Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien ! Je remercie toutes les personnes qui m'ont laissé un commentaire. J'espère que la suite vous plaira également. Je suis désolée de ne pas avoir posté ce chapitre plus tôt, mais j'ai plusieurs projets en cours, du coup les prochains arriveront de manière sporadique. Je vous souhaite une bonne lecture.
RealFaceFilm: Merci pour ton commentaire, j'espère que la suite continuera de te plaire.
Chapitre 2:
L'homme n'avait pas quitté son poste depuis plusieurs heures et l'ennui marquait peu à peu ses traits. Il porta sa main à son visage barré de cicatrices, étouffant un bâillement. Il était distrait et immobile, c'était parfait ! D'un signe de la tête, Shikamaru donna ses instructions à sa coéquipière.
Celle-ci joignit ses mains et focalisa son attention sur sa cible. C'était le moment critique, d'autant plus qu'ils ne pouvaient pas utiliser la manipulation des ombres de Shikamaru pour l'immobiliser. L'homme ne devait en aucun cas donner l'alerte. La jeune femme pinça les lèvres, elle n'avait le droit qu'à une seule tentative, après ça, leur fenêtre d'action se refermerait. Elle avait vraiment intérêt à viser juste.
— Shintenshi no jutsu, murmura-t-elle.
Son esprit quitta alors son corps et elle s'écroula, rattrapée par Chôji en une mécanique déjà bien rodée. Quelques secondes s'écoulèrent pendant lesquelles ses deux coéquipiers retinrent leur souffle. Il fallait que leur plan fonctionne, et si Ino échouait, il leur faudrait tout reconsidérer. Ils n'auraient pas le temps d'attendre que son esprit retrouve le chemin de son corps et recommencer la manœuvre.
Le ninja face à eux releva brusquement la tête, formant de sa main gauche le code que l'équipe numéro dix avait établi. Leur amie était dans la place mais ils ne devaient pas se relâcher, à la moindre erreur, tout pouvait capoter.
La jeune femme pénétra le bâtiment, prenant possession du corps du ninja. Elle ne devait pas perdre de temps, d'après leurs observations, elle avait environs vingt minutes avant la relève. C'était peu, mais elle devait absolument parvenir à Temari dans ce laps de temps. Elle longea le couloir, se dirigeant immédiatement vers les escaliers du fond. D'après les plans du bâtiment, les cellules d'interrogatoire se trouvaient au sous-sol. Ils l'avaient forcément emmenée là !
Elle avança silencieusement, priant pour ne croiser personne. Si quelqu'un sonnait l'alerte, ils étaient foutus.
Ino dévala les marches, atteignant un long couloir. De nombreuses portes s'offrirent à elle et elle retint un juron. Dans la pénombre, il était difficile de distinguer quoi que ce soit, mais elle ne pouvait éclairer les alentours. C'était trop risqué.
Elle passa rapidement devant les différentes portes, se penchant vers les petites grilles. Elle ne voyait pas grand-chose, mais suffisamment pour comprendre que les premières cellules étaient vides. Elle poursuivit sa tâche sans perdre un instant. Un gémissement résonna autour d'elle et elle s'immobilisa aux aguets. La kunoïchi se laissa guider par le son, avisant une porte à sa droite.
Là, dans l'ombre se dessinait une forme sur le sol. Un nouveau gémissement la fit frissonner. C'était bien son amie, elle en était persuadée. La porte était verrouillée mais ce n'était pas une surprise.
Ino prit une inspiration, priant pour que sa tentative fonctionne. Elle ferma les yeux, concentrant le chakra de l'homme dans sa main droite et le poussant vers le loquet. Un léger cliquetis lui indiqua qu'elle avait réussi. Avec appréhension elle actionna la poignée et poussa la porte. Le grincement qu'elle émit la figea et elle resta aux aguets. Elle s'attendait presque à voir débarquer les Anbus, inquiète à l'idée que leur tentative pour détourner l'attention des gardes ait échoué.
Sans perdre de temps, elle se glissa dans la cellule. En s'approchant de Temari, un haut le cœur la saisit à la vue de son corps meurtrie. Elle était au courant des méthodes employées par la section des interrogatoires, mais en être témoin était tout à fait différent. De voir ce dont ils étaient capables lui fit froid dans le dos et un épais malaise l'enveloppa. La colère grimpa en elle et elle fit son possible pour la réfréner. Temari avait besoin d'elle ! Elle ne pouvait perdre du temps bêtement.
