Disclaimer : Si j'étais l'auteur de Game of Thrones, tous les Stark auraient survécus et les enfants aussi!
Note d'auteur: Bonne Saint Valentin à tout le monde! Je suis d'avis qu'il s'agit d'une fête commerciale à but très lucratif, mais on peut faire plaisir à d'autre personne sans dépenser de l'argent. Avec ma fantastique beta, l'incroyable, l'unique, merveilleuse Marina Ka-Fai, nous avons décidé de nous écrire mutuellement un texte pour cette journée. Voici le mien qui regroupe certains éléments que j'affectionne particulièrement dans une fiction. Sur ce, bonne journée à tout le monde et prenez soin des gens qui vous entourent! ^_^
Une seconde chance pour Westeros
Le crépuscule du lion
Un enfant l'avait poignardé. Alors qu'il rampait péniblement sur le sol des souterrains, Lancel avait encore du mal à y croire. Un enfant l'avait attaqué. Ce qui en temps ordinaire n'était déjà pas banal mais qui était catastrophique dans la situation actuelle. Il comprenait mieux le retard de sa cousine Cersei et pourquoi le roi n'était toujours pas arrivé au Septuaire. L'ancienne reine avait manigancé un grand plan pour se débarrasser de tout ses ennemis réunis au même endroit. Du feu grégeois entassé sous le temple avec des chandelles allumées. S'il n'y avait pas eu ce garnement, il aurait pu faire quelque pas et toutes les souffler sans difficulté. Il aurait pu sauver aisément ses frères et soeurs de la foi, son père, les Tyrell et bien des innocents. Cependant, la douleur irradiait tout son corps alors qu'il se traînait sur le sol. La flamme était dangereusement basse sur la chandelle. La cire avait presque entièrement disparu. Elle n'était qu'à un mètre de distance, sauf que cela lui paraissait aussi loin que le mur du Nord. Aussi insurmontable que de réconcilier Tyrion et Cersei Lannister. Toutefois, il devait le faire... Il ne pouvait pas échouer. Il ne voulait pas mourir et il ne voulait pas que les autres décèdent. Maudit était cet enfant qui l'avait frappé. Maudite était la reine qui avait organisé ce terrible plan. Encore un effort et il y était presque. Il n'avait plus de souffle, son corps transpirait sous l'effort et la douleur. Il était faible, il perdait du sang à chacun de ses battements de coeur. Haletant, il essaya de souffler la lueur qui se dressait devant lui. Une première fois. Non, échec. Elle ne fit que se balancer avec insolence. Le feu le narguait. Lancel aurait pu l'entendre lui dire :
-Tu n'as jamais été capable de rien dans ta vie, même pas d'éteindre une bougie. Vas-y Lancel. Le lion faible de la famille Lannister. Essaye de rugir pour une fois au lieu de miauler.
Il inspira une autre fois et essaya de souffler sur cette flamme assassine. Une flamme qui toucha au même moment le liquide vert. Une flamme qui fit tout exploser. Qui fit se volatiliser la pierre froide et humide du sol en une fournaise qu'il n'aurait jamais pu soupçonner. Pour passer à une douleur terrible à l'enfer de la douleur. Une seconde d'agonie, mais une telle seconde qui s'étira durant des heures avant que le noir ne se referme autour de lui. S'il en avait eu le temps, il aurait pensé qu'il avait échoué, condamnant tout le monde à la mort. Mais il en eut pas l'occasion.
Passer à la douleur à l'absence de sensation était déroutant. Passer du centre d'un volcan en irruption à une agréable fraîcheur était réconfortant. Il n'avait plus mal, il ne tremblait plus, il était juste bien. Lancel en aurait pleuré de soulagement s'il avait pu. Cependant, ses larmes s'étaient taries depuis fort longtemps. Il était allongé sur un sol qui était ni dur ni mou, un sol ni chaud ni froid. L'endroit semblait parfait pour se reposer, parfait pour se ressourcer. Il resta allongé à récupérer de ce qu'il venait de vivre, allongé un long moment afin de rassembler son courage pour se relever et recommencer à se mouvoir. Peut-être qu'il resta ainsi une minute, une heure, une journée. Il n'aurait su le dire. Ce fut la sensation d'être observé qui le tira finalement de son immobilité. Sans avoir même pris conscience qu'il avait les yeux fermés, il les rouvrit avant de se redresser en position assise avec lenteur. L'endroit était faiblement éclairé à lueur de milliers de bougies dans une vaste salle au plancher en damier noir et blanc et au mur de pierre brute. La salle ne lui disait rien. Elle avait la dimension de la salle du trône du Donjon Rouge, mais vidée de tout son contenu à l'exception des chandelles et d'une large estrade au fond de la pièce. Bizarrement, à première vue, il ne voyait aucune porte. Mais la pénombre sur l'estrade était assez dense pour qu'il n'y voie guère. Il sentait toujours des yeux sur lui, un regard pesant qui lui donnait envie de se recroqueviller dans un coin pour demander grâce, un regard encore plus impressionnant qu'avait eu son oncle Tywin, mais sans pouvoir déterminer sa provenance. Avec hésitation, il se releva et fit quelque pas dans la salle, l'écho de son déplacement raisonnant sur les parois. Intrigué, Lancel continua à regarder autour de lui et à s'examiner, cherchant une trace de brûlure après être passé dans la fournaise, mais il y trouva rien sur sa peau. Toutefois, il réalisa qu'il ne portait plus ses habits de moineau, mais la tunique et le pantalon qu'il avait revêtus à son départ de Castral-Roc pour rejoindre Jaime et Cersei à Port-Réal quelque mois avant la mort du roi Robert. Il ne comprenait rien à ce qu'il vivait. Mais... N'était-il pas mort en réalité?
