Hey ! Avant que vous ne commenciez à lire, je voulais juste vous prévenir que je serais peut-être en retard pour les prochaines publications… je passe mon bac de français :/ Je fais passer mes études avant mes hobbies, donc le prochain chapitre sera sans doute en retard, désolé.

Chapitre 7 : L'énigme de l'œuf d'or

E

« Ellana ? Tout va bien ? »

Fichu Draco Malfoy. Minuscule dans la foule d'élèves chantant et dansant, Ellana n'avait pas vu son meilleur ami avant qu'il ne surgisse devant elle.

« Je vais parfaitement bien, et toi ? Tu passes une bonne soirée avec Pansy ? »

Draco grimaça et désigna d'un hochement de tête un coin de la salle, ou Pansy discutait avec ses amies. Lorsqu'elle le vit regarder dans sa direction, elle lui fit un geste grossier qu'Ellana n'aurait jamais osé faire en public. Les Parkinson n'avaient vraiment aucune éducation.

« Qu'est-ce que tu as fait ? » demanda-t-elle.

« Pourquoi est-ce que c'est forcément de ma faute ? » protesta Draco, avant de rougir face à son haussement de sourcil. « Bon, c'est effectivement de ma faute sur ce coup… J'ai laissé entendre qu'elle n'était pas mon premier choix de cavalière… »

« Et ? »

C'était peut-être mesquin de sa part, mais pas abominable non plus…

« Dans son dos, devant nos amis, après que Blaise se soit moqué d'elle. » termina-t-il, les yeux baissés pour éviter son regard.

Ok, je retire ce que je viens dire.

« Tu es en train de me dire que tu as tellement honte de l'avoir choisie que tu as préféré la dénigrer plutôt que de prendre sa défense ? » résuma Ellana, exaspérée. « Tu m'excuses, je vais aller rejoindre Pansy, après avoir confirmé à Ginny que tu es un crétin. »

Elle se détourna pour s'éloigner de son idiot de meilleur ami - c'était son rôle de lui faire comprendre qu'il avait merdé, après tout - mais il la retint par le bras. Son expression, d'ordinaire si neutre, reflétait désormais un mélange de tristesse, de honte et de culpabilité.

« Je disais la vérité. Pansy n'était pas mon premier choix, mais celui de mes parents. »

Ellana fronça les sourcils. Elle savait que Draco et Pansy était liés par un contrat de mariage identique à celui qui la forçait à supporter Nott. Mais elle ne comprenait pas pourquoi il le lui disait…

Draco dut sentir sa confusion, car il se rapprocha d'elle et lâcha son bras. Il était si nerveux comparé à son comportement habituel… ce qui n'était pas pour la rassurer.

Autour d'eux, la musique avait changé, passant du slow romantique gênant à du rock qui lui donnait envie de danser comme si sa vie ne dépendait. Son ami l'avait remarqué, et il reprenait de l'assurance.

« Et si on allait danser, au lieu de se prendre la tête pour des histoires futiles ? » proposa-t-il, son sourire malicieux de retour.

Ellana aurait voulu rétorquer que cette histoire-là était loin d'être futile, mais l'enthousiasme de son meilleur ami l'en empêcha.

« Bien sûr, si tu veux. » dit-elle, en repoussant son hésitation loin, très loin dans son esprit.

Mais peu importe à quel point la musique était entraînante et l'ambiance détendue, Ellana n'arrivait pas à se défaire de l'impression que Draco avait essayé de lui dire quelque chose, et avait abandonné, comme Melian quelques semaines plus tôt.

Et le moins qu'elle puisse dire, c'était qu'elle n'appréciait pas cette sensation.

« Sérieux, Draco, qu'est-ce qui t'arrive aujourd'hui ? » demanda-t-elle, alors qu'ils prenaient une pause. « D'abord tu t'énerves parce que je vais au Bal avec Nott, ensuite tu rejettes la cavalière que tu as invité… »

Une petite partie d'elle, si infime qu'elle n'avait d'ordinaire aucun problème à la repousser au fin fond de son cœur, espérait qu'il soit en colère non pas contre elle, mais pour elle - parce qu'il n'avait pas pu aller au Bal avec elle.

Mais cette petite part d'elle-même avait toujours eu tort par le passé, alors elle la repoussa une fois de plus.

« Désolé, je n'aurai pas dû piquer une crise comme ça… » marmonna-t-il. « Je crois que je suis juste énervé de devoir passer cette nuit avec Pansy, sur ordre de mes parents, alors que je pourrais la passer à fêter ton anniversaire. »

« Mon anniversaire… » répéta-t-elle.

Elle avait complètement oublié que c'était le jour de ses quatorze ans. L'année précédente, elle l'avait passé à Poudlard avec Melian, et le professeur Snape lui avait offert un livre pendant le repas de Noël. Et l'année encore avant, elle avait reçu de sa mère la potion qui lui avait fait découvrir sa forme Animagus.

Mais cette année, elle avait été tellement occupée, entre ses nouveaux cours qui lui prenaient des heures de travail, le Tournoi, son inquiétude pour Melian et Harry, puis le Bal et la pression de son père pour y aller avec Nott, qu'elle avait oublié son anniversaire.

Draco sortit une montre d'une poche intérieure de sa robe, et fit un sourire satisfait en voyant l'heure.

« Dans exactement dix minutes et quarante secondes, on sort d'ici pour aller à la Tour d'Astronomie. » annonça-t-il.

« Hein ? »

Il ne devait pas être loin de minuit, l'heure de la fin du Bal… Mais la Tour d'Astronomie, à cette heure-là… c'était incroyablement risqué.

« Fais-moi confiance ! » dit Draco, avec un clin d'œil.

Il attendit que les professeurs annoncent la fin du Bal, avant de profiter de la cohue pour l'emmener en douce à la Tour d'Astronomie, par divers passages secrets et raccourcis qu'elle se promit de graver dans sa mémoire.

Elle ne savait pas trop à quoi s'attendre, mais ne fut pas déçue. Draco avait visiblement planifié quelque chose à l'avance – il récupéra dans une armoire une couverture et un gâteau d'anniversaire qui, vu sa forme élaborée de serpent enroulé sur lui-même, avait dû être préparé par des elfes.

