Drago Malefoy

Drago ajusta la cravate de son uniforme en traversant d'un pas conquérant le Poudlard Express, suivi des fils des amis de son père. Sa cravate était noire, comme sa robe ; ce soir-là, elle serait verte et argentée, comme son blason.

Drago ne s'inquiétait pas beaucoup de la cérémonie de la Répartition, dont l'issue le concernant ne faisait aucun doute. Tous les Malefoy et presque tous les Black avaient été à Serpentard, la seule et unique maison digne d'intérêt de cette foutue école.

Bon, Serdaigle passait encore ; Drago se souvenait qu'une de ses grands-tantes du côté Rosier y avait été répartie. Mais Poufsouffle et Gryffondor… L'idée en elle-même semblait presque drôle.

— Je crois que c'est là, marmonna Vincent Crabbe en s'arrêtant devant la porte d'un compartiment.

Gregory Goyle hocha la tête en silence. Tant mieux. Il faudrait que Crabbe apprenne à se taire aussi bien que son comparse, sinon Drago ne tiendrait pas l'année. Morgane ! ce qu'ils pouvaient être bêtes. Le jeune Malefoy avait manqué de mourir d'ennui durant tout le trajet. Heureusement qu'il y avait eu des friandises, surtout des plumes en sucre, sinon… Par tous les sangs, pourquoi n'était-il donc pas directement allé voir la bête de foire Potter ? Tout se serait passé beaucoup plus vite, et il aurait même peut-être pu se débarrasser des deux balourds, avec un allié aussi puissant.

Un allié… En entrant dans le compartiment, suivi par ses deux acolytes, Drago repensa aux mots de son père. Harry Potter était un sorcier puissant, pour avoir anéanti le Seigneur des Ténèbres quand il avait à peine un an. Son père disait que Potter serait sans doute promis à de grandes choses, s'il choisissait la voie de la magie noire, comme il pensait qu'il le ferait. Parce qu'il fallait nécessairement être un futur mage noir en puissance pour…

Drago n'en laissa rien paraître, mais il sentit que tous les espoirs de son père concernant ce satané Survivant avaient été balayés en amont par ce fou de Dumbledore.

— Alors, c'est vrai ? s'enquit rapidement le garçon afin de mettre fin à ses doutes. On dit partout que Harry Potter se trouve dans ce compartiment. C'est toi ? *

Pitié, faites que ce ne soit pas…

— Oui, répondit le petit brun aux yeux verts que Drago avait déjà rencontré, un mois auparavant, chez la couturière. *

Nom d'un Cognard, ce soi-disant mage noir était ami avec Hagrid ! Et puis, il était minuscule.

Potter regarda les deux garçons qui suivaient Drago, et celui-ci se décida à faire ce que son père lui avait demandé. Après tout, si son père croyait qu'on pouvait faire quelque chose avec ce garçon, c'était sans doute vrai. Le père de Drago avait toujours raison, de toute façon.

— Lui, c'est Crabbe et l'autre, c'est Goyle, l'informa Drago sur un ton neutre. Moi, je m'appelle Malefoy, Drago Malefoy. *

L'autre garçon du compartiment étouffa un ricanement en feignant une petite toux, et Drago le prit immédiatement en grippe. Comment osait-il ? Lui qui avait si longtemps répété cette phrase, lui qui avait toujours rêvé de se présenter ainsi, comme son père le lui avait appris ! Avec la fierté du nom Malefoy, et l'héritage précieux de son nom d'étoile, Drago, qui lui venait des Black !

Il se rendit compte que l'insolent était un petit rouquin avec une tache sur le nez, et toutes les sages paroles de son père à propos de cette famille de gueux lui revinrent en mémoire.

Ah, un Weasley.

— Mon nom te fait rire ? siffla le jeune sorcier. Inutile de te demander le tien. Mon père m'a dit que tous les Weasley ont des cheveux roux, des taches de rousseur et beaucoup trop d'enfants pour pouvoir les nourrir. *

Puis, se tournant vers le Survivant, Drago continua :

— Fais bien attention à qui tu fréquentes, Potter. Si tu veux éviter les gens douteux, je peux te donner des conseils. *

À commencer par éviter ces foutus Weasley.

Le jeune Malefoy tendit la main au jeune Potter, lui offrant une alliance sûre et profitable à tous deux. Potter, s'il avait eu un peu de jugeote, aurait dû la serrer, accepter son aide et cracher sur Weasley avant de partir.

Mais Potter était visiblement un imbécile, ou alors Weasley avait déjà déteint sur lui, et ce crétin la refusa.

— Je n'ai besoin de personne pour savoir qui sont les gens douteux, répondit-il d'une voix glaciale qui lui rappela étrangement le ton parfois employé par sa mère devant certains Aurors trop suspicieux. *

Drago sentit ses joues chauffer légèrement à l'insinuation et, n'eût été son excellente éducation, Potter serait sans aucun doute passé par la fenêtre du Poudlard Express.

