Chapitre 45 : Unis comme personne

- J'ai eu tellement peur, souffla Raiponce qui se lovait tout contre son amour. Peur qu'il te soit arrivé malheur. Que tu n'aies pas pu t'en sortir…

- Moi aussi, mon soleil. Sans ta lumière j'étais complétement perdu. Sans toi, je ne suis pas complet !

La blonde releva sa tête pour se plonger dans le regard de son tendre aimé. Elle n'y trouva que du vide. D'un coup, elle se décala pour le fixer.

- Jack ! Tes yeux !

D'un sourire rassurant il posa sa main sur sa joue toute chaude. Il la caressa en appréciant sa douceur et sa fermeté. Privé de sa vue il percevait encore plus de sensations qu'avant.

- Pitch m'a attaqué pendant mon périple. En se faisant exploser sur moi il a réussi à entrer dans mes yeux pour les brûler. Je sens sa poussière sur mes rétines… Et, je sais qu'il y a peu de chance que tu puisses me guérir d'un si puissant sortilège tout comme la maman de Mérida auparavant et tout ce qui touche à ces horribles malédictions mais… Ce n'est pas grave si tu n'y arrives pas. Tant que tu seras mes yeux, j'irais bien.

Il devina sans mal le regard de peine que lui lançait sa femme adorée. Il apprécia la caresse de sa main sur ses paupières et son souffle tout près de lui. L'intensité de ce qu'il percevait le rendait toute chose. C'était aussi intense qu'inattendu. Il entendit alors un petit rire de satisfaction. Raiponce lui prit les mains et se mit à sourire.

- Ne t'en fais pas Jack, j'ai réussi à atteindre le pouvoir ultime du soleil. Je peux te guérir !

- Sérieusement ? Comment tu as fait cela ?!

- La nature a guidé ma maman et ma tante vers de puissantes incantations. Elles m'ont permis d'atteindre une magie démentielle presque divine. Et ce ne sera pas plus mal vu ce qui nous attend. J'arrive à faire renaitre ce que je veux, hormis les morts, bien sûr. Enfin, je le pourrais peut-être mais je ne l'essayerai JAMAIS.

Jack resta patois. Il serra plus fort sur les paumes de sa belle.

- Incroyable…

- Il y en a aussi une pour toi. Si tu es prêt à te sacrifier pour l'utiliser, tu pourras atteindre toi aussi un pouvoir incommensurable.

- Son utilisation n'est donc pas sans risque… Je m'en doutais un peu, dit Jack plus calme qu'il ne l'aurait cru.

- Rien n'est gratuit, tu le sais bien. C'est ta vie qui se consomme quand tu l'utilises. Il faut être prêt…

Jack Frost soupira et ramena sa femme tout contre lui. Raiponce était déjà prête à sacrifier une partie d'elle-même pour le soigner, sans hésitation. Il en ferait de même pour sauver le monde, bien entendu. Tous les esprits le feraient. Ce sacrifice allait de soi pour eux mais… ils devaient pour cela renoncer à leur avenir. Ce n'était pas simple et pourtant, ils n'en ressentaient aucune peur. Juste une nostalgie de leurs dix dernières années de paradis où ils avaient été les plus heureux du monde.

- Je suis plus prêt que jamais ! Répliqua-t-il en embrasant ses cheveux d'or à l'odeur fleurie.

Raiponce lui sourit en prenant ses lèvres par surprise et en l'embrassant langoureusement. Il se laissa porter par leur amour en sentant son corps se réchauffer de bien-être. Quand la blonde rompit le contact, elle se posa lentement sur son épaule, reposée.

- Je ne peux pas réutiliser ce pouvoir tout de suite, déclara-t-elle. Mais lorsque je serais de nouveau prête, je te soignerai.

- J'attendrai autant de temps qu'il le faudra. Je n'ai plus peur puisque tu vois pour moi.

Front contre front, les deux enfants célestes se laissèrent aller à leur passion, profitant de ce moment de calme pour reprendre leur force et leur détermination sans faille.

Fixant leur étreinte, Pâquerette se laissa aller à quelques larmes. Flora vint la prendre dans ses bras, heureuse de la revoir en vie.

- Comme je suis heureuse que tu aies survécu mon amie ! Dans tout ce cataclysme je ne savais pas si tu avais réussi à t'enfuir. Ni toi, ni Pimprenelle.

- Oh, je suis certaine qu'elle aussi a dû trouver son chemin, répondit la fée bleutée. Nous avons eu le réflexe de rejoindre les esprits. Elle doit être avec Harold ou Mérida. Enfin, je l'espère.

Flora approuva, les yeux brillants d'une force nouvelle.

- Malgré tout ce qu'il se passe, comme on l'avait prédit, je… Je pense qu'ils ont fait le bon choix, avoua-t-elle enfin. Ce Chernabog était une nuisance qu'il fallait tôt ou tard confronter. Et… La magie ne doit pas disparaitre, elle est bien trop précieuse. J'ai entrevu de loin les miracles de notre amie du printemps… C'est… C'est notre avenir. Ils vont nous sauver, j'en suis désormais persuadée.

