Chapitre 36 : Accomplissements
A la source sacrée d'Ecosse, le temps était doux tandis que le Big Four pique-niquait sous les bois. Dominant les vallées ils parlaient de tout et de rien, riaient, s'amusaient… Ils avaient passé quelques jours à travailler sur la nouvelle charte du royaume avant de prendre du bon temps pour prévoir leur départ. Les quatre amis partageaient beaucoup de passions en commun. Ils discutaient rêves, voyages, aventures, nature, statut social… Sous les doux ronrons d'un Krokmou repus de poisson, ils passaient un instant magique, rien qu'à eux.
- Je n'arrive toujours pas à croire qu'Harold soit un esprit et qu'on ne l'ait pas remarqué avant, reprit Jack allongé dans l'herbe.
- On avait d'autres choses en tête, répondit sa fiancée. On ne se rendait pas compte que la nature nous guidait jusqu'à lui de part Sada. Elle ne nous a jamais abandonnés au final. Elle a même réuni Harold et Mérida, j'en suis persuadée. Krokmou a dû guider son dragonnier en suivant la lune.
- Elle est toujours là pour nous, c'est réconfortant. Tout comme la famille, les amis. Nous ne serons jamais seuls.
- Par contre, je suis certaine qu'elle n'avait pas prévu qu'on forme deux couples, pouffa la rousse. Le choc !
Tous se mirent à rire. D'après ce que les Coroniens savaient, ça n'était jamais arrivé !
Les amoureux se lovèrent. Mérida fixa ensuite Harold d'un air songeur.
- Mais du coup toi aussi tu es mort dans le passé… Je me demande bien comment ?
Le jeune homme cogita avant de toucher son menton où une petite cicatrice était restée de son enfance.
- Je pense que ça doit être le jour où ma mère a disparue. Vous vous souvenez, je vous ai raconté que pendant une attaque de dragons, l'un deux l'avait enlevée et qu'on la croyait dévorée ? – Hochement de tête de la part du trio -. Eh bien, ce-jour-là, le dragon en question, qu'on appelle Jumper, était entré dans notre maison. Pendant que mon père se battait et que ma mère voulait apaiser les tensions, il s'est approché de moi. Ma maman a aussitôt vu la scène et s'est précipitée pour me sauver. Sauf que Jumper ne me voulait pas de mal, il m'examinait et me tendait une griffe pour m'effleurer. Il m'a égratigné sans le faire exprès mais apparemment j'avais quand même pris sa griffe dans ma petite main de bébé. Un lien s'était établi. Sauf que mon père est arrivé sur cet entrefait et là… le dragon aurait paniqué et m'aurait planté sa patte par inadvertance…
Mérida retenait son souffle à imaginer la scène de même que Jack et Raiponce, attentifs.
- Ensuite, c'est assez flou, mais ma mère s'est fait attraper par Jumper qui voulait la garder pour lui car il avait senti le lien. Mon père m'a alors pris dans ses bras alors que j'étais couvert de sang et inconscient. Il a perdu les pédales… Il m'a raconté, enfin de ce qu'il se souvenait, qu'il m'avait posé dans la forêt comme un automate et avait été étripé du dragon comme jamais il ne l'avait fait. Avec une haine sans nom. Après tout il venait de perdre sa femme et son fils, je peux comprendre… Mais quand il est revenu, j'étais vivant et je hurlais de solitude. Il m'a pris dans ses bras, a béni les dieux et a promis de toujours me protéger…
- Quelle histoire… Souffla Mérida.
- L'essence de la nature a dû t'être offerte dans la forêt, commenta Raiponce. Tout comme Mérida après que Mordu l'ait… enfin tu vois.
Le Viking approuva de même que l'Ecossaise. Ils avaient tant en commun que leur amour leur semblait encore plus beau et plus profond désormais. Ils se câlinèrent l'un contre l'autre. Heureux d'avoir eu la chance de vivre une seconde fois.
- C'est parce qu'on a un rôle à jouer qu'on a pu revenir, reprit le Chef de Beurk. Il faut qu'on ramène la force de la nature avant que les dragons ne disparaissent. Avant que la terre ne se meurt.
- Oui ! On ne peut pas rester sans rien faire ! Renchérit sa belle. On doit préserver notre monde et je suis totalement prête pour ça !
Son homme approuva. Jack en revanche fut plus réservé. Il regarda Raiponce qui hocha la tête.
- Avant de prendre une décision… Il faut qu'on vous parle de quelque chose d'important qui pourrait changer la face du monde. Qui pourrait tout détruire, nos avenirs comme nos rêves. Si on tente le coup, on devra peut-être y faire face. Je vais vous parler de Chernabog.
Durant les minutes qui suivirent, Raiponce et Jack exposèrent tout ce qu'ils savaient sur le Malin. L'être des ténèbres qui se nourrissait des émotions négatives et de tout ce qui était impur. L'origine même de la magie noire, l'épicentre de tout ce qui était mauvais en ce monde. Un mal invaincu…
- Donc si on choisit de ramener la magie, on a une chance de le réveiller et de finir en charpie comme dans les autres réincarnations, termina Jack. Ce pourquoi j'aimerais que vous soyez certains de votre choix. C'est capital. On ne vous forcera jamais à prendre cette responsabilité.
Le silence qui suivit dura un moment. Les deux nouveaux réfléchissaient. Les Coroniens furent patients en prenant le thé. Harold reprit la parole en se servant du Whisky.
- Honnêtement, ça ne change ni ma décision ni ma résolution. Je VEUX sauver les dragons et protéger les humains de cette noirceur. Je suis prêt à prendre le risque si c'est pour changer ce monde corrompu. Je refuse que les dragons meurent par notre faute. Car c'est nous qui nourrissons le Malin. Avec nos émotions négatives nous le rendons tous plus fort. Sans les humains, les animaux et la terre auraient vécu en paix. Chernabog n'aurait jamais pu être aussi puissant. C'est ce que je me dis. On doit réparer ça. Le bannir de chez nous. Et nous sauver de nous-même.
- Bien dit ! Approuva la rouquine. Mais je suis sûre que vous saviez déjà que je dirais oui…
Les trois rirent en hochant la tête.
