Hey ! Je me suis dépêchée de finir ce chapitre pour pouvoir le poster aujourd'hui ! J'ai passé mon bac de français écrit jeudi dernier (enfin XD) mais il me reste l'oral le 29 juin. Le rythme de publication risque donc de rester un peu irrégulier pour les prochaines semaines, et j'en suis désolée.

Autre note importante : pour me faire pardonner de mon retard, je vous ai fait une petite surprise avec ce chapitre ;)

Enjoy and review !

Chapitre 8 : Le Lac Noir

Harry

Le matin de la deuxième tâche, Harry fut brutalement réveillé par la sensation d'être secoué comme un prunier. Encore dans les vapes, il lui fallut quelques secondes pour discerner le visage de Neville, qui lui criait de se dépêcher.

« Il ne te reste que deux heures avant le début de l'épreuve ! » s'écria son ami.

« Neville… ? » marmonna-t-il, surpris. « Je ne peux pas y aller de toute façon, je n'ai aucun moyen de respirer sous l'eau… »

Il avait passé des heures, en compagnie de Ron et Hermione, à chercher un moyen de survivre pendant une heure sous l'eau, sans succès. D'après Ellana, le seul sort existant était de niveau de septième année et demandait des années de pratiques en Sortilège, qu'Harry était incapable de rattraper en deux mois.

« Je sais, je connais une plante qui va t'aider, il faut juste la trouver ! » rétorqua Neville. « Ginny m'a dit qu'une de ses amies de Serpentard a trouvé la réponse hier soir… »

Une amie de Serpentard… Ellana ? Elle avait continué à chercher, alors même que la dette de son frère était déjà largement remboursée ?

Et cette plante… où allait-il bien pouvoir la trouver en deux heures ?

« Neville ? C'est quoi, cette plante ? » demanda-t-il, décidant de se concentrer sur le plus important.

« La Branchiflore. Je… je sais pas pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt… C'est une algue qui donne des branchies et des palmes à celui qui la mange. Elle est utile pour pas mal de potion, donc on pourrait sans doute en trouver… »

« Dans la réserve de Snape ? »

Neville hocha la tête, livide. Harry n'était pas plus rassuré. S'il avait appris l'existence de cette plante dans l'un des nombreux livres qu'il avait consulté, il aurait peut-être eu le temps de demander comment il pouvait se la procurer au professeur Chourave… Pas sûr que la directrice de la Maison de la droiture et du fair-play aurait accepté, de toute façon.

Qu'est-ce que je fais, maintenant ?

Il avait le choix entre chercher dans les serres ou dans la réserve de Snape.

« Au fait, où sont Ron et Hermione ? Je ne les ai pas revus depuis que McGonagall est venue les chercher hier soir… »

« Je crois qu'ils ne sont pas revenus… mais peut-être qu'ils sont juste déjà levés ? »

Ils ne l'auraient pas abandonné la veille de l'épreuve en sachant qu'il était foutu, n'est-ce-pas ?

Non, ils ne sont pas comme ça ! protesta-t-il mentalement, combattant férocement la solitude qui menaçait de l'envahir.

« Il faut que je trouve cette Branchiflore ! » s'exclama-t-il, sa détermination le seul rempart contre son désespoir. « Je vais voir la réserve de Snape, il doit forcément en avoir, si c'est un ingrédient de potion… »

Empli d'un regain d'énergie dû à sa quasi-absence de sommeil de la nuit passée, Harry s'habilla à toute vitesse et se précipita hors de la tour Gryffondor, Neville sur les talons.

« Tu ne vas pas manger ? » s'étonna Neville, alors qu'ils dépassaient la Grande Salle. Harry se stoppa net dans les escaliers menant aux cachots.

« Je n'ai pas très faim… » mentit-il. C'était plus une envie de vomir due au stress et à la fatigue accumulés qu'une absence de faim. « Et on n'a pas le temps ! »

Il reprit sa course, et ne s'arrêta qu'une fois arrivé devant la porte de la salle de Potion.

Fermée à clé.

Harry marmonna un juron, et essaya un « Alohomora », plus pour la forme que par réel espoir. Les sorciers utilisaient des serrures résistantes au sort d'ouverture de porte, ou bien ne les fermaient pas du tout.

« On essaye de rentrer par effraction dans une salle de cours, Potter ? »

Nouveau juron, intérieur cette fois-ci. Snape arrivait toujours au mauvais moment. Il avait probablement un radar pour ce genre de situation.

Qu'est-ce que je fais ? Je mens ou je lui demande de l'aide ?

Difficile de nier alors qu'il avait été pris la main dans le sac. Mais l'idée de supplier Snape de l'aider lui donnait encore plus envie de vomir.

Neville choisit ce moment pour arriver derrière lui, essoufflé et pantelant, mais en vie. Il se figea en voyant Snape, qui lui lança un regard indifférent avant de se tourner à nouveau vers Harry.

« Eh bien, Potter ? Qu'essayez-vous de voler, au juste ? »

Harry hésita, les joues rouges et les poings serrés de frustration.

« De la Branchiflore, professeur. » avoua-t-il. « C'est ma dernière solution, si je n'en trouve pas, je ne pourrais même pas participer à la Deuxième tâche ! »

« N'est-ce pas ce que vous vouliez, au final ? Après tout, vous vous plaignez depuis Halloween d'avoir été sélectionné contre votre gré. » répliqua Snape, sa voix insupportablement traînante.

Le pire, c'est que c'est vrai

« J'imagine que vous avez raison… » admit-il, les mots lui brûlant la langue. « Mais le trésor que les êtres de l'eau m'ont volé ne va pas se sauver tout seul ! »

« Ça non, c'est sûr qu'il ne va pas se sauver tout seul… » ricana Snape, plus pour lui-même que pour Harry. Il sait ce qu'est le trésor ?

Le Gryffondor commençait à désespérer. Il ne lui restait pas beaucoup de temps avant le début de l'épreuve, et si Snape refusait de lui céder de la Branchiflore…

« Et si… et si je vous l'achetais, professeur ? » demanda-t-il, un éclair de génie lui traversant l'esprit. Un homme aussi vénal que Snape ne pourrait pas refuser, pas vrai ?

Severus

Avait-il mal entendu ?

Le gosse ne pouvait décemment pas être en train de lui proposer ce qu'il croyait qu'il était en train de lui proposer, n'est-ce-pas ?

