Chapitre 35 : Le Big Four
Mérida Dunbroch n'en revenait toujours pas de ce qu'elle venait d'entendre. L'esprit de l'Automne, elle ? Ca n'avait pas de sens… L'ourse semblait contester ce fait avec véhémence bien qu'on ne comprenait rien ce qu'elle tentait de dire. Jack et Raiponce proposèrent alors de le confirmer et ils lui prirent chacun une main tout en se tenant par l'autre. L'onde blanche qui émergea était encore plus pure que d'ordinaire. Elle envahit la rousse d'un sentiment de bien-être qui la figea une fois revenue à la normale.
- C'est bien toi que nous recherchons. Tu es notre camarade ! jubila la Coronienne. Enfin nous te trouvons !
- On se rapproche un peu plus de notre but. Ramener la magie originelle sur terre. Et tu vas devoir nous aider pour ça, assura Jack.
- Wow, wow, doucement !
Mérida leva les mains en l'air, atterrée.
- Pour le moment je dois aider ma mère, c'est le plus important. Ensuite je… Je verrais toute cette histoire bizarre d'esprit et de… magie.
- Oh bien sûr, on ne veut pas te brusquer, se calma Raiponce. On va s'occuper de ta maman et de ton royaume.
- Ça doit faire un choc, enchaina Jack. On comprend bien. Mais n'oublie jamais qui tu es vraiment. D'accord ?
- J'ai du mal à y croire, confia la rousse. Les feux-follets seraient mon pouvoir ? Je n'ai pourtant jamais rien fait de spécial pour les faire apparaitre.
- Tu l'as désiré du fond du cœur. Et ils ont répondu à ton appel, c'est aussi simple que cela, expliqua le Coronien. Ils étaient là pour te guider comme tu le demandais.
Mérida ouvrit la bouche, la referma, puis examina de plus près ses amis chantants. L'ourse les renifla, incrédule, méfiante.
- Comment je…. C'est quoi au juste ?
Le couple de Corona se fixa, cherchant les souvenirs de ce qu'ils avaient appris par les fées et dans les livres.
- L'esprit de l'Automne est le contraire du mien de part l'équilibre des forces. Donc toi c'est la mort puisque moi c'est la renaissance. Tu dois avoir un pouvoir lié aux personnes et choses décédées.
- Oui ce sont des esprits que tu invoque. Des défunts.
Mérida retira aussitôt sa main. Elle inspira un grand coup puis expira longuement avant de reprendre des couleurs.
- D'accord. Dans ce cas mes chers amis trépassés, comme je vous le demande à chaque fois -apparemment-, pourriez-vous me guider. J'ai besoin de trouver la sorcière.
Les flammes lui répondirent d'un clignotement et d'une voix envoutante d'approbation. Le spectacle était sublime et laissa le dragonnier dans le silence. Il suivit la troupe en regardant l'ourse avec ce même air de stupéfaction. Le chemin tortueux les mena bien vite devant l'antre de la vieille femme qui était ancré dans un arbre moitié mourant. Une porte en bois ronde faisait office d'entrée. Mérida frappa et, devant l'absence totale de réponse, entra. La pièce était entièrement vide à part un vieux chaudron dans le fond. Paniquée la rousse ouvrit et ferma plusieurs fois la porte comme pour invoquer la sorcière mais rien ne changea.
- Non, non, non ! Elle était pourtant bien là ! Je ne peux rien faire avec mes pouvoirs ?!
Elle attrapa Jack comme pour le supplier. Il la repoussa doucement.
- Je ne pense pas… La magie noire est une forme de magie complexe devant laquelle nos pouvoirs peuvent être impuissants.
Mérida se recula en regardant sa mère. Harold posa aussitôt sa main sur son épaule.
- Du calme, allons voir s'il ne reste rien de la sorcière dans sa tanière. D'accord ?
Elle acquiesça et ils entrèrent dans la demeure poussiéreuse. Ils regardèrent partout avant de se rendre au chaudron. Sur une petite table en bois trônait des potions dans des fioles. Harold s'en saisit d'une.
- C'est écrit : Pour la rousse. A utiliser dans le chaudron magique.
La jeune femme l'agrippa avec force. Jack refusa son utilisation que déjà Mérida le versait.
Aussitôt une fumée verte les accueillit et la tête de la vieille femme émergea du pot. Un message pré-enregistré s'activa où la sorcière expliqua qu'au deuxième lever de soleil le sortilège serait irrévocable. Et que si la princesse voulait changer les choses elle devrait réparer ce qui avait été brisé.
- Quoi ? Non ! Attendez !
La fumée disparut. Aussitôt elle balança les autres fioles les unes après les autres créant ainsi une explosion gigantesque qui détruisit l'arbre et ce qui restait de la tanière.
- Mais tu es tarée ! Hurla Jack avec colère. Tu as failli nous faire tuer ! Inconsciente ! Et si Raiponce avait perdu son bébé, hein ?!
- Arrête Jack, elle n'a pas fait exprès ! Défendit Harold.