- Eh ben vous aviez raison, répondit-elle fièrement. Je ne me laisserais pas marcher dessus par un pauvre démon incapable de comprendre le sens de l'amour et de la joie. Je vais le renvoyer six pieds sous terre moi ca lui fera tout drôle !
- A quatre, on peut y arriver, consentit Harold. Comme la dit Jack, on n'est pas seul. Tout le monde est avec nous.
- Nous le vaincrons s'il le faut !
Les Coroniens furent soulagés de leur réponse. Ils se prirent alors tous les quatre l'un contre l'autre pour se jurer de mettre à mal Chernabog s'il revenait leur prendre leurs rêves. Puis ils commencèrent à ranger leur pique-nique avant de redescendre au château des Dunbroch.
- Je me demande tout de même ce que je peux faire comme… magie, répliqua Harold suivit d'un Krokmou joueur.
- Les fées nous ont parlé de vitalité, d'énergie, répondit la blonde. Tu peux sûrement nous envoyer de la force !
- Je pense que ta magie, comme celle de Mérida, est liée aux éléments de notre Terre, renchérit Jack à son tour. L'eau, le feu, la terre et l'air. Donc peut-être que vous pouvez les contrôler comme le peuple des Northuldra le faisait autrefois.
- Il faudra qu'on s'entraine si on veut être à la hauteur contre le Malin, déclara Harold.
- Oh que oui, j'ai hâte de voir de quoi je suis capable, répliqua sa belle avec ferveur.
- Même nous on doit encore s'améliorer, avoua Jack.
Le Big Four arriva chez les Dunbroch pour ranger leurs affaires et préparer leurs valises. La veille de leur départ ils firent une fête puis se rendirent au bord de l'océan pour passer leur dernière nuit d'Ecosse à la belle étoile avec Krokmou. Enroulés dans leurs capes, ils somnolaient devant la beauté froide de la nature. Harold regardait le ciel avec force, ce souvenant de son passé et de ce que Stoick lui avait promis.
- J'aurais aimé que mon père voie ça, avoua-t-il. Quand je repense à tout ce qu'il a fait pour moi. Je regrette de ne pas avoir pu lui dire merci. J'espère qu'il est heureux au Valhalla.
- C'est quoi le Valhalla ? Questionna la blonde curieuse.
- C'est là où les valeureux guerriers tombés au combat reposent en paix. Accompagnés par les valkyries. Une légende Viking.
- C'est beau, dit Jack.
- Bien sûr que je suis heureux, ne t'en fais donc pas pour ça.
Harold sursauta et se retourna en un éclair. Les larmes dévoraient déjà ses yeux en fixant Stoick Haddock, souriant, devant lui. Il s'aperçut que Mérida avait posé la main sur son épaule et fermait les yeux de concentration.
- C'est toi qui…
Il n'en revenait pas. Ni les deux autres qui se tenaient par la main.
- Le pouvoir des morts, susurra Raiponce. Mérida m'impressionne.
Jack contemplait l'homme massif qui était d'un transparent bleuté aussi beau que les feux-follets. Harold voulut se lever pour rejoindre son père mais Jack le retint. Il sentait qu'il ne fallait pas briser le contact avec Mérida. Elle l'invoquait depuis les sentiments d'Harold.
- Comme tu as grandi, fils. En quelques mois à peine tu es devenu un grand Chef. Je suis si fier de toi. Je l'ai toujours été.
Son père s'avança et posa une main sur la tête de son petit. Harold ressentit une brise fraiche lui parcourir la nuque.
- Papa…, bégaya-t-il.
Il cacha ses larmes dans ses bras, incapable de supporter la présence de son paternel. Celui-ci lui ébouriffa les cheveux dans un souffle de vent.
- Mon petit bonhomme, je t'observe avec attention tu sais. Je serais toujours près de toi. Il faut que tu arrêtes de te dévaloriser en tant que Chef. Tu es incroyable. Bien plus que je l'ai été, je suis formel. Nous ne dirigeons pas de la même manière et c'est ce qu'il faut pour Beurk. Tu dois suivre TA propre voie et non imiter la mienne. Elle fera prospérer le village. Je le sais. Tu dois croire en toi, en toute circonstance. En tes choix, ta famille, tes amis, ton village !
Harold Haddock essuya ses yeux et se mit à lui sourire.
- Merci pour tout, papa. De mon enfance à ton sacrifice tu as été un père extraordinaire. Je n'aurais pas pu rêver mieux. Valka le pense aussi. On est heureux que tu aies été dans notre vie ! Ne t'inquiète plus, je ferais tout pour protéger Beurk à ta place !
Ce fut à Stoick de cacher sa joie dans sa grosse main velue. Il n'avait jamais pleuré autant et encore moins devant son petit. Mais il ne pouvait retenir ses émotions plus longtemps. Harold était heureux de le voir comme ça. Il le laissa se reprendre tandis qu'il essuyait ses yeux. Puis il se tourna vers Mérida qui avait rouvert ses prunelles couleur ciel.
- Tu n'aurais pas pu choisir meilleure épouse, mon fils. Tu fais honneur aux Vikings, grande guerrière. Tu feras une Cheffe exemplaire !
- Vous m'honorez !
- Est-ce que je peux te demander de prendre soin d'Harold à ma place ?
- Vous pourrez toujours compter sur moi, beau-papa.
Stoick rit et se releva. Il l'adorait cette petite. Le père remercia également Raiponce et Jack pour prendre soin de son garçon puis il s'évapora lentement.
- Je t'aime, mon fils. Sois heureux.
- Je le serais !
Harold lui fit ses adieux d'un regard profond et d'une main sur le cœur puis il se lova contre Mérida qui tombait de fatigue contre lui.
- Merci ! Merci ! Du fond du cœur ! Tu viens de me libérer d'un terrible poids !
- C'est normal voyons… Je ferais tout pour toi, mon aimé.
Harold l'embrassa devant l'air gaga de l'autre couple.
Mérida se redressa ensuite et tendit sa main vers Raiponce.
- Viens.
- ?
La blonde se posa devant elle, comprenant lentement ce qu'il allait se passer. Elle se raidit et attendit. La rousse lui souriait doucement. Puis tout à coup un vent frais entoura la blonde qui vit des mains l'enserrer.
