Chapitre 48 : Au fond de l'âme

Au-dessus du Mont Chauve, Krokmou, Eclair, Sada et sa troupe, dragons courageux, se firent frapper de plein fouet par leurs amis. Attaques dévastatrices qui les clouèrent - au sol, définitivement hors-jeu. Au-dessous, humains et défenseurs se faisaient ravager par les sortilèges du Big Four ténébreux et d'une Elsa plus puissante que jamais. Morts, blessés, désespoir. Une ruine de terre qui explosait en tous sens pour le grand final. Les sirènes ne purent qu'assister au spectacle, toujours aux prises avec les sorcières des mers tandis que Melody assistait impuissante à la souffrance de sa maman. Tandis que résonnait par-delà vent et tempête, les dernières suppliques de la famille des esprits.


Aux tréfonds de leur âme, ils se mourraient.

Enfermés dans leur propre corps, dans le noir total, dans une petite boite minuscule. Jack se frappait la tête contre les murs encres de sa caisse. Incapable de supporter ce qu'on lui montrait. La mort de ses parents ainsi que de ceux de Raiponce par sa propre main, la torture des plus faibles, la mort de ses enfants et de toute la jeune génération, le viol de sa femme et de ses amies par Chernabog, la fin d'Harold dans un brasier au supplice éternel. Était-ce vrai, était-ce faux ? Il ne savait pas mais il ne voulait plus regarder, plus ressentir. C'était beaucoup trop dur pour lui seul !

Mérida avait beau se battre de toutes ses forces, elle ne pouvait pas sortir de là. Elle ne pouvait que voir sa mère, nue, battue par le Malin alors que ses enfants se faisaient dévorer lentement par les démons. Et son mari, ses amis… Oh miséricorde, elle ne voulait plus assister à leur torture infernale sous les assauts des bêtes sauvages qui profitaient d'eux. De ses cris inaudibles elle s'arrachaient des pans entiers de boucles rousses, frappant des pieds et des mains partout. Elle était incapable de se laisser mourir mais aussi incapable de continuer ! Voir ses frères se faire décapiter et accrocher sur des piques… Voir sa meilleure amie, le visage en miettes, se faire violer par Pitch… Elle perdait complètement la tête. Elle disparaissait d'elle même !

Harold assista aux même horreurs, toujours plus vicieuses, toujours plus infernales ! Comment pouvait-il supporter de voir sa femme ainsi traitée comme une boule de chair violable et friable ? Tous les démons lui sautaient dessus, tous la mordaient jusqu'au sang alors qu'ils la prenaient. Sa mère, ses enfants… Utilisés comme punchingball puis coupés en morceaux pour être dévorés en guise de dîner ! Et ses amis… torturés jusqu'à plus soif ! Ses dragons, mutilés et cuits dans le volcan pour être dévorés par lui-même… Non ! STOP ! Il n'en pouvait plus ! Qu'IL le laisse enfin mourir ! Par pitié !

Raiponce, toujours aux prises des même visions, était quasiment partie. Son âme la quittait, elle ne reviendrait pas. Impossible ! Pas pour assister à tout ça ! Elle préféra se laisser glisser vers les abîmes pour disparaître à jamais de la surface de la terre !

« Ne pars pas ! »

Le blonde pleurait toutes les larmes de son corps, déchirée.

« Laisse-moi ! Je n'en peux plus ! »

« Je sais… Mais on a pas fini notre devoir. Reste, reviens ».

« NON ! Par pitié, que cela s'arrête ! »

« On a besoin de toi. Plus que jamais. Tu le sais, ça ? Ton mari souffre, tes enfants souffrent, ta famille… Le monde. Ton père spirituel t'appelle ! Il hurle pour que tu reviennes. Tout ceux que tu aimes, tu dois les protéger. En allant au delà de tes limites. C'est ce qui te tiens à cœur, je me trompe ? »

Raiponce releva un peu la tête, rouvrant ses yeux émeraudes à la recherche de cette voix. Celle qu'elle connaissait si bien. La sienne. Une autre Raiponce la regardait par delà la caisse noire. Assisse sur un tapis de fleur, entouré de glace fraîche.

« … Qui es-tu ? » Demanda-t-elle simplement.

« Toi » répondit son double.

« … Je ne comprends pas… »

« Hum… Je suis cette partie de toi qui brûle dans ton cœur. Celle qui n'abandonne jamais et qui aime par-dessus tout. J'ai été protégée par la glace de Jack qui recouvre ton cœur. Et aussi par la nature que Mérida a fermement agrippée à ton âme. Tu te souviens ? A Ahtohallan ? Avant ton départ ! »

La blonde sentit de la chaleur envahir son cœur. Elle toucha les bords de sa cage et commença à ignorer les images noires qu'on lui montrait. Elle ne regardait plus que son reflet, paisible, souriante dans son champ de fleurs à faire des couronnes en chantonnant. Son moi profond !

« Je veux te rejoindre… Comment je peux sortir ? »

« Je ne sais pas » Haussa son double des épaules. « Désire-le ? »

Raiponce resta pantoise un petit moment. Puis elle calma son cœur qui tambourinait de frayeur et pensa à des choses positives. Comme son voyage à travers le monde. Seule avec Jack. A vivre la meilleure aventure de sa vie. Son rêve réalisé puis son retour à Corona et sa dizaine d'années d'allégresse au paradis.

