Chapitre 47 : Entre Lumière et Ténèbres

L'arrivée d'Elsa mit un coup de fouet sur le camp de la lumière qui remonta en force dans la bataille. Elle boosta également les esprits de saisons qui se relevèrent, prêts à anéantir toute noirceur de ce monde !

Harold profita de l'attention détournée du Malin qui frappait Elsa avec son magma et son poison mortel pour foncer sur le dragon originel. Il était accompagné de Mérida qui cogitait pour essayer de trouver un moyen d'utiliser leurs pouvoirs ultimes. Rejoignant la grande et majestueuse Sada ainsi que son armée de dragons, ils s'occupèrent de repousser la créature vers les extrémités de la bataille, loin des autres. Jack décida pour sa part d'aller aider la reine des glaces qui peinait à contenir à elle seule la rage du seigneur du mal. Heureuse d'avoir du renfort, ils firent un duo détonant dont une masse gigantesque de glace en forme de marteau apparut au-dessus du mont chauve, le recouvrant d'une ombre glacée. La chute sur leur ennemi brisa la sculpture en millier de morceaux tandis qu'IL frappait dans tous les sens pour se débarrasser des segments d'iceberg retombant aléatoirement sur le champ de bataille.

- Ca ne lui a rien fait du tout ! Analysa la Northuldrienne, choquée au possible.

- C'est parce qu'il a un bouclier protecteur ! On doit trouver un moyen de le briser.

Elsa serra les poings avant de foncer droit sur LUI en le parsemant d'une tempête de glace accentuée par Jack.

Plus bas, Raiponce se battait avec Cassandra, Varian et Adira contre les sorcières de Corona. Puissantes, les enchanteresses ravageaient de leur magie tout ce qui arrivait à leur portée. Incapables de les approcher, le printemps et ses amis ne pouvaient que frapper à distance et se protéger des sortilèges plus vicieux les uns que les autres. Pluie de pierres, Serpents de foudre, Golem de magma… Un panel de charmes furent lancés en même temps que Raiponce et Cassandra bloquèrent avec leur puissante magie. Les cristaux noirs de Cassandra commençaient déjà à joncher toute la partie droite du mont chauve tandis qu'elle esquivait les déchets de glaces venus d'en haut ainsi que les boules de lave du Malin.

Le combat était chaotique au possible. Manéa en rajouta une couche en invoquant ses morts-vivants qu'elle envoya sur les Coroniens tandis qu'elle tendait ses doigts crochus vers ses cibles d'un rire diabolique. Elle était une véritable reine de la mort avec sa grosse couronne violette recouvrant ses cheveux corbeaux montés en un chignon haut, ample et désordonné. Repoussant ses mèches rebelles à chaque utilisation de sortilège elle dégageait une élégance rare malgré son côté lugubre. Adira décida de la prendre en duel, en temps que guerrière née qui aimait les défis. Cela laissa tout le loisir aux autres de s'occuper de ses progénitures. Les trois filles contre Cassandra, Raiponce et Varian.

Grâce aux inventions de l'Ingénieur en chef de Corona, le combat fut équitable. A l'aide de machines à colle, à éléments ou à poudre, ils purent tirer sur les sorcières qui se protégeaient de leur bouclier en claquant leurs sortilèges dès qu'une ouverture se créait. Cassandra s'occupa de détruire les Golems qu'invoquaient Hazel, la cadette aux cheveux d'argent, aux yeux ciel et à la peau blanche comme l'Hiver. C'était la plus silencieuse des trois et aussi la plus calme. Encensée par sa mère, elle usait de ses pouvoirs pour envoyer une armée de créature lycanthrope sur ses ennemis. Cassandra tenta de l'approcher en usant de son talent à l'épée pour battre ses créations ainsi que de sa magie pour se frayer un passage entre deux attaques de Golem et de morts-vivants.

A ses côtés, Varian utilisa un canon à eau pour éteindre les flammes rougeoyantes de Primerose, la rousse aux intenses yeux limons. Caractérielle comme pouvait l'être Mérida, la sorcière était instable et changeait de sortilège toutes les minutes. Elle opta donc pour un nouveau sort de foudre que Varian contra de morceaux de métal qu'il planta autour de lui pour dériver les éclairs avant qu'elle ne se décide pour une attaque frontale à coup de Pétrification. Astucieux, le jeune homme renvoya ses sortilèges avec un miroir géant qui fit hurler la sorcière.

Raiponce chercha Gothel du regard avant de foncer sur elle sans une once d'hésitation. En face, en revanche, la marâtre reculait et se protégeait d'un bouclier noir.

- Pourquoi nous battre alors que nous pourrions juste vivre heureuses toutes ensembles ? déclara Gothel les mains prêtes à frapper d'un sortilège.

- Parce que ce serait condamner le monde que de vivre à votre manière, MERE.

Raiponce balança ses cheveux avec hargne. Gothel les repoussa de ses ondes pourpres avant de créer des explosions de terre pour l'empêcher de la rejoindre.

- Je serai prête à vivre avec la nature si je dois en passer par là mais c'est impossible. Personne ne peut LE battre !