Draco se dépêcha de leur préparer un coin de la Tour, d'où ils pouvaient voir la myriade d'étoiles rendues visibles par une nuit de nouvelle lune sans nuage, loin des lumières de la civilisation. Il alluma ensuite quatorze bougies sur le gâteau, avant de se tourner vers elle.

« Joyeux anniversaire, Ella ! » dit-il, avec un sourire sincèrement heureux qu'il ne faisait qu'à elle.

« Merci, Dray. » murmura Ellana, la voix tremblante d'émotion.

« Et ce n'est pas tout ! » ajouta-t-il, en sortant sa baguette pour faire apparaître un cadeau sur ses genoux. « Je sais que tu adores faire les choses à la moldue… »

Le cadeau contenait la totalité des vinyles des Bizarr' Sister, qui avaient adopté la façon moldue d'écouter de la musique – Ellana rêvait d'obtenir tous leurs albums depuis des années, mais son père lui avait toujours interdit, prétextant qu'une jeune fille de sang pur doit écouter seulement de la musique classique, pas cette « musique du diable » qu'était le rock and roll.

« Je t'ai déjà dit que tu es le meilleur ami de la planète ? »

« Pas besoin, je le sais déjà. »

« Le plus arrogant, aussi. »

« Tant que je suis le meilleur… » Il ponctua sa réplique d'un haussement d'épaule nonchalant.

Il y avait quelque chose d'amer dans cette discussion, mais Ellana était incapable de mettre le doigt dessus, alors elle ravala son désespoir et reporta son attention sur les disques vinyles des Bizarr' Sister.

« Oh, il y a même leur dernier album, celui dont tout le monde parle depuis des mois ! » se réjouit-elle, en admirant les pochettes décorées d'hippogriffes, d'instruments de musiques, ou encore de ciels étoilés. « Je croyais qu'il n'était pas encore sorti ? »

L'album était prévu pour le Nouvel An, et le groupe devait faire un énorme concert pour le présenter au grand public deux semaines plus tard. Pour se procurer cet album, Draco avait dû contacter – et soudoyer – l'agence ou directement les membres du groupe

« Merci infiniment, tu n'aurais pas dû… »

« Il faut bien que l'argent de mon père serve à autre chose que ruiner des gens. » marmonna Draco, et à son regard dépité, elle comprit qu'il parlait à la fois de Buckbeak et de l'incident de la Coupe du Monde.

Les mots d'Hermione lui revinrent subitement en mémoire : « Tu es la seule capable de lui ouvrir les yeux. »

Elle lui avait dit cela après la transformation de Draco en fouine, et Ellana avait réalisé depuis qu'elle avait raison. Draco avait besoin qu'on le soutienne et lui montre la bonne direction à suivre, pas qu'on le blâme pour suivre les traces du seul modèle qu'il ait jamais eu – son père.

« L'important, c'est que tu t'en rendes compte, tu ne crois pas ? Comme ça, tu pourras agir différemment de lui dans le futur. » fit-elle remarquer.

« Et si je n'arrive pas à agir différemment ? »

« Ça, tu ne le sauras pas avant d'avoir essayé. »

Draco fronça les sourcils, sans qu'elle ne sache s'il allait réellement y penser ou s'il cherchait un moyen de changer de conversation. L'impression amère de leur conversation se transformait petit à petit en malaise, le silence lourd et suffoquant dans l'air glacial de la nuit hivernale.

« Je ferais mieux d'y aller. Merci pour tout, Dray. » dit-elle, avant de prendre ses albums, une part de gâteau, et de rentrer dans son dortoir.

Cassiopée et Astoria l'y attendait, et lui souhaitèrent un joyeux anniversaire, accompagné de leurs cadeaux et de ceux de Lucy, Anna, Ginny et Luna. La chouette de Melian arriva peu après, signe que lui aussi avait légèrement oublié ce petit détail qu'était son anniversaire. Elle ne lui en voulait pas, cela dit. Il avait tous les jours l'air de se noyer un peu plus dans le travail, que ce soit pour ses études ou le Tournoi.

J'espère que Draco va vraiment y réfléchir… mais il déteste qu'on lui dise quoi faire… En même temps, c'était juste un conseil. Un simple petit conseil. Ce n'est pas comme s'il allait immédiatement changer sa façon de penser.

M

Snape et Karkaroff s'était arrêté de parler après avoir entendu du bruit dans les fourrés, et le professeur de potion avait commencé à retirer des points à tous les élèves pris en pleine séance de bécotage. Ron et Harry avaient préféré déguerpir, laissant Melian seul avec un traître Mangemort et son directeur de Maison.

« Que faites-vous ici, Mr Forester ? » demanda Snape, avec le ton affectueux qu'il n'utilisait qu'avec les Serpentard.

« Je prends l'air, professeur. Et vous ? » Trop sarcastique, trop audacieux, trop différent de ses réponses habituelles. Snape plissa les yeux, voyant sans aucun doute à travers son jeu.

« Je vois. J'ai quelque chose dont j'aimerais discuter avec vous, dans mon bureau. Igor, si vous voulez bien m'excuser… »

« Naturellement, Severus. Passez une bonne fin de soirée. » dit Karkaroff, son regard froid contrastant avec ses paroles amicales. « Bonne chance pour résoudre l'énigme, Mr Forester. »

Son regard dévia un instant sur le lac, trop brièvement pour que Melian y accorde une réelle importance. Snape le conduisit en silence dans son bureau, où il se laissa tomber dans son fauteuil avec un long soupir.

« Vous avez tout entendu, je me trompe ? »

« Juste la partie où Karkaroff parlait de s'enfuir, professeur. » dit Melian, avant d'ajouter, face au haussement de sourcil de son professeur : « La Marque des Ténèbres est vraiment de plus en plus nette ? »

Snape poussa un nouveau soupir, puis il fit quelque chose qu'il n'avait probablement jamais fait devant qui que ce soit auparavant – il releva la manche de son avant-bras gauche, dévoilant à Melian la Marque des Ténèbres, si dégoûtante, si pleine de magie noire, et en même temps si puissante et attirante.