Elle sortit un kunaï de la besace de son corps d'emprunt, s'agenouillant près de la prisonnière. Les yeux de la ninja de Suna s'écarquillèrent en la voyant approcher et elle esquissa un mouvement de recul bien vite stoppée par la chaise sur laquelle elle était ligotée.
— Ne t'inquiète pas Temari, je suis là pour te sortir d'ici.
La voix grave qui passa la barrière de ses lèvres était douce, destinée à l'apaiser. Un éclair d'incompréhension traversa le visage de son amie, s'accentuant lorsqu'elle approcha son arme. La jeune femme face à elle, ferma les yeux, semblant se cloîtrer dans son esprit. Espérant probablement survivre à une nouvelle séance de torture. Elle pensait qu'ils jouaient avec son esprit. Une rage nouvelle anima la kunoïchi de konoha et elle rompit les liens qui entravaient la prisonnière. Celle-ci ouvrit brusquement les yeux, la surprise remplaçant l'attente d'un nouveau châtiment.
— Pourquoi m'aidez-vous ?
Sa voix était rocailleuse et pourtant aussi frêle qu'un murmure.
— C'est Ino, se contenta-t-elle de répondre.
Le soulagement se lisait à présent sur les traits tuméfiés de la jeune femme et un léger sourire apparut sur ses lèvres.
— Shikamaru?
La question était implicite rien que par le prénom qu'elle énonça. Et la pensée fugace que ces deux-là étaient définitivement aveugles quant aux sentiments de l'autre traversa son esprit.
— Il nous attend à l'extérieur du bâtiment, dépêchons-nous, nous n'avons pas beaucoup de temps.
D'un mouvement, elle aida son amie à se redresser, plaçant son bras autour de ses épaules. Les jambes de cette dernière tremblaient de manière incontrôlable et elle s'écroula sur le sol dans un gémissement de douleur, incapable de faire le moindre pas.
Prenant les choses en mains, Ino la bascula sur son épaule carrée, remerciant le ciel de ne pas avoir emprunté le corps d'un gringalet. Aussi vite qu'elle le put, elle entreprit son périple en sens inverse. Elle était près du but, pourtant, elle esquissait chaque pas avec la plus grande prudence, s'assurant à chaque détour de ne pas faire une mauvaise rencontre.
Leur plan pour déjouer l'attention des gardes était entre les mains d'une équipe de confiance mais l'angoisse lui serrait tout de même la gorge et elle se détendit uniquement lorsque l'air frais caressa son visage. Elle avait réussi ! Elles étaient dehors.
Le manteau noir de la nuit les dissimulait habilement et Shikamaru se matérialisa à ses côtés, prenant délicatement Temari entre ses bras.
— Assure-toi de tenir aussi longtemps que tu le peux, nous avons besoin d'autant d'avance que possible sur eux.
Elle hocha simplement la tête en réponse. Sans attendre, le jeune homme disparut de sa vue, emportant son précieux chargement. Le ninja baissa les yeux vers Temari, sa mâchoire se serrant douloureusement en prenant la mesure de ses blessures. Elle avait besoin de soins mais ils n'avaient pas de temps à perdre. Ses yeux rencontrèrent brièvement les siens et il ne sut pas comment traduire son regard.
— Je te tiens Temari, je vais te conduire en sécurité.
Il ne parvint pas à saisir le murmure qui franchit ses lèvres, mais il sentit son corps se détendre imperceptiblement et ses yeux se fermèrent alors que l'inconscience la clamait. Choji rejoignit sa course, Ino semblant minuscule entre ses bras. Il n'y avait pas une minute à perdre ! À l'instant même où l'alerte serait donnée, les unités de poursuite se lanceraient à leur recherche. Ils devaient absolument prendre de l'avance.
Shikamaru stoppa sa course, avisant une silhouette qui se découpait dans l'ombre. Son corps se crispa et il retint un juron. Il raffermit sa prise autour du corps de Temari, refusant de la laisser.
— Laisse-nous passer ! Nous n'hésiterons pas à te combattre dans le cas contraire. »
La posture de leur adversaire était détendue et son éternel sourire figé ne laissait paraître aucune émotion.