- En voyant Jack et les autres combattre j'en ai eu la même certitude. Ils ont tout ce qu'il faut pour vaincre. L'unité, la force intérieure, leur lien, leur intensité. Ma chère sœur de cœur, je crois que nous allons assister à une nouvelle ère !

- Un renouveau comme on le désirait tant !

Heureuses comme tout, les fées dansèrent dans les airs sous le regard incrédule de Kristoff, Cassandra et Aurore. Tous trois secouèrent la tête d'un rire qui les détendit. La gardienne de Corona se sentit tellement mieux tout à coup qu'elle se surprit à se laisser aller, la gorge déployée. Oui, son père était parti… Mais elle avait encore ses amis, son mari, ses enfants et … la vie devant elle pour s'épanouir ! Elle allait le rendre fier, c'était sa promesse, sa détermination.

Après de longues et tendres retrouvailles, tout le groupe se posa sur des gravats pour se restaurer tandis que les petites fées se dégourdirent les ailes en prenant de la poussière de fée du sac de Raiponce. Leur arbre à poussière était mort dans l'incendie mais Clochette avait réussi à sauver une pousse qu'elle gardait dans un petit dé à coudre qu'elle arrosait doucement. Son amoureux, Térence, était avec elle pour prendre soin de leur avenir. Une fois le monde sauvé, ils comptaient bien le replanter et faire renaitre ce magnifique résineux millénaire magique.

Pendant leur repas, Jack, Raiponce et les autres racontèrent leur voyage et ce qu'ils avaient vécu. Leurs combats, les sacrifices, leurs découvertes.

- Donc, Chernabog vit au mont Chauve, commenta la blonde. Et tu connais cet endroit ?

- Oui, plus que bien. C'est là où était le repère de Pitch, sous le volcan endormi. C'est pour ça qu'on se sentait si mal et si vulnérable là-bas. J'aurais dû y penser plus tôt.

Un frémissement longea la colonne vertébrale de sa femme. Cet endroit maudit…

- Ca parait logique en effet. Brrrr, je n'ai pas du tout envie d'y retourner.

- Et moi dont… Déglutit Jack. * Il se tourna vers les fées* Vous saviez où IL se trouvait ?

- Bien sûr, nous y sommes déjà allées par le passé, lui répondit Flora. Mais que vous sachiez précisément les coordonnées nous sauvent. Notre sens de l'orientation n'est pas fameux.

Le groupe se mit à rire.

Puis Raiponce reprit, le regard profond.

- Et tu parlais de points faibles. Raconte-nous !

- Comme je te disais j'ai pris le livre dans la salle de Maléfique et dedans j'ai trouvé cette page fort intéressante, regarde.

Jack sortit l'ouvrage de son sac, le dompta, avant d'en tourner rapidement les feuillets vers le bon chiffre. Raiponce sentit une bouffée de nostalgie la prendre en repensant à son ancienne prison. Où ils s'étaient rencontrés. Où ils s'étaient aimés pour la première fois. Où tout avait commencé. Le fait que Jack y soit retourné la rendait encore plus motivée.

- Ici ! « La lumière de l'aube, les eaux pures et le souffle de la terre sont tes ennemis à toi qui brandis les espoirs des ténèbres… »

La reine de Corona relut la phrase plusieurs fois à voix haute, en pleine réflexion. Jack savait qu'elle était la seule à pouvoir déchiffrer correctement le sens de ses mots. Et il ne lui fallut que peu de temps pour le faire.

- Je vois. Jack, tu viens de trouver ce que je cherchais depuis si longtemps ! Tu es un génie !

- Non, c'est toi qui l'es, ma belle.

- Vous l'êtes tous les deux ! Rétorqua Cassandra en roulant des yeux. Alors, que faut-il faire pour l'atteindre ?!

La blonde fixa le ciel en fronçant les sourcils.

- Il faut invoquer l'aube en chassant ces horribles nuages noirs. Avec notre magie, peut-être. Car Chernabog ne supporte pas la lumière pure des astres célestes, c'est pour ça qu'IL les a cachés. En plus de nous affaiblir il se protège.

Le nez dans le livre, Raiponce parcourait frénétiquement la suite des pages.

- Nous sommes enfermés dans la Nuit de Walpurgis, reprit-elle. La nuit éternelle où le soleil et la lune n'apparaitront plus jamais. Tout est écrit ici. C'est la nuit sacrée du Malin où il pratique le sabbat, les orgies avec les démons, les sorcières et tous les êtres des ténèbres qui lui vouent un culte. C'est la fin des temps.

- La nuit de Walpurgis arrive toujours avec lui, confirma Flora. Seule sa mort ou son scellement peut nous en débarrasser. Faire venir l'aube dans cette nuit sans fin est impossible. Les autres gardiens ont déjà essayé par le passé… Sans succès.

- Rien n'est impossible, commenta Cassandra. Les miracles que Raiponce peut faire… Ainsi que Jack, Mérida, Harold et Elsa sont sans limite. Il suffit d'y croire pour que ça arrive !

La blonde lui sourit et elle lui fit un clin d'œil.

- Tu as raison Cass'. Nous y arriverons, nous trouverons le moyen de se faire lever l'aube !

