Hey ! Je suis (encore) désolée pour le retard… je pense que je vais arrêter de vous promettre de faire mieux la prochaine fois T_T
Que dire, sinon que ce chapitre est le dernière de ce tome ! Je pensais en faire un autre, mais je suis assez occupée en ce moment, donc j'ai préféré en finir une bonne fois pour toute ^^ je reviendrai en août pour le tome suivant, Descendante de Maraudeur ! L'histoire sera centrée sur Ellana, Cassiopée et Harry, avec une participation croissante de Sirius XD
J'espère que ce chapitre va vous plaire, il a été assez difficile à écrire…
Enjoy and review !
Chapitre 11 : Le cimetière
M
Melian fut réveillé par la façon la plus brutale qui soit – de ce qu'il vit en ouvrant les yeux, Harry avait repris son duel avec le faux Maugrey, et il s'était pris un sort perdu, un incarcerem qui le saucissonna avec des cordes dures comme de l'acier.
Ça commence bien…
Il devait absolument bouger avant que des renforts arrivent, sans se faire repérer par l'imposteur, qui était heureusement trop absorbé par son combat pour avoir remarqué son mouvement.
Après avoir récupéré sa baguette d'un accio informulé – s'il y avait bien un sort qu'il fallait savoir faire sans baguette et sans le prononcer, c'était bien accio – Melian se libéra des cordes avec un sort de découpe, et roula derrière une pierre tombale.
« Reducto ! » s'exclama l'imposteur, et la pierre vola en éclat.
Melian érigea un bouclier et chercha du regard un autre abri – sans succès. La plupart des pierres tombales étaient en ruines, et il n'y avait pas d'arbre à moins d'une cinquantaine de mètres. Il n'avait pas d'autre choix que de combattre avec son bouclier, en espérant qu'Harry arrive à se protéger.
« Stupéfix ! » cria-t-il.
Il souffrait trop pour se concentrer suffisamment longtemps pour lancer un sort informulé, tout en maintenant son bouclier – ne lui restait plus que la distraction, technique préférée des Serpentard. Il fit un signe de tête à Harry, dans l'espoir que son ami comprenne.
Le faux Maugrey bloqua facilement son stupéfix avec un protego, mais négligea de se protéger d'Harry, qui lui lança un petrificus totalus par derrière.
Avant que les deux amis n'aient eu le temps de célébrer leur maigre victoire, des bruits de pas se firent entendre, et ils reprirent des positions de défense. Melian se félicita d'avoir entraîné Harry au duel pendant deux semaines en voyant sa position presque parfaite. Le gosse était né pour ce genre de situation.
Melian reconnu le nouvel arrivant comme étant Peter Pettigrow, le seul partisan actuel de Voldemort connu de leur camp. Un homme trapu, aux cheveux grisonnants et dont le visage rappelait celui d'une souris. Sa démarche apeurée et ses tremblements nerveux indiquaient qu'il regrettait amèrement de ce trouver là.
Cependant, la première chose que Melian remarqua fut ce que Pettigrow tenait dans ses bras – de loin, on aurait dit un bébé enroulé dans une robe de sorcier, ou un tissu roulé en boule, mais il en émanait une impression de froideur et de puissance brute que Melian n'avait senti qu'une seule fois dans sa vie.
« Voldemort… » murmura-t-il, choqué.
Le Seigneur des Ténèbres était venu chez les Forester, une fois, alors que Melian devait avoir trois ou quatre ans. Il était à la recherche d'un artefact, qu'il croyait en possession de Cassiel, un objet tellement précieux qu'il ne faisait confiance à aucun de ses partisans pour le récupérer.
Melian était resté enfermé dans sa chambre tout le long, mais il n'avait jamais oublié l'aura de puissance qui avait envahi le Manoir entier. Et cette puissance, bien que contenue dans un corps affaiblit, n'avait pas diminué d'un pouce.
Harry devait le sentir aussi, car il s'effondra en hurlant, une main plaquée sur sa cicatrice. Réfléchissant à toute vitesse, Melian se demanda comment il allait protéger Harry, trouver un moyen de s'enfuir, et combattre Pettigrow en même temps.
Ils ne pouvaient pas transplaner et n'avaient pas de moyen de locomotion, la seule option restante était le Portoloin, or ce dernier se trouvait dans une poche de Maugrey – Pettigrow avait d'ailleurs profité de leur stupeur pour rompre le sort lancé à l'imposteur, qui se relevait, sonné.
« Accio Portoloin ! » s'écria Melian, et le chapeau lui sauta dans les mains.
« Intelligent, petit, mais tu auras du mal à t'en servir quand j'en aurai fini avec toi. » se moqua l'imposteur.
« Vraiment ? Pourtant il me semble avoir gagné notre premier du… »
Une soudaine vague de douleur le coupa dans sa réplique, et un coup d'œil à sa blessure confirma qu'il se vidait toujours de son sang.
« Tu m'as l'air bien affaibli… Tu n'as pas aimé mon araignée ? » continua de se moquer l'imposteur.
