Chapitre 39 : Calamités
Sous les cieux anthracites grondait un orage menaçant. Une couverture épaisse recouvrait le soleil et la lune comme éclipsés du ciel à tout jamais. Le tonnerre résonnait en un écho lointain d'une tempête à venir. Un avertissement envers tous les êtres qui vivaient sur terre. La guerre allait éclater.
Entre les éclairs et les particules d'eaux lui fouettant le visage, Harold Haddock sombrait. Il nageait dans une mer noire déchainée, évitant de justesse de se faire électrocuter par les fouets de lumière vive. Il avait ouvert ses ailes manuelles pour « voler » et se diriger. Mais la violence du cumulonimbus le faisait culbuter dans tous les sens comme une chauve-souris désorienté.
- Krokmou ! KROKMOU !
Le dragonnier ingurgita une abondance de poussière noire qui le fit tousser à s'en décrocher les amygdales. Tournant, encore et encore sur lui-même , il déboucha enfin dans le bas ciel, fonçant vers la terre bizarrement cendré. Ses fausses ailes étaient trouées. Devenues inutiles il largua son matériel et appela à l'aide son ami. Il voyait le sol se rapprocher dangereusement.
Le fier alpha apparut dans un tonnerre de lumière bleue. Il avait été sonné par l'attaque et perdu dans le nuage à son tour. Toujours prêt à sauver son maître, il fit un piquer vers lui avant de remarquer que son ailerons était aussi détruit. Incapable de se diriger ou de voler seul, il fonça sur Harold d'un grand coup de tête pour les propulser vers une rivière. Comme des fusées ils s'écrasèrent dans les eaux fraiches se buttant sur les pierres du fond.
Krokmou secoua la tête et attrapa son meilleur ami par le col pour le remonter. Il était à moitié conscient, incapable de nager avec sa jambe en moins. A l'air libre, le furie nocturne, qui ne savait pas nager, fit comme les petits chiots pour se propulser vers le rivage. Harold fut ballotté dans tous les sens avant d'être balancé sur la berge sans ménagement. Il roula un temps et se stabilisa dans l'herbe en respirant à grande goulée. Krokmou sortit de la rivière et s'effondra à ses côtés, affaibli. Harold lui caressa la nuque.
- Merci mon ami ! Que ferai-je sans toi à mes côtés ?
Son furie lui sourit en gazouillant et ils se posèrent quelques minutes pour reprendre des forces. Les grondements du ciel continuaient de chanter leur musique macabre. Harold se redressa pour inspecter les lieux quand il entendit un hurlement à sa droite.
- FUYEZ ! VITE !
- QUOI ?!
Le Beurkien se remit sur pied en chancelant. Krokmou grogna en position d'attaque tandis qu'une étrange créature sphérique s'approchait d'eux. Celle-ci les dépassa, une femme assise dessus.
- SUIVEZ-MOI !
Incrédule, le dragonnier distingua alors l'ennemi qui la poursuivait. Il n'aurait put le décrire avec des mots. En revanche, il ressentit le danger que représentait cette chose démentielle. Incapable de bouger sur le moment à cause de sa faiblesse, Harold se fit embraquer par un je-ne-sais-quoi d'un bleu turquoise qui fila dans les airs. Krokmou beugla de colère se forçant à le suivre sur le sol, cloué par son ailerons en moins.
Par « chance », une pluie torrentielle se déversa uniquement sur la chose qui tout à coup s'éloigna à grande hâte se mettre à l'abris dans la forêt. Harold la vit disparaitre dans les ombres des arbres. Il déglutit et regarda celle qui l'avait agrippé. Sa mâchoire se mit à pendre devant l'être serpentin et touffu.
- Qu…Qu'est ce que c'est que cette créature ?! Balança-t-il.
- Eh ! Oh ! Un peu de respect je te prie ! Je suis une personne!
- Ahhhh !
Le fait que l'étrange serpent bleu géant parle le fit crier. Il tenta de se détacher pour rejoindre son dragon qui peinait à courir en dessous d'eux mais les griffes se resserrèrent sur sa poitrine.
- Arrête de gesticuler comme ça ! Je t'ai sauvé la vie et c'est ta façon de me remercier ? Ingrat !
Le ton de sa voix était féminin et profond. Le dragonnier se laissa faire pour la suite du trajet, sonné. Il n'avait plus la force de se débattre de toute manière.
Après quelques mètres, la créature reposa le Chef de Beurk sur une plaine sécurisée où Krokmou le rejoignit, langue pendu, essoufflé. Il s'effondra dans l'herbe. Son maître accourut pour le caresser et lui donner à boire de sa besace. A côté d'eux se stoppa la boule sphérique qui s'ouvrit comme une fleur. C'était en fait un tatou géant d'une race inconnue. Bouche-bée, les deux amis observèrent une magnifique jeune femme glisser de l'animal qui lui servait de monture. Harold pensait avoir tout vu en volant à dos de dragon mais non, il arrivait encore par être surprit sur un nouveau moyen de transport hors du commun. Cela lui rappelait l'époque où il était partit dans le désert avec ses amis et avait croisé la route d'un tapis volant… Le monde regorgeait toujours de surprise inattendue.
- Ca va, tu n'es pas blessé ? Questionna la jeune femme à l'allure de guerrière.