— Si j'étais toi, je serais un peu plus prudent, Potter, commenta-t-il d'une voix lente afin que cet imbécile comprenne la menace. Si tu n'es pas plus poli, tu vas finir comme tes parents. Eux aussi ont manqué de prudence. Si tu trames avec de la racaille comme les Weasley ou Hagrid, ils finiront par déteindre sur toi. *

— Répète un peu ça ? s'énerva le rouquin. *

Les deux garçons s'étaient levés comme un seul homme, leurs figures rouges comme des tomates. Il était même devenu difficile de différencier les cheveux du Weasley de sa peau. Drago se retint de lever les yeux au ciel. Ne voyaient-ils pas qu'en plus d'être en infériorité numérique, ils étaient aussi en grave infériorité musculaire ? Si Drago se coltinait Crabbe et Goyle, c'était bien pour une raison.

— Vous voulez vous battre, tous les deux ? *

— Vous feriez mieux de filer d'ici, se contenta de répondre Potter en lançant un regard mal assuré aux deux garçons imposants. *

Drago se retint de sourire de toutes ses dents. C'était trop facile. Beaucoup trop facile. Puisque Potter ne serait pas son allié, il serait son ennemi. Drago ferait de sa vie un enfer, et prendrait des mesures drastiques pour s'assurer que l'opinion publique prenne le relais, si jamais lui-même venait à se lasser d'asticoter le Survivant. Son père lui avait toujours expliqué qu'il fallait agir ainsi, quand son honneur se trouvait entaché.

— Oh, mais on n'a pas du tout l'intention de s'en aller, pas vrai, les gars ? On a fini toutes nos provisions et vous avez l'air d'en avoir encore. *

Goyle fondit immédiatement sur le tas de friandises, et plus précisément vers les Chocogrenouilles. Le Weasley voulu se jeter sur lui, mais, à la grande surprise du jeune Malefoy, Goyle poussa un effroyable hurlement avant même que le rouquin ne le touche. Drago et Crabbe eurent un mouvement un recul quand leur acolyte sortit sa main de la montagne de sucreries : un gros rat hideux lui avait mordu un doigt et s'y accrochait fermement. Le pauvre garçon agita frénétiquement sa main jusqu'à ce que l'immonde animal lâche prise et aille s'écraser contre la fenêtre du compartiment.

Drago ne demanda pas son reste et s'éclipsa en vitesse, suivi des deux crétins. Merlin, un rat ! Il n'y avait qu'un Weasley pour s'affubler d'un pareil animal ! Le jeune sorcier jeta un regard en coin à la main blessé de Goyle. Il faudrait faire vérifier la blessure ; allez savoir ce pouvait transporter ce rat plein de graisse…

Drago sentit à nouveau ses joues rosir en songeant à l'affront que lui avait fait Potter, en refusant sa main. Il regretterait bien vite son inconscience et sa bêtise, Drago s'en faisait la promesse. Il était un Malefoy, par tous les sangs ! On ne lui manquait pas de respect impunément. Si Potter avait refusé son amitié, alors Drago s'arrangerait pour que nul ne puisse en bénéficier.

Seulement, si cette promesse fut vite oubliée, la rancœur du jeune Serpentard, elle, n'en demeura pas moins vive. Et, au fil des années, alors que Potter réussissait partout où Drago échouait, et finissait invariablement par s'attirer la sympathie de tous les professeurs – Severus excepté, bien sûr – et de nombre d'imbéciles, elle ne fit qu'enfler et se renforcer. Parce que Drago avait dû corrompre Flint pour être nommé attrapeur, parce qu'il avait perdu ce stupide Dobby, parce qu'il devait supporter l'idée d'avoir été rejeté au profit d'une Sang-de-Bourbe, d'un Weasley, et de ce crétin de Londubat.

Enfin parce que Drago, au fil de sa quatrième année, ne put s'empêcher de se rendre compte que, malgré la haine et la rancœur, quand il se réveillait le matin, en sueur, après ces stupides rêves érotiques dus à sa stupide puberté, ce n'étaient pas les yeux bleus de Daphné qui laissaient une trace indélébile dans son esprit, ni la généreuse poitrine de Pansy, et encore moins le souvenir écœurant de la Serdaigle qui s'était infiltrée dans le dortoir de Drago pour se masturber sur son lit. Ce n'étaient même pas des filles.

Ce n'était même pas Blaise, ou Théo, ou Krum ! Non, bien sûr que non, c'eût été trop facile, de les oublier, ceux-là ! C'eût été trop facile, de tout balayer d'un revers de la main, parce qu'il se fichait complètement de ce qui les concernait, en vérité. Non, il avait fallu que ce soit infernal, que ce soit invivable, que ce soit humiliant.

Il avait fallu que ce soient les yeux verts et la cicatrice, et ce stupide balai, pendant la Première Tâche, et ce diable d'héroïsme, pendant la Deuxième Tâche ; que ce soit la seule obsession de laquelle Drago semblait ne jamais parvenir à se libérer. Ses cuisses, ses regards rêveurs, le V de ses hanches. Sa haine incommensurable pour Drago et son père.

Il avait fallu que ce soit Harry Potter.


