maintenant que tu m'expliques quel homme il est, je fais le lien entre tout ce que j'ai vu et ce que j'ai appris par bribes. Et je sais que c'est lui qui est entré dans ton bureau et qui en est reparti en trombes quelques semaines plus tôt.
Drago reprit soudain son habituelle attitude de contrôle et de froideur. Son menton se releva, ses yeux s'assombrirent et c'est d'un ton hautain qu'il rétorqua :
- Beaucoup de gens entrent et sortent de mon bar, Granger.
- Donc tu ne nies pas qu'il est entré et sorti comme je l'ai dit.
- Je ne confirme rien du tout.
Il jouait sur les mots. Tout comme elle. Il aurait fait un excellent adversaire au Tribunal. Cependant, l'heure n'était pas aux tergiversations, mais bien à la Vérité. Et elle comptait bien l'avoir toute entière.
- Raconte-moi, ordonna-t-elle.
Son ton était si grave que Drago n'eut d'autre choix que de s'y soumettre.
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- Wouaw ! s'exclama Drago, empli de mépris. On tient là le père parfait : brutal, sans foi ni loi, absent de surcroit et qui revient uniquement quand il a besoin des capacités de son fils. Et tout ça… à cause d'une fichue prophétie ! cria Drago, furieux.
Il contourna lentement le bureau, martelant chaque mot et les ponctuant tous d'un pas, si bien qu'il se retrouva pile devant son père, ses yeux furibonds dans le regard hautain. Drago faisait la même taille que son père dont les traits semblables se dissociaient par l'expression qui y régnait : le père, froid et calculateur, contre le fils, courroucé et dangereux. Le contrôle VS. la blessure. Il était utilisé, encore et toujours, pour l'unique projet de son géniteur. Bouillonnant de colère, il serra les poings et articula clairement :
- Je t'ordonne de quitter ce bar, mon bar, immédiatement.
L'expression habituellement neutre de Lucius Malefoy prit une teinte inquiète, surprise et troublée. Contre sa volonté, son pied gauche recula d'un pas. Luttant contre l'influence, il grogna :
- Comment oses-tu t'en servir contre ton père ?
Drago sourit sardoniquement :
- Je vais me gêner…
Sous les yeux et le corps impuissant de l'ainé, le jeune propriétaire scanda, la voix emplie de pouvoir :
- Moi, Drago Malefoy, te bannis de ce bar et t'ordonne de ne plus jamais y revenir.
Lucius écarquilla les yeux, surpris. Il recula sans pouvoir lutter vers la porte du bureau, de plus en plus vite et la force qu'il exerçait avec son corps contre la magie de son fils lui fit perdre l'équilibre quand le porte se referma devant son nez.
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- Ton père a quitté les lieux précipitamment, Drago, commenta Hermione en s'asseyant dans le canapé, un pied sous les fesses. Il n'a salué personne en entrant, personne en sortant. Ensuite, tu es venu chercher Pansy presque en claquant des doigts et vous avez disparu dans ton bureau. Alors pour la dernière fois, je te le demande : que te voulait ton père ?
- Si tu me laissais terminer, tu le saurais, Granger.
La brune, d'abord agacée, eut le bon goût de rougir.
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Pansy ferma la porte dans son dos, sans quitter son meilleur ami du regard. Elle savait la visite de son père une surprise désagréable et se doutait que la raison pour laquelle il avait pointé son nez au Malefoy's pour la première fois depuis une décennie n'était pas anodine. Elle ignorait seulement l'ampleur de sa venue.
Drago faisait les cent pas depuis deux longues minutes quand il se stoppa soudainement avant de se tourner vers la barmaid :
- Mon père a une nouvelle lubie, déclara-t-il de but en blanc. Il veut évidemment la réaliser. Il a voulu à nouveau se servir de moi, mais j'ai refusé. Je lui ai ordonné de quitter le bar je ne pense pas qu'il reviendra mais il enverra plus que probablement des espions à sa place. Il pourrait même leur demander de nous suivre.
