Bonjour à toutes et à tous (et aux autres aussi).
Comment allez-vous en ce morne jeudi 7 octobre 2021 ? Ouais, morne, parce que même s'il y a un peu de soleil, il fait quand même froid. J'ai eu une période de déni à ce sujet la semaine dernière, d'ailleurs, et j'ai failli tomber malade à cause de mes bêtises. Je refusais de voir que le beau temps s'en était allé, et je venais au boulot avec une simple veste.
Ne faites pas ça si vous ne voulez pas tomber malades.
Ah, et j'ai payé ma première contravention ! (J'espère la dernière, mais ne sachant pas de quoi l'avenir est fait...)
Comme d'habitude, les réponses aux reviews sont en bas, après le chapitre.
Bref, bonne lecture ^^
Chapitre 6 : Nouveau Monde
Enfin, le retour de l'équipage au Chapeau de Paille avait eu lieu, après presque deux ans, et ils étaient partis en fanfare de Sabaody pour rallier l'île Gyôjin. Là, ils avaient eu affaire à une sombre histoire de disparitions de sirènes et, naturellement, en tant que pirates, et humains par-dessus le marché, ils avaient été les premiers accusés.
Lucy, présente sous forme de chat depuis le début, avait tout enregistré et noté, comme à son habitude.
Elle avait grandement apprécié apprendre l'histoire de ce pays du point de vue des hommes-poissons et des sirènes. À la surface, elle n'avait jamais rien pu apprendre sur ce sujet, du moins, rien de jamais sérieux, si ce n'est que ces êtres étaient dépeints comme des monstres, des aberrations dérivées de différentes espèces de poissons.
Au moins, là, elle avait de quoi publier un article qui ferait sensation ! Elle était certaine que sa réputation en prendrait encore un grand coup, et elle s'en réjouissait. Cela voulait dire que ses articles faisaient mouche.
Après tout, on ne cherchait pas à faire taire ceux qui étaient inoffensifs ou qui avaient simplement tort.
Par la suite, Lucy avait été ravie de la tournure des événements, même si, bien sûr, elle avait cru sa dernière heure arrivée quand le Noah avait menacé de s'écraser sur l'île. Cependant, malgré sa trouille, elle avait, par acquis de conscience, tout filmé, et était restée campée à sa place, à l'écart des combats mais suffisamment proche pour tout voir.
Toutefois, elle s'était sentie très soulagée de se retrouver à l'air libre, quand bien même cela avait été sous une pluie torrentielle et un orage monstre — typique du Nouveau Monde, à ce que Shakky et Ray lui avaient fait comprendre.
En tant qu'utilisatrice de fruit du démon, elle était tout sauf à l'aise avec dix mille mètres d'eau au-dessus de sa tête. Surtout en étant un chat.
Par contre, avant leur départ, elle avait pris Jinbei à part pour parler avec lui. Il faut dire, aussi, qu'elle avait une grande admiration pour lui, et comme Hachi connaissait son secret, elle n'avait pas vu de raison de n'en rien dire au Paladin des Mers.
Dire que Jinbei avait été choqué serait un euphémisme.
L'homme-poisson l'avait regardée, les yeux grands ouverts, et avait écouté son histoire avec la plus grande attention. Lucy en avait d'ailleurs profité, à la fin, pour lui donner des nouvelles de Koala, qui n'avait jamais oublié l'équipage du Soleil et le fait que, bien qu'elle soit une humaine, elle maîtrisait à la perfection le karaté des Hommes-Poissons.
Jinbei, ému, avait souri mais n'avait pas su trouver quoi dire face à toutes ces révélations. Il lui avait tout de même demandé s'il n'y avait pas moyen de recouvrir à nouveau la marque dans son dos, mais la réponse était inchangée... À moins d'être prête à finir sa vie en fauteuil roulant, voire à mourir, il n'était pas question d'essayer.
Lucy avait quand même rassuré Jinbei : elle était libre, et elle escomptait bien ne jamais se faire capturer par personne. Elle remerciait d'ailleurs le ciel de lui avoir offert un Fluide de l'Observation aussi naturellement développé, et d'être tombée sur Shakky et Ray, entre autres...
