Hello tout le monde ! Vous allez bien ?
Ceci est une fusion de deux chapitres, le 7 et le 8, ce qui fait qu'il est bien plus long que les autres. Le 7 ne me convenait pas entièrement, en particulier un dialogue entre Lucy et Tsuru quand elles se retrouvent seule à seule. J'ai enlevé ce dialogue qui alourdissait trop le récit à mon goût, même si j'ai fait un copier/collé afin de ne pas perdre ce que j'avais écrit.
Quand cette histoire sera totalement publiée et finie, si ça vous dit, je pourrais publier un chapitre bonus avec les non-mis et les suppressions.
Je publie ce chapitre le samedi 20 novembre 2021, et je n'ai rien de particulier à raconter. Des fois, il ne se passe pas grand-chose, dans nos vies. J'ai des trucs à faire, mais je procrastine, encore. Je vais faire ce que je dois, bientôt. Faut juste que je me motive !
Prenez soin de vous, et bon courage si vous êtes comme moi sur la procrastination. Hauts les cœurs !
Ah, si, un truc, j'écoute souvent les chansons du Naheulband en ce moment. Le Donjon de Naheulbeuk, mais quelle pépite ! Je vous encourage vivement à l'écouter (j'ai lu quelques BD, je suis pas vraiment fan, pas plus que les romans, en revanche, la série audio et les chansons...)
Et comme le froid est en train de s'installer, je vous recommande vivement la chanson suivante : Le Grand Pot Au Feu. Elle me donne faim à chaque fois, et chaque moment est un régal.
Bref.
Bonne lecture ^^
Chapitre 7 : Branle-bas de combat
Lucky le chat resta un chat aux yeux des marins du navire tout le long que dura son séjour à leur bord. Elle leur ramenait fièrement tous les matins une série de souris ou de rats et recevait en échange une bonne pitance de pâté ou de poisson accompagné d'un bol d'eau fraîche et, tous les deux jours, un petit fond de lait en plus.
En somme, la chatte noire était grandement appréciée de l'équipage pour son efficacité et sa tendance à réclamer des caresses et des câlins sans jamais griffer, mordre ou feuler.
Seulement, environ une semaine plus tard, alors que les quatre navires de guerre de la Marine escortant Doflamingo voguaient à bonne allure, une attaque d'un des alliés de Kaidou survint, brutale et sanglante.
Lucy fut prise d'effroi en reconnaissant l'équipage pirate de Jack la Sécheresse.
Elle avait, naturellement, entendu bon nombre de rumeurs à son propos, mais ce qui était absolument certain, c'était son absence totale de pitié, qu'il était un homme-poisson d'une puissance monstrueuse, qu'il avait mangé un fruit du démon — elle ne savait pas encore lequel, mais elle allait le découvrir — et qu'il avait pour habitude de ne laisser aucun survivant dès lors qu'il engageait un combat.
Même les civils se faisaient tuer.
Et, évidemment, sa prime affreusement élevée la faisait trembler de terreur. Un milliard de berries ! Un foutu milliard ! Même les Empereurs n'avaient pas une prime aussi élevée !
Le combat fut sanglant, et Jack parvint à couler deux des quatre navires de guerre, avant d'être vaincu et laissé pour mort. Lucy refusa cependant de publier sa mort, précisant dans son article qu'il avait été laissé agonisant, mais qu'il respirait toujours quand la Marine était repartie.
Les autres journalistes, eux, avaient sans aucune preuve affirmé que Jack était mort, ce que Lucy trouva franchement gonflé de leur part.
Son Fluide de l'Observation comptait pour du beurre ou quoi ?
D'ailleurs, elle fut découverte après publication de cet article. Sengoku, présent également, avait lu son article et avait compris que le chat noir trop intelligent était certainement leur journaliste avec une prime sur la tête.
En tentant de s'enfuir sous forme hybride — mais toujours travestie et avec un bandeau noir couvrant le bas de son visage —, Lucy sauta par-dessus bord mais fut attrapée au vol par la main gigantesque et dorée du Bouddha.
Car même si la jeune fille était rapide et avait des réflexes surhumains, Sengoku la surpassait, même s'il avait démissionné de son poste et avait désormais des cheveux blancs. Et qu'il boulottait des gâteaux secs dès qu'il en avait l'occasion.
Ah. Merde.
Ce furent les seuls mots que put penser la jeune fille, avant qu'un vent violent ne se mette soudainement à souffler, et qu'un orage apocalyptique ne fasse son apparition. Sengoku reprit son apparence humaine, maintenant son otage par le bras, et donna rapidement ses ordres aux marins qui obéirent promptement.
Seulement, la tempête ne semblait pas vouloir se calmer, les nuages noirs tourbillonnaient au-dessus de leurs têtes, et une série de tornades et d'ouragans s'était déclenchée, faisant paniquer bon nombre de personnes.
Ce changement brutal de météo était typique du Nouveau Monde, mais il surprenait à chaque fois.
Lucy, elle, était étrangement détachée de tout ça, du moins émotionnellement. Elle savait qu'une fois qu'elle serait de retour au calme elle aurait une crise de larmes et de panique monstrueuse, mais présentement, son instinct de survie s'était mis en marche et elle agissait avec froideur et logique, comme à chaque fois qu'une situation extrême se présentait à elle.
Plutôt que de tenter de se libérer, elle aida Sengoku et les marins. La priorité, c'était la survie. Son arrestation pouvait attendre.
L'ancien Amiral-en-Chef en fut très surpris, mais rapidement, il se concentra sur l'essentiel, à savoir la sécurité de ses hommes et le maintien du prisonnier dans sa cellule. Que le jeune homme qu'il avait appréhendé les aide lui ôtait un problème parasitaire.
S'il pouvait éviter de tuer, il le faisait.
La tempête dura près de deux heures, deux heures interminables où les éléments se déchaînèrent et où tous crurent plus d'une fois voir leur dernière heure arrivée. Heureusement, ce ne fut pas le cas, et malgré la violence de la météo, les deux navires s'en sortirent indemnes. Le pouvoir de l'amiral Issho avait aussi grandement aidé à éloigner les tornades et débris volants.
Une fois le calme revenu, Tsuru attrapa Lucy au collet alors qu'elle tentait de se carapater en douce.