La noirette acquiesça sans surprise, le père Malefoy agissait comme elle l'avait toujours vu faire : il tente en premier lieu de forcer la main et si cela ne fonctionne pas, c'est l'intimidation et la peur que ses sbires inspireront qui feront que les choses iront dans son sens. Néanmoins, elle savait aussi que le fils était parfois plus rusé que le père. Ça promettait…
- Ces hommes que ton père pourrait envoyer, ils nous attaqueraient ?
- Probablement pas avant un moment. C'est pourquoi il faudra être 24/7 sur nos gardes et surveiller nos propos. Rien, pas même une pensée furtive ne doit passer sur nos visages. Clair ? (Nouveau hochement de tête chez Pansy.) Je crois que mon père attendra d'avoir suffisamment d'informations avant de tenter quoi que ce soit.
- Et Hermione ?
Drago se crispa si furtivement que Pansy crut ne pas l'avoir vu.
- Elle ne doit rien savoir, décréta-t-il après courte réflexion.
Pansy protesta :
- Et si elle découvre tout ? Nous ne sommes sûrement pas les seuls à savoir ce que veut ton père. Le Ministère doit être aux aguets.
Drago ricana :
- Le Ministère américain ne vaut pas mieux que le britannique : il ne s'occupe que de ce qu'il veut bien. Et si, dans la plus incertaine hypothèse où il finirait par apprendre le retour de mon père, il n'y croirait pas : une légende reste une légende, Pansy, l'as-tu oublié ?
Le sous-entendu était clair, mais elle ne se laissait pas démonter :
- Hermione est amie avec Potter et Weasley, je te rappelle. Qui sont Aurors. Il suffit qu'une info leur échappe et elle fouinera jusqu'à trouver.
Le blond pinça les lèvres, mécontent que sa meilleure amie puisse avoir raison. Et il l'admit avec grande difficulté :
- Tu n'as pas tort. (Il réfléchit une seconde puis releva des yeux déterminés vers elle.) Nous allons donc lui apprendre l'occlumentie.
- Quoi ? s'exclama Pansy. L'occlumentie ? Mais tu es le seul à parfaitement la maitriser. Blaise et moi ne sommes pas aussi forts.
- Alors je serai son professeur. Toi, tu vas lui enseigner comment faire des bombes en tout genre et des poisons. (Il fit fi de l'expression effarée de son amie.) Blaise… Blaise lui apprendra notre jargon. Celui des sorciers, mais aussi des Serpentards. Et des Mangemorts.
- Tu ne veux pas lui apprendre la magie noire, tant que tu y es ? railla Pansy en levant les bras en l'air.
Drago se figea, estomaqué :
- Mon but n'est pas de la faire devenir un Mangemort, Park' ! Je veux la pr… être sûr qu'elle saura se défendre seule.
Pansy secoua la tête : elle avait entendu le lapsus du blond et elle n'approuvait pas du tout. Mais elle était fidèle à son ami et s'il demandait de former quelqu'un, alors elle formerait. Bien qu'elle jugeait Hermione inapte à se défendre seule : ce n'est pas en six mois de magie qu'elle était une sorcière accomplie.
- Comme tu voudras, soupira-t-elle. Faites que Merlin soit de ton côté, Drago. Parce que je refuse de me retrouver entre toi et ton père, voire entre toi, ton père et ses sbires.
- Je te promets que tu te tiendras juste derrière moi, ma grande, sourit ironiquement Drago.
- Ça me rassure encore moins, marmonna la noirette en sortant du bureau, le rire de son compère dans son dos.
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- Est-ce que tu as utilisé la magie noire sur ton père ?
Drago releva brusquement la tête vers Hermione, n'en croyant pas ses oreilles. Il lui annonçait qu'elle était en danger, que le monde sorcier était en danger, et tout ce qu'elle retenait était qu'il avait banni son père de son bar. Il se mit debout et alla se planter face à elle, se baissa à sa hauteur et planta son regard orageux dans ses prunelles chocolat :
- Non, Granger, je n'ai pas utilisé la magie noire sur mon père. Oui, je l'ai pratiquée et non, je ne la pratique plus.
Hermione recula sur le canapé et réussit à relever le menton malgré la prestance du blond.
- Alors comment as-tu réussi à le bannir ?