À présent, les Chapeaux de Paille et Lucy se trouvaient à Punk Hazard, dans une énorme fournaise. Lucy avait préféré suivre le groupe de Luffy, Zoro, Usopp et Robin, et ils avaient fait la rencontre d'un dragon et... d'une paire de jambes parlant du cul — littéralement. Ça, c'était signé Law, ou Lucy ne s'y connaissait pas.
Quand Luffy s'était retrouvé avec lesdites jambes — qu'il avait appelées « Guibolles » — collées à son derrière, tout heureux parce qu'il ressemblait à un centaure, Lucy avait eu une crise de fou rire phénoménal, tandis que ses compagnons avaient semblé légèrement désespérés — à l'exception de Robin qui riait aussi, bien que plus discrètement.
Toujours en chat, portée par Zoro vu que Luffy courait dans tous les sens, Lucy faisait confiance au sabreur pour la garder en vie ; même si elle se serait bien passée de la traversée à la nage dans l'eau glacée reliant les deux moitiés de l'île : elle avait cru mourir d'hypothermie et il avait fallu que Zoro la frictionne un long moment quand ils avaient été sur le dos de Barbe Brune pour qu'elle se remette un minimum — Lucy avait juré que plus jamais on ne l'y reprendrait à tenter une telle traversée ; à la place, elle ferait le tour la prochaine fois !
Finalement, à la fin de la journée, Lucy était plutôt satisfaite dans l'ensemble : les enfants avaient été sauvés et soignés par Law, et elle avait pu assister à une alliance improbable entre un Grand Corsaire, un capitaine pirate et un vice-amiral de la Marine.
Toutefois, sous les regards lourds de Law et Smoker, Lucy avait consenti à n'écrire la vérité à ce sujet que dans l'édition spéciale des Révolutionnaires — et pas dans les autres journaux —, ce qui l'avait fait bouder.
Luffy avait d'ailleurs failli vendre la mèche sur sa relation avec Law devant Smoker, mais Lucy avait attiré son attention sur le délicieux repas que préparait Sanji, et ses liens avec le Chirurgien de la Mort étaient heureusement demeurés secrets.
Pas qu'elle ait honte, mais elle préférait conserver sa prime telle qu'elle était, sans augmentation à cause d'une histoire de coucherie. Certes, Law et elle s'aimaient, mais ils n'étaient pas amoureux non plus, et il aurait par conséquent été fort dommageable que la jeune fille en pâtisse.
D'ailleurs, Smoker l'avait prise pour un jeune garçon, et comme Law l'avait appelée Lucius, le vice-amiral n'avait eu aucune raison de douter du travestissement de la journaliste.
Heureusement.
Par contre, il avait tiré une tronche de dix pieds de long quand il avait su son identité de journaliste avec son nom de plume et lui avait promis que, la prochaine fois qu'il le verrait, il devrait l'arrêter.
Sur un registre plus léger, Lucy avait fini sa journée avec un rhume monstre, et une légère fièvre. Zoro s'en était voulu, mais Lucy ne lui en avait pas tenu rigueur : il n'était pas responsable de leur nage forcée dans des eaux glaciales. Heureusement, avec deux médecins comme Law et Chopper, la jeune fille avait vite été remise sur pieds.
°°o°°
Présentement, Lucy était perplexe. La Marine n'attaquait pas, alors qu'ils avaient une occasion en or. La faute à l'amiral Fujitora ? Oui, probablement.
La grande bataille de Dressrosa était terminée, Doflamingo avait été arrêté, et le pyro-fruit d'Ace avait été mangé par Sabo, le dernier frère de la fratrie de dingues de Luffy.
D'ailleurs, Luffy n'avait pas compris que Lucy lui avait caché le fait que son frère était toujours en vie. La jeune fille n'était pas pressée de le lui faire savoir, et Sabo s'était contenté de lui adresser un clin d'œil complice.
Law l'avait entraînée à l'écart, avant d'arriver sur l'île, et lui avait annoncé de but en blanc qu'il n'était pas certain de survivre. S'en souvenir fit frissonner Lucy, qui songea qu'elle était heureuse qu'il ait survécu, et, surtout, qu'il ait pu récupérer le bras que Doflamingo lui avait tranché.
Quel sale type, celui-là...
Ses pensées s'égarèrent et, sans vraiment s'en rendre compte, elle se dirigea vers le campement de la Marine. Sous la forme de Lucky, elle passait inaperçue, et elle put arriver sans encombre devant l'amiral Fujitora et la vice-amirale Tsuru, la grande tacticienne.