- Mensonge ! Cracha sa fille adoptive. Je sais ce que vous faites. Vous tentez encore de m'apitoyer pour que je m'attendrisse naïvement et que vous réussissiez à m'avoir. Ça ne marche plus sur moi ! Vous voulez juste rester en vie éternellement !

De sa vitesse, la blonde fonça sur celle qui lui avait volé dix-huit années de sa vie, tué son premier amour et tenté de faire de même avec son âme sœur. Muée par un sentiment de revanche ancré en elle, l'esprit du printemps frappa avec sa poêle sur le bouclier ennemi qui explosa. Gothel utilisa alors son fameux poignard enchanté pour se protéger des assauts répétés de celle qu'elle avait brisée par le passé. Des conséquences de ce qu'elle était devenue une fois tombée dans la cupidité et l'égocentrisme.

Lasse de se battre, Gothel tenta d'immobiliser la reine de Corona en dernier recours avec des cordages magiques. Manéa intervint dans le combat, envoyant ses morts-vivants et ses rochers noirs -les mêmes que Cassandra- sur la jeune femme. Raiponce sautilla de plusieurs pas en arrière, hésitant à utiliser sa formule magique ultime mais elle préféra la garder pour Chernabog. Plus loin, Adira était gravement blessée, inconsciente derrière un mur que Cassandra lui avait créé.

- C'est TOI, ma cible ! La fleur de soleil ! MA FLEUR !

Manéa avait les yeux grands ouverts de désir pour cette magie qu'elle avait toujours préférée d'entre toutes. Passion qu'elle avait transmis à ses filles.

- Tu m'appartiendra et je deviendrai la reine suprême des morts ! AH, AH, AH, AH.

Déjà cruelle par le passé, son long séjour dans les limbes l'avait rendue hystérique.

Elle attaqua alors Raiponce avec sa magie la plus puissante. Ralentie dans sa course, la reine dut se stopper pour tuer les morts-vivants à coup d'ondes de lumière en essayant de repousser la foudre qui s'abattait sur elle. Juste derrière, Cassandra et Varian se mirent en duo pour immobiliser Hazel et Primerose avec un travail d'équipe des plus efficaces. Varian avait placé des pièges sur le sol qui se déclenchèrent d'un coup lorsque Cassandra guida ses cibles où elle le voulait, enfermant les sœurs dans un filet qu'ils avaient recouvert de colle magique orange. Fier de lui, Varian en profita pour prendre son canon anti-ondes magiques et tira sur les deux sœurs qui essayaient de s'extirper de là. Leur pouvoir se bloqua et il leur fut impossible de jeter le moindre sortilège. Cassandra, sans pitié, prit le relai pour balancer ses couteaux sur ses ennemis qui implorèrent leur mère à l'aide.

Leur disparition fit enrager Manéa et son sens aigu de la famille. Hors d'elle, la dame des morts s'entoura d'une aura noire démentielle qui lui fit apparaître des bras sombres supplémentaires. Elle les utilisa pour frapper de plein fouet sur Varian, isolé plus loin, qui rechargeait son arme. Les coups lui coupèrent le souffle et l'envoyèrent valser à plusieurs mètres.

- Mon cœur ! Hurla Cassandra.

Manéa se mit à matraquer dans tous les sens avec ses bras qui prenaient toutes formes possibles et inimaginables.

Incapables d'esquiver tous les chocs, Cassandra et Raiponce se prirent de plein fouet les attaques qui pénétrèrent leur chair pour les brûler de l'intérieur comme un feu invisible. Les amies hurlèrent de douleur avant de se prendre un coup dans le ventre puis dans la nuque qui les propulsa au sol. Crachant du sang, les deux filles se relevèrent malgré tout, le corps parcouru de spasmes douloureux.

- Je suis celle qui décide de la fin de toute chose ! Je suis la nouvelle grande faucheuse ! ET JE REGNERAI SUR CETTE TERRE !

Les mains en avant, Manéa prit quelques minutes pour psalmodier une formule de sa création. Des lys sombres se mirent à pousser tout autour du duo qui sentit leur parfum piquant leur brûler les poumons. Du poison pur, rapide et mortel. La magie de Raiponce peinait à tout soigner et à les garder en vie. Genou à terre, Cassandra utilisa sa magie pour balancer ses rochers sur Manéa qu'elle explosa d'une main dédaigneuse.

- C'est mon pouvoir, tu ne peux pas le retourner contre moi, ingrate de petite-fille !

- Je ne vous laisserai pas faire !

Raiponce se remit sur pied, prête à chanter quitte à utiliser une partie de sa force contre Manéa. Celle-ci se mit à ricaner.

- Rien de ce que tu tenteras n'aura d'effet sur moi, ma petite fleur ! A mon retour, je me suis enchantée pour que mon corps résiste à n'importe quel coup physique ou magique. Je suis intouchable. Vas-y, essaye pour voir !

Sans se faire prier, Raiponce prit le poignard que Cassandra lui avait offert par le passé, SON magnifique poignard, et le lança en plein dans le cœur de Manéa avec la magie du soleil en sus. Cela n'eut aucun effet. La sorcière ricana en prenant l'arme et la rejeta sur le sol avec arrogance.