« Cesse tes enfantillages et tue-le, Croupton. Je commence à m'impatienter. »
La voix donna des frissons à Melian, comme le bruit d'un ongle raclant un tableau noir. Il devina, sans voir sa provenance, qu'elle appartenait à Voldemort. Attend une seconde… Croupton ? N'était-il pas mort et anti-magie noire de son vivant ?
Surtout, en entendant le « tue-le » de Voldemort, Melian réalisa que, pour la première fois de sa vie, il commençait à craindre véritablement pour sa vie.
Mais parce qu'il le devait, parce qu'Harry comptait sur lui, il se promit de se battre jusqu'au bout, peu importe si cela lui coûtait la vie.
« Avada Kedavra ! » lança Pettigrow.
Melian esquiva et répliqua par un Fumos, qui créa un épais brouillard de fumée autour d'eux, et lui permit d'envoyer le Portoloin à Harry, qu'il enveloppa d'un bouclier longue durée – pas le plus puissant, mais il le protégerait le temps d'un duel.
La fumée ne tarda malheureusement pas à disparaître, et Melian se retrouva cerné par deux baguettes, alors qu'il était déjà affaibli par sa blessure, par l'aura menaçante de Voldemort, et qu'il se savait désavantagé par son manque d'expérience et par sa baguette qui, depuis que Lockhart l'avait utilisé, ne lui permettait pas de lancer des malédictions de haut niveau de magie. Même sa forme animagus n'était pas une option, puisqu'il pouvait empirer sa blessure en se transformant.
Ellana, Liam… j'ai été heureux de vous connaître.
« Ebublio ! » s'écria-t-il, et Pettigrow se retrouva enfermé dans une bulle.
« Sectumsempra ! » riposta Croupton.
Melian voulut esquiver, mais ses mouvements se faisaient lents, engourdis, et il reçut le sort sur son bras droit – celui qui tenait sa baguette. Trois coupures apparurent dans sa chair, et il sut que, s'il ne mourait pas avant, il ne tarderait pas à s'évanouir à cause du manque de sang.
Il répliqua avec le sort le plus simple qu'il puisse trouver et qui tiendrait son ennemi occupé – un crache-limace informulé. Croupton, qui ne s'était sans doute pas attendu à un maléfice pareil, ne put éviter le sort et se retrouva plié en deux.
Pettigrow s'était, entre-temps, libéré de son entrave, et enchaîna avec un endoloris que Melian, trop fatigué pour esquiver, reçut en plein ventre – il n'existait aucun bouclier connu qui permette de bloquer un Impardonnable.
Ce à quoi Pettigrow n'avait pas dû s'attendre, c'était qu'il ne broncha pas sous la douleur.
« Il va falloir quelque chose d'un peu plus fort si vous voulez m'abattre. » railla-t-il.
Son père avait beau être le plus grand sadique de l'histoire, il ne l'avait pas entraîné pour rien – son corps s'était progressivement habitué à la douleur d'un endoloris, au point qu'il ne sente qu'un picotement.
Réagissant à sa provocation, Croupton – qui s'était, d'une manière que Melian ne citerait pas, débarrassé des limaces – lui lança un maléfice plus noir encore qu'un Impardonnable, censé faire bouillir toute l'eau du corps. Melian se protégea d'un clypeus, qui prit la forme d'un bouclier glace.
Il cherchait vainement un sort dans ses faibles capacités qui soit capable de mettre à terre deux sorciers adultes, lorsqu'il se remémora son duel avec Jade, en début d'année.
« Cave Inimicum ! » s'écria-t-il.
Le sort devait permettre de conjurer un dôme autour d'un ennemi, qui rapetissait ensuite jusqu'à étouffer le sorcier prisonnier à l'intérieur. Melian ne l'avait jamais utilisé, mais comme son amie l'avait utilisé en cours, il pensait que ce n'était qu'un sort simple mais peu connu.
L'expression inquiète de Jade, quand elle avait compris avoir fait une trop grande démonstration de pouvoir devant Maugrey, lui revint douloureusement en mémoire.
Le sort était bien plus complexe et requerrait bien plus d'énergie qu'il ne le pensait – beaucoup trop pour son état, mais aussi pour sa baguette.
Ollivander l'avait prévenu, lorsqu'il l'avait acheté.
« Cette baguette a été créée par mon arrière-grand-père, jeune homme. Elle est restée sans propriétaire depuis. Le ventricule provient d'un dragon particulièrement caractériel et rancunier… »
« Est-ce que… est-ce qu'il pourrait y avoir des effets secondaires ? »
« Cela, nul ne peut le prédire. Mais prenez-en grand soin, car si vous lui portez préjudice, elle pourrait bien vous le rendre des années plus tard… Perdez sa confiance, et elle vous fera défaut lorsque vous aurez le plus besoin d'elle. »
Il semblait à Melian que la prophétie d'Ollivender s'était réalisée : il avait perdu sa baguette face à Lockhart deux ans plus tôt – bien que, techniquement, Lockhart le lui avait volé – et désormais, au moment où il avait le plus besoin d'elle, elle se vengeait de ce qu'elle avait dû considérer comme une trahison.