« Pas si vite, jeune homme ! tonna la vieille femme. Vous allez nous dire qui vous êtes, ce que vous faites ici, et vos intentions. »
Lucy toussa, à moitié étranglée par la poigne de Tsuru. C'est qu'elle avait de la force, la Grande Tacticienne ! Issho vint à son secours.
« Tsuru, si vous étranglez notre intrus, il ne pourra pas vous répondre.
– Oh, pardon, s'excusa la dame en relâchant légèrement sa prise d'un air contrit.
– Mer... Merci... amiral... Issho, toussa Lucy d'une voix rauque.
– Bon, coupa Sengoku, allez-vous nous suivre jusqu'au bureau du navire, ou bien devons-nous vous contraindre et vous enfermer avec Doflamingo ?
– J'vais... vous suivre. Juste... Je reprends... mon souffle. »
Lucy inspira de grandes goulées d'air, lentement, puis expira à chaque fois tout aussi doucement, avant de sortir un sac en papier de sa sacoche et de le plaquer sur son nez et sa bouche et de s'en servir pour reprendre une respiration normale.
« Qu'est-ce que c'est ? demanda Sengoku, interloqué.
– Je... Il m'arrive de faire des crises d'angoisse. Quand ça arrive, j'ai du mal à respirer. Alors j'ai toujours un sac en papier sur moi, au cas où. »
Les trois hauts gradés en restèrent stupéfaits et, ne sachant que dire, ils gardèrent le silence. Finalement, Lucy se redressa, rangea son sac dans sa sacoche, leva les mains en l'air, signe qu'elle était désarmée, et suivit docilement l'amiral, la Tacticienne et l'ancien Amiral-en-Chef.
Arrivés dans le bureau, ils s'assirent autour d'une petite table, Lucy face aux trois autres qui la dévisageaient — sauf pour Issho, bien sûr.
« Alors comme ça, vous êtes le fameux journaliste indépendant ? attaqua Sengoku sans attendre. Lord D. Lu ? C'est bien votre nom ?
– C'est mon nom de plume.
– Écrivez-vous autre chose que des articles de journaux ? demanda Issho.
– Allez savoir, répondit évasivement la jeune fille.
– Hum, peu importe, coupa Sengoku. Vous confirmez votre identité de Lord D. Lu ? »
Lucy soupira mais acquiesça. Elle abaissa alors le tissu masquant le bas de son visage, et Sengoku comme Tsuru semblèrent surpris de voir qu'elle était aussi jeune.
« Seigneur, quel âge avez-vous ? demanda Tsuru.
– Dix-huit ans. Et avant que vous le demandiez, non, je n'ai pas de parents. Ils sont morts. Et je n'ai plus de famille en vie. Du tout.
– Quel est votre lien avec Trafalgar Law et les Chapeaux de Paille ? embraya directement Sengoku sans aucune transition.
– Bof... Que vous importe ? Le résultat est couru d'avance. Vous allez m'enfermer, me juger, puis soit m'exécuter, soit m'envoyer en prison. Ça ne sert à rien que je vous réponde. »
Issho fronça les sourcils.
« Pardonnez ma question, mais... Êtes-vous réellement un homme ? Votre voix a quelque chose de bizarre... Sans oublier ce que me dit mon Fluide. »
Lucy se statufia, pétrifiée par l'angoisse. Sa réaction fut une réponse en soi, et Tsuru et Sengoku échangèrent un regard.
« Que faisiez-vous sur ce navire, jeune fille ? » demanda doucement Tsuru.
Lucy ne répondit pas. Elle ramena ses jambes contre elle, les entoura de ses bras et commença à se balancer doucement. Sur sa tête, ses oreilles de chat étaient plaquées en arrière, et sa queue vint entourer les jambes, recouvrant même les bras. Elle enfouit sa tête dans le creux entre ses genoux et son buste, fermant les yeux, se coupant du reste du monde.
Désemparés, les hauts gradés ne surent comment réagir. Finalement, Tsuru demanda aux deux hommes de la laisser seule avec la jeune fille.
Une fois les hommes sortis, la vieille femme s'approcha de la jeune fille qui n'avait pas réagi, et s'accroupit au sol devant elle.
« Nous sommes seules, jeune fille. Maintenant, dites-moi. Qu'est-ce qui vous a mis dans cet état ? »
Mais Lucy resta obstinément muette. Cela dura ainsi durant plusieurs minutes, et le silence ne fut brisé que quand l'on vint à frapper fortement contre la porte.
« Oui ? s'écria Tsuru d'une voix forte, renonçant temporairement à dialoguer avec la prisonnière.
– Vice-amirale Tsuru, nous arrivons en vue d'une île inconnue ! » répondit un matelot, la voix légèrement étouffée par le bois épais de la porte fermée.
La vieille femme soupira.
« J'arrive ! cria-t-elle. Donnez-moi deux minutes ! »
Elle se retourna vers la jeune fille qui avait légèrement relevé la tête mais conservait le regard rivé au sol. Ses yeux étaient remplis de larmes contenues.
« Suivez-moi, jeune fille. Il y a une salle de bain attenante, nous allons vous débarbouiller un peu. Puis vous me suivrez où que j'aille quand nous sortirons, est-ce clair ?
– Oui, murmura Lucy.
– Bien. »
°°o°°
Quand elles sortirent à peine une minute plus tard, elles furent accueillies par Sengoku et Issho en personne. Lucy conserva le silence, se contentant d'observer autour d'elle et demeurant près de Tsuru, comme ordonné.
« Eh bien, que se passe-t-il, messieurs ? demanda Tsuru.
– Cette île n'est répertoriée sur aucune de nos cartes, répondit Sengoku, et nous avons jugé plus prudent de nous concerter ensemble afin d'établir un plan d'action. Nous ne savons rien de ce qu'il peut nous attendre. Toutefois, le climat semble plutôt favorable ; mis à part une légère brume, il ne pleut ni ne grêle, et le ciel semble s'éclaircir vers l'intérieur de l'île.
– Et le terrain ?
– Il semble plat et verdoyant. Cependant, de grandes ombres ont été aperçues, peut-être des monuments ou des ruines, dans le cas où l'île serait inhabitée. Et une forêt verdoyante entoure ces monuments. »
Tsuru acquiesça, pensive.
« Que faisons-nous de la prisonnière ? demanda Issho.
– Pour l'instant, mieux vaut éviter qu'elle se retrouve avec Doflamingo, répondit Sengoku. Elle était avec Trafalgar et Chapeau de Paille, pas sûr que ce soit une bonne idée de lui donner une cible potentielle.