- Abandonne tout espoir. Contre moi, c'est vain. Personne ne pourra jamais m'atteindre ! J'ai obtenu un niveau bien trop haut de pouvoir !

- Tout le monde à un point faible et je suis sûre que toi aussi ! Hurla la blonde qui préparait sa magie.

Soudainement étranglée par un mort-vivant agile et silencieux, Raiponce ne réussit pas à psalmodier correctement sa formule ultime tandis que Cassandra se tenait la gorge, explosant du sang sur le sol. Elles se débattirent comme elles le purent, appelant à l'aide Jack et les autres qui étaient malheureusement bien trop loin et indisponibles pour le moment. La blonde résista. Elle se cambra et invoqua sa lumière sous le rire démentiel de la sorcière des morts. Puis, soudainement, la pression se relâcha et le poison disparut. Les fleurs fanèrent les unes après les autres.

Reprenant leur respiration et leur force, Cassandra et Raiponce se relevèrent en fixant le spectacle surréaliste qui se passait devant elle. Eloise Gothel, son poignard en argent dans les mains, venait de transpercer sa mère par derrière, en plein dans la zone vitale. Les yeux grands, Manéa roula ses pupilles vers sa fille, la bouche tremblante d'une rage incrédule.

- QU… Qu'est-ce que tu as fait ?!

- Nous avons pratiqué un rituel par le sang, je vous le rappelle, Mère. Personne ne peut vous atteindre, c'est vrai… A part moi. Moi qui porte une part de vous-même dans mon organisme.

- ARRRRRRRRRG ! ESPECE D'INGRATE…, POURQUOI ME FAIS-TU CELA!? POURQUOI !?

- Pour mes filles. Je ne te laisserai pas leur faire du mal. Et puis, j'en ai assez de toi. Je suis fatiguée de t'entendre, de te voir, de t'écouter me juger. D'avoir toujours été une aussi mauvaise mère. De m'avoir rendue ainsi.

Gothel enfonça le poignard plus loin faisant hurler la dame des morts.

- Je. Te. Déteste.

Lorsqu'Eloise retira son arme, la puissante sorcière sentit sa propre magie la consumer de l'intérieur. Pour la seconde fois, mais volontairement cette-fois-ci, Gothel venait de tuer sa mère qui se décomposa en un gros tas de cendres. Avant de rendre l'âme, sa mère lui avait lancé une malédiction du sang, si bien que Gothel s'affala au sol, recouverte de tâches noires, la peau vieillissant à un rythme effréné. Raiponce sentit son corps bouger en premier, avant son cerveau, pour la rejoindre et se poser à ses côtés. Cassandra, hésitante, finit par la rejoindre, incapable de dire un mot. Raiponce sentit une larme descendre sur sa joue. Elle ne comprenait guère son esprit en cet instant mais… Elle avait mal au cœur.

- Pourquoi faire cela maintenant… Pourquoi après tant d'horreurs… ?

Gothel eut un sourire, un vrai cette fois. Elle contempla « ses » filles avec une forme de fierté et de regret. De sa petite voix âgée elle déclara :

- Parce que les limbes m'ont changée. Parce que j'ai compris mes erreurs. Et… parce que je ne peux pas m'empêcher de vous aimer. Je reste une mère quoi qu'on en dise. J'ai donné vie à Cassandra et je me suis occupée de toi pendant presque vingt années. On ne peut pas effacer cela.

La sorcière voulut se redresser mais son corps partait en charpie. Elle reposa sa tête de vieille et posa ses yeux de glace sur « ses » enfants. Elle voulut lever sa main mais ce fut impossible. Incapable de bouger elle laissa des larmes froides couler.

- Je regrette tout ce que j'ai fait. Je sais que ça ne réparera rien mais… je suis profondément et sincèrement désolée pour tout. Ahhhhh…

Gothel se tordait de douleur. Raiponce ne put assister à plus de souffrance et décida de la soigner. Or, sa magie étant incompatible avec Chernabog, cela ne fit que brûler encore davantage la sorcière qui hurla de sa voix éraillée.

- Pitié… Achevez-moi, supplia Gothel.

- Mère… Intervint Cassandra. Je…. J'aurai aimé vivre avec vous et Raiponce. Que vous m'enleviez aussi dans cette tour… Et que vous changiez avant… Avant que ce ne soit trop tard. Mais, au moins, j'ai eu un père et une belle-mère bienveillants. Et puis, j'ai réussi à faire ma vie même si vous n'étiez pas là alors… Je vous… Je te pardonne.

Raiponce ferma ses yeux et inspira grandement en écoutant les sanglots de son amie. Puis, elle reprit son poignard avant de transpercer Gothel d'une traite.

- Merci…, formula la sorcière d'un soupir de bien-être.

Elle s'envola aussitôt en poussière devant une Raiponce au regard profond.

- Je te pardonne aussi… Et… J'espère que ton âme sera libérée et pourra profiter d'un véritable repos cette fois-ci.