Harold secoua la tête.
- Plus à bout de force qu'autre chose. Ce maudit orage pourpre m'a aspiré mon énergie, commenta-t-il pour lui-même.
- Le Drunn ?
- Non celui de… Le quoi ?
Son interlocutrice fronça les sourcils. Un étranger ? Au beau milieu du cœur de Kumandra ?
- D'où viens-tu ?
Le viking s'étira un peu, endoloris de partout.
- De Beurk, un village Viking dans les îles du Nord. Et ici on est ?
- A Kumandra. Le terre des dragons.
- Pardon ? La terre des dragons c'est Beurk !
- …
Les deux se regardèrent, incrédules, se jaugeant. Krokmou et la créature bleue en faisait de même. Harold s'approcha de son ami.
- Voici Krokmou, mon dragon, un des derniers furies nocturnes de la terre. Et toi ?
La belle jeune femme s'avança vers l'être céruléen qui riait.
- Je crois qu'il y a méprise sur le terme « dragon », commenta la créature. Moi je m'appelle Sissu, je suis ce que les hommes d'ici appel « dragon d'eau ». Mais… Je suis surtout un esprit ancien des eaux. Comme mes frères et sœurs. Nous vivons depuis la création du monde. Je crois qu'on est les derniers ? En tout cas, les créatures là ce sont des êtres du feu et de la terre. Les humains aussi les appels dragons mais ce sont des animaux et non des esprits. Ahh, quoi, j'explique mal, c'est ça ?
Harold faisait une mine perplexe avant de secouer la tête.
- Non, je crois avoir compris l'essentiel. Tu es un esprit des eaux et mon dragon est un noble animal de la terre. Dire que je suis en face d'un esprit ancien… Je suis honoré !
- Il existe alors d'autres sortes de « dragons » ? Commenta la guerrière.
- Tout comme il existe des esprits de saisons et de la nature, argumenta Harold. Je suis moi-même l'esprit originel de l'été.
La femme rit avant de comprendre qu'il était sérieux. Sissu elle-même ne plaisantait pas dans son regard.
- Je confirme, tu n'es pas un humain ordinaire. Je le sent.
- Sérieusement ?!
Harold opina et expliqua sa nature, son rôle et le retour d'un être maléfique. La femme se recula.
- C'est ça ! C'est le retour de cette… chose qui a ramené à la vie les Drunns ! Je ne comprenais pas comment ils avaient put ressusciter alors que la pierre draconique était en place…
- Ca explique aussi pourquoi elle s'est fissurée, ajouta Sissu.
- C'est une catastrophe !
Harold cessa de caresser son dragon pour s'avancer vers l'inconnue.
- Je ne comprends pas tout… Expliquez-moi !
- Désolé, commençons par le début. Je m'appelle Raya, je suis la gardienne de la pierre du dragon. Une puissante orbe magique crée par Sissu et sa famille. Elle nous protège des ténèbres. Autrefois un conflit d'avidité avait divisé notre nation à cause de cette pierre et fait renaitre les Drunns qu'on avait dû combattre par la confiance pour restaurer l'équité. Mais aujourd'hui nous vivions en paix. Nous avions appris à vivre ensemble, entre clans, en harmonie avec les dragons d'eaux. Mais voilà quelques jours, les Drunns, nos ennemis, sont revenus à la vie et ont recommencé à tout dévorer sur leur passage.
- Que sont-ils ? On dirait un orage violet vivant. Une masse en colère…
- C'est dur à dire. D'après la légende ils sont apparus à cause des sentiments foncièrement mauvais que l'homme peut porter en lui. Ils n'ont pour unique but que de consumer toute vie qui arrive à leur portée. Figeant ainsi dans la pierre les êtres vivants de notre monde. Et lorsqu'il mange une âme… Ils se divisent en deux pour mieux nous anéantir. C'est un fléau, au même titre qu'un virus. Rien ne l'arrête… Il mange, se multiplie et recommence à l'infini !
Le dragonnier cogitait. Pensif il hocha de la tête à plusieurs reprises.
- Je vois. Je pense qu'ils ont été créé par Chernabog, l'être suprême des ténèbres de notre monde. Celui là même que je dois combattre.
Raya desserra les dents. Une lueur d'espoir venait d'émerger dans son esprit.
- Est-ce que tu peux m'aider à protéger le peuple de Kumandra des Drunns ?
- … Je peux essayer oui. Mais je dois surtout retrouver mes camarades pour aller tuer Chernabog.
- Je peux t'aider ! Avec Sissu et les autres ! Je ne suis pas faible.
Harold la scruta de haut en bas. Elle avait en effet une allure de battante comme Mérida où les femmes de son village. Elle portait sur elle une magnifique épée brillante gravée en écaille ainsi qu'une longue cape rouge, une tenue de combat jaune – kaki avec ceinture et un chapeau de paille allongé. Il n'avait jamais vu un tel accoutrement. Le dragonnier pressentait qu'il était bien loin de chez lui…
Raya balança en arrière sa longue chevelure noire tout en posant ses yeux encre sur lui, les bras croisé. Elle semblait inflexible. Il lui sourit.
- Plus on aura d'aide plus on aura de chance, assura l'esprit de l'été. Je serai ravi de vous compter parmi nos alliés !