Drago la fixa un moment sans réagir. Il n'avait d'autre choix que de lui dire le dernier secret qui était sien. Il baissa alors la tête, défait. Il se passa une main dans les cheveux – ce geste hypnotisa Hermione qui eut subitement envie de le faire à sa place, mais elle se retint et revint à elle quand les orbes grises la transpercèrent. Oooh, je ne suis pas au bout de mes peines, moi, geignit-elle intérieurement. Le blond se déplaça jusqu'au fauteuil, fit un geste en direction de la grande table d'où décolla son verre d'alcool qui voleta jusqu'à la table du salon. Ensuite, il tapota la place à côté de lui Hermione quitta sa place pour s'y asseoir, acceptant l'invitation silencieuse.
- Certains sorciers, Granger, sont… différents.
La jeune femme fronça les sourcils, lèvres pincées, l'air de dire : « Mais encore ? ».
- Cette minorité de sorciers et sorcières, tout autour du globe, ont des facultés que la majorité n'a pas. Ces facultés, toutes et grandement variées, sont innées.
Hermione posa sa main sur le bras du blond : son trouble la perturbait et elle sentait au fond d'elle que c'était maintenant ou jamais. Elle savait que la clé à toutes ses questions se trouvait là, entre les lèvres du blond.
- Ce n'est pas la magie noire qui a fait sortir mon père. C'est ma magie à moi, unique. La même que mon père a exploité des années durant pour obtenir ce qu'il voulait. (Il planta ses yeux graves dans les siens, indulgents.) J'ai un don, Granger. Le don de persuasion.
Drago se tut, attendant une réaction. Hermione s'immobilisa, le regard au loin. Cela expliquait tellement de choses : son père, de fait, qui s'était retrouvé trainé dehors, les bagarres qu'il avait empêchées entre les différents clans qui venaient prendre un verre dans son bar et le loup-garou qu'il avait calmé le soir de la Libération. Elle avait toujours pensé que c'était à elle qu'il parlait ce soir-là, mais c'était à cette créature magique mue par un instinct de chasse incontrôlable. Et ce don, si elle suivait le fil de ses constations, l'épuisait considérablement – raison pour laquelle il était revenu trempé le soir où il s'était énervé contre elle parce qu'elle était allée à la bibliothèque sans son autorisation : il avait dû marcher parce que trop épuisé pour transplaner après avoir usé de ses capacités sur son lieu de travail. Elle se souvenait également qu'il en avait fait usage sur elle le jour de son départ pour l'Angleterre presque six mois plus tôt : l'étourdissement qu'elle avait ressenti et le trouble dans ses yeux alors qu'il ne comprenait pas pourquoi son pouvoir n'avait pas fonctionné sur elle.
Hermione se posait la même question que lui : pourquoi ? Ou plutôt : comment ? Comment avait-elle fait pour passer entre les mailles du filet ? La brune supposait que c'était dû à ses pouvoirs encore enfuis en elle : parce qu'elle utilisait inconsciemment ses pouvoirs, les siens n'avaient pu agir sur elle. Elle n'aurait pas su être manipulée puisqu'il n'y avait rien à manipuler. Ou alors elle avait un esprit trop sûr de ses convictions pour être influencé.
La jeune femme aurait pu s'offusquer qu'il eut voulu la manipuler. Mais par expérience, faire culpabiliser quelqu'un qui ne connaissait que ça depuis sa plus tendre enfance ne servait à rien. Aussi fit-elle le choix de lui pardonner et d'avancer – elle n'allait tout de même pas rester bloquée sur ça toute la soirée.
Hermione reporta son attention sur les traits figés du blond et reprit la conversation comme si elle ne s'était jamais arrêtée :
- Tu sembles dire que tu n'es pas le seul sorcier à avoir des pouvoirs. De mon côté, je suis persuadée que la Nouvelle-Orléans est peuplée d'êtres comme toi.
- Des Dotés, précisa-t-il. On nous nomme « les Dotés ». Tu as raison, reprit-il après une pause, nous sommes nombreux. En dehors de Sybille Trelawney qui a le don de double-vue, tu as Potter qui a gardé cette capacité comme des séquelles de son passé avec Voldemort.
