Chapitre 33 : L'anti-princesse

Cheveux bouclés en pétard, éclatant d'un roux écureuil, se reflétaient dans une coiffeuse dorée. Une nouvelle brosse venait de rendre l'âme dans la broussaille carotte. Les mèches rebelles partaient dans tous les sens, indomptables depuis l'aube de sa jeunesse et la brosse en avait fait les frais comme toutes celles d'avant.

La princesse soupira longuement, jetant les restes à la poubelle. Elle fixait sa peau blanche comme le lait parsemée de tâches écarlates dignes d'une vraie rousse. Ses yeux bleu céruléen renvoyaient toute la misère du monde en cette dernière soirée d'été. La dispute avec sa mère l'avait épuisée… Elle ne savait plus quoi dire ou quoi faire pour la faire changer d'avis. Les obligations d'une princesse, le protocole, les mondanités… Et maintenant… le mariage forcé !

- Ahhhhhhhhh, j'en ai marre ! MARRE !

La jeune femme s'affala sur son lit dans un soupir qui traina en longueur. Sa mère venait de lui annoncer, en plein diner, que la fête annuelle qui s'ouvrait sur l'Automne serait accompagnée de jeux pour ses fiançailles. Jeux qui verraient s'affronter trois Lords des clans alliés pour sa main. MacGuffin, MacIntosh et Dingwall. Trois inconnus complets qui allaient essayer de se marier de force avec elle pour… Pour quoi, au final ? Suivre la tradition ancestrale ? Resserrer les liens avec l'alliance ? Rester de sang royal ?

Merida Dunbroch n'en avait que faire de tout cela. Elle ne rêvait que d'une chose. La liberté. La liberté de choisir son destin et de suivre ses rêves, ses passions d'aventures. Seulement, sa mère, Elinor, l'en empêchait depuis toujours. Elle lui apprenait chaque jour la bienséance et la formait depuis l'enfance à devenir une petite princesse parfaite. Chose que la rousse avait toujours combattue avec ardeur. Refusant de devenir comme sa mère. Refusant d'épouser un parfait inconnu et de devenir un pantin qu'on exhibe lors des soirées mondaines. Elle détestait sa condition, son statut. Elle, elle était une fille de la nature, une sauvage qui aimait vivre dehors et s'amuser de tout sans aucune manière.

Oui, c'était elle, la princesse ratée, l'anti. C'était ce qui définissait Mérida Dunbroch. Mais ses heures étaient comptées. Bientôt elle serait une lady, une dame du monde, femme de quelqu'un, peu importe qui. Mais… le pire de tout… Oui, le pire, c'était qu'elle était déjà amoureuse de quelqu'un d'autre. D'un grand guerrier. Un Viking… Elle savait son amour impossible car sa famille les haïssait du plus profond de leur âme. Ils s'étaient toujours combattus depuis des temps immémoriaux. C'était comme essayer de faire comprendre à sa famille qu'un chat aimait un chien… Pourtant, son cœur, lui, n'avait jamais fait de distinction. Il l'avait choisi, lui. Harold Haddock trois. Le grand chef de Beurk et de ses dragons. Un dominant comme elle les aimait. Tout du moins, il était le seul homme au monde à avoir réussi à dérider son cœur. A l'avoir conquise.

Oh, ce qu'elle aimait son rire. Le son de sa voix, ses histoires d'aventures au-delà de ses îles, au-dessus de la mer… Sa gentillesse malgré ses airs durs. Son côté protecteur et son petit sourire en coin lorsqu'il la regardait. Dieu qu'elle l'aimait ! Et dieu qu'elle souffrait… Là, sur son lit, des larmes roulèrent lorsqu'elle repensa à leur rencontre, à leur histoire…


* Souvenirs *

C'était un soir d'Avril. Alors que la chaleur revenait tout doucement. Mérida trainait pour rentrer chez elle, sur le dos d'Angus, son fidèle destrier noir. Sa robe bleu pâle était tâchée de boue tout comme son visage et son carquois mais elle s'en fichait royalement. Elle venait de profiter d'une de ses uniques journées offertes par sa mère pour partir à l'aventure dans les forêts du royaume. Le genre de journée où elle avait le droit de faire tout ce qu'elle voulait, loin de tout le reste.

Inspirant l'air à pleins poumons, elle fixait le ciel avec la détresse de celle qui rentrait en prison. C'est à cet instant qu'elle le vit. Une lumière bleu turquoise était apparue entre les étoiles comme un mirage. Elle avait d'abord cru à un feu follet, ces étranges créatures qui apparaissaient devant elle depuis toute petite. Mais non, c'était autre chose. Quelque chose qui s'écrasa un peu plus loin dans la forêt. Surprise, Mérida tira sur les rennes d'Angus pour filer comme une flèche vers la chute présumée de la chose bleutée.