- Dans ce cas, je vais t'amener au cœur de Kumandra pour que tu aide les dragons de l'eau à nous protéger des Drunns. Seul l'eau pure peut les vaincre.
- Je sais la manipuler, approuva-t-il. Montre moi le chemin.
- Parfait ! Sissu, va prévenir les autres.
- Pas de soucis.
Le dragon d'eau fonça sans se retourner en courant dans le ciel tout en invoquant une fine pluie sur son passage. Impressionné, Harold resta un temps à la regarder s'éloigner.
- Beurk, c'est loin de Kumandra ? Questionna Raya en montant sur son Tatou.
Krokmou et son ami prirent sa suite.
- Aucune idée ! Ce qui est sûr c'est qu'on ne doit pas venir du même continent.
- Je le pense aussi. Nous avons très peu de contact avec les terres éloignées de cet océan gigantesque.
Curieux, l'un et l'autre apprirent à se connaitre sur le chemin les menant au cœur du continent à la forme de dragon.
La dernière des esprits à tomber, le lien, invoqua un toboggan de glace pour slalomer, avec sa compagne, entre des maisons de pierre d'une grande ville. Bien que sonnée, elle réussit à contrôler leur chute à la perfection et fut la seule à atterrir sur ses deux pieds. A bout de souffle, Elsa Arendelle regarda autour d'elle avec terreur. Hormis Honeymaren, elle était complétement seule. Anna avait disparut ainsi que les esprits de saison.
La Northuldra aux cheveux sombres se releva en se massant les fesses. Elsa faisait tomber une fine couche de neige.
- Que s'est-il passé ? Elsa ?
La reine des neiges contrôla ses émotions assez rapidement.
- Cet esprit des ténèbres nous a séparé en nous téléportant ailleurs. Je crois qu'il a compris d'où nous tirions notre force. Il vient de brider notre puissance en nous éparpillant.
- Et les autres alors ?!
- Ils on dut s'en sortir… J'espère.
Elsa se blottit contre son amante qui lui caressa les cheveux. Cela la calmait toujours des crises de paniques. La reine s'apaisa en soufflant de bien-être.
- Moi je croyais qu'il voulait nous tuer, répondit Honeymaren après un temps. D'ailleurs tu m'as protégé de l'orage, merci mon flocon.
D'un regard tendre, la blonde lui caressa sa joue chaude qu'elle adorait tant.
- Que tu sois avec moi me rassure Honey'. Je suis contente d'être à tes côtés dans ce moment difficile.
- C'est réciproque. Et je ferais tout pour t'aider que tu le veuilles ou non. Au moins là tu ne me laissera pas de côté !
- Je n'ai malheureusement pas le choix.
Elles rirent doucement avant de s'embrasser du bout des lèvres. Elles se détachèrent en voyant des hommes les regarder avec dégout. Gênée, Elsa toussa et emmena son amante plus loin. Elle détestait voir ses réactions dans les yeux de ses pairs. Pourquoi s'en prendre à un couple homosexuel ? En quoi cela les gênaient-ils ?! C'était encore pire ici elles avaient l'impression.
Partout où elles allèrent, dans chaque allée, elles se sentirent observées et se lâchèrent la main.
- Quelle horreur, commenta un passant qui cracha à leur pied.
Honeymaren vit rouge mais Elsa secoua la tête en la retenant.
- Une infâmie, sursauta-t-on sur leur route.
- Elles iront droit en enfer.
- Tu as vu ces deux-là ? Beurk !
- Regarde, celle-là est en robe de soirée… Une prostituée c'est sûre.
- Surement des femmes de rues à la recherche de sexe !
- Que dieu nous protège d'elles.
Elsa fit tomber de la neige à nouveau. Les passants furent médusés par la soudaine chute de neige en plein moi de mai.
- Moi je vous trouve adorable !
Elsa releva ses yeux emplit de tristesse sur une magnifique femme à l'allure de déesse antique. La peau foncée, les cheveux noirs épais, elle se mit à danser sur place avec une grâce jamais vu. Sa belle robe parme tournoyait à chacun de ses pas. Le tout embellissant ses yeux verts souriants. Pieds nus, cela rappela Raiponce et Jack aux Northuldriennes. Le regard happé par la danse, elles en oublièrent les autres et se mirent à taper dans leur main en rythme.
La bohémienne fit cliqueter ses bijoux en tournoyant autour d'un poteau de bois avant de prendre une pose finale à moitié couchée sur le sol. Elsa applaudit les yeux brillant alors qu'Honeymaren lui donna un coup de coude.
- Hé ! Il n'y a que moi que tu dois regarder comme ça ! J'ai bien fait de m'incruster finalement !
Elsa fut confuse. D'un rire l'inconnue s'approcha d'elles.
- Ne t'en fais pas gente dame, je suis mariée et heureuse en ménage. Ça vous a plu ?
- Beaucoup, avoua Honeymaren. Vous êtes danseuse ?
- Je suis beaucoup de chose. Femme au foyer, créatrice de vêtement, danseuse… Et plus encore, sourit la bohémienne en virevoltant. J'aime gagner de l'argent dans la rue pour les donner aux orphelinats. Vous n'auriez pas un petit quelque chose pour eux ?