- Et pour le reste ? Questionna Kristoff. Ses autres points faibles.

- Ca, c'est largement à notre portée, sourit la blonde. Les eaux pures font référence à Ahtohallan et aux eaux sacrées de notre planète qui coulent depuis sa naissance dans un cycle sans fin. Ces eaux ont été en contact avec plus de magie qu'on ne pourrait l'imaginer depuis des générations. Elles sont puissantes et sont les veines de la terre. Il faut qu'on réussisse à lui en verser dessus. C'est ce que je pense.

Jack hocha la tête et écouta la suite.

- Quant au souffle de la terre il fait référence à la nature dans son ensemble. Je dois avouer que je ne sais pas encore comment l'utiliser mais je suis sûre qu'on trouvera un moyen avec nos deux amis enfants de la terre.

- Sans aucun doute, confirma l'Hiver. Si nous réunissons ces trois ingrédients, nous devrions ENFIN pouvoir le vaincre !

- Nous n'avons jamais été aussi proche, répliqua Pâquerette totalement excitée. Oh, Flora ! Dire que nous sommes encore là pour voir ça !

Son amie lâchait quelques larmes discrètes.

- Je n'en espérais pas tant, répondit-elle simplement.

Remontés à bloc, le groupe termina son repas en parlant des nouvelles incantations de la lune et du soleil. Jack apprit la sienne et ressentit un frisson à simplement lire les mots dans sa tête. Il savait qu'elle marcherait sans peine et qu'elle était le dernier déclic pour que sa magie atteigne son potentiel maximal. Il ne s'était jamais senti aussi fort.

- Je me demande si Mérida et Harold ont aussi la possibilité de passer au stade final comme nous, demanda-t-il après réflexion.

- Oui ils le peuvent, acquiesça Flora. Mais c'est à eux de trouver comment.

Tous hochèrent la tête, pensifs. Aurore en profita pour leur parler un peu de Maléfique et de ses pouvoirs. Jack en remit une couche sur Pitch tandis que sa femme évoqua le danger que représentait Ursula et Morgana, les sœurs des mers. Elle évoqua également Gothel et sa famille de sorcières démoniaque qu'ils avaient croisé plus tôt.

Cassandra fixa sa meilleure amie à l'évocation de sa génitrice. Toutes deux échangèrent un regard entendu. Elles ne comprenaient pas la réaction de leur marâtre. Cette hésitation, cette façon de préférer éviter le combat. Était-il possible de discuter avec elle ? De… la sauver ? Sans prononcer un seul mot les deux fausses sœurs se comprirent et gardèrent pour elles leur réflexion.

- Je me demande qui Mérida et Harold ont rencontré sur leur chemin, commenta Jack avec appréhension.

- Peut-être Mordu où les tarés qui s'en prenaient à Beurk ? Répondit sa compagne.

- Je ne vois que ça oui.

Tout à leur réflexion, les esprits partirent dans un silence religieux. Le ciel se mit alors à gronder à plusieurs reprises, aussi sombre qu'une nuit sans lune. Une fois repus et bien reposé, Kristoff se leva, s'étira, puis se plaça en face des autres.

- Bon, et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

Jack et Raiponce se regardèrent puis hochèrent la tête.

- Vous, vous devez rentrer dans vos royaumes respectifs pour préparer vos troupes. Arendelle est sans protection depuis votre départ avec Anna ! Elle doit d'ailleurs peut-être se trouver là-bas. Il faut que vous vous prépariez.

- Je préférerai rester avec vous, déclara Aurore.

- Moi aussi ! Asséna Cassandra. Je ne vous laisse pas seul, je serai votre garde !

- C'est gentil à vous deux mais là où nous allons vous ne pourrez pas nous suivre, dit Raiponce. Et puis, je préfère que vous vous occupiez de Corona, et de vos peuples avant de partir en guerre. C'est important, on ne sait pas si… Si nous reviendrons. Vous comprenez ?

Cassandra voulut riposter mais finit par se taire. Elle avait envie de revoir Varian, Adira et ses enfants… Ainsi que de protéger la famille de Raiponce et de répondre à son devoir en tant que garde royale. Comme son père le voudrait. Elle finit par accepter de même que le roi d'Arendelle et la reine de Thalie qui décida de rester avec Cassandra.

- Où allez-vous exactement ? Demanda la reine des roses, inquiète.

- A Ahtohallan , la rassura Jack. Là où on doit tous se retrouver j'en suis persuadé.

- Et aussi pour y récupérer de l'eau. Autant faire d'une pierre deux coups, enchaina Raiponce.

- D'accord… Dans ce cas, prenez soin de vous. Faites bien attention et… Nous attendrons avec impatience votre message.

Le couple approuva et se tourna vers les fées.

- Vous venez avec nous ?

- Cela va de soi. Nous serons vos boucliers, répondit Flora.

D'un commun accord douloureux, le groupe se sépara sur la rive brisée de Corona. Cassandra et Aurore se rendirent au temple tandis que Kristoff prit un bateau réparé par la magie de la blonde pour filer vers Arendelle. Le couple se retrouva seul avec les fées et les mini-fées.