Elle sourit, et alors, lentement, la cage coula en une purée noirâtre et elle put se lever. Ses pied s'allumèrent comme une lampe à chacun de ses pas vers son soi. Une fois arrivée elle se retrouva seule mais entière dans ce champ de fleurs. Elle regarda au loin les images noires qui furent presque comme un songe brumeux. Puis elle s'assit et prit son mouchoir violet qui traînait là ainsi que sa sculpture de glace en forme de l'emblème de Corona. Son tout premier cadeau de Jack et souvenir de Flynn. Ses totems. Elle les serra contre son cœur, sentant les rayons du soleil la réchauffer de part en part. Entourée d'objets tels que les carnets de sa maman, le manteau de Gothel, le poignard de Cassandra, les poupées gigognes, la poussière de fée… Raiponce se sentit revivre et son âme brilla de mille feu.

Puis, sereine et sûre d'elle, la jeune femme ferma les yeux et invoqua son pouvoir. Entourée d'amour et de chaleur elle explosa sur place d'une lumière vive. Chernabog se recula, protégé par ses ailes qui prirent feu tant la température du mini-soleil était vive ! La Chrysanthème noire brûla et devint poussière. Son être redevint aussi pur que possible, débarrassée de la moindre noirceur. Ses cheveux se recouvrirent d'or et ses yeux de sa couleur de pomme brillante.

Elle était de retour. Plus forte encore qu'avant et surtout, plus en colère quand ses yeux se posèrent sur le champ de bataille dévasté par ses mains. Ses parents au loin, gravement blessés protégé par une Cassandra et ….

SES ENFANTS ?! Que faisaient-ils là ?! Abasourdie, l'esprit du printemps vit les quatre progénitures du Big Four, ensemble, main dans la main, invoquer un puissant bouclier pour protéger les alliés d'Ahtohallan. La magie céleste et élémentaire qui coulait en eux avait fusionnée pour envelopper d'un dôme tous les êtres vivants présents.

Raiponce descendit vers son fils et sa fille qui prenaient très au sérieux leur enchantement.

- Vous devriez être au temple et eux à la terre perdue ! Que faites-vous ici ?! C'est bien trop dangereux !

- Nous aussi on veut contribuer, assena Glenn d'un regard fort. Je suis peut-être un peu chétif mais je ne suis pas un couard qui se cache derrière les autres ! J'ai appris cela de mes parents ! Si je peux aider je le fais. Je protège les plus faibles et me dévoue pour aider mes amis et ma famille. C'est ce qu'on a décidé tous les quatre ensemble depuis longtemps.

- On savait que tu reviendrais, sourit Azalée de sa bouille innocente de jeunette. Les autres aussi ils vont revenir, on y croit tous.

Raiponce observa les petits et tous les autres hommes qui hochaient la tête, le regard brûlant d'espoir. Un espoir offert depuis des années par le Big Four et Elsa. Ils avaient sauvé l'humanité de leur noirceur et leur avaient appris les vraies valeurs. Esmeralda en pleurait encore, heureuse de voir cela de ses propres yeux. De voir enfin l'être humain prendre conscience de sa part de ténèbres, de la mettre de côté et de devenir des hommes meilleurs. Capables de tout pour protéger, aider, aimer. Ne faisant plus de différence. Oubliant égoïsme et cupidité pour se tourner vers l'entraide. Ce que l'humanité avait de meilleur était ressorti, et, même malgré ce chamboulement, ils restaient. Ils continueraient jusqu'au bout.

Cela réchauffa le cœur de Raiponce qui se mit à sourire entre ses larmes de bonheur. Elle serra ses petits contre elle puis ceux de Mérida et Harold.

- Vous êtes incroyables. En vous voyant je sais que tout se passera bien à l'avenir. Je me sens enfin rassurée. Je suis fière de vous. Restez toujours sur la même voie et le monde vous sourira éternellement.

Glenn, Azalée, Aliénor et Théodore sourirent à la femme la plus incroyable qu'ils eurent rencontré de leur vie avec Mérida et Elsa.

Les yeux brillants ils bombaient le torse, croyant fermement en leur valeur. Après tout ils avaient fait tout ce chemin jusqu'ici pour apporter leur soutien, se retrouvant comme convenu au temple primaire où les Beurkiens avaient voyagé un temps sur Sada avant qu'elle ne les dépose dans la forêt de Corona. Puis, ils avaient monté les petits de Krokmou et Eclair prénommés Flèche, Pirouette et Vifagile pour voler jusqu'au mont chauve, guidés par la brume de plus en plus noire. Petits furies qui étaient actuellement en train d'aider leurs parents en léchant leurs plaies. Les jeunes étaient arrivés à un moment critique, voyant leurs idoles et parents décimer les alliés... Ils n'avaient pas eu à réfléchir longtemps pour se décider à protéger tous le monde avec leur pouvoir pourtant encore juvénile. Mais ensemble ils savaient qu'ils réussiraient. On le leur avait appris depuis leur naissance. C'était comme ça que la vraie puissance émergeait !

Leur mère et marraine ébouriffa leurs cheveux de reconnaissance puis se retourna vers Chernabog qui, de sa haine, invoquait un puissant courant de magie noire pour les dévaster.

- Je…

- On sait, coupa Glenn d'un sourire. Vas-y maman. On restera en arrière pour protéger ce qu'on pourra.

- T'inquiète Raip', je m'en occupe, déclara Cassandra.

- On sait que tu gagneras, ma fille, répliqua un Frédérick souffrant. J'ai confiance en toi.

- Vole de tes propres ailes, sourit Arianna tout contre son roi.