— Je suis un peu perplexe, penses-tu être de taille à m'affronter ou bien espères-tu que je vous laisse passer ?
A nouveau, les bizarreries de Sai se manifestaient. Il était l'une des rares personnes que Shikamaru ne parvenait pas à lire. Le ninja était nerveux, ils ne pouvaient pas échouer si proche du but, sans oublier qu'ils devraient répondre de leurs actes devant l'Hokage.
— Nous ne laisserons pas Danzo gagner cette partie, répondit-il avec un calme qu'il était loin de ressentir.
Saï hocha la tête, son corps androgyne totalement relâché. Il ne les voyait pas comme une menace, tout dans sa posture l'indiquait.
— Vas-tu continuer à être un pantin entre ses mains ?
La provocation était manifeste et par ces mots Shikamaru espérait le faire plier. Le visage du ninja se fit pensif, comme s'il réfléchissait.
— Danzo a déjà gagné, j'imagine que garder ou non cet otage ne lui est pas vraiment utile...
Il parlait de manière cryptée mais Shikamaru se laissa aller à espérer.
— En tant que membre de l'équipe numéro sept, Sakura m'a dit qu'il était important de soutenir mes camarades même s'ils font partie d'une autre équipe que la mienne. Alors disons que je ne vous ai pas vus, déclara-t-il.
Le manipulateur des ombres lui adressa un signe de tête, le remerciant silencieusement. Ce ninja était vraiment déstabilisant, mais il les couvrait et c'était tout ce qu'il demandait. Alors ils reprirent leur course, atteignant le mur ouest. Le passage n'était plus très loin, c'était la seule issue pour quitter discrètement le village sans passer par la porte principale.
Ils atteignirent l'entrée du sous-terrain et le jeune homme se dirigea automatiquement vers le sceau protecteur, s'apprêtant à l'annuler à l'aide de son chakra.
— Alors comme ça, on fuit le village ?
Shikamaru sursauta se tournant vers le ninja qui venait de parler. Il ne l'avait pas entendu s'approcher, mais ce n'était pas étonnant, il était l'un des shinobis les plus silencieux de sa connaissance. Il aurait facilement pu les attaquer et avec Temari et Ino hors-jeux, ils n'auraient clairement pas été à la hauteur.
— Kakashi-sensei.
Ce dernier était adossé au mur, semblant plongé dans le paradis du batifolage comme à son habitude. Ses cheveux argentés ressortaient dans l'obscurité, contrastant avec son visage masqué. D'un geste sec il referma son livre et sauta près d'eux.
— Je me charge de les amener sur une fausse piste, vous quatre, filez ! Je refermerai le passage derrière vous.
Shikamaru et Choji prirent alors conscience qu'ils n'étaient pas les seuls à se soulever face au nouvel Hokage. Un climat d'incertitude s'installait et les doutes ne faisaient qu'enfler au cœur des maisons. Les deux ninjas espéraient seulement empêcher la chute de Konoha, même si pour cela il leur fallait trahir leur engagement envers Konoha. Shikamaru prit une profonde inspiration, conscient qu'en franchissant l'enceinte du village caché de la feuille, ils devenaient des déserteurs, bafouant nombre de leurs lois.
— Dites à Sakura que je me charge de ramener Naruto.
Les deux chûnins acquiescèrent, espérant que cet imbécile de blond les rejoindrait bientôt. Ils devaient mobiliser leurs forces s'ils espéraient renverser Danzo. Et même avec les forces combinées de deux jinchurikis l'issue était incertaine.
Les jeunes ninjas s'engouffrèrent dans le tunnel, laissant derrière eux la vie qu'ils connaissaient pour un avenir incertain. Cette certitude qu'ils faisaient le bon choix les faisait tenir, ils agissaient pour le bien du village. Ils devaient à tout prix désamorcer le conflit avec Suna, les répercussions risquaient d'être dramatique dans le cas contraire.
Alors peu lui importait d'être vu comme un traître, Shikamaru assumerait les conséquences de ses actes. Et en baissant les yeux vers Temari, Shikamaru ne put s'empêcher de penser qu'il prenait la bonne décision.
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— Tu ne peux pas nous accompagner, déclara Gaara.