Elle tendit un chapeau. Elsa s'excusa en s'inclinant.
- Désolé nous n'avons rien sur nous… Là où nous vivons nous procédons au troc. L'argent n'existe pas.
- A Arendelle il y a de la monnaie, intervint sa femme. Mais je crois qu'on a pas un seul de leur sous dans nos sacs…
Elles fouillèrent en vain.
- Ce n'est pas grave, merci quand même , sourit la danseuse. C'est l'intention qui compte. Et puis j'ai fait une belle recette aujourd'hui. Depuis les secousses, ils viennent tous me regarder pour apaiser leur cœur.
Elle rangea ses pièces d'or dans son sac en toile. Elsa se retourna pour observer les maisons fissurées comme à Arendelle. Partout, Chernabog détruisait leur monde en grignotant la vie et la nature par petit bout. Honeymaren revint sur la danseuse.
- C'est honorable ce que vous faites pour les orphelins ! Nous même en avons adoptés plusieurs par chez nous.
- C'est vrai, enchaina Elsa. Ils ont besoin de tant d'amour.
- Je suis pour la défense des faibles et des opprimés, approuva la bohémienne. Esmeralda la justicière qu'il aime m'appeler. Mais je ne fais pas ça pour l'honneur. Je n'en ai que faire. Je pense que tous le monde est égaux rien de plus.
Les Northuldriennes aimaient déjà beaucoup Esmeralda. Elles se comprenaient toutes les trois.
- Vous voulez venir manger un morceau à la maison ? Demanda la danseuse. Vous m'avez l'air un peu perdue. Je peux vous faire visiter la ville si vous voulez. Il n'y a que mon mari et mon fils ne vous inquiétez pas.
Leur tenue nordique et glacée ne passait pas inaperçue et Elsa finit par le comprendre. Elle lui sourit.
- Ce serait un plaisir mais nous avons fort à faire. Nous devons retrouver nos amis perdus et… Nous battre contre un… un méchant.
- Oh vous savez on ne se bat pas le ventre vide ! Venez vous reposer au moins. Vous repartirez après.
- Bon, si tu insistes, sourit Honeymaren.
- Tu es sûr que…
- Elsa, ce n'est pas en quelques minutes que tout va basculer. Prenons quelques instants pour reprendre nos esprits.
- D'accord, dans ce cas, on te suit.
- Super ! C'est tout près vous verrez.
Esmeralda les prit par les épaules pour les emmener à sa chaumière. Elsa fixa les passant du coin de l'œil avant de revenir sur la bohémienne.
- Ca ne te gêne pas qu'on soit…
- Amoureuses ? Pas du tout. Je vous le dit, je suis pour la liberté et l'égalité de toute chose. Tout ca parce que leur dieu interdit ce genre de relation, il faudrait les écouter. Le peuple de Paris est incurable sur ce genre de sujet. Ils me fatiguent. Egoïste, juge de toute chose… Enfin, c'est ainsi que sont fait la plupart des humains.
- Pas que, assura Elsa. Mais il est vrai que beaucoup devrait se remettre en question pour que le monde soit meilleur.
- Je suis entièrement d'accord. Mais dites-moi, contre qui devez-vous vous battre ?
- C'est une très longue histoire ! Déclara l'esprit de lien.
- On a tout notre temps. Dites-moi tout !
Les filles passèrent devant un immense bâtiment religieux qu'Esmeralda appela Notre-Dame. Puis elle les conduisit vers sa maison où un petit blondinet courut dans les bras de sa mère pour un câlin. Le mari, blond lui aussi, les accueillit à bras ouvert en tenue de chevalier. Il les invita à entrer tandis qu'Elsa et sa compagne commencèrent à raconter leur histoire.
L'équipe du printemps
A travers les eaux tumultueuses du grand océan, les deux sirènes se battaient corps et âme contre le remous incessant de la houle. Ballotées, elles arrivèrent enfin à destination, mortes de fatigue et courbaturés. Elles s'accrochèrent sur un rocher pour échapper aux grandes vagues qui s'éclataient sur les berges pour aller dévorer les habitations des hommes.
Melody regarda la colère de l'eau, la mine accablée de chagrin. Le crachement de l'eau leur striait le visage de sel.
- L'océan hurle. Il souffre… Ça me fait froid dans le dos.
Un frisson parcourut l'adolescente. Raiponce se posa à côté de son amie pour lui caresser le dos. Ses cheveux, tel une multitude de serpents, ondulaient par-delà les eaux et dans le vent du ciel noircie.
- Ne t'en fais pas, nous allons tout arranger. Et les hommes s'en relèveront plus fort.
La sirène à queue rouge lui sourit et posa sa tête doucement contre elle.
Au loin elles virent des chevaliers s'occuper d'évacuer la population et de sauver le plus de monde possible y comprit les animaux. L'eau s'infiltrait déjà loin dans la ville et dévorait tout sur son passage.
- Alors, qui sommes-nous venus voir ? Questionna la Coronienne.
- Un ami à moi… Il se trouve en haut d'une colline. On va devoir entrer dans la ville.
- Comment l'as-tu connu ? Il habite loin de Barnes ou Atlantica pourtant.