« Je n'ai pas l'argent sur moi en ce moment, mais je pourrais vous rembourser l'année prochaine ! » promit Potter, inconscient de la tempête qui faisait rage dans l'esprit de Severus.

« Vous… vous savez combien coûte un plant de Branchiflore… ? » demanda-t-il. C'était la seule question qui lui était venue à l'esprit.

Potter blêmit, se disant sans doute que le prix devait être exorbitant. Il ne l'était pas, deux gallions suffiraient à payer la quantité nécessaire pour que les effets durent une heure. De toute façon, vu la fortune des Potter, aucun prix n'aurait été trop élevé pour lui.

« Je suis sûr que je trouverai un moyen de vous rembourser ! » assura encore le gamin. « Dites-moi juste un prix ! »

Severus s'apprêtait à rembarrer le gosse prétentieux, lorsque la conversation qu'il avait eu la veille avec Ellana lui revint en mémoire. Elle l'avait entièrement manipulé pour découvrir le nom de la plante – ce dont il était plutôt fier, à vrai dire – et elle l'avait fait… pour Potter.

« Trois gallions. » Autant se faire un peu d'argent au passage. « Si je ne les ai pas d'ici la fin de l'année scolaire, votre dette passera à quatre gallions. Et à la rentrée prochaine, vous me devrez cinq gallions. »

Potter sembla hésiter à protester – normal, vu que la condition imposée n'était absolument pas raisonnable, mais il se ravisa. Cinq gallions ne devraient pas faire un trop gros vide dans ses économies, de toute façon.

« Marché conclu. » dit-il, la détermination remplaçant la résignation sur son visage.

Severus ne pouvait pas nier qu'il avait les yeux expressifs de sa mère. Aussi incapable l'un que l'autre de masquer leurs émotions. L'analogie lui donnait envie de s'enfuir à toute jambe, loin de Potter et ces insupportables yeux verts, loin de la panique qui menaçait de le submerger lorsqu'il pensait à Ellana, endormie quelque part au fond du Lac.

Cassiopée

Cassiopée se réveilla avec la sensation que quelque chose n'allait pas. Ou plutôt qu'il manquait quelque chose.

Le lit d'Ellana était vide.

Ce n'était pas vraiment étonnant, dans la mesure où son amie était généralement la première levée, mais les draps n'avaient pas été défaits. Depuis le début de l'année, Ellana faisait des cauchemars pratiquement chaque nuit, qui laissaient son lit dans un état plus que bordélique. Et elle ne refaisait son lit qu'après le petit-déjeuner, avant d'aller en cours.

C'est vrai… c'est la Deuxième Tâche, aujourd'hui… mais ça n'explique pas son absence pour autant ! Même sur son lit de mort, elle serait capable de continuer à faire semblant d'aller bien devant Astoria et Lucy.

Le souvenir de la nuit où Ellana avait été attaquée par un épouvantard lui revint douloureusement en mémoire, et Cassiopée se précipita hors de son lit, s'habilla en vitesse, et après avoir vérifié que la salle de bain était bien vide, elle se mit à la recherche de son amie.

La dernière fois qu'elle l'avait vu, la veille au soir, Ellana lui avait demandé de transmettre un message à Neville Londubat, par le biais de Ginny. La solution de l'énigme de la Deuxième Tâche, une plante appelée Branchiflore, que Neville devait aider Harry à trouver.

Après ça, elle est retournée voir Snape…

Sauf que Snape était déjà au Lac Noir, à préparer l'épreuve avec les autres professeurs, d'après un préfet que Cassiopée interrogea en chemin.

Dépitée, elle retourna dans la salle commune, qui se remplissait petit à petit d'élèves encore ensommeillés, tous réunis autour de Melian Forester, qui avait l'air prêt à rendre un petit déjeuner qu'il n'avait pas encore avalé.

Son visage s'illumina lorsqu'il aperçut Cassiopée.

« Morigan ! »

Elle se crispa en entendant le nom de son père, mais répondit tout de même au champion de Serpentard.

« Tu sais où est ma sœur ? Elle est encore dans votre dortoir ? »

« Non, elle n'est pas rentrée hier soir, je la cherche depuis des heures ! » répondit-elle, incapable de stopper la panique dans sa voix.

Melian se rembrunit et secoua la tête.

« Te fatigue pas. Ils l'ont déjà emmenée. » déclara-t-il. « Je vais y aller, l'épreuve commence dans un quart d'heure. »

« Quoi… ? Mais… » voulut-elle protester, avant de voir la résignation sur son visage. « Elle sera déçue si elle manque ton épreuve ! »

« Crois-moi, elle ne va pas la manquer. » rétorqua Melian, avant de lui tourner le dos et de partir, mettant fin à la conversation.

Après son départ, les moqueries et ricanements fusèrent parmi les Serpentard. C'était quelque chose que Cassiopée avait appris à la dure : pour se libérer du stress ou de l'inquiétude, les Serpentard rabaissaient les autres afin de paraître forts et insensibles.

« Vous avez vu sa tête ? On aurait dit qu'il partait à la guerre ! » railla une sixième année.

« Ce mec et son syndrome du héros… pire que Saint-Potter ! » renchérit un élève de cinquième année.

« Et sa pauvre petite sœur, incapable de survivre sans l'incroyable Melian Forester pour la protéger ! »

« A tous les coups, elle n'a pas disparu, elle a juste fait remonter ses notes chez Snape ! »

Cassiopée retint le sort qui menaçait de franchir ses lèvres et sortit à la suite de Melian, incapable de rester plus longtemps en compagnie d'hypocrites et d'arrivistes.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les pires élèves de Serpentard n'étaient pas les riches héritiers sang-purs et leur idéologie anti-moldue. Ils avaient beau être en haut de la chaîne alimentaire, ils n'avaient pas la moindre idée de ce qui se passait entre les sang-mêlés et les nés-moldus.

A Serpentard, le plus important à respecter était la hiérarchie. Et si les sang-purs savaient tous qui était le plus important parmi eux, chez les sang-mêlés, la question se réglait avec des démonstrations de puissance. Les nés-moldus, eux, se retrouvaient inlassablement en bas de l'échelle.