Instinctivement, Lucy savait qu'elle ne devait pas suivre les Chapeaux de Paille et Law sur Zou. Elle devait suivre ce qu'il arriverait à Doflamingo ; quelque chose l'y poussait, bien qu'elle ne put clairement définir de quoi il s'agissait. Son instinct, sûrement.
Ce n'est que lorsqu'elle fut parvenue devant l'amiral qu'elle reprit conscience de son environnement, quand Tsuru l'attrapa sous le ventre. Glapissant de surprise, elle se recroquevilla sur elle-même, en attente de la suite, et ne se permit de se détendre qu'en sentant des mains la caresser avec douceur. Elle s'offrit alors le luxe de ronronner en relevant les yeux, analysant ce qui l'entourait.
« Un chat, Tsuru ? demanda l'amiral.
– En effet, Issho. Un chat noir. Il semblerait qu'il soit errant, vu qu'il n'a pas de collier. Enfin, peu importe, balaya-t-elle. Avez-vous l'intention d'arrêter le Chapeau de Paille et ses alliés, ou non ? »
Les oreilles de Lucy se dressèrent à ces mots. Elle allait enfin savoir !
« Je laisse le hasard décider. Voyez-vous, Tsuru, j'ai eu l'occasion de « voir », si je puis dire, le jeune Luffy, et j'ai compris une chose importante... C'est quelqu'un de fondamentalement bon. Qu'il soit devenu un pirate me dépasse totalement, mais je suis sûr de moi.
– Oui, mais... commença Tsuru.
– Ça ne m'empêchera pas de faire mon travail, la coupa Issho, mais si je peux jouer avec le destin en pariant aux dés, alors ainsi soit-il...
– Quel est le résultat du jour ?
– Le dé est encore tombé sur le chiffre 1.
– Vous êtes fou, affirma la grande tacticienne, avec de la douceur dans la voix démentant la dureté de son propos.
– Probablement un peu, agréa l'amiral, conciliant. Quoi qu'il en soit, cela fait deux jours. Je relancerai le dé demain soir. S'il tombe à nouveau sur 1, alors cela laissera une journée supplémentaire de répit aux pirates. S'il tombe sur n'importe quel autre chiffre, alors je me mettrai en mouvement pour les arrêter.
– Je le sais, vous me l'avez déjà dit.
– Je me fais vieux, je radote, » ricana l'amiral.
Lucy sauta alors des bras de la vieille femme pour aller se frotter contre les jambes de l'amiral aveugle en ronronnant fortement. L'homme sembla surpris, avant qu'un doux sourire ne vienne illuminer ses traits. Ceci fait, Lucy retourna auprès des pirates. Il fallait qu'elle les informe de ce qu'elle avait appris.
Veillant, à l'aide de son Fluide de l'Observation, à ne pas être suivie, Lucy chemina tranquillement dans la nuit étoilée vers la petite maison quelque peu délabrée mais accueillante de Kyros.
Une fois hors de vue, Lucy reprit son apparence hybride habituelle, enfila sa gavroche noire sur sa tête et enroula sa queue autour de sa taille. Ses enjambées se firent plus lentes qu'à quatre pattes, mais elle n'était pas pressée, et marcher en humaine la fatiguait moins. Ses muscles étaient plus gros, et son endurance meilleure.
Arrivée à la maisonnette, elle fut accueillie par un Kyros à la mine sévère, qui s'adoucit toutefois légèrement en la reconnaissant.
« Vous étiez parti quelque part, Lucius ?
– Oui, j'ai été voir la Marine. Je sais pourquoi elle n'a pas encore attaqué, d'ailleurs.
– Vraiment ?
– Oui, en fait... »
Lucy lui relata ce qu'elle avait entendu, et Kyros acquiesça simplement.
« Ah, au fait, lâcha-t-elle.
– Oui ?
– Je suis une femme. Je suis simplement travestie. Et mon vrai prénom, c'est Lucy. »
Kyros fronça les sourcil, avant d'esquisser un léger sourire moqueur.
« Le surnom du Chapeau de Paille, pour le Colisée...