Drago grogna de plaisir en se plongeant dans l'eau chaude aux propriétés magiques de la Salle de Bain des Préfets. Cela faisait des années qu'il attendait de pouvoir jouir de ce privilège, n'ayant jamais été suffisamment proche de ses prédécesseurs pour leur glaner le mot-de-passe. Alors, maintenant qu'il en avait l'occasion, il était tout simplement hors de question qu'il n'en profite pas le soir-même de son arrivée au château, après des heures et des heures à rester assis comme un idiot sur des banquettes moyennement confortables.

L'ambiance dans les dortoirs de Serpentard s'annonçait glaciale. Blaise et Théo n'étaient pas du côté du Seigneur des Ténèbres, même s'ils s'abstenaient bien de le dire, et la tension entre eux et les trois futurs Mangemorts s'en faisait ressentir. Parce que Drago ne se faisait pas d'illusions : le Seigneur des Ténèbres était de retour, et il lui faudrait un jour prendre la suite de son père.

Drago attendait ce moment avec impatience ; ce serait celui de faire ses preuves, celui de montrer à son père et à tous les autres qu'il était digne de porter le nom Malefoy. Ce serait…

Il y eut un grand fracas suivi d'un juron et Drago se saisit immédiatement de sa baguette, qu'il avait posée sur le rebord de la piscine. Prêt à jeter un sort à l'intrus, il eut bien du mal à conserver son masque de froideur en voyant qui était l'imbécile qui avait fait tomber l'une des petites armoires à l'entrée de la salle. Par tous les sangs, pourquoi fallait-il que ça tombe sur lui ? Encore. Heureusement qu'il était déjà dans l'eau ; il n'aurait pas supporté que Potter l'ait vu dans son plus simple appareil.

Il tâcha d'ignorer les souvenirs fugaces des rêves qui les impliquaient, Potter et lui, nus et très intéressés l'un par l'autre. Ces deux mois sans un seul de ces rêves stupides lui avaient fait un bien fou et il était presque parvenu à oublier son obsession anormale pour l'imbécile. Presque.

Celui-ci semblait l'avoir enfin remarqué, après avoir rangé tant bien que mal le désordre qu'il avait provoqué. Son regard descendit vite vers la partie du corps de Drago dont l'eau, trop claire, ne cachait pas grand-chose ; il déglutit. Le Serpentard se retint de lever les yeux au ciel ; il regrettait sa décision de ne pas mettre de bulles, avec, il aurait aisément pu éviter ce genre de désagrément.

Les petits neurones du Gryffondor semblèrent enfin se connecter assez longtemps pour prendre une décision, et il soupira. Puis se déshabilla. Bordel. Avait-il seulement un sou de jugeote ? Drago haussa un sourcil en raffermissant sa prise sur sa baguette. Que croyait-il faire, bon sang ?

Quand Potter fut entièrement nu et se plongea dans l'eau chaude, Drago sentit que ces deux mois de répit avaient été une exception, et qu'il était condamné à rêver de Potter jusqu'à la fin de sa vie. Ce sale petit con était bien monté, en plus de ça !

— Qu'est-ce que tu crois faire, exactement, Potter ? finit-il par grincer, en espérant que le Gryffondor interpréterait le rose de ses joues comme de la colère plutôt que comme de la gêne.

Il n'avait pas vraiment besoin que l'imbécile ait une autre arme contre lui.

— Je suis fatigué, Malefoy, se contenta de répondre son interlocuteur. Lave-toi, casse-toi, fais ce que tu veux : ce n'est pas mon problème. Mais ne compte pas sur moi pour me bouger de là.

Il disait vrai. Ses cernes mangeaient presque la moitié de son visage, et Drago se souvint que l'été avait probablement été mouvementé, pour lui. Les Détraqueurs… Drago ne voulait pas penser aux Détraqueurs. Leur intrusion dans son compartiment avant la troisième année restait un de ses souvenirs les plus mortifiants. Et même chez les Gryffondor, on ne devait pas forcément le croire sur parole, par rapport au retour du Seigneur des Ténèbres…

Alors, malgré ce que sa raison lui dictait, Drago s'éloigna en quelques brasses et déposa sa baguette sur le rebord de la piscine, puis décida d'ajouter des bulles à ce foutu bain pour que ce soit moins gênant. Potter ne fit aucun commentaire, et s'enfonça plus encore dans l'eau. Drago lui en fut gré, bien qu'il n'en montrât rien : ainsi, il n'avait aucune visibilité sur le corps de l'Attrapeur.

Le Serpentard savait bien qu'il finirait par regretter de ne pas être parti, et de ne pas avoir dénoncé à Severus la présence de Potter, qui n'était ni Préfet, ni Capitaine, dans la Salle-de-Bain des Préfets. Mais, là, il sentait le regard vert fixé sur lui, il sentait la curiosité de Potter, mais aussi sa lassitude. Drago n'avait pas cœur à le chasser ; et puis, il valait mieux que ce soit lui plutôt que Weasley.

Pas vrai ?


Les draps bruissèrent quand Harry se leva. Drago attrapa sa main, sans le regarder.

— Reste.

