Chapitre 38 : Séparations

Le voyage vers les terres du Nord laissa tout le temps aux Coroniens pour accepter la nouvelle menace qui planait sur eux et commencer à s'y préparer. Plans de batailles, stratégies, alliés... Ils passèrent en revue leurs idées de la décennie écoulée. Car, dans un coin de leur tête, le Big Four avait toujours eu une pensée pour Chernabog malgré leurs années bonheur. Ils n'avaient jamais cessé d'imaginer son retour. Inconsciemment, ils le pressentaient. Désormais, après le choc de la surprise, ne restait plus que la motivation pour gagner. La hargne de préserver leur havre de paix.

Tout à leur réflexion, Jack mit cap sur les terres perdues pour s'assurer que les dragons allaient bien. C'était sur leur route et ils avaient envie de revoir Sada pour s'armer de courage. Ils mirent donc l'ancre aux abords de la chute avant de s'envoler dans les entrailles de la terre jusqu'au berceau des dragons. Ceux-ci volaient dans tous les sens, affolés. La grande Alpha se souleva de sa couche de glace aiguisée pour les apaiser avec des ultrasons. Beaucoup d'entre eux vinrent se blottir contre elle et ses dix mètres de haut sous sa forme adulte.

- Ma Sada adorée, comment vas-tu ?

Raiponce se lova contre sa dragonne qui roucoula en donnant un petit coup de tête. Jack atterrit sur sa tête pour la caresser.

- Tu nous as manqué. Comme tu es devenue impressionnante !

Jet de glace joyeux de la part de l'Alpha. Les dragons proches d'elle s'envolèrent, plus calmes, pour s'occuper des petits.

- Tu l'as senti toi aussi, n'est-ce pas ? Demanda la reine de Corona.

Hochement de tête, yeux puissants tournés vers eux, regard sombre.

- Oui… C'est grave. Mais nous nous étions préparés, assura Jack. Tout va bien se passer, Sada. Ton peuple survivra. C'était le seul moyen pour vous assurer l'avenir, tu le sais.

La dragonne sembla vouloir se lever pour aller se battre à leur côté. Raiponce la calma de ses douces mains sur sa fourrure de gel.

- Non, tu dois rester ici. Tu dois protéger les tiens, ici, aux terres perdues. Vous serez en sécurité. Le Malin ne pourra pas vous atteindre, j'en suis persuadée. Tu as le devoir de protéger les dragons et leurs petits. Toutes les colonies vont venir se réfugier sous ta coupe. Alors soit prête ma belle. C'est ce que je voulais te dire avant de partir.

Plainte déchirante de Sada suivie par beaucoup d'autres qui entourèrent les gardiens de saisons avec peine.

- Merci de votre soutien les amis, répondit la blonde en joignant les mains. Nous ferons tout pour vous assurer un lendemain lumineux.

Jack la prit par les épaules, le regard confiant.

- IL ne pourra rien contre nous tous. Protégez-vous bien les uns les autres.

Dans la fosse, tous les dragons se mirent à chantonner en vibrant. Leur chant fit frissonner l'esprit de L'hiver et du printemps. Ils se prirent par la main, le regard fort, avant de fermer les yeux pour s'emplir de leur cri du cœur. Puis, d'un au revoir déchirant, ils partirent sans se retourner, tandis que la voix de Sada résonnait encore en eux. Telle une mélodie d'adieu.


- JE. VEUX. VENIR ! Hurlait Aliénor rouge de colère.

- Non, tu es trop jeune ! S'emporta Mérida pour la dixième fois. Tu ne sais rien de ce qui nous attends ! Ne sois pas stupide !

La jeune fille allait répliquer mais Harold posa ses grandes mains sur son épaule.

- Ali'. C'est grave ce qui est en train d'arriver. Ce n'est pas un jeu. Des millions de vies sont en péril et seuls les esprits de saisons, ainsi que leurs alliés accomplis, peuvent se battre. Tu ne pourras rien faire à par te faire tuer.

- Et puis tu dois rester pour veiller sur le village. A moins que cela ne t'importe peu ? Raisonna la rousse.

Aliénor abdiqua d'un soupir de rage. Elle leur tourna le dos non pas par haine mais par peur de les perdre.

- Théo' tu vas devoir écouter Valka d'accord, insista Harold une nouvelle fois. Ensemble vous aller protéger l'île pendant que nous partirons vers notre ennemi. Et s'il y a le moindre danger, je veux que vous alliez vous réfugier aux terres perdues. En sécurité.

- Mais… seuls les esprits peuvent y aller, non ? Répliqua le fils, perplexe.

- Tout être lié à la nature le peut, comme vous.

- Grand-mère aussi ?

- … Je ne sais pas. Mais elle sera à nos côtés avec Jumper si ça dégénère.

- Je ne veux pas qu'on soit tous seuls !

Mérida se posa en face de lui, les yeux emplis d'amour et de tendresse. Elle lui caressa les joues d'un sourire.