Aussi à l'aise à cheval qu'à pied, elle fila à travers les bois qu'elle connaissait si bien. Sautant par-dessus les troncs couchés, virevoltant entre les feuilles basses dont sa chevelure suivait les courbes du vent frais. Soudain, tirant avec force sur son cheval qui se cabra, elle les vit. Ses amis les feux-follets l'appelaient. Happée, Mérida tourna sur sa droite et reprit sa course effrénée à travers la végétation. Elle suivit les points azurés en forme de bougie qui chantaient sur son passage comme pour l'accompagner vers sa destinée.

Galopant à vive allure, la rousse déboucha dans une clairière inondée de lune dont les herbes se couchaient doucement avec la brise. Là, son cheval hennit de peur et la fit tomber au sol en une fraction de seconde. Angus avait fui à toutes jambes. Terrifié. Merida se releva avec une douleur dans le dos tout en appelant son cheval qui avait disparu dans les ombres des arbres. Elle ne comprenait pas ce qui venait de lui arriver… Jusqu'à ce qu'elle le voie. Le dragon !

D'un hurlement, Merida opéra un demi-tour pour rentrer dans la forêt et se blottir derrière un tronc, le souffle haletant. Elle hallucinait et se tenait la tête. Un dragon ?! Ca existait vraiment ça ?

- Non d'une corde à arc, c'est quoi ce délire ?!

Mérida ne put s'empêcher de retourner dans la clairière. C'était plus fort qu'elle. Sa curiosité était palpable. A petits pas, elle rentra dans l'herbe pour s'approcher de la créature noire comme la nuit qui, tout à coup, releva la tête, les oreilles aux aguets. Il la repéra bien vite de ses yeux jaunes-verts d'un éclat brillant comme une étoile. Il grogna d'instinct et resserra ses ailes autour de lui ainsi que sa queue. Il semblait protéger quelque chose.

La rousse leva les deux mains.

- Tout va bien, je ne te veux aucun mal ! Je ne suis qu'une humble humaine.

Elle montra ses deux paumes comme elle le faisait pour les chevaux sauvages qu'elle savait apaiser et dompter. L'animal se calma lentement la laissant venir plus près. Il finit même par l'ignorer pour lécher quelque chose. Merida tendit le cou, remarquant un humain entre ses pattes. Allait-il le dévorer ? Non… Il semblait au contraire le défendre toutes griffes tendues.

Surprise, Mérida s'avança de plus en plus près toujours paume en l'air. Krokmou tendit son nez pour la renifler. Elle le laissa faire lorsqu'elle arriva à sa hauteur. Son cœur battait la chamade, les yeux exorbités, pourtant, elle ne ressentait plus que de l'adrénaline. La peur s'était envolée pour faire place à l'émerveillement. Le dragon la lécha pour lui signifier qu'il l'acceptait. Il ouvrit alors son aile de chauve-souris -dévoilant ainsi son ami- et implora de l'aide de ses grands yeux aux pupilles noires dilatées.

- Il est mal en point…, commenta la princesse accroupie. Et toi aussi ! Regarde ton aile. Oh, la, la, la ! Attends-moi là, je reviens.

La rousse fonça chercher de l'eau à la rivière et sa sacoche de soins dans la selle d'Angus qui refusa tout net d'approcher. Mérida revint vers le jeune homme pour le soigner. Il se crispait mais respirait avec calme. La rousse enchaina avec le dragon qui hurla de douleur quand elle passa de l'alcool pur sur son aile.

- C'est pour ton bien ! Je pensais les dragons moins douillets !

L'animal lui fit un regard noir suivi d'un souffle de contestation.

- Mais si monsieur ! Même Angus il ne hennit pas quand je le soigne alors que ce n'est qu'un cheval. Prends sur toi.

Le dragon bouda et se retint de crier à nouveau.

Une fois soignés, Merida partit pêcher et cueillir des fruits tout en faisant un feu.

- Ma mère va me tuer si je rentre tard… Oh et puis zut, je ne vais pas vous laisser seuls !

Elle souriait de malice tandis que la créature avala avec délice le repas que lui avait offert l'inconnue. En la reniflant il avait vite perçu sa sincérité et son amour pour la nature ainsi que les animaux. Il n'avait donc eu aucun mal à lui faire confiance. Elle sentait comme son dragonnier !

Celui-ci reprit connaissance alors que la nuit était bien avancée. Il se releva dans un gémissement de douleur tout en fixant ses bandages. Puis, en tournant les yeux, il tomba sur la rouquine qui faisait cuire une truite sauvage. Un instant de silence les enveloppa alors qu'ils se fixaient.

- Tu en veux ? Proposa la princesse avec plus de nervosité qu'à son habitude. Je l'ai fait cuire pour toi. Je… Je t'ai vu tomber alors je t'ai soigné.

Le jeune homme n'en croyait pas ses yeux. Il regarda autour de lui avant de revenir vers son interlocutrice.

