LE PROLOGUE DE THE VERY BLACK SECRETS EST EN LIGNE ! Vous pourrez donc directement passer à sa lecture après avoir fini ce court dernier chapitre !


Le dernier des Black

Frapper, frapper le sol, les bureaux, la cendre, la mort, regarder, dans les yeux, sans cligner les siens, le corps défiguré, calciné, méconnaissable même pour ceux qui l'avaient côtoyé depuis l'enfance, tiré des flammes un instant avant la disparition complète de sa peau, ses muscles, ses os, hurler, crier, tempêter à s'en crever la gorge contre le Sort qui s'acharnait, contre l'espoir, le sale espoir, sempiternel écho d'un sang maudit, le sale espoir, qui ne lui avait bâti un monde que pour mieux le lacérer sous ses yeux effarés, grand-ouverts, écarquillés d'horreur de d'incompréhension devant la mort, l'obscurité, les flammes.

Ses hurlements crissaient comme la craie contre le tableau noir, perçaient les murs, le plafond, les flammes, les tympans d'un garçon sur balai, mais pas la porte qui se refermait alors, sans qu'il ne le sache ; ils retentissaient au travers de la Salle aux Objets Cachés où il avait passé son enfance, son adolescence ; où il avait vu, pour la première fois, le visage de sa mère, où il avait tout appris, rien fait, tout espéré, où il allait mourir.

Il ne voulait pas qu'on le laisse, mais personne ne savait qu'il était ici, personne ne savait où il vivait, personne ne savait même qui il était. Dumbledore et Maugrey s'en étaient assurés – après tout, il n'aurait pas fallu que quelqu'un ait la malheureuse idée de faire un Mangemort du dernier des Black, n'est-ce pas ?

Désormais seule victime disponible, le garçon, avec ses cris de désespoir, avait attiré toutes les chimères. Il avait bien essayé d'atteindre la porte, mais il n'y avait plus de balais, ni même de tapis volants ; il n'avait plus que ses jambes, faibles et grêles, qui ne purent guère le porter très loin, et il hurla de plus belle quand une créature à la fois Sombral, dragon et incendie lui mordit l'épaule de ses dents incandescentes, emportant avec elle son bras gauche, noyant d'un fracassant torrent noir le peu d'espoir qui lui restait, séchant ses larmes d'un souffle mortel sur ses joues craquelées.

Il réalisa soudain que, s'il ne faisait rien, il allait mourir. Et il se souvint d'un livre, d'un très vieux livre qu'il avait trouvé, dans cette pièce, trois ans plus tôt… Tirant de sa poche la vieille baguette que Dumbledore lui avait offerte – celle de sa mère, visiblement –, le dernier des Black invoqua la puissance de son étoile, la puissance du Lion. Combattre le feu par le feu, l'une des magies les plus obscures et les plus viles par la plus pure et la plus blanche des magies.

Seulement, il était un Black, et il était faible, et la baguette ne l'avait pas choisi, pas vraiment. Alors, il y eut une grande implosion. Le Feudeymon disparut.

Le dernier des Black aussi.


¤ BBM ¤


Drago Malefoy

Drago baissa les yeux sur sa blessure, portant sa main à ses plaies profondes et maudites, surpris. Puis une immense douleur s'empara de son cœur, alors que sa vie défilait devant ses yeux, toute une vie qu'il avait oubliée¸ qu'il avait effacée, parce qu'il avait cru que c'était ce qu'il fallait faire, parce qu'il avait cru que tout irait mieux, s'il souffrait moins.

Quelle erreur ! Quel imbécile ! Ah, oui ! il était heureux, tiens, sa chair lacérée par ce foutu sort, lancé par ce foutu gamin, avec ses foutus yeux verts, verts, verts, trop verts, tellement verts qu'il en avait envie de vomir, en pensant au corps qui reposait à ses côtés. Le vent soufflait, le tonnerre grondait, la pluie tombait, et le soleil brûlait sa peau comme un millier de lances, et la sécheresse de sa bouche lui faisait rêver de mille oasis inatteignables dans le désert de son cœur, vide, si vide, alors qu'il aurait dû être plein, et ne pouvait qu'être plaint. Son corps tremblait de froid, ses oreilles sifflaient, ses dents claquaient, et le sang chaud qui coulait contre ses joues, son torse, ses cuisses lui faisait l'effet d'un astre de feu tout près de sa peau, tandis que ses larmes celui d'un déluge purificateur, annonciateur de son imminent effacement du monde.

