Chapitre 42 : Confrontations

Printemps

- Grand-père !

Melody agitait ses bras et sa queue dans tous les sens pour se dégager de l'emprise de sa tante Arista. En larme elle s'acharnait, griffait, mordait. Elle voulait l'aider, le sauver… Mais elle ne pouvait rien faire. Trop jeune. Trop faible…

- Ramène-là au palais ! Ordonna Raiponce d'une voix forte.

La princesse n'hésita pas une seconde pour opérer un demi-tour tandis que ses sœurs se battaient avec acharnement pour s'approcher du roi ensanglanté dont les volutes de sang tournoyaient dans la baie océanique.

L'esprit du printemps partit en trombe vers Triton avec une rapidité d'un poisson voilier. Il fallait à tout prix le soigner avant que ce ne soit trop tard… Mais la sorcière des mers, Ursula, se reculait de plus en plus vers les coraux, se cachant derrière ses sbires en riant. La pieuvre attrapa le trident de ses tentacules empoisonnés et le retira d'un coup sec de son propriétaire. Elle jubilait à gorge déployée, ses yeux cerclés de folie.

- IL EST DE NOUVEAU MIEN ! JE SUIS LA REINE DES OCEANS ! PLIEZ DEVANT MOI !

Agitant son arme, plusieurs sirènes reçurent le jet doré les forçant à se courber, figées dans leur mouvement. Ursula en profita pour planter son frère une deuxième fois avec un tentacule hérissé.

- Regarde ton royaume, murmura-t-elle à son oreille. Regarde la déchéance de ce monde en perdition devant les nouveaux souverains du mal. Tout ça… C'est à MOI.

- Comment…

Triton cracha une gerbe de sang. Malgré le flou qui envahissait ses yeux, il contempla sa sœur de plus près. Elle avait des traits humains juvéniles, un corps charnu de grande beauté et une tenue noire en dentelle qui seyait à merveille avec des gants sombres et un maquillage violet. Elle avait gardé son teint blafard et ses cheveux blancs courts mais son corps avait l'apparence d'une femme mixée avec une pieuvre. Elle avait toute l'allure d'une reine…

Ursula n'en tenait que plus de prestance.

- Oh, tu te demandes sûrement pourquoi je suis en vie malgré le bateau de ton gendre planté en plein dans mon magnifique abdomen ? * Elle caressa la joue de son frère avec délice et ricana*. C'est parce que ma place était ici, lui susurra-t-elle mielleusement. Chernabog m'a sortie des limbes aux tourmentes éternels pour me rendre mon royaume. Et tu connais la meilleure ? Je ne suis pas seule !

Un tentacule força le roi à tourner la tête vers la gauche. Il aperçut plus bas une silhouette noire qu'il reconnut aussitôt.

- Mo…Morgana…

La cadette barrait la route à la reine du soleil qui envoya ses cheveux en lasso pour frapper son ennemie. Raiponce eut tout juste le temps d'apercevoir sa nouvelle apparence humanoïde à tentacules dont le maquillage vert lui soulignait les yeux avant qu'un banc de requins ne l'attaque. Attina et les autres sœurs arrivèrent en renfort pour la protéger. La Coronienne les remercia tout en illuminant ses cheveux pour repousser les ennemis. Elle frappait de tous les côtés sans relâche pour se frayer un chemin.

Morgana mit son bras pour se protéger les yeux.

- Envoie-moi le trident, ma sœur !

- Hors de question ! Il est à moi !

- A NOUS !

Ursula s'enfuit avec Triton, laissant la cadette aux prises avec la lumière sacrée. Furieuse, Morgana la suivit et finit par la rattraper avant de se saisir du bâton tant convoité.

- Laisse-le moi !

- C'est moi l'aînée des deux, il est à moi ! Tu as ton harpon ténébreux alors bats-toi avec !

A coup de tentacules, les sœurs se crêpèrent le chignon. Raiponce y vit là une occasion pour attraper le roi mais les tentacules en folie la repoussèrent et l'envoyèrent valser vers les rochers. Stoppant leur dispute les sœurs visèrent la reine avec un jet de trident et de ténèbres. Raiponce réussit à l'esquiver, ses yeux rivés vers le roi dont les yeux se baissaient dangereusement.

Raiponce Frost ne dit pas son dernier mot pour autant ! Pendant que les princesses se battaient contre une horde de prédateurs des mers, elle utilisa ses pouvoirs pour créer des ondes éclatantes. Aveuglées, les sorcières se protégèrent d'un voile d'encre avant de prendre la fuite vers la barrière de corail.

- Maudite esprit ! Fulminait Ursula. Pitch nous avait dit qu'elle serait plus faible d'être séparée des autres !

- Oh non, elle est encore plus forte qu'avant, grogna Morgana. On doit la priver de sa lumière !

- Dans ce cas je sais où aller, hé, hé, hé.

D'un rire malveillant, les sœurs se dirigèrent vers les abysses. Raiponce les suivit, seule. Derrière elle, le royaume d'Atlantica et les hurlements se dissipèrent pour laisser place à un silence angoissant.