Son ton ne laissait place à aucune discussion et un air contrarié se peignit immédiatement sur le visage de Sakura. À nouveau, elle était laissée en arrière. À nouveau, ses capacités étaient remises en question. Elle se retrouva plongée dans le passé, à regarder le dos de Naruto et Sasuke devant elle, inutile. La jeune femme se ressaisit, tentant de leur faire entendre raison. Elle pouvait aider !
— Vous aurez peut-être besoin de mes compétences médicales, rétorqua-t-elle.
Temari avait sûrement besoin de soins. Sakura n'était pas naïve, elle connaissait les méthodes de l'unité des interrogatoires. Au mieux, Temari avait passé quelques heures en leur compagnie, au pire quelques jours. Dans les deux cas, sa présence pouvait se révéler nécessaire.
— Nous ne savons pas si Shikamaru est parvenu à la libérer, que feras-tu si nous nous retrouvons face à des ninjas de Konoha ? Tu seras incapable de t'attaquer à eux, intervint Kankurou.
— Sans oublier qu'ils te croient sûrement morte. Ce pourrait être un atout pour nous, ajouta Gaara.
La kunoïchi se renfrogna, incapable de trouver une parade. Ils avaient raison évidemment, mais ça ne lui rendait pas les choses plus faciles. Pourtant, elle sentit un poids libérer ses épaules, ils ne doutaient pas de ses capacités en tant que ninja mais la situation nécessitait d'être prudents.
— Il me semble dangereux pour vous d'y aller seuls et le village peut-il se passer de son Kazekage en ce moment ?
L'expression de Gaara resta stoïque, si bien que Sakura fut incapable de lire en lui. S'était-il senti insulté par sa question ?
— Temari est ma sœur, je ne laisserai sa vie entre les mains d'aucun autre.
En d'autres termes, pas question que le devoir se mette en travers de son chemin. Ses paroles avaient le mérite d'être claires et la kunoïchi se demanda si Temari avait conscience d'à quel point ses frères l'aimaient. La détermination se lisait dans le regard du Kazekage.
Sakura savait qu'il avait changé, elle l'avait vu à maintes occasions, mais elle n'avait pas appréhendé à quel point ce changement était profond. L'homme qui se tenait devant elle se souciait profondément des gens autour de lui, se souciait d'elle aussi.
Sa culpabilité ne fit que s'accroître, même si elle n'avait jamais eu l'intention de le tuer, elle avait conscience de l'avoir plongé dans le passé. Il était pourtant loin, ce temps où son propre père voulait le voir mort.
— Baki se charge de protéger Suna en mon absence, il sait rester discret.
La jeune femme hocha la tête, l'ancien sensei de Gaara était un homme de confiance et l'une des personnes qui le soutenait le plus. Elle n'était pas étonnée par son choix de le remplacer temporairement.
Le jeune Kazekage lui présenta son bras et elle releva vers lui un regard interrogateur.
— Tu ne peux pas rester ici, personne ne doit savoir que tu es à Suna.
Sakura mordilla sa lèvre inférieure, se demandant vaguement dans quel merdier elle s'était fourrée. Habituellement c'était plutôt Naruto qui attirait les galères. Au moins était-elle en vie, elle n'avait pas prévu de survivre à cette mission, pour le reste elle attendrait de voir les choses venir.
D'un geste, sa main se referma sur le biceps du jeune homme. Elle eût à peine le temps d'inspirer qu'un tourbillon de sable l'entoura. Le bureau disparut de son champ de vision et elle eût l'impression de voler. Ce fut fugace, l'instant d'après ses pieds touchèrent à nouveau le sol et elle trébucha en reprenant contact avec la réalité. Elle serait probablement tombée si Gaara ne l'avait pas soutenue.
Le sable se dissipa et laissant apparaître une chambre démesurée. L'ameublement était simple, accentuant davantage l'impression d'espace.
— Ce sont mes appartements, personne n'est autorisé à pénétrer ici, c'est l'endroit le plus indiqué pour te cacher.
La stupéfaction se lisait à présent clairement sur le visage de Sakura. Il ne semblait pas trouver inapproprié qu'elle se trouve dans ses quartiers, comme si sa présence en ces lieux était parfaitement logique. Quelque part, la jeune femme fut touchée par sa marque de confiance. Il la laissait pénétrer au cœur de son intimité et pour quelqu'un comme Gaara, ce ne devait pas être chose facile.