– Cela ne répond pas à ma question, répliqua l'aveugle.
– Elle restera temporairement sous ma responsabilité, intervint Tsuru. À moins que vous n'ayez un ordre contraire à nous donner, amiral. Après tout, vous êtes notre supérieur.
– Certes, mais je n'ai pas toute votre expérience non plus, et vos conseils sont précieux. Si vous estimez préférable que la jeune fille reste avec vous, Tsuru, alors je me range à votre avis. »
Ainsi fut décidé, et la discussion s'orienta alors sur les précautions d'usage pour la visite de l'île. Sengoku préféra rester auprès des deux navires afin de demeurer joignable pour Sakazuki — et pour qu'il y ait quelqu'un de suffisamment fort pour surveiller Doflamingo —, tandis que les deux autres allèrent visiter l'île accompagnés d'une quinzaine de soldats et de Lucy.
Sur le chemin, Issho interrogea Tsuru.
« Il est étrange que cette île ne soit répertoriée nulle part, n'est-ce pas Tsuru ?
– En effet, agréa la vieille femme. C'est d'autant plus étrange que cette zone, quoique fortement perturbée au niveau climatique — nous ne sommes pas dans le Nouveau Monde pour rien —, est une zone où nous naviguons fréquemment. C'est comme si... Non, vous allez penser que je délire.
– Non, bien sûr que non, je ne me permettrais pas. Qu'alliez-vous dire ?
– C'est comme si cette île était apparue soudainement. Sengoku a parlé avec la vigie, et l'homme n'avait pas perçu cette île avant que nous n'arrivions dessus, alors même que le ciel était dégagé et donc que la vue était bonne.
– Étrange, en effet... »
La discussion s'arrêta là, laissant les soldats et Lucy, qui les avaient entendus, pensifs et inquiets. Ils marchèrent sur un chemin curieusement mélangé de terre et de pierres, et arrivèrent à la forêt qu'ils traversèrent, non sans appréhensions.
Pourtant, cette forêt était joyeusement éclairée, les oiseaux... ne chantaient pas, et il régnait une atmosphère étrange. Bientôt, la brume revint, et des sortes de petites lucioles bleues se mirent à voleter devant eux, comme de petites fées, ou des lutins peut-être.
En tout cas, ces bulles bleues libérant une légère fumée estompée lors de leurs déplacements les guidèrent sur le sentier jusqu'à une vaste, très vaste clairière nimbée de brume, où le soleil peinait à percer, créant des jeux fantasmagoriques d'ombres et de lumières.
Les soldats de la Marine et la journaliste purent distinguer de hautes colonnes de pierres, vraisemblablement disposées en cercles, avec au centre une pierre près de deux à quatre fois plus imposante que les autres.
Curieuse, Lucy s'approcha de cette pierre centrale couverte de mousse fraîche. Elle leva la main pour l'écarter en la frottant, voyant comme des inscriptions gravées dans la pierre...
Des Ponéglyphes ? Non, cela n'y ressemblait pas. Les pierres n'avaient pas cette forme carrée caractéristique de celles que recherchait Robin. Et ces écritures... Elles étaient plus rondes pour certaines, d'autres plus rigides, et une majorité ressemblait à des symboles qui revenaient. Plusieurs étaient identiques.
« L'écriture d'une ancienne civilisation... » murmura-t-elle alors.
À ces mots, les pierres semblèrent s'illuminer soudain, et les lucioles réapparurent. Les soldats reculèrent, nerveux. Tsuru, qui se trouvait à ses côtés, appela Lucy et posa même une main sur son épaule, mais la jeune fille ne l'entendit pas, ne réagit même pas à son toucher, fascinée par la pierre centrale qui s'illuminait sous ses doigts, sa main toujours posée sur la roche usée par les âges.
Des chants s'élevèrent alors, de partout autour d'eux, et les hommes et les femmes réalisèrent avec un malaise grandissant que ces voix, inconnues au demeurant, provenaient des pierres tout autour d'eux, et que la langue employée leur était incompréhensible.
Brusquement, une rafale de vent jaillit de la pierre centrale comme une onde de choc, balayant tous les humains, à l'exception de Lucy qui en fut stupéfaite. Sa surprise alla crescendo quand elle vit apparaître, autour d'elle, trois silhouettes brumeuses et sombres, indistinctes.
De leur côté, Issho, Tsuru et les soldats avaient été expulsés hors des cercles, juste à leur limite, et une sorte de barrière invisible les empêchait désormais d'y pénétrer à nouveau.
« Qu'est-ce que c'était que ça ? demanda un soldat.
– Je ne sais pas, répondit un autre, mais c'était effrayant !
– J'avais jamais vu ça... marmonna un troisième.
– Calmez-vous ! ordonna Tsuru et elle fut satisfaite de se voir promptement obéie. Quels sont vos ordres, amiral Issho ?
– Eh bien... Pouvez-vous me décrire ce qu'il vient de se passer ? Je crains que mon Fluide ne me rende pas réellement service à l'heure actuelle. »
Tsuru lui résuma alors la situation. Fujitora resta un instant pensif.
« Ces trois silhouettes... commença-t-il alors.
– Oui ?
– Elles ne sont pas vivantes. »
Les soldats et Tsuru en restèrent sans voix.
°°o°°
Quand Lucy rouvrit les yeux, le paysage n'avait pas changé, si ce n'est qu'il n'y avait plus personne autour du cercle de pierres. La vice-amirale Tsuru, l'amiral Issho, les soldats de la Marine... Tous avaient disparu. La brume n'avait pas changé non plus, si ce n'est un peu plus dense, peut-être.
Seules étaient restées les trois silhouettes qui lui avaient ordonné de fermer les yeux jusqu'à ce qu'elles lui donnent l'autorisation de les rouvrir. Malgré elle, elle n'avait pu se soustraire à leur ordre, comme si une force mystique l'y avait contrainte.
Un peu comme quand elle s'était approchée de la grande pierre centrale du cercle de pierres. Quelque chose l'y avait poussée, réalisa-t-elle.
« Qui êtes-vous ? demanda-t-elle alors. Et où est passée la Marine ? Les avez-vous tués ?