La reine de Corona se stoppa devant la faille ou venait de pénétrer les sœurs du mal. Elle déglutit.

- C'est forcément un piège. Mais… je DOIS sauver Triton ! Je n'ai… pas le choix. Que mon père soleil me protège.

Après avoir joints ses mains, la princesse ondoya vers la grotte abyssale, les cheveux illuminés. Elle créa des boules de lumières pour ne pas se perdre avant de suivre la trace sanglante du blessé. Elle pensa à son propre père l'espace d'une seconde. Mordue par la peur de perdre un être cher, Raiponce n'hésita pas un seul instant à s'enfoncer dans les couloirs de pierre verdâtre.

- Pour Ariel et Melody….

Au détour d'un croisement un tentacule vint frapper la blonde sans qu'elle n'ait le temps de l'apercevoir. D'un cri, son corps frappa contre des roches aiguisées. C'était Morgana qui l'attrapa aussitôt pour la serrer de toutes ses forces.

- Il faut être folle pour s'aventurer ici, rit-elle avec délice. Nous connaissons cette grotte par cœur mais toi… tu es sans défense !

Raiponce tenta de se dégager sans grand succès. Sa lumière était absorbée par une magie noire étouffante. Elle ne pouvait que se soigner la tête qui saignait.

- Une petite boule de lumière n'est rien au fond des abysses, intervint Ursula qui s'avança vers elle. Ici, la lumière n'existe pas. Ici, c'est le règne de la noirceur.

La sorcière lui prit le visage en coupe et se lécha les lèvres. Raiponce tenta de lui mordre la main d'où elle se recula et brandit son trident qu'elle enfonça sur ses joues rosées.

- Ne joue pas à ce petit jeu enfant du soleil. Tu es à notre merci. Tu t'es jetée toute seule dans la gueule du loup. Les sentiments… C'est ce qui cause à tous votre perte. Tu ne voulais pas abandonner ce pauvre vieux croulant, hein. Pathétique !

Les sœurs octopodes se mirent à glousser avant d'enfiler une couronne violette et verte pour l'une et l'autre.

- Nous sommes enfin les reines des océans, rien ne nous arrêtera. Loué soit Chernabog ! Notre sauveur et maître !

- Il vous a redonné vie, n'est-ce pas ? S'exprima Raiponce les yeux emplis de colère et de fierté. J'aurais dû m'en douter. Transcender ainsi les lois implacables de la nature ne pouvait que lui appartenir.

Le trident s'enfonça plus loin dans sa peau, transperçant sa bouche de trois grosses pointes.

- Il nous a sauvé des limbes. Il est venu nous chercher en personne pour nous offrir ce qu'on désirait le plus contre notre allégeance, savoura Ursula. Et il n'y a rien de plus merveilleux que de lui obéir. Ce jour, une de ses proies va mourir. Et nous serons glorifiées.

Les yeux fous, Raiponce sut qu'elle ne pourrait jamais ni parler ni raisonner cette femme et sa sœur. Elles étaient complétement perdues dans leur propre abysse.

- Une dernière volonté, esprit raté ? Questionna l'ainée qui allumait le trident.

- Où est Triton ? Demanda simplement Raiponce. Qu'avez-vous fait de lui ?!

Morgana eut un fou rire avant d'attirer le roi contre elle, inconscient, et de le balancer sur le sol en jouant avec lui comme avec une poupée de chiffon. Il respirait encore d'après la blonde.

- Arrête ça ! Tu ne respectes donc rien ?! Hurla la Coronienne hors d'elle.

- Mon frère est un idiot, reprit Ursula en plantant le trident si loin que les dents disparurent complétement sous les hurlements étouffés de sa victime. Il mérite son sort !

- J'ai vu le regard de Melody et de ses tantes, enchaina la seconde, victorieuse. Il n'y a pas de plus grande délectation que de les voir toutes tomber dans le désespoir ! Notre vengeance est accomplie !

Raiponce les regarda l'une après l'autre. Ses yeux étaient tranchants comme des couteaux.

- Un jour, vous comprendrez vos erreurs, mais il sera trop tard. Vous vous condamnez à une vie de malheur par votre simple cupidité. J'ai pitié de vous, répliqua-t-elle pour ses derniers mots.

Puis elle ferma les yeux quand la colère d'Ursula fit scintiller le trident d'une puissante magie de destruction. La grotte s'illumina une fraction de seconde pour la première et dernière fois tandis qu'au palais, Melody priait pour sa famille et ses amis…

Des hurlements s'ensuivirent. C'est à ce moment que la Coronienne comprit qu'elle était toujours en vie. Choquée, la blonde rouvrit les yeux et contempla par-delà ses boules de lumières toujours actives, des sirènes se battre contre les deux sorcières. La main sur sa joue elle se soigna, courbée par une douleur lancinante dans sa bouche et sa gorge. La fourche dorée venait de sérieusement la blesser.