- Pardon… Je suis désolée, je fais tout de travers…
Harold prit sa belle contre lui, dévastée de larmes. Il l'avait protégée de l'explosion devant l'ourse rassurée. Jack avait réussi à s'envoler à temps avec sa fiancée qui lui assura que ça allait. Elle devait juste se reposer un peu car elle avait utilisé sa magie de lumière pour les envelopper d'un bouclier de protection.
- Tes pouvoirs sont de plus en plus incroyables, lui murmura Jack.
Il l'embrassa sur le front et la posa contre un arbre.
Mérida regarda le désastre qu'elle avait commis puis se posa au sol.
- Deux levers de soleil… C'est trop court. Je ne sais pas quoi faire. Je ne comprends rien à son énigme.
- Peut-être qu'il faut… Je ne sais pas, te réconcilier avec ta maman ? Tenta Harold. Réparer le lien.
- Peut-être oui…
Mérida regarda Jack qui grognait toujours. Elle s'en voulut et se renfonça dans sa robe sale. Harold se mit à ses côtés.
- Reposons-nous pour cette nuit. Nous en avons assez fait.
- Nous aurons les idées plus claires demain, sourit la blonde. Aie confiance Mérida, nous sauverons ta maman, je te le promets.
- Merci…
Bien que désespérée, Mérida se leva pour préparer un abri de fortune avec des branches. Se couvrant de sa cape et de sa capuche alors que la bruine de la nuit tombait, la jeune femme se blottit tout contre son aimé en invitant Raiponce à venir aussi. La blonde ne se fit pas prier pour la rejoindre suivi de Jack qui couvrit sa fiancée de la cape de Gothel.
- Est-ce que la nature ne s'est pas trompée en me choisissant comme esprit ? Commenta Mérida. Je suis une bonne à rien, je rate tout ce que je fais.
- Si elle t'a choisie c'est qu'elle sait que tu en es digne, ne te bile pas pour ça, dit la Coronienne.
Mérida se serra dans sa pelisse à la couleur bleue abyssale. Les yeux vers le sol.
- Il ne vous manque plus qu'à trouver votre dernier camarade alors ?
- Oui, l'été. Ensuite nous nous rendrons au centre du monde, à Ahtohallan. Puis nous invoquerons le flux magique à nouveau en utilisant nos quatre forces combinées. Cela fera revenir la force de la nature et la vie reprendra toutes ses couleurs. Il y aura plein d'esprits de la nature partout, des dragons en pleine forme et les hommes pourront se rapprocher de tout ça comme avant. S'ils y sont prêts.
La rousse fit un 'oh' d'admiration à imaginer tout ça. Elle se mit à sourire doucement.
- J'aimerais bien participer à tout ça. Si je suis vraiment un esprit. Car j'en doute encore.
- Tu as le temps. On est plus à un mois près crois-moi, intervint Jack d'un sourire.
Il n'était plus fâché ce qui rassura la rouquine qui soupira.
- Donc pour trouver l'esprit de l'été il faut dénicher une personne qui est née au début de la saison estivale ? questionna-t-elle, curieuse comme l'était sa nouvelle amie.
- C'est ça. Qui est morte dans son passé aussi mais ça c'est dur à deviner… lui répondit Jack.
- Et qui est en accord avec la nature et toutes espèces vivantes, conclut la blonde.
Le trio sembla songeur, laissant un Harold silencieux qui fixait les étoiles. L'ourse les écoutait avec attention. Elle était prise de remord pour ce qu'elle avait infligé à sa fille et se rendait doucement compte de son erreur envers Harold qui ne cessait de veiller sur elle sans aucune animosité.
Au petit jour, Mérida eut un fou rire en voyant sa mère « préparer » le repas. Elle avait cueilli des baies empoisonnées qu'elle avait posé sur une table en pierre construite avec ses pattes. La rousse jeta tout ça dans l'herbe et lui montra comment réellement se nourrir en pleine nature. Ils se mirent tous à cueillir des fruits et à attraper des poissons dans la rivière. Ils furent rapidement trempés jusqu'aux os à se pousser ou se jeter de l'eau à la figure. Ils riaient et s'amusaient comme des enfants, accompagnés de l'ourse qui réussit enfin à chasser du poisson.
Raiponce fit sécher leurs affaires sur la berge et ils mangèrent leur repas du midi dans le calme d'une brise d'Automne. Puis les deux amies se rendirent à la berge.
- Ca fait quoi d'être enceinte ? Questionna la rousse à la Coronienne qui nettoyait les tâches de suie de la veille sur leur tenue.
Toutes deux étaient enroulées de leur cape pour cacher leurs dessous. Le ventre de la blonde dépassant allégrement de la tunique de Gothel.
- A la fois merveilleux et bizarre. Je me sens toute chose et parfois très fatiguée. Mais je suis comblée. Car normalement les esprits ne peuvent pas donner naissance. Tout comme ils ne peuvent pas vieillir. Nous sommes des cas particuliers je pense. Car nous avons été choisis jeune et qu'il nous fallait grandir.
- Ah bon ?! Alors je ne vieillirais jamais ?! Et Harold il…
Raiponce se bloqua, le regard triste. Mérida secoua la tête.
- Pourquoi tout va toujours de travers. Et si je veux un bébé… Je ne pourrais peut-être pas ?