Un tout petit mot qui changeait tout. Ce ne serait pas une nuit comme les autres cette fois-ci, pas une simple bataille, un combat pour celui qui dominerait ou serait dominé. Ils n'étaient jamais restés dans la Salle sur Demande après le sexe ; ça aurait voulu dire beaucoup, beaucoup plus que ce qu'ils s'autorisaient à admettre, beaucoup trop. Ils partageaient une couche à peine une heure, puis se quittaient. C'était bien comme ça – ou tout du moins, ça l'avait été jusque-là.

Parce que Drago voulait plus. Ce qu'il y avait entre eux était fort, bien trop fort pour qu'il en fasse abstraction, et peut-être même qu'il aimait un peu le Survivant. Rien qu'un peu.

Harry sourit doucement et se rallongea, enfouissant sa tête dans le cou du Serpentard, et entourant sa fine taille de ses bras puissants. Il murmura un « Joyeux anniversaire » quand minuit sonna à sa montre. Pour toute réponse, Drago resserra son étreinte et embrassa ses cheveux. La légère fragrance de pomme le fit frissonner – il ne se lasserait jamais de cette odeur.

Drago était complètement foutu. Foutu, cramé, toqué et sans aucun doute mordu, aussi. Dans tous les sens du terme pour le dernier ; Harry avait une tendance à se montrer... sauvage.

Sans doute que si ça se savait, ça leur attirerait des problèmes. Surtout à Harry. Mais il se fichait bien d'être égoïste. Potter était à lui, et plus uniquement dans ses rêves ou leurs ébats. Rien ne pourrait changer ça. Ils seraient tous les deux les gardiens de leur secret.

Ils étaient beaux et amoureux. Et riches. Et puissants.

Mais la chance... l'avaient-ils, elle ?


Drago sentit la morsure du froid sur son cœur, au fur et à mesure que son parrain lui expliquait la situation. Il avait mal, si mal – rêvait-il ? Bien sûr qu'il rêvait. Il ne pouvait pas en être autrement. Ce ne pouvait être qu'un cauchemar. N'est-ce pas ?

Dans quelques minutes, il se réveillerait dans les dortoirs de Serpentard, Crabbe serait encore en train de ronfler, et Blaise déjà en train de prendre sa douche. Théo serait en train de livre un quelconque livre écrit en runes, et Goyle regarderait la scène en dévorant quelques Chocogrenouilles. Comme d'habitude. Drago descendrait les escaliers du dortoir après s'être préparé, saluerait Pansy d'un baiser sur la joue et Daphné d'un signe de la main ; puis il irait prendre son petit déjeuner et échanger un regard avec Harry, promesse d'une nuit de plaisir et d'amour, invitation à un baiser volé entre deux fausses altercations.

Mais Drago ne se réveillait pas, malgré la douleur lancinante qui gagnait peu à peu son âme, malgré le lourd désespoir qui enserrait à présent son cœur. Rogue le regardait d'un air compatissant, mais ses mots n'en restaient pas moins vides de la moindre trace d'empathie. Lucius Malefoy s'était compromis, au Ministère, la veille. Il avait été emmené par les Aurors, et attendrait son procès dans une petite cellule du Département de la Justice Magique. Avant d'être envoyé à Azkaban, certainement, parce que Fudge et Scrimgeour avaient été témoins de sa présence et de ses actions.

Drago déglutit avec difficulté. Son père allait assurément être envoyé à Azkaban. Son père… Drago se rendait compte que sa relation avec Harry allait poser un véritable problème, et pas seulement à cause du regard des autres et de leurs familles. La tante de Drago, Bellatrix, était responsable de la mort de Sirius Black. Si le Harry qu'il connaissait ne lui en tiendrait jamais rigueur, comme il ne lui avait pas tenu rigueur pour sa participation à la Brigade Inquisitoriale, qu'en était-il du Harry meurtri, endeuillé, comme de nouveau orphelin ?

Et puis, Drago ne se voilait pas la face. Il aimait Harry, mais il aimait aussi son père, même s'il l'admirait sans doute moins qu'il avait pu le faire à une époque. Savoir que Harry était, en quelque sorte, responsable de l'emprisonnement de son père, même si la raison le poussait à affirmer le contraire… Drago savait que la rancœur finirait un jour par remplacer la douleur. Il espérait de simplement qu'elle serait dirigée contre le Seigneur des Ténèbres ou contre son père lui-même, ou même contre Sirius Black, et surtout que Harry n'en serait pas l'objet.

— Drago, reprit le Maître des Potions, tu sais que tu peux me faire confiance, d'accord ? Peu importe ce que tu penses, le côté que tu choisis, je n'irai jamais contre toi. Je suis ton parrain, et non pas seulement ton professeur.

Le jeune Malefoy déglutit. Il était bien drôle, de dire ça, tout en étant le bras droit du Seigneur des Ténèbres !

— Je le sais, Severus, concéda-t-il du bout des lèvres.

— Le Seigneur des Ténèbres est furieux. Je ne pense pas qu'il le soit au point de te livrer à Fenrir Greyback, mais… Fais attention, cet été. Et n'oublie pas que je suis là, si tu as besoin d'aide, et que tu ne dois surtout pas avoir peur de me faire part de tes sentiments et de tes craintes.