Incapable de bouger pendant quelques secondes, Raiponce vit Attina agripper le trident qui balança des jets de lumières incontrôlable dans tous les sens. Deux sirènes se firent toucher plus loin, Aquata et Andrina selon ce qu'apercevait brièvement la Coronienne. Arista et Adella étaient quant à elles aux prises avec Morgana qui balançait des sortilèges noirs avec son harpon. Bien que sonnée, l'esprit du printemps se releva et illumina le plus possible sa chevelure avant de sortir sa dague pour foncer sur Ursula comme un boulet de canon. La sorcière poussa un cri de bête quand sa peau pâle se couvrit de rouge bordeau.

Tournant ses yeux fous de rage elle fixa une Raiponce déterminée qui reprit son arme et se recula pour esquiver un coup de tentacule. Attina réussit alors à reprendre le trident et visa son ennemie qui prit la fuite dans un crachement d'encre. Morgana l'interpella et prit sa suite tandis qu'Arista venait de lui trouer un tentacule avec un crochet. Les sœurs voulurent continuer à les chasser mais Triton restait la priorité. Elles les laissèrent fuir.

Toutes les sirènes présentes se précipitèrent et se lovèrent autour du patriarche qui rouvrit tout doucement les yeux. Son teint blafard se confondait avec ses cheveux. Il souriait malgré tout alors que ses filles lui prenaient les mains.

- On va te soigner papa ! Ne t'en fais pas ! Beugla Attina.

- Raiponce va te sauver ! Sourit Arista en larmes.

Triton toussa puis regarda ses filles dans les yeux.

- Comme vous avez grandi, réussit-il à dire. Je suis fier de vous toutes…

- Papa…

- Attina… C'est toi… la prochaine reine. Tu dois… sauver ce monde. C'est ton devoir. Avec tes sœurs en tant que protectrice d'Atlantica, tu y arriveras.

- Non ! Papa ! C'est ton rôle ! Pas le mien… On a besoin de toi ! Je t'en prie !

Les filles se tournèrent vers Raiponce qui s'attelait à le soigner. Elle se stoppa dans son élan devant les yeux de toutes. Puis elle secoua la tête. C'était trop tard…

- PAPA !

- Ne nous laisse pas !

- Pitié papa !

- On t'aime tellement !

Triton papillonna et ses lèvres s'étirèrent en un grand sourire.

- Athéna… Comme tu es belle…

Les larmes de ses filles rejoignirent le grand océan pour se diriger vers Ahtohallan alors qu'elles s'effondraient sur le corps de leur père qui s'endormit en un dernier souffle. Comme reposé, il ne bougea plus, ses grandes mains sur celles de ses filles dont il était le plus fier du monde.

Raiponce sentit tout à coup un courant lui parcourir la nuque et, les yeux écarquillés, elle entrevit deux silhouettes. Une femme, belle, aux longs cheveux attachés en tresse tenant la main de Triton, plus jeune. Un regard, un câlin, un baiser puis une brume qui s'évapora. Raiponce se mit à sourire malgré elle avant de caresser le dos des sœurs en deuil.

- Ramenons-le chez lui, déclara Attina après quelques minutes de silence.

D'un commun accord Raiponce l'enveloppa dans ses cheveux tandis que les filles le portèrent jusqu'à Atlantica.

La bataille s'était terminée il y a peu au royaume des sirènes. Avant de partir pour la grotte les princesses avaient réussi à tuer une bonne partie des ennemis, faisant fuir les autres grâce à leur courage et leur coalition. Ne restait à présent que des ruines et un peuple démuni de chagrin qui pleurait leur mort. Melody était parmi eux. Elle les vit rapidement et elle sut… Comme un instinct elle comprit puis sombra sur le sable formant un nuage de douleur. Ses tantes déposèrent le corps de son grand-père près d'elle. La jeunette put lui dire au revoir en embrassant son front. Son cœur lui comprimait la poitrine d'une douleur perforante.

- C'est pas possible, bégueya t-elle. Ca ne peut pas ce passer comme ça... Pas lui ! C'est… le plus fort d'entre nous !

Raiponce la prit dans ses bras et la berça alors qu'elle s'accrochait à elle, les yeux dévorés de larmes.

- Pourquoi tu ne l'as pas soigné ?! POURQUOI ?!

Raiponce posa sa main sur ses cheveux encres.

- J'ai essayé mais c'était trop tard. Tu sais… parfois, on ne peut pas sauver tout le monde, surtout en temps de guerre. Mais, il n'a pas disparu pour autant. Il est parti se reposer avec ta grand-mère, je l'ai vu.

- Tu… Tu as vu mamie Athéna ?

Raiponce hocha la tête d'un sourire aimant. Melody renifla.

- Alors… il… Il sera heureux là où il est ?

- J'en suis certaine. Il a assez donné ici, tu ne crois pas ? C'est à Attina de prendre le relais avec Ariel. La mort n'est pas la fin c'est juste une autre étape.

- Alors pourquoi Ursula a parlé des limbes ? Questionna Arista, les yeux rouges.

- C'est pour les âmes damnées. Les bonnes âmes finissent ailleurs. Bien que je ne sois pas sûre de moi, je sais que les morts peuvent trouver la paix. J'en ai déjà rencontré.