- Krokmou t'a laissé approcher ?

- Krokmou ?

- Mon dragon.

L'animal gargouilla d'approbation tout en se lovant contre son dragonnier.

- Ah, euh, oui. Il est très gentil et il a l'air de beaucoup tenir à toi.

- Tu n'as pas peur ?

- Non. Un peu au début quand même mais c'est vite passé.

- C'est bien la première fois que je vois un étranger aussi détendu en présence de mon ami…

- Ah bon ? Il est pourtant très amical.

- Tu savais que les dragons existaient ?

- Non.

Mérida mordit dans un poisson et lui sourit. Harold lui sourit à son tour et se servit pour reprendre des forces.

- Alors qu'est-ce qu'il s'est passé là-haut ? – Elle pointa le ciel du doigt-.

Harold rassembla ses souvenirs, se massant la nuque.

- J'ai été attaqué par des chasseurs de dragons alors que je continuais d'explorer le coin. Quand j'ai vu de la terre j'ai foncé mais je suis tombé dans les pommes et Krokmou ne peut pas voler seul à cause de sa blessure alors… on s'est écrasés ici.

- Il existe des chasseurs de dragons ?! Quelle bande de…

Son juron sortit tout droit de sa bouche comme si de rien n'. Harold était surpris d'entendre une file utiliser un tel langage. Il en rit.

- Quoi ?

- Non rien.

Elle haussa les épaules et termina son repas en engloutissant des bonnes baies bien juteuses.

- Hmmm les premières de l'année sont les meilleures !

- Je ne te le fais pas dire !

- Et sinon tu viens d'où ?

- De l'île de Beurk. Et ici on est ?

- En écosse. Une très, très grosse île. On l'appelle également le petit continent.

- Ah oui, j'en ai déjà entendu parler par mon père…

- En bien ?

- Non pas vraiment…

- Ah ?

Harold se tendit. Il devait repartir au plus vite mais la jeune femme ne sembla pas le laisser faire. Elle se posa à ses côtés, le regard inquisiteur.

- Raconte !

Harold était embarrassé qu'elle soit si proche. Il détourna les yeux.

- Et bien, tu sais, la guerre, tout ça. Mon peuple en a toujours été friand et vous êtes nos ennemis jurés alors…

Merida pencha la tête sur le côté. L'histoire ce n'était pas son fort.

- C'est-à-dire ? Tu es quoi… ? Un viking ?

Elle rit de sa blague, lui non. Il la fixa en biais d'un regard éloquent. Elle se recula un peu, les grands yeux ouverts.

- Ah… Oui en effet nous sommes. Euh… ennemis.

- On dirait bien.

Ils se fixèrent, ne sachant plus quoi faire ni quoi dire. Krokmou leur souffla à la figure pour les dérider et ils finirent par pouffer de rire l'un contre l'autre.

- Il vaut mieux que tu ne t'aventures pas dans les terres, conseilla la rousse. Ma famille et les autres clans te réduiraient en bouillie.

- J'ai de la chance d'être tombé sur toi alors.

Il lui sourit sincèrement et elle se sentit rougir.

- Je ne juge jamais sans connaitre, dit-elle légèrement.

- Alors tu es une fille bien.

Déstabilisée elle regarda ailleurs tandis qu'il caressait son ami.

- Toi aussi tu as l'air bien, murmura-t-elle.

- Comment ?

- RIEN ! Rien.

Elle se releva quand tout à coup, son nom résonna dans les bois.

- OH NON ! Mon père ! Ma mère !

- Ils te cherchent ?

- Oui je devrais être rentrée depuis fort longtemps ! Il ne faut surtout pas qu'ils te voient ! Reste bien ici d'accord ! Surtout ne va nulle part en ville où au château si tu tiens à la vie !

Mérida se mit à sprinter vers la forêt dès la fin de sa phrase.

- Attends ! On… on peut se revoir ? Demanda le dragonnier.

Elle se stoppa, rouge.

- Je… Oui mais ici seulement. D'accord ?

- Je t'attendrais demain.

- … Ok.

Elle sourit puis lança.

- Je suis contente de t'avoir rencontré !

- Moi aussi !

Ils rirent puis Merida fila à travers les bois. Harold ne put s'empêcher de la suivre intimant à Krokmou de rester là. Il bouda et regarda son maître se glisser à pas de loup entre les arbres.

- MERIDA ! Mais où étais-tu donc passée ?! Hurla sa mère au bord de l'hystérie. Ne me refais plus jamais ça tu m'entends ! JAMAIS !

Elinor, une grande dame aux cheveux corbeaux qui lui tombaient jusqu'au genoux, serra sa fille contre elle puis la dévisagea pleine de remontrance. Son père en revanche, un grand gaillard roux bien bâti, lui tapota la tête.

- Content de te revoir ma puce. Tout est bien qui finit bien !