D'un sourire brillant, Raiponce s'éleva sans se retourner et fila droit vers son grand ennemi pour en finir une bonne fois pour toutes avec lui. Pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Avoir osé utiliser son corps ainsi ne se pardonnait pas ! Il payerait pour tout ! TOUT.

Elle n'eut d'ailleurs guère besoin de rejoindre les quatre autres car elle savait que c'était un travail personnel que de revenir de là-bas. Et elle savait aussi qu'ils y arriveraient. Car ils étaient du même bois qu'elle : Des indéfectibles têtes de mule !


Jack Frost n'assista pas à tout ça mais il le ressentit au plus profond de lui. La chaleur de Raiponce, reconnaissable entre mille, lui léchait la nuque. Et c'est ce qui lui donna envie de rester encore un peu. De se battre encore. Il tendait sa main vers le néant, cherchant de l'aide qui ne venait pas. Mais son regard lui ne trompait pas. Brillant d'un bleu glacé, il essayait de sortir de là. Il tâtonnait et repoussait les images noires, désirant retrouver sa lumière.

Il sentit alors une main, froide comme l'hiver. Comme la sienne. Il se regarda sourire, les yeux interrogateurs. Son soi était comme entouré de flocons et d'un vent froid vivifiant.

« Tu me cherchais ? »

« … Qui es-tu donc ? Un écho ? »

« En quelque sorte. Disons que je suis ce que tu chéris le plus. Tu m'as protégé, dans ton cœur, tu ne te souviens pas ? ».

Jack prit un temps pour réfléchir et opina. Il attrapa alors la main tendue et se laissa emporter par le courant pour s'envoler loin au-dessus de l'abysse aux cauchemars qui disparut lentement dans un silence réconfortant.

« N'oublie pas qui tu es et ce que tu défends avec tant d'ardeur. »

Son double lui confia sa poupée gigogne avant de disparaître. La relique en main, Jack sourit en la fixant et la caressant du bout du doigt. Cela lui rappelait tant de chose. Qui il était. Ce qu'il avait à faire !

Une lumière bleue glacée explosa à son tour devant le démon terrifié qui frappait de haine sur son magma. Comment pouvaient-ils revenir de si loin ? C'était impossible ! I-M-P-O-S-S-I-B-L-E. IL ne pouvait comprendre et cela le rendait fou. Fou de rage, de haine, de… terreur ! Jack revint laissant ses cheveux noirs reprendre leur couleur argent et ses yeux redevenir glace.

- On dirait que j'ai fait un petit séjour du côté obscur de la lune… Commenta-t-il pour lui-même. Et que j'ai fait du dégât…

Jack vit la mort de ses parents et il sut aussitôt que c'était lui… Mais, il ne s'en voulut pas. Il comprit, il accepta. Et il leur rendit hommage avant de rejoindre ses petits qu'il sermonna puis félicita avant de retrouver sa belle. Etrangement, il ne s'était jamais senti aussi bien que maintenant. Sûr de soi et de leur victoire. Incapable de sombrer à nouveau même si une fleur revenait se loger en lui. Il avait atteint un stade ultime de sérénité.


Mérida fut la suivante à revenir, en même temps qu'Elsa. Onde de vent et de glace pour une tempête des diables.

La rousse avait retrouvé son totem d'Ourse par la vieille sorcière, porte bonheur efficace, avait-elle songé. Cela lui avait permit de se retrouver elle-même dont « ses » mots la faisaient encore rire.

« Laisse tomber, tu ne comprendrais pas qui je suis. La philosophie ce n'est pas ton fort, hein ? Fais plutôt ce que tu sais faire de mieux ! Fonce dans le tas ! »

Et elle l'avait écouté. Devenant une vraie furie elle avait frappé de tous les côtés pour se sortir de sa cage puis s'était enfuie à travers vent, terre, feu et eau pour attraper son arc qui l'appelait à redevenir elle-même. Comme portée par la nature elle-même elle retrouva sa connexion et en profita pour se laisser envahir avant d'exploser en un vent démentiel qui stria le corps du démon.

De retour dans sa rousseur de feu et ses yeux ciel, Merida entendit la nature lui murmurer des mots à travers diverses voix, toutes très tendres et très faibles. Elle comprit alors que les esprits les plus anciens de la nature, créateurs de vie, étaient toujours présents, bien qu'affaiblis, pour les aider. L'Automne écouta attentivement ce qu'on lui dit et elle se mit à sourire en rouvrant les yeux. Elle avait fusionné avec eux, tout comme Raiponce avec le soleil. Et elle sut désormais ce qui lui restait à faire.

A ses côtés, Elsa avait lutté un moment dans sa cage sombre, ressassant ses plus anciennes peurs en boucle, assaillie de doute, de terreur. Comme lorsqu'elle était enfant, elle s'était renfermée et laissé aller à la solitude avant de vouloir mourir. Voir sa sœur se faire embrocher et violer en boucle la rendait folle… Et que dire de ses amis qui s'entredévoraient au rythme des tambours démoniques… D'Honeymaren, salie, bafouée et lardée de coups de fouet sans qu'elle ne puisse rien y faire.

A bout de souffle, la reine des glaces s'était laissé sombrer, recroquevillée contre elle-même comme un fœtus, les larmes glacées aux yeux, désespérées.