- Mon cœur, votre seul devoir est celui de vivre. Ne vous tracassez pas pour le reste.

- Mais maman… Bafouilla Aliénor les yeux clos. Tu reviendras, hein ?

- Promis. Nous vaincrons et retrouverons notre petite vie tranquille.

La jeune fille fut secouée de sanglots. Ses parents la prirent dans leurs bras avec Théodore. Ils caressèrent leurs cheveux et humèrent leur parfum comme pour s'imprégner d'eux une dernière fois. Puis ils se relevèrent, le regard fort.

- Nous reviendrons le plus vite possible, assura Harold à sa mère. Prends soin du nouveau Beurk.

- N'aie crainte mon fils, je ne laisserais pas un seul d'entre nous tomber.

Il lui sourit et la prit contre lui. Mérida se lova à son tour contre sa belle-mère puis ils prirent leur bagage en direction du port où le bateau de Jack et Raiponce s'amarrait.

- Tu t'inquiètes pour notre fille ? Questionna Harold qui connaissait les moindres mimiques de sa femme.

- Oui, mais pas que… J'aurais aimé retourner en Ecosse pour voir ma famille.

- … On peut toujours y faire un tour quand on ira là où se trouve Chernabog.

- Non c'est bon. J'ai confiance en eux, ça ira. Par ailleurs, on ne sait même pas où IL se trouve. Il va falloir plancher sur la question à un moment ou un autre.

- On a quelques idées avec Raiponce, balança Jack qui mit pied à terre. Montez, on a beaucoup de choses à prévoir.

L'air grave, les quatre amis se retrouvèrent autour d'une petite table tandis que leur embarcation faisait route vers Arendelle. Krokmou et Eclair les suivaient, inquiets pour leurs petits laissés à Sada.


A Northuldra, Elsa faisait les cent pas. Honeymaren n'arrivait pas à la calmer et devait s'accommoder d'une chute de neige dans leur tente. Anna était présente, la mine basse. Elle venait de raconter les dégâts à Arendelle avec les crevasses dans le sol et sur les bâtiments. Les secousses détruisaient à petit feu leur belle ville des Fjords.

- Alors, on ne peut rien faire à part évacuer nos citoyens et aller LE battre ? Commenta la cadette.

- Malheureusement, nous n'avons aucune autre option. Il faut qu'on se regroupe avec les esprits de saisons et que l'on parte sur le champ pour le détruire. On doit rassembler le plus de troupe possible car le tuer ne seras pas une mince affaire.

Elsa se souvint du rire qu'elle avait entendu il y a peu. Son sang se glaça aussitôt, presque tétanisée. Elle avait beau garder confiance, cet être lui donnait l'impression d'être imbattable.

- Calme-toi, chérie, tout va bien se passer, rassura sa petite amie. Tu savais que ce jour pouvait arriver.

- Oui mais je priais pour que ce ne soit pas le cas, s'emporta Elsa. * Nouvelle bourrasque de neige*. Nos ancêtres n'ont jamais gagné malgré leur puissance démentielle. J'ai un mauvais présentiment. Comme si tout allait se terminer bientôt. L'apocalypse… La fin de la lumière…

- Ca c'est ton pessimisme qui parle, assura sa sœur. Il faut que tu te déééétendes. Sinon on va finir congelés avant même d'avoir tenté quoi que ce soit !

Elsa eut un mince sourire en voyant l'état frigorifique d'Anna et Honeymaren. Elle respira un bon coup quand la toile se souleva à l'entrée.

- Ils sont bien là, annonça Kristoff. Tous les quatre.

- Fort bien, expira Elsa. Allons les rejoindre.

Ensemble ils retrouvèrent les esprits, inquiets eux aussi bien que motivés à en découdre. Raiponce prit la main de sa cousine quand elle la vit trembler.

- On est là, Elsa.

- Je pense que vous avez compris ce qu'il se passait ? Questionna la reine des glaces.

- Oui, Chernabog est revenu. Il a profité de ces dernières années pour se renforcer.

- C'est ce que je pense aussi. * Elle appuya sur sa main*. La bataille finale va commencer. Elle sera surement difficile voire folle… Mais…Vous êtes tous prêts ?

Ils hochèrent la tête.

- Nous avons peur, garantit Mérida. Mais, nous irons quand même droit vers l'avant, sans nous retourner. Sans une once de regret.

Elle avait serré son poing. Elsa opina, plus calme.

- Il est normal d'avoir peur. C'est même mieux ainsi. Ne pas être effrayé relèverait de l'inconscience.

- Exactement, acquiesça Jack. Et pourtant ce n'est pas ça qui nous arrêtera.

- Oh ça non, enchaîna Harold. On n'abandonnera jamais notre monde.

- Bien dit ! Sourit Raiponce avec force.

- Dans ce cas, il ne reste plus qu'à trouver Chernachose ! Balança la rousse. Où est-il ?!

Elsa s'avança avec grâce et prestance.

- Il se trouve…

- Je peux vous emmener à lui si vous le désirez tant.