Raiponce se releva en fixant le champ de bataille qui, comme s'il avait disparu pendant un temps, lui revint en pleine face. Flynn la regardait en souriant. « Je suis fier de toi ». Elle en sourit, laissant Cassandra rejoindre Adira et son mari pour les soigner alors qu'ils étaient gravement blessés. Etrangement, les deux filles se sentirent soulagées d'un poids énorme dans leur cœur. Une libération si douce et si enivrante qu'elles n'avaient même plus peur de la guerre qui faisait rage.

L'esprit du printemps put ainsi rejoindre son époux et Elsa, alors qu'ils tentaient vainement d'en finir avec l'origine de tous les maux.


A l'extrémité ouest du volcan, le Léviathan crachait son feu de tous les côtés, balançant sa queue et ses épines sur les insectes qui volaient autour de lui. La plupart des Beurkiens étant hors-jeu, ainsi que les furies nocturnes, ce fut à Harold et Mérida accompagnée par Sada et sa troupe de lui faire sa fête. Bien qu'il fut puissant et dévastateur, la créature était lente de par sa taille. L'esquive fut donc assez aisée car le moindre coup signifiait la mort assurée.

Sada décida qu'il était de son rôle, en tant qu'enfant de Jack et Raiponce - car elle le croyait vraiment -, de battre cette menace. Beuglant pour attirer son attention, la grande Alpha de glace et de feu bleu se posa en face du grand dragon. Les deux se fixèrent quelques secondes avant de partir dans un concours de cris pour savoir qui aurait le dessus, qui serait le dominant. Malgré la petitesse ridicule de Sada, pourtant gigantesque à l'échelle d'un humain, celle-ci en imposait réellement. Elle avait une aura de leader tout comme Elsa l'avait montré plus tôt. Forte de sa confiance en « ses » parents et leur amis, Sada commença à s'approcher, toutes dents en avant, les ailerons tendus et acérés. Le Léviathan sembla prendre la menace au sérieux car lui aussi se mit en position d'attaque, les pics en alerte.

Toujours sous les braillements de leur cri, ils se rapprochaient inévitablement pour un combat sans merci. Harold et Mérida profitèrent de l'occasion pour discrètement passer dans le dos du titan, se cachant près des nuages de plombs.

- Alors, ce plan, il vient ? Sermonna Mérida qui tirait des flèches que la créature ne sentait même pas.

- Aider Sada, c'est tout ce qu'on peut faire… On a aucune chance de le battre !

La rousse approuva, incapable de dire qui pourrait sortir vainqueur de ce combat. Mais elle en oubliait les autres dragons qui, tous, s'étaient figés pour assister à la scène. Elle le montra à Harold qui, lentement, commençait à faire émerger une idée complètement folle dans son esprit. Quand il la communiqua à sa partenaire, celle-ci eut un rire nerveux.

- Tu es complètement fou ! C'est tout toi ça. Mon Dragonnier !

- Tu me connais, je n'ai jamais fait les choses normalement !

- Oh ça, oui !

Mérida se mit à rire, ce qui lui fit le plus grand bien, puis elle fonça vers Eclair. Accolée à son tendre Krokmou, elle reprenait elle aussi des forces, assez gravement blessée.

- Tu peux encore voler ma belle ? Demanda sa maîtresse.

Celle-ci opina, voulant se venger. Krokmou intervint à son tour, soigné par le halo de lumière de Raiponce.

- Tu vas y arriver tu crois ? Questionna le Beurkien en lui caressant la nuque.

Krokmou fit signe que oui, il ne voulait pas rester sur le banc de touche malgré son état.

- Ok, alors, voilà le plan !

Après une confrontation de quelques minutes, la bataille entre Sada et le Léviathan explosa. Un vrai tsunami à eux deux qui retournèrent la terre comme s'il ne s'agissait que de sable mou. Coups de cornes dévastatrice pour l'un, crocs plantés dans la chair d'une patte pour l'autre. Sada se prenait des attaques si destructrices que son corps pourtant épais se brisait déjà en fragments rouges. Elle ne lâcha pourtant pas sa proie en mordant de toutes ses forces sur ses jambes et ses ailes pour l'empêcher de voler. Elle lui balança sa glace à la figure quand il tenta de la brûler vive et elle réussit à le bloquer en gelant ses pattes. Repoussée une, deux, trois fois, Sada revenait à la charge, esquivant les épines et sa queue mortelle. Couverte de son sang, la grande Alpha défendait toutes griffes tendues son troupeau et sa terre. Elle donna de grands coups de cornes sur le ventre du Léviathan pour le retourner tandis qu'il lui mordait le dos dans le but de la retenir. La douleur des dents acérées dans la chair de la pauvre Sada la fit hurler, pourtant, elle garda sa prise et le retourna dans un tremblement des diables. Pataud, la créature gesticulait désespérément pour se remettre dans l'autre sens.

Ce fut à ce moment qu'Harold donna le signal ou plus précisément, Krokmou, l'Alpha numéro deux. Donnant ses ordres en quelques gestes que seuls les dragons pouvait comprendre. Montés sur leurs dos, les Beurkiens survivants et leurs Chefs se mirent d'un même ensemble à fondre sur le léviathan couché avec la plâtrée de dragons encore vivants. Une masse noire fondit sur l'originel qui se fit éteindre son feu par Sada, couchée sur ses pattes avant dans un ultime effort. La gueule béante ouverte sans aucune munition, chaque dragon put tirer un jet de flamme dedans alors que les porteurs lançaient leurs dernières bombes de gaz.