Ainsi, lorsque Melian essaya d'attaquer Pettigrow et Croupton avec un Cave Inimicum, sa baguette refusa d'obéir.
« Non… » murmura-t-il. « Stupéfix ! Impedimenta ! Protego ! Incarcerem ! Incendio ! »
Melian eut beau essayer les sorts les plus faciles de sa connaissance, sa baguette refusa purement et simplement de fonctionner.
La première chose qui lui vint à l'esprit fut qu'il ne pouvait plus protéger Harry – Harry, qui avait une baguette fonctionnelle, et qui était toujours inconscient à cause de la présence de Voldemort.
« Un problème de baguette ? » railla Croupton.
Refusant de répondre, Melian fit ce qui, chez les Serpentard, était communément appelé une tentative de Gryffondor – il courut en direction d'Harry, en zigzag pour esquiver les attaques des deux Mangemorts, et se réfugia derrière le bouclier qu'il avait créé pour protéger le Gryffondor.
Melian prit ensuite la baguette d'Harry, en se demandant quel sort il devait utiliser en priorité. Il n'avait aucun moyen d'envoyer un message à qui que ce soit… à moins que…
« Spero Patronum ! » s'exclama-t-il, en pensant de toutes ses forces à Liam, Ellana, ses amis, sa mère, le professeur Snape, tous ceux qui comptaient à ses yeux.
Un magnifique aigle de brume apparut devant lui, et il ne lui fallu pas longtemps pour comprendre que c'était un clin d'œil à son Serdaigle préféré. J'ai bien fait d'apprendre ce sort l'été dernier…
« Trouve Severus Snape. Dis-lui que nous avons été kidnappés par Croupton, qu'on est dans un cimetière… Et dis-lui… dit-lui que je suis désolé d'avoir échoué. » ordonna-t-il, d'une voix tremblante.
Entre sa blessure et la perte de sa baguette, il savait qu'il était trop faible pour faire autre chose que gagner du temps.
Pour Harry…
Le bouclier se fissura.
Pour Ellana…
Melian fourra le chapeau dans la poche d'Harry.
Pour Liam…
Melian s'arma de la baguette de son ami, prêt à attaquer comme il le pouvait avec une baguette qui n'était pas la sienne.
Pour le monde sorcier…
Le bouclier vola en morceau sous les reducto de Pettigrow et Croupton. Melian riposta par un incendio dans la jambe de bois de Croupton – qui ne resterait plus très longtemps sous l'apparence de Maugrey – et par un rictusempra qui fit se tordre de rire Pettigrow.
Les effets ne durèrent cependant qu'une poignée de seconde, et les Mangemorts répliquèrent immédiatement – par le sortilège de mort. Voldemort devait s'être impatienté à nouveau.
« Avada Kedavra ! » s'exclamèrent Croupton et Pettigrow ensemble.
Deux rayons verdâtres foncèrent sur Melian, à moins de cinq mètres de distances et à la vitesse de l'éclair, et il sut qu'il ne les esquiverait pas.
Pas avec le sang qui coulait abondamment de son flanc et de ses bras.
Pas avec son énergie magique qui semblait être restée avec sa baguette, à une dizaine de mètres de là.
Pas alors qu'Harry était couché derrière lui.
Alors Melian ne bougea pas, ne chercha pas à plonger sur le côté pour éviter la mort qui fonçait droit sur lui, et il songea que c'était tout de même une belle façon de mourir, se sacrifier pour un ami.
Il n'aurait pas souhaité mourir autrement… juste un peu plus tard.
E
« Qu'est-ce qui se passe ? Cass, tu vois quelque chose ? » demanda Anna.
« Non… » répondit Cassiopée, d'habitude avantagée par sa grande taille. « Maugrey n'est toujours pas revenu… Et Krum et Delacour sont dans un sale état… »
Rongée par l'inquiétude, Ellana se leva et s'approcha du bord des gradins, mais tout ce qu'elle voyait était cet immense labyrinthe, dont les haies étaient trop élevées et trop sombres pour qu'elle puisse distinguer quoi que ce soit à l'intérieur.
Les champions étaient partis quatre heures plus tôt. Depuis, Krum et Delacour étaient revenus, après avoir chacun envoyé des signaux de détresse – et tous deux étaient gravement blessés, marqués par des monstres et touchés par des malédictions qu'aucun professeur ne se souvenait avoir placé là.
Près d'une demi-heure auparavant, Maugrey s'était proposé d'aller voir comment se débrouillaient les deux champions restants. Personne ne l'avait vu depuis.
Les spectateurs commençaient à s'impatienter et à montrer des signes d'inconfort, et la nervosité apparente des professeurs n'arrangeait pas les choses. C'était d'autant plus effrayant pour Ellana que son frère et son ami ne montraient aucun signe de vie.
« J'ai un mauvais pressentiment… » déclara-t-elle.