– Non, ils sont toujours en vie. Leurs heures ne sont pas encore venues, ni la tienne, enfant. Ils sont retournés sur leur navire. L'île a désormais disparu de ton monde, et toi, enfant, tu es là pour accomplir une mission.
– Une... une mission ? Mon monde... ? Disparu ? Mais... Je ne comprends pas. Qui êtes-vous ? Que se passe-t-il ? »
L'une des silhouettes soupira.
Ah ? Parce que c'est capable de soupirer, ces choses ? s'interrogea Lucy. Leurs voix ne sont même pas humaines !
Les voix de ces êtres étaient un mélange grinçant et désagréable, presque insupportable, de voix d'hommes et de femmes de tous les âges, allant du bambin au troisième âge. Mais malgré cela, il était impossible pour Lucy de se boucher les oreilles, elle ne pouvait s'empêcher de les écouter, bien que ses oreilles saignaient.
« Tu n'es plus dans ce monde de pirates et de Marine, enfant, consentit à dire une silhouette.
– Désormais, tu es dans un monde, intervint une deuxième, relié par notre volonté, et à présent définitivement fermé, un monde fait de magie et de créatures magiques, avec des règles strictes.
– Tu ne pourras parler de la magie à ceux qui en sont dépourvus, enchaîna la troisième.
– Il te faudra une identité, » reprit la première.
Lucy fronça les sourcils, éberluée. Les informations faisaient leur bonhomme de chemin dans son esprit, et elle n'aimait définitivement pas ce qu'elle entendait.
« Qui êtes-vous ? demanda-t-elle impérieusement. ET POURQUOI NE PUIS-JE PAS RETOURNER CHEZ MOI ?! » rugit-elle.
Les trois silhouettes se figèrent un instant, avant de répondre dans un même ensemble, terrifiant et affreux, leurs voix se mêlant en un ensemble terriblement discordant.
« Nous sommes la Mort.
– Ou plutôt ses âmes damnées, corrigea la deuxième, réunies pour veiller sur ses Reliques.
– ... Hein ? Que... Vous... Non !
– Nous t'avons emmenée, enfant, dans le monde où les Reliques de la Mort ont vu le jour. Du moins, l'un de ces mondes. Il ne faut pas oublier que les univers sont multiples et variés, et que les parallèles sont infinis de nuances.
– Je... Je ne comprends pas... » bredouilla Lucy.
Les trois silhouettes semblèrent échanger un regard — difficile à dire, vu qu'il s'agissait de silhouettes — avant de se tourner vers la jeune fille et de lui expliquer ce qu'elles attendaient d'elle.
Autant dire que ce ne fut pas une mince affaire.
°°o°°
Quand Lucy sortit du cercle de pierres géantes, sa tête bourdonnait désagréablement. Toutes les informations reçues étaient difficiles à encaisser, sans oublier les émotions intenses des derniers jours qu'elle n'avait pas encore digérées.
Cependant, malgré ce que lui avaient dit les trois choses — elle refusait de les considérer autrement —, elle refusait de les croire.
Un autre monde ? La magie ? Pas de retour possible ? Alors quoi ? Devait-elle renoncer à revoir Shakky, Ray, Law, les Chapeaux de Paille, les Révolutionnaires, Marik, l'archipel Sabaody, Grand Line et tout ce pour quoi elle se battait jour après jour ?
Tous ses efforts étaient-ils réduits à néant... ?
Et puis, la Mort qui serait une entité avec des émissaires pour accomplir ses devoirs ? Était-elle également devenue rien de moins que l'un de ces émissaires, à devoir accomplir la mission que lui avaient confiée ces êtres ? Et...
La jeune fille fut interrompue dans ses pensées par une silhouette masculine se dressant devant elle. Un jeune homme aux cheveux mi-longs noirs, aux yeux gris et tout habillé de noir, avec une sorte de robe, la toisait, un drôle de bâton de bois sculpté fermement serré dans son poing droit.
« Un Moldu... ? lâcha-t-il à la fois interrogatif et méprisant.
– Et vous êtes... ? demanda Lucy sans relever le ton de l'autre.
– Cela ne vous regarde en rien.
– D'accord, soupira-t-elle.
– D'accord ? répéta le jeune homme, interloqué.
– Juste... Quel est cet endroit ?
– Vous ne savez pas où vous êtes ?
– Non.
– Stonehenge. C'est connu pourtant, même des Moldus.
– Je n'en avais jamais entendu parler, répliqua Lucy.
– Qu'avez-vous là ? »
Lucy fronça les sourcils en portant la main au pendentif que lui avaient laissé les trucs de la Mort que le jeune homme fixait avec curiosité. Il représentait un triangle avec un cercle et un trait vertical à l'intérieur du triangle.
Les choses lui avaient dit qu'il ne fallait pas qu'elle s'en sépare, et qu'elles communiqueraient avec elle grâce à ça. Quand elle avait demandé comment, on lui avait juste répondu que c'était magique. Lucy avait alors eu l'irrépressible envie de les frapper. Fort heureusement, elle s'était abstenue.
« Un pendentif merdique, répondit-elle. Des êtres frappadingues m'ont amenée ici sans me demander mon avis en me laissant ce truc.
– J'ai déjà vu ce symbole...
– Ça me fait une belle jambe. »
Le jeune homme fronça les sourcils. Lucy remarqua alors qu'il était beau, il ressemblait à Law, un peu, le bouc et les muscles en moins. Ses yeux gris étaient tout aussi intenses que ceux du chirurgien. Il était plus jeune, aussi, il semblait avoir son âge, mais plus mature que Luffy — en même temps, ça, ce n'était pas très compliqué. Ses cheveux étaient longs et bien coiffés, par contre, contrairement à Luffy ou Law.
« Je n'arrive pas à me souvenir d'où j'ai vu ce symbole, mais il est clairement magique, déclara froidement le jeune homme. Vous n'êtes pas un Moldu, pas vrai ?
– Je ne sais pas ce qu'est un Moldu, mais je suppose que vous êtes un sorcier ? Ces choses m'ont un peu parlé de cet endroit.
– Vous n'avez pas de pouvoirs magiques ?
– Pas à ma connaissance. Stonehenge est le nom de cette île ?
– Non, Stonehenge est le nom de ce site, du regroupement de ces pierres. D'où venez-vous pour ne même pas savoir ça ?
– Je viens de l'archipel Sabaody, sur la route de Grand Line.
– Sabaody ? Grand Line ? répéta l'inconnu, interloqué.