- Honnêtement, je ne sais pas. Je préfère ne pas te donner d'espoir.
Abattue, la rousse enfila sa robe enfin propre tout en aidant son amie à faire de même. Couvrant son ventre avec une certaine forme de jalousie. Raiponce la serra dans ses bras.
- Ayons foi en l'avenir et en la nature. Si tu désires vraiment un petit, elle t'en donnera un et sera là pour toi.
- J'espère de tout cœur.
La rouquine soupira en imaginant Harold vieillir sans elle et partir avec une autre qui pourrait lui donner un enfant. Elle eut un frisson d'angoisse. Sa nouvelle amie la regarda avec malice en changeant de sujet.
- Je n'avais jamais rencontré une princesse comme toi avant. Tu es unique Mérida.
- Ah, ah, on me le dit souvent…
- Moi je suis contente. Je ne me sens plus seule à être aussi… hum… Bizarre.
- C'est vrai que dans le genre rentre-dedans fofolle tu n'es pas mal non plus lady Corona.
- Que dire de vous, lady Dunbroch. Vous êtes une vraie tornade ! Loin d'une princesse.
- Aurais-je trouvé une sœur jumelle dans ce cas ?
- On dirait bien… !
En pleine crise de rire, complices, les filles rejoignirent leurs compagnons qui parlaient de la malédiction. Mérida se laissa choir contre sa mère, incapable de savoir comment renouer leur lien plus que ce qu'elle faisait déjà. Elle se prenait la tête, les heures avançaient et elle n'avait toujours aucune solution.
- Est-ce que tu as un rêve ? Reprit la blonde d'une tendresse infinie dans les yeux. C'est important d'en avoir un. Il peut te motiver à avancer.
Mérida releva sa touffe rebelle, songeuse.
- Je rêve de liberté. Je veux parcourir le monde, découvrir plein de choses et épouser Harold pour devenir une femme Viking. Je veux un dragon rien qu'à moi aussi. Et la paix entre nos royaumes.
L'ourse acquiesça lentement, écoutant pour la première fois les réels désirs de sa fille. Loin de ce qu'elle voulait lui imposer. Quelle mère était-elle pour avoir essayé de l'enchainer ainsi ? Pour des traditions ancestrales dépassées…
- Dans ce cas on va le réaliser ensemble, tous les quatre, approuva Harold. Je ferais changer d'avis l'Ecosse tout entière et je te prendrais pour femme devant l'autel sacré de Beurk. Comme mon père l'a fait avec ma mère, l'amour de sa vie.
Il lui prit la main et lui sourit. Mérida revivait et sentait la motivation l'envahir.
- Et ensuite tu trouveras un nouveau rêve, expliqua Raiponce. C'est comme ça que nous vivons, que nous marchons droit devant nous sans nous retourner. C'est un ami à moi qui me l'a appris.
Raiponce parla de Flynn avec une certaine mélancolie doublée d'un sourire serein. Harold commençait à comprendre ce que la blonde lui avait dit quelques jours plus tôt. Il repensait aussi à Stoick en cet instant mais son cœur ne le brûlait plus autant. Il l'acceptait.
Mérida se leva soudainement, le poing serré en avant.
- Devenons des amis inséparables ! Tous les quatre, ensemble, à toujours foncer vers l'avant en apprenant de nos erreurs ! En marchant vers nos rêves puis vers les suivants ! J'irais moi aussi découvrir le monde à dos de dragon ! C'est une promesse envers moi-même !
- Et elle se réalisera ! Rejoint Harold qui posa son poing contre le sien. Tu es dans mon cœur pour l'éternité, ma Mérida !
Elle rougit et regarda la blonde les rejoindre.
- Tu es déjà mon amie et en plus de cela ma camarade ! Je promets qu'on restera soudés comme les cinq doigts de la main.
Le trio se tourna vers Jack qui les regarda d'un air mauvais.
- Comme si je voulais être ami avec elle. N'importe quoi.
Il fit la tête puis pouffa de rire devant leurs visages défaits.
- Je plaisante voyons ! Je t'adore déjà petite folle. Je vous adore tous et je souhaite que rien ne puisse jamais nous séparer.
- Roh Jack vraiment ! S'exprima Raiponce d'une tape sur le dos.
Ils rirent tous devant le bout en train qu'était leur ami et ils se tapèrent des poings.
- A l'amitié des quatre ! Dirent-ils en cœur.
Puis ils se prirent dans leur bras tandis que l'ourse les regardait avec amour. Elle se sentait soulagée et honteuse. Les nouveaux amis se mirent à rire et à parler de leur avenir quand soudain, la mère de la princesse s'en alla à quatre pattes vers la forêt. Ce fut Harold qui le remarqua et ils la rejoignirent pour la retenir. Celle-ci leur hurla dessus, les yeux noirs. Elle commençait à devenir un véritable ours ! En panique Mérida la rappela de tout son cœur et Elinor reprit conscience grâce au lien maternel. Elle prit peur à son tour.
- Mon dieu, il faut faire quelque chose ! Il n'y a plus de temps à perdre ! Frémit l'écossaise. Aidez-moi les amis je vous en supplie ! Que puis-je faire pour réparer nos liens ?