Et en tant que fille d'une née-moldue et d'un moldu, Cassiopée était loin du haut de la chaîne, contrairement à ses amies. Ellana, Astoria et Lucy étaient issu des Familles les plus anciennes et les plus puissantes. Les parents d'Anna, bien que sang-mêlés, avaient beaucoup d'influence au Ministère.

Entendant déjà les moqueries à son sujet dans son dos, Cassiopée se dépêcha de quitter la salle commune et se dirigea vers le Lac Noir, où les professeurs avaient installé des gradins, ainsi qu'une plateforme où se tenaient déjà Melian et Krum.

Aucun signe d'Ellana nulle part.

Les gradins, en revanche, étaient déjà occupés de quelques invités de marques. Elle repéra sans problème les parents de Fleur Delacour, aussi beaux et majestueux que leur fille. L'homme à l'air sombre et cruel, qui discutait avec Karkaroff, devait être le père ou l'oncle de Krum. Elle reconnut à leurs côtés, se tenant le plus loin possible de Krum, les parents d'Ellana.

Et devant eux, encadré par les Aurors, accompagné du professeur Lupin, se trouvait Sirius Black, qu'elle n'avait pas vu depuis qu'il avait rendu visite à sa mère deux étés plus tôt, sous la forme d'un grand chien noir.

Black lui adressa un petit signe de la main, auquel elle répondit par un sourire crispé. Ce n'était pas tous les jours qu'elle croisait un sorcier condamné à tort pour meurtre, et qui se trouvait être l'ex de sa mère. Curieuse, elle se rapprocha de lui, avec l'excuse de parler au professeur Lupin.

« Bonjour professeur ! Cela faisait longtemps, n'est-ce-pas ? Comment allez-vous ? » demanda-t-elle, avec un sourire de bonne élève à la limite du lèche-botte.

« Bonjour Mlle Morigan. Je vais bien, merci, et vous ? Toujours un prodige en Défense contre les forces du Mal ? » demanda-t-il. « D'ailleurs, je ne suis plus votre professeur, alors appelez-moi Remus. »

« Je me débrouille, Remus. » répondit-elle, avec un sourire, avant de se tourner vers Black. « Bonjour Monsieur Black. Comment se passe votre… euh… »

« Mon assignation à résidence ? » termina-t-il. Elle eut peur de l'avoir vexé, mais il y avait une expression rieuse dans son regard. « Je m'amuse comme un fou ! Non seulement je peux passer du temps avec mon adorable cousine, mais en plus elle vit comme les moldus ! »

Son « adorable cousine » lui donna un coup à l'épaule pour le réprimander, mais elle avait cette même expression rieuse. Ce devait être de famille, comme les yeux gris. Même Malfoy avait cette expression, qu'il devait tenir de sa mère. Ah, les sang-purs et leur obsession pour la généalogie…

« Tu n'es pas sensé t'amuser, Sirius ! C'est une punition ! » s'exclama l'Auror, dont les cheveux roses avaient viré au violet sombre.

« Une punition ? Passer mes journées à jouer à tes jeux-vidéos et regarder la télé ? » rétorqua Black, hilare. « C'est une récompense, tu veux dire ! »

« Bon et bien… je suis rassurée de voir que vous vous amusez bien, Monsieur Black ! » dit Cassiopée, amusée, et en même temps légèrement nerveuse.

« Arg ! Pas de « Monsieur Black », jeune fille ! C'est Sirius, Black, ou Parmol ! » la corrigea Black. « J'ai l'impression d'être mon père, sinon. »

« D'accord… Patmol. » dit-elle, avec l'impression de franchir une ligne qu'elle n'aurait pas dû.

Mais Black fit un grand sourire, presque ému aux larmes de se faire appeler par son surnom par une étrangère. Enfin… j'imagine que je ne suis pas vraiment une étrangère… après tout, je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre lui et ma mère…

« Je dirais à ma mère que je vous ai croisé, je suis sûre que ça lui fera… plaisir. » déclara-t-elle, un peu gênée. « Au revoir, Remus et Patmol ! »

Les deux amis échangèrent un regard et éclatèrent de rire, la faisant rougir jusqu'aux oreilles. Elle n'avait pourtant rien dit de bizarre, si ?

« Quitte à appeler Sirius « Patmol », autant m'appeler Lunard… » marmonna Remus.

« Que veux-tu, elle ne connait pas tous les Maraudeurs… » répondit Sirius. « Seulement le plus important et extraordinaire, c'est-à-dire moi ! »

« Euh… je vais y aller, moi… » annonça Cassiopée, avant de s'éloigner de son ancien professeur et de l'ex-condamné. « Lunard et Patmol… Quels drôles de surnoms ! »

La Deuxième tâche allait bientôt commencer, aussi se dirigea-t-elle vers Anna, Ginny et Luna, qui avaient trouvé un gradin peu exposé aux regards des autres élèves. Elle leur résuma en quelques mots ses aventures de la matinée, et les amies s'installèrent pour regarder l'épreuve.

« Vous pariez sur qui ? » demanda Ginny. « Moi sur – »

« Sur Harry ? On sait, Gin, on sait. » la coupa Cassiopée, avant d'éclater de rire lorsque son amie lui donna un coup de coude, les joues rouges. « Je suis pas sûre… Melian déteste l'eau, non ? »

« Oui, mais il s'est forcé à s'entraîner pendant plus d'un mois ! » fit remarquer Anna. « Krum n'est à l'aise que sur un balai, et Potter n'a pas pu se préparer avant se matin à la dernière minute… donc je parie sur Fleur. »

Cela avait du sens, se dit Cassiopée. Mais elle continuerait de soutenir le Champion de sa maison, par principe. Parce que, peu importe les mauvais côtés, peu importe les imbéciles sang-mêlés qui se croyaient meilleurs que tout le monde et les sang-purs racistes, Serpentard était sa maison.

Sirius

« Bravo, tu lui as fait tellement peur qu'elle s'est enfuie ! » s'exclama Remus. « Pauvre petite. »

Mais Sirius ne répondit pas, encore absorbé par le regard gris métallique de Cassiopée. Elle avait beau être le portrait craché de sa mère, avec ses cheveux châtains, son visage lunaire et sa carrure élancée, elle ne pouvait tenir ses yeux que de son père. Nashira avait des yeux brun chocolat.

Les yeux gris sont sans doute plus répandus dans le monde molduC'est la seule explication possible.