-Il y a quelqu'un? Demanda-t-il timidement sa voix se répercutant comme ses pas l'avaient fait.
-Ha! Je pensais que tu ne le demanderais jamais. Fit la voix d'une vieille femme.
-Soyez indulgente avec ce qu'il vient de vivre. Répondit une voix de femme moins âgée.
-Q... Qui êtes-vous? Demanda Lancel.
L'estrade s'illumina comme si on avait dirigé des centaines de torches ou la lumière du soleil sur sa surface. Ce qu'il vit le pétrifia un long moment. Une étoile à sept branches sur le mur, sept personnes se tenaient debout ou assises et l'observaient. Assis au centre, il y avait un homme barbu qui le regardait avec sévérité, une femme au sourire doux à ses côtés. Il y avait une jeune femme qui le regardait avec un sourire timide, battant des paupières et le rose aux joues. Un homme tout en armure et sa main sur la garde de son épée se tenait proche de l'homme. À ses côtés, un autre à l'air enjoué avec les rides de rire au coin des yeux, ses vêtement simples et un lourd marteau glissé à sa ceinture. La dernière personne assise était une vieille femme qui l'observait avec attention, les lèvres pincées. Pour finir, dans un coin obscur, se tenait une silhouette indéfinissable. Lancel se laissa tomber à genou aussitôt qu'il comprit à qui il avait à faire. Par les sept, il se trouvait... Eh bien, devant les Sept !
-Lancel Lannister, tu te trouves devant ceux que tu as priés fidèlement, devant ceux que tu as servis avec piété depuis ta plus tendre enfance. Tu nous as dévoué ta vie, alors que tu es né dans l'une des familles qui ont le plus fauté. Parricide, meurtre, destruction de la foi, inceste, sont les péchés que vos proches ont commis. Déclara le Père.
-La mort a ravagé les Sept Couronnes. Se désola la Mère.
-Le petit peuple a souffert des grands seigneurs. Continua le Ferrant.
-La guerre est plus que jamais omniprésente et frappe bien plus souvent les innocents. Fit le Guerrier mécontent.
-Les jeunes femmes sont malmenées. Soupira tristement la Jouvencelle.
-L'avenir s'annonce sombre à en juger par les actions de vos compatriotes. Insista l'Aïeule mécontente.
-L'équilibre est brisé et se doit d'être rétabli. Conclut l'Etranger.
-Mais... Commença Lancel stupéfait.
-Mais? L'interrompit l'aïeule. De quoi mais mon garçon?
-Mais je suis mort, je suis innocent de ce qui s'est passé. Je ne peux pas rembourser le péché de toute ma famille.
-Non, bien sûr qu'on ne te juge pas pour les fautes des autres. Le rassura la Mère.
-Mais c'est toi que nous avons choisi pour redresser la situation. Expliqua le Ferrant.
-Comment? S'enquit l'ancien moineau.
-Tu renaîtras dans une famille. Il sera de ta responsabilité, avec tes connaissances, d'éviter les erreurs du passé afin que cela ne devienne pas ton avenir. Fit l'aïeule énigmatique.
-Pour te guider dans cette tâche, tu auras une malédiction. Chaque personne que tu rencontreras, tu verras leur fins si on ne t'avait pas renvoyé afin de te guider dans ta quête. Fit l'étranger.
Lancel senti aussitôt une sueur froide lui couler dans le dos.
-Est-ce vraiment nécessaire? Demanda-t-il timidement.
-Oui. Des connaissances t'échappent et cela pourra t'être utile. Insista celui qui venait de lui faire un cadeau empoisonné.
-Acceptes-tu? Demanda le Guerrier.
-J'ai le choix?
Une partie de Lancel se dit que si Tyrion avait été dans la même situation que lui, il aurait sorti quelque chose du genre : apportez-moi du vin, il semble que je n'ai aucun choix!