- … Eh bien… Un jour… Je nageais tranquillement pour ma promenade habituelle quand j'ai repéré quelque chose à la surface. Je croyais avoir vu un bateau mais je me trompais. C'était… un planeur volant. Une sorte de machine qui filait au-dessus de l'eau et pouvait monter dans le ciel. C'était incroyable, j'étais subjuguée. C'est là qu'il m'a aperçu et, de surprise il est tombé à l'eau.
Melody rougissait fortement. L'esprit du printemps se doutait bien que le terme ami était un peu léger pour décrire ce jeune homme.
- Alors je l'ai aidé à ne pas se noyer, reprit Melody. Il a été choqué par ma queue de sirène et m'a prise pour une croqueuse d'homme. Au sens littéral du terme. Il croyait que les sirènes étaient des tentatrices qui mangeaient les marins en les envoutant de leur chant ! J'en ai bien rit sur le coup.
Melody gloussa en plongeant pour s'approcher des abords rocheux de la terre. Raiponce la suivit, amusée par le récit qu'Ariel ne devait surement pas savoir ! Les filles se changèrent en humaines une fois qu'elles eurent réussit à remonter sur les roches glissantes de vases. Une fois sur la terre ferme, bien qu'à moitié immergée, elles luttèrent pour se diriger vers une zone avec moins de courant.
- Sûrement une déformation de la vérité, reprit Raiponce d'un rire. Et ensuite ?
- On a fait connaissance. J'ai démenti sa stupide croyance puis je lui ai avoué avoir aussi une moitié de part humaine en moi. Quand j'ai repris mon apparence il n'arrivait plus à parler hi hi. Mais il a vite reprit son assurance et il m'a fait monter sur son engin volant. C'était… incroyable ! Une expérience que je garderais toujours en mémoire.
Elle rougissait toujours, se souvenant des mains de son nouvel ami sur ses hanches tandis qu'elle avait volé comme un oiseau.
- Jack aurait été jaloux de nous voir virevolter aussi bien, rit à nouveau la princesse de malice.
- Oh il aurait montré ses plus belles figures ! Assura la reine. Je suppose que vous vous êtes revus plusieurs fois ensuite ?
- Oui, il m'a emmené chez lui et m'a même présenté sa maman. Moi je n'ai pas encore osé…
- Tu crains la réaction d'Ariel ?
- Oui… Il est spécial comme garçon. C'est un homme libre. Un rebelle envers l'autorité, il n'en fais qu'à sa tête. Il n'a rien d'un prince royal, oh ça non. En plus il travail parfois avec des pirates pour gagner de l'argent, il a de mauvaises fréquentations. D'ailleurs certains de ses collègues chasse les sirènes…
- Aie, c'est compliqué en effet. Mais tu sais, tes parents accepteront toujours si c'est un véritable amour.
- Justement, j'attends… De voir. Il m'a promis de changer et de devenir capitaine de bateau plus tard. Pour que …. Je sois fière de lui.
Enfin sur la terre intacte, les filles se séchèrent avec la magie de la Coronienne. Raiponce admira la beauté juvénile de Melody qui, les joues empourprées de douce couleur, vivait là son grand amour. Elle se souvint fugacement de sa rencontre avec Jack et de leur premier émoi. C'était une période certes dangereuse et compliquée mais que pour rien au monde elle ne l'aurait changé. Elle se souvenait de tout avec le cœur chaud emplit d'une tendre nostalgie. Un passé pas si lointain et pourtant si évasif. Comme le temps pouvait vite passer !
- Par-là !
Melody lui prit la main et la dirigea dans la ville malheureusement animé par la peur ce jour-là. La princesse regarda les dégâts sur les maisons et dut à plusieurs reprises sauter par-delà des gouffres béants tel des plaies saignant la terre à vif.
- Raiponce… Comment tu vas faire pour retrouver tes amis si tu ne peux pas les localiser ? Est-ce que vous n'êtes pas en danger d'être ainsi séparés ?
La blonde gardait un air serein et encourageant. Elle n'avait plus aussi peur qu'avant. Son cœur s'était endurcie depuis toutes ses années, elle affrontait la situation sans plus aucune hésitation. Elle marchait fièrement sur son chemin, entourés des siens, sans que rien ne puisse entacher sa détermination et son optimisme. Cela était encore plus vrais depuis qu'elle était devenu reine et mère.
- Même loin nous sommes toujours liés les uns aux autres, répondit-elle avec sagesse. C'est ce que nos ennemis ne comprendront jamais. Ils pensent nous avoir affaiblis en divisant nos forces mais il n'en est rien. Même si nous sommes vulnérables nous sommes toujours fort et soudés. Je saurais les retrouver.
Elle touchait son cœur, les prunelles tournées vers le ciel assombrit. Melody avait les yeux brillant d'admiration tous le reste du trajet. Pour la sirène, les esprits de saisons et ceux de Northuldra étaient des modèles de charisme, de force et de sagesse. Elle les adorait et rêvait de suivre leur trace en aidant son futur peuple dès qu'elle le pouvait. Bien qu'être princesse lui avait beaucoup posé problème, elle avait comprit grâce à Raiponce qu'elle pouvait être elle-même tout en accomplissant son devoir. C'était depuis ce jour qu'elle l'avait d'autant plus considéré comme sa préféré et son mentor de vie.
- C'est ici ?
- Oui… Oh mon dieu… !