« Dès que le procès est terminé et que je suis reconnu innocent, je vais parler à Nashira. » déclara-t-il, d'un ton qui ne supposait aucune contradiction.

« Sirius… Je sais que votre rupture a été pour le moins compliquée, mais on dirait bien que Nashira est passée à autre chose… » dit Remus, clairement mal à l'aise. « Ce n'est pas parce que la voir te fera du bien à toi, que cela lui fera plaisir à elle. Tu dois aussi prendre ses sentiments en compte. »

« Je sais, Lunard. C'était déjà risqué, la dernière fois, et je venais juste de m'évader… Mais au final, elle m'a aidé, non ? Elle m'a même envoyé une baguette à Noël, alors que je crevais de froid dans la Cabane Hurlante ! »

« Et d'après les souvenirs que j'ai d'elle, Nashira est du genre à commander des dizaines de menus dans un fast-food pour aller les distribuer aux SDF dans la rue. Ça ne veut pas dire que tu es spécial à ses yeux. »

« Aïe, ma fierté ! » protesta Sirius. « Tu as raison, ce serait bien son genre… Mais je n'ai jamais dit que je voulais lui parler pour recommencer quelque chose qui s'est terminé il y a quatorze ans ! Je veux juste la remercier d'avoir cru en moi… et je sais pas, discuter avec elle ? Voir ce qu'elle est devenue ? »

« Attend déjà de voir si tu vas être innocenté… » marmonna Tonks. « En tout cas, je l'aime bien, moi, cette petite. »

« Pourquoi ? Tu l'as rencontrée il y a cinq minutes et elle ne t'a même pas adressé la parole ! » protesta Sirius.

« Je ne sais pas trop, en fait. Il y a quelque chose de familier chez elle. Et elle a du caractère, suffisamment pour te faire taire… Elle me rappelle quelqu'un. » expliqua sa cousine, ses cheveux de retour au rose fluo habituel.

« Elle ressemble à Andy, je trouve. » approuva Remus.

« Hugh… j'oublie toujours que vous connaissez ma mère… » soupira Tonks, ses cheveux soudain ternes et aplatis, parfait reflet de son humeur.

« Qu'est-ce que ça change ? » demanda Remus, presque irrité par sa remarque. Sirius esquissa un sourire face au comportement de son ami avec sa cousine.

« Eh bien… ma mère, vous deux, et moi, on appartient à trois générations différentes… »

Remus n'avait toujours pas l'air de comprendre en quoi c'était un problème, et Tonks commençait à s'énerver qu'il ne comprenne pas. Vu de l'extérieur – autrement dit, du point de vue de Sirius – la scène était hilarante.

Je te retrouve bien là, Lunard… toujours incapable de comprendre une femme !

« Votre attention, mesdames et messieurs, la Deuxième Tâche va commencer ! » annonça Ludo Verpey, sa voix déformée par un sonorus.

Sirius se redressa et aperçut Harry, sur la plateforme des Champions. Il discutait avec l'autre Champion de Poudlard, et tous deux scrutaient le Lac avec inquiétude. Un sentiment indescriptible, mélange d'angoisse, d'excitation et d'impuissance, le prit aux tripes.

Il avait failli à sa promesse de protéger Harry coûte que coûte. James devait le détester, depuis où que ce soit que les gens se rendaient après leur mort. Et Lily… son dernier geste avait été de se sacrifier pour son fils.

Sirius était bien loin d'honorer ses amis, réduit qu'il était à le regarder de loin participer à une compétition qui se solverait peut-être par sa mort. Dans ses lettres, Harry ne lui parlait que de faits, d'évènements, jamais de son ressentit sur tout ce qui lui arrivait. Malgré cela, Sirius se doutait de son état d'esprit.

Il avait été adolescent et en danger de mort. Les deux réunis ne faisaient pas bon ménage.

Melian

Dire que Melian était paniqué était un euphémisme, et pourtant, son état d'esprit était bien meilleur que celui d'Harry. Les deux adversaires attendaient avec angoisse le début de l'épreuve – Melian parce que sa petite sœur était quelque part, au fond d'un lac, encerclée par des sirènes, et Harry parce qu'il n'avait pas la moindre idée de l'efficacité de la Branchiflore. C'était déjà un miracle qu'il ait trouvé une solution en si peu de temps.

« Vous savez ce qu'on doit chercher ? » demanda Krum, éloquent malgré son terrible accent bulgare.

« Tu veux dire que tu ne le sais pas ? » s'étonna Delacour, sans son mépris habituel. Ses traits ne reflétaient que de l'inquiétude.

« Euh… Je l'ai deviné, mais je n'ai pas été officiellement prévenu. » dit Melian. Si Delacour avait reçu un traitement spécial…

« Je l'ai su dès que j'ai vu mes parents dans les gradins. » le coupa la française. « Ma petite sœur, Gabrielle, n'est pas avec eux. »

La compréhension frappa Melian comme un Magicobus lancé à pleine vitesse. Ils étaient deux à être malades d'inquiétude pour leurs petites sœurs. C'était un sentiment particulier, différent de ce qu'on pouvait ressentir pour un ami ou un amant. Un sentiment que Krum et Harry ne pouvaient juste… pas comprendre.

« Ellana n'est pas revenue de son rendez-vous avec Snape. » déclara-t-il, la voix tremblante.

Harry écarquilla les yeux, et se tourna vers les gradins – à la recherche des ses amis, réalisa Melian.

« Ron et Hermione… » murmura-t-il pour lui-même, avant de jeter un coup d'œil furieux à Krum.

« Hermioneuh ? » répéta Krum, qui avait encore des difficultés à prononcer le prénom si Shakespearien de sa dulcinée.

Harry marmonna un borborygme inintelligible qui ressemblait plus à un grognement qu'à un mot et se détourna de sa star de Quidditch préférée. Savoir que le sort de sa meilleure amie dépendait de quelqu'un d'autre que lui devait être assez difficile à avaler.

Au même moment, Verpey annonça le début de la Deuxième Tâche et rappela les règles : les compétiteurs devaient, en une heure, retrouver les trésors qui leur avaient été volés. Melian et ses adversaires se mirent sur la ligne de départ, prêts à plonger au coup de sifflet.