« Il va se passer quelque chose. » confirma Luna, le regard porté non par vers le labyrinthe, mais au loin, dans la direction approximative de l'Angleterre.
« Je viens de réaliser… » murmura Anna, avant de se tourner vers la Serdaigle. « Tu te souviens quand tu as dit que l'évènement de cette année impliquerait des Scroutts à Pétard ? »
« Il y a des Scroutts à Pétard dans le labyrinthe ! » réalisa Cassiopée.
Les trois éclatèrent de rire, sans qu'Ellana ne trouve la force de participer. Son attention était entièrement focalisée sur le labyrinthe, dans l'attente que quelque chose, n'importe quoi, même un signal de détresse, n'apparaisse.
« Vous croyez qu'on devrait aller voir ? » demanda-t-elle finalement, n'y tenant plus.
Ses amies échangèrent un regard, et elle réalisa que de leur point de vue, elle s'inquiétait beaucoup trop pour une simple épreuve entre élèves. Elles ne savent pas qu'on risque potentiellement quelque chose de bien plus grave…
Avant que ses amies n'aient eu le temps d'argumenter, cependant, un mouvement attira son attention du côté de la tribune des professeurs.
Un Patronus en forme d'aigle royal venait de se poser devant Snape. Instinctivement, Ellana sut que c'était celui de Melian – à qui d'autre aurait-il pu appartenir ?
Sans plus attendre l'approbation de ses amies, Ellana courut en direction des escaliers et descendit sur le terrain, à l'entrée du labyrinthe où s'étaient désormais rassemblés une poignée de professeurs – Dumbledore, Snape et McGonagall en tête.
Les directeurs étaient également là avec leurs champions, et les parents d'Ellana ne tardèrent pas à les rejoindre, tout comme Sirius et Remus.
« Professeur Snape ? » appela-t-elle. Les professeurs se tournèrent vers elle, mal à l'aise pour la plupart. « Que se passe-t-il ? Où est mon frère ? »
« Il… je suis désolée, Ellana, Harry et lui ont été kidnappés… Tout ce que nous savons, c'est qu'ils sont dans un cimetière… » répondit Snape, sans cacher son air coupable.
« Et que leur ravisseur est Croupton. » ajouta McGonagall. « Même si je ne vois pas comment un homme supposé mort pourrait enlever deux champions sous notre nez. »
« Le corps de Croupton a été vu par une bonne dizaine d'Aurors et par Mr Fudge, ça ne peut pas être lui. » intervint l'Auror aux cheveux roses qui escortait Sirius.
« Je pense que la question n'est pas qui a enlevé les enfants, mais où et pourquoi. » renchérit la mère d'Ellana.
Abigaïl Forester, d'ordinaire silencieuse et compatissante, était le parfait ornement – pardon, la parfaite épouse – pour un héritier sang-pur. Ellana l'avait vu se taire lors de dizaines de banquets aux discussions politiques. Mais dès lors que ses enfants étaient impliqués, elle se transformait en féroce guerrière.
« En réalité, nous supposons le pourquoi depuis quelques temps déjà. » répondit Snape, prenant cette fois-ci Dumbledore par surprise.
« Et qui est ce nous, si je puis me permettre ? » s'enquit le directeur, plus curieux qu'en colère.
« Severus, Sirius et moi communiquons sur nos découvertes depuis les évènements de l'année dernière. » expliqua Remus.
Dumbledore regarda tour à tour les trois sorciers, l'étincelle familière brillant dans ses yeux bleus – sans qu'Ellana ne sache vraiment pourquoi, voir qu'il s'amusait de cette information la mit en colère. Peut-être était-elle juste énervée que la priorité ne soit pas le « où » mais le « pourquoi ».
« Vous vous demandez comment ce Croupton a pu kidnapper Harry et Forester ? Il se fait passer pour Maugrey depuis le début de l'année. » ajouta Sirius. « Nous ne l'avons découvert que récemment, et n'avons pas pu agir en conséquence. »
« Je suis désolée, mais… » intervint Ellana, perdant patience. « Est-ce vraiment important ? Nous devrions chercher Melian et Harry au lieu de discuter ! »
« Ellana. » cingla Cassiel.
Son ton froid suffit à lui faire reprendre ses esprits. Ellana recula, honteuse d'avoir crié sur des professeurs.
« Pardonnez-moi, professeur Dumbledore. J'ai laissé mon inquiétude guider mes pensées. » s'excusa-t-elle, d'un ton neutre.
« C'est tout à fait compréhensible, Mlle Forester. » la rassura Dumbledore.
« Ma fille s'est emportée, mais elle a raison. Avez-vous une quelconque piste qui pourrait nous permettre de les retrouver ? » demanda Cassiel.
Pendant un bref instant, Ellana se demanda s'il s'inquiétait vraiment pour Melian, avant de se rappeler qu'il avait besoin d'un héritier pour conserver le nom des Forester. Peu importe, s'il arrive à retrouver Melian…
« J'ai bien fait quelques recherches sur ses potentielles cachettes… » proposa Lupin. « Avec des sortilèges de localisation et de détection de niveaux inhabituels de magie noire, plus les connaissances des Aurors fournies par Sirius et Mlle Tonks. »
L'ancien professeur commença à déballer ses découvertes, parfois interrompu par un sorcier ou un autre, corroborant ou non les informations. Dans l'ensemble, il n'avait pas réellement de piste concrète, et le mauvais pressentiment d'Ellana lui tordait le ventre.