- Mes excuses à Jack. Je voulais au moins une fois te serrer dans mes bras.
Raiponce sourit main sur la sienne.
- Ne t'en fais pas, il comprend, murmura-t-elle tendrement.
La blonde se retourna sur Eugène Fitzherbert qui, ému, lui caressa la joue.
- Te revoir était inespéré, ma belle. Si tu savais comme je suis heureux que tu aies fini par être sauvée de ce monstre. Que tu aies retrouvé ta famille, l'amour et accompli ton rêve. Le suivant m'a l'air également tout tracé. Je peux ?
Elle acquiesça en lui laissant toucher son ventre. Eugène reniflait.
- Merci de t'être sacrifié pour moi, déclara Raiponce la voix chevrotante. Tu es un véritable héros, Eugène. Tu m'as sauvée de bien des façons.
L'homme redressa la tête et ses yeux bien que transparents se reflétaient dans ceux de son ancienne aimée.
- Je vous souhaite plein de bonheur, à toi, à Jack et à tes amis. Vous le méritez. Je suis si FIER de toi, ma belle. Si fier… Tu es incroyable, comme je l'ai toujours pensé.
- Eugène…
- Au passage, la cérémonie de mes funérailles à Corona était grandiose. Je n'ai jamais autant été adulé. Ce qui concrétise mon dernier rêve. Je voulais qu'on reconnaisse ma valeur et qu'on m'aime. C'est chose faite. Maintenant je suis en paix. Mais je ne serais jamais loin. Pour veiller sur toi, sur Jack et sur le ou la petite.
L'esprit de l'hiver s'avança d'un air serein.
- On ne se connait peut-être pas dans le monde des vivants mais je suis ravi que tu sois là pour nous.
- Tu as intérêt à prendre soin d'elle toi, sinon je me fâche !
- C'est promis, elle n'aura aucun regret.
- Dans ce cas, je peux partir sans crainte. Je sais que tu es un homme bien Jack. Et la voir heureuse est tout ce qui compte à mes yeux ! A un de ces jours.
Raiponce se leva d'un coup, les yeux humides, et lança de sa main sur le cœur.
- Je ne t'oublierai jamais ! Quoi qu'il arrive tu auras toujours une place dans mon cœur, Eugène !
Il lui sourit pour toute dernière réponse et s'évapora à son tour.
Mérida s'endormit aussitôt dans les bras de son dragonnier plus amoureux que jamais. Fiers d'elle, les trois esprits veillèrent à son repos avec l'aide d'un Krokmou gaga de sa nouvelle amie. Harold et Raiponce se regardèrent, le cœur léger, tandis que la lune les couvrit d'amour.
Sur le quai, Elinor eut bien dut mal de laisser partir sa fille adorée. Elle ne la lâchait pas et lui donnait des tonnes de consignes dont la rousse en roulait des yeux. Ses amis rirent avec malice tandis que Fergus leur préparait un bateau et des vivres pour le voyage. Les triplés s'amusaient dessus et continuaient à faire tourner leur père en bourrique.
- Dis, tu crois qu'ils pourraient être la réincarnation des trois frères de la légende ? Pensa furtivement Raiponce.
Mérida fit les yeux ronds avant de hausser les épaules.
- Qui sait ?!
Elles se fixèrent avec complicité et embraquèrent.
- Et surtout n'oublie pas de nous écrire !
- Mais oui maman !
- Et par pitié ne te conduis pas imprudemment ! Pense bien à prendre tes trois repas par jour et …
- MAMAN ! Tu as fini ?!
Elinor souffla et sourit malgré des yeux inquiets. Elle avait les cheveux lâchés au vent et l'air plus sereine qu'avant.
- Désolée. C'est vrai que tu es majeure maintenant. Mais… n'oublie pas ta maman, d'accord ?
- Ca, jamais.
Elles se sourirent par dela le voilier. Mérida lâcha une petite larme en les saluant de la main. Promettant qu'ils se reverraient après leur voyage et leur devoir pour concrétiser le mariage royal avec Harold.
Le bateau s'éloigna alors vers des mondes inconnus pour les nouveaux esprits. La rouquine, son aimé et Krokmou découvrirent avec joie les terres déjà explorées par le couple de Corona tel que les Landes pour ôter, à quatre, la malédiction de Maléfique sur les animaux qui retrouvèrent enfin leur véritable apparence. Ils voguèrent ainsi dans plusieurs villes avant de se rendre après plusieurs semaines vers Arendelle leur destination finale.
Les esprits de l'été et de l'automne découvrirent la cousine de Raiponce, l'excentrique Anna. Ils se plurent tout de suite. Pendant tout le long du voyage en traineau ils parlèrent avec passion jusqu'à Northuldra. Anna n'avait pas eu peur de Krokmou contrairement à Kristoff qui resta craintif. Le furie nocturne par ailleurs était heureux de découvrir de nouveaux horizons et de suivre son maitre et ses amis partout. Il était totalement en phase avec le Big Four.
Elsa Arendelle accueillit Mérida et Harold les bras grands ouverts.
- Vous avez réussi, dit-elle à sa cousine. Vous avez trouvé l'été et l'automne !
- Ca n'a pas été facile, avoua Jack. Mais la nature nous a guidés, comme prévu.
- Et nous as réunis, conclut la blonde.
- En tout cas, vous êtes bien assortis, commenta la reine des glaces. Il y a quelque chose de très profond chez vous quatre. Je ne saurais le décrire.
Les amis se tinrent la main. Après le voyage, ils étaient encore plus proches.
- On est sur la même longueur d'onde, répondit Harold.
- Au passage, il parait que tu sais aussi faire de la glace ?! Je peux voir ?
- Bien sûr !
Mérida était admirative. Elle-même fit la démonstration de son pouvoir d'invocation en faisant apparaitre Agnar et Iduna. Moment d'émotion pour les sœurs Arendelle qui remercièrent la rouquine du fond du cœur lorsque leurs parents les saluèrent avec chaleur, les félicitant pour leurs exploits. De même que Raiponce eut le droit à un câlin de sa tante. Les cœurs s'allégèrent aussitôt après des aux-revoir emplit de tendresse.