– Grand Line est le plus grand océan du monde. Il fait le tour du monde, simplement coupé par la Red Line, une chaîne de montagnes qui fait aussi le tour du monde et qui sépare Grand Line en deux parties.
– Le plus grand océan du monde est le Pacifique, rectifia le sorcier. Je n'ai jamais entendu parler de Grand Line ou de Red Line.
– Ah bon... Je suppose que si je vous parle de Gold Roger ou de Sengoku le Bouddha, cela ne vous dit rien ? Ou même de Shiki le Lion d'Or, ou de Monkey D. Garp, de Tsuru la Tacticienne... Ça ne vous dit vraiment rien ? »
Le sorcier parut perplexe.
« Ce sont des personnes célèbres ? »
Lucy soupira.
« Alors elles avaient raison... Ces silhouettes...
– Des silhouettes ?
– Hm. J'étais au centre de ce cercle de pierres, j'étais prisonnier d'un groupe de personnes, et j'ai touché cette énorme pierre, tout au milieu. Elles sont apparues, et j'ai dû fermer les yeux, je ne contrôlais plus mon corps. Ensuite, quand je les ai rouverts, rien n'avait changé, sauf que tout le monde avait disparu. Seules les trois silhouettes étaient là. Et elles ont dit... que je ne retournerais jamais chez moi, que j'avais changé de monde. Puis elles m'ont donné ce pendentif. Après, je vous ai rencontré. »
Le sorcier resta stupéfait et pensif à la fois. Lucy resta silencieuse, attendant sa réaction. Comme à son habitude quand elle était travestie face à quelqu'un qui ne le sait pas, elle veillait à se référer à elle-même au masculin. C'était automatique, à présent.
« Un autre monde, hein... murmura l'autre. Avec une autre géographie, d'autres pays, et peut-être même un autre mode de fonctionnement...
– Il faudrait comparer pour savoir, fit Lucy. Mais pour ça, il faudrait que je m'intègre. Ces... silhouettes ont dit que je devais éviter le monde non magique. Comme vous êtes un sorcier, peut-être que vous auriez une solution à me proposer ? Même si c'est pour me confier à quelqu'un d'autre, ce n'est pas grave, je m'en sortirais. »
Le sorcier dévisagea Lucy, comme semblant la voir réellement pour la première fois.
« Je connais effectivement quelqu'un... Je vis chez mes parents, et... Ce ne serait pas une bonne idée que de vous faire cohabiter. Sinon, je m'appelle Regulus Black.
– Silvers Lucius.
– Lucius est votre nom de famille ? s'étonna Regulus.
– Non, c'est mon prénom. Là d'où je viens, dans la majorité des pays, on donne le nom de famille avant le prénom. Ce n'est pas le cas ici ?
– C'est même plutôt le contraire.
– Donc votre prénom est... Regulus ?
– C'est cela. D'ailleurs, je connais un homme qui s'appelle Lucius. Il a épousé l'une de mes cousines.
– Oh, eh bien, vous pouvez m'appeler Lu, sinon. C'est comme ça qu'on m'appelle, le plus souvent. Et puis, si ça peut vous éviter une confusion inutile...
– Vous ne lui ressemblez pas, coupa Regulus. Il est grand, blond très clair, les yeux bleu-gris... Vous êtes petit, les cheveux noirs, les yeux bruns... Vous n'avez rien à voir. »
Lucy écarquilla les yeux à la description. Cela ressemblait au portrait du petit Lucius qui s'accrochait à elle, du temps où elle était esclave ! C'était d'ailleurs pour lui qu'elle avait pris ce prénom pour son identité masculine. Peut-être était-ce la même personne, née dans un autre monde ? Les silhouettes n'avaient-elles pas parlé de parallèles entre les mondes... ?
« Enfin, peu importe, reprit Regulus sans remarquer son trouble. Il vaut mieux partir. Le pays n'est pas sûr en ce moment.
– En ce moment ?
– C'est la guerre, répondit platement le sorcier. Entre les sorciers uniquement, même si quelques créatures magiques y sont parfois mêlées et que des Moldus sont tués.
– Je vois... »
Cela correspondait effectivement à ce que lui avaient expliqué les silhouettes de la Mort, même si Regulus se montrait beaucoup plus succinct dans son explication. Ferait-il partie du camp que les silhouettes avaient appelé les Mangemorts... ? Cela expliquerait son mépris vis-à-vis des Moldus...
« Lu, prenez ma main, demanda soudain Regulus en tendant sa main, coupant Lucy dans ses pensées.
– Pour quoi faire ?
– Nous allons transplaner.
– Transplanter ? Mais je ne suis pas médecin ! se méprit Lucy.
– Transplaner, pas transplanter ! corrigea Regulus. Même si je ne sais pas ce qu'est un médecin... Peu importe. C'est un moyen de transport sorcier. Cela permet de se transporter d'un endroit à un autre en quelques secondes. Nous allons chez l'homme dont je vous ai parlé, celui qui pourra vous accueillir. »
Lucy haussa un sourcil. Sa décision était prise.
« Non.
– Comment cela, non ? s'étrangla Regulus. Vous pourriez vous faire tuer !
– Je sais me défendre, et du peu que j'ai vu, je trouve la magie merdique. À cause d'elle, je me retrouve dans un autre monde, sans moyen de retourner chez moi, auprès de mes proches ! Mon métier, mes combats, mes efforts, ma vie, tout est ruiné à cause de cette satanée magie, et je devrais user d'un moyen de transport magique ?! Y a pas moyen ! »
Regulus soupira mais se calma un peu.
« Écoutez, d'abord on se met en sécurité, ensuite on discute. Je suis venu parce que j'ai été attiré par la puissance magique qui a été déployée. Je comprends que c'est votre arrivée qui a provoqué cette explosion de magie, mais si je l'ai ressentie, nul doute que d'autres aussi ! Alors soyez coopératif, au moins le temps que nous soyons en sûreté. Vous pourrez dénigrez la magie autant que vous voudrez ensuite. »
Lucy fut surprise, elle s'attendait à ce que le sorcier la plante là ou la tue pour avoir blasphémé sur la magie qu'il semblait pourtant adorer. Était-ce parce que son pendentif et la magie l'ayant envoyée dans ce monde avaient une quelconque importance... ?