Melody tomba des nues. L'auberge que tenait les Hawkins partait en lambeau. Alors pourtant que Sarah y avait mis toute son âme pour gagner sa maigre pitance… Les larmes couvrirent les yeux de l'adolescente qui se précipita sur Jim Hawkins. Le jeune homme aux cheveux brun court, à moitié rasé et natté aidait sa mère à déblayer la vaisselle brisée par les secousses.
- JIM !
Le jeune homme laissa tomber son balai pour la prendre dans ses bras.
- Melody ! Mais qu'est-ce que tu fais là ?! Tu as vu la tempête dehors ! Tu es folle !
- Je voulais venir te voir et j'ai été surprise en chemin… Mais… Peu importe ! Ta maison ! Votre auberge…
Jim la serra fortement contre lui avec douleur.
- Il ne reste plus grand-chose, dit-il à demi-mot. Enfin, nous sommes tous sain et sauf c'est tout ce qui compte. Nous reconstruirons.
- Oui…
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je… Je dois te prévenir de quelque chose. D'un truc grave. Mais avant laisse-moi te présenter mon modèle.
- Oh ! La fameuse reine de Corona et esprit du printemps ! C'est un grand honneur !
Il s'empourpra légèrement en tendant sa main. Raiponce rit et la lui serra avec chaleur. Puis Melody lui expliqua tout à propos de Chernabog.
- On ne peux pas rester sans rien faire ! S'affola le marin. Il n'y aura plus de lendemain, plus d'auberge, plus de nous si ça continue !
Sarah arriva pour saluer Raiponce qui refit un rapide topos de qui elle était et de la situation. Effrayée, la mère prit automatiquement son fils et sa petite amie contre elle.
- Mon dieu ! C'est si grave que ça ?!
- Oui. Mais n'ayez crainte, nous ferons notre possible pour l'arrêter. En attendant, il faut absolument vous mettre à l'abris avec vos proches le temps que l'on règle la situation.
- Doux Jésus…
L'aubergiste chancela. Elle était pâle aussi son fils la retint contre lui.
- Ca va aller maman. Allons prévenir Delbert pour se cacher dans son laboratoire souterrain. On sera bien la bas. Melody * il se tourna vers elle* tu restes avec nous pas vrai ? Tu ne vas pas repartir en pleine tempête ?!
- Cela va de soi, reprit Sarah. Je vais de ce pas aller emballer ce qu'il reste de nos affaires.
La sirène se recula doucement.
- Désolé mais je vais retourner à Atlantica et Barnes avec ma famille…
- Par ce temps ?! Tu es suicidaire !
Jim lui tenais le bras avec force.
- Je refuse que tu partes !
- Je suis en sécurité avec Raiponce, ne t'en fais pas ! Ma place est avec mon royaume et… J'aimerais participer à la guerre.
Elle fixa son mentor qui blêmit.
- A mon niveau bien sûr, assura Melody. Je sais que maman sera en première ligne avec les autres. Je refuse de rester terrer dans un coin…
- Ca il faudra le voir avec tes parents, répondit simplement la Coronienne.
- Je sais… En attendant je dois rassurer ma famille et je suppose que tu comptes aller de toute manière rassembler les forces océaniques pour t'aider dans ta quête ?
- Exact. Nous avons besoin de tous les alliés possible.
- Parfait.
Melody serra le poing avant de se coller contre Jim pour lui dire au revoir. Il lui caressa les cheveux tout en regardant en biais sa mère qui revenait au pas de course avec les affaires.
- Melo', lui susurra-t-il. Je vais te rejoindre dans cette guerre. Je ne te laisserais jamais seule au-devant du danger.
- Mais… et ta maman ? murmura t'elle à son tour.
- Elle sera avec Delbert, tout ira bien. Je… Je suis prêt à tout pour nous assurer un avenir où je prendrais ta main et où tu seras fière de moi ! Je t'attendrais à Barnes. Je connais le chemin.
Il lui embrassa le front tendrement. Elle pétillait d'amour.
- Je le suis déjà, gros béta.
Puis, rouge, elle se tourna vers son amie pour repartir à l'océan.
Jim sourit et attendit que sa mère soit en compagnie de leur ami pour prendre les voiles avec son surf solaire qui utilisait ses dernières batteries d'énergie pour un voyage qu'il espérait avec retour. En fixant le ciel il sentit son cœur se serrer de même que lorsqu'il imagina sa maman s'effondrer de chagrin. Il ne regretta pourtant pas son geste téméraire et fila au-dessus des hautes vagues.
Dans l'eau Raiponce et Melody, redevenues sirènes, foncèrent le plus vite possible vers Atlantica, le cœur de l'océan. La Coronienne ne voulait plus perdre une seule minute contre Chernabog. Un lugubre pressentiment lui serrait la poitrine avec la sensation désagréable que bientôt, leur ennemi passerait à la vitesse supérieur.
L'équipe de l'hiver
Le silence qui régnait dans les bois agonisants n'avaient rien de rassurant. Les grincements avaient l'apparence de cri de douleur aux yeux de Jack et Kristoff. Ils restèrent sur leur garde pendant leur marche vers la colonne de fumée noirâtre qui fusionnait avec les nuages du ciel de plus en plus assombri.