La troupe se retourna d'un même mouvement vers un être grisâtre recouvert de poussière noire.

- Impossible ! Hurla Jack à demi-mot. On t'a… Tu es…

Raiponce se recula instinctivement devant son ancien kidnappeur. Pitch riait avec profondeur devant leur air déconfit. Il adorait les voir comme ça. Surpris, apeurés, nerveux. Il se délecta de leur mine sombre tout en marchant nonchalamment vers eux.

- Pourquoi tant de surprise ? Vous deviez savoir que je reviendrais, non ?

- Comment ? Grogna Jack.

- Comme ta chère épouse adorée l'a fait avec Sable. A moins que… non… Vous n'auriez toujours pas compris qui je suis ? Vous me décevez beaucoup. Pour battre un ennemi il faut apprendre à le connaitre ! Ahhhh, la partie ne s'annonce pas si amusante que cela finalement. Ce sera si vite réglé que je n'aurais à peine le temps d'y prendre du plaisir. Dire que j'ai mis dix ans à préparer nos retrouvailles !

Comme coulé dans du marbre, personne n'osa bouger le petit doigt. Jack se mit à réfléchir au sens de ses mots mais il fut devancé par sa chère et tendre.

- Tu es un esprit mineur comme North et les autres ! Tu es celui de Chernabog !

- Bravo ! Enfin une qui se sert de sa tête ! J'ai toujours su que tu étais ma préférée, petite lumière. Ma femme du mal.

La blonde déglutit, amère. Il l'avait beaucoup effleurée pendant sa captivité à l'époque. A ce souvenir, elle se sentait sale. Jack lui prit la main, la haine dévorant ses traits.

- Ce n'est pas TA femme, elle ne l'a jamais été ! Ne l'oublie jamais !

- L'esprit des ténèbres, intervint Elsa. Né des pouvoirs même du Malin. Plus puissant que n'importe qui d'autre sur cette terre hormis son maitre. Restez sur vos gardes !

- Exact, miss glaçon, il m'a lentement fait revenir à mon état précédent pendant que je lui servais d'espion. Tout à votre bonheur vous n'avez rien vu. C'est vraiment trop facile.

Pitch pouffa devant les armes qui se levaient face à lui.

- Hum, vous voulez me battre ? Vous êtes sûrs de vous ?

- Tu es son premier lieutenant en quelque sorte, balança Mérida. Dans ce cas, merci d'être venu jusqu'à nous ! On va commencer par le menu fretin avant le plat principal !

De ses pouvoirs, la rousse invoqua un vent puissant pour le repousser. Pitch se désagrégea pour revenir à son état initial plus loin. De la glace fonçait déjà sur lui de la part d'Elsa et Jack.

- Allons. Je ne suis pas venu pour ça.

Pitch sauta sur les troncs d'arbres, esquivant les attaques qui prirent la forme de magnifiques cristaux glacés sur l'écorce.

- Dans ce cas, qu'es-tu venu faire ici ?! Grogna Harold qui prit Pitch en tenaille avec Krokmou. L'un et l'autre lui balancèrent une gerbe de feu démentiel au visage.

Leur ennemi s'envola de justesse tout en faisant apparaitre, dans ses mains, une orbe pourpre.

- Exécuter les ordres de mon maitre pardi : Ne vous laisser, AUCUNE, chance. Hé, hé, hé. Et m'amuser avec vous également. Mais ça, vous le saviez déjà !

Lors d'un saut, Pitch se fit attraper par les cheveux de la blonde qui s'illumina de sa puissance. Elle le serra pour qu'il ne puisse pas s'échapper. Les autres esprits se lancèrent aussitôt sur lui avec Kristoff et Anna qui brandirent leurs épées. Le rire de leur ennemi résonna pendant quelques secondes tandis que l'orbe fut jetée sur le sol. La magie de la Coronienne n'eut pas le temps d'atteindre le serviteur du mal qu'il disparut dans un gloussement jouissif en se dématérialisant en poussière. La troupe retomba en plein mouvement sur le sol, se fonçant tous dedans.

- Faites attention ! Hurla Elsa en se relevant. Tous à couvert !

Un épais nuage violet se condensa autour d'eux en un éclair. Puis il y eut une détonation des diables dans toute la forêt des Northuldra. Elsa cria en se précipitant pour protéger sa promise avec sa magie. Jack prit quelqu'un par la taille et le couvrit de glace tandis que Raiponce s'enferma dans sa boule de lumière. Mérida s'occupa de protéger la personne à sa droite en soulevant un mur de terre tandis que sa dragonne l'entourait. Son bien aimé fut attrapé par Krokmou alors que des éclairs craquaient tout autour d'eux.

Une tempête améthyste gronda avant de disparaitre aussi vite qu'elle était apparue. Le craquement sonore attira la vieille Yellena qui regarda la scène avec horreur. Il ne restait plus rien de la zone où Elsa et ses amis se tenaient quelques secondes avant. Juste une orbe brisée d'où s'échappait un filet de fumée mauve qui s'estompait dans l'air dans une danse vaporeuse.