- J'ai besoin de mes yeux, dit Jack avec malice.

Raiponce lui sourit et monta sur son dos.

Puis, ensemble, ils s'envolèrent vers la rivière éternelle en espérant y retrouver ceux qu'ils avaient perdu.


Sur Beurk, Harold regardait son peuple se préparer à la guerre générale comme si rien ne s'était passé dans leur village. Les forges furent remontées, les armes réparées, les boucliers remis dans le bon sens. Les Vikings ne se laissèrent pas abattre par la perte de leurs maisons et de leurs proches. Ils allaient déjà de l'avant sous le regard fort et fier du Chef.

- Ton peuple est incroyable, commenta Raya. Le mien aurait perdu les pédales avec tout ça.

- On a toujours été élevé à la dure. Ca ne nous fait pas peur tout ça.

Le dragonnier se retourna sur la fée Pimprenelle qui prodiguait ses soins et en avait profité pour ralentir la progression de sa tâche noire. Elle lui avait expliqué pour les Landes et cela l'attristait fortement. Il lui avait alors promis de lui ramener leur paradis et de tout faire pour retrouver ses camarades si elles avaient survécu au dragon Maléfique.

- Tu en fais une tête, Chef !

Astrid vint donner un coup d'épaule à son ami. Harold lui en redonna un en retour.

- Je n'arrive pas à me concentrer. Pas tant qu'elle ne se sera pas auprès de moi.

- … J'espère qu'elle s'en est sortie. Mérida est une femme incroyable. Bien plus forte que notre peuple tout entier réuni.

Son ex-compagnon lui fit un sourire puis il s'assit, les mains croisées sur ses genoux.

- Elle l'est, sans conteste. Mais parfois… Parfois ça ne suffit pas. Si l'un de nous quatre meurt on peut dire adieu à une victoire. Je dirais même cinq avec Elsa.

- Ouais ça briserait votre équilibre et vos forces. C'est d'ailleurs ce qu'a voulu votre ennemi en vous séparant de la sorte.

Harold hocha la tête. Il scruta le ciel à nouveau mais ne vit rien. A ses côtés, Krokmou ne décollait pas ses yeux des nuages noirs, espérant apercevoir Eclair au détour d'un nuage…

- Où es-tu Mérida… ? Que fais-tu ? Murmura-t-il le cœur lourd.

- Chef ! On a besoin de vos plans pour la catapulte des dragons !

- J'arrive.

Frustré, Harold se remit au travail. Il dessina des centaines de plan d'armes, de tenues de combats et d'attelage pour leur dragon car la plupart d'entre eux étaient restés avec leur propriétaire sans l'ombre d'une hésitation.

Ne sachant s'il faisait nuit ou jour depuis l'arrivée de la nuit éternelle, Harold s'étira tandis qu'il terminait une scelle ignifuge. Un vent frais vint lui chatouiller la nuque où il chassa la poussière noire sur sa peau. C'est à cet instant qu'il la sentit. Elle n'était pas encore là mais il la percevait. Sans attendre, Harold délaissa tout ce qu'il faisait, balançant son marteau et courut jusqu'à Krokmou. L'animal comprit aussitôt ce qu'il se passait et se mit en position, la gueule ouverte. Le Beurkien monta comme une flèche et s'envola.

Le regard impatient il fonça à travers la poudreuse noire comme s'il naviguait sous un volcan en éruption. Et elle apparut. Gracieusement dans le ciel, le dragon blanc écarquilla les yeux avant de chanter en ronronnant de plaisir. Krokmou la suivit et ils se mirent à danser dans un balai aérien avec leur porteur. Harold et Mérida rirent de leur parade amoureuse puis la rousse se lança sur son mari quand elle trouva le bon angle pour sauter. Les yeux passionnellement amoureux, Harold la rattrapa en vol et la serra tout contre lui.

La force de leur étreinte les empêchait de respirer mais ils s'en fichaient complétement. Ils étaient là, ensemble, vivants ! Les larmes se mélangèrent puis ils s'embrassèrent avec une fougue digne des Vikings. Krokmou les emmena jusqu'à la terre ferme où ils continuaient à se serrer comme s'ils ne s'étaient plus vu depuis des décennies.

- La nature soit louée, tu n'as rien ! Hurla la rousse avec vivacité. Je craignais qu'il te soit arrivé malheur ! Parce que moi je me suis retrouvée face à Grimmel, tu te rends compte ?! Et Mordu ! Enfin, un faux Mordu, mais quand même ! Et puis il y a eu Grand-mère feuillage, les morts, les animaux magiques tout noir ! Puis mon père ! Oh il faut que je te raconte c'est horrible ! Je…

Harold posa sa main sur sa bouche. Mérida reprit sa respiration.

- Doucement, je peux pas tout encaisser ! Rit-il bien heureux.

La rousse pouffa et essaya de se calmer.

- J'ai tellement de choses à te dire… Et à savoir… Je veux que tu me racontes ce qui t'es arrivé ! Et si Jack et Raiponce vont bien !

- Je ne sais pas pour nos amis mais pour ce qui est de moi je devrais pouvoir te répondre.