Un, deux, dix, cent, des milliers de bombes explosèrent à l'intérieur même de l'animal qui hurla si fort que même Chernabog vacilla avant de tomber dans sa lave. Le Léviathan se tordit de douleur avant de redevenir une boue noirâtre informe et de disparaître sous les cris de joie des alliés toujours en pleine bataille. Le seigneur du mal était hors de lui ! Il vit la plus belle des créatures qu'il n'avait jamais vu mourir et son âme apparaître auprès de Mérida pour remercier les humains et leur offrir sa bénédiction.

Chernabog commença à perdre patience et créa un puissant champ de lave meurtrier qui coula vers le champ de bataille à toute vitesse tandis qu'il envoyait des jets de pierres en fusion sur les êtres volants. Bombardés, les esprits, dont Elsa, durent esquiver et se protéger pendant qu'ils essayaient de contenir la coulée de lave brûlant à plus de cinq milles degrés. Mérida et Harold rejoignirent leurs amis pour les aider en invoquant un vent pour refroidir la masse en feu. Avec l'aide de Raiponce et de ses boucliers, ils finirent, lentement, par la ralentir et essayèrent de la figer dans la pierre tandis que le Malin les visait à coups de projectiles avoisinant la vitesse du son. Alors, ils esquivaient, et reprenaient leur travaux de magie, car si ils se faisaient toucher, il ne deviendrait ni plus ni moins qu'un tas de chair décomposé.


Tout en bas, sous la pluie de pierre et de glace qui déboulait dans leur combat, Thalie tenait le cap en première ligne, comptant des morts mais aussi beaucoup de survivants inarrêtables. Philippe était en tête des troupes à dérouiller du démon, du monstre et du mort-vivant à grands coups d'épée rejoint par d'autres rois comme Henry, Florian et Kristoff.

Tout près du mont chauve, accolé au flan de la montagne Est, un duel plus enragé encore faisait rage depuis le début des combats. Les trois fées se battaient corps et âme contre Maléfique, la demi-dragonne à la puissance exponentielle. Son feu vert avait déjà détruit leurs ailes à plusieurs reprises qu'elles avaient dû enchanter et recouvrir du reste de poussière de fée de Raiponce pour continuer le combat. Elles étaient épuisées mais ne comptaient pas arrêter tant qu'elle était en vie. Car il était de leur devoir d'en finir avec leur ancienne amie !

- Votre magie est toujours aussi faible et pathétique ! Se gaussa la sorcière.

Maléfique venait encore de les repousser avec ses ailes dont un vent fort les avait envoyé valser. Elle bloquait chaque sortilège de son bâton avec une force écrasante. Flora, Pimprenelle et Pâquerette ne perdirent pas espoir pour autant.

- Nous sommes peut-être un peu moins fortes que toi mais nous avons ce que tu as perdu depuis longtemps. Des amis ! Et une motivation à toute épreuve, bien loin de ce que tu ne pourras plus jamais ressentir en nous ayant tourné le dos ! Hurla la fée Rose.

Maléfique eut un rictus avant de balancer ses ronces sur le trio qui se protégea avec des racines d'arbres.

- Tu as fait une erreur en oubliant ce que la vraie magie pouvait offrir ! Assena Pâquerette en lui balançant des épines empoisonnés que son ennemie contra en riant.

- Je suis devenue une reine des abeilles là ou vous vous êtes contenté de rester des ouvrières. Les hommes ne méritent pas notre terre, c'est maintenant au tour des sorcières et des démons de prendre leur place ! C'est vous qui n'avez pas compris ça ! Ils sont mauvais. Ce sont eux les véritables criminels !

Crachant son feu verdâtre, Pimprenelle les protégea in extremis en les enveloppant dans un cactus géant qui lança ses épines sur la demi-dragonne. L'une d'elle se logea dans son bras droit qui la fit grimacer. Maléfique la retira, le regard noir.

- Vous êtes et resterez des incapables à mes yeux. Naïves et bêtes comme vos pieds ! Alors allez prendre la poussière avec les autres que je sois enfin débarrassée de vous !

- On ne se débarrasse jamais du passé, beugla Flora qui, de sa baguette, fit pousser des plantes carnivores. Il vous colle à la peau !

Maléfique les brûla et se recula encore un peu, esquiva un jet de pierres de son maître plus en hauteur. Elle avait beau dire, à trois, il était dur de les contenir. Il fallait à tout prix qu'elle les sépare ou en tue juste une.

Ignorant totalement Aurore qui frappait à côté d'elle en essayant de l'atteindre elle repartit en chasse des fées. Riant de cette petite humaine inutile qui croyait sincèrement pouvoir la toucher.

A trois, les fées invoquèrent un énorme aigle majestueux qui, toutes griffes en avant, fonça sur sa proie. Maléfique dut le contenir à l'aide de lianes piquantes qui serrait l'animal jusqu'à l'étouffement. Quand il disparut, Flora fonçait sur elle avec hargne. Elle lui balança du pollen en plein visage la faisant éternuer. Pimprenelle et Pâquerette en profitèrent pour attraper ses ailes et tirer dessus avec leur magie.