Au large du grand océan, les eaux étaient déchaînées, soulevées en d'immenses vagues qui crachaient leur colère. Les secousses sismiques avaient remué les mers et provoqué des raz-de-marée de plus en plus importants sur les villes côtières, multipliant les dégâts et obligeant les citoyens à affronter les inondations. Corona et Arendelle en faisaient déjà les frais, frappées par des litres d'eaux salés s'infiltrant de plus en plus loin dans les ruelles où couraient ça et là une population terrifiée.

Au sein même de la grande bleue, la houle était tout aussi capricieuse voir encore plus dangereuse. Les courants étaient forts, brutaux. Ils changeaient de direction et tiraient tout ce qu'ils voulaient dévorer à eux pour les envoyer valser sur les roches aiguisées. Parmi ce déluge, une sirène à la queue flamboyante tentait éperdument de se frayer un chemin. Elle luttait en battant frénétiquement de la nageoire. Secouée dans tous les sens, elle s'infiltra dans une grotte pour se mettre à l'abri. Une nouvelle secousse avait fait trembler la terre et provoqué cette intensification soudaine en plein pendant sa promenade. Essoufflée, elle sortit sa carte, la tenant gravement entre ses mains.

Se repérer dans les eaux n'étaient pas aussi aisé que sur la terre. Il n'y avait pas de panneau, pas d'indication ni de route. Il fallait alors compter sur sa mémoire et les cartes précisant les récifs et les reliefs importants. Seulement, à cause de la tempête, la sirène n'arrivait pas à s'orienter, elle ne voyait que du sable éparpillé et des fouets d'eau lui frapper le visage.

- Ah, je crois que je suis complétement perdue ! Grommela Melody.

Ses cheveux noirs de jais claquèrent contre sa carte malgré sa longue queue de cheval. Elle la rangea d'un soupir, se demandant ce qu'il se passait avec ces tremblements de terre en ce moment.

Soudain, au loin, elle aperçut quelque chose. En fronçant les sourcils elle remarqua un humain se débattre contre le courant, emporté vers le fond. Un humain au milieu de l'océan ?! Sans bateau ?! Il allait mourir si elle ne faisait rien ! Sans une once d'hésitation, Melody, telle sa mère par le passé, fonça sur le bipède qui tournait sur lui-même dans un bal qui aurait pu paraitre gracieux dans d'autre circonstance. Ballottée elle aussi de droite à gauche, la jeune sirène vira plusieurs fois de côté. C'est en s'approchant de la personne qu'elle remarqua la masse de cheveux qui s'enroulait autour d'eux deux. Coincée, Melody était comme prise au piège dans un filet d'or.

Elle lutta quelques secondes avant de se sentir libérée et de comprendre à qui elle avait affaire. Prise de panique, Melody attrapa le corps gracieux d'une de ses amies avant de remonter à la surface d'une rapidité relative. Le courant ne voulait pas la laisser faire, il la tirait dans tous les sens, la frappant de colère. Seulement, il ne fallait guère sous-estimer la fille d'Ariel. Sa puissance, qu'elle tenait elle aussi de Triton, lui donna la force de persévérer et de sortir des flots avec sa victime dans les bras.

Aussitôt, une vague les força à retourner dans l'eau et à y rester. De colère, Melody grogna et ressortit avant de nager à contre-courant pour chercher un endroit ou se poser. Rien. Il n'y avait que de l'eau à perte de vue.

- Réveille-toi ! Raiponce je t'en prie !

L'adolescente secoua son amie qui papillonna des yeux. Elle eut tout juste le temps de prendre sa respiration avant de replonger contre son gré. Attachée à la sirène, Raiponce invoqua sa magie pour créer une bulle de lumière qui remonta à la surface. Elle put ainsi cracher tout son soûl cette eau salée qui encombrait ses poumons. Melody lui tapota le dos pour l'aider, inquiète.

- Mais enfin ! Que fais-tu au beau milieu de l'océan sous ta forme humaine ?! Ton bracelet ne fonctionne plus ?!

La gardienne du printemps mit un temps à reprendre sa respiration. Elle fixa sa bulle d'or se laisser ballotter sur l'eau d'où ses cheveux étaient fixés aux parois.

- M…Melody ? Où suis-je ?!

- Dans l'océan ! Heureusement que j'étais là !

- Je… Attends, j'ai un trou de mémoire, répondit-elle confuse. Oui j'étais avec tout le monde. On s'était réuni pour aller lutter contre Chernabog !

La petite sirène pâlit. Elle connaissait bien l'histoire du démon ultime grâce à sa mère et ses amis esprits.

- IL… IL est revenu ?

Raiponce hocha gravement de la tête.

- Pitch aussi, un ennemi très dangereux. Et… Et là il est venu nous narguer avant de nous envoyer quelque chose à la figure. Puis il y a eu un orage, on a été frappé par la foudre et là…

La sirène était tout ouïe, le cœur serré par la peur.

- Et là ?