Drago hocha péniblement la tête. Il commençait à réaliser l'ampleur des événements, et à entrevoir leurs conséquences sur son couple.

— Mais quoi qu'il arrive, continua Severus, je veux que tu saches que ta relation avec Potter ne peut pas durer.

L'adolescent pâlit. Comment Severus pouvait-il… ?

— Cela n'est bénéficiable ni à l'Ordre du Phénix, ni à toi, et pas vraiment au Seigneur des Ténèbres. Tu ne fais que vous mettre en danger, Potter et toi, et je me doute bien que c'est à l'opposé de ce que tu souhaites. Il te faudra apprendre l'Occlumancie, et je suggère que tu commences avec moi. Il ne faut surtout pas que quelqu'un apprenne pour Potter et toi, tu m'entends ?

— Oui, Severus.

Même si son parrain fit mine de n'avoir rien remarqué, Drago, lui, avait honte de la brisure qu'il avait entendue dans sa propre voix. Il regrettait de n'avoir jamais su réellement mettre en place le masque que sa mère arborait en toutes circonstances.

Il regrettait d'être lui-même incapable de suivre son propre conseil, celui qu'il avait donné à Harry, un million d'années plus tôt. La prudence…

Drago retint un ricanement amer. Si seulement il avait su, sans doute n'aurait-il jamais goûté les lèvres interdites, ce soir d'Halloween, dans la Salle-de-Bain des Préfets.


Un millier de serpents s'insinuèrent dans ses veines, se gravèrent sur son bras. Un millier d'insectes grouillaient sur sa peau – son ventre, ses joues, ses lèvres, tout était devenu leur terrain de jeu, il était devenu une gigantesque fourmilière, le repère d'autant de créature qu'il y avait d'yeux autour de lui… et ces yeux… Oh ! Ces yeux ! Un millier de regards se posaient sur lui, toujours, de toute part, et les murmures, et le bruit, et… et ce hurlement, déchirant, au loin. Il lui fallut un moment pour comprendre qu'il était lui-même la source de ce cri, et que, s'il paraissait si lointain, c'était que ses pauvres tympans en avaient déjà fait les frais.

Drago prit une grande goulée d'air quand le supplice prit fin, et le regard fier de son père lui apprit qu'il… Mais son père n'était pas là, et le regard n'était pas fier. Narcissa Malefoy, accompagnée de Bellatrix Lestrange et de Severus Rogue, avait perdu son masque, et l'horreur qui s'y peignait laissa entrevoir à Drago une échappatoire. Sa mère l'aimait. Coûte que coûte, sa mère le protégerait. Le regard plus sombre – plus neutre – de son parrain lui fit comprendre que c'était le point de non-retour. Tant que le Seigneur des Ténèbres vivait, il serait son esclave. Tant que le Seigneur des Ténèbres vivrait…

Il se souvenait d'un temps où recevoir cette Marque avait été l'un de ses plus grands rêves. Il l'avait considérée comme un honneur, en grande partie à cause de son père. Son père… Peut-être Lucius était-il fier de lui, depuis Azkaban, s'il avait appris la nouvelle. Il l'espérait, du moins. C'était bien la seule chose que cette foutue Marque pouvait lui apporter de toute façon.

Parce que, même s'il mima l'honneur et la joie devant le Seigneur des Ténèbres et devant Bellatrix, il se doutait bien que le goût âcre qu'il sentait dans sa bouche n'était ni celui de la fierté, ni celui du bonheur.

C'était celui de la honte.


Le Lord l'avait investi d'une mission. Ou plutôt, de deux missions. À vrai dire, sans doute était-ce trois. Il y avait ce soir-là, la raison pour laquelle on l'avait Transplané dans ce petit village Moldu. Tuer le plus de monde possible, en torturer quelques-uns, et fuir dès que le moindre Auror se pointait. Semer la terreur, montrer au monde que, pendant que le Ministère se plaquait les mains sur les oreilles pour ne rien entendre comme l'aurait fait un vulgaire enfant, le Seigneur des Ténèbres avait pris des forces et revenait plus puissant que jamais, ou presque.

Le village n'était qu'un avant-goût de ce qu'il allait subir une fois le premier septembre passé. Ce serait l'unique attaque à laquelle il participerait avant l'été suivant ; ces Moldus, il ne les connaissait pas ; ces visages, il n'avait pas le temps de les graver dans sa mémoire. Les cris, il ne les oublierait jamais, bien sûr, mais les visages… Ça s'oublie si vite, un visage.

Cela ne l'aidait pas vraiment, de savoir ça. Parce que, même s'il savait qu'il ne parviendrait bientôt plus à se souvenir des traits des victimes, il les voyait, ce soir-là. Les pleurs, la détresse, la haine. Le félétone – télésonne ? téléphone ? – encore à la main, un appel à l'aide au bord des lèvres, le regard vide – si vide !

Drago avait toujours craint les regards, les murmures, le bruit. Mais c'était toujours préférable au vide, au sang, aux cris. Il le comprenait, désormais, l'apprenait sur le terrain, confronté à tout ce qu'il avait un jour souhaité, et tout ce que, cette année-là, il avait craint.