- NE LES TOUCHEZ PAS !

D'un grand coup elle fit valser les trois marraines qui revinrent à l'attaque sans prendre le temps de se reposer. Elles visaient les ailes et cela rendait folle Maléfique qui n'avait qu'une peur, les perdre à nouveau ! Traumatisme de son passé.

Tournant sur elle-même, la demi-dragonne fut entournée par le trio qui la frappait à grands coups de branches, de pierres et de cactus. Son bâton lui permit de se défendre puis de viser une des fées pour tirer dessus lorsqu'elle eut le bon angle. Flora, la leader, se retrouva aux prises avec une liane puis, la main de Maléfique se referma sur son cou pour invoquer son feu et la brûler vive. Ses amies vinrent aussitôt à sa rescousse en invoquant de la pluie glacée pour freiner le maléfice. Flora retomba au sol, meurtrie. Maléfique jubilait jusqu'à ce qu'elle se relève, pourtant brûlée au troisième degré. Elle montra les dents.

- Tu es coriace ça je dois bien te l'accorder. Mais, ça ne changera rien ma vieille amie. Vous avez choisi le mauvais camp !

- Tu… te trompes lourdement… Tu ne te rends même pas compte de ce qui a vraiment de la valeur dans ce monde. C'est ta faiblesse Mal'.

Pimprenelle et Pâquerette regardèrent leur amie se soulever un peu dans les airs, la baguette serrée dans sa main. Puis elles foncèrent sur elle en invoquant un nouveau sortilège, Maléfique n'en croyait pas ses yeux. Un petit instant de nostalgie la parcourut quand elle vit ses anciennes amies lui lancer un bouquet de fleurs au visage, comme elles s'amusaient à leur faire pendant leur apprentissage. Des Lys, des roses, du muguet, des tulipes, des azalées… Un très beau sortilège qu'elle avait oublié. Se saisissant d'une rose fuchsia elle l'écrasa dans ses mains, le cœur plus lourd qu'avant, puis invoqua de son bâton un déluge de lianes noires. Du moins c'est ce qu'elle croyait faire mais rien ne sortit. Elle ne comprit pas jusqu'à ce qu'elle regarde sa poitrine.

Les fées s'étaient stoppées plus bas, entourées de pétales de fleurs qui s'envolèrent au loin, rejoignant les débris de magma, de glace, d'or, de pierre et bien d'autre chose encore que les combat avait formé. Les yeux surpris, Maléfique se retourna et vit Aurore, son épée de lumière fine pointée en plein dans son cœur comme une épine de rose dans la chair, d'où coulait un filet de sang noirâtre.

- Comment, tu…

Maléfique cracha du sang par la bouche puis, lentement, s'effondra vers le sol. Aurore en profita, d'un coup vif, pour reprendre son arme.

Un nuage de poussière s'éleva sur la sorcière dont les cornes craquèrent sur sa chute et ses ailes s'atrophièrent. Elle n'avait plus rien d'un dragon désormais. Et elle fixait, en l'air, la jeune femme qui volait entourée de centaines de petites fées la couvrant d'un reste mince de poussière magique. D'en haut, avec sa tenue de combat en or rosé, on aurait dit une rose rare qui ne fleurissait que sous le soleil le plus pur. Aucune haine n'émanait de cette reine au grand cœur, juste de la peine et de la pitié ainsi qu'un grand sens du combat qu'elle avait débloqué au fil des ans. De bourgeon elle était devenue une fleur épanouie et gracieuse comme on n'en voyait rarement.

Alors, Maléfique se mit à sourire et à tendre la main vers l'humaine.

- Dans une autre vie j'aurais aimé… Vivre à tes côtés, ô belle rose pure. J'aurais aimé que ma haine ne me consume pas… Que tu me protège de mes peurs et de mes noires pensées.

Flora, Pimprenelle et Pâquerette se posèrent avec Aurore tout près d'elle et de son air béat. La mort fut comme une sorte de douce délivrance. Comme si son calvaire prenait fin.

- Elle désirait mourir au fond d'elle, commenta la reine de Thalie avec douleur. Elle se détestait plus que quiconque, j'en suis persuadée.

- Elle n'échappera pas aux limbes, cracha Pâquerette. Ca la fera peut-être réfléchir et peut-être repartir sur de bonnes bases dans une autre vie.

- Qui sait, souffla Flora avec douleur. Elle a fait des erreurs et elle le payera. C'est trop tard pour se faire pardonner quoique ce soit.

Pimprenelle approuva en soignant son amie avant que toutes les trois ne se tournent vers Chernabog.

Un combat des diables avait toujours lieu juste au-dessus.


Le bouclier du Malin était invincible. Tout du moins, après des dizaines de tentatives de la part du Big Four, il ne céda pas. Jack et Elsa utilisèrent pourtant leur glace combinée à frapper comme des damnées sur la couche violette qui les repoussait. Raiponce utilisait à son tour sa magie concentrée pour tirer sur lui des rayons de lumière pure qui se réverbéraient dans les nuages. De son côté, Harold frappait avec tout le feu qu'il pouvait invoquer, accompagné de son épée qui se brisait à chaque coup et que son amie du printemps faisait renaître. Mérida était au même point avec ses flèches de foudre et son attaque venue de la terre.