- Je… J'ai rouvert les yeux et je suis tombée du ciel pour finir dans l'océan enragé. Je n'ai pas eu le temps de chanter et de me transformer ! Alors, je me suis fait emportée et engloutir par les eaux… Mon dieu, je serais morte à l'heure qu'il est si tu ne m'avais pas sauvée !

Melody était terrifiée à cette idée. Elle regarda la blonde se masser les tempes avant de reprendre.

- Ce Pitch nous a… téléportés ailleurs ! Je me demande où sont les autres ?! Oh non, ils ont peut-être eu moins de chance que moi ! Ils se sont peut-être noyés à l'heure qu'il est ! Je comprends mieux pourquoi il ne voulait nous laisser AUCUNE chance… On a à peine eu le temps de se réunir que lui et son maître nous ont eu… Ils veulent notre mort le plus rapidement possible !

Les dents serrées, la colère de la blonde ressortait dans ses traits pourtant si doux. Melody posa une main sur son bras.

- Peut-être que d'autres sirènes les ont aidés. Où qu'ils ont réussi à s'en sortir avant. Jack sait voler après tout.

- Tu as raison, je dois avoir confiance en eux. Merci Melody, tu es adorable.

Replaçant une mèche de cheveux rebelle, Melody rougit. Elle idolâtrait les quatre esprits depuis toute petite, depuis qu'elle avait été sauvée de cette Morgana et de sa privation de liberté. Aujourd'hui, avoir sauvé l'un d'entre eux et surtout celle qu'elle admirait le plus la remplissait de bonheur. Elle se dandina dans la bulle, ravie.

- Mais, que fais-tu, toi, en pleine tempête ? Répliqua soudain la reine de Corona. Ne me dis pas que tu as encore fugué contre l'avis de ta maman ?!

- Euh…

Melody changea aussitôt d'attitude. Son air coupable la fit regarder sur le côté.

- Melody ! Tu ne dois pas lui désobéir ! Même si tu veux un peu de liberté, l'océan reste dangereux ! Surtout au beau milieu de ce cataclysme !

- Pour ma défense je n'avais pas prévu que les courants se mettent à changer aussi rapidement ! C'est à cause de ce Chernabog c'est ça ?

- Tu changes de sujet jeune fille ! Mais oui, c'est lui qui provoque tout ça. Et ce n'est que le début, alors tu dois rentrer !

D'un hochement de tête, la sirène sentit la peur l'étreindre. Tout ce déchainement des éléments… Elle flairait le bouleversement du monde jusqu'au fond de son âme. Elle qui ressentait les aléas de l'eau, celle-ci hurlait à plein poumons.

- D'accord mais avant je dois prévenir quelqu'un, c'est important ! C'est là que je me rendais dans un premier temps. Ensuite, je rentrerais à la maison.

- Dans ce cas je t'accompagne.

Un sourire de gratitude s'étala sur les lèvres de la sirène. Puis elle regarda l'esprit du printemps chanter avant de se transformer pour sa queue de parme et son haut coquillage rosé. Sur son ventre, la Coronienne portait toujours sa fidèle cicatrice, marque de son passé avec Gothel et de sa liberté. Melody portait quant à elle des coquillages d'un blanc laiteux maintenant qu'elle était une adolescente.

- Suis moi, je vais tenter de retrouver le chemin ! Dit la petite sirène en plongeant hors de la bulle.

Raiponce resta quelques secondes à fixer le ciel qui s'obscurcissait et où de la poussière noire très fine tombait lentement sur leur monde. Elle serra sa main sur sa poitrine, souhaitant que ses amis et son mari s'en soient sortis à leur tour. La magie était tellement perturbée qu'elle ne les ressentait pas à travers le monde. Ni son sang ni sa force ne pouvait la guider jusqu'à eux.

Motivée malgré tout, elle plongea d'un regard dur avant de lutter elle aussi contre le courant vers une destination que seule la princesse des océans connaissait.


Un craquement sonore résonna dans toute la forêt, faisant fuir les animaux déjà effrayés. Dans le ciel, Jack sombrait vers la terre, prêt à se prendre des ronces aiguisées sur le visage. Confus, il eut le réflexe de se propulser avec sa glace contre un arbre pour amortir sa chute et celle de son passager qu'il tenait contre lui.

* Crac, Bam, Paf*

Jack se fracassa dans un buisson. Plus haut, l'autre personne resta coincée dans un sapin, à moitié inconscient dans le vide. Malgré la douleur qui le tiraillait, l'esprit de l'hiver se força à ne pas tomber dans les pommes. Il se rafraîchit de sa magie et se souleva en grimaçant. A genoux, il remercia ses années de pratique à esquiver les obstacles car sans ça il serait probablement mort empalé dans la forêt de ronces.

- C'est quoi ce bazar … ? Répliqua-t-il en grinçant des dents.