– Oui, sourit Lucy, c'est exactement ça. À ce que j'en ai compris, c'est Franky qui a donné ce nom à l'accueil, afin d'éviter que Luffy ne soit arrêté — et surtout reconnu. En plus, phonétiquement parlant, c'est assez proche, alors... »
L'ancien gladiateur hocha la tête, amusé malgré lui.
« Pourquoi m'avoir révélé votre identité ?
– Vous m'êtes sympathique, vous et votre fille.
– Ma fille... ?
– Allons, à d'autres ! Je suis expert dans la récolte d'informations, ne croyez pas que cela a pu m'échapper. J'ai aussi appris à déduire des résultats à partir de peu d'informations, alors croyez-moi qu'avec des indices aussi énormes sous mon nez, je ne pouvais que deviner la vérité. »
L'unijambiste soupira.
« Pouvez-vous le garder pour vous... ?
– Vous faites ce que vous voulez de votre vie.
– Merci...
– J'ai quand même quelque chose à vous dire à ce sujet. Vous serez libre d'en tenir compte ou non après.
– Je vous écoute.
– Je ne vous parlerai pas de votre vie, mais de la mienne. Quand j'étais enfant, j'ai perdu ma famille, ils sont tous morts. »
Kyros écarquilla les yeux.
« Je suis désolé, dit-il.
– Ne vous excusez pas, voyons. Je ne dis pas ça pour que vous vous sentiez mal. Seulement... J'ai toujours regretté de ne pas pouvoir leur dire à nouveau que je les aime... et aujourd'hui, j'ai la chance, immense, d'avoir trouvé une nouvelle famille, qui m'a adoptée et qui m'aime comme je suis. Pour ne rien regretter, je les appelle, tous les jours, ou du moins aussi souvent que possible, et je leur dis à chaque fois que je les aime, ou bien je trouve un moyen détourné de leur faire comprendre. Parce que je sais que notre monde est dangereux. Parce que rien ne m'assure que je serais toujours là demain, ou qu'eux seront toujours là aussi.
– Je...
– J'ai fait un bout de chemin avec les Chapeaux de Paille et avec Trafalgar Law, et je les aime beaucoup, tous. J'aime beaucoup de monde chez les Révolutionnaires, et j'ai de l'affection pour vous aussi, même si nous ne nous connaissons que peu. Alors, comme je vous apprécie, je ne veux pas que vous regrettiez votre décision. Je ne choisis pas à votre place, mais essayez de penser un peu à vous. Surtout, j'ai dix-huit ans, je ne suis pas beaucoup plus âgée que Rebecca, non ?
– Non, en effet...
– Si j'avais la chance de revoir mon père ou ma mère, et de pouvoir vivre à nouveau avec l'un d'entre eux aujourd'hui, je crois bien que je sauterais sur l'occasion. Bien sûr, je ne suis pas Rebecca, mais ne prenez pas de décision à sa place. Parlez-lui. Posez-lui vos questions. Et seulement là, faites votre choix. »
Kyros ferma les yeux, réfléchit, puis hocha la tête.
« Merci pour votre conseil, Lucy. Je parlerai à Rebecca quand nous aurons un moment. »
Lucy sourit, rayonnante.
De son côté, Robin fit disparaître son oreille et eut un léger sourire amusé, sous les regards de Law, Franky, Usopp, Kinemon et Kanjuro. L'archéologue avait répété les informations que Lucy avait ramenées sur la Marine, mais elle n'avait rien dit lors de sa conversation avec l'ancien soldat-jouet, laissant ses compagnons dans l'ignorance de ce qui avait pu se dire.
« Allez, Robin ! se plaignit Usopp. Qu'est-ce le chat noir a dit à Kyros ?
– Ça les regarde, répondit tranquillement la brune, mais je retiens le surnom, il est pas mal.
– Ce que je me demande, moi, c'est pourquoi cet amiral est aussi coulant, fit Franky. Je veux dire, c'est super sympa de sa part de nous laisser tranquilles, mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il y a une entourloupe là-dessous.
– Si j'ai bien saisi, répondit Lucy en entrant, suivie de Kyros, l'amiral Issho s'est pris de sympathie pour Luffy. Honnêtement, je ne vois pas ce qui t'étonne là-dedans, Franky. Luffy ne laisse personne indifférent, et la plupart du temps, les gens l'adorent. »
Le cyborg esquissa un sourire amusé à cette affirmation.