Mérida leur dévoila ensuite qu'elle arrivait à faire craqueler la terre en frappant du pied. Les sœurs la félicitèrent.
- Et toi, Harold, qu'arrives-tu à faire ?
- Pour le moment pas grand-chose, avoua-t-il. J'arrive à contrôler le sens du vent quand je suis dans les airs. Et je peux repousser le feu de mes mains.
- C'est déjà très bien. La magie est un long apprentissage. Si c'était si simple, les hommes ne l'auraient pas abandonnée aussi facilement.
Le dragonnier approuva et regarda Elsa avec impression. Elle était belle, charismatique et surtout, il se sentait lié à elle. Celle-ci en rit quand Mérida lui demanda pourquoi il la reluquait.
- C'est juste que… je sens un truc entre nous. Euh, non , je veux dire, … AIE !
Mérida, jalouse, le frappait déjà. Raiponce gloussa avec Jack. Elsa fit un sourire malicieux.
- C'est normal je suis le lien. Celle qui existe pour unir les hommes avec la nature et ses esprits. Nous sommes tous les six liés par notre destin.
- Six ? Releva la rousse.
- Anna est l'esprit des hommes. C'est aussi un lien même si elle n'a pas de pouvoir !
- Oh, d'accord ! Génial !
Elsa lui sourit et posa un regard sur la grossesse de la blondinette.
- Mes félicitations cousine ! Je l'avais ressenti mais je suis contente de ne pas m'être trompée.
- Merci Elsa ! Je suis comblée.
- J'aimerais bien moi aussi porter la vie.
- Ca doit être compliqué… entre femmes je veux dire, commenta Jack perplexe.
- Oui… Mais, nous adopterons s'il faut, avec Honeymaren. Toute vie trouve son chemin.
Sur ces paroles de sagesse, la reine conduisit les esprits de saison vers Ahtohallan. Mérida et Harold furent happés à leur tour par la rivière éternelle gelée qui les envoutaient. Jack les recentra sur la mission et tous les cinq se prirent la main, au centre de la grotte, au cœur de la terre.
- Bien, pour que cela fonctionne nous devons nous harmoniser et envoyer notre énergie à la fois vers le ciel et vers la terre. Nous devons recréer le courant magique, expliqua Elsa. Personne ne doit rompre le cercle. Sous aucun prétexte. Et aucun de nous ne doit penser à autre chose. Vous devez rejoindre le cœur de votre magie, de votre âme, pour invoquer la magie avec votre force mentale. Compris ?
- Oui.
- Dans ce cas, commençons. C'est l'heure
- Ramenons enfin la magie sur terre ! Conclut Raiponce le regard déterminé.
- Et au diable Chernachose, murmura la rousse d'un rire mesquin.
Tous étaient détendus quand ils abattirent leurs paupières. Ils partirent loin à la recherche de leur moi intérieur et se laissèrent un à un glisser dans leur rivière de l'âme. Raiponce admira ses fleurs de soleil dérivant vers l'infini avant de se poser tout contre sa lumière. Elle l'embrassa de tout son cœur et fut la première à activer son aura. La suivante fut Elsa, enserrée contre un cercle de glace infini, le long d'une rivière froide en torrent. Son aura avait la couleur d'un cristal pur reflétant toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Le suivant fut Jack, accolé à sa glace lunaire dont l'aura bleu se reflétait sur les parois de neige de la caverne. Un balai de couleur dansait en symbiose suivi de l'argent de la rousse puis du rouge puissant d'Harold.
Les couleurs d'un prisme en lumière dansèrent au-dessus de l'eau glacée, comme dans une parade nuptiale. Les gardiens et esprits rouvrirent leurs yeux complétement blancs, en transe. Alors, lentement, les auras fusionnèrent entre elles en commençant par les couples puis Raiponce avec sa cousine avant de rejoindre celle de Mérida qui elle-même trouva celle de Jack et ainsi de suite. La magie devint totalement blanche et d'une puissance démentielle. La terre connut son deuxième tremblement tandis que le flash s'envola vers les cieux d'un côté tout en étant avalé par la terre de l'autre.
Les cinq étaient suspendus dans les airs tandis que la magie originelle tentait de se frayer un chemin dans le nouveau couloir. Autour d'eux des créatures se mirent à naitre de la glace même d'Ahtohallan. De toutes sortes les esprits de la nature reprirent formes et couleurs. Feu, eau, terre, vent, foudre, glace, nuit, lumière, …
La magie affluait par le passage et, enfin, la force de la nature éclata en milliers d'éclats de glace. Là, dans ce balai de lumière, les cinq assistèrent à la naissance du monde, comme un film venu du passé. Le gros Bang qui répandit le flux originel dans l'espace. La création du monde avec le soleil, la terre, sa lune puis la vie. C'était une expérience ultra sensorielle détonante qui les amena jusqu'à la dernière guerre contre Chernabog où ils virent leurs prédécesseurs se faire détruire après avoir scellé le Malin devant les fées impuissantes aussi jeunes que des jouvencelles.
Ensuite, la lumière éclatante s'estompa et tous se retrouvèrent au sol, vidés. Ils avaient réussi. Ils l'avaient fait ! Le couloir magique était de nouveau ouvert et remplit d'un flux vital que la terre dévora goulument. Les cinq amis attendirent un temps, un long moment où ils récupéraient sans rien dire, dans l'attente du retour du mal.
- On dirait…, s'exprima Mérida, qu'IL ne reviendra pas, finalement. N'est-ce pas ?
Elsa sonda l'air. Elle n'en revenait pas.
- Aucune trace de Chernabog… C'est… extraordinaire !
- On a réussi ! Balança Jack en ce levant.
- Et sans se battre ! Dit Harold.
- C'est un doux rêve qui se réalise ! S'exprima La blonde euphorique. Pas de Malin ! Et la magie revenue ! Alléluia !
- Ne crions pas victoire trop vite… On ne sait jamais, apaisa Elsa un peu inquiète de cette absence de ténèbres.