D'un mouvement, il se débarrassa de sa robe de Kazekage, la déposant sur le fauteuil beige installé dans un coin de la pièce. Dans sa tenue de ninja rouge sang, il paraissait encore plus létal. Il saisit sa gourde de sable et l'installa sur son dos. Il était prêt à combattre ceux qui se dresseraient sur son chemin.
— Repose-toi, nous serons de retour dès que possible.
Il se détourna, esquissant un mouvement vers la porte. Instinctivement, la jeune femme s'accrocha à sa manche, l'arrêtant dans son élan. Étonnamment, son sable ne s'interposa pas entre eux, prouvant qu'il ne la voyait pas comme une menace.
— Attends... Je... bafouilla-t-elle sous son regard pénétrant.
Les pensées se bousculaient dans sa tête, ajoutant à son incohérence. Il ne bougea pas, ne la quittant pas des yeux tandis qu'elle cherchait ses mots. Elle passa une main dans ses cheveux, se maudissant. De quoi avait-elle l'air à être déstabilisée ainsi ?
— Juste, soit prudent, parvint-elle à formuler.
Elle lâcha alors sa manche, se reculant d'un pas, détournant les yeux de son air stupéfait. Était-ce donc si incroyable qu'elle s'inquiète à son sujet. Il était son ami après tout et c'était son village qui le menaçait. La flamme de la culpabilité ronfla en elle. Si seulement elle avait pu sauver Tsunage-sama, rien de tout cela ne se serait produit.
— Je serais de retour dans peu de temps.
Il était persuadé de ses paroles. Il n'y avait aucune arrogance dans son ton, seulement de la certitude et avec crainte, Sakura se demanda si cela ne le conduirait pas à sa perte. Il était humain après tout, et il pouvait perdre la vie.
Elle le regarda quitter la pièce et refermer la porte derrière lui. Un nœud se forma dans son estomac et elle prit une grande inspiration pour tenter de calmer ses nerfs. C'était tellement plus difficile d'être dans l'attente. Son cerveau ne cessait d'imaginer mille et un scénarios, manquant de la rendre folle. Elle préférait nettement se trouver au cœur de l'action. En mission il n'y avait pas de place pour l'inquiétude, il fallait agir.
Il lui avait pratiquement ordonné de se reposer mais elle s'en sentait incapable. Elle devait s'occuper l'esprit, elle risquait de devenir dingue dans le cas contraire. Et puis elle se sentait sale. Le sable s'était infiltré dans le moindre de ses vêtements et l'odeur de sueur ne faisait rien pour arranger les choses. Sans doute le Kazekage ne lui en voudrait pas d'emprunter sa salle de bain.
Elle poussa la porte à sa droite, l'unique porte à l'exception de celle par laquelle était sorti Gaara. La pièce était particulièrement luxueuse, ce qui n'était pas étonnant considérant que le propriétaire se trouvait être le chef du village. De sublimes mosaïques recouvraient les murs et Sakura s'immobilisa un instant pour admirer, les délicates arabesques dégradées de bleu.
La baignoire au centre de la pièce était certainement la plus grande qu'elle ait jamais vue. Elle éprouvait des difficultés à imaginer le Kazekage l'utiliser. L'eau était précieuse à Suna et Gaara ne semblait pas être le genre à gaspiller une ressource aussi vitale. Il utilisait plus vraisemblablement la douche située dans un coin de la pièce.
La jeune femme fouilla dans les placards à sa droite, trouvant une serviette de bain moelleuse et se débarrassa de ses vêtements. Bientôt, le jet d'eau chaude s'abattit sur son dos nu. Sakura poussa un soupir de soulagement alors que le sable quittait sa peau. Avec hésitation, la jeune femme saisit le savon à sa disposition. Elle fut rapidement enveloppée par un parfum musqué, l'odeur de Gaara. Elle rougit légèrement à cette pensée et espéra qu'il ne s'en apercevrait pas.
La ninja ne s'attarda pas sous la douche, se séchant rapidement avant de s'envelopper dans le drap de bain. Elle mordilla sa lèvre inférieure, avisant ses vêtements sales. Elle n'avait aucune envie de les remettre. Son regard se porta sur le dressing face au lit, pesant le pour et le contre. Un nouveau coup d'œil à sa tenue la décida. Ce n'était peut-être pas correcte, mais elle n'était plus à ça près.
L'armoire était rangée avec une précision quasiment chirurgicale, ce qui fit sourire la jeune femme. Elle saisit un banal T-shirt noir et l'enfila. Le vêtement tombait à mi-cuisse, ce n'était pas l'idéal mais il ferait l'affaire.
La kunoïchi s'installa dans le fauteuil près de la fenêtre, son regard se perdant sur le ciel étoilé. À Suna, les étoiles semblaient plus nombreuses et plus brillantes qu'à Konoha, l'absence de nuages laissant une vue imprenable.
Sakura reposa sa tête contre la vitre en laissant échapper un soupir, elle était tellement fatiguée. Le silence l'enveloppa et pour la première fois depuis des jours, elle se retrouva seule avec ses pensées.
Les nuits étaient fraîches dans le désert et un frisson la parcourut. Sakura remonta ses jambes contre son torse, entourant ses genoux de ses bras. Son corps tremblait et elle tenta de se convaincre qu'il s'agissait seulement du froid. Elle essaya de repousser les souvenirs qui l'assaillaient, menaçant de l'engloutir. Elle devait à tout prix les maintenir à distance. Parce qu'elle ne pouvait pas craquer maintenant ! Elle ne devait pas craquer maintenant !
Un sanglot lui obstruait la gorge et elle tenta de le ravaler sans succès. Un son guttural quitta ses lèvres et les larmes glissèrent le long de ses joues sans qu'elle puisse les contenir. La façade qu'elle tentait de maintenir se fissura un peu plus, fragilisant ses défenses.
— Tsunade-sama, murmura-t-elle d'une voix étranglée.
L'image de son maître s'imposa sans qu'elle puisse la contenir. Elle ne parvenait toujours pas à accepter la réalité. Son cœur avait cessé de battre et elle n'avait rien pu faire. Impuissante malgré ses connaissances ! A quoi bon ? A quoi bon ce savoir et ces capacités si elle ne parvenait pas à sauver les vie qui comptaient pour elle ? Ce n'était pas juste ! Le goût de l'échec taquinait sa langue, laissant un goût amer. La jeune femme sentait encore la chaleur de son sang sur ses mains alors qu'elle s'escrimait à arrêter l'hémorragie. En vain ! Quel médic-nin pitoyable elle faisait.
La jeune femme pleurait à chaude larme à présent, atténuant le bruit de ses sanglots contre ses jambes. Elle était restée forte jusqu'à maintenant, n'ayant pas réellement eu le temps de pleurer la mort de Tsunade-sama. Toutes ses tentatives pour enfouir son chagrin au plus profond d'elle-même s'étaient révélées vaines et elle sentait son univers s'écrouler un peu plus à chaque instant, tel un château de carte balayé par le vent. Elle n'était pas prête à la laisser aller. Elle avait encore tant besoin d'elle!
Elle ne parvenait pas à oublier l'hypocrisie de cet homme, ni son regard calculateur lorsqu'il lui adressa ses condoléances. La kunoïchi en aurait hurlé de rage. Et il lui avait fallu tout son self-control pour ne pas se jeter sur lui.
La colère s'insinua vicieusement en elle et Sakura serra les poings à en faire blanchir ses jointures. Ses ongles pénétraient dans sa peau mais elle ne prêta pas attention à la douleur.
— Je vous vengerai Tsunade-sama.
Essuyant ses yeux d'un geste rageur, elle redressa la tête, la détermination imprégnant plus que jamais ses traits. À cet instant, elle comprit la rage qui animait Sasuke. C'était la seule chose qui la faisait tenir debout, ce sentiment de haine qui grondait et écrasait tout le reste. Son regard se perdit dans les étoiles, les prenant à témoin.
— Je vous le jure !
Danzo ne savait pas qu'il venait de réveiller un monstre et il ignorait que son courroux s'abattrait sur lui sans la moindre pitié. Oui, à cet instant, Sakura s'en fit le serment, Danzo mourrait de sa main, elle l'écraserait tel un insecte. Qu'importait, s'il la tuait, elle s'assurerait de l'emporter dans sa tombe.