- Tu pourrais peut-être dire ce que tu as sur le cœur à ta maman ? Proposa Harold.
La rousse opina et regarda sa mère dans les yeux.
- Maman. Je suis désolée de t'avoir toujours repoussée. Je n'arrivais pas à te faire comprendre ce que je voulais réellement. Mon rêve n'allait pas dans le sens du tien et j'ai réagi de la mauvaise manière pour te le faire comprendre. J'aurais dû te parler à cœur ouvert, sans hurler, sans… être aussi immature. Sans vouloir avoir toujours raison. Je te demande pardon et je t'implore de me laisser vivre ma vie comme je l'entends. Pitié, maman, ne me force pas à épouser un inconnu. Je veux être la femme d'Harold. Je veux aller voir le monde. Et… Et je joue un rôle envers la nature. Un rôle qui est tout aussi important.
Elle pleurait, les trois autres se taisant dans une ambiance religieuse. L'ourse lâchait des larmes à son tour et hocha la tête. Elle se serra contre sa fille de toute son âme lui exprimant le pardon et à son tour, elle tenta de s'excuser avec des gestes qu'elle mima. Enfin, elle se tourna vers Harold et se mit à plat ventre pour lui donner sa bénédiction. Elle ouvrait les yeux sur sa bêtise. On l'avait tellement conditionnée à être la reine parfaite, enfant, qu'elle avait reproduit le même schéma avec sa fille. Comme si cela coulait de source. Mais Mérida n'était pas faite du même bois qu'elle. C'était une fille de la nature, comme la terre elle-même l'approuvait. Elle tenait de Fergus à n'en pas douter. Une rebelle qui voulait s'émanciper et devenir libre.
Elinor n'avait jamais remis en question son apprentissage étant enfant alors pourtant qu'elle avait rêvé d'autre chose. Oui elle se rappela, les yeux dans le vague, que son rêve avait été d'être une couturière de renom. Mais, selon feu sa mère, les reines n'avaient pas de temps à perdre avec ce genre d'idée saugrenue. Elle avait un royaume à tenir et des enfants à faire pour la descendance. Elle ne devait pas perdre son temps dans des activités futiles tel que la vente de vêtement ! D'un sourire, Elinor mima ce qu'elle voulait exprimer. Son rêve d'enfance, sa condition, le passé. Les quatre amis comprirent les grandes lignes et Mérida lui attrapa le poil pour se câliner contre ses pattes velues.
- Oh maman ! Il n'est pas trop tard pour faire ce dont tu rêves !
L'ourse secoua la tête. Mérida insista.
- Tu peux tenir le royaume tout en créant des vêtements ! Ne renonce pas avant d'avoir essayé !
- On pourra aider pour le commerce, s'incrusta Raiponce. Mon royaume est friand de mode.
- Je suis sûre qu'à Arendelle aussi, enchaina Jack.
- Et Beurk ne cracherait pas sur des tenues de combat légères adaptées au vol. On a bien du mal avec ça par chez nous.
Elinor cacha sa tête dans la cape de sa fille tant elle pleurait. Tant son cœur bondissait de joie. Elle ne voulait pas se montrer ainsi. Elle préférait rester digne, car elle aimait avoir de la prestance malgré tout. Être reine lui sied à merveille mais elle désirait autre chose à côté. Une passion rien qu'à elle. Se relevant elle remercia un à un les trois amis en se lovant contre eux. Harold était toute chose que sa belle-mère l'accepte enfin. Il cacha sa joie derrière sa main tandis qu'elle lui lécha la joue faisant rire Mérida.
- Ah, comme je me sens mieux ! Merci maman ! Merci les amis !
Sautillant partout, Mérida se câlina contre sa mère adorée qu'elle retrouvait comme dans son enfance. Le lien était rétablit, elles se comprenaient et partageaient le même cœur. Elinor savait que c'était elle qui avait le plus de tord dans cette histoire, aussi, le fait d'être pardonnée si facilement la rendit encore plus amoureuse de sa fille qu'elle léchouilla.
- Je ne veux pas être rabat-joie, commenta Harold qui brisa l'euphorie. Mais… Madame Dunbroch est toujours un ours…
- C'est vrai ça ?! Pourtant, on a renoué nos liens, non ?!
- Peut-être que ce n'était pas la seule condition ? Tenta Jack.
- Mais… Mais laquelle alors ?!
La fin de journée s'avançait doucement sur un crépuscule rosé. La panique envahit la troupe, incapable de savoir quoi faire. Ce fut Raiponce qui proposa une solution.
- Utilise ton pouvoir. Fais appel à tes feux-follets ! Ils sont là pour te guider après tout. Laisse la nature t'aider. Elle est toujours de bon conseil.
- Je… Je ne sais pas comment faire ?
Mérida regarda autour d'elle, ne sachant pas si elle devait lancer une formule ou agiter les mains.
Jack en rit et lui attrapa les mains.
- Pas la peine de t'agiter. Ferme juste les yeux et va chercher au fond de toi cette lumière qui est tienne. Je vais t'aider.