- Oh… Non… On doit à tout prix se rejoindre. Le temps presse !

- Je sais… Mais avant on va se poser un peu et manger un bout, ça te dit ?

- Euh… Oui, mais… Il n'y a plus aucun restaurant.

Harold et sa femme eurent un fou rire devant les débris qu'ils voyaient. Comme si rien de grave ne venait d'arriver.

- Je vais improviser et demander à Cheffe cuistot Valka de nous préparer un potage de cailloux !

- J'ai connu mieux comme rendez-vous galant ! Tu n'as pas plus consistant ?!

- Hum, il doit peut-être rester des légumes dans les caves. Il ne reste plus qu'à chercher !

- Chouette une chasse au trésor.

Bras dessus bras dessous, leur peuple les regarda avec apaisement. Le retour de leurs dirigeants et de cette joie partagée les reboosta encore plus. Ils accélérèrent le pas en chantonnant des chansons paillardes de chez eux tandis que d'autres enterraient leurs morts avec respect et dignité.

Mérida profita de leur repas improvisé avec du pain émietté et des légumes cabossés pour parler de Pocahontas et des Powhatans. Harold fut impressionné par son récit et avait hâte de rencontrer cette belle indienne liée à la nature.

- Donc, Anna est repartie à Arendelle avec elle ?

- Oui, je ne voulais pas les laisser seules tu comprends mais je devais venir ici et on a préféré se séparer pour la suite. Anna est inquiète pour sa sœur ainsi que ses enfants et son mari.

- Normal, vous avez eu raison. J'espère qu'elles s'en sortiront indemnes.

- Moi aussi mais la nature les accompagne, ça devrait aller.

Harold approuva et se lança dans son propre récit avec le continent de Kumandra, les esprits de l'eau en forme draconique et Raya, la gardienne.

- Toi aussi tu as rencontré quelqu'un de formidable, s'étonna la rousse. On a fait de supers rencontres finalement. Tout n'était pas si mauvais.

- Oh oui ! On a encore plus de guerriers à nos côtés.

Le dragonnier fixa Raya avec sympathie. La rousse se rapprocha.

- Dis donc toi, tu ne m'aurais pas trompée pendant ton périple solitaire ?

- Quoi ?! MAIS NON ! Jamais je n'aurais fait ça !

- Je sais mais j'avais envie de te taquiner !

- Toi alors !

Mérida ricana en buvant son potage avant de parler de son père où Harold lui témoigna tout son respect et ses sincères condoléances. Fergus avait toujours été un grand ami pour lui et même plus, un père de substitution tant il ressemblait à Stoick… Perdre une deuxième figure paternelle le mina bien plus que sa femme le pensait.

En lui remontant le moral, celle-ci songea fugacement à sa nouvelle amie la sorcière qui avait tenu à rester protéger le reste de sa famille le temps qu'elle retrouve ses amis. Elle décida d'en parler avec le Beurkien qui tomba des nues, surpris qu'une sorcière puisse être dans leur camp. Apprendre que les sorcières n'avaient pas toujours été mauvaises voir même qu'elles étaient proches de la nature autrefois le rendait pensif. Il se dit que tout n'était pas toujours tout noir ou tout blanc finalement.

Valka les rejoignit pour discuter un peu puis la rousse se perdit dans ses pensées à moitié endormie contre son mari. Ce repos lui fit du bien à elle et à Harold. Celui-ci jouait avec ses mèches rebelles en les tournant dans tous les sens, oubliant complétement sa blessure. Qu'ils étaient bien là. Repartir serait dur pour eux.

- A quoi penses-tu avec ce regard si grave ? Demanda le Chef.

- … Aux sacrifices qu'on va devoir faire pour gagner. A nos vies mises en jeu. L'avenir, tout ça…

- Moi aussi j'y pense souvent. A ce que je ferai si tu mourrais.

- Tu sortirai avec Raya ? Taquina-t-elle.

- EH ! T'as fini oui !

Ils gloussèrent puis reprirent leur sérieux. Mérida posa sa tête tout contre celle de son amoureux, les yeux mi-clos.

- Je préférerais mourir avec toi que vivre sans ta présence, avoua-t-elle.

- Que ce soit l'un de nous quatre qui meurt, je pense qu'on ne s'en remettrait jamais de toute façon.

- C'est certain. Enfin, on verra le moment venu. Car j'ai décidé d'aller jusqu'au bout s'il le faut, assura la Beurkienne.

- On fera ce qu'i faire…, Ensemble.

- Oui, tous ensemble.

Lovés, Valka les regarda de loin avec un air maternel. Elle gratta sa main en moins comme si elle était toujours là puis secoua la tête avant de reprendre ses activités.

Au même instant, un étrange oiseau battit des ailes jusqu'à se poser sur les pieds du dragonnier. Surpris, Harold rouvrit les yeux en sentant un vent froid polaire le parcourir.

- Jack !

- Quoi ?

Mérida se redressa et regarda l'oiseau de glace aux yeux d'ors le fixer.

- Raiponce aussi, sourit la rousse les larmes prêtes à jaillir. ILS SONT EN VIE !