Un rapide tour de tête lui fit comprendre qu'il était perdu dans une forêt qui n'était pas Northuldra. Les arbres étaient différents, ils provenaient de son continent mais… Ce qui le choqua sur le coup n'avait rien à voir avec les espèces de plantes. Non, c'était leur aspect… Ils perdaient leurs belles verdures et se fanaient. Les feuilles tombaient en masse alors qu'ils étaient en plein printemps dans un bal rappelant tristement l'automne. Mais, un automne sans couleur car leur maigre toison noircissait et se couchait sur le sol, comme mort. Les ramures se craquelaient un peu partout, la vie semblait être aspirée par le sol lui-même qui grisait et devenait tel un tas de terre cendré.

- C'est pas vrai… Chernabog est en train de tuer la nature ! Il l'aspire !

Regardant le ciel il remarqua lui aussi la poussière de suie qui tombait et brûlait les feuilles.

- Non ! Il attaque par tous les fronts ! Il va gagner avant même qu'on ait réussi à le…

Sa colère lui redonna des forces. Jack se releva, attristé et furieux par le mal dont souffrait la végétation. Il devinait sans peine l'état de ses amis esprits de la nature… Alors qu'ils venaient à peine de renaitre une décennie plus tôt, voilà qu'ils se faisaient empoissonner de l'intérieur pour mourir en agonisant !

L'esprit de l'hiver frappa du pied, encore et encore contre de pauvres rochers qui n'avaient rien demandé. Son odorat fut alors attiré par la senteur du bois brûlé après le passage d'un incendie. Il dévisagea de la fumée noire s'élever dans le ciel plus loin et fronça les sourcils.

- Ahhhh… Il y a quelqu'un ?

Jack se retourna et regarda Kristoff qui pendait toujours dans son arbre.

- Je suis là ! Attends, je te décroche !

D'un bond Jack s'envola pour aider son ami à se défaire de sa position alambiquée. Il le descendit sur la terre de cendre avant de le laisser reprendre ses esprits.

- Tu es blessé ?

- Je ne crois pas… Enfin, j'ai mal partout mais après une telle chute… répondit Le roi d'Arendelle.

- C'est bien vrai…

Soudain, il prit conscience qu'ils n'étaient que deux et monta dans les cieux pour regarder autour de lui.

- Personne ! Où sont les autres ?! RAIPONCE ! MERIDA ! HAROLD ! ELSA !

Pas une réponse, pas un bruit hormis le craquement de la forêt à l'agonie.

- Tu as oublié Anna.

Jack se posa à ses côtés, nerveux.

- Désolé, j'oublie toujours qu'elle est de la partie…

- C'était une blague détends-toi, l'ami.

- Je… Mais comment puis-je me détendre ?! On est tous seuls ! Et Chernabog qui… RAH !

Nouveau coup de colère sur un arbre. Kristoff soupira avant de reprendre appui sur ses pieds.

- Ce type a sûrement cherché à nous tuer. Soyons heureux d'être en vie. Où qu'ils soient, les autres doivent aussi avoir eu le réflexe de survivre.

- Ouais… C'est sûr.

Jack prit le temps de la réflexion. Il marcha en long et en large devant le blond qui ramassait son épée en or fin.

- Pitch est un vicieux. Il cherche à nous éliminer mais aussi à jouer. Il savait qu'on survivrait potentiellement à la chute. On doit rester sur nos gardes !

- Compris. Mais pourquoi nous avoir envoyés ici ?

- Ca doit être le hasard. Il a voulu nous séparer rien de plus. Et si nous mourrions c'était tant mieux pour son maître. * soupir* Je déteste ce taré. Il me sort par les yeux.

- Hum, taré mais intelligent. C'est le pire à mes yeux, commenta Kristoff.

- A qui le dis-tu. Un vrai joueur né.

Le blond approuva la mine grave et profondément angoissé par l'idée de l'affronter à nouveau. Et dire qu'il n'était QUE le lieutenant de Chernabog.

- Il faut qu'on retrouve nos amis et nos femmes, reprit le roi d'Arendelle. Tu peux les repérer ?

Jack essaya. Son froncement de sourcil n'augurait rien de bon.

- Impossible. La magie est sans dessus-dessous. Je ne capte rien qu'un étrange tourbillon de noirceur.

- Mince… Dans ce cas, essayons de trouver un village pour nous indiquer notre position.

Jack hocha lentement de la tête avant de se tourner à nouveau vers la fumée.

- Allons d'abord voir là-bas. J'ai… Un mauvais pressentiment.

- Moi aussi, formula Kristoff avec dureté.

Sans plus de mot, les deux amis se mirent en route vers la colonne de fumée à l'odeur de mort.


Nouvelle chute par-delà les cieux gris comme l'acier dans un grondement des diables. Mérida hurla dans les bras d'Anna tandis qu'elles fonçaient droit vers une falaise en dents de scie. La rousse tenta vainement d'utiliser la terre pour ouvrir un passage mais sa peur la déconcentrait et les piques se rapprochaient dangereusement. Ce fut un nouveau coup de tonnerre qui les sauva juste à temps alors que la cape d'Anna se déchira sur un des pieux de roche naturel. De justesse elle avait frôlé la mort.