Mérida opina tout en souriant. Elle ferma les yeux et se laissa envahir par l'aura bleutée de Jack. Raiponce se colla près d'Harold pour les laisser faire. Elle n'avait plus la force d'utiliser sa magie aujourd'hui. Son ami semblait fébrile.
- Raiponce… Et si… Si moi aussi j'étais un esprit de la nature ? Déclara Harold main sur la nuque.
- Comment ?!
- Je suis né au milieu du mois de juin…
La blonde ouvrit la bouche, incrédule. Elle posa sa main sur la sienne et le sonda malgré sa faiblesse. Elle écarquilla les yeux. Il avait, bien caché au tréfond de son âme, cette magie propre aux esprits de la nature. Elle se recula, hébétée.
- Mais comment on a fait pour ne rien voir ?!
- J'en suis un ?!
- Oui ! Mais tu n'as jamais présenté de signe pourtant !
- Je n'ai jamais cru en la magie, avoua le dragonnier. Même là devant tout ça j'ai du mal. En tant que Viking on m'a appris à toujours se fier à la réalité. Je ne sais pas…
- Les feux-follets ! Hurla Mérida. J'ai réussi ! Je les sens à travers moi ! Mon… Mon pouvoir s'éveille !
De grosses boules bleues les appelaient à travers la forêt. Mérida était aussi fière que Jack. Raiponce posa une main sur Harold. Celui-ci secoua la tête.
- On en reparlera plus tard. J'ai du mal à croire que ça me concerne…
- D'accord, je garderais le secret.
- Merci, petit soleil.
Raiponce rougit et sourit.
L'ourse embrassa sa fille avec fierté en voyant son don et celle-ci se pavana un peu avant que tout le monde suive les lumières bleues qui les conduisirent loin sur une terre morte, désolée. Mérida se gratta la tête en passant sous une arche en pierre détruite.
- Je ne suis jamais allée jusqu'ici, commenta-t-elle. Je ne connais pas cet endroit… Pourquoi les morts m'emmènent ici ? Je leur ai peut-être mal demandé ce que je voulais ? Où alors je ne contrôle pas bien mon pouvoir. Oh non ! Je nous ai conduits sur le mauvais chemin !
Elle s'attrapa les cheveux. Harold la rassura, les esprits savaient sûrement ce qu'ils faisaient. Tout du moins, ses trois amis l'espéraient.
Ils marchaient sur les ruines d'un royaume. Elinor interpella sa fille qui comprit aussitôt où ils étaient.
- C'est le royaume de la légende. Celui qui a été dévasté par un prince trop ambitieux.
- Raconte ! Demanda Jack.
- Et bien autrefois, il y a fort longtemps, un royaume comptait quatre fils héritiers. Le père mourant coupa donc ses terres en quatre parties équitables pour chacun de ses enfants. Mais l'aîné, le plus avide, avait décidé de n'en faire qu'à sa tête et a obtenu un pouvoir de puissance. Avec il voulait gouverner et a tué ses propres frères pour gagner le trône tout en mettant son royaume à feu et à sang. Il a tout détruit sur son passage à cause de ses désirs égoïstes.
Mérida se stoppa. Elle regarda autour d'elle puis se tourna.
- Moi aussi j'ai été égoïste. Je n'ai pensé qu'à mon rêve sans penser à ma famille et mon pays. Je suis comme lui.
- Ce n'est pas pareil, tu ne serais pas allée jusqu'à tuer tes frères pour tes désirs ! Intervint Harold. Ne mélange pas tout.
- Tu as des frères ? Sursauta Raiponce.
- Oui. Des triplés complétement fous. Ils s'appellent Hamich, Hubert et Harris
- Dans ce cas ils pourront prendre la tête du royaume à ta place. Equitablement ou par choix, continua la blonde sur sa lancée. Ce n'était pas la peine d'en faire tout un drame…
- Notre famille est un clan matriarcal. Normalement, c'est à la femme de diriger le royaume et de donner son nom…
- Oh… Je comprends mieux. Dans ce cas, pourquoi ne pas changer pour que les deux sexes soient éligibles. Je trouve ça beaucoup plus équilibré.
L'ourse opina, bien décidé à faire changer les clans d'arriérés qui étaient toujours au château.
Soudain, un craquement se fit entendre et Mérida tomba les pieds devant elle dans un gouffre. Harold attrapa sa main et se fit emporter à son tour.
- Les amis ! Tout va bien ? Hurla la blonde.
- Ca va, rien de cassé, beugla Mérida. On est tombés dans les restes d'une salle du trône.
- Regarde, Mérida ! La pierre fendue représente les quatre frères coupés en deux.
Un feux-follet dansait autour de la pierre en chantant. Jack s'envola pour les rejoindre. Il se pencha pour contempler le dessin.
- C'est donc bien ça.
Mérida eut un flash, tout à coup elle comprit.
- Je sais ce que je dois faire ! Je dois recoudre la tapisserie familiale ! Celle que j'ai coupée avec mon épée entre moi et ma mère. Je dois réparer ce qui a été brisé et renouer les liens. C'est ça ! Il faut rentrer au plus vite au château. Mordu n'est pas un ours ordinaire, c'est le frère aîné, celui qui a égoïstement tué ses frères en demandant du pouvoir à la sorcière. J'en suis persuadée !