Enfin, peu importe pour l'instant ! Lucy s'ébroua. Elle n'avait pas échappé des centaines de fois à la mort dans son monde pour se faire tuer bêtement dans un monde inconnu parce qu'elle n'avait pas suivi des règles basiques de sécurité !
En plus, mourir à cause de la magie... Elle préférait mille fois se faire exécuter par la Marine que de mourir par un truc aussi abject ! Si la magie existait, alors pourquoi ne sauvait-elle pas tous ces esclaves des Dragons Célestes ?
Soupirant, Lucy attrapa la main tendue de Regulus et aussitôt, elle ressentit comme un intense tiraillement au niveau du nombril, puis ce fut comme si elle était aspirée et compressée dans un tube. C'était extrêmement désagréable.
Quand ce fut fini, à peine une poignée de secondes plus tard, elle se raccrocha au bras du sorcier pour éviter de se viander magistralement sur le pavé et pour reprendre son souffle.
Une minute... Le pavé ?
« Où... Où sommes-nous ?
– À Carbone-les-Mines. C'est une ville moldue, c'est bien plus discret. C'est là que vit Severus.
– Pourquoi ne pas avoir transplané directement dans son logement ?
– La plupart des sorciers mettent des barrières anti-transplanage dans leurs maisons, et Severus est de ceux-là. C'est une mesure de sécurité. En plus, ce n'est pas très poli, et il pourrait être occupé ou absent, mieux vaut s'annoncer avant, sauf cas d'urgence.
– Je comprends. C'est loin ?
– Quelques minutes à pied. Vous avez d'autres questions ? »
L'énervement audible dans la voix de Regulus refroidit nettement Lucy.
« J'attendrai qu'on soit arrivé pour les poser. »
Regulus hocha sèchement la tête, et ils se mirent en route d'un pas rapide. Heureusement, avec ses années de journalisme de terrain et ses entraînements avec Ray et Shakky, Lucy avait une endurance d'enfer et n'avait aucun mal à suivre ce rythme. Il était même plus lent que ce dont elle avait l'habitude.
Cependant, comme il n'était pas enclin à parler, elle ne lui ferait pas remarquer. Autant éviter de vexer la seule personne qui était au courant de sa situation dans ce monde.
Quelques minutes de marche plus tard, ils arrivèrent effectivement à destination, devant une vieille maison à l'allure défraîchie, pauvre même, tombant quasiment en décrépitude. Regulus s'attendit à un commentaire à ce sujet, mais rien ne vint. Il regarda Lucius, qui observait simplement les lieux avec curiosité, sans sembler dérangé outre-mesure par la pauvreté du quartier.
« Vous ne dites rien ? demanda-t-il alors.
– À quel sujet ? s'étonna Lucy.
– Sur les lieux. Peut-être que vous allez habiter cette maison pendant un temps, alors...
– J'ai vu pire, se contenta de répondre Lucy. On y va ? »
Comprenant qu'il ne tirerait rien de plus du jeune homme d'un autre monde, Regulus toqua alors à la porte selon un code bien précis, tout en se disant que Lu semblait cacher bien des choses. La porte s'ouvrit alors sur un Severus Snape au teint cireux, pâle comme la mort, et toujours aussi maigre qu'à Hogwarts.
« Regulus ?
– Bonsoir, Severus. Il s'est passé quelque chose d'inattendu. Puis-je entrer avec mon invité ? »
Severus jaugea Lucy du regard, la décortiquant et l'analysant. La jeune fille demeura impassible, et finalement, le sorcier lugubre les invita à entrer.
Arrivés dans le salon, Severus invita les deux arrivants à s'asseoir sur le vieux canapé rongé aux mites. Lucy regardait les lieux avec curiosité mais toujours sans aucun dégoût, à la grande surprise de Regulus.
« Bon, que se passe-t-il ? demanda d'emblée Severus. Et qui est ce type ? »
Regulus entreprit alors de lui raconter comment, alors qu'il était dans le Londres sorcier, il avait ressenti une décharge de magie intense telle qu'il s'était senti obligé de transplaner pour aller voir de quoi il retournait. Il n'avait pas été si étonné de voir qu'il avait atterri à Stonehenge, le site était saturé de magie ancienne.
Il faut dire aussi qu'il était situé sur un nœud tellurique, dont le réseau souterrain était d'une densité rare, tout comme le terrain de Hogwarts — c'était d'ailleurs certainement pour cette raison que les Fondateurs avaient choisi ce lieu pour construire leur école.
Cependant, quand il avait tenté de rentrer dans le cercle de pierres, il s'était vu repoussé par une barrière invisible. Après cela, près d'une heure s'était écoulée avant qu'il ne voie apparaître un jeune homme devant lui, comme sorti de nulle part mais provenant vraisemblablement du site.
Ce jeune homme était Lucius Silvers, et il venait d'un autre monde.
À ce moment du récit, Lucy dut prendre la relève, à la demande de Regulus, afin qu'elle explique ce qui était arrivé de son côté. Elle répéta donc ce qu'elle avait déjà expliqué à Regulus, sans entrer davantage dans les détails, se contentant simplement des faits.
Tout comme avec Regulus, elle n'évoqua rien de ce que les silhouettes avaient pu lui dire sur sa mission, ou sur ce monde. Après tout, elle ne savait pas si elle pouvait leur faire confiance, elle ne savait rien d'eux.
Elle verrait avec le temps si elle pourrait leur en dire plus, mais en attendant, la prudence était de mise.
À la fin de son explication, Severus semblait songeur — cette expression le rajeunissait d'ailleurs bien plus que celle fermée qu'il semblait arborer la plupart du temps.
« Ces écritures anciennes que vous avez vues sur cette pierre... C'était dans votre monde, c'est cela ?
– Oui, mais elles y étaient aussi quand j'ai atterri dans le vôtre. La mousse était dans le même état, et même la trace que j'ai laissée en la dégageant.
– C'est curieux, songea tout haut Severus en se prenant le menton dans la main. Sauriez-vous reproduire ces écritures ? »
Lucy hocha la tête et ramena son sac à dos devant elle afin de fouiller dedans. Voyant Trombone dormir profondément, elle lui caressa légèrement la tête avant de sortir un carnet et un stylo et de s'atteler à la tâche de reproduire ce qu'elle avait vu. Elle alla même jusqu'à reproduire la pierre et la mousse — sa tendance à vouloir que tout soit parfait ressortant à ce moment-là.