- Le soleil et la lune sont cachés, la terre se fait aspirer, commenta le Coronien. IL épuise notre source de magie… Nous rends vulnérables. Puis nous sépare pour mieux nous tuer… Ca sent mauvais.
- Très mauvais, assura le roi d'Arendelle. Comme disais ce Pitch, ils ne nous laissent aucune chance.
L'enfant de la lune serra les dents de colère et de frustration. Il enfonça ses mains dans son polo en laine bleu foncé. Leurs ennemis étaient bien trop malins… Bien trop fort.
- * soupir* L'écart entre leur force et la nôtre est terriblement écrasante… J'aimerais tellement être plus puissant. Pour protéger tous le monde.
- J'ai l'impression d'entendre Elsa, sourit le blond. Il est vrai qu'ils sont plutôt coriaces mais… Ils se battent seuls. Ils ne sont pas comme nous ces être-là. Ils ne connaissent pas la vraie puissance. Et surtout, on a pas dit notre dernier mot. Laisse nous déjà essayer avec de râler.
Le Coronien se mit à sourire à son tour et tapa sur l'épaule de son ami.
- Tu as raison. Oublie ce que j'ai dit. Je m'inquiète juste pour ma femme, Corona et nos amis.
- Ce qui est normal puisque c'est de là que vient notre vraie force.
- Tu marques un point. Tu ne crains pas pour Anna ? Elle n'a pas de pouvoir la pauvre…
- Oh la la, même sans pouvoir elle est terrifiante tu sais ! Je crains plus qu'elle me retrouve en premier pour me passer un savon !
Ils rirent en cœur, imaginant facilement la scène se produire. Ils se détendirent en approchant des cendres de bois morts. Reprenant leur sérieux ils avancèrent avec prudence. Ce silence n'était pas bon à attendre. C'était bien trop calme, bien trop… mort. Après avoir bifurqué deux ou trois fois, Kristoff se stoppa en tendant le bras pour protéger son ami. Jack scruta les alentours. Il repéra lui aussi l'ombre qui s'avançait lentement. Ils distinguèrent un contour animal et accoururent vers lui quand ils le virent blessé.
Couvert de rouge bordeaux, un majestueux rennes magique des Landes s'effondra devant eux. Il portait sur son dos, un amas de vêtement vert souillé. Jack reconnu aussitôt la fée Pâquerette. Il se précipita à son secours en la posant délicatement sur le sol. Remuant les lèvres il la fit boire tout en la recouvrant de sa glace fraiche. Elle avait subit de grave brûlure.
- Qui est-ce ? Questionna le blond. Ce sont des ailes ça ? La pauvre il n'en reste plus grand-chose…
- C'est une des fées que je connais. Elle s'appelle Pâquerette. C'est…
Jack regarda l'animal agoniser et attendre le glas. Il sentit son poil se hérisser puis se précipita dans les airs.
- Attends-moi là ! Protège mon amie !
Jack disparut en une fraction de seconde plantant Kristoff sur place. Les bras ballants, l'Arendellien se posa au chevet de la vieille femme souffrante.
Comme une fusée, l'esprit de l'hiver s'approcha à grande vitesse vers la forêt magique qu'il aimait tant avec sa femme. Ce dernier havre de paix paradisiaque. Puis, ce fut comme un coup reçu à l'estomac… Les Landes étaient parties en fumée. Devant lui, les couleurs chatoyantes de l'idylle naturelle étaient devenue noire encre. L'eau n'était plus qu'un amas de couleur grisâtre couvert d'arbre calciné. Ce n'était désormais plus qu'une terre stérile, vide de vie.
- NOOOOON !
Au bord des larmes, Frost parcourut la forêt fantôme. Ce rappelant fort bien de chaque recoin il sentit son cœur se briser en mille morceaux en posant pied à terre. A chacun de ses pas, il souleva de la poussière, assimilant lentement que Chernabog ne laissait rien au hasard. Qu'il était plus que dangereux, il était le fléau ultime. Et il allait les briser aussi fort qu'il le pourrait.
Ravalant sa peine, Jack retrouva le grand arbre central qui avait vécu des milliards d'années depuis la création du monde. Flora lui avait avoué qu'il avait été l'un des tous premiers à prendre racine sur la Terre. Aujourd'hui, il était couché pour toujours. Serrant ses poings, Jack songea fugacement à Corona et il sut, aussitôt, que son royaume lui aussi avait dut être attaqué en son absence. Qu'il devait peut-être ressembler à ce même paysage là.
Le cœur en miette, l'esprit de l'hiver rangea son désespoir et sa peine au fond de lui. Il le changea en colère, en détermination. Il leur ferait payer au centuple ! Avec sa femme, ses amis et tous ceux qui se tiendrait à ses côtés, il n'abandonnerait jamais. Loin de là ! Peu importe ce qu'il se passerait, ils iraient jusqu'au bout !
Un bruit de clochette attira soudain son attention d'où il opéra un demi-tour surprit. Cherchant du regard il vit un maigre filet blanchâtre s'approcher de lui.
- C'est… Oh ! Cristal !