Soudain, un grognement s'échappa de l'ombre. Mordu était là, devant eux trois. Il mesurait au moins six mètres de haut et autant de large. La gueule défoncée de coups, parsemé d'armes sur sa fourrure, il bavait de colère. Il était voué à errer éternellement sous cette forme, surpuissant, invincible, en quête de toujours plus de pouvoir. Ce pourquoi il avait ciblé Mérida et sa magie originelle.
C'est après elle, à nouveau, qu'il s'en prit. Aussitôt, Harold brandit son épée qu'il alluma de feu pour le repousser. L'ours hurla et balança sa patte acérée sur lui. Jack le protégea à temps avec sa glace qui se brisa alors qu'elle était désormais bien plus solide que par le passé. Dubitatif, Jack eut un moment de latence tandis qu'une autre patte surgit sur lui. Raiponce l'attrapa avec ses cheveux pour le tirer en l'air. Jack reprit ses esprits et s'envola en prenant Harold et Mérida par un bras. Elinor hurlait pour leur sommer de la suivre et Mérida monta sur sa mère qui fila à toute allure.
Mordu était terrifiant, entouré d'une aura noire qui les happaient tous. Paniqué, Harold appela Krokmou et monta sur lui pour suivre sa belle par les airs. L'animal avait attendu son feu vert pour venir le chercher, étant resté surveiller le château. Jack prit Raiponce sur son dos et suivit les autres en regardant la créature titanesque tout écraser sur son passage. Il brûlait la terre même de ses pattes griffues.
Elinor réussit à le semer et mena tous les jeunes au château pour qu'ils récupèrent la tapisserie. Ils passèrent par le toit avec l'aide du dragon qui souleva -avec difficulté- l'ourse. Jack, Raiponce et Harold attendirent leur retour, fébriles.
Mérida trouva ce qu'elle cherchait dans la chambre de sa mère quand soudain, Fergus arriva en trombe. Il avait entendu des grognements et ne s'était pas trompé. Un ours hurlait sur sa précieuse fille, blessée par un coup de patte. Elinor était en train de se perdre à nouveau. La rousse essaya de les stopper mais l'ourse finit par fuir de peur et Fergus, furieux, enferma sa fille dans la chambre. Malgré les protestations de Mérida, il fonça après l'animal qui s'enfuit par la grande porte suivit de tous les clans remontés à bloc pour la tuer. Mérida assista à la scène depuis la lucarne étroite de son château.
Elle se mit à pleurer en hurlant.
- Harold ! Les amis ! Aidez-moi ! Ma maman va se faire tuer ! Harooooooooooooold ! Krokmouuuuuu !
Il ne fallut que quelques secondes pour que le dragonnier surgisse sur son dragon avec leurs amis flottants derrière.
- Que s'est-il passé ?!
- Je t'expliquerai en route, beugla la rousse en larmes. Fais-moi monter et retrouve ma mère !
- Compte sur moi !
Il tendit sa main et l'extirpa par la maigre ouverture de la meurtrière en tirant sur elle. De sa main, la rousse tenait la tapisserie qu'elle se mit à coudre en plein vol sur le dragon. Krokmou cherchait l'ourse de son odorat avec concentration. Derrière, Jack et Raiponce en faisaient de même, elle, allumant ses cheveux pour plus de visibilité à travers le crachin de l'eau qui leur tombait sur la figure et la sombre nuit de nouvelle lune.
- Là ! Pointa Jack de son regard aiguisé.
Krokmou fit un piqué pour descendre au cercle de pierres ou était acculée l'ourse. Elinor avait repris ses esprits et regardait sa patte pleine de sang ainsi que la foule qui désirait la tuer. Acculée contre la pierre la reine avait été ici par instinct et ne savait plus quoi faire. Fergus brandissait son arme de victoire avant de l'abattre sur elle.
- NON !
Mérida le repoussa de son épée en sautant depuis les airs.
- Pousse-toi de là Mérida ! C'est dangereux ! Les ours sont des menaces à éradiquer !
- Non ! Les ours n'ont rien fait ! Cette ourse c'est maman ! Et tu ne toucheras pas à un seul cheveu de ma mère !
- Comment oses-tu ?!
Fergus se battit contre sa propre fille qui, à sa grande surprise, le désarma complétement. Il se recula, choqué. Il regarda Jack, Raiponce et Harold rejoindre la créature avec Krokmou.
- Mais qu'est-ce qui vous prend ?!
- C'est votre femme, insista Harold. Elle a été maudite par une sorcière ! Elle…
Il ne put finir sa phrase que Mordu les avait retrouvés. Il déboula d'un buisson et s'attaqua aux esprits. Fergus et Mérida se mirent ensemble pour le repousser mais l'animal était si fort qu'il les envoya valser au loin. De colère, Elinor attaqua à son tour. Elle le mordit, le repoussa, se prit des coups, recula, tomba, se releva, donna un coup de patte, l'attrapa au cou puis, Mordu finit par la dominer et l'envoya valser contre une pierre.
- MAMAN !