Harry avait expliqué dans les grosses lignes à la sorcière l'origine de sa cicatrice : l'assassinat de ses parents, le sort qui a ricoché, le morceau d'âme de ce sorcier infâme qui avait fait d'Harry un être particulier et les pressentiments toujours vrais en bonus de son orphelinat précipité.
- Luna Lovegood parle aux animaux – et même si elle n'avait pas été dotée, crois-moi qu'elle aurait toujours eu l'air bizarre, ajouta le blond sur le ton de la confidence. Il y a aussi Charles Weasley qui est empathique.
Hermione écarquilla les yeux sous la surprise : tout lui semblait tellement logique, à présent ! Ses discours toujours très obscurs, mais qui sonnaient toujours justes. Son agacement quand elle pensait trop.
- Est-ce qu'être empathique permet également de lire dans les pensées ?
- Non. Du moins, je ne crois pas. La télépathie permet de lire les pensées tandis que l'empathie permet de ressentir les émotions. Mais peut-être qu'il est devenu tellement fort qu'il arrive maintenant à associer des émotions à des pensées ? supposa le blond en haussant les épaules.
- Peut-être… souffla la sorcière, pensive. (Elle fronça les sourcils, concentrée.) Tu m'apprends l'occlumentie, mais comment nommes-tu le fait d'entrer dans la tête des gens ?
- La légilimentie. Elle a souvent été utilisée à mauvais escient.
Au ton qu'il utilisa, elle sut qu'il parlait par expérience.
- La légilimentie peut-elle être un don ?
Drago eut un petit sourire :
- Je ne pourrai jamais nié que tu n'assimiles pas vite ce que tu apprends, Granger.
La jeune femme lui rendit son sourire.
- Tu as d'autres choses à m'apprendre, Malefoy ?
Son ton avait été bien plus taquin que prévu. Le blond le remarqua et son regard s'assombrit, teinté d'une étincelle qu'elle avait déjà vue, mais qu'elle n'avait jamais osé affronter. Au lieu de ça, elle avait choisi d'emménager dans l'appartement que Zabini avait mis à sa disposition, trop effrayée par la vérité qui s'y cachait.
Mais ce soir, quelque chose avait changé en elle. Cette semaine à se connecter à elle-même avait-elle réveillé des pulsions refoulées ? Hermione n'en savait rien. Elle avait seulement conscience, mais de façon un peu détachée, que son buste se penchait vers celui du blond qui ne l'a quittait pas des yeux.
Le bras de Drago quitta le dossier derrière la tête d'Hermione et alla se poser entre sa cuisse et le cuir sombre. Il prit appui et se pencha lui aussi. D'un commun et silencieux accord, leurs nez se frôlèrent dans une caresse délicate. Leurs respirations s'accélérèrent, s'approfondirent et leurs lèvres s'effleurèrent rapidement puis les jeunes gens échangèrent un regard avant de s'embrasser réellement.
C'était un baiser pressé, impatient, difficilement retenu. Hermione agrippa le col de la chemise de Drago tandis qu'il entourait son cou de ses longs doigts. Ce contact fit s'embraser la peau de la sorcière qui se redressa pour s'asseoir à califourchon sur le blond. Ce dernier grogna et empoigna ses hanches pour la rapprocher encore. Son bras avançait pour enlacer étroitement sa taille quand Drago stoppa tout mouvement, figé. Hermione, la vue brouillée par l'adrénaline et autre chose qu'elle refusait de s'avouer, le dévisagea, interloquée.
- Quelqu'un arrive, murmura le blond, essoufflé.
Il la souleva et la laissa choir dans le fauteuil tandis qu'il se relevait et se resservait un verre.
Sur le cul, Hermione ouvrit un four puis le fusilla des yeux. Alors ça, pour une excuse ! C'était bien la première fois qu'on la lui sortait. Si elle embrassait si mal, il aurait pu lui dire directement et gentiment. Avec tact. Pas la repousser en lui balançant l'excuse bidon de l'arrivée d'étranger ! Et puis, d'ailleurs, s'il la pensait assez idiote pour laisser couler, il se mettait le doigt dans l'œil !