- Et, on dirait qu'ils nous attendent !

- Ne trainons pas dans ce cas ! On s'est assez reposés !

La rousse se leva d'une traite. Eclair la regarda avec surprise, toute collée contre son Krokmou qui lui léchait la nuque. Harold s'étira à son tour, prêt à rependre le chemin des combats pour retrouver ses amis.


Ahtohallan, rivière éternelle, berceau de la vie. A l'antipode du mont chauve, aux flammes infinies, tombeau de la mort. Jack tournait en rond, impatient et inquiet. Raiponce rechargeait son énergie, assise tout contre la paroi de glace. Ils étaient là depuis des heures, à attendre. Espérant que leurs messages avaient atteint Beurk, l'Ecosse et Arendelle. Les lieux potentiels où se trouvaient Elsa, Merida et Harold.

- Et s'il leur était arrivé quelque chose ? Je n'en peux plus d'attendre ! On aurait dû se rendre directement sur place ! Paniquait Jack.

- Calme-toi. Il ne nous reste que peu de temps avant que Chernabog ne détruise complétement la surface de la terre. On a pas le temps de chercher aux quatre coins du monde nos amis au risque de se croiser sans ce voir. On doit absolument croire en eux et attendre ici.

- Et s'ils ne viennent pas ?! Hein !

- … On renverra un message. Et, le cas échéant… On partira à deux.

- C'est impossible et tu le sais.

- A-t-on vraiment le choix ? Imagine qu'ils sont morts. Les attendre ou les chercher ça n'avancerait à rien, répliqua la blonde.

- Je refuse d'accepter ça.

- Moi non plus…

Le silence retomba, angoissant. Pour garder son sang-froid, la reine de Corona regardait le flux de l'eau dériver paisiblement. Seules les gouttes d'eau chantaient ici leur symphonie de vie.

- L'eau est encore pure tu crois ? Demanda-t-elle soudainement. Je la trouve foncée… Si elle ne l'est plus ça ne marchera pas.

Jack regarda le torrent. Il y sentait toujours cette force primaire qui le happait.

- Cette eau a des millénaires derrières elle. Impossible qu'elle se fasse contaminer aussi vite.

- Je l'espère.

Raiponce se leva pour rejoindre son époux. Et, tous deux, ils ouvrirent la glace avec leur magie pour prélever de l'eau dans un récipient magique qui pouvait contenir un lac entier. Cadeau de Flora et Pâquerette qui faisaient toujours le guet dehors.

Une fois leur bocal rempli, la blonde sortit la pierre de lune de sa poche pour l'offrir à Jack.

- J'ai complétement oublié de te la donner. Cassandra l'a trouvée et veut te la rendre. Elle devrait te donner de l'énergie supplémentaire.

Quand l'esprit de l'hiver la prit, son corps se mit à briller. Il la contempla sous toutes les coutures, avec ravissement, avant de la fusionner dans son corps.

- Merci, ma belle.

Raiponce lui apposa un baiser sur le nez puis ils se rassirent l'un contre l'autre. Attendre était pire que tout, surtout quand rien n'était sûr. Le temps pressait et pourtant il fallait rester sur place, indécis, inquiet. Une torture pour les amoureux qui durent user de toute leur force pour ne pas craquer.

Des minutes lentes et difficiles, à compter chaque goutte d'eau qui sombrait mélodiquement dans le grand lac gelé. C'est à la numéro quatre mille trois cent cinquante deux que la délivrance apparut enfin. Flora et Pâquerette revinrent accompagnées de Pimprenelle, toutes trois heureuses de se revoir, piaillant à ne plus en finir.

- Elles ont toutes survécu ! Comme je suis contente, confia Raiponce.

Jack opina, prenant sa belle contre lui tout en fixant en l'air. Les deux Coroniens ressentirent aussitôt la présence bienvenue de leurs meilleurs amis. Ils sourirent et pointèrent du doigt l'arrivée en grande pompe des deux furies nocturnes accompagnés de leur maître.

Les dragons se posèrent gracieusement sur la glace éternelle où ils ne purent s'empêcher de la sentir puis de la lécher. Eclair dut même rouspéter son partenaire qui avait le visage collé sur le sol. Harold et Mérida en rirent avant de foncer vers leurs alliés. Tous les quatre se sautèrent dans les bras en une accolade chaleureuse.

- Ca fait tellement du bien de vous retrouver ! Balança Mérida qui étouffait ses amis.

- On a eu peur qu'il vous soit arrivé malheur ! S'exprima Raiponce. On s'est fait surprendre si rapidement à Northuldra… Moi j'ai failli mourir noyée dans l'océan déchainé !

- Ah bon ?! Pour ma part je suis tombé en plein dans un orage, répliqua Harold qui sentait encore l'électricité de la mort le frôler.

- Moi sur des ronces acérées qui, clairement, m'aurait mis en charpie !

- Sérieux ? Oh, la, la ! Moi je suis tombée vers une falaise mais Eclair était là pour me rattraper !