« Comme vous pouvez le constater, elle se réveille. Cela fait quelques mois déjà que les contours se raffermissent, que le noir est plus opaque, le dessin plus net. »

« Donc quand j'ai demandé au professeur Lupin s'Il pouvait vraiment revenir, et que vous m'avez tous les deux dit non… »

« C'était un mensonge. »

Pas d'excuse, pas de justification, juste l'admission des faits. Il ne regrettait pas de lui avoir menti à propos d'une information aussi cruciale.

La question n'est pas de savoir qui est honnête à propos de quoi, mais de savoir comment on peut empêcher ça ! se réprimanda-t-il mentalement.

« Qu'est-ce qu'on fait ? »

« On attend. Il ne peut pas revenir comme ça, il va avoir besoin d'un rituel, qui nécessitera trop de magie noire pour passer inaperçu. »

« C'est tout ? On devrait les en empêcher… ou prévenir le Ministère ? J'en sais rien, quelque chose ! » protesta Melian.

L'idée que le monde continue de s'amuser et profiter de la vie après-guerre, alors même que le Seigneur des Ténèbres s'apprêtait à revenir à la vie et qu'une nouvelle guerre se préparait, le mettait mal à l'aise.

« Qui nous croirait ? Quelle preuve avons-nous, à part une Marque qui ne servirait qu'à nous envoyer à Azkaban ? » rétorqua Snape. « Laissez le monde se reposer, Melian. La guerre reviendra bien assez tôt. En attendant, le professeur Dumbledore, Lupin et moi-même allons enquêter discrètement et voir ce que l'on peut faire pour éviter l'irréparable. »

« … Bien professeur. »

Cela ne l'empêchait pas de faire ses propres recherches de son côté.

« Où en êtes-vous avec l'œuf ? »

« Au point de départ, malheureusement. J'ai fait des recherches sur le son qui en sort, mais ce n'est pas très concluant… » avoua-t-il.

Snape hésita un instant avant de reprendre la parole.

« Peut-être le problème réside-t-il dans l'environnement dans lequel vous… réfléchissez. » dit-il finalement, avant de le congédier d'un geste du menton.

Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Merde, on est déjà le vingt-cinq décembre, il ne me reste plus beaucoup de temps… il pourrait être un peu moins vague !

En même temps… c'est à toi de trouver, pas à lui.

Humph.

Une minute… le vingt-cinq décembre ! L'anniversaire d'Ellana !

E

La semaine suivant le bal, Ellana passa le plus clair de son temps plongée soit dans ses devoirs, soit dans l'écriture du tome deux des aventures d'Harry – particulièrement difficile puisqu'elle devait parler d'elle-même d'un point de vue extérieur – soit à s'amuser avec ses amis.

Draco et elle ne reparlèrent à aucun moment de ce qui s'était passé sur la Tour d'Astronomie, bien qu'elle se soit mise à écouter les Bizarr' Sister à la moindre occasion.

La veille de la rentrée, il lui restait encore une traduction d'Etude de Runes à faire, preuve de l'exagération des professeurs en termes de devoirs. Surtout que, en compagnie de Cassiopée et Astoria, travailler était quasiment impossible.

« Je te dis que c'est le verbe « se diriger », conjuguer à la première personne du pluriel, au participe passé ! » s'écriait Cassiopée.

« Et je t'assure que c'est le verbe « aller », conjugué à la troisième personne du singulier, à l'imparfait ! » répliquait Astoria.

« Si vous continuez, je conjuguerais le verbe « partir » à la première personne du singulier et au présent ! » grommelait Ellana.

Et ce, toute l'après-midi, au point où d'autres élèves les réprimandèrent plusieurs fois, et où un préfet dut menacer de leur enlever des points de maison pour les faire taire. Certains proposèrent élèves proposèrent même de faire leurs devoir à leur place si elles se taisaient.

« Je crois que j'ai besoin de faire une pause. Il y a quelque chose dans cette salle qui me donne des mauvaises ondes. » déclara finalement Astoria, son regard déviant sur Cassiopée juste assez longtemps pour faire passer le message.

Ellana échangea un regard exaspéré avec Cassiopée, mais elle avait espoir de pouvoir enfin travailler correctement. Espoir qui ne tarda pas à être anéanti par l'arrivée de Draco.

« Tu sais que j'attends depuis une demi-heure qu'elle s'en aille pour pouvoir venir te parler ? » commença son meilleur ami – en désignant Astoria qui sortait de la salle commune en compagnie d'élèves plus âgées.

« Moi qui croyais que j'allais enfin pouvoir travailler en paix… » soupira Cassiopée.

« Tu es libre de partir, tu sais ? » rétorqua Draco, mais son sourire était plus amusé que moqueur. « J'ai une excellente nouvelle à t'annoncer, Ellana. »

Il s'interrompit quelques secondes pour l'effet dramatique.

« Rita Skeeter a été arrêtée pour transformation Animagus illégale, effraction, chantage et diffamation. » annonça-t-il, d'une voix théâtrale.

Figée sur place, Ellana mit une bonne minute à enregistrer l'information. Draco venait lui annoncer la nouvelle en personne, avant qu'elle n'apparaisse dans les journaux, il avait l'air incroyablement fier de lui…

Ne me dites pas que… ?

« Ce doit être la meilleure nouvelle que j'ai entendu depuis la sélection de Melian en tant que champion. » commenta Cassiopée. « Ou depuis que Tracey a accepté de venir avec moi au Bal… »

Mais Ellana ne l'écoutait pas. Ses yeux étaient rivés dans ceux de Draco, qui commençait à s'agiter nerveusement sur son siège.

« Ellana ? Tu, euh… tu n'es pas contente de l'apprendre ? Je croyais que tu détestais Skeeter… Pitié dis-moi que tu la détestes et que je n'ai pas fait ça pour rien… »

« Je la déteste, ne t'inquiète pas. » dit-elle d'une voix blanche.

« Ouf… »

« Mais pourquoi as-tu fait une chose pareille ? » s'insurgea-t-elle, surprenant ses amis de son brusque éclat de voix. « Je croyais t'avoir dit de ne pas te servir de ton argent pour ruiner la vie des gens ! »

« Alors je m'en suis servi pour rendre service à la population ! Ne me dis pas qu'elle ne le méritait pas ou je ne sais pas quelle autre connerie du genre… Tout le monde la déteste, mais j'étais l'un des seuls à connaître son secret, alors je m'en suis servi pour lui rendre la monnaie de sa pièce ! »

« Et tu l'as fait… » Elle dut s'y reprendre à deux fois pour le dire. « Pour moi ? »

Le temps s'était comme gelé. Cassiopée les regardait tour à tour, complètement perdue, et en même temps consciente de l'importance de leur discussion. Ellana n'arrivait pas à détourner le regard des yeux orageux de son ami, déchirée entre ses principes et sa haine pour Skeeter.

« Je… Bien sûr que je l'ai fait pour toi… Tu es ma meilleure amie… » protesta faiblement Draco.

Ellana se figea à nouveau, comme si un seau d'eau glacé s'était déversé sur sa tête. Ses joues, en revanche, étaient brûlantes de honte.

« Je vois… Eh bien… M-merci, c'est vrai que Skeeter le méritait amplement. » dit-elle, avec un sourire crispé. « Je… je crois qu'on voulait prendre l'air, non, Cassiopée ? »

Cassiopée n'eut besoin que d'une fraction de seconde pour comprendre où elle voulait en venir et décider de jouer le jeu.

« Si, c'est ce qu'on s'apprêtait à faire. » confirma-t-elle, sans oser regarder Draco dans les yeux.

Les deux amies récupérèrent leurs affaires d'un accio et sortirent de la salle commune, en courant à moitié. Ellana marcha sans réfléchir, Cassiopée à sa suite, jusqu'à ce que ses pas la conduisent devant la porte du Foyer. Elle n'hésita même pas avant de donner le mot de passe, et se laissa tomber avec soulagement sur un canapé.

« Tu veux m'expliquer ce qui vient de se passer ? » demanda Cassiopée. « A part que tu t'es fait friendzoner, évidemment… »

« On a eu un énième dialogue de sourd, je crois. » résuma Ellana. « On n'arrive jamais à se comprendre, ces derniers temps, comme si on était à des années lumières de l'autre… Je lui ai dit qu'il pouvait être différent de son père, ne pas se servir de son argent contre les gens… et regarde le résultat. Il fait arrêter une femme pour me faire plaisir. »

« Dit comme ça, c'est à la fois bizarre et alarmant. » remarqua son amie. « Mais reconnaît que, avec Skeeter en prison, des centaines de sorciers pourront vivre tranquillement sans craindre un scandale à propos des quelques squelettes de leurs placards. Potter sera aux anges ! »

« T'as raison, mais ça reste… »

« Dérangeant ? » proposa son amie, avec plus de compréhension qu'elle ne l'aurait cru possible.

« Oui, exactement ! C'est dérangeant. Je ne sais même pas comment il l'a prouvé… s'il l'a prouvé ! Il a peut-être juste révélé l'infos à un Auror ami de sa famille, qui l'a arrêté sans aucune preuve… »

« Ce n'est pas comme s'il avait menti, non plus. Au contraire, il a fait son devoir de citoyen… »

« En dénonçant une Animagus aux Aurors ? Heureusement que je suis enregistrée… »

Cassiopée se mordit la lèvre, et Ellana réalisa qu'elle s'énervait contre la mauvaise personne. Ce n'était pas de la faute de son amie.

« Excuse-moi, Cass, tu ne mérites pas ça. Surtout que tu as parfaitement raison… j'ai juste du mal à accepter que Draco soit allé aussi loin pour moi et qu'il… »

« Qu'il ne l'admette même pas ? » devina Cassiopée, son sourire narquois de retour. « Vous êtes à la fois frustrants et adorables, tous les deux. Je ne sais même pas ce qui vous bloque… ton père serait ravi, non ? »

« Qu'est-ce qui te fait croire que c'est réciproque, d'abord ? Je viens de me faire « friendzoner », comme tu dis… »

Un haussement de sourcil répondit à sa question.

« Et mon père ne serait pas ravi, non. Mr Malfoy et lui ont beau faire semblant, ils ne se supportent pas. C'est une espèce de rivalité qui date de Poudlard. Mon père a été nommé préfet, mais Mr Malfoy est devenu Préfet-en-Chef*, ils se battaient pour être les meilleurs en classe, avoir le meilleur poste de Quidditch, être les meilleurs lèches-bottes… »

(*Pas besoin d'être préfet (prefect en anglais) pour devenir préfet-en-chef (Head boy/girl), ça vient je pense d'une mauvaise traduction… Je préfère le préciser au cas où ce ne soit pas clair ^^)

« Donc ils acceptent que vous soyez amis pour le bien de leurs affaires, mais il est hors de question que vous vous rapprochiez plus que nécessaire… » conclut Cassiopée.

« Tu connais les parents sang-purs… Dans leur tête, sortir ensemble ça veut dire préparer le futur mariage, et les enfants qui vont avec. Sauf que mon père n'acceptera jamais que je prenne le nom d'un Malfoy. Pas que j'en ai envie, hein ! »

Nouveau haussement de sourcil de la part de Cassiopée, dubitatif cette fois. Mais Ellana était sincère lorsqu'elle disait n'avoir aucune envie de se marier. Pour elle, les alliances ressemblaient plus à des chaînes qu'à une promesse d'amour éternel, et elle mourrait plutôt que de se résigner à passer une vie de servitude à suivre à la lettre les traditions sexistes, racistes et arriérées des sang-purs.

« J'espère que les parents de Tracey seront différents. » soupira son amie.

« Oh, les Davies ne sont pas des sang-purs, donc ça m'étonnerait. »

« Ta capacité à connaître le statut du sang de chaque personne de cette école m'épatera toujours. »

« C'est mon talent caché. »

« Comme le mien c'est d'avoir toujours raison ? »

« Si tu veux, Cass. »

Ellana ponctua sa réplique d'un sourire en coin. Cassiopée garda le silence quelques minutes, avant de pousser un long soupir en s'étirant sur son fauteuil.

« Tu l'aimes vraiment, hein ? »

« Malheureusement. »

« Et vu à quel point il t'aime en retour… vous êtes pas sortis de l'auberge. »

« Je crois que ça résume à peu près toute ma vie actuelle… »

Elles échangèrent un regard avant d'éclater de rire. Ellana réalisa qu'elle allait devoir apprendre à gérer l'extravagance de Draco autrement qu'en le disputant pour ne pas avoir fait les choses à sa façon. Et surtout, elle allait devoir décider entre aller de l'avant ou agir. Sinon, elle n'était pas sûre de pouvoir de maintenir le statut quo entre eux deux plus longtemps.

M

N'ayant pas eu le temps – ou plutôt le courage – d'adresser la parole à Liam après le Bal, Melian se résolut à parler de l'indice donné par Snape à Jade, Terrence et Alexandre. Evidemment, le reste de sa conversation avec son directeur de maison restait strictement confidentiel. Il ne faisait absolument pas confiance à ses amis avec la nouvelle du retour du Seigneur des Ténèbres.

« Il t'a dit de changer d'environnement ? » répéta Alexandre, visiblement confus.

Melian hocha la tête, pour une fois aussi perdu que son ami.

« On peut réécouter l'œuf ? » demanda Jade, les sourcils froncés, signe qu'elle était sur le point de craquer l'énigme.

Une fois ouvert, l'œuf émit l'habituel hurlement strident. Melian se dépêcha de le refermer, sentant les regards brûlants du reste des élèves présents dans la salle commune. Il était vrai que le son n'était pas des plus agréables à entendre…

« C'est ça ! » s'écria son amie. « Je savais que ce bruit me disait quelque chose… C'est le langage d'un peuple sous-marin ! »

« Donc… tu dois l'écouter sous l'eau pour comprendre ! » compléta Terrence, qui avait suivi sa réflexion.

« Vous êtes des génies… » marmonna Alexandre. Heureusement qu'il n'a pas été nommé Champion… Poudlard courrait à sa perte !

« Et il faut que j'aille prendre un bain, alors vous m'excuserez… » dit Melian.

Après avoir remercié ses amis, il fonça en direction de la salle de bain des préfets, et attendit avec impatience que la baignoire (ou piscine pour les initiés) se remplisse. Il ne venait pas souvent à cause des fantômes et vitraux qui avaient tendance à les espionner.

S'il y avait bien une chose que Melian pensait ne jamais avoir à faire, c'était bien de prendre un bain avec un œuf en or, mais le Tournoi avait légèrement modifié ses attentes. C'est parti…

Melian plaça l'œuf dans l'eau et l'ouvrit. Le son qui en sortit était une chanson mélodieuse, dont l'eau transformait les paroles en gargouillements inintelligibles. Il prit ensuite sa respiration et plongea sous l'eau, où il put entendre distinctement les paroles.

Descends nous visiter et entends nos paroles

Nous devons pour chanter être au-dessous du sol.

A présent, réfléchis, exerce ton esprit,

Ce qui t'est le plus cher, nous te l'avons ravi,

Pendant une heure entière, il te faudra chercher

Si tu veux retrouver ce qu'on t'a arraché.

Après l'heure écoulée, renonce à tout espoir

Tes efforts seront vains car il sera trop tard.

Melian remonta rapidement à la surface – il avait une tolérance de l'eau proche de zéro, peut-être à cause de sa nature de lynx. Cette épreuve allait être un cauchemar, surtout s'il devait apprendre à nager en moins de deux mois.

Son plus gros problème serait pour respirer. Liam connaissait peut-être un moyen… mais il n'avait pas parlé à Liam depuis le Bal.

Non, je dois trouver la solution moi-même… Il doit bien y avoir un sortilège qui permet de respirer sous l'eau… La métamorphose en un animal aquatique ? Mais cela réduirait mes mouvements et mes capacités cognitives…

Melian plia ses affaires et se dirigea vers la bibliothèque de sa salle commune, à la recherche d'un moyen pour respirer sous l'eau. Il devait aussi prévenir Harry, ce ne serait que justice après qu'il l'ait informé du contenu de la première épreuve. Je pourrais demander à Ellana de le prévenir… Elle le voit régulièrement, il me semble.

La bibliothèque de Serpentard était aussi fournie que celle de Poudlard, avec quelques sections en plus, portant sur des sujets à la limite de la légalité. Mais comme l'épreuve était organisée par le Ministère, Melian était sûr de trouver un sort qui lui permettrait de respirer sous l'eau.

Il ne tarda pas à repérer ses amis, qui discutaient près d'une cheminée, et hésita une fraction de seconde à leur demander de l'aide, mais décida finalement de ne pas le faire.

Je ne peux pas continuer à faire appel à mes amis pour trouver des solutions… Je dois trouver la réponse moi-même, cette fois ! C'est déjà suffisamment insultant de savoir que j'ai résolu l'énigme grâce à Snape et Jade.

Melian commença par choisir tous les livres qui avaient un rapport avec l'eau, l'océan, la plongée sous-marine, et l'exploration des fonds marins, en se disant que l'un des quelques dix volumes devait bien mentionner la manière dont les sorciers se déplaçaient sous l'eau.

Au bout de quelques heures de lecture, cependant, il devint clair que pour explorer les fonds marins, les sorciers se contentaient, comme bien souvent, de copier les inventions technologiques moldues. Peut-être pourrait-il utiliser un bateau sous-marin ? Ce ne serait sans doute pas autorisé par les juges.

Où est-ce que je pourrais trouver un sort de plongée… ? Dans les manuels de sortilège ?

Trop fatigué pour continuer ses recherches, Melian rangea les livres et partit se coucher.

Le lendemain, il profita de son dernier jour de vacances pour reprendre ses recherches, en s'intéressant cette fois-ci aux livres portant sur les sortilèges et enchantements.

Il ne fit une pause que lorsque Jade vint lui apprendre l'arrestation de Rita Skeeter, qui méritait bien une petite soirée arrosée à la bièraubeurre.

Les deux semaines qui suivirent, Melian passa ses journées en cours, ses soirées à faire ses devoirs et ses nuits à chercher un sort – ou toute autre solution, peu importe à quel point elle était folle et dangereuse – pour respirer sous l'eau.

Il allait sans dire qu'il ne tarda pas à être épuisé, ses nuits se limitant à quatre ou cinq heures de sommeil. Ce n'était donc pas très étonnant qu'il s'endorme au milieu de la bibliothèque de Poudlard – il avait commencé à y faire des recherches le weekend, au cas où certains ouvrages ne se trouvent pas dans sa salle commune.

« Melian ? Hey, réveille-toi ! La bibliothèque va fermer ! »

« Hum… Encore cinq minutes… »

« Melian. »

« … »

« Mel ! Réveille-toi, nom d'un paresseux ! »

Le juron eut pour mérite de lui faire reprendre ses esprits. Il ne connaissait qu'une seule personne capable d'assortir ses jurons à la situation.

« Liam ? » s'étonna-t-il, en étouffant un bâillement. « Où… ? »

« Tu t'es endormi à la bibliothèque et Mme Pince ne va pas tarder à fermer. »

Trop endormi pour contester les ordres de son ami, Melian se leva et constata que ses livres avaient déjà été rangés dans son sac. Liam ne lui laissa pas le temps de commenter et le tira en dehors de la bibliothèque, en le portant à moitié sur son épaule.

« Tu as passé combien de nuit sans dormir, exactement ? » demanda Liam, les sourcils froncés. « Ce n'est pas comme ça que tu vas réussir la deuxième épreuve… »

« Je vais échouer, de toute façon… » marmonna Melian. « Comment ils veulent qu'on passe une heure à explorer le Lac, alors que c'est impossible de trouver un sort pour respirer sous l'eau… ? »

« La deuxième épreuve… se passe dans le Lac Noir ? »

« On doit récupérer notre plus grand trésor, que les êtres de l'eau nous ont volés… en une heure. »

Liam se tut un moment, probablement le temps de checker mentalement tous les sorts de sa connaissance, à la recherche d'une solution.

« Ça va paraître con, mais t'as regardé dans notre manuel de Sortilège ? »

« Evidemment que oui… » commença-t-il à protester, avant de se figer. « Quoique… attend une minute… »

« C'est bien ce que je me disais… » grommela Liam. « Incapable de faire des recherches sans moi… »

« Il faut absolument que je vérifie ! Où est la salle commune ? »

Tout ce qu'il voyait, c'était un escalier qui descendait dans les profondeurs du château et, dans son état, il était incapable de retrouver son chemin dans le labyrinthe des cachots.

« Je t'interdis de toucher un livre tant que tu n'auras pas pris au moins neuf heures de sommeil ! » protesta Liam.

« Oh… Où est mon dortoir ? »

« Quoi, parce que tu vas m'écouter, en plus ? »

« Bien sûr… Je t'écoute toujours… »

Liam resta silencieux, et le conduisit à l'entrée de sa salle commune – comment il connaissait l'emplacement, alors qu'il était censé être inconnu des étrangers depuis des siècles, ça, c'était une question pour un autre jour.

« Je ne connais ni ton mot de passe, ni la direction de ton dortoir, alors tu vas devoir te débrouiller sans moi pour la fin. »

« Mais… »

« Mais quoi ? Tu veux que je vienne avec toi ? » demanda Liam, un mélange d'ironie et de ce qui ressemblait à du désespoir dans sa voix.

Oui ?

Heureusement, il n'était pas assez épuisé pour sortir une ânerie pareille. A la place, il secoua la tête et entra dans sa salle commune, laissant son cœur en miette sur le pas de la porte.

Cette nuit-là, peu importe à quel point il était fatigué, Melian ne parvint pas à s'endormir.

E

L'arrestation de Rita Skeeter avait eu pas mal de répercussion dans le monde sorcier – notamment chez les Forester, puisque, comme le répétait si bien Cassiel dans ses nombreuses (et furieuses) lettres, la journaliste n'écrivait que des compliments sur Melian, le « champion légitime de Poudlard », et cette publicité aurait pu faire pencher la balance en sa faveur en cas de besoin.

La nouvelle que Draco était derrière son arrestation avait également fuité, et de nombreux élèves l'avaient remercié pour ce qu'ils considéraient comme un service rendu à la société sorcière toute entière. Même Ginny avait reconnu auprès d'Ellana qu'il n'était pas aussi crétin que ce qu'elle pensait.

La fin des vacances de Noël avait, en revanche, amené son lot de nouveaux problèmes.

La deuxième épreuve approchait à grands pas, et tout le monde voulait savoir de quoi il s'agissait. Les paris avaient repris, avec cette fois-ci Melian en tête des sondages.

Son frère lui avait heureusement dit connaître la solution de l'énigme, avant de lui demander une « petite » faveur. C'était à elle que revenait la mission de prévenir Harry du contenu de l'épreuve.

Ellana envoya donc une lettre à Harry pour lui proposer de se voir, et ils se retrouvèrent deux jours plus tard, dans leur salle de classe abandonnée habituelle.

« Salut Ellana, comment ça va ? »

« J'ai une très bonne nouvelle ! Je sais comment ouvrir l'œuf ! » s'exclama-t-elle. Son inquiétude pour son ami diminuait de moitié s'il savait à quoi s'attendre.

« Sérieux ? Melian a trouvé ? »

« Il m'a demandé de te le dire, pour rembourser sa dette, en quelques sortes. Vu que tu lui as dit pour les dragons… Tu dois écouter l'œuf en étant sous l'eau. »

Harry blêmit, et le niveau de difficulté de l'épreuve sembla le frapper en plein visage. Elle devina qu'il n'avait pas la moindre solution en tête pour respirer sous l'eau – Melian n'avait trouvé qu'un sort de niveau Aspic, impossible à apprendre en aussi peu de temps pour un quatrième année.

« Sous l'eau… Tu veux dire que la deuxième épreuve… c'est une épreuve de natation ? »

« Je n'ai pas entendu la chanson, mais c'est à peu près ça, oui. Pour l'écouter, tu peux utiliser la salle de bain des préfets, c'est la quatrième porte à droite après la statue de Boris le Hagard, au cinquième étage. Le mot de passe, c'est « Fraîcheur des pins ». Oh, et tu devrais probablement savoir que c'est la salle préférée de Mimi Geignarde… »

« Salle des bains des préfets… cinquième étage… fraîcheur des pins… Mimi Geignarde… » répéta Harry, hébété.

« Oh, et naturellement, tu n'as pas entendu ça de moi. » ajouta Ellana, avec un clin d'œil, avant de quitter son ami.

La salle de classe désaffectée qu'ils utilisaient se trouvait déjà au cinquième étage, et comme elle lui avait dit d'apporter son œuf, il ne lui restait plus beaucoup à faire pour découvrir l'énigme.

Elle espérait de tout cœur qu'il allait trouver une solution, et se résolut à mener ses propres recherches.

M

Melian connaissait bien la honte. C'était le sentiment qu'il ressentait face à son père, après chaque échec, chaque entraînement qui se terminait en bain de sang. C'était cette envie de vomir qui lui prenait la gorge chaque fois qu'il voyait le dos de sa sœur et devinait les cicatrices à travers ses vêtements.

Se rendre en douce dans la salle de bain des préfets pour s'entraîner à nager dans la piscine qui leur servait de baignoire, en revanche, était un sentiment de honte légèrement différent.

Il savait que Krum s'entraînait dans le Lac Noir, mais n'arrivait pas à se résoudre à mettre un pied dans l'eau glaciale de janvier. Jamais il n'arriverait à entrer dans l'eau le jour de l'épreuve… Et en même temps, il n'avait pas le choix, s'il voulait sauver le « trésor » pris par les êtres de l'eau.

La question c'est quel est ce trésor qu'ils vont me voler… un objet ? quand même pas une personne… s'ils font du mal à Ellana ou Liam…

« Ce qui t'est le plus cher, nous te l'avons ravi », c'est ce que dit la chanson… « ce », pas « celui », il y avait donc une infime chance que ce soit un objet et pas une personne… infime seulement.

Une fois satisfait de ses performances aquatiques – autrement dit, une fois qu'il se rappela les mouvements permettant d'avancer dans l'eau – Melian sortit de l'immense baignoire et retourna se coucher, pour un repos qu'il estimait largement mérité.

C'est en passant devant le bureau de Snape, pour retourner à sa salle commune, qu'il remarqua quelque chose d'étrange. La porte du bureau avait été forcée, tout comme celle de la réserve d'ingrédients. Un bruit de bocal lui confirma ses soupçons.

Quelqu'un était en train de voler dans la réserve personnelle du professeur Snape.

Et ça, Melian ne pouvait pas le laisser passer. Il se transforma en lynx et pénétra discrètement dans le bureau, puis se rapprocha de la porte de la réserve, aussi discret qu'une ombre grâce à ses coussinets et sa grâce féline.

Mais alors qu'il arrivait à la porte, il entendit le voleur bouger, et il se cacha par précaution derrière une armoire, dans un conduit d'aération auquel il manquait une grille. Le voleur passa devant lui sans le voir.

Clac ! Clac ! Clac !

Ce bruit… Melian le connaissait, pour l'avoir entendu des centaines de fois en cours de DCFM. C'était le bruit de claudication de Maugrey Fol Œil. Soudain terrorisé à l'idée que l'œil mécanique de Maugrey ne le repère, Melian s'enfonça encore plus dans la bouche d'aération.

Le professeur Snape retourna dans le bureau peu de temps après, à tel point Melian se demanda s'il avait croisé Maugrey. Le lynx sortit de sa cachette, excité par son incroyable découverte – Maugrey était un traître. Ou du moins un ennemi.

« Forester ? Qu'est-ce que vous fabriquez ici ? » s'étonna Snape, moins choqué qu'on ne pourrait le croire devant l'apparition d'un lynx dans son bureau. « Si vous voulez des ingrédients de potion, vous n'avez qu'à les acheter par hibou postal, ou me demander, à la rigueur… »

« Désolé professeur. Je passais devant votre bureau, et j'ai remarqué qu'il était ouvert, comme si quelqu'un avait forcé à la serrure… alors je suis entré, pour attraper le voleur la main dans le sac… » raconta précipitamment Melian.

« Venez-en au fait, Mr Forester. »

« C'était Maugrey, professeur ! Le professeur Maugrey se sert dans votre réserve ! »

Snape se figea pendant quelques instants, avant de se précipiter dans sa réserve.

« Les ingrédients manquants rentrent dans la composition de dizaines de potions… Sans compter qu'il aurait pu en voler plus que nécessaire pour semer la confusion… » marmonna-t-il.

Melian s'approcha à son tour de la réserve, où les tiroirs, bocaux et emplacements étaient tous étiquetés proprement et lisiblement – le tout était bien plus clair que la réserve de potion de leur salle de classe. Parmi les ingrédients manquants, il remarqua que la plupart permettait la fabrication d'une potion en particulier.

Une potion qu'il connaissait bien, pour l'avoir choisi comme projet en cours de Potion. Mais avant qu'il n'ait eu le temps d'en parler à Snape, ce dernier le congédia sans ménagement de son bureau.

« Merci de m'avoir prévenu, Melian. Vous pouvez y aller, maintenant. » déclara-t-il, en refermant brusquement les portes de la réserve.

Il aurait protesté, si l'intention évidente de Snape n'avait pas été de l'empêcher de comprendre quelle potion le professeur Maugrey fabriquait en douce. Manque de chance, Melian savait exactement de quelle potion il s'agissait.

Du polynectar.

Pourquoi en fabriquait-il, et était-il réellement Alastair Maugrey, ça, ça resterait un mystère, tant que Melian ne pourrait pas le confronter. Et comme il avait d'autres problèmes à gérer et qu'il faisait confiance à Snape pour s'en occuper, il ne le confronterait pas de sitôt.

E

La veille de l'épreuve était arrivée, et Harry n'avait toujours pas trouvé de moyen de respirer sous l'eau pendant une heure.

Ellana était passée de la simple nervosité au stress le plus complet. Elle avait recruté ses amis pour chercher dans la bibliothèque de Serpentard, mais seule Cassiopée avait accepté – les autres étant des fervents supporters de Melian et Krum.

Krum, d'ailleurs, n'avait pas l'air plus impressionné que ça par l'arrivée imminente de la deuxième tâche, signe qu'il savait déjà comment si prendre. De même, Fleur avait l'air plus sereine que la première fois, sans doute parce qu'elle savait à quoi s'attendre.

Melian s'entraînait sans relâche, alternant séance de natation dans le Lac Noir – bien qu'il lui ait fallu deux bonnes semaines de persuasion pour le convaincre de nager dans le froide – et entraînement avec le sort de Têtenbulle.

Ellana se résolut donc à employer les grands moyens.

« Professeur Snape ? »

« Entrez ! »

Son directeur de maison était plongé dans un paquet de copies à corriger, et il ne releva la tête qu'après avoir griffonné un « T » à l'encre noire sur la copie d'un Gryffondor.

« Ah, Mlle Forester, justement, je m'apprêtais à venir vous chercher. » déclara-t-il, en reposant sa plume. « Que se passe-t-il ? »

« Vous savez quelle est la solution, n'est-ce-pas ? Vous êtes un professeur, après tout. » commença-t-elle, d'un ton qui suggérait que les professeurs étaient supérieurs à tout autre sorcier.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. » répondit Snape, qui s'était légèrement redressé.

« Cela tombe bien, je connais également la solution. » continua-t-elle, avec un petit sourire réjoui, sans prendre en compte le déni de son professeur.

« Je n'en n'attendais pas moins de la famille Forester, je dois dire. » assura Snape, après un moment d'hésitation. « Quelle option a-t-il choisi, alors ? »

Donc il y a bien plusieurs solutions possibles

« Le sortilège de Têtenbulle, professeur. » répondit-elle.

« Excellent choix. » commenta Snape, avec un sourire appréciateur.

« Je suis d'accord, c'est définitivement le moyen le plus pratique de respirer sous l'eau pendant une heure. » acquiesça-t-elle, en hochant la tête.

« Bien sûr, à sa place, je me serais tourné vers une potion ou une plante, je les trouve plus fiables… »

« Une potion ? J'avais entendu parler d'une plante, mais pas de potion… » s'étonna-t-elle, en fronçant les sourcils.

Mensonge. Elle n'avait pas la moindre idée de quelle plante il parlait.

« Eh bien… naturellement, je ne peux pas vous dire la recette exacte… » dit-il, avec un sourire en coin. « Juste que la Branchiflore peut s'associer à des ingrédients qui permettent de renforcer, voire améliorer ses propriétés. »

Yes ! Plus qu'à trouver cette "Branchiflore" ! Seules des années d'entraînement lui permirent de garder son visage innocent en cet instant.

« Oh, je vois. Cela a du sens, effectivement, puisque la plupart des plantes peuvent être mélangées à des ingrédients magiques pour améliorer leurs performances… » fit-elle mine de réfléchir à voix haute.

« Cela fait plaisir de constater que vous êtes attentives en cours de Botanique… » la complimenta Snape, sans réaliser qu'il venait de se faire manipuler.

Ellana continua à jouer le jeu encore un moment, pour qu'il ne se doute de rien, le temps de trouver une excuse pour partir.

« Merci, professeur. Je sais que vous vouliez me parler, mais est-ce que ça pourrait attendre ? J'ai besoin d'aller aux toilettes… »

« Bien sûr, vous avez encore le temps ! » la rassura son professeur.

Ellana le remercia et sortit de son bureau à toute vitesse, en se creusant la tête pour trouver un plan. Ce dont Snape voulait lui parler concernait probablement l'épreuve, et elle risquait de ne pas avoir le temps de trouver Harry – et encore moins la Branchiflore, dont elle ne connaissait pas l'existence une heure auparavant…

Elle avait besoin de quelqu'un qui connaissait à la fois Harry et un élève doué en Botanique.

Réfléchis, concentre-toi ! Qui à Poudlard aime les plantes, à part Chourave et les Poufsouffle ?

Gryffondor… plantes…

Ginny !

Ginny avait passé des heures à leur raconter son incroyable soirée aux côtés de Neville Londubat, qui avait poussé le romantisme au point de lui offrir un bouquet signifiant « amitié » et « tendresse » dans le langage des fleurs.

Neville, qui d'après Harry, s'était découvert une passion pour la Botanique une fois qu'il avait compris que les plantes étaient le seul être vivant sur Terre qui n'essayerait jamais de lui faire du mal.

Neville, le chouchou de la professeure Chourave.

Sa décision prise, Ellana courut jusqu'à la salle commune de Serpentard, où elle se précipita vers Cassiopée. Cinq minutes plus tard, son amie partait en direction de la salle commune des Gryffondor, à la recherche de Ginny, qui pourrait ensuite passer le message à Neville, en espérant qu'il parvienne à aider Harry.

Ellana retourna ensuite dans le bureau de Snape, qui l'attendait de pied ferme. Il avait probablement réalisé ce qu'elle avait fait, mais ne fit aucun commentaire, signe qu'il ne désapprouvait pas – du moins, pas entièrement.

« Alors, professeur ? De quoi vouliez-vous me parler ? » s'enquit-elle, d'un ton innocent, mais curieux.

« C'est en rapport avec l'épreuve de demain. Vous êtes le « trésor » que Melian va devoir retrouver en une heure au fond du Lac. » annonça-t-il, une pointe d'inquiétude dans la voix.

Et vu les compétences de natation de son frère, il y avait effectivement de quoi être inquiet.