« Pitié ! Quelqu'un ! »

Un petit bonhomme de neige était alors apparu, non loin d'elle. Elsa avait cru rêver à nouveau mais celui-ci s'était avancé pour la saluer et lui tendre son bras flocon. Surprise, elle s'était arrêté de trembler et s'était fixé elle-même, enfant, en train de rire. Bien que surprise, Elsa s'était relevée. Admirant sa jeune elle, innocente, heureuse. Entourée des siens dont sa mère chantait sa berceuse des esprits.

La reine des neiges avait souri malgré elle à ce tableau qui éclipsait tous les autres. Un double d'elle-même , adulte cette fois, regardait sa famille, son passé en souriant et en les cajolant. Elle avait alors tendu un châle à la prisonnière de la cage qui s'était brisée sous l'effet d'une glace vive. Elsa s'était ensuite blottie tout contre l'étoffe violine et ressenti le parfum de sa tendre maman puis de Anna.

« Comment ai-je pu oublier ce sentiment ? … La force que j'ai gagnée au fil des ans grâce à mes proches, mes amis. Celle qui surpasse la peur par l'amour. ».

Son double lui avait tendu la main qu'elle avait saisi et s'était relevé sur toute sa hauteur avant que l'autre ne disparaisse. Elle s'était alors mise à chantonner la berceuse, dansant calmement dans le châle des Northuldra. Puis elle avait laissé son pouvoir l'envahir d'une force nouvelle pour défaire la noirceur à son tour.

Quand elle revint sur terre, chassant ses cheveux noirs et ses yeux abysse pour ceux des eaux claires, Elsa se précipita aussitôt sur sa sœur mal en point. Elle la dégivra et Anna lui sourit à nouveau.

- Je savais que tu… reviendrais, sœurette. J'ai toujours eu foi en toi.

- Moi aussi j'ai foi en toi, Anna. Merci d'avoir tenté de me ramener. Je l'ai ressenti. Au plus profond de moi.

La rousse posa une main sur sa joue froide et lui apposa un baiser.

- Tu vas gagner Elsa. Je le sais. Et je serais toujours près de toi pour t'épauler.

D'un amour tendre sans fin, la reine des neiges lui caressa les cheveux puis posa son front sur sa sœur adorée.

- Bien sûr que je vais gagner. Avec toi, impossible de perdre !

Elles se sourirent puis l'aînée se tourna vers le combat qui commençait à l'épicentre du mal. Elle invoqua son cheval d'eau glacé couplé au vent porté par le chant de sa mère pour se rendre sur place et en finir.


Le dernier à revenir fut Harold qui conversa longuement avec son double. Il avait réussi à revenir grâce à lui, qui lui avait parlé de son père, de ce qu'il avait promis à Beurk et à ses parents. Rapidement, le dragonnier avait remonté la pente, avec le casque de son père dans sa main droite et le drapeau de Beurk dans l'autre. Ressentant jusqu'au plus profond de son être les petits cris de son dragon affaibli qui l'appelait à revenir. Harold était sorti de sa cage en l'explosant de son feu puis avait rejoint son soi pour discuter stratégie. En phase avec lui-même il avait déroulé plusieurs situations pour défaire définitivement le Malin avec l'aide de ses amis. Une seule en était ressortie. Certain désormais de la conduite à tenir, Harold avait entrevu l'image de son père et de Gueulfor lui sourire comme dans un songe puis avait laissé son pouvoir resplendir. Flamme brûlante qui dévorèrent le démon tandis que cheveux marron et yeux noisettes revinrent en force dans le regard du jeune dragonnier.

Revenu de loin il s'en voulut d'être bon dernier, regardant ses camarades attaquer Chernabog. Mérida le rejoignit en voyant son homme reprendre ses couleurs.

- Ben alors, on baille aux corneilles ? Taquina-t-elle, son arc en main.

- Désolé, j'ai traîne à discuter avec moi-même.

- Pourquoi cela ne m'étonne pas ? Rit-elle en tirant sur des démons de feu qui piquaient vers eux.

Harold sortit son épée pour les repousser à son tour.

- J'ai réfléchi à toutes les solutions pour en finir, reprit-il. Et je n'en vois qu'une. On va devoir utiliser toute notre puissance dès maintenant pour l'affaiblir, sans s'arrêter une seconde. J'ai plusieurs idées pour combiner notre magie au mieux. Et quand viendra le bon moment, je vous ferai signe pour qu'on tape ses points faibles du plus fort qu'on le pourra.

- … Tu sais ce que ça signifie ce que tu proposes là ?

- Oui. Et je veux qu'on soit tous d'accord avec ça.

- On l'est, intervint Jack qui s'était rapproché avec la blonde.

- Oui, on le savait de toute façon, sourit Raiponce. On va tout donner. TOUT !

- Mais il manque toujours vos incantations, fit l'Hiver.

- Pas de soucis avec ça, commenta Mérida. J'ai pu m'entretenir avec la nature. Je sais quels sont les mots à employer pour la déverrouiller. On va pouvoir fusionner, Harold. Es-tu prêt toi aussi ?

- Oui.

D'un sourire, le Big Four s'enlaça avec force et quelques larmes perdues avant de retourner au front. Avant de partir le dragonnier et sa femme rejoignirent leurs petits pour les embrasser et les féliciter malgré leur désobéissance. Harold pensa qu'ils avaient tous hérité d'eux sur ce point et sur tous les autres. Les parents reprirent leur combat en les saluant d'une tape sur la tête avant de rejoindre Elsa qui attendait le bon moment pour agir.