- Comment ça qui finit bien ? Grogna la mère. Ta fille a découché dans les bois et a oublié de rentrer ! Et toi tu ne lui dis rien comme d'habitude ?! Alors là tu vas être sévèrement punie, jeune fille ! Et crois- moi tu n'as pas fini d'en entendre parler !

- Mais maman j'ai pas vu l'heure !

- Peu importe ! Déjà que je ne supporte pas tes excentricités dans les bois, si en plus tu désobéis et oublie le couvre-feu ! Dis quelque chose, Fergus !

Elle lui envoya un regard noir.

- Euh, oui, c'est… C'est très mal !

Elinor roula des yeux avant de tirer Mérida par le bras.

- Une princesse de ton rang ne devrait même pas être ici. Et elle respecte toujours ses promesses. Une princesse est ponctuelle et avisée.

Ce fut à Mérida de rouler des yeux et de soupirer. Elle préféra ne rien dire et écouta le sermon jusqu'à son retour. Harold avait la bouche grande ouverte depuis qu'il avait compris que Mérida était la princesse d'Ecosse. Krokmou l'avait rejoint, désobéissant à son tour, et tout deux les avaient suivis jusqu'au château, passant par un cercle de pierre fort chargé en mystère.

- Tu as entendu ça ? Répliqua Harold, assis, qui fixait le grand château médiéval. Mérida est une princesse ! Qui l'aurait cru ?! Elle … ne ressemble en rien à l'idée que je me faisais d'une altesse royale. Sa mère en revanche à tout d'une reine. Et son père… il me rappelle beaucoup Stoick…

D'un regard nostalgique, Harold retourna au cercle de pierre pour y établir un campement de fortune. Cette nuit-là il ne dormit que d'un œil, obnubilé par sa nouvelle rencontre.


Le lendemain, Mérida avait répondu présente et avait trouvé Harold au cercle ancestral.

- Je t'avais dit de ne pas t'approcher du domaine !

- Je suis bien ici, et tout va bien je n'ai vu personne.

- Encore heureux. Sinon, ça va ta blessure ?

- Très bien merci. On a fait un petit vol au-dessus des nuages ce matin avec Krokmou.

- Oh… Je pourrais tenter moi aussi ?

- Tu le voudrais ?

- OH OUI !

Merida sautillait de joie, extatique. Il sourit des yeux avec tendresse.

- Toi tu n'es pas comme les autres filles.

- On me le dit souvent oui. Je suis bizarre, sale, sauvage…

La rousse fit la tête. Elle l'avait pris comme une insulte, une remontrance maintes fois entendue. Harold dissipa aussitôt le malentendu.

- Ah non, mais je trouve ça chouette ! Tu es… vraiment unique.

Il se gratta la tête et elle lui sourit de gêne.

- Tu montes ?

Harold s'assit sur Krokmou et lui tendit la main. Elle ne se fit pas prier pour la prendre. Puis, comme dans un rêve, elle s'envola dans les cieux dans un cri de joie venant du plus profond de son cœur. Le dragonnier la fixa d'un air affectif et la guida à travers les nuages pour l'amener vers le soleil. Mérida était enchantée, elle s'agrippait à son ami avec beaucoup de pression. Il sentit même sa poitrine se blottir dans son dos. Il rougit instantanément tandis que son cœur jouait du tango. Il se demanda s'il n'avait pas eu un coup de foudre pour la rouquine…

- C'est génial ! J'adore voir le monde d'en haut ! Oh, regarde, mon château ! Et le lac !

Elle jubilait. Harold voulut la taquiner et fit accélérer son furie nocturne qui ne se fit pas prier pour jouer. Pirouettes, vitesse, piqués, cascades, il fit tourner sa nouvelle amie dans tous les sens. Mais celle-ci riait aux éclats, heureuse comme sur son petit nuage. Elle n'avait pas peur ! C'était incroyable. Presque inconcevable. Lorsqu'il stabilisa son dragon, Harold la complimenta sur son caractère bien trempé. Mérida s'en sentit honorée.

- Je dois t'avouer que je ne m'attendais pas à cela d'une princesse.

- C…Comment-tu as su ?!

Mérida ouvrit grand ses yeux. Ils étaient exceptionnellement vivants, ce qui plaisait beaucoup à Harold.

- Je t'ai suivie hier… Désolé.

- Woh, tu es aussi obéissant que moi j'ai l'impression.

Il rit.

- Je confirme ! Ta mère t'a assommée dis donc ! Ça ne plaisantait pas.

- J'ai l'habitude. Depuis que je suis petite elle veut faire de moi une poupée parfaite. La princesse idéale et délicate quoi. Mais moi je ne suis pas faite de ce bois-là. Je ne VEUX PAS être comme elle. Je veux… Je veux être libre ! Son destin je m'en tape complétement. Moi je veux découvrir le monde ! Me balader dans des royaumes inconnus ! Croquer la vie à pleines dents !