« Ne vous fatiguez pas. » déclara soudainement Snape, la voix blanche.
Sa main était crispée sur son bras gauche, et malgré son visage neutre, Ellana devina sans peine sa douleur – elle qui s'était toujours demandée s'il était ou non un Mangemort, elle était servie.
« Vous pouvez savoir où ils se trouvent ? » demanda McGonagall, les lèvres pincées – de dégoût ou d'inquiétude, Ellana n'en savait rien.
« Malheureusement, pour le savoir, il faudrait que je transplane directement là-bas. » répondit-il, le teint presque livide.
« Peut-être devrais-tu y aller, Severus… » commença Dumbledore.
« Je vous arrête tout de suite. » le coupa Snape. « Je suis au regret de vous dire que je pourrai plus être votre espion. J'ai malheureusement été découvert. »
« Voilà qui est regrettable… Nous allons devoir te trouver un remplacement. Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas avoir d'espion. » dit le directeur.
Ellana avait l'impression que des semaines de questions toutes plus tirées par les cheveux que les autres trouvaient enfin une réponse logique.
« Mais cela ne nous dit toujours pas où ils sont… » marmonna-t-elle.
« Je suis sûre que tout ira bien pour lui, ma puce… » assura sa mère, mais elle n'avait pas l'air d'y croire elle-même.
Et elle avait bien raison. Une poignée de secondes après son affirmation, un vent étrange se leva et tourbillonna autour d'eux, avant que deux silhouettes n'apparaissent devant eux.
Harry et Melian venaient d'apparaître.
« Mel… » murmura Ellana, avant de s'élancer dans sa direction.
Harry leva les yeux dans sa direction, et elle put voir des larmes couler sur ses joues, sans qu'elle ne comprenne pourquoi. Il était là, sain et sauf, avec Melian.
Melian qui était étalé sur le sol. Melian, qui n'avait pas bougé d'un pouce. Melian qui ne respirait pas.
« Désolé… je suis tellement désolé, Ellana. Mais Il… V- Voldemort… il est revenu… » dit Harry d'une voix rauque, affaiblit.
Ellana tomba devant le corps de son frère, la gorge trop serrée pour parler.
Sa peau est tellement blanche et froide… Et ses yeux…
Elle avait l'impression d'être de retour dans la salle d'entraînement du manoir, sa baguette pointée sur deux vieux moldus. Elle était restée pendant des heures à les regarder, à voir le sang couler et sécher, avant que Melian ne la trouve et l'emmène loin, le plus loin possible de la scène.
« Melian… » murmura-t-elle.
« Que… que s'est-il passé ? » demanda Sirius.
« Je pense que nous aimerions tous le savoir. » renchérit Dumbledore à côté d'elle. « Mais peut-être devrions-nous laisser le temps à Harry de se remettre de ses émotions. »
C'était comme si on avait retiré son cerveau à Ellana – elle n'entendait plus les cris de la foule, ne pensait plus à rien, ne voyait plus que le corps – le cadavre – de son frère.
La suite se passa comme un rêve éveillé – ou plutôt un cauchemar. Ellana bougeait, sans aucun contrôle sur ses actions, comme si quelqu'un lui avait fait subir l'Imperium. Elle lâcha Melian pour le laisser à Tonks et ses collègues Aurors. Elle accompagna Harry, Dumbledore, Snape, Sirius, Remus et ses parents à l'infirmerie.
Ils écoutèrent Harry expliquer ce qui s'était passer. Le labyrinthe, l'imposteur, le cimetière. Puis l'arrivée de Pettigrow et de Voldemort. Harry qui s'effondre sous la douleur de sa cicatrice. Melian qui se bat en duel contre Pettigrow et Croupton.
« A ce moment… je n'étais même pas conscient. Je me suis réveillé quand ils ont commencé le rituel, et c'est à ce moment que j'ai vu… que j'ai vu Melian. » expliqua Harry.
« Ils ont donc mené le rituel jusqu'au bout ? » demanda Snape.
Harry hocha la tête.
« Ils ont pris des ossements de la tombe de son père… Queudver s'est… il s'est coupé la main. Et Croupton m'a entaillé le bras et a récupéré mon sang. » raconta-t-il.
« Croupton ? » répéta Sirius.
« Les effets du Polynectar ont disparu après le rituel… C'est Barty Croupton Junior. » expliqua Harry. « Il a expliqué que sa mère a échangé de place avec lui à Azkaban. Son elfe de maison s'occupait de lui et son père le gardait sous Imperium. Il a aussi dit qu'il a tué son père et son elfe pour effacer les preuves… »
« Ce n'était donc pas une coïncidence que ça se produise si vite après mon erreur… » soupira Snape.