Pendant qu'ils s'épuisaient sur ce bouclier qui craquelait à peine sur le rebord, le Malin gardait des forces et semblait préparer un mauvais coup, les mains liées l'une à l'autre dans une aura noire pesante. Malgré les attaques des moustiques, il restait concentré sur son idée fixe pour en finir une bonne fois pour toutes avec eux et retourner cette vilaine situation. Pendant ce temps il envoyait également depuis son lit de lave des roches en fusion toujours aussi rapides que le son. Parfois, Raiponce tentait de les lui renvoyer avec sa poêle comme une batte de baseball mais même son propre pouvoir ne brisait par la coque du Malin.

- Si on ne fait rien, on aura plus assez de force pour frapper son corps ! S'inquiéta Jack. Devrait-on utiliser notre incantation pour en finir maintenant ?

- C'est trop risqué ! Répliqua Harold qui venait de se glisser entre deux attaques de lave. Mérida n'a toujours pas découvert la nôtre et il faut qu'on garde notre puissance pour le coup final !

- Je crois qu'on aura pas le choix de toute manière, hurla Mérida qui envoya les morts inspecter le bouclier. Je vais essayer de…

La rousse se tut en voyant arriver les trois fées dont le visage de Flora était assez laid à regarder.

- Que faites-v…

- Continuez à attaquer. On s'occuper du reste, déclara simplement la rose.

- N'oubliez pas, lorsqu'il est assez affaibli, utilisez vos atouts pour le vaincre, enchaîna la bleue.

- Et surtout, prenez garde à ses jets de couleurs ambres, termina Pimprenelle. Bonne chance !

- Que comptez-vous faire ? Demanda Raiponce inquiète.

Les trois fées sourirent puis s'envolèrent vers le Malin en les saluant de la main.

- Elles savent ce qu'elle font, on doit occuper Chernabog pour elles, commenta Elsa.

D'un commun accord, avec l'énergie qu'Harold leur apporta, le troupeau fonça sur l'être noir en le bombardant de leur assaut. Coup de poêle, d'épée, de masse, de hache, de bâton, de pied. Glace, feu, vent, lumière, terre… Les cinq amis se défoulèrent sur le bouclier qui par endroits, se fissurait un petit peu. Inarrêtable, Chernabog dut les chasser avec des démons volants de magma qui les entourèrent tandis qu'il finissait son œuvre, les yeux plissés en deux fentes rieuses.

Flora, Pimprenelle et Pâquerette en profitèrent pour se réunir juste au-dessus des cornes du démon. Il ne les sentait pas tant il était concentré à ouvrir ses gigantesques mains sur une fumée noirâtre.

- Je suis un peu triste, répliqua Pâquerette. J'aurais bien voulu voir ce nouveau monde.

- Tu le verras, sous une autre forme, répondit sagement Pimprenelle.

- En tout cas, j'ai été heureuse de partager ma vie avec la vôtre, répliqua la Rose de ses larmes fugaces.

Les amies se sourirent puis fermèrent leur yeux et se mirent en transe. Trois auras émergèrent qui fit se relever la tête du démon, surpris. Il crut apercevoir un arbre gigantesque pousser entre les marraines dont les ramures partaient haut dans le ciel et les racines… sur sa peau ?

Levant un de ses yeux, avec mépris, il souleva sa main pour les arrêter dans leur étrange action. Raiponce fila comme une lumière pour dériver son élan avec l'aide de Jack, Harold, Elsa et Merida. Gros coups de pieds et de mains pour enrayer son élan. Chernabog se sentit basculer avant de reprendre son équilibre et de lancer des chaînes noires pour arrêter les moustiques. Les esprits se mirent en ligne devant les fées, mains en avant pour invoquer un bouclier fusionné entre Glaces, Lumière, Feu et Vent. Les anneaux se brisèrent dessus aussi leur cracha-t-il dessus du magma. Retenant le plus possible le bouclier, les esprits commençaient à être repoussés. Ils y mirent pourtant toute leur âme, mais, il finit par se briser, envoyant valdinguer les cinq amis un peu partout.

Cependant… Il était déjà trop tard. Flora, Pâquerette et Pimprenelle avaient fini leur sortilège combiné. Un arbre aussi gigantesque qu'avait été leur maison dans les Landes lui aspirait son bouclier comme on buvait de l'eau. L'aura protectrice se mit à exploser emportant avec lui le grand résineux et les trois fées trépassant qui se changèrent en graines d'arbres - que les mini-fées vinrent récupérer comme convenu.

Chernabog hurla de rage, se sentant à nu, confus. Sa magnifique protection avait volé en éclats ! Après dix grandes années de façonnage ! Comment avaient-elles osé ? Ces saletés de vielles mouches décrépies ?! Il exultait de colère en frappant sur le champ de bataille pour se défouler.