Un brin soulagé, la famille de Triton décida d'offrir une belle cérémonie pour toutes les morts ayant eu lieu tout en nettoyant un peu le carnage. Vêtus de voilages sombres avec des perles de nacre, les sirènes et tritons purent offrir leur dignes adieux à leur proche, sur des coraux gravés. Ils se rendaient ensuite se recueillir sur la tombe du roi, reposant avec sa reine sous une nappe de fleurs marines.

Attina prit sa place de reine dans un même temps, annonçant la suite de la guerre et l'envoi de missives pour des renforts aux quatre coins des royaumes sous-marins. Ce que son père avait ordonné avant sa mort serait accompli, elle ferait tout pour. Sa majesté, affublée du trident magique, demanda également à tous de rester vigilant et de former des rondes pour prévenir toute nouvelle attaque des sorcières des mers. Pendant ce temps-là, Raiponce reprit des forces et s'occupa d'une Melody traumatisée.

- J'aurais dû t'écouter et rester au château… Je… n'ai servi à rien.

- Ne dis pas ça. Tu as été bien plus forte que la plupart des jeunes sirènes d'Atlantica. C'est normal que tu aies peur et que tu sois sous le choc. Il te faudra du temps. Comme moi lorsque j'ai perdu mon premier ami et ma situation passée.

Melody se blottit contre son mentor, incapable de se lever pour aider. Raiponce la couvait, lui chantant des chansons douces sous une lumière de paix.

- Elles doivent payer… Déclara soudain la jeunette. Ursula et Morgana !

La Coronienne hocha gravement la tête.

- Ne te concentre pas sur la vengeance je t'en prie. C'est mauvais. Ca ne t'apportera rien. Mais il est vrai qu'elles doivent retourner d'où elles viennent et, crois-moi, je m'en assurerai.

Son regard fort rassura la jeune sirène qui finit par se relever.

- Il faut qu'on rentre. Maman doit se demander où je suis.

- Elle doit être morte d'inquiétude oui !

D'un regard complice, les deux amies annoncèrent leur départ à Attina. Raiponce promit de lui envoyer un signal lorsque le moment sera venu puis elles prirent la destination de Barnes. La route fut calme et silencieuse. Chacune des deux cogitaient. Raiponce se demandait ce qui se passait à Corona. Elle serrait les dents en pensant à ses petits tout en priant pour leur sécurité. Eux, ils n'étaient qu'innocence et avenir, ils devaient survivre !

Retransformée en humaine, la reine de Corona vit Melody filer droit vers une Ariel terrorisée qui s'effondra contre sa fille. L'embrassant sur toute sa tête elle la serra avec force. Raiponce en profita pour lui raconter les derniers événements devant un Éric outré. Il vit sa femme se décomposer et se blottir encore plus fort contre sa princesse. Elle cacha ses larmes et étouffa ses cris. Elle n'avait même pas été présente pour les derniers instants de son père… Pour protéger son autre royaume…

Éric prit ses femmes contre lui avec tous l'amour qu'il le put. Raiponce resta à l'écart, les yeux tournés vers les nuages d'un noir de plus en plus épais. Le temps filait et à chaque minute qui passait, Chernabog devenait encore plus fort et plus vicieux. Il essayait de les briser mais la blonde n'était pas aussi faible qu'il le pensait. Plus aujourd'hui en tout cas.

- Je vais partir retrouver mon mari à Corona, en espérant qu'il soit présent. Je vais devoir vous laisser dans le deuil, je suis sincèrement désolée.

Ariel se releva tout en essuyant ses yeux.

- Au contraire, file retrouver ta famille. Je sais que le devoir t'appelle et que tu y répondras présent. Nous aussi nous serons là.

Le regard de la rousse plut à son amie. Toutes deux se câlinèrent pour se donner du courage.

- Prends grand soin de Melody, susurra la Coronienne.

- Et toi de notre monde.

Le roi de Barnes quémanda un cheval qu'il donna à son amie tandis que les deux femmes se saluaient. Ariel aperçut soudainement un jeune homme inconnu courir vers eux. Melody sauta dans ses bras pour se consoler tandis qu'il apprit la nouvelle pour son grand-père. Bien que brisé de voir sa petite-amie comme ça, Jim se montra fort et la rassura. Puis il partit se présenter à sa famille en assurant devenir le bouclier de leur fille.

D'un sourire, Raiponce en profita pour monter son destrier puis inspira un grand coup avant de filer sans se retourner vers Corona.

Une ombre lointaine la suivait du regard sans la perdre de vue.


Hiver

Jack et Pitch se fixaient. Un léger vent vint balayer leurs cheveux tandis qu'à quelques mètres de là, une bataille s'engageait entre la sorcière à cornes, la fée Pâquerette, Kristoff et la reine de Thalie. La magie pullulait de tous les côtés mais Jack ne tourna pas une seule fois son regard vers eux. Il savait qu'il ne devait pas le faire. Pas avec LUI !

- Alors te revoilà, cracha l'esprit de l'hiver d'une haine tangible. Chernabog a ramené son toutou avec lui.

Pitch ricana, commençant à tourner autour de sa proie qui ne le lâchait pas d'un cil.

- Tu m'excuseras du retard, je suis passé au pôle Nord pour faire le ménage, commenta-t-il avec légèreté.

- ?!

- Oui North, Sable et tous les autres… Je leur ai réservé un accueil que moi seul peut leur offrir. Ils n'avaient pas l'air ravi par contre.

- Enflure, lâcha Jack.

- Hé, hé. Tu ne pourras plus compter sur leur soutien désormais. Ni toi ni les habitants de ce monde. Il ne restera plus que leur cauchemar pour pleurer et nourrir mon maître. Le chaos est proche. C'est trop tard pour vous. Mais je peux toujours te trouver une place à nos côtés si tu le désire. Avec ta chère lumière.

- Tu connais ma réponse.

- Oui, oui… Votre sentimentalisme vous rattrape toujours. Votre défaut de fabrication si je puis dire. Mais dis-moi, tu penses que ta femme est toujours en vie ? Qu'elle a survécu à son vol plané ?

Ses yeux trahissaient son plaisir, il s'amusait comme un fou. Jack garda son sang-froid. Il ne se laisserait plus prendre. Il ne lui offrirait plus aucune occasion de jubiler.

- Elle est forte. Et je la sens toujours auprès de moi. Notre lien est intact. Tu ne m'auras pas comme ça Pitch.

- Oh, petit flocon serait devenu tempête ? Vas-tu me résister jusqu'au bout ?! Mais quel régal !

Jack secoua la tête avec dédain. Il n'y avait rien à tirer de ce sadique.

- Ris mon cher ennemi, ris, déclara le Coronien. Mais toi et Chernabog disparaitrons de ce monde. Peu importe par quoi on devra passer. Nous vaincrons.

- De belles paroles bien vides.

Jack lui offrit un sourire carnassier puis déboula sur lui comme une buse sur sa proie. Il ne lui laissa pas le temps de réagir en le recouvrant d'une glace drue. Il monta ensuite dans les airs pour fondre sur la sculpture en lui donnant un coup de pied dévastateur. Brisé en mille morceaux, Pitch hurla et se décomposa en une trainée de poudre. Celle-ci se reforma en forme de lances qui s'abattirent sur le Coronien. Jack s'entoura d'une couche épaisse de glace impénétrable tout en entendant la poudre noire se fracasser sur la paroi. Puis, la seconde d'après, il sortit de son igloo pour geler le plus de poussière possible qui se changea en copeaux de glace morts. Il ne voyait que cette solution pour en venir à bout.

Son ennemi luttait pour se reformer et comprit qu'il ne plaisantait plus. Cette ténacité lui plut. Il gloussa avant de se changer en mini-lui d'une centaine d'exemplaires. Chacun des petits Pitch se mit à bombarder Jack qui se protégea à nouveau derrière sa paroi.

- J'ai besoin de vous ! Hurla Jack aux petites fées.

Attendant justement le signal, les vengeresses ailées sortirent du sac tel des abeilles d'une ruche attaquée. Piquantes et en colère, elles prirent les Pitch en face-à-face en utilisant leur magie élémentaire pour le frapper. Les fées de l'eau noyèrent leur ennemi tandis que celles du vent les dissipaient et les entournaient. Les spécialistes des jardins usaient des plantes pour les étouffer tandis que les fées d'animaux commandaient aux oiseaux et aux insectes de les manger. Celles de la lumière les désagrégeaient soutenues par celles diriger par Clochette, les fées bricoleuses, qui attaquaient avec des armes – Aiguilles, Echardes, épingles, arc de bois …

Et enfin les dernières, de l'hiver, dont Cristal était en tête, s'occupaient des plus tenaces avec Jack, formant des tempêtes givrées de grande ampleur. Pitch perdait pied, de rage il désagrégea ses derniers clones et se reforma plus loin. Il n'avait presque plus de matière, acculé.

- Je ne pensais pas que tu serais aussi fort, Jack… Mais jamais tu ne me battras ! C'est hors de question !

A présent furieux, Pitch s'entoura d'une aura menaçante. Il ne jouait plus. Jack fit quelques inspirations avant de déclarer.

- Si tu croyais qu'on s'était tourné les pouces pendant dix années tu te trompes ! Tout en renforçant nos liens nous avons accrus nos pouvoirs à leur maximum. Je ne suis déjà plus le petit être que tu avais dans ta grotte par le passé !

Les yeux presque blancs, Jack fit tourner son bâton sur lui-même avant le faire claquer au sol. Son ennemi prit peur quand il comprit ce qui lui arrivait. Il avait déjà connu cette sensation par le passé et il détestait ce fichu pouvoir ! Il pensait ne jamais le revoir un jour et pourtant… Jack avait réussi à le débloquer. Le temps s'était ralenti pour lui, il avait l'impression de bouger comme un escargot. Ce qui offrit à Jack tout le loisir de l'attaquer à grand coups de vagues de glace, rapide comme l'éclair.

Plus loin, Pâquerette était blessée, rongée par le feu vorace de la sorcière qui avait une apparence gracieuse de jeune femme. Dans sa robe noire-indigo elle menait la danse jusqu'à ce que le temps ralentisse pour elle aussi. Son visage se décomposa face à l'inévitable. La fée en profita pour l'enfermer dans une plante carnivore qui l'engloutit de son mucus de digestion. Ses lents mouvements empêchèrent la sorcière de jeter correctement un sortilège si bien qu'elle se changea en dragon et perça la poche de la plante avec ses griffes. Elle hurla de fureur devant une Aurore tendue. Kristoff n'en menait pas large avec ses bleus et son bras empoisonné.

« Espèce de misérable cloporte, grogna Pitch au ralenti. Je vais te montrer l'étendue de nos pouvoirs ! »

Jack stoppa ses assauts pour se mettre en défense. Il avait remarqué que Pitch s'était soudainement recentré en une sphère drue qui tournait sur elle-même, repoussant ses attaques en les déviant. Malgré la lenteur il formait une barrière mouvante impénétrable pour protéger ce qui semblait être un noyau. Les mini-fées s'avançaient déjà pour combiner leur pouvoir mais Jack intervint.

- Reculez ! Toutes !

Il était trop tard, des jets noirs vinrent frapper les petites fées qui tombèrent comme des mouches. Elles n'étaient que sonnées mais cela permit à Pitch de reprendre de la vitesse car Jack se déconcentrait. Il profita de ses secondes profitables pour hurler.

« VOYONS SI TU SURVIS A CA ! »

Jack sentit de la chaleur lui lécher dangereusement la peau du dos. Il esquiva alors le feu de Maléfique de justesse avant que Pitch n'explose comme une super nova à quelques centimètres de lui. L'explosion d'autodestruction fit trembler la terre pendant plusieurs minutes. Pâquerette se positionna en face de sa fieulle et du roi d'Arendelle pour créer un bouclier protecteur. Une fois la secousse et la vague noire passée, la marraine fonça sur Maléfique qui lui tournait le dos pour lui couper les ailes avec les tranchants de feuilles enchantées. Le dragon se mit à hurler en crachant du feu à tout va puis s'écrasa sur le sol de ronces pour définitivement les enterrer. Ses ailes étaient en lambeaux et elle reprit forme humaine.

- Comment as-tu pu ?! Alors que tu sais qu'on me les avait volées par le passé !

Les yeux noirs elle était prête à fondre sur son ancienne amie.

- Ca, c'est pour les Landes et mes proches ! Tu aurais dû rester de notre côté ! Tu as commis une grave erreur en sous-estimant la lumière !

Jamais la vieille femme n'avait eu un regard aussi acéré et vengeur. Elle qui était pourtant la plus douce des trois… Maléfique en cracha sur le sol, tremblante de colère.

- Je n'en ai pas fini avec vous ! Croyez-moi, la prochaine fois, je serai deux fois plus cruelle.

- Tu n'iras nulle part !

- Parce que c'est toi qui vas m'arrêter ?

De ses mains, la sorcière invoqua un puissant sortilège sur le terrain qui se changea en boue noirâtre. La fée qui était toujours à terre sentit ses ailes se faire engloutir dans le sol. Kristoff eut le bon reflexe d'attraper une liane de ronces qui trainait là pour s'extirper du sable mouvant qui tentait de le dévorer. Ses mains en charpie après avoir agrippé les échardes, le roi d'Arendelle envoya une corde à la blonde qui attrapa la fée pour se sortir de ce bourbier odorant. Luttant de tout leur corps, les femmes ressortirent couvertes de vase.

Essoufflés, les trois alliés virent que Maléfique en avait profité pour retourner auprès de son maitre. Pitch avait également disparus. Les faibles nappes de poussières qui restaient de lui s'envolaient déjà au-dessus des cimes des arbres.

- Au moins, on a réussi à leur porter de graves blessures et à les faire fuir, commenta le roi. C'est déjà ça de gagné.

- Où est Jack ?! Paniqua Aurore.

Pâquerette qui se soignait les ailes remarqua son corps affalé plus loin.

- Là-bas !

La reine de Thalie ne prit pas le temps de se débarbouiller qu'elle fonçait déjà sur son ami inconscient. Elle le retourna et le secoua doucement.

- Jack ! Jack ! Oh mon dieu qu'est-ce qu'il t'a fait ?!

L'esprit de l'hiver émergea lentement et se releva. La glace enroulée autour de son corps s'effritait. Elle avait amorti la violence de l'explosion.

Lorsque Jack rouvrit les yeux, il se mit à paniquer et hurla en se touchant le visage.

- Qu'est-ce qu'il y a ?!

- … MES YEUX ! Je…. Je suis aveugle !

Les mains sur la bouche, la reine regarda ses iris blanches, totalement vides.

- Oh mon dieu !

A la fois stupéfiée et alertée, la reine des roses ouvrit son sac et lui fit boire quelques potions pour tenter de le soigner.

- Et celle-là ?

- Inutile, refusa Jack. Il n'y a que Raiponce qui pourrait tenter de me soigner… Et encore, vu la puissance du sortilège je pourrai… ne jamais retrouver la vue.

La panique se lisait dans sa voix. Il ne voyait plus rien, c'était pire encore que la mort !

A tâtons il se releva contre Kristoff.

- Comment je vais faire… Je ne suis plus bon à rien ! Le salaud…

Jack s'accrocha à son ami. Pâquerette tenta à son tour de le soigner mais la malédiction était bien trop forte pour elle. Surtout qu'elle était épuisée moralement et physiquement.

- Je suis désolée…

Jack sentit son cœur se tordre. Si on les attaquait maintenant il ne pourrait absolument rien faire. Il avait peur. Si peur de ce noir sans fin. Il se mit à pleurer malgré lui avant de se reprendre. Perdre ce sens le désorientait complétement.

- Ca va, ça va aller, rassura-t-il. Je dois retrouver ma femme, elle saura quoi faire ! Et puis, j'ai…j'ai réussi à glaner de précieuses informations sur Chernabog.

- Lesquelles ? Demanda avidement Kristoff.

- Son lieu de vie et ses points faibles.

Jack se redressa et prit son bâton comme d'un appui.

- Je vais m'en sortir, dit-il à nouveau devant les visages qu'il devinait triste. En attendant, il faut qu'on fonce le plus vite possible à Corona. Le temps presse, on a seulement gagné du temps avec nos ennemis. Ils vont revenir !

Tous d'accords avec ses mots, les alliés prirent les mini-fées une par une pour les laisser se reposer dans le sac de Jack. Sans en oublier une seule Kristoff, Aurore et Pâquerette les soignèrent avec un peu de poussière de fée avant de reprendre la route. Totalement désœuvré, l'esprit de l'hiver prit Aurore sur son dos pour qu'elle lui indique le chemin pendant qu'il planait loin des obstacles terrestres.

Alors que la terreur grondait dans son ventre, Jack la faisait taire avec l'espoir de revoir un jour la beauté de son rayon de soleil.


Automne

- GRIMMEL ! Hurla Mérida entre les barreaux de sa cage. Espèce de… Tu n'étais pas mort aux dernières nouvelles ?!

La rousse était rouge de ressentiment envers l'homme qui avait essayé de tuer tous les dragons dont son Eclair adorée et Krokmou. Envers celui qui avait détruit Beurk et joué avec eux. Le terrifiant Grimmel… Intelligent, sournois, agile. Un ennemi redoutable qui venait d'assommer sa dragonne avec de la fumée soporifique.

Le principal intéressé sourit et se balada avec nonchalance près de la cage. Il caressait ses dragons en ricanant. Son apparence n'avait guère changé depuis la dizaine d'année écoulée, constata Mérida. Il était longiligne, blafard, aux yeux sombres perfides. Son éternelle coupe de cheveux en brosse blanche sur la tête. C'était comme s'il n'avait jamais vieilli. Elle se fit tout à coup la réflexion qu'il ressemblait énormément à Pitch !

- Oh si j'ai fait un petit séjour dans un endroit proprement terrifiant et dont je n'ai guère envie de retourner * rire*. Mais ce cher Chernabog est venu me trouver pour me venger de vous et prendre le contrôle du monde. Je dois avouer que je n'ai même pas hésité une seule seconde. * Il regarda ses mains* Je me sens encore plus parfait maintenant que je peux utiliser la magie noire ! Je vais pouvoir m'amuser, torturer et me venger en même temps. N'est-ce pas merveilleux ?

Mérida se recula lorsqu'il s'avança vers elle avec son épée empoisonnée. Un réflexe de survie qui fit pouffer son ennemi.

- Oh mais tu vas y retourner, lui balança la rousse. Avec toute ta clique de bestioles bizarres !

- Tu ne pourras rien contre nous, Cheffe ratée. Nous sommes immortels ! Si nous mourrons IL nous fera revenir. Alors que vous… Vous disparaitrez à jamais dans son ventre !

Il se lécha les lèvres avec délectation. Anna se blottit d'instinct contre Pocahontas qui gardait la tête haute. Mérida se mit alors à serrer le poing bien en hauteur du nez de Grimmel.

- Je vous tuerai autant de fois qu'il le faudra ! Chernabog compris. Je ne te laisserai pas toucher à ma famille et à mes amis. Je suis plus forte qu'autrefois.

- Ca tombe bien, moi aussi. Je vais prendre un malin plaisir à aller traquer tes enfants et ton mari juste après t'avoir rôti.

Grimmel se mit à siffler et les dragons noirs se mirent en position.

- C'était un plaisir de te revoir ! Ou pas.

Puis il claqua des doigts d'où les créatures crachèrent un feu rouge vif sur le trio. Mérida fit aussitôt apparaitre un mur en terre pour bloquer les flammes. Les mains écartées elle brandissait une muraille entre elles et les monstres.

- Combien de temps tiendras-tu ? Pouffa Grimmel. Moi je parie quatre minutes et toi ?

Une autre voix s'éleva soudainement à côté de lui.

- Je dirais deux pas plus.

Une voix d'homme constata Pocahontas qui invoquait la terre pour renforcer le pouvoir de Mérida.

Tout à coup, le feu se stoppa tout net. Mérida ne réfléchit pas à ce miracle et en profita pour tenter d'écarter les barreaux de la cage avec des mains faites d'argile et de branches. Pocahontas l'aida tandis qu'Anna regardait les dragons se faire attaquer par des arbres morts. Grimmel et l'inconnu cherchèrent d'où provenait ce mauvais sort.