La reprise des combats se fit beaucoup plus virulente qu'auparavant. La rage de vaincre et l'unité se ressentait parmi les hommes et les sirènes. Dans la brèche sombre océanique, les attaques fusaient de tous les côtés. Perdus dans des dédales de grottes sous-marines piégées, elles luttaient toutes pour leur victoire. Malgré les blessures, Attina et ses sœurs avaient réussi à repousser le plus gros des troupes aquatiques avec la magie de l'eau et leur attaque de trident et de pointes en or massif. Ursula et Morgana étaient acculées, se défendant avec leur magie noire pour essayer de leur reprendre la précieuse fourche de la main de la reine des océans. Le frère avait eu beau mourir ses rejetons posaient toujours problème et cela les rendaient hystériques. Elles n'arrivaient pas à les atteindre tant elles se protégeaient les unes, les autres.

Ariel rejoignit leur rang quand Raiponce réactiva sa magie de soin et qu'elle se sentit d'attaque pour un second round. Malgré sa queue cassée, accompagnée de Melody, Éric et Jim sous la forme sirène – dont il eut bien du mal à respirer sous l'eau au début-, ils foncèrent droit dans les dédales où se cachaient les tantines.

A l'aide d'un harpon bleu doré, Éric se mit en pole position, frappant sur tout ce qui arrivait sur eux. L'air revanchard, il n'hésitait pas un instant pour enfoncer son arme dans la chair des requins et des orques avec une force digne d'un roi. Son bouclier le protégeait des attaques de poulpe aux bras hérissées et des murènes électriques. Ariel, bien plus rapide que lui, faisait des assauts surprises digne d'une torpille. Se cachant derrière l'ombre des parois rocheuses elle prenait les plus malicieux par derrière pour les embrocher avec sa lance corail en or. Elle protégeait Éric qui lui-même la soutenait. Un duo synchronisé qui s'enfonça toujours plus loin dans les abysses. Melody et Jim s'occupaient des traînards, de l'arrière garde. Jim était celui qui fermait la marche, avec son fusil magique, création d'Attina, il pouvait tirer des balles d'eau sous pression sur ses ennemis. Transpercés, la plupart s'effondraient d'une seule balle alors que d'autres devaient en recevoir une dizaine avant de ne plus pouvoir nager.

Au centre de cette formation, Melody, ayant mûri, tenait également un rôle essentiel. C'est elle qui observait le moindre mouvement suspect pour prévenir ses alliés. Et, lorsque Jim ou ses parents étaient en difficultés, elle assurait le rôle de soutien en utilisant sa magie de l'eau pour les repousser de son chant sybillique. Affublée de deux poignard en or, elle pouvait également frapper tout être qui s'approchait trop de leur formation. Jim fut sauvé in-extremis à plusieurs reprises par sa belle princesses qu'il remerciait du regard. Un regard profond et amoureux, prêt à tout pour la protéger et la rendre fière. Il était maintenant sûr de ce qu'il désirait pour l'avenir : Il deviendrait capitaine de bateau pour l'emmener à la visite du monde tout en servant l'armée de Barnes lorsqu'il deviendrait roi. Si tout se passait comme il le désirait, le bonheur ne pourrait que les combler. Melody remarqua cette marque de tendresse et de désir dans ses yeux. Elle lui sourit doucement en prenant ses mains.

- Nous aussi, on aura le droit à notre bonheur, dit-elle simplement , comme si elle avait lu dans ses pensées.

Jim lui caressa doucement la joue.

- Je m'en assurerai.

D'un tendre et timide baiser, le couple reprit le combat lorsqu'un espadon essaya de les embrocher. Ariel arriva pour leur en débarrasser tout en les fixant avec un air malicieux. Elle avait tout vu et cela fit rougir les deux adolescents. Mais la reine était profondément touchée par le jeune homme et sa gentillesse envers sa précieuse petite fille. Le regard d'une mère posé sur lui, elle lui sourit.

- Je ne te connais pas très bien, Jim Hawkins, mais je suis certaine que ma fille sera entre de bonnes mains. Alors, tiens bon pour la suite.

Jim ne sut que répondre, empourpré au possible, un petit sourire étirant ses lèvres.

Ariel sentait que l'avenir serait radieux. Cela lui donna encore plus de force dans la bataille tandis qu'ils progressaient vers les bas-fonds. Heureusement, Raiponce leur avait fourni des boules de lumières en bocal qu'ils utilisèrent comme lampe torche pour progresser. Et, enfin, après des kilomètres de descentes, ils virent la reine d'Atlantica et ses sœurs prendre les deux sorcières au corps à corps dans une large grotte voûtée de formation pointue.

Éric, sa femme et les deux adolescents rejoignirent le combat devant le regard surpris des sœurs qui leur envoyèrent leurs plus beaux sourires. Les armes pointées sur les octopodes elles se mirent en chasse, empêchant la fuite des pieuvres en bloquant les issues. Andrina, Aquata, Alana et Adella s'occupaient de boucler le périmètre à grands coups de lance. Cela laissa tout le loisir à Arista, Ariel, Attina, Melody, Jim et Éric d'attaquer au front. La jeune princesse fonça aussitôt sur Morgana qui lui avait volé une partie de son enfance dans l'océan et fait du mal à sa famille ainsi qu'à Raiponce à l'époque. Armée d'une vengeance simple elle envoya, avec son chant, des tourbillons d'eau pour l'entourner. Jim en profita pour tirer sur elle qui se protégeait avec ses tentacules magiques noires et vertes. Tentacules qui prenaient des formes diverses comme des pointes pour les frapper.