Les yeux clos, la reine d'Arendelle rouvrit ses prunelles en sentant le vent la caresser. Elle osa lever sa tête aux cheveux roux vénitien avant de regarder le sol qui défilait lentement. Elle déglutit, encore tremblante. Mérida tenait les rennes de son amie, Eclair, qui avait foncé pour les protéger. La dragonne sombra malgré tout vers le sol aux abords d'une cascade, affaiblie. Mérida et Anna se retrouvèrent par terre, elles aussi épuisées et meurtries par l'attaque de Pitch.

- J'ai bien cru que ma dernière heure avait sonné, souffla Anna. Bonjour la crise cardiaque !

- Moi aussi ! J'ai rien compris à ce qu'il vient de se passer bordel !

La reine haussa les épaules, tout aussi perplexe, avant de tourner la tête vers la Cheffe de Beurk.

- Merci, avec Eclair, tu m'as sauvé la vie.

- Au plaisir, lui sourit Mérida. C'est mon devoir après tout.

Anna approuva puis se redressa.

- Et Elsa ? Où est ma sœur ? Et les autres ?

Mérida se mit assisse à son tour, grimaçant d'une douleur dans son dos et ses bras. Le contre coup des éclairs de Pitch ça ! Les deux filles cherchèrent à vue mais ne virent qu'une nature dépérissant et une eau trouble.

- Ce n'est pas très accueillant ici, commenta Anna le nez retroussé.

Mérida toucha la terre pour la sentir. Elle se recula, effarée.

- C'est notre ennemi ! Il aspire la vie de la nature !

- Sérieusement ?!

Anna fit les yeux ronds et regarda les arbres qui semblaient pleurer de la sève.

- NON ! On doit faire quelque chose ! Mérida ! Esprit de l'Automne ! Sauve-les !

- Euh… Là comme ça, je ne peux rien faire. Il faut couper le mal aux racines… Si je soigne un arbre il mourra quand même plus tard.

Les yeux d'Anna se remplirent de peine. Elle toucha un cèdre aux branches basses, presque suppliantes.

- On fera tout pour vous sauver, ne vous ne faites pas.

Posant sa tête elle y déposa une larme. Mérida lui caressa le dos quand un craquement se fit entendre dans leur dos.

Elles opérèrent aussitôt un demi-tour, prêtes à attaquer. Anna brandissait une dague d'argent et Mérida ses mains pour invoquer les éléments. Un ombre s'avançait vers elle, d'un pas lent.

- Pas un geste où je vous attaque ! Menaça l'esprit de l'automne.

L'ombre se stoppa puis reprit sa route en dévoilant doucement son visage de sa cape en peau.

- Je ne suis pas votre ennemie.

Elle leva les mains en l'air en signe de paix. Les filles purent la regarder avec plus de précision. C'était une jeune femme aux longs cheveux noir corbeau lisses comme du tissu de soie. Sa peau avait une teinte halée dont un tatouage rouge apparaissait sur un de ses bras. Ses yeux sombres semblaient remplis de sagesse. Cela convainquit les filles de calmer leur ardeur et baisser leurs armes.

Vêtues de peaux d'un jaune vanille, d'un collier bleu brillant et d'une cape brune, la femme de grande taille s'arrêta proche d'elles. Elle portait sur son visage un calme olympien malgré ses yeux rougis par des larmes récentes.

- Je ne voulais pas vous faire peur, pardonnez-moi. Je vous ai vues tomber du ciel et j'ai voulu venir à votre secours avant de voir cette… créature vous attraper. Je ne cherchais guère à vous épier mais j'ai entendu votre conversation et… j'ai jugé utile de me montrer.

Anna s'avança la première en tendant sa main.

- Ce n'est pas grave. Moi c'est Anna, Reine d'Arendelle. Et vous ?

- Pocahontas, Cheffe de la tribu Powhatans.

Elles se serrèrent amicalement la main. Pocahontas était toujours surprise de ce geste que faisaient « les hommes blancs » de cette planète pour se saluer. Elle le fit également pour Mérida avant de poser une main sur son cœur pour saluer à sa manière. Les souveraines en firent de même.

L'indienne posa son regard sur Mérida sans la lâcher. Celle-ci lui présenta son amie Eclair qui se reposait toujours.

- Un dragon ? Je ne savais pas qu'ils existaient en dehors des légendes. Elle est… magnifique.

Avec autorisation, elle caressa l'animal qui sourit par-delà ses yeux bleu ciel. Pocahontas se sentit en communion avec l'animal.

- Ouah, c'est la première fois que je la vois accepter une inconnue sans grogner ou bouder ! Tu progresses, Eclair.

Celle-ci souffla pour toute réponse tandis que l'indienne admirait ses ailes.

- Absolument sublime. Je n'ai pas les mots pour décrire un tel animal si noble.

- Les dragons sont incroyables ! On en a plein dans mon village, à Beurk. Mais on évite de sortir de nos terres car les hommes ne sont pas tous compréhensifs vous comprenez.