Il allait la tuer quand Harold se précipita pour la défendre. Il brandit son bouclier qui se brisa en mille morceaux sur la créature baveuse et furieuse. Raiponce l'attrapa de ses cheveux pour le coincer. Jack paniqua de la voir sur le front mais se mit à la rejoindre en le gelant.
- Ensemble ! Les amis !
Mérida serra les dents et hurla vers Mordu de son épée. Elle le planta tandis qu'il s'agitait dans tous les sens en brisant la glace comme si de rien était.
- Plus concentrée la glace, se maugréa Jack pour lui-même.
Il ferma les yeux et se concentra sur la couche de glace des Alpha. C'était ce qu'il voulait reproduire. Il accrut ainsi la dureté de sa couche qui commença à s'agglutiner sur l'animal en furie. Celui-ci mordit Harold à la main, essayant de le déchiqueter. Du sang ruisselait sur une Elinor effrayée. Le dragonnier était au-dessus d'elle à la protéger de sa vie. Elle pleurait et meuglait.
- .HOMME !
D'un coup de flèche dans l'œil de l'animal, celui-ci abandonna son acharnement sur Harold qui retomba, les bras ensanglantés, le visage griffé. Il n'était pas beau à voir. Elinor le prit contre elle de même que Krokmou qui n'osait pas intervenir de peur de blesser tous les humains présents. Mordu n'avait même pas peur de lui. Il s'avançait vers Mérida avec menace avant d'être gelé sur place.
- Je sent que ça ne tiendra pas, avoua Jack. On doit faire quelque chose pour l'achever !
Harold se releva, accompagné de l'ourse. En un regard ils se comprirent, Elinor fonça vers Mordu pour l'attraper alors qu'il était vulnérable. Elle le balança avec force vers un menhir fissuré avant de se prendre une griffe au visage et de s'effondrer.
- Maman !
Harold retint Mérida contre lui puis regarda la pierre fêlée s'écraser sur Mordu. Mais l'animal respirait toujours, il puisait ses forces de la magie noire et tentait de se relever malgré son corps en bouillie.
- On doit le purifier ! Balança Raiponce. C'est la seule solution ! Jack ! Mérida ! On est des esprits, on peut y arriver tous les ….
Elle se tourna soudain vers Harold tandis que Jack lui prit la main et Mérida l'autre.
- Harold, Esprit de l'été, rejoins-nous !
Jack et Mérida firent les yeux ronds. Le dragonnier hésita à peine une fraction de seconde avant de leur prendre la main pour former un cercle complet.
- Je le ressens, ici, dans ce cercle, un courant me parcourt, déclara Harold surpris de ses propres paroles. Je ressens la puissance de la nature. Je suis bien un esprit ! Je suis né aux premiers jours estivaux et je suis proche de la nature ! Je…. Je suis avec vous !
Heureuse, Mérida serra plus fort sur sa main avant qu'ils ne ferment les yeux et invoquent leurs pouvoirs. Ils puisèrent au fond d'eux à la recherche de leur énergie.
Jack et Raiponce furent les premiers, auras dorée et bleutée s'éveillèrent devant tous les guerriers présents. Puis à force de chercher, les sourcils froncés, une aura argentée apparut chez la rouquine qui implorait pour sa mère. Enfin, Harold arrêta de penser. Il se laissa glisser dans une rivière infinie et trouva, tout au fond de lui, cachée derrière des milliers de pierres, une flamme. Une belle flamme rouge vif entouré d'un vent chaud. Il sourit. Accepta qui il était vraiment et, en phase avec ses amis, sans parler, il se laissa engloutir. Une aura rouge jaillit rejointe par les autres qui fusionnèrent en un puissant jet blanc aussi éclatant qu'une étoile en pleine explosion. La force accumulée dans le cercle avait été engloutie dans cette magie sans le vouloir et avait déclenché un tremblement de terre gigantesque.
La lumière illumina chaque recoin de la planète comme un flash d'une minute. A Northuldra, Elsa en tomba de son lit pour voir le miracle se produire. Elle comprit immédiatement ce qu'il se passait. Ils avaient réussi. Ils étaient de retour ! Anna regarda cela avec émerveillement dans la chambre royale d'Arendelle. Partout ailleurs, les humains contemplèrent le ciel avec surprise. Aurore se passa une main devant la bouche, dans les bras de Phillipe. Les fées des Landes dont la marraine de Cendrillon se fixèrent avec inquiétude bien que leurs yeux brillaient d'une lueur inexplicable. A Beurk on hurla d'incompréhension pendant que les dragons se mirent à grogner à la joie en allumant leur feu dans les airs. Au pays des sirènes, la famille royale fut la seule à ressentir le flash plus qu'à le voir, le nez tendu vers la terre, alors qu'Ariel la voyait de son balcon, Melody dans ses bras et Éric tout contre elle. A Burgress, la famille de Jack se serra en ressentant leur fils à travers l'onde. Ils sourirent. Puis à Corona, Arianna et Frederick se mirent à pleurer. Ils ne savaient même pas pourquoi, mais en regardant cette lumière, ils sentaient leur fille, leur précieux bébé qui ne leur avait plus écrit depuis des semaines. Elle était toujours là, près d'eux. Et… Elle allait peut-être enfin leur revenir ! C'est ce que Cassandra ressentit aussi, le nez vers le ciel, la main tendue, d'un sourire.