« C'est vrai. Tu as super raison ! »
Lucy et Robin pouffèrent de concert, et Law en profita pour faire signe à Lucy qui comprit. Elle ressortit alors, prétextant un besoin pressant à base de « je vais cueillir des fleurs », et Law la suivit quelques instants plus tard.
Se retrouvant dans le champ de tournesols, Law alla s'asseoir contre l'arbre central où l'attendait Lucy.
« Tu voulais me parler, Law ?
– Oui et non. Ça va ?
– Physiquement, parfaitement. Mentalement, un peu fatiguée, mais je m'en remettrai. Et toi ?
– ... Soulagé, je dirais. Je crois. Physiquement, je m'en remettrai. Je ne dois pas trop forcer sur mon bras, comme tu t'en doutes.
– Oui. »
Lucy vint s'installer entre les jambes de Law et se cala dos contre son torse, se lovant parfaitement entre ses bras.
« Là, c'est mieux.
– Ça va, je ne te dérange pas trop ? ironisa Law.
– Tu es confortable, monsieur le Chirurgien de la Mort. Et tu sens bon. Et je t'aime beaucoup. Et je te fais confiance. Et...
– Tais-toi. »
Lucy se tut alors, et les deux amants restèrent ainsi, blottis l'un contre l'autre, à simplement profiter de la quiétude ambiante, après des semaines d'aventures quasi-incessantes. Enfin, ils avaient un moment d'intimité rien qu'à eux, alors autant en profiter.
Puis Lucy embrassa la mâchoire de Law, qui grogna pour la forme, et lui parla.
« Law ?
– Hum... grogna-t-il en réponse.
– Je peux te demander un service ? »
Law acquiesça et Lucy lui exposa sa demande, lui en expliquant également les raisons. Law fut plus réveillé et accepta solennellement. Une fois le service rendu, Lucy embrassa passionnément Law puis se recala contre lui, se réinstallant confortablement et, sans même s'en rendre compte, elle s'endormit, sous le regard pensif de Law qui resserra sa prise quand elle fit mine de glisser, ramenant une mèche rebelle derrière son oreille.
Puis, plus tard, il s'endormit à son tour.
°°o°°
Le lendemain, le dé lancé par l'amiral avait donné un autre chiffre que le 1, aussi la Marine envoya ses soldats à l'encontre des pirates. Ceux s'étant réfugiés au palais royal étaient également sortis, refusant de laisser le Chapeau de Paille faire face seul à un amiral et sa flotte.
Blottie dans les bras de Law, Lucky attira quelques regards curieux de la part des pirates alentours n'ayant pas logé chez Kyros, et Law leur lançait des regards noirs qui ne les émurent pas vraiment.
Luffy, lui, les abandonna au dernier moment pour faire brusquement demi-tour, sous l'énervement collectif des pirates alliés, et la lassitude et l'inquiétude de Law et de l'équipage de Luffy. Lucy fut simplement perplexe, avant de comprendre, grâce à son Fluide, où il se dirigeait et d'en déduire la raison. Elle sourit intérieurement. Luffy était bien plus dans l'action qu'elle, qui préférait les mots.
Les combats s'engagèrent de leur côté et, malgré la surprise de voir un chaton blotti contre Trafalgar, les soldats attaquèrent quand même, énervant le Chirurgien de la Mort qui avait quelqu'un de cher sous sa protection.
Ce fut au bout de plusieurs interminables minutes que Luffy revint enfin et que le combat s'engagea entre lui et l'amiral, le prévenant de chacun de ses coups, le ménageant visiblement, à la surprise de ses équipiers et l'énervement d'Issho — du moins, jusqu'à ce qu'il comprenne que Chapeau de Paille ne le prenait pas en pitié, mais l'appréciait et se montrait donc simplement prévenant.
Le désespoir envahit les cœurs des pirates en voyant l'amiral utiliser ses pouvoirs pour faire léviter tous les débris de l'île au-dessus d'eux et de leurs navires, mais l'arrivée inattendue des civils interrompit Fujitora dans son action, suspendant alors les objets, qui restèrent immobiles.
L'aveugle tenta bien de faire reculer les habitants en leur ordonnant de partir, que c'était une zone dangereuse de combat, mais les hommes, les femmes et les enfants n'écoutèrent aucunement ses demandes répétées et poursuivirent Luffy en l'insultant.