Alors Hermione se dressa de toute sa hauteur, leva le menton et ouvrit la bouche pour lui reprocher son manque de respect et de sincérité quand Blaise fit irruption dans le salon, la porte d'entrée claquant derrière lui.
La colère d'Hermione fondit comme neige au soleil et c'est la honte de sa réactivité impulsive qui la fit rougir, sans compter le souvenir de ses lèvres sur les siennes et ce qui aurait pu arriver si l'acolyte n'était pas arrivé. Hermione se racla discrètement la gorge et but une gorgée de son whisky tout en adressant un signe de tête à Blaise tandis que Drago levait simplement les sourcils.
- Que me vaut cette visite ? s'enquit-il.
Hermione remarqua qu'il avait remis de l'ordre dans ses cheveux et sa chemise alors que les siens devaient sûrement être dressés sur sa tête comme si elle venait de se faire foudroyer. Ce que Blaise ne manqua pas de remarquer, déduisit la Londonienne au vu de ses lèvres frémissantes.
- J'étais venu voir si elle ne t'avait pas tué, répondit Blaise avec un clin d'œil à Drago, impassible.
La jeune femme imita de son mieux le blond, sans convaincre personne.
- Plus sérieusement, reprit Drago, qu'est-ce que tu fais là ?
Blaise reprit son sérieux.
- Tu lui as dit que ton bar avait retrouvé sa popularité d'antan depuis qu'elle avait débarqué ? l'interrogea Blaise, donnant un coup de tête vers Hermione sans la regarder.
De son canapé, Hermione ferma les yeux de lassitude : tous les Serpentards parlaient-ils des autres comme si les concernés n'étaient pas dans la pièce ? Ou était-ce juste parce que Blaise côtoyait trop Pansy ?
- Je lui ai appris comment j'ai découvert que la majorité des parents sortis de Serpentard étaient des pourris, que plusieurs personnes étaient dotées et pourquoi j'avais jugé bon qu'on lui apprenne la magie. (Il tourna la tête vers Hermione.) En parlant de ça, tu devrais aller voir Pansy.
- Quoi ? Maintenant ?
Un simple haussement de sourcils lui répondit.
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- Granger ? fit Pansy en haussant un sourcil d'étonnement.
- Bonsoir, Pansy, la salua Hermione, un peu mal à l'aise. (Pourquoi était-elle là, déjà ? Ah oui : parce que Monsieur Malefoy lui avait dit d'interroger sa meilleure amie alias La Fille qui détestait Hermione Granger.)
- Que me vaut l'honneur ?
- Eh bien, Drago…
- Entre, j'ai compris, la coupa la noirette en se dirigeant vers son salon, laissant la porte ouverte.
Elle n'en serait pas si sûre, si elle était à sa place, songea la Londonienne.
- Il m'a dit que tu pourrais m'en dire plus sur la magie, annonça Hermione en fermant la porte avant de la rejoindre dans son appartement.
Aussi étonnant que cela puisse paraitre, l'appartement de Pansy ne différait pas vraiment du sien, mis à part quelques éléments typiques au monde sorcier. Comme cet animal qui venait de lui sauter dessus, par exemple.
- Jersey, couché !
L'animal mi-félin, mi-canin s'éloigna après avoir reniflé la main de Pansy et poussé un joyeux son à mi-chemin entre un aboiement et un feulement. La maitresse secoua la tête, eut un regard attendri pour son animal puis reporta sa froide attention sur Hermione qui reprenait son souffle.
- Je fais déjà tout ce que je peux pour t'aider, Granger. Mais tu as plutôt l'air de préférer respirer des fleurs et faire des câlins aux arbres… rétorqua la barmaid en remplissant deux verres d'un liquide inconnu.
Faisant fi de la moquerie, elle accepta le verre que lui tendait Pansy avec prudence : elle alla même jusqu'à le renifler dans le dos de la jeune femme.
- Mais qu'est-ce que tu fais ? l'interrogea Pansy, n'en ayant pas loupé une miette, contrairement à ce que pensait Hermione.