« Vous dessinez bien, remarqua Regulus.
– Merci, répondit sobrement Lucy. Je m'entraîne tous les jours.
– Vous avez parlé d'un métier, tout à l'heure, et de combat, aussi, se souvint le jeune homme. De quoi s'agit-il ?
– Ah, ça... Je suis journaliste de terrain, et ma tête a été mise à prix. Je dénonce les familles nobles et les gouvernements de leurs exactions. J'ai aussi participé à démanteler un réseau de prostitution, il y a quelques mois. L'année dernière aussi, plusieurs centaines d'esclaves ont été libérés. Je travaille en collaboration étroite avec le mouvement Révolutionnaire qui s'attache à libérer les peuples de l'esclavage. Quand je sillonne les océans, je ne peux pas publier mes articles, alors je les envoie à Marik, mon correspondant, qui les publie depuis le QG des Révolutionnaires, ou bien à Hack qui en fait aussi partie. J'écris également des articles sur les pirates, les chasseurs de primes, les agents gouvernementaux du Cipher Pol, et la Marine, bien sûr. »
Les deux sorciers eurent la grâce de paraître impressionnés, tandis que Lucy dessinait toujours.
« Mais, releva Severus, si votre tête a été mise à prix, comment avez-vous fait pour rester discret ?
– Ils n'ont jamais eu une seule photo de moi, sourit Lucy. Ils n'ont même pas mon vrai nom, seulement un pseudonyme : Lord D. Lu. Et entre les bandits de bas-étage, les bars malfamés, les navires en tous genres, les pirates, les marchands d'esclaves, les trafiquants de diverses substances et d'armes, j'avais intérêt à me faire discret. Sans cela, jamais je n'aurais survécu. Ah, j'ai fini. »
Lucy tendit alors le carnet à Severus qui le prit pour mieux le détailler. Au bout de quelques instants, il hocha la tête.
« Ce sont des runes. Mais lesquelles, je ne saurais le dire. Je suis spécialiste des potions, pas des runes.
– Moi non plus, je ne suis pas expert en runes, remarqua Regulus.
– Mais j'ai des livres sur le sujet, ajouta le potionniste. Seulement, ce sont des basiques, peut-être qu'il faudrait des ouvrages plus référencés... Parce que là, si certains symboles me sont vaguement familiers, je n'en reconnais aucun.
– Il y a aussi la bibliothèque des Black, je pourrais peut-être ramener quelques ouvrages... songea Regulus. Est-ce que vous avez une écriture semblable dans votre monde, Lu ? demanda-t-il alors.
– Euh... hésita Lucy. Il y a bien les Ponéglyphes, mais je ne sais pas les lire... Une seule personne au monde, à ma connaissance, le peut, et elle est restée là-bas. Mais j'ai une photo de l'un d'entre eux, le seul que j'ai déjà vu, d'ailleurs... »
Lucy farfouilla à nouveau dans son sac en disant ces mots, sortant un porte-documents duquel elle sortit une chemise en papier jaune contenant une petite pile de photos.
Elle les regarda une seconde à peine l'une après l'autre, jusqu'à atteindre celle désirée, prise quelques mois plus tôt sur l'île Gyôjin, quand elle avait accompagné Robin pour voir le fameux Ponéglyphe des profondeurs. La femme avait aimablement accepté de poser pour la photo, au grand plaisir de Lucy qui la trouvait très belle et particulièrement photogénique.
« Ah, voilà ! Tenez, Severus. »
Severus prit la photo avec précaution par les bords, et la mira un long moment, avant de la tendre à Regulus qui la scruta à son tour.
« Cette pierre semble récente, remarqua Regulus.
– Pourtant, ces pierres ont près de 800 ans dans mon monde.
– Elles sont étonnamment bien conservées, dans ce cas, remarqua Severus.
– Le Gouvernement Mondial cherche à les détruire depuis longtemps, sans succès. À ma connaissance, ces pierres sont indestructibles. Un peuple d'érudits savait les lire, alors ils ont ordonné la destruction pure et simple de leur île. Seule Nico Robin, que vous voyez ici, indiqua-t-elle sur la photo, a survécu, et depuis, elle est la seule à savoir les lire. »
Les deux hommes furent choqués.
« Aucun survivant ? demanda Regulus. Mais...
– Même les civils, confirma Lucy. Les femmes, les enfants, les vieillards, les bébés... C'est le principe du Buster Call. Dix navires de guerre, cinq vice-amiraux, et l'ordre donné par l'un des trois amiraux ou par l'Amiral-en-Chef, qui sont les seuls à avoir le droit de donner un tel ordre. Ensuite, l'île est simplement rayée de la carte, sous les bombardements et les flammes. »
En disant cela, Lucy n'avait pu s'empêcher de s'enlacer elle-même, resserrant ses mains sur ses bras, et tremblant légèrement. Pâle, son regard était vague, comme perdu dans quelque vision horrifique. Les deux sorciers échangèrent un regard. Visiblement, leur invité avait dû vivre une expérience semblable.
Finalement, Lucy s'ébroua.
« Dites, Severus...
– Oui ?
– Vous avez parlé de vous procurer des ouvrages plus détaillés sur les runes...
– En effet, j'ai dit cela.
– Cela veut-il dire que vous envisagez de me loger chez vous ? »
Severus fronça les sourcils, tandis que Regulus esquissait un léger sourire amusé. Lu était décidément plein de surprises, et il était satisfait de constater qu'il était tombé sur quelqu'un de perspicace et doté d'un minimum d'intelligence et qui ne s'appesantissait pas sur les mauvais souvenirs. Quant à Severus, il poussa un léger soupir.
« Ce n'est pas du tout l'idéal, mais au vu de la situation...
– Ah, oui, les Mangemorts, c'est cela ? En êtes-vous ? » demanda Lucy sans tact.
Les deux sorciers furent soufflés par la question. Comment ce type avait-il deviné... ?
« Le mépris que vous affichez vis-à-vis des Moldus me l'a fait comprendre, expliqua Lucy face à leurs mines stupéfaites. Et ces silhouettes m'ont un peu résumé la situation, alors... J'ai juste additionné deux et deux. »
Severus se remit plus vite que Regulus.
« Allez-vous nous dénoncer aux autorités ?