Il se sentait bête. Il se sentait sale. Il se savait fou.

Et il y avait toujours ce regard posé sur lui, intense, perçant, comme si l'homme savait tout, comme s'il se doutait qu'il y avait…

— Ce sort…, souffla Drago dans un rire sans joie, enfin redevenu lui-même. Ce sort, par toi, entre tous…

Le regard vert s'avança, mais Drago fut plus rapide et mit tout le poids de son âme chancelante dans une dernière attaque que, surpris, le garçon n'eut pas le temps de combattre. Une vie, mille vies, deux guerres – l'une contre son père et son Maître, l'autre contre lui-même –, passèrent de l'argent à l'émeraude et, alors que Drago vacillait une dernière fois, basculant dans le noir, de l'autre côté, et que Harry – mais ce ne pouvait pas être lui, il était mort, il avait perdu la vie – s'avançait vers lui, une petite fiole à la main, une kyrielle de mots et de questions au bord des lèvres… Drago perdit pied, sombra.

Tout était noir… Noir comme le tatouage qui recouvrait sa peau, comme le sang qui coulait dans ses veines, comme la folie maudite qui frappait la Noble et très Ancienne Maison des Black.

Toujours pur… Drago eut intérieurement un dernier petit rire désabusé – ah, ils étaient purs, ça oui !

Et fous... et morts.

THE END, AND A BEGINNING


Bonsoir ! Je suis TERRIBLEMENT désolée pour ce retard injustifiable.

J'avais déjà ce dernier chapitre, et le prologue de The Very Black Secrets (qui est posté, d'ailleurs ! Passez le lire et suivre la fanfic pour être prévenus de la sortie des prochains chapitres !), mais je me suis laissée déborder par le travail et je n'ai pas ouvert mon ordinateur pendant près d'un mois, sauf pour mon inscription en cumulatif à la fac. Donc forcément pour poster les chapitres c'était compliqué, et comme je sentais que ce serait impossible pour moi de poster les chapitres suivants sans gigantesques délais, je n'ai pas fait beaucoup d'efforts pour rectifier le tir. Toujours est-il que : pardon, j'espère que vous ne m'en voudrez pas, et que vous êtes toujours là !

Le chapitre est assez court, mais il permet à la fois de clore en partie la tragédie de Drago et d'ouvrir sur le prochain tome. C'est assez étrange de mettre un point final à ce tome pour ouvrir le second, mais j'ai adoré écrire BBM et je vais adorer écrire TVBS, même si j'ai bien conscience que ce sera sans doute plus compliqué question régularité (pour le coup je n'ai aucun chapitre d'avance, je vais essayer d'en prendre un peu pendant ces vacances d'automne mais je ne me fais pas d'illusions : j'ai quand même beaucoup de travail et beaucoup de DST à préparer, en plus des concours blancs). Bref, je vais faire de mon mieux mais comme d'habitude je ne promets rien. En tout cas, je m'attelle directement aux réponses aux reviews, avec... trop de retard, oups !

En tout cas, merci à vous de continuer à me lire malgré mon irrégularité, j'espère que la suite vous plaira, et surtout n'hésitez pas à me partager votre avis, vos impressions, vos attentes pour la suite ! Vos théories, aussi, je dois avouer que j'adore voir ce que s'imaginent les lecteurices ! C'est toujours intéressant de voir si le foreshadowing est trop évident ou au contraire complètement obscur, de comparer votre attachement aux personnages à celui que j'imaginais que vous auriez etc !

Bref je vais arrêter mon blabla ici, et sachez que sans Bellatrix, rien de tout ça n'aurait pris cette ampleur. Il va donc sans dire que je compte lui donner une place importante dans la suite, sous une forme ou sous une autre... allez savoir ;)

Merci de m'avoir lue jusqu'ici, j'espère que ça vous a donné envie de lire la suite. En tout cas, je compte la poster coûte que coûte, et le prologue est déjà disponible. Merci pour tout, et à très vite ;)