Incapable de lancer le moindre sort, partagé entre son devoir et sa conscience, il tenait là, debout, au milieu de la mêlée. Les traits de lumières fusaient, les silhouettes encapuchonnées riaient, les corps disloqués des victimes tombaient, et lui restait là, immobile ; sa prise sur sa baguette perdait de sa fermeté et il ne tenait plus vraiment debout que par la force des choses, parce que trop souvent un Mangemort le bousculait dans sa course, parce que trop souvent un Moldu le heurtait dans sa fuite. Le masque blanc le démangeait, et s'il n'avait dû pour cela dévoiler son visage, il l'aurait arraché plusieurs minutes plus tôt, l'aurait piétiné avec rage.

Altaïr tout puissant ! il avait attendu ce moment toute sa vie, et voilà que le souvenir clair d'un regard si profondément vert lui ôtait toute envie de se battre, toute envie d'obéir, toute envie de fuir… Non, il se mentait à lui-même. Il aurait fui, s'il l'avait pu, si la Marque sur son bras ne l'avait pas assuré que, où qu'il aille, le Seigneur des Ténèbres saurait le retrouver.

Ce serait donc la même chose, quand le jour fatidique arriverait. Quand il aurait accompli sa deuxième mission ; quand il aurait fait entrer les Mangemorts à Poudlard. Il serait à nouveau le seul imbécile à ne lancer que des sorts de défense pour éviter les traits perdus, il serait à nouveau incapable de raffermir la prise qu'il avait sur sa baguette. Et ce serait, encore une fois, la même chose, quand enfin il ferait face au sujet de sa troisième mission… en pire, en bien pire. Drago ne voulait pas y penser, pas ce soir, pas toute suite. Il y avait ce soir-là, donc ; et il y avait l'année suivante.

Un premier bruit de Transplanage l'alerta qu'il était temps de fuir. Les Aurors arrivaient. Drago espérait que quelques Moldus pourraient être sauvés du carnage, que des soins pourraient être apportés aux quelques survivants.

Les Aurors étaient arrivés, et pourtant il ne bougeait pas. Depuis le début, il n'avait attendu que l'arrivée des secours pour enfin s'en aller, mais maintenant qu'il en avait la possibilité… Vraiment, l'adolescent peinait à croire qu'il avait un jour pu imaginer se délecter de tant de cris, de tant de morts.

Au milieu des cadavres, il avait distingué une mèche brune. Il avait remonté son regard jusqu'au sommet de son crâne, dérivé sur ses yeux, la pointe de son nez, la finesse de ses lèvres. Sa gorge découverte, lacérée par Greyback, sa poitrine encore trop jeune pour se distinguer de celle de ses frères, sa petite robe bleu ciel… Il était beau, ce ciel. Ce n'était pas vraiment celui, clair et pur, du midi, ni celui, teinté de rose et d'or, du petit matin, ni encore le bleu sombre du creux de la nuit… C'était un ciel de crépuscule, teinté de rouge comme de sang. Drago releva les yeux vers ceux de la petite fille pour ne croiser que ce vide qui le terrorisait tant, ce vide dans lequel il lui semblait si simple de sombrer, si seulement il avançait vers…

Il entendit le sifflement distinct d'un sort et tourna lentement sa tête. Il eut juste le temps de voir la lueur rougeâtre du Stupéfix se précipiter vers lui, puis le monde tourbillonna. Le monde avait l'odeur désagréable du parfum de sa tante.

Un frisson le parcourut en songeant au sortilège de torture qu'elle leur avait infligé, à sa mère et lui, quand ils l'avaient surprise riant au-dessus des débris d'un vieux piano. Sans oublier qu'elle avait tué Sirius Black… Drago se demanda un instant ce que Harry ferait, s'il le savait si proche de la meurtrière de son parrain, sans pour autant qu'il ose mettre fin aux jours de la sorcière ; puis il réalisa qu'elle venait de lui sauver la vie. S'il ne s'était jamais réjoui de se savoir son neveu, et si sa crainte s'était muée en dégoût, en terreur et en haine depuis l'épisode du piano… Il n'avait d'autre choix que de se sentir redevable envers elle, à présent. La garce.

Elle disparut dans un baiser et un tourbillon de robes, son rire d'enfant se répercutant contre les murs du Manoir Malefoy. Elle n'avait pas besoin de porter un masque, elle. Les autres Mangemorts nouvellement recrutés finirent par disparaître un à un également ; leurs rires gras et leur haleine pleine d'alcool empiraient le malaise de Drago, même partis. Leur présence flottait dans la pièce comme un mauvais présage.

Le regard vide de la petite fille s'imposa à son souvenir. Elle avait eu des yeux bleus comme le ciel de sa robe, avant de mourir. Il était si facile d'y imaginer une étincelle… Drago eut un rictus amer. Qu'il avait été bête ! Dire que, quelques minutes plus tôt, il avait cru qu'il oublierait tous les visages… Bien sûr, la plupart s'étaient déjà effacés, mais ce regard… cette absence de regard, et le soleil couchant dans le ciel bleu. Ce nez, ces lèvres, cette gorge presque encore palpitante.