Les gardiens des saisons et Elsa revinrent maladroitement vers lui, heureux et tristes à la fois. Raiponce ne put cacher ses larmes en regardant les restes des fées. Elles avaient donné leur vie pour les aider. Et elle en ferait de même ! Prête à chanter elle fut encore une fois coupée dans son élan. Chernabog ne leur laisserait pas le temps de toucher à sa superbe carcasse ténébreuse. Il avait lancé son dernier sortilège sur eux à une vitesse ahurissante, presque invisible et autoguidé vers ses cibles.

Ils tombèrent tous comme des mouches.

Jack se releva le premier, regardant sa poitrine dont une sorte d'épine était plantée en plein sur son cœur. Il n'avait rien vu venir mais il ne sentait pas pour autant sa mort arriver. Hébété et soudainement très fatigué il se rattrapa à un arbre mort avant de voir un bourgeon pousser sur le dard noir. Il tenta de l'arracher, de même que tous les autres. Et alors, alors qu'ils reprenaient leur armes, leurs têtes se mirent à tourner. Ils se sentirent mal et tirèrent avec force sur le bourgeon qui… fleurit.

Une chrysanthème noire venait de s'épanouir et aussitôt, le mal vint les ronger. Leurs cheveux se noircirent, leurs pupilles se dilatèrent pour ne devenir qu'un vide abyssale. Raiponce, dans son dernier fragment de conscience se souvint de cette sensation où Pitch avait violé son corps pour en faire une ténébreuse. Cela recommençait mais… c'était mille fois pire cette fois-ci ! Encore plus douloureux et… impossible… à contrer.

Chernabog contempla avec ravissement ses nouveaux pantins. Il posa ses coudes sur le bord de son volcan, salivant la transformation de la lumière en ténèbres. Sa colère d'avant disparut aussitôt alors que le Dark Big Four et Dark Elsa était nés.

IL avait gagné !


Enfermée au delà du temps et de l'espace, Raiponce se sentit prisonnière d'elle-même. Elle était comme enfermée dans une petite boite, en chien de fusil et devait assister en boucle à tout ce qui lui faisait le plus peur au monde. La perte de ses enfants, la destruction du monde, la torture de Jack et de ses amis. Le souffle rapide, la peur lui collant à la peau, elle se tirait les cheveux de terreur alors que son cri ne sortait aucun son. Elle avait beau frapper, encore et encore, elle était coincée dans cette boite noire aux abysses infinis qui la plongeait dans la tourmente et l'agonie. Elle suffoquait, se noyait, se mourrait de l'intérieur en grattant les bords de sa caisse. Sa conscience, peu à peu, se laissa partir pour ne plus vivre toute cette horreur. Elle préféra se suicider que de continuer à voir le sang de ses petits devant ses yeux

Pendant ce temps, sur le champ de bataille, les ténébreux s'envolèrent lentement et regardèrent les alliés qui se battaient becs et ongles pour leur terre. Ils levèrent alors leur main et, d'un rictus, invoquèrent leur magie pour les frapper. Surprise et terrifiée, la masse les aperçut dans un choc désespéré. Leur unique chance de victoire venait de s'envoler avec leur espoir. Ils avaient tout perdu si les cinq n'étaient plus et qu'en plus ils se retournaient contre eux. Anna eut beau crier, Elsa ne l'entendit pas et la frappa de son pouvoir avec sadisme. Kristoff dut la protéger malgré elle ainsi qu'Esmeralda qui avait voulu la raisonner. Mais le mal était déjà fait car Anna était gravement touchée par la glace de sa sœur.

Chaque royaume tenta de les ramener à la raison mais il était trop tard. La chrysanthème avait fusionné avec leur porteur, et leur lumière était partie. Tout bascula en quelques minutes. Malgré la perte de plusieurs généraux, Chernabog avait gagné. Il envoya ses pantins finir le travail car nul n'avait la force et la puissance de contrer un esprit de la nature ! Ils firent des ravages impressionnants et décimèrent beaucoup d'humains sur leur chemin. Entre la glace noire, la lumière des ombres et les éléments en furie, rien ne pouvait plus arrêter l'apocalypse provoquée par les ténébreux.

Frédérick, Ariana et Elinor furent gravement blessés en tentant de faire appel à la raison de leur fille respective. Jack tua ses parents… Elena fut mise à l'abri à temps mais ne put que regarder la débandade. Cassandra était désespérée, appelant sa meilleure amie du plus fort qu'elle le pouvait, Varian dans ses bras avec Adira. Puis vint au tour d'Ariel de se faire frapper par la magie noire du couple de Corona. Elle avait voulu aider, en vain… Melody était désespérée en voyant sa mère s'agripper aux bras d'Éric.

« Allez-y ! Implorez-les ! Tentez de les ramener ! Que je me délecte de vos cris et de votre fin misérable ha, ha, ha ! »

Chernabog jubilait sur son trône de magma. La horde de démons se mit à danser en contemplant le sabbat tandis que mages noirs et sorcières encore en vie hurlaient leur victoire et leur domination.

Tous les alliés d'Ahtohallan assistèrent, impuissants, à la fin du monde.


Je sais déjà qu'on va me tuer pour ce cliffhanger , pardon xD

A la semaine prochaine :P