Le dragonnier opina fortement.

- Tout comme moi c'est dingue ce qu'on a comme points communs !

- Ah oui ? Raconte !

- Je… J'ai perdu mon père il y a peu et de ce fait j'ai hérité de son statut. Je suis devenu le Chef de mon île. L'équivalent de prince ou de roi par chez vous. Mais moi je désire tout ce que tu as cité plus haut. En plus je ne suis pas à la hauteur. Pas comme IL l'était.

Merida fit les yeux ronds, atterrée mais conquise.

- Chef , Ouahou. Pourtant je trouve que cela te va bien, plus que moi en tout cas.

- Tu ferais une superbe femme Viking pourtant, une vraie femme de Chef.

- Tu trouves ?!

- Oui tu as toutes les qualités requises.

Merida brillait à imaginer la vie à Beurk avec les Vikings.

- Ca fait rêver.

Il lui sourit pour toute réponse et ils se posèrent à nouveau sur le sol.

- Je pourrais avoir un dragon si j'étais sur ton île ?

- Bien sûr. Il y en a plein qui désirent trouver leur âme sœur comme moi avec Krokmou.

La rousse s'y voyait, rêveuse. Elle oublia un temps sa condition en Ecosse et tournoyait sous les yeux de son ami.

- J'aimerais tellement venir vivre chez toi. Fuir d'ici !

- Je peux t'emmener, il suffit que tu me le dises.

- Je… Non. Ma famille est ici. Et, même si je déteste ma mère pour ce qu'elle me fait je… je les aime. Et je serais triste de les quitter comme ça.

- Tu as raison, la famille c'est important. On s'en rend d'autant plus compte quand on les perd…

Le regard triste au possible, Harold sentit une main lui tenir l'épaule et un sourire s'étirer sur les lèvres de son amie.

- J'aurais aimé le rencontrer, dit-elle.

- Et moi te le présenter.

- Parle-moi en alors !

Pour la première fois depuis sa mort, Harold parla de son père ce qui le débloqua un peu. La journée s'étira et la jeune fille dut se faire violence pour décider de rentrer. Elle se leva en dépoussiérant sa robe tout en désignant la jambe d'Harold.

- Alors comme ça un dragon t'a mangé la guibolle ?! C'est trop classe !

- Je partage la même blessure que mon dragon, alors ça me va. Et ça me rappelle que nous ne sommes pas invincibles.

- Tout juste. Bon, je vais rentrer. J'ai dit que j'allais m'entrainer mais là… Ca va être dur de justifier une absence aussi longue. Ça va être reparti pour un sermon des enfers.

- * rire* Je compatis ! La prochaine fois il faudrait que tu me montres ta fameuse adresse à l'épée et à l'arc !

- Avec plaisir messire Haddock !

Elle fit une courbette et s'en amusa. Ils se saluèrent d'une main et se fixèrent un autre rendez-vous.


Ils se revirent ensuite plusieurs semaines de suite, attirés l'un à l'autre comme des aimants. Des coups d'épées furent échangés dans des duels impressionnants. Harold était stupéfait de la ténacité et l'adresse de Mérida. Elle ne payait pas de mine comme ça mais en tant qu'adversaire elle lui mettait une raclée. Ne parlons guère du tir à l'arc. Elle visait juste dix fois sur dix… C'était une folie ! Lui n'ayant jamais été doué au tir, Mérida lui fit la leçon et au bout d'un moment, il commença à chopper le truc. Il ne visait pas trop mal sur les cibles de paille, fier de lui.

Un soir de juin, sous les grillons d'été, Harold avait tenu à partager une nuit avec la belle qui avait obtenu l'autorisation de faire du camping à la butte aux pierres. Cette nuit-là, le dragonnier découvrit les feux-follets car ils apparurent sans prévenir en chantonnant de leurs voix sibyllines.

- C'est mon petit secret rien qu'à moi, avoua la jeune femme. Personne n'en a jamais vu et pourtant ils m'apparaissent toujours sur mon chemin. C'est eux qui m'ont guidé jusqu'à toi.

- Incroyable, souffla-t-il. Qu'est-ce que c'est exactement ?

Les petites boules bleues les appelaient et ils les suivirent à travers la forêt.

- Selon les légendes, ce sont des esprits passés qui nous guident vers notre destin.

- Je suis ton destin ?

Merida croisa ses mains dans le dos.

- Je ne sais pas, dit-elle d'un ton mystérieux. Mais ce qui est sûr c'est que ta rencontre a changé ma vie. Je suis tellement plus heureuse maintenant.

Il sourit, maladroit.