- Je…
Hermione, prise de court, bafouilla plus qu'elle ne forma une phrase. Elle vit Pansy papillonner des yeux avant de les lever au ciel et de soupirer en grognant.
- Quel idiot ! Il va m'entendre, ça, c'est sûr ! gronda-t-elle. (Elle donna ensuite un coup de menton vers le verre entre les mains d'Hermione.) Ne le bois pas si tu ne veux pas, mais sache que c'est un cocktail tout ce qu'il y a de plus normal. (Elle but une lampée du sien, attendit quelques secondes puis écarta les bras.) Tu vois ? Je suis toujours en vie. Et non, je n'ai pas pris d'antidote. (Hermione but alors une gorgée, rassurée.) Si tu meurs, c'est que quelqu'un d'autre l'aura trafiqué.
Hermione recracha brusquement le liquide pourtant agréable et dévisagea Pansy avec des yeux de hibou. Pansy soupira une nouvelle fois et secoua la tête devant la bêtise humaine.
- Franchement, Granger, tu crois que je laisserais une boisson empoisonnée à la disposition de tout le monde alors que je sais quand et qui je reçois ? J'adapte mon bar en fonction des hôtes, Granger, et, contrairement à ce que tu pourrais penser, ton nom n'est pas inscrit sur ma liste rouge.
Hermione sourit d'un air à la fois contrit et sarcastique, reflet parfait de celui de Pansy. Enfin, non, Pansy Parkinson ne souriait jamais : elle grimaçait, tout au plus.
- Alors tu sais pour les Dotés ? reprit la noirette en s'appuyant contre son bar.
Hermione l'imita contre le dossier du fauteuil. Elle acquiesça en précisant cependant :
- En ce qui te concerne, il a tenu à… garder le mystère. Ou il ne sait pas spécifiquement quel don tu as, ou bien il tient à ce que tu me le dises toi-même. Si la deuxième option est la bonne, sache que je ne sais absolument pas pourquoi.
Pansy garda le silence quelques instants avant de se redresser et de partir dans le couloir. Comme elle n'avait pas invité Hermione à la suivre, cette dernière, perplexe, resta où elle se tenait. Une minute plus tard, Pansy revint dans le salle avec un énorme livre dans les bras. D'une main, elle glissa le livre sous son bras, de l'autre prit le verre des mains d'Hermione. Une fois la boisson posée sur la table de la salle-à-manger, elle ouvrit le livre au premier tiers et le plaça dans les bras de la brune. Celle-ci avait suivi l'opération d'un regard attentif et intrigué. Quelle ne fut pas sa surprise quand une quantité innombrable de symboles s'exposa sous ses yeux ahuris, courant sur les pages. Cela ressemblait un peu aux GIF moldus, ces images qui bougeaient et revenaient au début pour rejouer la même scène.
- C'est magnifique ! souffla Hermione en contournant le fauteuil pour s'asseoir. (Elle tourna méticuleusement la page.) Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle à Pansy.
- Ce que je fais, répondit l'intéressée.
- Tu as créé ce livre ?!
- Mais non, andouille. (Hermione fronça les sourcils, mais ne se formalisa pas trop. Pansy s'humidifia les lèvres en un signe de nervosité, nouveauté pour Hermione qui s'abstint de commentaire.) Tout le monde pense que je ne suis qu'une simple barmaid, commença la noirette en baissant la voix. Ils me voient comme une gosse de riche qui a un boulot uniquement pour occuper son temps libre autrement qu'en faisant du shopping. (Cliché semblable chez les moldus comme chez les sorciers, nota Hermione.) Il n'y a qu'un petit groupe de personnes qui sait réellement de quoi je suis capable.
Cette histoire a une accroche incomparable, remarqua Hermione qui était de plus en plus intriguée par ce que Pansy semblait sur le point de lui avouer. Elle avait eu un aperçu de sa jeunesse amoureuse et désastreuse au Bal des Anciens mais elle n'aurait jamais pu être préparée à ce que Pansy s'apprêtait à lui révéler.