Ursula, à côté, provoqua un éboulement qui brisa la formation des sœurs d'Atlantica dont Attina fit apparaître un puissant bouclier d'or pour les protéger. Prise de haine pour la mort de son père, la sirène fonça sur sa tante en la parsemant de jets dorés. Ursula répliquait avec sa magie violette qui éclatait de tous côtés. Bien que puissante dans cette fosse abyssale, la sorcière n'arrivait pas à atteindre ses ennemis, toujours plus agiles et regroupés. Elle utilisa alors toutes ses tentacules pour les dérouler vers les sirènes et les attraper. Mais aussitôt qu'elle eut réussi son coup, les filles du roi triton plantèrent leurs dents ou leur pointe dans sa peau qui lui fit lâcher prise.

Hystérique, Ursula invoqua un brouillard d'encre épais avant d'attaquer ses ennemis une par une. Les cris de ses sœurs firent paniquer Ariel qui protégeait Melody et Jim avec Éric. Morgana décida d'utiliser la même technique pour les embrouiller et frappa avec son harpon. On ne vit plus rien à un mètre devant soit avant que le chant combiné des sirènes, lueurs parmi la noirceur, fasse tourner l'eau sur elle-même pour évacuer l'encre.

Prise rapidement en tenaille, Ursula balança ses tentacules de désespoir, essayant de chopper le trident à Attina, tandis que les princesses chantantes la repoussaient contre le mur du fond. De leurs lances elles piquèrent sa peau de part en part, la faisant hurler.

- NOOOOON! Je suis la plus puissante de ces océans ! Je ne peux pas PERDRE !

- Puissante mais seule, balança Attina de son regard dur. La puissance ne sert à rien si tu n'as aucun soutien. Car à plusieurs tu es encore plus efficace et tu compenses les faiblesses des autres !

- J'ai ma sœur avec moi, balança-t-elle, hors d'elle, les yeux envahis de cercle de folie. Et nous régnerons sur le monde qui nous appartient de droit !

- Faux, répliqua Arista de sa belle voix d'ange. Vous n'êtes pas du tout complices comme des sœurs devraient l'être. On le sait bien, vous êtes bien trop cruelles et égoïstes pour comprendre ce qu'est véritablement le lien de fraternité ! Le vrai sens de la famille. En tuant Triton, votre propre frère, vous avez déjà perdu votre âme !

- Silence, petite friture !

Ursula lui envoya son tentacule acéré qu'Adala repoussa avec un bouclier.

- Se protéger les unes les autres, c'est ça le vrai pouvoir. Vous n'avez rien du tout vous deux, commenta cette dernière.

Morgana arriva pour soutenir sa sœur mais Aquata lui coupa la parole dès qu'elle ouvrit la bouche.

- Vous auriez pu faire de très grandes conseillères, guerrières ou même mères. Mais vous avez préféré choisir les ténèbres. Et vous vous y êtes perdues à tout jamais.

- Alors on va vous en délivrer, déclara Andrina avec force.

- Ahhh, tous ces beaux discours inutiles me rendent malade, cracha la cadette des sorcières.

- Ce n'est rien que des mots pour se réconforter. A deux nous pouvons faire de grandes choses. Donne ta main, toi ! On va leur montrer !

Morgana obéit et elles invoquèrent, ensemble, un poison noirâtre qu'elles répandirent dans l'eau. Poison qui dévorait tout sur son passage comme de l'acide chlorhydrique concentré.

Les sirènes se fixèrent sans un mot avant de se prendre les mains en chantant. L'eau répondit aussitôt et créa une barrière autour d'elle pour empêcher le poison de s'infiltrer en le repoussant.

- La magie des océans, la plus pure qui soit, vous est désormais inaccessible, répliqua Arista avec malice. Vous avez tout raté !

Avec sa lance, la jeune femme fonça sur ses ennemies de famille avant d'être arrêtée par Attina d'un geste. La reine, de tout son charisme, s'avança doucement devant ses cadettes.

- Votre lien est faux, votre orgueil vous aveugle. Et on va vous le prouver. Regardez, vous voyez ce trident ? Allez-y, prenez-le !

Attina le balança vers les octopodes, l'objet de leur convoitise. Sans hésiter Ursula et Morgana foncèrent dessus. Il brillait plus que tout dans cette grotte. La plupart de ses sœurs paniquèrent tout en faisait confiance à leur aînée. Melody ne comprit également pas ce geste mais Jim, lui, commença à voir où elle voulait en venir et lui dit de se tenir prête. Ariel hocha la tête, préparant ses incantations.

Ursula et Morgana attrapèrent d'un même ensemble le trident, les yeux écarquillés.

- ENFIN ! IL EST A MOI ! Hurla l'aînée.

- A NOUS !

- Non, à moi !

Ursula tira pour qu'elle se dégage de l'arme magique aux pouvoirs surpuissants. Mais Morgana garda sa prise.

- Certainement pas ! Je ne me ferais pas avoir deux fois. Si tu ne veux pas le partager alors il sera mien et maman sera fière de moi !

- Ôte tes vieilles tentacules de là !

- TOI D'ABORD !

A tirer de chaque côté, les sœurs n'eurent pas le temps d'esquiver la suite. Un courant démentiel les emporta toute les deux et les renvoya vers la surface suivies de toutes les sirènes présentes, qui l'invoquaient, dans un geyser puissant. Retour à la lumière, Ursula et Morgana furent expulsées dans les airs, incapable de lâcher le trident.