Tout excité le quatuor se mit à raconter leur périple entrecoupé d'explications sur leur découverte et ce qu'ils avaient fait tout ce temps. Entourés par les fées et les deux dragons, les esprits de saison, en communion, partagèrent tout ce qu'ils avaient sur le cœur, heureux de se retrouver après tout ce qu'ils avaient vécus ses derniers jours. Toute leur peine, leur peur, leur haine disparurent pour laisser place à une bulle de chaleur réconfortante. Bien que le monde était en miettes, ils étaient tranquillement assis, posés les uns contre les autres, à parler encore et encore, sans discontinuer. Des papillons dans le ventre ils se sentaient pousser des ailes. Leurs dix années passées ensemble les avaient unis à jamais par un lien inexplicable, profond et éternel. Comme s'ils ne faisaient plus qu'un.

- Finalement, cette séparation nous aura offert pas mal de bonnes choses, conclut Harold. Je me sens plus fort et on a appris beaucoup de choses sur notre ennemi.

- En plus nous avons augmenté nos effectifs et non des moindres, sourit sa compagne en pensant aux Powhatans et aux Kumandriens.

- Et je pense que ça nous aura fait grandir. Magiquement, moralement et physiquement, approuva Raiponce les yeux brillants.

- Emotionnellement aussi, termina Jack en embrassant le front de sa belle.

Les fées et mini-fées restèrent silencieuses devant leur échange. Elles ressentaient la lumière émaner d'eux avec une intensité sans pareille. Un réel respect doublé d'impression les happait.

Assoiffé par leur conversation, le Big Four se mit à boire de l'eau pure qui les purifia par la même occasion. Ils avaient presque épuisé tout leur sujet de discussion et commençait à ressentir l'impatience les gagner.

- Du coup on va devoir trouver nos propres incantations pour atteindre le stade ultime, c'est bien ça ? Reprit Mérida qui aidait Jack à ranger sa gourde dans son sac.

- Malheureusement oui… Répondit son amie. Mais vu votre fort attachement à la terre vous devriez y arriver !

- On essayera, assura Harold. En tout cas, on va devoir se répartir les tâches pour les points faibles de Chernabog. Et comme j'ai reçu un entrainement spécial avec l'eau par les dragons de Kumandra je pense pouvoir m'occuper du côté eaux pures. Vous en pensez quoi ?

- Si tu le sens, pas de soucis, nous de toute façon on s'occupera de l'aube, assura Jack. Notre pouvoir est le seul qui pourra faire quelque chose donc… Il reste le souffle de la terre. Tu penses pouvoir y arriver ?

Ils se tournèrent vers la rousse qui sourit et montra son poing.

- Evidemment ! Avec l'aide de Pocahontas j'ai appris beaucoup de choses. Je trouverais un moyen de faire souffler notre belle nature sur ce connard.

Raiponce frappa dans ses mains tout sourire.

- Parfait ! Entre nos pouvoirs au maximum de leur potentiel, nos alliés, nos plans et tout le reste… La victoire nous appartient !

- De toute façon le contraire nous est interdit, applaudit la rouquine.

- Bien dit, on est sur la bonne voie, sourit Jack. Alors, qu'est-ce qu'on attend pour y aller ?!

- Heum, ben, on attend toujours Elsa, non ?

Soudain, un silence lourd se posa. Ils l'avaient complétement oubliée ces dernières heures… Et… Elle manquait toujours à l'appel.

- Oh non… Tu crois qu'elle… ? Proposa Raiponce.

- Pas forcément, elle est peut-être retardée.

- Qu'est-ce qu'on fait alors ? On attend encore ? Demanda Mérida.

Flora, silencieuse jusque-là, intervint en s'avançant vers eux.

- Je ne suis pas certaine qu'on puisse se permettre de rester ici plus longtemps… La nature va bientôt disparaitre et si nous n'intervenons pas rapidement… Il n'y aura plus de retour en arrière possible.

- Oh non ! On a perdu trop de temps ! Angoissa la blonde.

Le Big Four se fixa, indécis. Sans Elsa ils n'étaient pas complets mais s'ils ne partaient pas sous peu, il serait de toute manière trop tard !

- Il faut y aller, formula Jack, brisant leur réflexion. On ne peut plus se permettre d'hésiter. Tous nos combats, notre séparation, nous a fait perdre beaucoup trop de temps. Même si cela nous aura fait gagner beaucoup de choses d'un côté, Chernabog a réussi à nous ralentir. Sans parler de nos forces considérablement réduites. Je suis épuisé pour ma part…

- Moi aussi, avoua la blonde. J'ai tout donné contre Ursula, Morgana et Zhan Tyri…

- Ca, ce n'est pas un problème, sourit Harold. Je vais vous redonner toute l'énergie nécessaire. Ici, ce sera un jeu d'enfant. N'oubliez pas que c'est la base de mon pouvoir !

- Ah mais oui c'est vrai ! Dans ce cas moi je vais pouvoir tous nous soigner pour nous remettre en état, répliqua la blonde avec assurance.

- Laissez-moi aussi essayer quelque chose sur vous, dit le Coronien.

- Personnellement je peux juste vous aider à communiquer plus facilement avec la nature si ça vous dit !

- Avec plaisir, dirent-ils.