« Que s'est-il passé ensuite ? Il est revenu ? » demanda Remus.
Harry acquiesça et leur décrit l'être inhumain, à la peau blanchâtre, aux longs doits et au visage de serpent, qui était sorti du chaudron.
« Après ça, il a appelé ses partisans. Je pourrais tous les nommer. Il y avait Avery, Malfoy, Macnair, Nott, Crabbe et Goyle. » continua Harry. « Voldemort a dit qu'il manquait les Lestrange, parce qu'ils lui sont restés fidèles et sont à Azkaban, et puis trois qui sont morts à son service, un lâche qui les a quittés définitivement et sera tué, et enfin… un traître qui a rejoint le camp de… des nés-moldus. »
« Cela me fait penser… Karkaroff a disparu quand la Marque a commencé à brûler, n'est-ce-pas ? » fit remarquer Snape. « Cela n'est pas très étonnant. Ils ne tarderont pas à le retrouver. Quant à moi… j'ai effectivement rejoint le camp des nés-moldus. J'imagine que j'en paierai le prix ? »
« Il… il vous réserve le… il a appelé ça le châtiment, professeur. » précisa Harry.
« Je vois. Poursuivez, Potter. »
« Après ça, il a expliqué ce qui lui est arrivé… Quand il a essayé de me tuer, ma mère s'est sacrifiée, et son sacrifice a laissé des traces… Mais maintenant qu'il est revenu avec mon sang, il peut de nouveau m'atteindre. »
Harry leur expliqua comment Voldemort avait survécu toutes ces années, puis que Pettigrow l'avait trouvé grâce à des rats, et qu'il avait malencontreusement rencontré Bertha Jorkins sur son chemin. La sorcière leur avait finalement été utile, en leur apprenant que Croupton était toujours vivant, et que le Tournoi des Trois Sorciers allait se dérouler à Poudlard.
« C'est comme ça qu'ils ont mis leur plan en marche. Croupton s'est déguisé en Maugrey et devait s'assurer que je prenais part au Tournoi, pour pouvoir me kidnapper pendant la Troisième Tâche. Melian lui a mis de sacrés bâtons dans les roues… »
A ces mots, Harry se tourna vers Ellana et ses parents.
« Je suis tellement désolé… Votre fils… il a sacrifié sa vie pour m'aider, et Voldemort est tout de même revenu… »
« Et bien… Nous apprécions vos excuses, Mr Potter, mais vous n'êtes pas responsable. Mon fils était un guerrier. Il avait fait son choix. » répondit Cassiel.
Ellana ne répondit rien – elle en était incapable. Son esprit était juste… vide. Tout ce qui avait été dit était rentré par une oreille et ressortit par l'autre.
« Ellana… » fit Harry.
« Je crois que Mlle Forester a besoin de s'aérer l'esprit. Peut-être que le jeune homme qui écoute notre conversation derrière la porte pourrait l'accompagner dehors ? » suggéra Dumbledore.
La porte de l'infirmerie s'ouvrit sur Liam Fawley, et Ellana réalisa qu'il devait se sentir aussi mal qu'elle, si ce n'était plus. Cette pensée la fit revenir à la réalité, et elle s'excusa auprès du groupe avant de sortir derrière le Serdaigle.
« Que s'est-il passé ? » demanda-t-il.
« Le Seigneur des Ténèbres a ordonné sa mort. Peter Pettigrow et Barty Croupton Jr ont exécuté son ordre. » résuma Ellana.
Tout ce qu'il avait besoin de savoir, c'était le nom des responsables. Le reste – non pas qu'elle ait véritablement écouté – était confidentiel.
« Melian… il avait un projet, tu sais ? Il avait entièrement planifié ce qu'il ferait après Poudlard. » dit Liam. « Il voulait gagner les mille gallions du Tournoi, couper les ponts avec vos parents et t'emmener avec lui. Il avait même repéré un appartement dans le Londres moldu. »
« Non, je ne savais pas. » fut tout ce qu'elle réussit à répondre.
C'était la vérité. Son frère ne lui en avait jamais parlé – n'en n'avait pas eu le temps. Mais, bizarrement, elle n'était pas surprise. Juste reconnaissante, et amère. Il n'avait même pas pu gagner le Tournoi. Il ne pourrait jamais acheter cet appartement moldu, ni l'élever loin de leurs parents.
Ellana réalisa qu'elle pleurait lorsque Liam la prit dans ses bras, chacun cherchant en l'autre le souvenir de Melian.
« Je sais que je ne suis pas ton frère… mais si tu en as besoin, ma porte te sera toujours ouverte. » souffla-t-il, en lui mettant un morceau de parchemin dans la main.
« Merci… » murmura-t-elle. « Je crois que j'ai besoin d'être un peu seule… »
Liam hocha la tête et la relâcha, avant de repartir en direction de l'infirmerie, sans doute pour essayer d'en apprendre un peu plus sur la situation.
Ellana quant à elle se dirigea vers sa salle commune, ne s'arrêtant même pas devant les autres Serpentard qui attendaient des nouvelles, et s'enferma dans son dortoir.