Les deux amis marchèrent un long moment à travers de petits passages exiguës, comme des explorateurs à la recherche d'un trésor. La mélodie des feux-follets, apparaissant et disparaissant, les conduisit jusqu'à un lac rempli de lucioles dans un cadre à couper le souffle. Ils avaient vue sur toute la vallée et le ciel lunaire était totalement dégagé.

- Je ne suis jamais venue ici, avoua Mérida, je ne connaissais pas cet endroit. On dirait… la source de notre rivière sacrée. Celle-là même qui se jette dans l'océan. Comme c'est beau.

- Vous avez une rivière sacrée ?

Harold posa une couverture sur le sol et invita Mérida à le rejoindre.

- Oui, d'après nos ancêtres elle est ici depuis des temps immémoriaux. Elle coule comme des veines à travers toute l'île et prend sa source dans la terre profonde. On raconte qu'on y faisait des rites dans le passé et que c'était un lieu de culte. Je l'avais cherché à l'époque, je me souviens. Mais elle était bien cachée.

Le dragonnier hocha la tête, pensif. Il regarda Krokmou lécher l'eau avec une réelle délectation. Malgré la petitesse de l'eau, celle-ci semblait briller d'un éclat indescriptible. Il se tourna alors vers sa belle qui admirait son château, petit point lumineux dans la vallée.

- Mérida. J'aimerais te parler de quelque chose qui me trotte dans la tête depuis un moment.

La rousse tourna la tête vers lui, interrogatrice. Harold chercha ses mots.

- Et si… Si j'étais ton destin ?

- Comment cela ?

- Je… ah c'est dur à dire. J'éprouve des sentiments pour toi. Je te trouve vraiment incroyable et j'aimerais qu'on… qu'on partage plus de choses ensemble. Je veux en savoir plus, toujours plus sur toi. Tu comprends ?

Mérida devint anormalement tomate, son cœur partait dans les tours. Elle l'avait espéré, elle voulait y croire ! Et enfin ce jour arrivait. Elle était amoureuse, oh oui elle était folle de lui depuis le premier jour. Et c'était, oh béni soit la nature, réciproque. Elle jubilait.

- Oui je comprends et je… partage tes sentiments. Mais…

Elle blêmit et se recroquevilla contre ses jambes.

- Je ne connais rien à… l'amour. Tout ça c'est nouveau pour moi. Et surtout… ma famille ne l'acceptera jamais. Ma mère me bassine avec le mariage arrangé depuis des lustres. Elle me laisse une chance de trouver l'amour par moi-même avant mon dix-huitième anniversaire mais elle n'acceptera pas n'importe qui. Elle ne veut pas d'un paysan déjà.

- Je suis un Chef !

- Oui… Et surtout un VIKING ! C'est impossible. Foutu. Mort. Avant même d'essayer.

Harold baissa les épaules en contemplant la mare d'eau et le ballet des lucioles. Il ne voulait pas abandonner sa dernière lueur d'espoir !

- Et si on se voyait en cachette ? Le temps que tu essayes d'apprivoiser tes parents ? Comme on le fait déjà maintenant…

- Je peux essayer mais je ne te promets rien…

Mérida fit la moue. Harold lui attrapa la main et la caressa.

- Je t'aime, Merida Dunbroch. Et je voudrais partager plein de choses avec toi.

- Moi aussi Harold, je t'aime… Fais-moi découvrir plein de choses encore !

Il sourit et se pencha vers l'avant. Elle se recula par automatisme.

- Désolé, je vais trop vite.

- Oh non je… je ne sais pas comment on fait.

La honte lui brûlait les traits. Il rit.

- Reste naturelle et suis mon rythme.

- D'a…D'accord.

Il recommença en se penchant doucement vers ses lèvres qu'il désirait ardemment dévorer. Juste rosées à souhait. Merida fermi les yeux et attendit. Quand la chaleur de son partenaire se posa sur elle, elle rouvrit ses prunelles bleu ciel qui fondirent sur celles mi-close couleur émeraude. Elle crut mourir d'un feu ardent dans sa poitrine. Elle se la tint tout en posant une main sur son compagnon qui accompagna son baiser d'une main dans ses cheveux hirsutes. Il susurra.

- J'ai toujours voulu les toucher.

Elle haletait et s'agrippa à lui.

- Encore. J'aime ça !

Harold ne se fit pas prier pour reprendre son activité précédente. Il dévora Merida sur place en la conduisant sur la bonne voie. Il inséra sa langue et se fraya un chemin dans sa bouche pour la faire sienne. Langoureusement, il la coucha sur la laine tout en lui effleurant la nuque. Merida était embarquée dans leur passion et brûlait d'un désir inconnu. Elle le sentait sur elle, son poids, son torse chaud. Attrapant sa nuque elle le bloqua tout contre sa poitrine pour continuer les baisers.