- Toutes ensemble mes sœurs, ma nièce! Pour PAPA Triton !

- Pour Papy ! Hurla Melody en colère.

Les filles chantèrent, accompagnées, au loin, du peuple de la mer qui marmonnait des incantations ancestrales aux douces consonances enchanteresses. Une chorale s'éleva, harmonieuse, douce, synchronisée. Comme Triton avait toujours appris à son peuple toutes ces années, de ses spectacles, qui n'avait toujours eu que pour but de garder l'héritage de leur ancêtre. Melody avait suivi avec les leçons d'Ariel où elle comprit enfin pourquoi sa mère avait été aussi dure. Désormais, dans cette unité de voix, elle se sentait comme une déesse des mers. L'eau se souleva et prit la forme de l'ancien roi, un énorme Triton de dix mètres de haut avec un trident dans les mains. Surfant sur « son corps », les sœurs sautèrent sur les sorcières qui retombaient à l'eau, emportée par la gravité. Chacune d'entre elles les plantèrent de leur arme dont Melody se fit plaisir à frapper deux fois sur les tentacules de Morgana. Puis, affaiblies et rejetées une nouvelle fois en l'air par un jet d'eau, les sœurs du mal relâchèrent le trident qui retourna automatiquement à Attina. Avec tout Atlantica derrière elle, elle commanda au géant d'avancer et de lever son arme.

Depuis la terre, les hommes, les dragons et les esprits virent le gigantesque Triton d'eau attraper les sorcières avec son trident d'eau qui les transperça et les fit disparaître en un dernier hurlement de terreur. Les sœurs avait vaincu les sœurs. La boucle était bouclée. Et triton était vengé. Melody et Jim se prirent aussitôt dans les bras. Ariel vint les enserrer avec Éric, versant une larme de libération. Attina reçut l'ovation de toutes les sirènes encore vivantes tandis que ses sœurs sautaient de joie dans l'océan.

Deux autres généraux venaient de tomber.


Jack, Raiponce et les autres restèrent bouche-bée devant le spectacle tandis que Chernabog reprenait ses forces après le retour des esprits qui l'avait affaibli. Ils scrutèrent un moment le champ de bataille, là où tout leurs amis et alliés se battaient avec ardeur. Cela les remplit de motivation et, d'un même ensemble, ils se tournèrent vers le Démon. Ils s'étaient entretenus sur diverses stratégies avec Harold et s'était glissés des mots d'encouragement en rejoignant Elsa.

Raiponce se tourna un instant vers ses enfants, une larme roulant sur sa joue avant de sourire. Un sourire à la fois triste et heureux. Un mélange de sentiment qui tourbillonnait en elle et qui lui donna la force d'avancer. Alors, entourée des siens, elle ouvrit la voie. Elle offrit sa vie en échange du pouvoir ultime.

« Pouvoir du soleil, libère-moi de la nuit.

Brille dans les ténèbres, guéris notre vue assombrie.

Que tes rayons réchauffent notre âme, ainsi que notre vie.

Mets fin à ce combat. Que mon espoir scintille.

Fais se lever l'aube! Toi qui resplendis !

Toi qui resplendis ! »

Baignée de lumière, aussi pure que son père céleste, elle brillait de mille feux. Un gargouillis de frayeur s'échappa involontairement du Malin. En plus d'années qu'il ne pouvait compter, il n'avait jamais senti pareille puissance émaner des esprits ! Quelque chose de fort lui échappait, de puissant, d'intouchable… Les yeux et la gorge noués il commença à accumuler de la magie noire dans son corps pour contrer ce qui aller suivre. Et il eut raison tant ce fut instantané. Raiponce, filant à la vitesse de la lumière, éclata devant lui comme si elle avait été transportée en un clin d'œil. Tout ce qu'il vit fut ses yeux émeraude, déterminés, le frapper à plusieurs reprises, avec sa poêle, sur sa tête. Sans son aura de protection, Chernabog vacilla de douleur. Il vit trouble et tenta de la repousser avec ses énormes mains, bien trop lentes pour ce mini-soleil.

Jack et ses amis furent happés. Une telle beauté, une telle force cachée en eux. Bien qu'ils le payaient cher, cela en valait la chandelle car toute leur âme brillerait de cette intensité. De tout ce qui les représentaient. Maintenant que la voie était libre jusqu'au Malin, le Big Four n'allait pas s'en priver. L'Hiver suivit sa belle en serrant son pull bleu au niveau de la poitrine. Il devait l'invoquer de tout son cœur! Il devait s'offrir à sa mère céleste et se laisser emporter.

« Croissant argenté, dans ta course effrénée.

Laisse ta glace s'épanouir, croître et grandir.

Ralentis la vie, consomme le temps d'une nuit.

Que jaillisse l'heure du silence, les minutes du vide,

Le froid suprême des secondes figées.

Pleine lune au degré zéro, brille pour tes amis!

Brille pour tes amis! »

Envahi par le clair de lune, Jack s'entoura d'une buée de fraîcheur hivernale et d'une lumière blanche apaisante. Il avait fusionné, il était comme la lune. Un phare dans la nuit dont la glace recouvrait tout sur son passage. Expirant de l'air frais, Jack fonça aussitôt sur le Malin pour l'empêcher de toucher à sa princesse. Il utilisa simplement son bâton pour le frapper aux mains qu'il congela sur toute sa surface. Le temps se mit à ralentir pour le démon, ses gestes furent plus lents, plus longs, plus étendus. Il était presque immobile quand Jack lui donna un coup de pied sur le visage, sa peau craquelant sous les coups.