- Bien sûr, on est toujours prêts, dit Jack, mais avoue que là on s'en sort plus que bien. Toute cette peur n'était peut-être pas fondée. IL est peut-être mort épuisé de magie avant nous !
- Fort possible ! Jubila Mérida.
Le groupe fêta sa victoire quand tout à coup, Raiponce s'effondra sur le sol.
- Mon soleil ?!
Elle hurla de douleur, recroquevillée.
- Que se passe-t-il ? Paniqua son fiancé. Elsa ?! C'est LUI ?
- Je ne sais pas…, bredouilla-t-elle.
Elle tenta de la sonder mais se fit repousser par un coup de lumière.
- Raiponce ! Hurlait l'esprit de l'hiver. Dis-moi ce que tu as !
- Mal ! Ahhhh…. !
Elle pleurait de douleur, incapable de parler, pliée en deux sur le sol.
- C'est elle qui soigne, moi je ne sais pas quoi faire bon sang… !
- Déjà, calme-toi, conseilla Harold. On doit pouvoir l'amener à un médecin, non ?
- Mais il ne saura pas quoi faire ! Beugla son ami. Je…
- Attendez ! Je connais quelqu'un qui peut l'aider ! Intervint Elsa. Oui, allons voir Pabbi !
- Qui ça ?!
- Vous verrez, c'est un sage des montagnes. Il saura quoi faire ! Vite !
Jack prit sa belle sur son dos, à demi inconsciente tant la douleur la vrillait. Du sang coulait sur le sol.
- Non, non, non, non, psalmodia-t-il en s'envolant vers la sortie. Tiens bon, ma belle, ça va aller, d'accord ?! Je suis là !
Raiponce s'agrippa à Jack avec force. Harold monta sur son dragon avec Mérida tandis qu'Elsa prit son cheval d'eau glacée. Ils foncèrent tous vers la direction que prenait la reine en galopant comme une fusée à travers les flots. Sa belle robe blanche était comme un phare que Jack suivait sans faillir.
Elle les amena en contrebas de la vallée où ils découvrirent que les Trolls de pierre existaient. Ils étaient comme des rochers vivants pouvant rouler sur eux même pour se déplacer. Ils étaient tous couverts de mousse et d'un visage à gros nez. De petite taille ils se rendirent devant la reine des glaces qui expliqua la situation avec urgence. Le plus vieux d'entre eux qui était couvert d'une coiffe, Pabbi, l'examina de ses mains rocailleuses.
- Alors ?! Questionna la cousine, inquiète.
- Hum… Ce n'est pas bon du tout…
- C'est Chernabog ?! Il va l'utiliser comme un réceptacle ?! Paniqua Mérida.
- Non, non pas du tout. Cela n'a rien à voir avec le démon.
- Ah bon ? Demanda Jack. Alors… quoi ?
- C'est votre bébé… je le sens mourir.
- Quoi ?! NON !
Jack s'effondra à genoux, dépassé. Il venait de passer de l'euphorie à la détresse en quelques minutes seulement. Sa tête lui tournait.
L'être de pierre se releva vers Elsa.
- Elle est gravement affaiblie. Son corps ne supporte pas la grossesse. On dirait que votre cousine n'a pas un corps adapté à la gestation. Ca arrive chez beaucoup de mères… Le bébé prend toute l'énergie et le corps ne suit plus.
- Comme sa mère… balbutia l'esprit de l'hiver. Elle a hérité de sa faiblesse… Mon dieu… Pourquoi ?!
Il se tenait la tête entre les mains. Mérida le consola en se collant contre lui. Harold était terrifié par la situation.
- Que peuvent-ils faire ?! Implora-t-il.
- Hum… Par chance votre amie est un esprit qui utilise la magie de soin. C'est ce qui la sauve depuis le début. Car un voyage de cette ampleur dans un tel état aurait été impossible. Il faut qu'elle se repose et peut-être… qu'il y aurait un espoir pour que le corps réussisse à pallier le manque d'énergie.
- C'est de ma faute, répliqua Elsa qui commençait à créer des flocons de neige. C'est parce que je l'ai vidée de son énergie à Ahtohallan…
Ce fut Harold qui calma la reine d'une main sur l'épaule.
- Raiponce n'allait déjà pas bien avant. A Beurk elle saignait aussi. Ma mère lui avait dit de se reposer…
- Mais quand même…
- Ce n'est de la faute de personne, balança Jack, les poings serrés de rage. C'est comme ça et puis c'est tout. Sa magie qui clignotait était en fait son corps qui se soignait… Elle était en surchauffe permanente ce qui explique sa fatigue ! Si j'avais compris cela plus tôt… Mais c'est trop tard pour les regrets. Pitié, dites-moi qu'elle va s'en sortir !
Le troll s'assit, la mine soucieuse.
- La mère ou le bébé, choisir l'un ou l'autre pourrait en sauver un…
- Non, c'est hors de question ! Je ne choisirais pas ! Je ne le pourrais pas !
- Jack, tu dois sauver notre bébé, marmonna Raiponce. Je t'en supplie !
- NON ! Je ne peux pas vivre sans toi… Arg !
Jack se releva et marcha dans tous les sens.
- Dans ce cas, je ne peux que vous conseiller de rester au lit et de prier pour que bébé et vous vous en sortiez. Il n'y a rien de plus à faire que de croire en la nature… Je vais tout de même vous prescrire des herbes pour calmer vos douleurs. Je prierais de tout cœur pour vous deux.
Raiponce sanglota dans les bras de sa cousine, rejointe par Mérida. Harold prit Jack à part pour l'aider à se calmer en le faisant respirer. Il avait connu la dépression et la peine, il savait quoi faire.
- On va tout faire pour la sauver, ne t'en fais pas.
Jack hocha la tête puis rejoignit sa fiancée pour lui prendre la main et se forcer à sourire.
- Ma chérie, il est temps de rentrer à la maison, tu ne crois pas ?
Elle acquiesça, désespérée.
- Nous venons aussi, assura Mérida.
- Nous aussi, dit Elsa en pensant à Anna.
- Bien, alors, dépêchons-nous, répliqua Jack. Le voyage pourrait la tuer.