- Oh oui, je le sais.

Pocahontas se redressa de toute sa hauteur. Elle ferma les yeux quand le vent vint lui lécher le cou.

- Vous n'avez pas à avoir de crainte, ici, vous êtes en communion avec la nature, les esprits, les éléments. Mais… très récemment, tout a changé. La vie se meure. La noirceur recouvre tout ce qui m'est cher. Je ne comprends pas ce qu'il se passe. Et c'est là que j'ai entendu que vous étiez l'esprit de l'Automne dont la légende parle avec tant déloge. Est-ce bien vrai ?

Mérida fut surprise de ses explications et se mit à lui raconter qui elle était, son rôle et ce qui arrivait à leur monde.

La surprise envolée, ce fut la peur qui guida l'indienne dans son cœur. Chernabog, elle le sentait à travers la terre. Il était… oh, effrayant était trop faible pour le décrire. Elle sentait son corps trembler rien qu'à sentir son aura pourtant si lointaine.

- J'aimerais vous présenter quelqu'un, déclara soudain la Cheffe des Powhatans. Oui, elle peut peut-être vous aider si… Si il n'est pas trop tard. Suivez-moi ! J'aurais besoin de vos services.

Anna et Mérida se fixèrent avant de hausser les épaules et de suivre leur nouvelle connaissance pleine de sagesse. Celle-ci fila à travers les bois d'une aisance remarquable. Les deux autres en profitèrent pour réfléchir à ce qu'il venait de leur arriver et comment retrouver leurs amis tandis qu'elles s'enfonçaient dans une forêt autrefois dense et luxuriante devenue désormais sombre et fatiguée. Eclair prit soin de fermer la marche, aux aguets.


Au mont chauve, Pitch apparut en reconstituant son corps principal et se posa sur la pierre en feu avec un sourire jusqu'aux oreilles.

- Mon maître. J'ai retrouvé les gardiens ! Et, pour vous faciliter la tâche, je les ais séparés les uns des autres. Ils sont à présent seuls et inoffensifs. Affaiblis. Leur unique force vient de s'envoler en un claquement de doigt. * Il mima le geste* J'ai pensé que cela vous serait plus aisé pour votre éclatante victoire. Ils doivent actuellement être complétement dépassés et prêts à être cueillis comme vous le souhaitiez.

Il se pencha en avant, fier de lui. Chernabog gloussa en sortant sa tête du magma en fusion. Des cornes avaient poussé sur son crâne de pierre noire. Ses yeux ambrés d'une brillance sans égale se figèrent de joie en deux fentes.

« Je peux toujours compter sur toi mon fidèle allié, complimenta le Malin. Tu as eu la bonne idée de briser leur seul atout. Tu es un malin, un vicieux comme je les aime. Tu n'es pas une part de moi pour rien. Je sens que tu y prends beaucoup de plaisir alors je t'invite à continuer sur cette voie, Pitch. Oui, isole-les, torture-les, réduis leurs convictions à néant et ramène-les-moi en miettes à mes pieds ! Hé, hé, hé. »

L'esprit des ténèbres en dansa sur place, conquit, comme s'il avait atteint le septième ciel.

- Il va de soi que je suis fin prêt à les broyer pour les emmener dans l'abysse, maitre ! Ahhh rien que de les voir hurler et implorer la pitié ! De voir leurs yeux abdiquer et se laisser dévorer par vous. L'impatience me gagne. Mais, pour ce faire il me faudra des alliés, comme nous l'avions prévu.

« Ils sont déjà prêts. Je veux qu'ensemble vous les attaquiez pendant qu'ils sont vulnérables. Ramenez-les ici, un par un. Tu t'occuperas de celui qu'il te plaira le plus. »

- Donc ce cas je sais déjà qui choisir, Exulta Pitch qui mordait sa lèvre de plaisir. Mais…, et si nous les tuons avant de vous les apporter ?

« Alors, je n'en serais que plus extatique. Mais, méfiez-vous. Ils ne sont peut-être que des moucherons mais ils savent nous passer sous le nez avec leurs petites ailes ridicules. Ils ne se laisseront pas faire ni attraper facilement. Hu, hu, hu, j'ai hâte de vous voir à l'œuvre. Ne me décevez pas. »

La montagne se mit à trembler d'un rire provoquant une nouvelle secousse par dela le monde. Pitch le regarda s'enfoncer dans sa tanière brûlante pour mieux aspirer la vie de la nature et affaiblir la magie de lumière.

Satisfait de lui, se sachant déjà victorieux, l'esprit des ténèbres regarda ses alliés émerger de la croute noire de magma pour le rejoindre. De ses yeux à la noirceur infinie, il scruta un à un ses nouveaux comparses, prêt à lancer l'attaque fatale sur les gardiens esseulés. Le jeu en valait largement l'attente !


Les choses se corsent pour le Big Four et leurs amis!

Séparés et affaiblis? Comment vont-ils s'en sortir face à leurs ennemis surpuissants ?!

Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine :3