Coucou tout le monde,

Je suis trop contente vous retrouver et de pouvoir enfin partager avec vous la suite de ma fic : " Le chasseur et le soldat", en espérant qu'elle vous plaira.

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A ceux qui s'inquiéteraient de savoir s'il vaut avoir lu la première partie pour comprendre cette suite, je dirais : Non, pas forcément.

Cependant je vous conseille de lire les deux derniers chapitres qui vous donneront une idée des tenants et aboutissants de cette histoire-ci.

Si la première fic parlait essentiellement enquête/armée, celle-ci parlera surtout et avant tout de reconstruction/handicap.

J'ai passé un nombre incalculable d'heures sur le net à faire des recherches ou regarder des témoignages. J'ai effacé plus de mots que je n'en ai écrits, balancer des chapitres entiers à la poubelle. Je voulais que cette fic tout en restant une fiction soit la plus réaliste possible. J'espère que le résultat sera à la hauteur...

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Vous devez savoir que j'interagirais souvent entre fanfic et ma page auteur " Barjy L.", j'y posterais des photos, des montages, des liens youtube, majoritairement des chansons en rapport avec le chapitre. Les titres de celles-ci seront à chaque fois postés en fin de chapitre pour pas vous spoiler.

Vous y êtes tous le bienvenue.

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Je vais terminer ce petit aparté en remerciant tous les lecteurs de l'ombre ou de la lumière qui sont venus lire et commenter mes fics durant mon absence, ça m'a beaucoup touché.

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Je tiens aussi à remercier mon éternelle comparse Cha pour son œil avisé et ses coups de pieds aux fesses (merci aussi à Nouchka, ma pom-pom girl attitrée )

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Merci à vous pour votre indécrottable fidélité, je vous laisse à présent découvrir ce premier chapitre en espérant qu'il vous donnera envie de connaître la suite...

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Enjoy.

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Chapitre I : " Quatre mois et six jours "

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Le café est bondé. Dean et Sam ont un mal fou à se frayer un chemin jusqu'au comptoir.

Derrière le zinc, deux hommes hurlent des noms et des chiffres tout en se saisissant de billets verts tendus vers eux. Un troisième homme, cheveux blancs et costume trois pièces, pianote sur son clavier à un rythme effréné. Et ce pendant qu'une jeune femme affublée d'un costume de serveuse digne d'un porno bon marché marche de long en large sur le comptoir en dressant une pancarte annonçant la prochaine course.

Dean balance un coup de coude à son frère en lui indiquant le troisième homme.

Sam opine tout en s'éloignant.

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" Bouge-toi de là ", grogne Dean en attrapant un petit homme par le col et le balançant sur sa droite.

Ce dernier s'apprête à répliquer, mais quand il s'aperçoit qu'il doit lever le nez pour faire face à son adversaire, il se ravise et se contente de râler en reculant.

Trois coups de coude plus tard, Dean finit par atteindre son objectif.

" Salut, Harold ", en refermant le clapet de son ordinateur sur ses doigts.

" Non, mais ça va pas ! " fulmine ce dernier, furieux, en relevant le menton pour tomber face à face avec un avis de recherche à son nom.

" Merde ! ", en se redressant brusquement, renversant son tabouret.

" Non… Non… Non… Tu restes là, Harold-ini ", lui ordonne Dean en l'attrapant par la cravate et le tirant vers lui tout en claquant l'affiche sur le comptoir.

" Vous n'avez pas le droit ", gémit Harold en se débattant et s'étranglant. " SHARK ", braille-t-il, paniqué.

La porte de service s'ouvre aussitôt.

" Chier ", peste Dean quand apparaît une montagne de plus de deux mètres aussi large que l'embrasure.

Profitant de la surprise de son assaillant, Harold se défait de son emprise et déguerpit sans demander son reste.

Dean recule en grimaçant un sourire crispé.

" Tout doux, Médor ", en levant les mains. " Couché le chien ", tout en fouillant sa poche arrière.

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D'un bond, le Médor en question se retrouve de l'autre côté du comptoir, s'avérant par là beaucoup plus souple que son gabarit ne l'aurait laissé supposer.

" Et Merde ! ", bafouille Dean, affolé.

Shark s'avance et tout le monde s'écarte alors que Dean, lui, se retrouve acculé de toutes parts.

" SAMMMMY ", hurle-t-il, désespéré, alors que la foule, fascinée par l'écran géant, se met à beugler en même temps que les starting gates s'abaissent.

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L'homme saisit Dean par le col de sa veste, fin rictus au coin des lèvres, et le soulève comme un vulgaire fétu de paille.

" Oh putain ! ", couine Dean en fermant les yeux quand le poing gigantesque s'abat sur lui.

À moitié assommé, se retenant comme il peut à l'avant-bras de Shark, il puise dans ses dernières réserves pour sortir la main de sa poche.

" Dis adieu à ton service trois pièces du con ", balance-t-il, groggy, en lui collant le Taser à l'entrejambe.

Sous le choc, Shark le balance dans la foule puis s'effondre au sol comme une masse.

Inerte.

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Encore sonné par la droite du colosse, Dean trébuche plusieurs fois avant de réussir à se tenir sur ses pieds, cherchant du regard son frère dans la foule, se retenant à quelques parieurs qui le repoussent sans ménagement.

Il se retrouve sur le trottoir sans trop savoir comment, à moitié hébété.

Adossé contre le mur, mains sur ses genoux, il tente de reprendre ses esprits tout en pestant sur les 2,000 dollars qui viennent de se faire la malle quand une main se pose sur son épaule, le faisant sursauter.

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" T'en as mis du temps !", se moque son frère, en croisant les bras.

" Ah Ah Ah… Très drôle, Sammy ", grigne Dean, en se redressant. " Je te signale qu'on vient de perdre deux jours de boulot ", tout en grimaçant sous la douleur, main sur sa joue droite. " T'étais où, bordel ? ", se lamente-t-il.

" Juste à côté… Allez viens ", l'incite Sam d'une voix posée, tape sur le bras.

" Bobby va nous tuer ", marmonne Dean en le suivant.

" Ça m'étonnerait " alors qu'ils se rapprochent de l'Impala garée au coin de la rue.

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Dean plisse des yeux tout en accélérant le pas.

" Je t'adore, frérot ", sourire crispé par la douleur, tout en se frottant les mains.

" Il suffisait d'attendre et de le cueillir à la sortie ", lui répond Sam en haussant les épaules, nonchalant.

Dean ouvre la portière arrière et attrape Harold par la cravate, les mains menottées dans le dos.

" La prochaine fois que tu me fais un coup pareil, ce sont tes bijoux de famille que je fais frire… Tu m'as bien compris ? ", en le menaçant de son Taser.

" Dean ", soupire Sam en faisant le tour de la voiture.

Harold opine vivement de la tête en louchant sur les électrodes.

" Bien ", en lui claquant la portière au nez.

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Dean s'installe ensuite au volant et se regarde dans le rétroviseur.

" Il m'a défiguré, le con ", ronchonne-t-il en essuyant le sang de sa joue avec le bout de sa manche.

Sam roule des yeux en sortant son téléphone.

" Démarre, Princesse ", le rabroue son cadet en lui indiquant le bout de la rue.

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Ils se sont trouvés un petit motel à la sortie de la ville. Il ne paie pas de mine, mais ils s'en fichent, ils ont connu pire. Ils prennent une douche, contactent l'agence et puis…

Dean se met à tourner comme un lion en cage, passant de la fenêtre pour s'assurer que l'Impala n'a pas bougé, à la télévision où il zappe d'une émission à l'autre sans s'attarder sur aucune d'entre elles. Il soupire, dépité, en s'asseyant sur le bord de son lit.

" Ça te dit d'aller boire un verre ? ", propose-t-il à Sam qui rédige leur rapport de chasse.

" Dean ? ", suspicieux, en relevant le menton de son clavier.

" Promis ", en levant les mains en signe de reddition. " Juste un verre ", tout sourire.

Sam appréhende cette énième sortie avec son aîné. Depuis quelques semaines, dès qu'une affaire est close, Dean s'empresse d'aller fêter cela dans le bar le plus proche.

Il y boit de trop, souvent…

Quand il ne termine pas ivre, il quitte le bar avec un partenaire, homme ou femme, pour revenir le lendemain plus fermé qu'une tombe et plus muet que son locataire.

Quand l'alcool prend le dessus, ça se termine une fois sur deux par une bagarre à laquelle Sam se retrouve mêlé bien malgré lui.

Sam se doit d'être là pour son frère. Il y a tellement de désespoir et de colère derrière chaque coup porté.

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Le réceptionniste du Motel leur conseille un bar à cinq minutes de là. Le " Hell's gate ". Dean adore le nom, Sam beaucoup moins. Ça n'augure rien de bon.

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L'Impala se gare sur un parking majoritairement occupé par des motos et des pick-up.

Dean jette un regard dans le rétroviseur. Il a la pommette éclatée et la joue un peu gonflée, mais bien moins qu'il ne le craignait. Il se sourit et se fait un clin d'œil. Sam se fait la réflexion que ça manquait cruellement de naturel.

Il sort sans un regard pour son cadet et claque la portière. Sam hésite un instant et sort à son tour. Il le suit tout en sachant très bien où tout cela va finir.

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Le bar est bruyant. Dean exulte, Sam grimace.

Un vieux juke-box crache d'anciens morceaux de rock pendant que les boules des trois tables de billard se heurtent entre rires gras et bouteilles qui trinquent.

Dean se dirige immédiatement vers le comptoir où se tiennent une jeune femme blonde et un petit homme chauve. Les verres glissent sur le zinc, les sourires s'échangent, les billets se tendent.

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" Bonsoir ", leur lance-t-elle en essuyant un verre. " Qu'est-ce que je vous sers ? ", en le rangeant.

" Deux bières pression, s'il vous plaît ", minaude Dean.

" Ça fera 6 dollars ", tout en attrapant une choppe et la plaçant sous la pompe.

Dean fouille sa poche et en ressort une petite liasse dont il tire un billet de dix.

La jeune femme s'empare d'une spatule, élimine le trop plein de mousse et pose le verre devant Dean avant de réitérer les mêmes gestes pour la deuxième. Indifférente aux regards langoureux du chasseur.

Désabusé, ce dernier se place dos au comptoir pour observer la salle. À droite, dans une large alcôve, les billards. À gauche, le juke-box et des tables hautes avec des tabourets tous occupés.

Le reste se partage entre tables et chaises qui s'entremêlent dans un joyeux désordre.

Ça sent la sueur et le cuir. Ça rit beaucoup surtout.

Le visage de Dean se renfrogne quand il s'arrête sur un couple un peu en retrait qui s'embrasse avec tendresse. Il les fixe longuement tout en sirotant sa bière au goût d'amertume.

Il sent le regard de Sam posé sur lui. Il ferme les yeux. Il lui a fait une promesse, il va tâcher de la tenir, mais…

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Les heures défilent…

Devant Dean, les bières ont fait place aux whiskys. Sam a réussi à trouver une place assise à l'une des tables hautes. Son frère l'y a suivi d'un pas mal assuré en grommelant qu'ils étaient mieux placés au comptoir.

Il s'appuie sur la table et vide son verre. Il s'apprête à retourner s'en commander un nouveau quand un léger sourire concupiscent illumine son visage. Sam suit son regard. Une femme brune lui fait du gringue sans retenue.

Dean pose son verre, sourire imbibé, et se dirige vers la table.

La femme n'est pas seule. Elle est accompagnée de deux jeunes filles plus jeunes et bien moins avenantes.

" Je vous offre un verre ? ", lui propose Dean, ne sachant que faire de ses mains.

" Ça sera avec plaisir ", aguicheuse.

" Génial ", en lorgnant son décolleté.

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Il se retourne et s'apprête à héler le serveur quand un homme se place entre lui et le comptoir.

" Je te conseille de dégager ", balance ce dernier d'une voix grave.

" Et toi de t'écarter, tu me gênes là ", réplique Dean, joignant le geste à la parole, sans lui porter le moindre intérêt.

" Digan ", fait la voix lasse de la brune dans son dos.

" Toi, la ferme J.J ", en la pointant du doigt sans décrocher son regard de Dean.

" Tu devrais te montrer plus poli avec les dames ", sur un ton moralisateur, un peu pâteux.

" Ce n'est pas une dame ", réplique Digan. " C'est ma frangine, abruti ", index frappant sa poitrine.

" Raison de plus ", en repoussant sa main.

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Sam sort de la voiture, en fait le tour et ouvre la portière-arrière. Son frère est affalé sur la banquette, grognant dans un demi-sommeil.

Il se penche et le tire vers l'extérieur. Dean se met à rire, ivre, tout en se raccrochant maladroitement à son frère en baragouinant des mots inaudibles.

Trop saoul, encore trop secoué par sa rencontre avec Shark, il aura suffi d'un seul crochet du droit de Digan pour le mettre K.O. Dean s'est affalé comme un sac de pommes de terre sur le sol après avoir essayé vainement de se retenir à la table.

Digan l'a regardé avec morgue avant de s'en détourner pour attraper sa sœur par le bras et la sortir de force du bar sous les vociférations de ses amies.

Après un petit moment de flottement, les clients ont repris le cours de leurs conversations et de leurs parties de billard.

Un inconnu a aidé Sam à transporter Dean jusqu'à l'Impala avant de lui souhaiter bonne chance.

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Couché sur le lit, Dean se débat mollement quand Sam lui ôte ses chaussures, sa veste et lui déboutonne sa chemise.

Il disparaît ensuite dans la salle de bains et en revient avec une serviette humide. Il lui nettoie l'arcade sourcilière ouverte et la plaie sur sa pommette qui, sous le choc, s'est remise à saigner.

Dean continue de baragouiner dans sa barbe. Sam lui répond des " Shhh " et des " Dors " qui finissent par l'apaiser.

Il veille sur son frère quelques minutes avant de se lever et de prendre une douche pour ensuite se coucher à son tour.

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Le réveil est pénible. Dean ouvre les yeux, avant-bras droit posé sur ceux-ci pour se protéger du soleil qui inonde la pièce. Il a la bouche pâteuse et son crâne est à deux doigts d'exploser. Toute sa joue le tiraille. Il grimace sous la douleur diffuse.

" Merde ! ", bafouille-t-il alors qu'il sent la bile lui remonter le long de la trachée.

" Salut ", hurle Sam, assis au pied du lit, se rechaussant.

" La ferme ! ", le supplie Dean en attrapant son oreiller pour s'enfouir dessous.

" J'ai commandé du café… C'est tout ce qu'on peut avoir ici… Pour les œufs brouillés, le lard et… "

" Oh putain… Salaud ", gémit Dean en se levant brusquement pour se ruer vers la salle de bains.

Il entend le rire de Sam alors qu'il se vide les tripes au-dessus de la cuvette des WC.

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Après s'être passé le visage sous l'eau froide, Dean fouille son sac à la recherche de sa nouvelle amie, la plus fidèle de toutes : sa boite de paracétamol. Il en avale deux et relève les yeux sur son reflet.

Il a dû mal à se reconnaître et son visage blessé n'en est pas la seule raison.

Il aurait dû passer à autre chose depuis longtemps, il le sait. Il a essayé, mais rien n'y fait ni les chasses ni ses soirées de beuverie… et encore moins le sexe.

Ça le bouffe… Il se déteste pour ça.

Il serre le rebord de l'évier de ses deux mains en se maudissant. Il étouffe un rire amer. Il se trouve tellement pathétique.

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Quand il sort de la salle de bains, Sam lui sourit doucement, s'abstenant de tout commentaire. Sur la table, deux gobelets de café. Dean hésite à prendre le sien avant de s'en saisir et de retourner s'asseoir sur le bord de son lit.

" Je suis désolé ", en fixant le bout de ses chaussettes, grimaçant face à l'odeur âcre du breuvage qui lui monte au nez.

" Boire n'y changera rien, tu sais ", ose Sam.

" Je sais ", dépité. " Mais ça aide ", refusant de croiser son regard. " … en attendant que ça passe ", en buvant une gorgée.

" Dean ? ", inquiet.

" Putain, ce café est infect ", moue dégoûtée tout en se levant.

L'instant de grâce éphémère est passé. Sam sait qu'il n'obtiendra rien de plus. Dean a posé le gobelet sur la table avant de retourner vers la salle de bains.

" Magne-toi… On se barre… j'ai besoin d'un vrai café ", lance-t-il depuis celle-ci.

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Sam jette un dernier coup d'œil à son écran avant de l'éteindre et de se lever à son tour.

Il sort son téléphone et appelle l'agence. C'est Jessica qui décroche.

Ils rentrent.

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Dean se prépare un sandwich vite fait. Quelques tranches de poulet, sauce barbecue, un sourire satisfait, une bière qu'il cale entre ses doigts par le goulot et c'est parti pour une soirée canapé.

Il s'installe devant la télévision, attrape la télécommande et pose ses pieds sur la table basse. Il jubile à l'idée que Sam enragerait de le voir ainsi, mais Sam ne vit plus ici…

Une pointe qui tiraille dans la poitrine et une gorgée de bière pour l'effacer.

Il zappe et s'enfonce dans les coussins, assiette et sandwich sur les cuisses, fin prêt pour savourer le dernier épisode de Dr Sexy.

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Il lui faut moins d'une heure pour piquer du nez et s'endormir. Sur son visage se reflètent les images d'un vieux film noir et blanc et, sous ses paupières closes, une confusion d'éléments où s'égarent et se mêlent relents de bagarres, bouteilles qui se vident, courses dans les rues sombres qui ne mènent nulle part et une chambre d'hôpital aux murs immaculés.

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Au milieu de celle-ci, une chaise roulante vide. Puis, soudain, les murs se mettent à suinter un sang épais.

" Ne reviens plus jamais ", fait l'écho du sang qui coule. " Je ne veux plus te revoir… Erreur… Tout n'est qu'une erreur ", avant qu'une vague rouge ne l'emporte hors de la chambre.

Trempé, Dean se rue vers la porte qui s'est refermée derrière lui. Quand il l'ouvre, il se retrouve dans une chambre blanche immaculée totalement vide.

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" CASSSSS ", en se réveillant brusquement, renversant la fin de sa bière sur le canapé.

" MERDE ! ", en balançant l'assiette contre le mur avant d'enfouir son visage entre ses mains.

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Quatre mois et six jours…

Castiel l'a tout simplement chassé de sa vie deux jours après l'avoir retrouvé.

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Assis dans le grand réfectoire de ITLS de Madisson, Dean l'a attendu en regardant défiler patients et médecins, familles et infirmiers.

De temps à autre, il échange un sourire ou une banalité avec certains d'entre eux. Puis Reznik est arrivé et le monde de Dean s'est effrité… Aussi simplement que cela.

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L'homme a évité tout contact visuel tout en tirant une chaise pour prendre place face à lui.

" Où est-il ? ", s'est enquis Dean en cherchant Castiel par-dessus l'épaule de l'infirmier.

" Il ne viendra pas ", lui a répondu celui-ci en croisant ses mains sur la table.

" Il lui est arrivé quelque chose ? ", a paniqué Dean.

" Je… ", en se tordant les doigts. " Il a été transféré hier après-midi, juste après votre départ ", en soupirant.

" Transféré ? ", perplexe et perdu, sourire tendu.

" Il était temps pour lui de passer à l'étape suivante ", en jetant un coup d'œil embarrassé autour de lui.

" Reznik ? ", l'a imploré Dean d'une voix blanche.

" Il m'a donné ceci pour vous ", en fouillant dans la poche de sa tunique avant de lui tendre une enveloppe.

" Quoi ? ", fronçant les sourcils, complètement déboussolé. " C'est quoi ce bordel ? ", en passant de Reznik à l'enveloppe.

" Je suis désolé ", tout en se levant. " Rentrez chez vous, Dean ", en osant enfin plonger ses yeux dans les siens.

" Vous êtes occupé de me dire que… ", a craché Dean tandis que Reznik posait l'enveloppe sur la table.

" Rentrez chez vous ", avec un sourire triste, mais sincère.

" Où est-il ? ", rageur, en haussant la voix.

" Trop loin, je le crains ", en inspirant profondément. " Je dois y aller… Bonne chance ", en hochant la tête avant de s'éloigner.

" Reznik ? ", a hurlé Dean en se relevant, manquant faire tomber sa chaise, attirant tous les regards.

" Rentrez chez vous ", a sèchement répondu celui-ci en partant d'un pas vif, évitant de se retourner.

Parce qu'il a juste envie de lui gueuler de ne pas l'abandonner, mais qu'il a fait une promesse à Novak.

Juste la lettre et pas un mot de plus.

Maudit soit Nightingale et son fichu serment, a-t-il pesté en sortant du réfectoire, laissant un Dean abasourdi, debout au milieu de la salle.

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Dean qui a fini par se rasseoir et qui, après une longue hésitation, a glissé l'enveloppe vers lui. Il l'a ouverte avec appréhension, la rage au cœur.

Et là, juste quelques mots griffonnés sur un bout de papier :

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"

Nous étions faits pour nous rencontrer, mais pas pour avancer ensemble.

Adieu,

Castiel

"

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Depuis, Dean chasse pour remplir ses journées, boit pour noyer ses doutes et baise pour l'oublier.

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Fin chapitre I

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On se retrouve, si le cœur vous en dit, dimanche prochain pour un nouveau chapitre.

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Merci mille fois d'être là.

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Love you.