Mérida et Harold se regardèrent, les yeux dans les yeux, après ce spectacle étonnant. A eux de suivre le mouvement et de faire confiance à la nature pour la suite. Ils abattirent leurs paupières et inspirèrent tout leur soûl. Ils devaient communier avec la Terre, pour ne faire qu'un. Ils enflammaient leur âme en échange du pouvoir ultime. Il s'offrait à leur terre, à nu, et se laissèrent emporter sans la moindre hésitation. Comme entourés de lianes invisibles aux fleurs rares, ils se sentirent submergés par l'odeur d'humus, d'une effluve de conifère et d'eau fraîche. Ils respiraient l'air sain de la vie. Puis, fermement, ils psalmodièrent dans un synchronisme parfait.

« Mère de toute vie, berceau d'harmonie.

Que tes vents se déchaînent, que ta terre se craquelle,

Que ton feu les consume et que ton eau nous purifie.

Balaye la noirceur qui gangrène ton corps.

De ta nature aux ramures infinies,

Grandis, crois et Mûris ! Epanouie-toi !

Epanouie-toi! »

Enveloppés dans une aura de feu pour pour lui ainsi que de vent pour elle, ils prirent à leur tour leur rôle de gardien des saisons et attaquèrent de front sur leur ennemi qui stagnait sur place comme gelé. Harold chargea avec son épée en coupant ses mains avec les flammes de l'enfer tout autour de lui. Comme devenant lui-même un dragon il invoqua un brasier encore plus puissant que le magma fondu plus bas qui recueillit les griffes du Malin, fondant en une bouillie noire infâme. Le volcan sifflait de douleur, Chernabog grondait de l'intérieur avant que Mérida ne charge sur ses ailes qu'elle stria de ses flèches élémentaires multiples. Troué comme un gruyère il chancela, la tête au bord de sa montagne.

Acculé, le Démon s'enroula de lave juteuse avant de reprendre un peu sa vitesse, hurlant à s'en décrocher la mâchoire. Repoussés par son souffle les esprits tinrent bon, les bras croisés devant eux pour former comme des barrières protectrices. Ils restèrent sur place sous les yeux exorbités de leur ennemi qui commençait déjà à se régénérer. Griffes encore plus affûtées lui poussèrent en quelques secondes

« JE VAIS VOUS PULVERISER ! VOUS DECHIQUETER ! VOUS DEVORER ! Beugla-t-il comme un fou. LA TERRE EST A MOI ! MOURREZ ! MOURREZ ! MOURREZ !»

Il abattit ses mains sur les moucherons qui s'envolèrent sans se laisser avoir.

Elsa contemplait le spectacle, le cœur tambourinant dans sa poitrine. Elle avait vraiment beaucoup de chance de les avoir connus de son vivant. D'avoir participé à tout ça et d'offrir elle aussi sa vie pour les siens. Bien qu'elle n'eut aucune incantation à prononcer ni aucune fusion à faire, elle se laissa porter par le cri des humains, plus bas. Le lien. Elle était la liaison entre eux et la magie. Le point d'orgue de tout ça. Elle le ressentait dans son âme et ne put s'empêcher de fixer sa sœur qui frappait violemment sur un démon avec le roi d'Arendelle. Elle serra sa poitrine tout en laissant glisser son regard sur la future génération qui défendait leur terre avec la même ferveur que les adultes. Entourés de leur magie et des hommes ils étaient le parfait exemple de la nouvelle ère qui arrivait. De la paix et l'harmonie entre toute chose qui revenait enfin après des siècles et des siècles de perdition.

Ils avaient déjà gagné avant même d'en finir !

Oui, tout les royaumes qu'elle regardait. Corona, Beurk, Thalie, Atlantica, Barnes, Kumandra, Northuldra, Les Powhatans, Dunbroch et d'autres… Les sirènes, les esprits mineurs, les dragons, les humains, les fées… Tous dans un même ensemble, dans un tout. Elle se sentit réchauffée et surpuissante en cet instant, comme si cette réunion avait augmenté sa force magique. Et c'était le cas. Elle était née pour ce moment, pour cette union.

Renforcée, Elsa s'entoura de pierre magique élémentaire en forme de losange qui générèrent des esprits de la nature pour l'aider dans son action. Désormais sûre d'elle, elle salua de loin sa sœurette et sa bien-aimée Honeymaren bien qu'elles ne la virent pas faire, puis, elle se retourna sur Chernabog pour le parsemer de sa glace. Créatrice de vie dans l'âme Elsa engendra une armée de gros yétis des neiges qui attaquèrent leur ennemi par tous les côtés tandis qu'elle-même congelait le magma en fusion, protégée par les esprits de la nature et toujours assise sur son cheval d'eau, Nook.

Pour la première fois de toute son existence éternelle, Chernabog était acculé, terrifié. Il avait beau frapper, à chaque fois on le repoussait. De son cri sinistre il se leva alors de toute sa hauteur puis provoqua ses ennemis d'un hurlement déchirant la terre elle-même en de larges fissures. Il invoqua tout le pouvoir qu'il pouvait avant de se préparer à les éradiquer une bonne fois pour toutes.

La dernière salve était lancée !


Prêt pour le dernier chapitre?! J'espère! Hé, hé, hé.

L'histoire est terminée à l'écrit dans tous les cas et arrivera samedi prochain avec l'épilogue :*

A bientôt!