Cependant, Issho avait une excellente ouïe et put donc parfaitement entendre qu'il n'y avait aucune animosité dans leurs voix et, mieux, certains expliquaient — pensant certainement qu'il ne les entendrait pas — à leurs enfants qu'ils désiraient remercier Chapeau de Paille et ses alliés pour les avoir libérés de Doflamingo et avoir aidé la princesse Rebecca à retrouver son père.
Dans la cohue générale, l'amiral ne put pas empêcher les pirates de s'enfuir et fit même en sorte de laisser tomber les débris dans la mer, évitant volontairement les navires de la toute nouvelle flotte de Chapeau de Paille.
Il mettrait ça sur le compte de son handicap, même si personne ne serait dupe. Son Fluide de l'Observation était si parfait qu'il n'avait jamais aucun mal à viser, mais là, il dirait qu'il n'avait pas vu la cible.
... Et tant pis pour ceux manquant d'humour.
Il avait un parcours si impressionnant et une telle puissance qu'il pouvait se permettre de dire merde de temps à autre sans crainte d'être viré. Certes, les retombées seraient désagréables, mais il agissait en accord avec lui-même et assumerait pleinement sa punition.
Profitant de la mêlée, un petit chat noir s'était échappé des bras d'un certain capitaine pirate ancien Grand Corsaire pour s'en aller surveiller un autre futur ex-Grand Corsaire à plumes rose et veiller à ce qu'il se fasse bien arrêter. Et il en profita pour investiguer un peu, et prendre des notes, et filmer à l'aide d'un certain escargophone ravi que les combats soient finis.
Le soir venu, l'amiral Fujitora partit avec la vice-amirale Tsuru à bord du navire maintenant Doflamingo sous les verrous afin de l'emmener en prison. Lucy s'était faufilée en tant que chat, et n'avait pas encore été découverte, mais ce n'était une question de temps.
On la découvrait toujours, de toute manière.
Après, elle se faisait accepter parce qu'elle était un chat adorable, mais avec deux grandes figures comme Issho et Tsuru, elle se méfiait. La possibilité qu'ils découvrent qu'elle n'était pas un chat ordinaire n'était pas à exclure, et comme elle avait une prime sur sa tête... Certes, personne ne connaissait sa véritable apparence, et on pensait qu'elle était un homme, mais elle ne préférait pas prendre le risque.
Assise face à la cellule du démon céleste, elle le dévisageait pensivement, tandis que le prisonnier n'avait pas fait mine de réagir à sa présence. Cependant il l'avait perçue, elle le savait. Il n'avait peut-être pas un Fluide de l'Observation aussi développé que le sien, mais il n'était pas à prendre à la légère non plus.
Soudain, Doflamingo se redressa et Lucky tourna une oreille en direction de la porte du couloir. Issho arrivait, accompagné de Tsuru.
« Eh bien, souffla Tsuru d'un ton surpris, je ne m'attendais pas à le revoir, celui-là.
– Qui cela, Tsuru ? demanda l'amiral.
– Le petit chat noir qui nous avait rendu visite l'autre soir. Il semblerait qu'il se soit introduit sur le navire.
– Oh, oui, maintenant que vous le dites, je ressens sa présence. Il était d'ailleurs avec les pirates, dans les bras de Trafalgar, quand j'ai affronté Chapeau de Paille. Il me semble l'avoir senti s'échapper et s'éloigner quand les civils sont arrivés et m'ont empêché d'arrêter les pirates.
– Voilà qui est curieux, fit pensivement la vice-amirale.
– Je ne suis pas certain qu'il faille... »
L'amiral fut coupé par un chaton intrépide s'accrochant au bas de son kimono violet foncé, jouant avec les plis du tissu, se roulant dans tous les sens et s'agrippant avec ses petites griffes. Les deux hauts gradés esquissèrent un sourire vaguement amusé, et la vieille femme attrapa la boule de poils avec précaution, ne voulant pas se recevoir un coup de griffes ou de crocs.
L'animal, aussitôt attrapé, se figea complètement et ne se permit de se détendre que lorsque Tsuru l'eut calé dans ses bras et eut commencé à le caresser doucement, provoquant une série de ronrons peu puissants, et néanmoins parfaitement audibles dans la cellule aux murs de métal répercutant les sons.