De toutes les émotions qui l'envahissaient, la plus forte était la solitude. Ironique, puisqu'elle avait demandé à être seule, mais elle avait juste l'impression de n'avoir personne vers qui se tourner.
Plus que tout, elle était complètement perdue. Elle ne savait pas quoi faire de sa vie, d'elle-même, ne savait pas quoi faire tout court. Alors elle resta étendue sur son lit, en se demandant pourquoi son monde venait de s'écrouler.
SS
Severus mentirait s'il prétendait ne pas se sentir coupable. C'était de sa faute. Il avait demandé à Melian de protéger Potter. Il avait dévoilé leurs plans à un espion. Et il ne pouvait même pas retrouver son rôle, parce qu'il s'était trahi lui-même.
Il se sentait coupable, et complètement inutile. Il était incapable de protéger ses proches. Déjà avec Lily, il avait été responsable… Et voilà que cela recommençait. Comme quoi, père avait raison… je ne suis qu'un bon à rien.
« Severus… Ce n'est pas parce que tu ne peux pas espionner que tu ne peux pas te rendre utile... » dit Lupin, comme s'il avait lu dans ses pensées.
« Remus a raison. Tu es notre principal stratège, même si ça me tue de l'admettre. » renchérit Black.
Les trois sorciers étaient réunis dans le bureau de Dumbledore, qui devait revenir en compagnie de Fudge pour discuter de la situation.
« Sans compter que tu es notre Maître de Potion. » ajouta Remus.
« En parlant de ça, il va nous falloir un guérisseur. » dit Severus, pour tenter de noyer le poisson.
Il n'était pas vraiment d'humeur à parler de ses sentiments avec ses anciens ennemis désormais alliés de guerre.
« Je demanderai à Nashira après mon procès. » proposa Black. « Mais ça ne servira à rien si on peut obtenir l'aide des Aurors. »
« Cela en soi s'annonce compliqué… » soupira Lupin. « J'entends Fudge et Dumbledore qui arrivent, et ils ont l'air de se disputer. »
L'ouïe des loups-garous était vraiment prodigieuse… Les loups-garous !
« Nous allons avoir besoin de renforts… Lupin, je n'aime pas te demander cela, mais tu crois que tu arriverais à convaincre d'autres loups-garous de nous rejoindre ? » demanda Severus.
Lupin se raidit, mais il était suffisamment rationnel pour faire la part des choses.
« Je ne promets rien, mais j'essayerai. » promit-il.
« C'est tout ce qu'on te demande. » le rassura Black.
L'arrivée de Fudge et Dumbledore coupa court à leur discussion. Le Ministre avait l'air passablement furieux, et Severus comprit que cela n'allait pas être une conversation plaisante.
« Je ne vois pas pourquoi vous prenez toute cette affaire autant à cœur, Dumbledore ! » protesta Fudge en passant le seuil de la porte. « Un fou furieux a voulu se venger de la mort de son maître des années après et a malencontreusement fait une victime… Je placerai deux Aurors sur l'affaire pour le retrouver, ils n'en n'auront pas pour longtemps… »
« Malencontreusement ? » répéta Severus, sans en croire ses oreilles. « Melian Forester a été assassiné pour que Peter Pettigrow et Barty Croupton puissent ramener le Seigneur des Ténèbres à la vie sans encombre ! »
Fudge le regarda de haut en bas, avec un rictus orgueilleusement dégoûté. Severus répondit par son plus beau regard meurtrier.
« Barty Croupton est mort, Mr Snape ! Tout comme Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, d'ailleurs. Je refuse de déployer plus d'Aurors que nécessaires pour les délires d'un enfant traumatisé par la mort précoce de ses parents ! »
« Je vous demande pardon ? » s'exclama Black. « Harry est tout à fait saint d'esprit ! Je ne peux pas en dire autant de vous, si vous êtes sérieusement prêt à risquer l'avenir du monde sorcier – »
« Le monde sorcier se porte parfaitement bien, Mr Black ! Pas que vous en sachiez quoi que ce soit, vous avez après tout passé ces dernières années loin de notre société. »
« Et pourtant, j'en sais plus que le Ministre ! La guerre est à nos portes, Fudge, peu importe que ce que vous croyez ! »
« Ridicule ! Vous-Savez-Qui n'est pas plus vivant que Barty Croupton ! » rétorqua Fudge.
« Harry a vu Voldemort revenir, et nous a cité les noms des Mangemorts présents. » intervint Lupin. « Je suis sûr que vous connaissez la plupart… ce sont ceux qui vous verse votre salaire. »
« Comment osez-vous insinuer une chose pareille ? » s'insurgea Fudge. « Vous vous attendez peut-être à ce que je crois la parole d'un ancien Mangemort, d'un loup-garou, et d'un évadé de prison plutôt que celle de membres respectés de notre société ? »
Chaque mot semblait un peu plus empli de venin que les autres. Severus eut l'impression qu'un seau d'eau glacée lui était tombé sur la tête, éclaircissant son cerveau passage. Bien sûr que Fudge ne les croyait pas. Les préjugés étaient ancrés en lui comme une seconde nature. Il croyait tout les articles signés Skeeter et mangeait dans la main des sang-purs.