- À l'école, j'étais douée. Contrairement aux idées reçues – que je m'appliquais néanmoins à nourrir pour ma sécurité – j'étais une élève studieuse, avide de connaissance. (Hermione se redressa et fut d'autant plus intéressée : venait-elle de trouver une personne avec qui échanger sur les divers sujets qui la passionnaient ?) Surtout quand il s'agissait d'associer plusieurs ingrédients ensemble…
- Le cours de potion, c'était ton truc, c'est ça ? déduisit Hermione en quelques secondes.
Pansy acquiesça :
- J'étais passionnée d'herbologie et de botanique, parce que ça me permettait non seulement de connaitre le dosage parfait pour les potions, mais aussi pour en créer des nouvelles. J'avais des cours particulier avec notre professeur de potion de l'époque, Severus Rogue – qui s'est d'ailleurs révélé être l'auto-nommé Prince de Sang Mêlé et pour moi, le Seigneur suprême des Potions. Ce type était… plus que doué. C'était inné chez lui, ajouta Pansy, l'admiration dans le regard.
Elle marqua une pause pendant laquelle son admiration se changea en un mélange de fierté et de tristesse :
- Mais pas aussi inné que chez moi. (Hermione fronça les sourcils : que voulait-elle dire par là ?) Ce que j'aimais le plus dans l'art des potions était de voir ce que des éléments solides pouvaient donner une fois liquéfiés et assemblés. (Elle planta ses yeux sombres dans ceux d'Hermione qui fut subjuguée par la révélation qu'elle y lisait, sans pour autant la comprendre.) Il faut aussi que tu saches que j'avais un sens avancé de la métamorphose. J'avais besoin de peu de pratique dans ce domaine. Le plus fatiguant était de devoir ruser pour garder les faux-semblants. (Pansy ricana.) Eh bien oui : que diraient les gens s'ils apprenaient que je pouvais transformer le solide en liquide ?
Sa pause n'était pas nécessaire. Ou peut-être bien que si. À mi-mots, Pansy Parkinson, barmaid taciturne du Malefoy's, venait d'avouer à Hermione Granger, sorcière née-moldue de son état, qu'elle pouvait manipuler les éléments. Un mythe vint immédiatement à l'esprit de la jeune femme : celui de Midas, personnage de la mythologie grecque, qui avait un jour demandé le pouvoir de transformer tout ce qu'il touchait en or. Hermione chercha dans son esprit elle savait qu'il y avait un mot pour ça.
Soudain, elle trouva.
- T'as le don d'alchimie ! s'exclama la jeune femme.
Pansy leva les yeux au ciel et retint un sourire. Elle s'installa face à Hermione sur la table du salon et posa ses coudes sur ses genoux.
- C'est bien plus que ça, Granger, commença Pansy. (Elle pointa des doigts les mots se mouvant sur les pages du grimoire, toujours sur les genoux d'Hermione.) Ça, c'est de l'alchimie. Une définition version moldue donnerait plus ou moins ceci : « Science du Moyen-Âge, née de la fusion des techniques chimiques gardées secrètes et de spéculations mystiques. » C'est aussi associé à l'hermétisme : « Ensemble des doctrines ésotériques des alchimistes. ». Sauf que les dites spéculations mystiques sont loin de l'être.
- Comment ça ? s'enquit Hermione en suivant des yeux Pansy qui se levait pour aller se resservir.
- J'ai fait mes recherches, tu sais. Peu de sorciers dans l'Histoire de la Magie y sont arrivés, mais il est possible de devenir alchimiste. Pour être honnête, même dans le monde sorcier, l'alchimie est considérée comme une légende, confia Pansy en haussant les épaules d'un air désinvolte avant de laisser un sourire ravi sur ses lèvres : Peut-être que je suis une légende, tout compte fait.
Hermione n'aurait pas parié là-dessus.
- Tu te rends compte de ce que ça veut dire, Pansy ? s'enthousiasma Hermione en posant le livre et se levant d'un bond. Tu peux faire tout ce que tu veux de tes mains ! C'est fantastique !
- C'est une tare, tu veux dire ? la refroidit l'intéressée.
- Que veux-tu dire ?
- Granger… (La noirette fronça les sourcils avant de soupirer une énième fois.) Ne me dis pas que cet imbécile de Malefoy ne t'a pas dit qu'être doté constitue un risque à notre survie ?