« Attention, à trois… Un… deux… trois ! »

Melian sauta dans l'eau et articula distinctement l'incantation du sortilège de Têtenbulle, ne voulant pas faire d'erreur de prononciation en ce moment crucial. Une bulle se forma autour de sa tête, contenant un peu plus d'une heure d'oxygène, et il put plonger sous l'eau, dans les froides profondeurs du Lac Noir.

En tant que Serpentard, Melian était déjà familier avec les paysages aussi bizarres que fascinants du Lac Noir. Chaque moment passé dans sa salle commune comprenait son lot de Strangulots, de poissons de toutes tailles, et parfois même d'un bout de tentacule du Calmar Géant.

Pourtant, aucune de ces expériences n'étaient comparables à un véritable face à face avec les multiples créatures marines du lac. Les longues algues bloquaient la vue de Melian, qui ne pouvait qu'esquiver les attaques de Strangulots.

Aucun des autres champions n'était en vue.

Melian repoussa l'angoisse qui menaçait de le faire remonter à la surface et sortit sa baguette pour forcer son passage à travers les algues et les Strangulots.

Il devait trouver Ellana. Pas pour remporter l'épreuve, mais parce qu'il ne pouvait pas supporter de la savoir inconsciente, à la merci de centaines d'êtres de l'eau, sans aucun moyen de se défendre.

Liam

Depuis qu'il avait trouvé Melian endormi à la bibliothèque et découvert par la même occasion le contenu de la Deuxième Tâche, Liam avait passé ses journées à calculer toutes les issues possibles et imaginables – bonnes ou mauvaises – de l'épreuve sous-marine.

En prenant toutes les variables en compte – conditions climatiques, comportement possible des habitants du Lac, vitesse de nage de Melian, emplacement gardé du trésor, etc. – les statistiques devenaient presque impossibles à calculer.

Sans ses statistiques, Liam se sentait démuni. Comme le soir du Bal, lorsque Melian lui avait posé une question qu'il n'avait absolument pas prévu – la probabilité que son ami se montre courageux se situait autour de 10% (et encore, lorsque sa sœur était concernée). Liam se reposait donc sur les 90% restants pour vivre des jours tranquilles.

D'après sa mère, la vie n'était pas faite de statistique, et il ferait mieux de s'acheter une de ces calculatrices moldues pour perdre moins de temps sur des calculs futiles. Liam aimait penser qu'elle avait raison lorsqu'il calculait la terrifiante possibilité que Melian meure durant le Tournoi.

Le reste du temps, il se reposait sur les statistiques. Les chiffres révèlent le présent, les statistiques révèlent l'avenir… c'était sa devise depuis qu'il avait découvert les maths grâce à des amis moldus.

Tout ça pour dire que rentrer dans Malfoy en faisant mine de chercher une place pour s'assoir dans les gradins était entièrement calculé.

En temps normal, le Serpentard ne se serait même pas arrêté devant le fils d'un sang-pur et d'une née-moldue. Mais Liam était sûr à 78% qu'il aimait Ellana au point de changer radicalement de comportement lorsqu'elle était en danger.

« Malfoy… Tu es là pour encourager Melian, j'espère ? » demanda-t-il, avec une pointe d'arrogance pour l'énerver.

« Fawley… ou devrais-je dire Summerts ? Quel nom ridiculement moldu, soi-disant passant… » répliqua Malfoy.

Peut-être un peu trop d'arrogance… comment diable a-t-il trouvé le nom de jeune fille de ma mère ?

« Tu cherches un endroit où t'assoir ? » demanda Liam, jugeant préférable de changer de sujet. « J'ai vu deux places au premier rang… Je voulais être le plus proche de Melian quand il sortira du Lac avec Ellana, tu comprends ? »

Malfoy pâlit et regarda au premier rang – où se trouvaient effectivement deux places de libre, Liam les ayant aperçues quelques secondes plus tôt. Il hésita une seconde, avant de finalement soupirer et se diriger vers les places.

Liam esquissa un sourire amusé et le suivit. Il fallait bien qu'il aide Ellana à trouver l'amour, vu que son grand-frère prévoyait de la garder célibataire à vie… Et son côté sociopathe fou de statistique ne signifiait pas qu'il n'aimait pas se mêler des affaires des autres, ni qu'il n'avait pas un petit côté fleur bleue.

Malfoy ne lui adressa pas la parole, au début, préférant se concentrer sur l'épreuve. Ce ne fut qu'au bout d'un quart d'heure, lorsqu'il réalisa que les participants allaient rester une heure sous l'eau et que les spectateurs n'avaient pas lieu d'être, qu'il se tourna enfin vers Liam.

« Tu sais, toi et Melian devraient me remercier. » déclara-t-il pompeusement. Le stress ne pouvait pas changer entièrement son comportement, visiblement.

« Ah ? Et pourquoi cela ? »

Il avait essayé de prendre un ton sarcastique, pour faire genre qu'il savait exactement de quoi il parlait, mais n'en n'avait en fait aucune idée. Malheureusement, le sarcasme était la spécialité des Serpentard, pas des Serdaigle.

« Oh, tu n'es pas au courant ? » répondit Malfoy, avec un sourire railleur détestable.

« Apparemment… »

« Si je n'avais pas fait arrêter Rita Skeeter, elle aurait publié un article sur le Bal de Noël… »

Liam se figea. La probabilité que la journaliste mentionne Melian – le candidat préféré du monde sorcier britannique – était élevée, surtout que n'importe qui aurait pu épier la scène entre eux deux.

« Qui sait, elle avait peut-être prévu de raconter comment le Champion de Serpentard s'est fait rejeter par son ami de longue date… »

Refusant de répondre à la provocation plus qu'évidente, Liam serra la mâchoire et s'empêcha de lancer un sort au gamin qui lui servait d'interlocuteur. Il n'était pas un Gryffondor impulsif comme Malfoy en avait l'habitude.

« Je crois que c'est toi qui devrais nous remercier, Mel et moi. » corrigea-t-il.

« Vraiment ? » fit mine de s'étonner le gosse, avec un ton sarcastique qu'il avait dû emprunter à son père.

« Sans nous, tu n'aurais aucune chance avec Ellana, après tout. » lâcha-t-il, avant de planter là le gamin trop arrogant pour son âge. « C'est d'ailleurs incroyable qu'elle accepte toujours de ne serait-ce que te regarder dans les yeux. »

Il n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que Malfoy était dans tous ses états. Selon ses statistiques, le gosse devait être en train de revoir toute sa vie au peigne fin pour savoir quand, exactement, il avait merdé avec son amie.

Bon, ce n'est pas vraiment ce que j'avais prévu…

Melian a la fâcheuse tendance de ruiner mes statistiques.

Penser à son meilleur ami alors qu'il était en train de fouiller le Lac Noir à la recherche de sa sœur lui donnait la boule au ventre. Il y avait près de 15% de chances que Melian ne réussisse pas son sortilège de Têtenbulle. Quant à la probabilité qu'il trouve sa sœur dans les temps… Liam ne voulait pas y penser.

Draco

Après une bonne minute d'indignation et d'insultes pour Fawley, Draco parvint à se ressaisir, et réalisa ce que lui avait dit le Serdaigle.

Il avait blessé Ellana, au point que seule l'intervention de son frère et son ami – et probablement de ses amies à elle également – l'avait convaincue de continuer à lui adresser la parole.

Petit bémol… il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il avait fait de mal.

Enfin, il avait bien quelques idées, mais rien d'aussi grave…

Ah ! Je suis sûr que ce n'est qu'un mensonge de Fawley pour me faire douter !

Peut-être parlait-il du Bal de Noël, auquel Draco avait invité Pansy – très mauvaise idée, au passage – mais Ellana savait que son père lui avait forcé la main…

Ou du fait qu'il s'était énervé parce qu'elle était la cavalière de Théodore ? Non, elle avait beau dire, elle a adoré me voir jaloux…

A moins que ça ne remonte à plus loin ? Sa réaction lorsqu'elle lui avait parlé des « entraînements » de son père ? Mais j'ai plutôt bien réagi, je trouve

Son comportement lors des attaques de l'Hériter de Serpentard, lorsqu'il pariait sur le prochain né-moldu à se faire pétrifier ? Ce n'était effectivement pas son année de gloire. Mais là encore, elle m'a pardonné…

Non, Draco avait beau tourner le problème dans tous les sens, il ne parvenait pas à comprendre ce qu'il avait fait de vraiment, terriblement et irréparablement mal.

« Nom d'une tortue de mer ! Serait-ce Mademoiselle Delacour qui arrive sur la rive droite du Lac ? » s'exclama Ludo Verpey. « Mais elle n'a pas son trésor avec elle, il me semble… »

Surpris par le brusque éclat de voix et le début de rumeur se propageant à travers les spectateurs, Draco se redressa et scruta la rive indiquée par Verpey, où une silhouette se démenait tant bien que mal à travers les algues et Strangulots qui menaçaient de l'emporter vers le fond.

Si ce n'est pas Melian qui revient avec Ellana, ça ne m'intéresse pas !

Quoique ce pourrait être drôle de voir Potter ramper dans la boue avec son trésor… si on suit la logique, c'est soit Weasley, soit Granger…

Bah, tant qu'ils restent piégés dans le Lac… peu importe que ce soit la belette ou le castor, n'est-ce-pas ?

Draco esquissa un sourire narquois, préparant déjà des jeux de mots à faire sur la noyade de Potter.

Delacour atteint le rivage, aidée par les professeurs, et il devint clair qu'elle avait échoué. Pas de trace de son trésor – Draco se demandait bien qui pouvait être assez important pour être un trésor aux yeux d'une créature aussi superficielle qu'une vélane, de toute façon.

« Après cinquante-trois minutes de recherches, Mlle Delacour se voit forcée d'abandonner en raison de blessures graves causées par une bande particulièrement agressive de Strangulots ! » annonça Verpey.

Pff… comme c'est pathétique, abandonner après seulement cinquante minutes…

Attend…

Cinquante minutes ?

Mais l'épreuve dure une heure !

Et si Ellana restait prisonnière à jamais dans le Lac ?

Soudain pris de panique, Draco dut se retenir de sauter directement dans le Lac pour aller la chercher. Ce n'est qu'après s'être forcé à se calmer qu'il pût réfléchir calmement et réaliser qu'il s'inquiétait pour rien. Le vieux fou n'était pas assez timbré pour tuer des élèves de cette manière.

Seulement, peu importe à quel point il essayait de se rassurer, Draco n'arrivait pas à calmer l'angoisse qui le dévorait de l'intérieur.

Il n'était pas sûr de pouvoir réfléchir normalement lorsqu'Ellana était impliquée.

Et il détestait cela.

Remus

Le retour de la Championne de Beauxbâtons avait fait prendre conscience aux spectateurs de la dangerosité de l'épreuve, principalement chez les élèves qui connaissaient les champions et leurs trésors.

Pour Remus, qui connaissait non pas un mais deux champions, ainsi que trois des « trésors », le stress était à son maximum.

« Par pitié, Lupin, va gémir ailleurs, ton aura de loup-garou en panique est insupportable ! » grommela Severus.

« Tu n'es pas obligé de rester ici, Snape. » fit remarquer Sirius.

« Comment pouvez-vous rester aussi calmes ? » s'emporta Remus, sa voix plus aigüe que d'ordinaire.

« C'est triste à dire, mais je suis déjà terrorisé par quelque chose de bien pire que cette épreuve… Dumbledore a tout prévu avec les êtres de l'eau, ils ne risquent rien. » répondit Severus, mais Remus savait voir à travers sa carapace : il était en panique, lui aussi.

« Que se passe-t-il ? » demanda Tonks, qui, jusque-là, était restée en retrait de la conversation.

Severus ne répondit pas, clairement agacé par l'intervention de son ancienne élève – il n'avait pas arrêté de l'appeler « Miss Catastrophe » depuis son arrivée. Remus lui donna un coup de coude et s'empressa de répondre à la jeune femme.

« Severus est légèrement paniqué depuis les évènements de la Coupe de Quidditch… Il ne sera pas tranquille tant que le véritable coupable n'aura pas été arrêté, c'est tout. » mentit-il.

Il avait beau apprécier la cousine de Sirius, il ne lui faisait pas suffisamment confiance pour lui parler de leur enquête sur le possible retour du Seigneur des Ténèbres.

« Je vois… » fit Tonks, avant de les regarder tous les trois, tour à tour.

Ses cheveux perdirent leur éclat flamboyant et elle recula de manière à ne plus entendre leur conversation, ayant apparemment compris qu'ils ne voulaient pas parler devant elle. Le cœur de Remus se serra en voyant son expression déconfite.

« Alors, Snape ? De quoi tu parlais ? » demanda Sirius, après le départ de sa cousine.

« Muffliato. » murmura Severus, avant de se tourner vers l'Animagus. « Maugrey pille mes réserves d'ingrédients. Melian l'a vu et m'a prévenu. Je pense qu'il a reconnu la potion… »

« Qui est ? »

« Du polynectar. »

Il y eut un silence, le temps que Sirius et Remus assimilent l'information. Ils avaient un espion, peut-être de Voldemort lui-même, à l'intérieur de Poudlard.

Et personne, pas même Dumbledore, ne l'avait remarqué.

« Et vu que mes réserves diminuent régulièrement depuis septembre, je pense qu'il est sage d'affirmer que le véritable Maugrey n'a pas eu l'occasion de poser un pied dans le château. »

« Et qu'est-ce qu'on attend pour le faire arrêter ? » demanda Sirius, la voix blanche. « C'est une menace pour Harry… pour tous les élèves ! »

Fondamentalement, Remus était d'accord avec son ami, et il comprenait parfaitement sa douleur… Mais si le faux Maugrey se rendait compte qu'il était découvert, il pourrait passer à l'action sans prévenir et causer encore plus de dégâts.

« Il ne doit pas savoir qu'il a été repéré. » expliqua Severus. « Nous n'avons aucune preuve pour le moment, et nous ne savons pas qui il est. Si nous agissons trop précipitamment, il pourrait s'en rendre compte, paniquer, et agir sur un coup de tête, sans que nous n'ayons aucun moyen de l'en empêcher. »

Sirius resta silencieux un moment, le temps de peser le pour et le contre. Remus posa sa main sur son épaule, pour tenter de lui montrer son soutien, mais il n'arrivait pas à se calmer lui-même.

« La question, c'est est-ce qu'on en parle à Dumbledore ? » continua Severus.

« Non ! » dirent Remus et Sirius ensemble.

Severus hésita, mais hocha finalement la tête. Aucun d'eux ne faisait véritablement confiance à quelqu'un prêt à sacrifier quelques-uns pour sauver le plus grand nombre, peu importe à quel point la stratégie pouvait paraître logique aux yeux du Directeur.

« Dans ce cas, messieurs, nous allons avoir besoin d'un plan qui tienne la route. » conclut le Maître de Potion.

Melian

Cela faisait à peu près un quart d'heure que Melian avait perdu Fleur. Ils s'étaient croisés alors qu'ils échappaient chacun à des Strangulots, et avaient combattu ensemble, jusqu'à ce que Fleur soit trop blessée pour continuer et lui propose de faire diversion.

Depuis, il avait entendu des cris inquiétants, avant que le silence oppressant ne se rétablisse. Il avait frôlé des créatures étranges dont il préférerait ne pas connaître le nom, s'était fait dépasser par une étrange silhouette de requin, et avait senti à nombreuses reprises le regard d'êtres de l'eau venus le surveiller.

Il fait si sombre, ici… je donnerai n'importe quoi pour être ailleurs…

Mais Ellana a besoin de moi !

A ce point, Melian était non seulement inquiet pour sa sœur, mais aussi pour lui-même. Son sort de Têtenbulle faiblissait de minute en minute, et il avait peur de ne pas tenir beaucoup plus longtemps.

Alors il accéléra, toujours en direction du cœur du Lac, à travers des forêts d'algues et des multitudes de bancs de poissons colorés, jusqu'à la trouver.

La ville des êtres de l'eau.

Avec un regain d'énergie, Melian dépassa les gardes armés jusqu'aux dents, et nagea jusqu'à atteindre une place centrale, où se trouvait déjà Harry. Ellana était saucissonnée d'algues, attachée contre un poteau de pierre.

« Qu'est-ce que tu fais encore là ? » demanda-t-il à Harry.

Krum était déjà passé, puisque l'un des trésors avaient été détachés, et Harry était arrivé depuis un moment, puisque Ron flottait à côté de lui.

Harry désigna Ellana et la petite sœur de Fleur, Gabrielle. Les deux jeunes filles avaient l'air si vulnérables, si fragiles…

Melian serra les dents et se précipita vers sa sœur, arrachant ses liens à mains nues. Il détacha ensuite Gabrielle, certain que Fleur ne reviendrait pas.

« Viens, l'heure est déjà finie depuis longtemps, de toute façon… » dit-il Harry.

Le Gryffondor ne lui répondit pas, sans doute parce que s'il avait essayé, des bulles seraient sorties de ses espèces de branchies. La Branchiflore avait fait son travail.

Mais plus pour longtemps

Ellana

Ellana ouvrit brusquement les yeux, et un besoin urgent d'air la força à reprendre pleinement conscience. Toussant et crachotant, elle regarda autour d'elle, agitant vainement bras et jambes pour se maintenir à flots. Elle se trouvait au milieu du Lac Noir, avec Weasley et la petite Delacour, qu'elle avait rencontré la veille dans le bureau du Directeur.

« Qu'est-ce que… » marmonna-t-elle, avant de réaliser que personne n'était en mesure de lui répondre.

A la place, elle évalua la situation autour d'elle. Weasley était réveillé et soutenait la petite fille, encore endormie. Harry, Fleur et Melian manquaient à l'appel.

« Où sont-ils ? » demanda-t-elle à Weasley.

« Je ne sais pas… sans doute encore sous l'eau. » répondit-il, sa voix tremblante trahissant son inquiétude. « Je ne voulais pas lâcher la petite… tu crois que tu pourrais aller sous l'eau pour les chercher… ? »

Ellana hocha la tête, mais au même moment, elle sentit du mouvement sous ses pieds, et son frère apparut à la surface à côté d'elle. Harry refit surface une poignée de secondes plus tard.

« Tout le monde va bien ? » demanda Melian, son regard concentré sur elle.

« Fleur n'est pas avec vous ? » s'enquit Ellana.

« Elle a dû abandonner, elle doit déjà être sur le rivage. » répondit son frère. « Je vais prendre la petite, Weasley et Ellana vous restez près d'Harry, on ne connait pas encore les effets secondaires de votre sommeil forcé. Harry, tu passes devant. »

Weasley semblait hésiter à le contredire pour le principe, mais un coup d'œil à la version miniature de Fleur, que Melian récupéra dans ses bras, suffit à le faire renoncer. Le groupe se mit à nager en direction de la rive, et ils arrivèrent sans encombre sur la ligne d'arrivée.