- Occupe-toi d'elles ! Beugla Grimmel.

L'homme tout aussi fin que son comparse lança un sortilège de magie noire pour détruire la construction des filles. Mais Anna réussi quand même à se faufiler à l'extérieur et brandit son épée. Elle fit alors diversion en fonçant sur lui avec son arme. Le courage de la jeune reine impressionnait énormément Mérida ! Sans magie pourtant, elle n'avait peur de rien.

L'homme, agile comme un chat, se mit à esquiver les coups avant d'envoyer sur la reine des cartes tranchantes comme des couteaux. Anna se protégea derrière une cape enchantée par sa sœur pendant que la pluie de cartes se déversait sur elle. Un as de cœur et un roi de pique se plantèrent dans sa jambe gauche d'une douleur vive. Elle resta pourtant debout avant de lancer sur son ennemi des fioles remplies de gaz toxique préparées à base de champignon. Ce fut à lui de reculer et de se cacher le nez derrière sa manche.

Pendant ce court laps de temps, Pocahontas réussit à sortir en se glissant par l'ouverture serrée et tira Mérida à elle. L'esprit de l'Automne, furieuse, se retrouva en face de Mordu qui grogna sur elle. La créature n'était qu'une réplique de l'ancien maudit qui n'avait que pour unique but de la tuer elle et personne d'autre. Une création de Grimmel, elle l'aurait parié ! Sortant son épée, la rousse engagea le combat contre l'ours enragé. Pocahontas comprit également qu'il n'était ni un humain un animal mais plutôt un monstre crée de toutes pièces. Elle ne s'opposa donc pas à sa mise à mort et rejoignit Anna qui n'arrivait pas à approcher de son ennemi. Celui-ci disparaissait et réapparaissait aléatoirement pour la frapper. Il avait la bougeotte et l'entournait tandis que des monstres terrifiants, tapis dans l'ombre, cherchait à la frapper.

Mérida se concentra sur son propre combat en ayant en tête l'envie de revoir sa famille. Elle abattit son épée comme une lionne, saignant l'animal à vif d'un sang noir. Celui-ci répliquait à grand coups de patte qu'elle dut esquiver sous peine de finir en charpie. Juste alors qu'elle allait invoquer le feu et le vent pour en finir un sifflement retentit plus loin. Puis les dragons revirent pour l'entourer et la menacer.

- Les jeux sont faits ! Facilier, regarde qui j'ai trouvé dans les buissons, cachée par un sortilège d'invisibilité !

Le sorcier répondant à ce nom se tourna vers son allié qui tenait contre lui une veille femme rabougrie.

- C'est elle qui utilisait la magie noire sur nos dragons ?

- Elle a même tenté de percer la cage la maline. Mais ce n'est plus de ton âge mamie, ricana Grimmel.

L'esprit de L'Automne se bloqua en voyant la sorcière aux sculptures de bois s'agiter et grogner. Était-elle donc vraiment une alliée ?

- Lâchez-moi, espèce de brute ! Je vais vous changer en crapaud ça vous apprendra ! Malotru !

- Les sorcières ce n'est plus ce que c'était, déplora Facilier. Moi j'ai toujours conversé avec les forces du mal. Je ne comprends pas qu'il existe encore des résistantes à Chernabog.

- Pfeuh, moi je n'ai pas besoin qu'un taré me dise ce que j'ai à faire. Je suis assez grande pour me tenir la main toute seule. Vous êtes tous plus incapables les uns que les autres.

- Silence !

Grimmel arrêta le geste de son allié.

- Allons, allons. On ne tape pas une grand-mère quand même ! Et puis, elle fait un bon otage, n'est-ce pas ?

Il regarda Mérida, Pocahontas et Anna avec sadisme.

- Alors, on rend les armes ?

Grimmel pointa son gant pourvu de griffes empoisonnées contre la vielle sorcière.

Anna baissa aussitôt son épée suivie de Pocahontas avec son arc. Mérida resta sur le qui-vive, indécise. La sorcière lui hurla de ne pas se préoccuper d'elle quand tout à coup la rousse sentit quelqu'un dans son dos. En se retournant elle vit un fantôme lui sourire. Elle avait appelé à l'aide, et les morts lui avaient répondu.

« La nature est avec vous. A trois, utilise ta magie ! Nous nous occuperons du reste avec ton amie Indienne »

A la fois surprise et remontée, Mérida offrit un sourire à Grimmel qui lui déplut fortement. Puis elle compta et utilisa sa magie pour invoquer des racines qui foncèrent sur leur ennemi. Derrière, le fantôme de Marraine la bonne fée suivit de l'esprit de Grand-mère feuillage et de la reine Clarion appelèrent à l'aide.

Pocahontas ferma les yeux, en transe, et… sortis de tous côtés, les animaux de la forêt foncèrent sur les monstres pour les déchiqueter.


Les combats font rages de tout côtés et les esprits ne se laissent pas faire!

Rendez-vous la semaine prochaine :3