– Vous dénoncer ? Et comment ? Je vous rappelle que je ne connais rien à ce monde, ni sa géographie, ni sa logique... et que je n'ai pas d'existence, légale ou illégale. Sans oublier que je ne sais même pas à quoi ressemblent vos autorités, non plus. Alors vous dénoncer...
– Mais vous ne supportez pas les injustices, insista Severus, n'est-ce pas ?
– Certes. Cependant, vous ne m'avez rien fait, alors même que je ne suis pas sorcier. Je suppose donc que votre cas n'est pas si désespéré... »
Regulus esquissa un nouveau sourire, amusé malgré lui par l'ironie du jeune homme. Il faut dire aussi qu'il n'avait pas encore parlé à Severus de son intention de trahir le Seigneur des Ténèbres, mais si ce Lu avait de telles convictions, peut-être qu'il y avait alors de l'espoir ?
De son côté, Severus fut amusé de l'impertinence du jeune homme qui, malgré tout, ne les insultait pas et était même prêt à faire leur connaissance. Il ne savait pas combien de temps cela durerait, mais il l'accueillerait, d'autant que sa curiosité était piquée à vif.
Après tout, le jeune homme venait d'un autre monde, qui sait ce qu'il pourrait leur apprendre... ?
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Réponse à la review (selon mes données, j'ai 6 personnes qui ont mis cette histoire en favori, et 9 en suivi). Je ne vous demande pas un roman, loin de là, mais un petit message, même si ce n'est pas à chaque chapitre, même si ce n'est pas détaillé, ça fait plaisir. Parce qu'à part une personne, je n'ai aucun moyen de savoir si vous aimez ou si vous lisez par dépit, ou parce que vous n'avez rien d'autre à vous mettre sous la dent.
Promis, je ne mords pas !
mariam150295 : Pauvre chat, j'espère que tu ne lui causeras pas une crise cardiaque !
Alors non, Lucy ne va pas stalker les Chapeaux de Paille toutes leurs aventures, la preuve dans ce chapitre.
Courageuse ou suicidaire ? Je te laisse te faire ta propre idée, j'ai la mienne sur la question, mais chaque lecteur voit les personnages à sa façon, c'est toute la beauté des histoires...
Zoro s'est pas trop mal débrouillé, pour un type aussi bourrin de base, je trouve.
Oui, avec Aokiji, Fujitora est le meilleur amiral (pour moi).
Pour Doflamingo, je vais peut-être te choquer, mais il fait partie de mes personnages préférés. En tant que méchant, je le trouve absolument génial. Et son passé le rend très intéressant à suivre, il a des raisons d'agir qui, si elles ne sont clairement pas pardonnables, sont compréhensibles. Il n'est pas juste un fou sadique, il a d'autres motivations, et c'est ce qui permet de lui donner de la profondeur.
Oui, Fujitora maîtrise la gravité, mais je ne pense pas qu'il se soit servi de son pouvoir sur le dé. Avec le Fluide Sensitif, on l'aurait probablement grillé. Je pense que sur ce coup-là, Oda a joué avec l'éternelle chance insolente de Luffy. Et oui, Luffy est le type le plus gentil et désintéressé de tous les univers confondus, on est bien d'accord. Tous les autres héros ont leur part d'égoïsme (même si Luffy reste très idiot, c'est ce qui le rend si génial).
Kyros est assez stoïque dans l'ensemble (à part avec sa femme et sa fille), donc non, pas plus de réaction que ça... Et faire semblant, je ne pense pas qu'il sache faire !
Robin, le jour où on arrivera à lui cacher quelque chose, Zoro aura le sens de l'orientation !
Akainu déteste Luffy, et beaucoup de soldats et de hauts gradés de la Marine également, sans oublier bon nombre de pirates et autres criminels... Désolée de te contredire, mais si, il est possible de le détester. Et honnêtement, autant j'adore Luffy, je pense qu'au quotidien, il doit être épuisant (suffit de voir la tronche que tire Law à chaque fois).
Ah oui, un Law-fauteuil, je me demande si on peut commander ça sur internet ? D'ailleurs, je tiens à rappeler que chaque moment est important, dans cette histoire. Quelle est donc cette demande que Lucy a faite à Law ? (Ce ne sera pas révélé avant longtemps, mais c'est important pour la suite).
VIVE TROMBONE ! Hum, je m'égare...
Oui, quand on se fait passer pour un chat, autant se comporter comme un chat, c'est-à-dire sans logique aucune. Je m'inspire beaucoup des vidéos de chats que je vois sur le net, pour d'autres scènes à venir, ainsi que de ma petite Lucky. Les animaux sont une grande source d'inspiration.
Oui, tu as bien fait comprendre que tu appréciais Issho. Remarque, moi aussi.
Oui, Lucy n'est pas une journaliste qui se contente de rabaisser et pointer ce qui ne va pas. Elle estime que son travail consiste à relater ce qu'elle voit et qui est digne d'être relaté, en bien comme en mal.
Je n'ai pas encore réfléchi à un autre article journalistique de Lucy, mais ça viendra peut-être ! Il faudra que cela s'insère de manière cohérente au reste du récit, mais je ne suis absolument pas opposée à l'idée.
Oui, je suis une créature sadique (comment ça, c'était évident ?)
Haha, oui, le Fluide de Lucy lui permettra effectivement d'éviter des sorts, mais est-ce qu'elle pourra toujours le faire... ?
Je te rejoins assez sur ta définition des Serpentard. J'ajouterai aussi que Dumbledore lui-même estime que la Répartition se fait trop tôt, parce que la vie est faite de changements et d'évolutions, et qu'à 11 ans, on est assez proche de ce que nos parents souhaitent pour nous, et ensuite on s'en détache pour se forger notre propre personnalité. Un adulte sera beaucoup plus difficile à répartir, car il sera plus nuancé qu'un enfant.
Si le sujet t'intéresse, je te conseille la chaîne YouTube de Xio Nixes, et notamment sa vidéo "HARRY POTTER - Poudlard, une bonne école ?"
Ce YouTubeur est prof dans la vie et il a donc mené des recherches assez poussées sur le sujet. Par contre, vu que Lucy n'a jamais été scolarisée mais qu'elle a appris sur le tas, elle n'aura pas un avis aussi éclairé sur la question.
Tant mieux si tu vois des personnages sous un angle nouveau ! J'ai eu la même sensation en lisant bon nombre de fanfics, je suis heureuse si ça te fait pareil.
Des bisous !
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... reviews, please ?