La fée des glaces l'implorait de l'aide tant le feu l'avait épuisé de ses forces. Elle l'avait senti. Lui, le gardien de sa saison. Jack se précipita pour lui offrir sa magie puis en fit de même pour les autres fées qui arrivèrent. Il reconnu ceux de sa saison accompagné par Clochette et d'autres de chaque section. Toutes détruites mentalement et physiquement. Certaine ne pouvait même plus voler.
- Quelle horreur ! Mes pauvres… Où est la reine Clarion ?!
Clochette, vaillante et la seule presque indemne, secoua la tête d'une larme.
- NON ?! Et les grandes fées ?
La petite fée haussa les épaules avant de le tirer par le doigt. Jack la suivit un petit moment, écrasant les branches devenus cendre. Puis il la vit. Couchée au sol. Inerte. Il se précipita à son secours mais… lorsqu'il toucha sa peau, celle-ci avait la même chaleur que la sienne. Il se recula aussitôt, prit de nausée. Tout ne faisait que grandir sa haine et sa détermination.
Avec honneur, Jack recouvrit la défunte d'une couche de glace et de feuille. Il aurait voulut y déposer des fleurs, seulement, aucune plante ne poussait plus à des kilomètres à la ronde désormais. Clochette en profita pour lui expliquer, à l'aide de dessin sur la cendre, que la défunte et leur reine les avaient tous protéger de leur vie et qu'ils avaient put en profiter pour ce sauver. Certains n'avaient pas réussi malheureusement… Ils dormaient maintenant pour l'éternité auprès de leur mère la terre.
Désolé de ce spectacle, Jack prit Clochette sur son épaule avec une autre appelée Vidia. Les deux petites fées les plus en forme.
- Venez avec moi, toutes. Nous avons… Nous allons nous battre pour nos terres. Et même si tout semble perdue, tant qu'on est ensemble et debout, rien n'est impossible. Je sais, c'est dur à accepter. Mais je suis sûr qu'on pourra faire revivre les Landes. Nous, les esprits, seront vos guides !
Les fées approuvèrent sans exception. Un regard de colère hantait leur visage défait et rougit de larme. Leur monde avait disparut en une fraction de seconde sous les assauts du dragon noir. Elles ne laisseraient jamais passer ça !
Jack fit entrer toutes ses amies dans son sac pour qu'elles se reposent puis fila rejoindre Kristoff qui épongeait le front de la grand fée verte. Elle avait reprit conscience et pleurait sans discontinuer dans son mouchoir salit.
- Des petites fées ? Questionna le roi d'Arendelle, fasciné.
- Elles vont nous aider. Leur… Leur royaume à périt. Les Landes n'existent plus.
Pâquerette fondit en larme de plus belle.
- Que s'est-il passé Pâquerette ? Dites-moi tout ?
Impossible pour elle de parler. Les hommes attendirent patiemment qu'elle puisse articuler. Elle hoqueta de douleur.
- C'est arrivée… sans prévenir ! Maléfique ! Elle est revenue d'entre les morts ! Elle volait dans les airs avec quelqu'un d'autre à ses côtés. * sanglot, reniflement * Elle s'est mise à se changer en dragon en hurlant qu'elle était devenue la plus puissante de toutes les sorcières et qu'elle se vengerait ! Puis, elle a brûlé notre forêt de son feu magique ! On a à peine eut le temps de se retourner ! Notre magie ne servait à rien… Nos bouclier se brisaient, la nature s'affaiblissait et hurlait ! Un carnage, une débandade !
Elle pleura à nouveau, prise de tremblement. Jack lui caressa le dos avec tendresse, patient. Elle reprit après avoir déglutit.
- Marraine la bonne fée, notre mentor à toutes, avec l'aide de Clarion, ont invoqués un puissant sortilège de protection pour nous permettre de fuir. Impuissantes et perdues dans la poussière de suie et le nuage étouffant… On a… Je suis partie au hasard dans une direction. J'étais seule, désemparée, et je… ne sais pas qui a survécu… Je suis peut-être la seule…
- Et l'autre il faisait quoi ? Questionna Kristoff. Celui qui était avec la sorcière.
- Il regardait. Il riait. Heureux du spectacle !
Jack sentit sa colère le dévorer sur place. Il posa une main sur son amie.
- J'ai rendu hommage à la grande fée et à Clarion. Je suis également avec les mini-fées survivantes. Ne perdez pas tout espoir. Nous allons nous rendre à Thalie, chez nos alliés, pour préparer la contre-attaque. Croyez-moi, je ne laisserais pas Maléfique et tous les autres s'en sortir impunément !
Pâquerette ne l'avait jamais vu aussi charismatique. Kristoff approuva ses dires maintenant qu'il savait un peu près où ils étaient. Il regarda Jack porter la fée sur son dos et s'envoler doucement pour retrouver le chemin.
- Nous le savions… C'était une mauvaise idée, murmura Pâquerette dans un souffle de reproche.
- Non. La mauvaise idée aurait été de ne rien faire du tout. On a besoin de notre nature et nous la protégerons. Quoiqu'il arrive. Faites-nous confiance.
La fée se serra contre lui. Dans un souffle elle inspira le bon air frais de Jack.
- J'y crois, déclara-t-elle avec une nouvelle ardeur.
Jack lui sourit en biais puis prit la route avec Kristoff vers le royaume des fleurs désormais fanées. Son regard dirigé fermement vers leurs ennemis sans pitié.
A samedi prochain :3