En un cercle parfait, chaque esprit se prit la main puis Harold activa son aura d'énergie pour absorber la magie d'Ahtohallan en lui. La puissance qu'il reçut en son corps fut colossale, et pourtant, il réussit aisément à la recevoir et à la distribuer à ses camarades. Son corps était beaucoup plus robuste de l'intérieur que de l'extérieur. Ainsi, L'été devint une véritable machine à énergie qui emmagasina le plus de force qu'il le put.

A sa suite, l'Automne s'enfonça dans son esprit pour appeler la nature. Comme Pocahontas le lui avait montré elle fit de son corps un élément à part entière de la terre dont des racines partirent de ses jambes pour fondre dans la glace qui aspira de l'eau éternelle. Ses cheveux broussailleux devinrent comme des lianes fleuries. Récitant son ode à la nature, elle fit part de ce pouvoir à ses amis qui, tous, ressentirent la terre en eux. Leurs cheveux se couvrirent un instant de fleurs et leur corps d'écorce avant de reprendre leur aspect normal.

Puis vint l'Hiver, qui, de son aura bleutée, invoqua un puissant sortilège de glace qui pénétra à l'intérieur du corps de ses amis. Contrôlant avec précision sa magie, il provoqua un gel protecteur autour des organes vitaux des esprits de saison dont le cœur avait la place centrale. Une glace aussi dure que le diamant leur servit de bouclier vivant, enveloppant délicatement tous leurs points faibles d'humains.

Vint enfin le printemps et sa renaissance dont les cheveux partaient en tous sens quand elle invoqua le plus puissant de son pouvoir de guérison. Sur la peau des gardiens célestes et terrestres, toutes plaies récentes aussi infimes soit-elle se refermèrent. Autant ce qui voyait de ce qui ne se voyait pas se répara dans une douceur de printemps. Harold reprit vie alors que la douleur s'envolait enfin et que ses côtes retrouvèrent leur état normal. Jack se sentit également renaitre quand sa vue redevint nette et qu'il put regarder son soleil briller comme jamais. Un bonheur sans nom étirait ses traits du visage. De même que les dragons, les fées et les mini-fées qui absorbèrent la lumière de la régénération avec soulagement.

Tous remis sur pied, les esprits reprirent lentement leur état normal quand leur aura disparut lentement dans l'air. Remplis d'énergie, ils se levèrent comme après une bonne semaine de vacances à se reposer.

- Je ne me suis jamais senti aussi bien, aussi vivant ! Approuva Jack avec ferveur.

- Hé, hé, hé, Chernabog a encore raté son coup. IL pensait nous affaiblir mais IL se trompait lourdement, gloussa Mérida.

- IL nous a toujours sous-estimé, approuva Raiponce. C'est ce qui causera sa perte.

- Entièrement d'accord, Acquiesça Harold d'un sourire déterminé. Tant qu'IL ne comprend pas nos liens, IL est d'ores et déjà foutu.

Remontés à bloc, les esprits de saison prirent leurs affaires et se préparèrent mentalement à se retrouver face à LUI. Les fées en profitèrent pour se joindre à eux et les entourer.

- Laissez-nous vous bénir et vous offrir autant de chances qu'il vous faudra.

- Oh, merci !

- Ah nous de jouer les filles, on est nées pour ce jour ! Répliqua Flora.

Disposées en cercle au-dessus de leurs maîtres, les grands fées et mini-fées se prirent par la main avant d'offrir leur plus belle magie.

« Soleil, Terre et Lune, dieux à jamais éternels. Dans nos cœurs vivent l'amour et la lumière que vous nous avez offert. Par la nature et sa force vous nous avez toujours guidés et protégés. En ce jour nous vous rendons grâce et vous prions de nous aider à vaincre le Mal par dix fois invaincu. Bénissez vos enfants, donnez-leur le pouvoir, la chance, et le soutien dont ils ont besoin. Faites-les briller par-delà les abîmes du mal pour qu'ils éclipsent à jamais les ténèbres ! »

Une poudre aussi douce que des plumes d'oies caressa le visage du Big Four qui rouvrit les yeux, entourés de paillettes multicolores à l'odeur de la forêt.

- Nous vous souhaitons bonne chance et vous prions de nous guider vers la victoire, conclut Flora le regard fort. Nous serons toujours derrière vous pour vous aider. Alors, ne regardez pas derrière mais devant vous.

- Merci, pour tout ce que vous faites, Répondit Jack.

Puis il se tourna vers ses amis qui hochèrent la tête, enfin prêts pour le grand final. Ensemble ils créèrent des messagers de lumières aux couleurs de leur magie avant de les envoyer à leurs alliés pour leur signifier que l'heure était venue. Qu'il était temps de se rendre au mont chauve où on les emmènerait sans assurance de retour.

Les royaumes se mobilisèrent aux quatre coins de la planète, de toute espèces, de tout genre.

Alors, sur la terre sacrée, les quatre esprits montèrent à dos de dragons regardant au loin avec inquiétude la disparition d'Elsa.

Puis, ils s'envolèrent d'une traite avec les fées pour leur dernière destination : Le berceau de la mort.


C'est l'heure de la bataille finale 8D !