Ce soir là ils partagèrent une nuit aussi chaude que la température. Harold s'aventura jusqu'à sa poitrine qu'il découvrit délicatement de ses doigts. Ses tétons s'étaient tendus et il les avait portés à sa bouche. Mérida avait gémi tout en découvrant le torse de son dragonnier. Krokmou avait vu la scène et s'était éclipsé. Quand il les retrouva le lendemain ils dormaient l'un contre l'autre, n'ayant pas été plus loin que la caresse.


Puis il y avait eu ce maudit jour. Harold et Mérida se voyaient souvent en cachette. Ils passaient des journées à roucouler mais… il avait fallu que sa mère pose l'ultimatum. Non elle ne voulait voir aucun prétendant extérieur à leur alliance et surtout, elle allait préparer les fiançailles de sa fille avec un parfait inconnu. Car Mérida allait avoir dix-huit ans sous peu. Et c'était trop tard pour elle, elle avait atteint la limite fixée par la reine. Elle devait à présent suivre son devoir.

- Mais présente-moi que je puisse leur expliquer ! Hurlait Harold.

- Non ! Ils te mettraient en pièces avant même que tu aies ouvert la bouche et ça je le refuse ! Ils ne voudront jamais de toi je t'avais prévenu !

- On a même pas essayé ! Si tu veux fuir ton destin c'est le moment ! Je peux t'emmener à Beurk si tu le veux, je t'aime Merida ! Laisse-moi une chance !

- Je ne peux pas ! Tu ne te rends pas compte… La semaine dernière encore, mon père a raconté comment il avait décimé un bateau entier de Viking ! Il les avait étripés et jetés à la mer. Si tu m'embarques il me cherchera et fera pareil à ton village ! Non et non je … je préfère abandonner mon amour que de te perdre ! Les autres clans refuseraient tout net eux aussi et ça partirait en guerre générale. Je ne peux pas faire ça à mon peuple…

- Mais tu vas me perdre ! Tu vas te marier avec un inconnu ! Je ne le supporterais jamais ! Tu préfères donc ton devoir à moi ?

- Oui. Nous deux ce n'était qu'une passade rien de plus.

Merida se reculait, le regard dur.

- On doit se quitter. On ne peut pas continuer comme ça. C'était un beau rêve mais juste un rêve. Une parenthèse.

Harold serrait les poings. Les séquelles de sa dépression revenaient au grand galop : son père mort, Astrid qui le quittait puis maintenant… Mérida…

- J'étais ton destin ! Tenta-t-il désespérément.

- Il ne faut pas croire tout ce qu'on raconte. Mon destin… Il n'est certainement pas avec un Viking ! Oh crois-moi je ferais tout pour annuler ce fichu mariage arrangé mais toi et moi ça ne change rien. Tu n'as pas ta place à mes côtés. Tu n'en auras jamais.

- Comment peux-tu dire une telle chose après tout ce que je t'ai dit sur moi… tu es… la pire des ordures !

Harold tourna les talons, monta sur son dragon et fila vers les siens. Les yeux débordant de larmes de rage, il ne se retourna pas une seule fois et la laissa là, au sommet de la vallée de pierres.

Mérida s'effondra au sol et éclata en sanglots. Elle avait dit des mots durs pour le faire fuir, pour qu'il se sauve d'elle. La rousse ne pouvait accepter de le perdre ou de lui faire du mal en l'obligeant à affronter sa famille et l'écosse tout entière. Non, elle ne le pouvait pas ! Et pour payer son acte, elle en souffrirait toute sa vie. D'une douleur acérée qui ne laissait aucune place au bonheur.


* Présent *

L'horloge sonna minuit et Mérida refit surface, les joues imbibées de ses larmes froides. Hoquetant elle regarda son reflet dans la vitre, vers ce ciel où Harold avait disparu à jamais de sa vie.

- Joyeux dix-huitième anniversaire, stupide princesse…

Sa tête retomba sur la vitre dans un bruit sourd. Elle pleurait à nouveau, la main serrée sur sa poitrine. Elle se laissa glisser au sol et murmura ces quelques mots, alors que le lendemain commencerait le tournoi d'ouverture de l'Automne.

- Mon cœur t'appartiendra à jamais, Harold.


- Et voilà grosso modo toute l'histoire, déclara le dragonnier en vol sur son furie nocturne.

Derrière lui, Raiponce sanglotait. Jack lui tendit un mouchoir.

- C'est violent, approuva l'esprit de l'hiver, la gorge nouée. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si les parents de ma belle ne m'avaient pas accepté à cause de mon statut… On a eu beaucoup de chance.

- C'est vrai, mes parents sont ouverts d'esprit. Mais… Je suis certaine que ceux de Mérida peuvent entendre raison ! Aller au-delà de leur préjugé et leur tradition… Si la princesse est une bonne personne, ses parents doivent l'être aussi.

Harold plissa le nez, sceptique.