« Alors comme ça, le point faible de la Marine est un chaton appartenant à des pirates... ? retentit la voix de Doflamingo, la moquerie clairement exprimée.
– Doflamingo, coupa Tsuru d'une voix dure, contrastant avec la douceur de ses mains caressant le félin.
– Qu'y a-t-il, vieille femme ?
– Tu es dans une situation précaire. Tu en as conscience, au moins ?
– De quoi ? Qu'il a fallu l'intervention d'une bande de pirates pour que la Marine puisse m'arrêter ? Que j'ai des alliés partout et de tous bords ? Que vous ne me retiendrez pas, malgré vos efforts et sans même que je n'aie à agir ? »
Lucky écoutait avec attention tout ce qu'il se disait, malgré son agacement de voir l'absence totale d'inquiétude de l'ex-Grand Corsaire et roi de Dressrosa.
L'homme — si toutefois l'on pouvait le qualifier d'homme après tout ce qu'il avait fait — était égal à lui-même, moqueur, cynique et joyeux. La prison à vie, la mort ou la vengeance de Kaidou ne semblaient absolument pas l'inquiéter ou l'émouvoir plus que ça ; pire, il avait même l'air de s'en délecter.
Était-il masochiste ou inconscient... ?
Lucy penchait davantage pour une lucidité totale sur sa situation, couplée à une confiance et une folie absolues. Doflamingo savait parfaitement quelle était sa situation, et, passée la rage de voir tous ses plans écroulés par un jeunot tel que Chapeau de Paille, il avait repris contenance et attendait désormais son heure, aussi patiemment qu'il l'avait toujours fait.
D'après ses enquêtes, Lucy savait que c'était justement dans ce genre de moments où, acculé, retranché dans ses dernières extrémités, que le Démon Céleste devenait le plus dangereux.
Il n'était pas à exclure, non plus, qu'il ait parfaitement compris qu'elle n'était pas un simple chat, et comme Fujitora avait clairement dit qu'elle était dans les bras de Law — certes sous forme animale, mais quand même dans ses bras —, il allait retenir son aura dans la gibecière de sa mémoire et la reconnaîtrait à coup sûr à l'aide de son Fluide de l'Observation, peu importe la forme qu'elle prendrait.
Le chaton poussa un gros soupir, que tous les humains de la salle interprétèrent comme un soupir de bien-être sans pour autant interrompre leur discussion.
°°o°°
Le lendemain, Lucy, toujours sous forme de Lucky, se promenait sur le pont.
Elle observa les marins manipuler les cordages, régler les voiles et les roues à aube, vérifier leurs triples logs poses, s'interpeller les uns les autres, tantôt pour donner un ordre, tantôt pour échanger une information ou un conseil, ou encore une fois où elle surpris l'un des commis aux cuisines qui alla échanger avec l'amiral au sujet des rations et du prochain ravitaillement.
Issho, patient, prenait le temps d'écouter le jeune homme avant de lui répondre tranquillement, sans jamais s'offusquer de l'inquiétude du gamin ou le rabaisser. Il lui donna des ordres logiques et clairs, et s'assura que le garçon avait bien tout compris avant de le laisser aller.
La journaliste trouva cette attitude admirable et la consigna consciencieusement dans son carnet le soir venu, quand elle eut trouvé un coin tranquille, isolé et sécuritaire.
Après tout, ses articles ne faisaient pas que souligner ce qui n'allait pas, mais au contraire s'attachaient à montrer les comportements admirables et les aspects évolutifs de la société et des différents pays qu'elle visitait.
Cependant, contrairement aux autres journalistes, Lucy ne léchait les bottes de personne et décrivait simplement les faits en y ajoutant, séparément, ses impressions, afin de laisser le lecteur libre de se forger sa propre opinion.
Une fois son travail effectué, elle rangea toutes ses affaires consciencieusement, nourrit Trombone et se retransforma en chat pour aller se coucher dans un recoin chaud du navire. Les cuisines lui offrirent ce qu'elle recherchait et elle s'assoupit avec un léger ronflement de bien-être.
Demain serait un autre jour.
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Et les réponses aux reviews ! (Enfin, à la review, j'écris pour une seule lectrice apparemment ^^)
mariam150295 : Bon, bah je vais continuer à raconter ma vie, alors !