Fleur fut la première à les accueillir elle se précipita sur Melian et prit sa sœur dans ses bras. La petite reprenait difficilement conscience, et Ellana sentit son sang bouillir à l'idée qu'une enfant aussi jeune ait été mise en danger pour le Tournoi.

« Gabrielle ! » s'exclama Fleur, avant de se tourner vers Melian et Harry. « Vous l'avez sauvée, merci infiniment ! »

La vélane leur fit à chacun un bisou sur la joue – Harry devint rouge comme une tomate au passage – et remercia également Ellana et Weasley.

Entretemps, ils avaient été rejoints par les juges, ainsi que les proches des champions. Ellana vit avec amusement son frère être férocement attaqué par leur mère à coup de câlins. Son père s'avança vers elle en premier, et elle retint inconsciemment son souffle.

« Comment te sens-tu ? Je ne fais pas particulièrement confiance à Dumbledore pour vous garder sain et sauf. » dit-il, en posant sa main sur son épaule.

De loin, la scène devait avoir l'air de joyeuses retrouvailles – quoiqu'un peu froides, pour qui n'était pas sang-pur – mais Ellana savait que ce n'était qu'un acte. Cassiel ne s'était pas inquiété – et même s'il l'avait été, la voir en vie aurait suffi à le rassurer.

« Je me sentirai mieux lorsque je saurai la note de Melian, père. » répondit-elle, et ce n'était qu'un demi mensonge. Elle voulait voir son grand-frère gagner, parce qu'il le méritait plus que quiconque.

Elle su que c'était la bonne réponse au sourire satisfait de son père, avant qu'il ne se détourne pour parler à Melian. Sa mère en profita pour venir s'enquérir de son état, et Ellana vit avec un soulagement doux-amer qu'elle s'inquiétait véritablement pour elle.

Ellana dut ensuite subir un examen médical en compagnie des autres « trésors » et des champions, puis le jury annonça les notes d'Harry et Melian.

« Mesdames, messieurs, nous venons de prendre une décision. » annonça Verpey. « La sirène Murcus, chef des êtres de l'eau, nous a fait le compte rendu détaillé de ce qui s'est passé au fond du lac et, en conséquence, voici les notes, sur cinquante, que nous avons décidé d'accorder à chacun des champions. »

Le silence se fit dans la foule les quatre Champions s'étaient rassemblés devant la tribune des juges. Ellana avait rejoint ses parents dans les gradins réservés aux invités spéciaux, et elle fut ravie d'y trouver, en plus de ses parents et de ceux de Krum et Fleur, le trio Black, Lupin et Snape.

« Miss Fleur Delacour, bien qu'elle ait fait un excellent usage du sortilège Têtenbulle, a été attaquée par des Strangulots alors qu'elle nageait aux côtés de Mr Forester. Déjà assez gravement blessée, elle s'est sacrifiée pour faire diversion et permettre à Mr Forester de continuer en direction des prisonniers. Malgré tout, elle n'a pas réussi à délivrer sa prisonnière, nous lui accordons donc vingt-cinq points. »

Ellana applaudit du mieux qu'elle put, mais Fleur avait l'air en colère d'avoir gagné autant de points.

« C'est insensé, je méritais zéro ! » protesta-t-elle.

« Mr Viktor Krum a eu recours à une forme incomplète de métamorphose, qui s'est quand même révélée efficace puisqu'il a été le premier à ramener sa prisonnière, bien qu'il ait dépassé de cinq minutes le temps imparti. Nous lui accordons quarante-sept points. »

Ellana s'apprêtait à applaudir, mais son père posa sa main sur son bras et lui fit un regard noir. C'est vrai… j'avais oublié… Les Krum sont les ennemis des Forester, nous sommes en public, donc je ne peux pas le féliciter pour sa première place.

Elle commençait à se dire que Cassiopée avait raison sur la futilité des trois quarts des règles de sang-purs.

« Mr Melian Forester, qui a fait usage du sortilège de Têtenbulle, est le dernier à avoir atteint les prisonniers, et il y est parvenu grâce au louable sacrifice de Miss Delacour. Mais il a aidé une prisonnière qui n'était pas la sienne, et pour cette raison, nous avons décidé de lui accorder un bonus spécial. Il obtient quarante-cinq points. »

« Bravo Mel ! » cria Ellana, malgré l'aura menaçante de son père à ses côtés.

Il pouvait lui faire ce qu'il voulait, rien ne l'empêcherait de soutenir son frère.

« Enfin, Mr Harry Potter a utilisé de manière très judicieuse les propriétés de la Branchiflore. Il est revenu le dernier, car comme Mr Forester, il a aidé une prisonnière qui n'était pas la sienne. Selon la sirène Murcus, il est également le premier à être arrivé au village des êtres de l'eau, et a tout de même attendu l'arrivée des autres champions avant de repartir. Il aurait donc pu finir premier et arriver dans les temps, sans son admirable force morale. Certains juges pensent qu'il aurait mérité la note maximale – Verpey lança un coup d'œil féroce à Karkaroff – mais il obtient la note de quarante-cinq points. »

Ellana fit un calcul rapide – Harry était premier ex aequo avec Melian, Krum était troisième, et Fleur quatrième. (Ne me demander pas comment j'ai fait les maths svp ! XD).

Ça s'annonce bien pour que Melian gagne

Mais était-ce vraiment ce qu'elle voulait ? Qu'il remporte ce tournoi futile ?

Non… Ce que je veux, c'est qu'il en sorte vivant !

Et vu la difficulté des deux premières tâches, Ellana commençait sérieusement à angoisser. Elle ne savait pas ce qu'elle ferait sans lui… L'idée même lui donnait mal au ventre.

J'ai un mauvais pressentiment

F

Alors, qu'avez-vous pensé des différents pov ? Perso, mon préféré est Liam ^^ (les proba sont faites totalement au hasard, d'ailleurs) Je voulais essayer des perso que je vais sans doute réutiliser plus tard dans les tomes 5, 6 et 7, donc j'aimerai beaucoup avoir vos retours : lequel avez-vous préféré ?

A bientôt ! (j'espère ^^)