Inconscient que cette petite Moldue devenait pour lui ce que la jeune Cassandra Selwyn avait été à feu Sirius Black, il laissa tomber les faux semblants et, derrière le masque d'ivoire couvert d'arabesques noires et fines, il laissa les larmes couler.


Drago n'avait pas voulu penser à Dumbledore. Il n'avait pourtant pas vraiment eu le choix, quand le Seigneur des Ténèbres était venu se rappeler à lui, dans le courant de l'été. Il avait été à Barjow & Beurk, s'était renseigné sur l'Armoire à Disparaître, avait acheté le collier d'opale… Mais il n'avait pas voulu penser à Dumbledore.

Devant la porte close de sa chambre, droit comme un i, Drago y songeait – là, maintenant, tout de suite. Tuer Dumbledore. Drago n'était pas stupide. Il savait bien que c'était une mission suicide, une façon de punir l'incompétence de son père. Les Malefoy n'avaient plus rien de puissant, désormais ; ils étaient tout juste bons pour cirer les bottes du Seigneur des Ténèbres. Drago se répugnait lui-même à faire encore preuve de tant de déférence envers Lui, et enviait la frivolité avec laquelle Harry nommait Vol… le Lord. Parfois, il avait même l'audace de prononcer son nom véritable, celui de l'adolescent, de l'enfant qu'avait un jour été le mage noir. Ce nom innocent… Drago n'osait pas même le penser, et Harry aurait sans doute pu le dire en riant aux éclats, un verre de jus de citrouille dans une main et une part de tarte à la mélasse dans l'autre, s'il n'était pas toujours prononcé dans les moments les plus graves et les plus cruciaux de la guerre.

Le jeune sorcier reporta son regard sur sa baguette. Avant la fin de l'année scolaire, il aurait dix-sept ans. Avant la fin de l'année scolaire, il aurait… sinon réussi, du moins tenté de tuer Albus Dumbledore. Et avant le début des cours il lui faudrait… il serra sa baguette dans son poing.

Il n'allait jamais y arriver. Bien sûr qu'il allait échouer ! C'était Dumbledore. Mais s'il n'y parvenait pas, ses parents et lui mourraient sans aucun doute. Alors, si Harry l'aimait autant qu'il le prétendait, il en pâtirait également.

Seulement, même s'il réussissait, Drago ne se faisait pas d'illusions : Harry serait profondément déçu et ne voudrait plus jamais entendre parler de lui. Il n'aurait pas vraiment tort, du reste, mais Drago ne voulait pas tant souffrir. Il avait toujours pensé que c'était plus facile, de mettre fin soi-même à quelque chose, avant que la fin ne vienne d'elle-même ou de quelqu'un d'autre, et qu'il ne reste que les regrets. Il préférait les remords aux regrets. Il espérait avoir raison de le faire.

Une dernière issue lui glaçait plus encore le sang que les deux autres. Si le Lord apprenait pour sa liaison avec l'Elu… nul doute qu'Il s'en servirait comme moyen de pression, et leurs chances à tous de mourir doubleraient. Comme si elles n'étaient pas déjà assez élevées, tiens !

Il aurait aussi pu en parler à Dumbledore… Mais il ne se faisait pas d'illusions. Le grand Dumbledore avait beau faire le paon et prôner les liens inter-Maisons, il n'aurait que faire d'un fils de Mangemort, peu fiable, qui pouvait aussi bien être un espion qu'un futur traître – un poids à éviter, en somme.

Il fallait donc faire cavalier seul. Pour protéger tout le monde. Il lui faudrait bien sûr finir de consolider ses barrières d'Occlumancie auprès de Rogue, puis de Bellatrix, mais une fois assuré du minimum de protection… Il faudrait qu'il soit complètement seul.


Sa démarche mal assurée trahissait son trouble bien plus qu'il ne pouvait se le permettre. Il le fallait, pourtant. C'était… douloureux, mais il devait le faire. Pour Harry, pour ses parents. Pour le monde sorcier. Avec le temps, la douleur s'atténuerait. Puis, la guerre terminée, ils se retrouveraient, et s'aimeraient comme au premier jour. Drago ne perdait pas Harry, il protégeait ceux qui pouvaient l'être.

— Ah, Drake, enfin ! le salua la raison de son trouble avec joie et désir, inconscient de ce que le Sort lui réservait. Je commençais à croire que t'avais changé d'avis, pour ce soir...

Ses yeux verts, pétillants, étaient un véritable appel à la débauche. Ses lèvres aussi, légèrement rougie, comme si elles avaient été mordues, malmenées. Sa cravate défaite, sa chemise froissée, ses cheveux mal coiffés... Tout chez lui inspirait la luxure. Mais Drago n'était pas venu pour ça, ce soir-là. Il aurait préféré, sans aucun doute, et la tentation de succomber, une dernière fois, était forte, mais le temps n'était plus aux mièvreries, ni même à l'assouvissement de ses plus bas désirs.

Harry avait dû se rendre compte que quelque chose n'allait pas : il fronçait des sourcils. C'était maintenant ou jamais, pas vrai ? Le Serpentard leva sa baguette d'aubépine, la main tremblante.

— Drago... ?