- Pardon ?!
Hermione n'en croyait pas ses oreilles. Elle voyait ces capacités innées comme un don du ciel. Ceci dit, Parkinson n'avait pas tort : les dons n'avaient jamais été appréciés. Ou plutôt, depuis la fin de l'Égypte ancienne, c'était plus une raison de pendaison qu'une bénédiction. Hermione, dans un élan de compassion, posa sa main sur l'épaule de Pansy.
- Pansy, je suis désolée, je…
- Désolée de quoi, Granger ? Tu viens d'émerger, comment aurais-tu pu savoir tout cela alors que la majorité de la population mondiale sorcière nous considère encore comme un mythe ? Sois raisonnable, pour une fois !
Et elle tourna les talons pour aller se resservir un verre qu'elle acheva cul-sec sous les yeux inquiets de la Londonienne.
- Être doté est un risque pour notre survie. Si on en croit l'Histoire moldue, nombre d'innocents ont été brûlés sur le bûcher pour avoir une sensibilité et un sens de la logique différent de la moyenne. Eh bien, vois-nous, dotés, comme ces innocents : si jamais quelqu'un venait à apprendre notre existence, notre sécurité et celle du monde entier seraient mises à mal.
Un silence glaçant emplit soudainement la pièce. Hermione baissa le regard sur le livre encore sur ses genoux et tourna les pages sans rien y comprendre. Elle aurait peut-être dû choisir Études des Sciences occultes plutôt que le droit, ainsi elle aurait peut-être pu déchiffrer ces symboles sans l'aide de quiconque et surtout à la surprise générale. Tous ces sigles se mouvant sous ses yeux l'intriguaient, la fascinaient. Elle voulait les décrypter et leur donner un sens. Peut-être en avaient-ils plusieurs ? Peut-être en avait-il un unique ?
La Londonienne pensa à la bibliothèque publique. Si la version moldue de la Nouvelle-Orléans avait une bibliothèque moldue, alors sa version sorcière devait avoir plus que certainement la sienne. Dès le lendemain, elle irait voir. Mais… y avait-il seulement des bouquins sur l'alchimie ? Apparemment, à Poudlard, c'est une pratique qu'ils n'avaient jamais abordée. Mais pas à… Comment c'était déjà ? Silverhorny ? Non : Ilvermorny ! Peut-être Julie pourrait-elle l'éclairer ?
Soudain, la voix rauque de Pansy la tira de ses pensées.
- Prends-le. Lis-le. Puis rends-le moi quand t'auras fini. Et prends celui-ci avec toi.
- Histoire de la Magie ?
- C'est un peu notre livre d'histoire générale. Une bible, si tu veux. Ridicule comparaison, mais c'est la plus évidente qui m'est venue.
- Merci. Pour toutes les informations que tu m'as données. C'est… courageux de ta part, Pansy.
- Oui, eh bien, il faut dire que ton professeur principal n'est pas quelqu'un qui aime se mouiller, railla la noirette avant de saluer Hermione et de la raccompagner à la porte.
FIN DU CHAPITRE
Je pense que deux ou trois explications sont nécessaires.
Premièrement, la généalogie des Malefoy. Septimus Malefoy est l'arrière-grand-père de Drago (oui, il est toujours vivant. Après tout, les sorciers ont une vie longue… enfin, je crois ^^ Quel âge a Dumbledore, déjà ?). Je ne parlerai pas de son grand-père, Abraxas, si vous vous posez la question, tout simplement parce que j'ai voulu faire un parallèle entre leur généalogie (trouvable sur Pottermore) et la réelle histoire de Nola. Avec une ou deux modifications/inventions de ma part, Septimus Malefoy est le premier rebelle de la lignée, si je puis dire. Et si vous vous posez d'autres questions, eh bien… Suspense ! :-D
Deuxièmement, la caractéristique de « doté » est, comme vous vous en doutez, une invention de ma part.
Troisièmement… Celui-là, je vous le laisse ^^ Quel serait votre troisièmement ? ou quatrièmement ? etc.
Pensez à la touche Review :-D
Paix et Amour,
Anacoluthe