D'un commun accord, la troupe reprit le bateau et l'enchanta au maximum pour offrir à Raiponce un confort optimal. Celle-ci se sentit mieux grâce aux herbes mais elle ne sentait plus son bébé bouger et cela la traumatisait. Elle ne fit que de pleurer et de dormir pendant le trajet jusqu'à Corona. En passant, Jack avait récupéré Fidella et laissé Sada avec sa famille. La dragonne avait déjà bien grandi et devait rester avec les siens. Mais il lui avait promis de revenir vite. Les aurevoirs avaient été déchirants car la petite, qui pouvait à présent voler, les avait suivis quelques mètres dans une plainte douloureuse. Krokmou avait hésité à opérer un demi-tour avant de garder le cap vers les terres plus au sud.
Arrivés au port, Arianna et Frédérick sautèrent sur leur petite fille bien trop pâle à leur goût. Jack leur expliqua la situation en faisant coucher sa fiancée sur leur lit. Puis il leur raconta une bonne partie de leur voyage avec l'aide de Mérida et Harold. Elsa et Anna firent également part de leur joie de revoir enfin Corona avant que la conversation ne reprenne sur Raiponce. Elle en avait trop fait et avait hérité de sa maman. Celle-ci s'effondra, furieuse envers elle-même de lui avoir transmis ça.
- Arianna ce n'est pas de ta faute tu le sais… Commenta Frédérick.
- Je suis tellement désolée, Jack, tellement désolée…
- Ne vous excusez pas… votre majesté… je suis tout aussi responsable que vous.
- Ah non je ne veux pas entendre ça, tonna Frederick aux deux Coroniens. Stop. Il faut protéger Raiponce maintenant. C'est tout ce qui compte.
La mère et le fiancé approuvèrent en retrouvant la belle dans sa chambre.
Celle-ci était réveillée et faible. Elle buvait un peu d'eau. Arianna se posa à ses côtés, ne pouvant cacher ses larmes de mère inquiète.
- Félicitations, ma puce. Tu as réalisé ton rêve.
Frédérick posa sa main sur sa tête.
- Félicitations pour tes fiançailles et ta grossesse. Nous sommes fiers de vous deux.
- Vous avez accompli de grandes choses. Je ne peux qu'être comblée d'avoir une enfant aussi exceptionnelle.
Raiponce leur sourit avec amour.
- Maman ! Papa ! Oh comme vous m'avez manqué !
Elle se blottit contre eux, tendrement.
- Je suis heureuse d'être de retour à la maison. Vous savez, j'ai tellement appris durant mon voyage ! J'ai vu tellement de choses ! Il faut que je vous raconte tout ça ! J'ai tout noté dans ton carnet maman !
- J'ai fort hâte de tout savoir !
Les deux femmes de la vie de Frédérick se sourirent. Bien que faible, Raiponce avait un air différent après ces mois écoulés pendant son voyage. Elle avait changé, beaucoup.
- Comme tu as grandi, dit la reine avec amour. Je ne te reconnais presque plus. Tu es si… mature. Si belle. Tu resplendis.
- Je te l'avais promis maman, ce voyage allait me faire découvrir qui je suis et me faire grandir.
- Tu avais raison, intervint son père. Jamais tu n'aurais pu être aussi belle en restant ici. Le bonheur se lit dans tes traits malgré ce que tu traverses. Tu es… je n'ai pas les mots pour te décrire. Mais ce que je sais c'est que Corona aura une reine des plus magnifiques à sa tête.
- Un roi aussi, rit la mère.
Jack rougit de l'autre côté du lit. Lui aussi avait gagné une aura plus charismatique et plus puissante. Ils n'étaient plus du tout des enfants désormais. C'étaient des adultes accomplis.
Les esprits se prirent par la main.
- Nous serons ravis d'être enfin le roi et la reine de Corona, nous en sommes désormais dignes, répliqua la princesse. Et j'ai plein d'idées pour l'avenir !
- Oh mon poussin, j'attendais ce jour avec impatience, sanglota le roi tout contre sa fille. Comme je suis heureux ! Dis-moi que tu vas rester pour de bon à Corona ?
- A part pour quelques voyages, bien sûr ! Je suis tout à vous.
Frédérick pleura de plus belle, enchanté. Arianna lui caressa le dos d'un sourire.
* toc , toc *
- Oui ?
- Je ne vous dérange pas vos majestés ?
- Cassandra !
Raiponce tenta de se lever mais Jack la retint et la sermonna. Elle s'excusa et se remit bien dans son lit. La jeune femme entra, laissant les parents repartirent. Elle portait la tenue de garde royale officielle.
- Tu es revenue toi aussi ! Larmoyait la blonde.
- Il y a quelques semaines oui. Il parait que tu as fait un voyage d'enfer. Moi aussi si ça peut te rassurer.
- On se racontera tout, hein ?!
- Bien sûr. Et donc, tu as trouvé qui tu étais et accompli tes rêves ?
- Oh que oui. Et toi ce voyage d'introspection ?
Elle ne semblait plus gênée après le fait que Cassandra l'ait embrassée et aimée. Son amie lui sourit à ce constat.
- Et bien, j'ai appris à accepter mes origines et mon père adoptif. Je ne pouvais pas trouver mieux que lui de toute façon, et je l'aime plus que tout. J'ai aussi appris l'amour…
- Oh, oh ?
Raiponce lui fit un regard malicieux. Cassandra devint tomate, le regard évasif.
- Oui je ne peux pas dire que je ne t'aime plus, ce serait mentir. Mais j'ai trouvé quelqu'un d'autre avec qui je me sens bien. Et mon père aussi.
- Tu as une belle-maman ?
La blonde tombait des nues. Son amie en rit.
- Ils ne sont pas mariés donc bon… mais elle est cool et m'a appris plein de techniques à l'épée. Elle s'appelle Adira.
- Et ta prétendante à toi ?
- Ce n'est pas une femme, sourit son amie. Apparemment, je ne suis pas du genre à m'intéresser au sexe de mon partenaire.
- Comme ma cousine. Alors, dis-moi tout !
- C'est Varian.
- Ohhhhh !