Néanmoins, il prit le temps de la réflexion, le temps que les divinités le scrutent de leur regard intimidant. Il en vint à la conclusion que oui, il voulait faire cette quête malgré cette malédiction. Alors qu'il essayait d'éteindre la bougie, il avait regretté de ne pas être capable de sauver tout le monde et là, on lui offrait l'occasion de recommencer. Il ne pouvait pas se dérober, surtout pas si la demande venait des Sept en personne. Enfin, façon de parler...
-Oui, j'accepte. Je suis prêt à essayer de redresser les torts qui ont été faits à Westeros. Déclara-t-il en se redressant pour se tenir droit et fier devant les dieux.
-Que la justice guide tes pas et tes actes. Répondit le Père.
-Que la compassion accompagne ton coeur. Lui sourit la Mère tendrement.
-Que l'amour vienne te prendre et ravisse tes sens. Lui souhaita la Jouvencelle.
-Que tu soit fort pour protéger ceux qui ont besoin de ta protection. Enchaîna le guerrier
-Que ta quête soit couronnée de succès. Enonça le Ferrant.
-Que tes souvenirs t'apportent la sagesse nécessaire pour accomplir ta volonté. Conclut, pour sa part, l'Aïeule.
-Que l'équilibre soit rétabli. Acheva l'Etranger.
Lancel s'inclina pour les saluer et la lumière s'évanouit peu à peu jusqu'à se que le noir ne soit complet et qu'il sombre dans l'inconscience.
Le mestre était au chevet de la pauvre lady qui avait du mal à mettre naissance à son sixième enfant. Seuls trois avaient survécu et cela inquiétait le seigneur que sa femme soit aussi faible. Le travail était éreintant. Le mestre n'était pas certain que la mère ne survive, et peut-être pas l'enfant. Mais il essayait de toutes ses forces pour que l'impensable ne se produise. Il n'aurait pas pu regarder le lord en face et lui dire qu'il avait échoué à cause de son sentiment de fatalisme. On avait garder les enfants à l'écart de la tour où se situait les appartement seigneuriaux tandis qu'il se démenait pour sauver la mère et l'enfant qui devait naître. Épuisé par plusieurs heures d'effort, il se recula et épongea son front humide de transpiration. Il alla ouvrir la fenêtre afin d'avoir un peu d'air frais, ce qui pourrait peut-être aussi aider la pauvre parturiente. Il fut surpris de voir que le soleil brillait très fort si tôt dans la matinée. Hier au soir, le ciel avait été d'un gris très foncé annonçant peut-être une tempête. Là, il était d'un bleu étincelant. Un rayon doré se faufila et caressa le visage épuisé de la femme allongé dans son lit. Cela sembla lui donner grand bien, et même de l'énergie à poursuivre son travail. Le mestre la vit se redresser avec détermination et recommencer à pousser. Il accourut pour lui venir en aide. Quelle ne fut pas sa surprise en arrivant auprès du lit de voir le bébé sortir presque par magie entre les jambes de la lady alors que, pendant plusieurs heures, il était resté coincé ! Il reporta ses interrogations à plus tard et s'empressa de faire les premier soins qui suivait la naissance d'un bébé. Il coupa le cordon, nettoya l'enfant et le remit dans les bras de sa mère qui souriait.
-Mestre, merci d'avoir ouvert la fenêtre... Je ne sais pas comment cela se fait, mais le soleil m'a donné une énergie folle pour le mettre au monde... Je n'avais plus de force...
-C'est la volonté des Sept que vous surviviez aujourd'hui ainsi que votre enfant, Madame. Je vais aller annoncer la bonne nouvelle.
-Merci pour votre assistance.
L'homme de science s'inclina et sortit de la chambre où il tomba aussitôt sur le regard anxieux de son seigneur.
-Et puis? Comment ils vont?
-Lord Tully, votre épouse lady Minisa et votre fils se portent bien. Toute mes félicitations. Je ne vous cacherais pas que se fut très difficile. Trop Monsieur. Je recommanderais que la dame de Vivesaigues ne retombe pas enceinte.
-Oui, bien sûr. Merci Mestre Tybeau. Aller annoncer que Edmyn Tully, quatrième enfant de la maison est né. Mes filles et Edmure sont avec mon frère dans le jardin.
-À vos ordres Lord Tully. S'inclina le mestre qui s'éloigna, encore surpris de la fin de l'accouchement.
Il n'était pas homme à parler de miracle, mais là, il y en avait clairement eu un. Les Sept devaient avoir leur raison pour avoir intervenu ainsi.
-Petit Edmyn, je suis bien curieux de savoir quelle vie tu auras et son impact sur le Conflans. Murmura-t-il en souriant et sortant dans la cour pour annoncer la bonne nouvelle.