- Sa mère est une hystérique qui ne fait que de hurler et son père tue tout ce qui bouge. Je ne pense pas qu'ils… m'accepteront un jour. Mais… Moi, je veux Mérida ! Et je ferais tout pour l'avoir. Enfin, si elle le désire bien sûr.

- Vu ce que tu nous as raconté il y a peu de doute, répondit Jack. Reste à savoir comment la faire quitter sa famille.

- Je ne sais pas. Je ne sais même pas ce que je vais lui dire mais avec vous je sens une force m'accompagner. Je ne suis plus seul pour la faire changer d'avis.

- On pourrait essayer de raisonner ses parents tous les trois, proposa la blonde. Après tout, je suis de la royauté. La reine devrait m'écouter un peu. Et tu es un Chef, ce n'est pas rien.

- Et moi je suis le futur roi !

- Ca c'est autre chose…

Raiponce gloussa en voyant son air outré. Il lui donna un coup de bâton sur la tête pour toute réponse. Harold ne répondit pas à la proposition et se mura dans le silence. Entre la mort de son père, le rejet d'Astrid puis celui de Mérida, son cœur commençait à perdre toute sa lumière. Il fonçait là vers son dernier espoir et il espérait pouvoir récupérer celle pour qui il voulait donner sa vie.

- Nous y sommes, commenta Harold. Le jour se lève, on va se poser en forêt.

Ils descendirent doucement à la source sacrée d'Ecosse dont le paysage était toujours aussi époustouflant.

- Ouah tu n'avais pas menti sur la qualité du décor, répliqua Raiponce émerveillée.

Elle caressa son bedon quand soudain, elle ressentit un coup.

- Jack ! J'ai senti quelque chose !

L'esprit de l'hiver fonça vers sa fiancée tremblant de tout son corps.

- C'est vrai ?

- Oui, oh, ça recommence ! Touche !

Harold se tourna pour leur laisser de l'intimité. L'esprit souleva la robe et posa sa main sur la dune. Aussitôt il ressentit des vibrations et décrocha une larme.

- Mon bébé ! Oh, mon petit bout de chou !

Il posa son oreille pour écouter le battement du cœur du nourrisson tout en sentant à nouveau ses vibrations comme s'il lui frôlait la joue. Était-ce une main ou un peton ? Il ne savait pas mais il était comblé. Sa future femme essuyait ses yeux humides car pour la première fois depuis le début de sa grossesse, un contact était établi entre le bébé et ses parents.

- Je suis désolée, Harold, pour tout ça mais…

- Ne t'inquiète pas, j'en profite pour repérer le chemin. Profitez, c'est un moment rare et précieux.

- Merci !

Jack passa plusieurs minutes sur le ventre de sa fiancée, extatique. Il l'entendait bouger, beaucoup par ailleurs. Le petit appréciait l'endroit apparemment. Raiponce en profita pour se reposer du voyage et boire un peu d'eau pure. Son expression changea soudainement. Jack releva la tête.

- Qu'y a-t-il ?

- Cette eau… C'est la même que Ahtohallan.

Jack se retourna et but une gorgée. Il se sentit happé et eut une vision du passé. Des rituels se passaient ici. Il le voyait comme s'il y était. Des hommes entourés d'esprits de la nature qui vénéraient la terre, la nature et les cieux. Ils leur faisaient offrandes de leur culture et en échange les créatures les bénissaient. C'était si beau qu'il en eut des frissons. Quand il refit surface dans le présent, Raiponce était dans un état similaire.

- On est dans un lieu plus que sacré, haleta Jack qui se mit à regarder le soleil en biais, de peur de se brûler la rétine.

Celui-ci semblait s'illuminer encore plus que d'ordinaire. Raiponce fixa son fiancé.

- Qu'est-ce que ça signifie ?

- Je ne sais pas… On dirait que…

- C'est bon j'ai repéré le chemin ! Dommage qu'il n'y ait pas de feux-follets je vous les aurais bien montrés. Euh… ça va ? Vous faites de drôles de têtes.

Le couple s'immobilisa avant de reprendre un masque de circonstance.

- Tout va bien ne t'en fais. Et donc, les feux-follets ? Questionna la blonde.

- Oui les petits esprits des morts dont je vous ai parlé cette nuit. Ils guident toujours Mérida sur son chemin. Mais moi j'ai jamais eu la chance de les voir sans elle.

- Intéressant, commenta Jack qui dévisageait Raiponce avec intensité.

- Bon, on devrait y aller. On dirait que le temps presse. Je vois une fête qui se prépare ! Pressa Harold.

Le couple approuva et se releva pour le suivre à travers les broussailles. Leurs pensées étaient tournées vers ailleurs. Notamment vers la princesse aux cheveux de feu !


Un chapitre tout en Merricup comme j'aime les écrire hé hé

Mais leur amour est digne de Roméo et Juliette...

Seulement, ils n'ont pas dit leur dernier mot, ni eux deux ni notre Jackunzel passionné !