Fin du flash. Les quatre amis tombèrent comme des masses. Ils étaient épuisés et pourtant bien vivants – Totalement soignés par leur magie-. Mordu avait disparu comme un souffle, libéré du mal. Son âme vint les remercier avant de partir vers ailleurs. Mérida fut ensuite la seule à se relever, ayant encore une tâche à accomplir. Alors que le soleil se levait elle déposa la tapisserie sur sa mère pour la faire redevenir humaine. Tout le monde patienta dans un silence religieux, espérant de tout leur cœur le retour de la reine qui n'arrivait pas.
Emus aux larmes, ils regardaient Mérida s'agripper à l'ourse qui avait perdu sa conscience. Elle pleurait en lui disant qu'elle l'aimait et qu'elle voulait qu'elle revienne. Sa maman adorée. Il ne fallut que quelques secondes à la reine pour reprendre enfin son apparence tandis que tous hurlaient à la joie. Mérida la première puis Fergus et les trois petits frères qui attendaient plus loin. La famille réunie et sauvée. Raiponce, bien que faible, se mit à lâcher des tonnes de larmes dans son mouchoir violet fétiche. Jack lui prit l'épaule pour la consoler alors qu'il perdait des perles glacées. Elle se blottit contre lui.
Fergus se leva pour attraper la main d'Harold et lui demander de bien vouloir rejoindre leur famille. Puis il l'étouffa dans l'étreinte dont la main d'Elinor lui caressa les cheveux. Il cacha ses larmes avec Mérida avant de la prendre contre lui, heureux. La reine posa ensuite une main sur lui.
- Acceptez mes plus humbles excuses. Cher Chef de Beurk, nous serions ravis de former une alliance avec vous. Et je suis plus qu'honorée de vous offrir la main de ma fille.
- Je ne vous décevrais pas !
- Je le sais. Vous m'avez vaillamment protégé avec ma fille. Merci. Du fond du cœur, je m'excuse pour tout. Envers vous et vos deux précieux amis.
Harold ne savait plus où se mettre, il laissa la reine se cacher derrière Fergus quand elle remarqua être nue comme un enfant sortant du ventre de sa mère.
Tous le monde se rendit ensuite au château pour fêter ça, les clans ayant révisé eux aussi leur jugement sur le fier Viking. Là-bas, les adolescents expliquèrent ce qu'ils avaient vécu et fait dans la forêt. Leur nature d'esprit de saison, leur rôle à venir, l'origine de toute chose… Puis Fergus mit fin à la guerre contre les Vikings avec l'alliance de Beurk couchée sur papier. Et donc par extension de Corona et compagnie. Vint ensuite le moment où Mérida déclara, d'un air de reine :
- Ne pensez-vous pas qu'aujourd'hui les jeunes peuvent choisir leur amour et leur destin ? Qu'il est temps de mettre fin à des pratiques archaïques comme le font nos confrères ?
Ce fut, à la surprise de tous, les jeunes prétendants, McIntosh, Dingwall et McGuffin qui approuvèrent cette idée car ils n'avaient pas DU TOUT envie de se marier. Et encore moins avec une Mérida…
- Dans ce cas, par accord avec ma mère et mon père, nous abrogeons cette loi et nous laissons le progrès nous guider vers un monde meilleur, rempli de paix.
Ce fut l'acclamation générale avant le départ des clans pour leurs villes respectives dans une ambiance festive et amicale.
Sur le port, Jack, Raiponce, Mérida, Harold et Krokmou regardèrent le roi Fergus courir après les triplés qui s'étaient enfuis tandis que les bateaux prenaient le large. Là, la rousse se tourna vers eux et leur sourit.
- Nous sommes maintenant une équipe, des amis soudés. Il nous faut donc un nom ! Sinon, comment les gens vont nous appeler ?!
- Les esprits de saison tout simplement ? Commenta Harold.
- Nan c'est pas claquant du tout ! Je veux mieux que ça !
Elle se mit à réfléchir. Raiponce tint son ventre qui s'agitait tandis que Jack posait une main sur lui.
- Ah, j'ai trouvé.
Ils levèrent le nez vers elle. Celle-ci tendit son poing à nouveau. Les autres ne se firent pas prier pour la rejoindre.
- Nous sommes désormais : Le Big Four ! Les quatre amis inséparables munis d'une mission commune ! Protéger le monde !
- J'adore ! Réagit Raiponce. C'est approuvé pour moi !
- Nous aussi ! Dirent les garçons d'un rire.
- Ouiiiiiiiii ! A la une, A la deux, a la trois !
- VIVE LE BIG FOUR ! Hurlèrent les quatre esprits en cœur, enfin réunis.
Le tout sous le regard bienveillant de la lune, du soleil et de la terre qui souriaient comme jamais. Et d'un Krokmou qui sautillait de joie en leur fonçant dessus pour les lécher !
Jack et Raiponce ont réussi ! Leur quête est quasiment terminée!
Merida et Harold aussi, leur amour peut enfin fleurir!
Rendez-vous le week-end prochain pour le dernier chapitre de cette partie :3