Les filles conversèrent un bon moment sur leurs sentiments puis leurs voyages. Cassandra avait vécu de grandes aventures avec son père puis avec Varian qui l'avait rejoint ainsi que Lady Caine, une femme qu'elle avait sauvé de sa condition de mercenaire pour en faire une amie fidèle à Corona. La princesse était enchantée avant que la fatigue ne se fasse sentir, l'obligeant à se reposer. Cassandra la borda et la laissa avec Jack sur un dernière sourire.
- Je suis heureuse de te retrouver, Raip'.
- Moi aussi. Et que tu sois enfin devenue celle que tu voulais être.
Cassandra fit apparaitre un rocher noir avec sa magie ce qui surprit le couple. Elle ricana et s'en alla. Elle aussi pouvait faire de la magie grâce à sa mère biologique, Gothel. L'ayant acceptée elle avait appris à s'en servir pour protéger ceux qu'elle aimait. C'était là toute la réussite que Raiponce fut fière de voir chez sa première et grande amie.
La princesse se sentait bien d'être à la maison. Entourée de tous ses proches pour faire face à sa peur de perdre son bébé, elle profita d'un repos bien mérité…
Les jours défilèrent rapidement, l'hiver prit place et l'état de Raiponce ne faisait que d'empirer Tour à tour, des personnes se présentaient à son chevet pour la rassurer et la soutenir. Aurore, Ariel, Cendrillon et bien d'autres vinrent la réconforter dans son malheur.
Jack s'inquiétait un peu plus à chaque journée. Sa future femme était de moins en moins présente, il crut bien que c'était la pire période de sa vie. Restant à ses côtés il tentait de la soulager en la refroidissant. Elle se sentait toujours bien à ce contact et elle lui assurait son amour indéfectible.
Noël et nouvel an se passèrent dans la pire ambiance possible. Malgré le succès des esprits à ramener la magie sans Chernabog ainsi que l'annonce de la coalition avec les pays alliés et la vérité sur leur nature, ils ne purent profiter de leur victoire. Raiponce restait alitée et souffrante à tel point qu'elle faisait de la fièvre et que ses cheveux s'éteignaient plus longtemps. Jack ne quittait plus le lit pour rester avec elle. Arianna, Frédérick, Mérida, Harold ainsi que Elsa et Anna étaient dépassés par la situation. Alors ils se rongeaient les sangs, chacun dans leurs royaumes respectifs.
Puis, un soir de janvier, le glas fini par tomber. Raiponce hurla à en faire trembler le château. Le sang perlait à grosses gouttes sur les draps de soie. Elle avait l'impression que ses muscles se déchiraient en elle.
- JAAAAAAAAACK !
Le jeune homme arriva en trombe et souleva les draps pour voir le carnage.
- Il arrive ! IL ARRIVE !
- Mais non c'est bien trop tôt !
- Ahhhhhhh, c'est maintenant ou jamais ! Je le sens ! Jack, par pitié, sauve notre bébé !
Blanc comme la neige, Jack partit chercher les sages femmes en glissant plusieurs fois sur le sol et contre les murs du château. Il communiqua par boule magique à ses amis pour qu'ils viennent en urgence. Il ne voulait pas être seul si… SI elle mourrait. Ou leur bébé… Était-il seulement en vie d'ailleurs ?
Au bord de la syncope, Jack resta auprès de sa fiancée qui lui assassina le bras. Mais il ne dit rien car elle était au bord de l'agonie elle aussi. Elle allait mourir s'il ne faisait rien…
- Ca se déchire en moi ! Ahhhh !
Raiponce sentait le doux baiser de la mort l'effleurer. Elle pressait sur Jack pour se donner la force de faire naitre son bébé. Coûte que coûte lui devait vivre !
En larmes, Jack utilisa sa magie sur elle pour l'aider, c'est tout ce qu'il pouvait faire. La blonde utilisait aussi sa dernière lumière tandis que les dames parcouraient le chemin sanglant pour trouver une tête.
- Poussez à chaque contraction ! Poussez !
- Ahhhhhhhhhhhhhhhhh !
Arianna, Frederick et Cassandra tournaient comme des lions en cage, mortifiés. Si Raiponce mourrait… Dieu seul sait ce que Jack et eux deviendraient… Ils priaient la nature de les sauver, de toute leur âme. Mérida, Harold, Elsa et Anna firent la même chose tandis qu'ils voyageaient à dos de dragon ou de cheval d'eau. L'heure tournait irrémédiablement. Raiponce hurlait, encore et encore, puis, enfin, le bébé sortit. Il ne pleurait pas et semblait inerte. Jack perdait à moitié connaissance tant il avait envoyé d'énergie à sa belle.
La blonde quémandait son bébé, elle cherchait dans le vague et ne trouva que les mains de Jack dans les siennes.
- Mon bébé, mon bébé…
Elle pleurait de toute son âme quand elle sentit au fond d'elle une énergie nouvelle la parcourir et l'éloigner de la grande faucheuse. Elle provenait de ses amis, de ses proches. Un lien qui les reliaient lui envoyait de la force. La force de rester en vie malgré son état. Et elle ne comptait pas mourir aussi facilement, oh ça non !
- Tu es forte ma belle, si forte ! Sanglotait Jack au bord du gouffre.
- Pourquoi… Pourquoi il n'a pas survécu… Pourquoi ?!
Le couple pleura l'un contre l'autre devant les yeux des parents de Corona et de la garde royale. C'est alors qu'un cri leur parvint. Un petit toussotement puis un hurlement des diables.
- On a réussi ! Hurla une sage-femme qui faisait un massage cardiaque au petit depuis quelques minutes.
Elle lui avait tapé sur les fesses pour qu'il hurle et enfin, les poumons remplis d'un air neuf, le bébé se fit entendre dans tout le château. Les domestiques et le peuple hurlèrent à la joie. La sauveuse lui tendit son petit.
- Félicitations, princesse, c'est un beau garçon ! Vous avez été très courageuse !
Bien que trop chétif car précoce, le petit braillait à s'en déchirer les poumons, calé dans les bras de sa maman qui chantonnait sa chanson de renaissance. Cela l'apaisa aussitôt.
- Félicitations à vous aussi, mon prince.