Pas même son air trahi et déçu, pas même la peur de le blesser ne dissuadèrent Drago. Encore moins son poing qui commençait à se crisper, à la recherche d'une baguette qu'il n'avait pas, ou ses lèvres qui ne formaient plus qu'une mince ligne. Drago les préférait entrouvertes et tentatrices.

— Pardonne-moi, Harry.

Un pas en avant. Un trait bleu. Comme le ciel, comme les yeux vides, comme la robe. Harry cligna des yeux, confus.

Drago ne voulait pas en voir plus, ou risquer de se confronter à un Harry qui ne se souvenait pas d'eux. Il n'en avait pas la force. Aussi prit-il la fuite. Il avait toujours été particulièrement bon à ça. Mais où était le mal ? Il ne souhaitait que s'épargner un peu de souffrance. Repousser le plus possible l'échéance de la prochaine dispute virulente, qui ne tarderait pas à arriver. Parce qu'ils étaient redevenus Potter et Malefoy aux yeux du Gryffondor.

Drago fuyait sa culpabilité, aussi. Harry avait toujours refusé l'idée même de sacrifier leur relation pour le bien du monde sorcier. Qui était-il pour outrepasser les volontés du Survivant ? Ses lèvres se tordirent en une grimace amère alors qu'il dévalait les escaliers. Personne, voilà qui il était ! Et il était seul, à présent. Comme il l'avait si noblement voulu.

Mais ce n'était rien qu'un sort d'oubli, n'est-ce pas ? Severus travaillait déjà sur un antidote, il le lui avait dit. Tout irait bien. Drago ne perdait pas Harry, simplement un peu de temps avec lui. Ils pourraient tout rattraper après la guerre. Ils rattraperaient tout après la guerre.

Et pas même ses crises d'angoisse ne l'écartèrent de cette certitude, ni les discussions avec Mimi, ni les larmes, ni le regard haineux de Harry. Potter, comme il était censé l'appeler.

Parce que s'il doutait, alors... y avait-il seulement une raison de se battre ?


Les phrases marquées d'une astérisque (*) ont, comme d'habitude, directement été empruntées aux livres de JKR.


Bonsoir !

Mais que vois-je ? Ne serions-nous pas à la veille du mois d'août ? Et n'avais-je pas promis que ce chapitre viendrait rapidement ?

Bon. Si, j'ai fait ça, mais cette fois j'ai une excuse : mes parents ont décidé de partir en vacances du jour au lendemain. Avec moi. Comme ce n'était pas vraiment prévu et qu'il me restait trois petites scènes à écrire, j'ai cru avoir le temps de publier avant mi-juillet, et j'ai failli, mais après le vaccin j'avais un peu trop mal au bras pour écrire... et quand c'est allé mieux, on était déjà à l'hôtel. Sans ordi, donc sans chapitre. Oups. Enfin bon, dès que je suis rentrée, je m'y suis attelée, et le tout m'a pris moins d'une journée. Conclusion : j'aurais publié ça i semaines si un Peeves métaphysique n'avait pas soufflé à mes parents de prendre des vacances précisément le jour où il ne le fallait pas... ou si j'avais été anti-vax, mais à la rigueur je crois que je préfère encore être en retard, sur ce coup x)

Cela ne me dispense pas vraiment de m'excuser, par contre, alors désolée du retard ! J'espère que vous suivrez malgré tout cette histoire avec plaisir.

Quoi qu'il en soit ! Drago Lucius Malefoy, ce cher garçon, est enfin ici. Il reste encore deux parties (normalement, peut-être trois ?) pour compléter le grand chapitre sur notre fouine préférée, mais voici la première, et j'espère qu'elle vous a plu ! Drago est vraiment le premier des Black à avoir eu droit à son chapitre, étant donné qu'il s'agissait à l'origine d'un one-shot intitulé ÉGOÏSTE, puis il y a eu Bellatrix, Narcissa... Les autres ont suivi de manière assez naturelle, et j'ai eu approximativement tout mon canevas. Jusqu'à ce que je me souvienne que Teddy et Scorpius étaient des Black aussi, mais ça, c'est une autre histoire :')

Enfin, je me rends compte que je parle beaucoup, comme si les 6300 mots que je viens de vous servir n'étaient pas suffisants ! N'hésitez pas à me partager vos impressions, me dire ce que vous en avez pensé... Le parallèle entre Drago et Sirius, et le corps d'une petite fille, et la laide guerre qui leur broie le cœur et leur noue l'estomac. Le drarry aussi, et la solution (très peu égoïste) de Drago... N'hésitez pas à me parler de vos attentes pour la suite, aussi ! Vos suppositions, et tout. J'adore vous lire et, même si je mets parfois un peu de temps à répondre, je finis toujours par le faire ! D'ailleurs, hier j'ai enfin répondu à toutes les reviews sur BBM auxquelles je n'avais pas trouvé le temps de répondre avant et ça, ça fait plaisir !

Quoi qu'il en soit, merci beaucoup à vous d'avoir lu, et on se dit à très bientôt (promis, cette fois ; il ne me reste que quatre scènes à rédiger) pour la prochaine partie sur Drago !