L'égo de Law... Le pauvre, il se fait tellement chambrer par Oda, dans le canon, j'ai presque de la peine (parce que je l'adore, mais c'est si drôle que ça reste du "presque").
Oui, j'ai joué de ce cliché du père surprotecteur, mais ça me faisait marrer. Les clichés, c'est pas forcément une mauvaise chose, si on arrive à bien doser et à ne pas trop en abuser. D'ailleurs, faut pas hésiter à me le dire si c'est mal écrit à un moment, je reste humaine, donc sujette aux erreurs !
Oui, j'aime montrer les bons côtés de Law. Parce que c'est Law.
Pour le duo Luffy/Lucy, je te laisse juge.
Habituellement, je n'aime pas les OC principaux (ce qui est ironique vu que j'écris BEAUCOUP de personnages OC principaux), alors j'essaie de faire en sorte que mes OC soient attachants, sans tomber dans le Mary-Sue non plus (et la tentation est grande).
L'attaque câlin est une de mes techniques de la vraie vie. Je l'incorpore donc souvent à mes histoires. Parce que j'adore les câlins.
Eh oui, Law et Lucy sont sexfriends (même si je suis pas sûre que le terme existe dans leur univers... peut-être).
Alors Lucy n'est pas et ne sera jamais une guerrière, mais disons que ça va lui donner des armes pour survivre en milieu hostile (n'oublions pas qu'il va y avoir rencontre avec un ou plusieurs sorciers, donc face à de la magie, c'est bien de pouvoir réagir).
Ah, malheureusement, Luffy ne sera jamais un érudit, même si c'est vrai que ça a de quoi choquer quand même.
Haha, Lucy à Serpentard ? Moui, pourquoi pas... J'avoue, c'est ma maison préférée, avec Poufsouffle en seconde position (même si je suis davantage Poufsouffle que Serpentard). Et toi, tu te situes dans quelle maison ? Ou lesquelles, éventuellement ?
Oui, merci Brook pour la SUPER motivation !
Pour la superstition des amazones, je rappelle quand même qu'elles ont cru que le service trois-pièces de Luffy était un champignon, et que quand il leur a dit que c'était ses bijoux de famille, elles ont littéralement cru qu'il s'agissait de bijoux ! Vu comme elles vivent en autarcie, elles sont clairement naïves (mais pas faibles non plus, juste incroyablement crédules).
Lucy va faire un genre de burn out, mais plus tard. Elle va avoir plusieurs moment où elle craquera, mais elle ne peut pas s'empêcher d'être active, parce que l'inactivité, en tant qu'esclave, était synonyme de mort. Il fallait toujours faire quelque chose, au risque d'être exécuté-e.
Oda ne peut pas développer tous ses personnages autant qu'on le voudrait (il y en a trop pour que ce soit possible), c'est pour ça que les fics sont bien pour étayer les persos secondaires (à mon sens).
La Marine pourrie jusqu'à la moelle, oui et non. Disons que c'est effectivement le cas dans le canon, mais il y a quand même des éléments qui ne sont pas à jeter (Smoker et Tashigi, Hina, Garp même s'il déconne pas mal, et d'autres que j'oublie probablement). Mais oui, je joue de ce qui est déjà prégnant dans l'univers de base.
Tu as de bonnes intuitions. Je ne dirai rien de plus à ce sujet.
Merci pour ta review si longue et pourtant si courte (j'adore lire ce que tu envoies !)
Ah, je suis souvent Madame Irma aussi, j'ai également de bonnes intuitions sur les scénarios.
En ce qui concerne le fait de rire en public, ne te restreins pas. Je ne le fais pas, et si on me demande, je dis la vérité : je viens de lire un truc drôle. Pas de quoi avoir honte. Enfin, vu que je suis comédienne, je ne sais pas si ma notion de la honte est la même que monsieur et madame tout le monde !
Bisous, prends soin de toi, et aux autres lecteurs et lectrices invisibles, j'espère que ça continue à vous plaire.
Vous n'êtes pas obligés de laisser un pavé, mais un petit mot, de temps en temps, fait toujours plaisir, et motive l'écriture (enfin je dis ça, mais moi-même je ne laisse que très peu souvent des reviews, donc... faites-le uniquement si ça vous dit de le faire, je ne vous force pas).
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... reviews, please ?