La sage-femme s'inclina et il la prit dans ses bras. Choquée l'infirmière rougit de bas en haut. C'était tout de même le futur roi mais elle venait de sauver un être important et il lui promit sa gratitude éternelle.
Jack Frost se blottit ensuite contre sa reine de toujours et son tout petit garçon qui lui agrippait les doigts. Le petit était aussi pâle que lui avec des yeux bleu clair et des cheveux blond clair. Les parents se regardèrent, soulagés comme jamais.
- Comme il est beau notre petit ange ! Larmoya Raiponce.
- Notre petit prince.
- Il va lui falloir un nom. Je te laisse le choisir, Jack, on avait dit que si c'était un garçon c'était toi.
- Très bien, dans ce cas, je sais ce que je veux lui donner. Il s'appellera Gwen. Aussi blanc, pur et sacré que la neige d'hiver.
- Oh, mon beau et vaillant Gwen Frost. Tu t'es bien battu pour vivre, maman est fière de toi.
- Bienvenue parmi les casse-cou.
Jack lui caressa la joue tandis que sa mère, bien que très faible, lui donna sa première tétée où il s'endormit aussitôt.
Un peu plus tard, Mérida, Harold et les cousines arrivèrent et furent plus que soulagés d'apprendre que tout c'était bien fini. Ils félicitèrent les futurs parents en donnant leur bénédiction. Les fées en firent de même lorsqu'une grande fête eut lieu pour la naissance de Gwen.
- Vous l'avez échappé belle, vous deux, répliqua Mérida avec le petit maladroitement calé dans ses bras. Je suis si contente que vous ayez survécu…
- A Corona, on est des battants. Et puis c'est grâce à vous tous que j'ai réussi, merci pour votre énergie.
- C'est normal voyons ! Tes problèmes sont nos problèmes !
Elle lui sourit. Toutes deux savaient que leurs profonds liens avaient pu faire naitre ce miracle. Et c'était tout ce qui comptait à cet instant.
- De plus, aucune nouvelle de Chernabog. On a bel et bien réussi à sauver le monde, s'exprima Jack à côté d'elle.
- Dans ce cas… il va falloir penser au mariage, non ? Sourit Harold avec malice.
Jack approuva grandement, prêt à devenir mari maintenant qu'il était père.
Ce jour arriva bien plus tard, au milieu du printemps, lorsque la belle était entièrement remise de ce cauchemar tortueux. Vêtue d'une magnifique robe d'un blanc pur cerné d'or, la princesse s'était avancée vers l'autel. Cheveux nattés fleuris, couronnée d'un voile léger, elle s'avançait avec son père jusqu'à Jack. Petit Gwen chignait dans les bras de mamie, gagate au possible. Tous ses amis étaient là, Raiponce volait sur son nuage, son paradis sur terre. Elle s'était battue pour ses rêves, ils se réalisaient enfin.
Elle prit la main de Jack et ne décrocha pas un seul instant ses yeux émeraudes du bleu saphir de son aimé. Celui-ci était vêtu d'un costume blanc et argent orné d'un motif de Corona comme elle mais également d'une magnifique lune à son bras. Il avait soulevé son voile pour la regarder, sans prêter la moindre attention à ce qui l'entourait. Dans leur bulle ils attendirent les vœux qu'ils prononcèrent avec passion. Puis, ils s'embrassèrent tendrement pour sceller leur union avant de mettre leurs bagues respectives, symbole de leur passion céleste à toute épreuve.
Applaudissement, musique, et Raiponce lança son bouquet sur la place de la ville. Elsa l'attrapa, rouge tomate devant Honeymaren. Mérida fulminait elle n'avait pas réussi à l'attraper mais Harold la rassura, le mois prochain c'était à eux d'y passer.
Il y eut ensuite un grand bal au château avant que n'ait lieu quelques semaines plus tard la passation de pouvoir. Frederick et Arianna posèrent leur couronne sur la tête du nouveau Roi et de la nouvelle Reine de Corona. Jack et Raiponce Frost étaient officiellement les souverains du royaume. Il y eut un magnifique lancer de lanternes sur les eaux de Corona tandis que les sirènes vinrent chanter en leur honneur avec Ariel en tête. Sada était aussi venue depuis Beurk avec Krokmou et d'autres dragons que le peuple découvrit par la même occasion. La grande fête s'étala sur plusieurs jours où jamais encore la ville n'avait été aussi festive. Leurs alliés, « La Confrérie d'Ahtohallan », avaient tous répondus présents lors de ces jours de liesse.
Lors de la soirée de clôture, après s'être épuisée mentalement et physiquement, Raiponce Frost se posa sur son balcon avec Gwen dans les bras qui dormait. Elle savoura la vue sur l'euphorie en ville et sourit. Le vent dans ses cheveux, elle inspira de bonheur. Elle avait enfin réussi à construire ce qu'elle désirait. La vie ne pouvait être plus belle. Entouré d'esprits du vent qui gazouillaient elle chanta à son tour une douce mélodie.
Jack arriva pour lui apposer un baiser dans le cou et la prendre dans ses bras. Il câlina la joue de son fils avec tendresse et à se laissa emporter par la sérénité. Par ce calme parfait de leur nouvelle vie.
Lentement, le couple rentra pour poser le petit dans le berceau et aller ce coucher. Raiponce ferma la fenêtre d'un sourire inégalable.
Elle était sur son petit nuage, aussi, ne repéra-t-elle pas, proche d'elle, un banc de poussière noirâtre s'envoler vers l'horizon lointain d'une montagne en ruines.
Et tout est bien qui fini bien..., A moins que ?!
Fiou, cette partie aura été aussi éprouvante qu'intense! Je suis émue de l'avoir concrétisé et j'ai fort hâte d'entamer la fin de cette histoire. J'ai encore fais douze chapitres d'ailleurs comme chaque partie, la suite sera surement équivalente :')
Bien entendu je me prends une petite pause histoire de me ressourcer un peu car un chapitre par semaine c'est chaud à écrire ! J'espère que vous appréciez toujours autant et que vous avez hâte de voir la conclusion de leur aventure :3
Merci encore pour les review MHE et pour les correction Kimblette-chan !
Préparez-vous bien pour la suite , c'est un conseil d'amie, hé hé hé!