Fudge n'avait pas vu Croupton Jr, et pensait que son père avait été tué par son elfe de maison. Il n'y avait aucune raison pour qu'il croit au retour de Voldemort de cette manière.
« Voldemort est revenu, » repris Dumbledore. « Si vous acceptez ce fait tel qu'il est et si vous prenez les mesures nécessaires, nous avons encore une chance de sauver la situation. La première décision, la plus importante, devrait être de retirer aux Détraqueurs le contrôle de la prison d'Azkaban… »
« Ridicule ! » répéta Fudge. « Enlever les Détraqueurs ! Je serais démis de mes fonctions si je faisais une telle proposition ! La plupart d'entre nous n'arrivons à bien dormir que parce que nous savons que les Détraqueurs montent la garde à Azkaban ! »
« Et nous, Cornelius, nous dormons beaucoup moins bien en sachant que vous avez confié la surveillance des plus dangereux partisans de Lord Voldemort à des créatures qui se rangeront à ses côtés dès qu'il le leur demandera ! » répliqua Dumbledore.
Fudge plissa les yeux, et lança un regard suspicieux à Black.
« C'est ce… cet homme qui vous a soufflé toutes ces belles idées à l'oreille, n'est-ce-pas ? Vous devriez faire davantage attention aux alliés que vous vous choisissez, Dumbledore. Ils pourraient ne pas être des alliés du tout ! »
Il croit sérieusement que Black veut faire évader ses camarades Mangemorts en manipulant Albus ? Est-ce de cela que nous avons l'air, à ces yeux ?
« La deuxième mesure que vous devriez prendre, et tout de suite, ce serait d'envoyer des émissaires aux géants. » poursuivit Dumbledore.
« Des émissaires aux géants ? » s'écria Fudge. « Qu'est-ce que c'est que cette folie ? »
« J'ai bien peur que cela ne serve à rien, Albus. » intervint Severus. « Vous devez bien vous en rendre compte… Il refuse d'écouter, et ne le fera pas tant qu'il n'aura pas vu le Seigneur des Ténèbres de ses propres yeux. »
« Ce qui ne risque pas d'arriver ! » s'exclama Fudge. « Je ne sais pas à quoi vous jouez, vous et vos collègues, Dumbledore, mais j'en ai assez entendu. Je n'ai rien d'autre à ajouter. Je vous recontacterai demain pour parler un peu de la façon dont cette école doit être dirigée. Pour l'instant, je dois retourner au ministère. »
« N'oubliez pas de donner son prix à Harry. » dit Lupin, du ton le plus froid que Severus lui avait jamais entendu.
Fudge tressaillit, haussa les épaules et sortit en claquant la porte derrière lui. Dès qu'il eut disparu, Dumbledore se tourna vers eux, l'air de ne pas savoir quoi faire d'eux.
« Je vais passer outre le fait que vous vous êtes réunis dans mon dos – j'aimerai d'ailleurs comment cela a été possible – et je vais aller à l'essentiel. Nous avons du travail. J'ose espérer que vous serez à présent de mon côté ? »
« Avec quelques conditions. » précisa seulement Black.
« Il nous faut contacter tous les anciens. Je m'occuperai des Weasley en visitant Harry… J'imagine, Sirius, que je peux compter sur vous pour retrouver Nashira ? » s'enquit Dumbledore. « Tout comme Arabella Figg et Mondingus Fletcher… »
« Vous imaginez bien. » grommela Black.
« Severus… Je ne peux donc plus vous demander d'espionner Voldemort… Mais peut-être connaissez-vous quelqu'un qui pourrait vous remplacer ? En attendant, j'aurai besoin de votre aide pour la stratégie et la logistique, maintenant que je n'ai plus à craindre une fuite d'informations de votre part. »
« J'y réfléchirai. » répondit-il.
« Quant à vous, Remus… Il me semble que Severus vous en a déjà fait la suggestion, mais j'aurai besoin que vous tentiez de convaincre des loups-garous, si ce n'est de nous rejoindre, au moins de ne pas s'allier à Voldemort. »
« Je le ferais, mais comme je l'ai dit à Severus, je ne peux rien vous promettre. »
« Merci. Je vous souhaite bonne chance. » dit Dumbledore. « Il faut que j'aille voir les Forester avant qu'ils ne partent. »
Il les salua et quitta à son tour le bureau. Severus avait l'impression que la conversation l'avait lessivé, et pourtant il lui restait tant de choses à faire… La guerre arrive, et avec elle, c'est mon temps libre qui s'enfuit…
« Severus ? Comment est-ce qu'on va faire pour la Forge ? » demanda Lupin.
Pour être honnête, il n'y avait plus repensé depuis un moment.
« J'essayerai d'y passer régulièrement. » proposa-t-il.
« J'ai une meilleure idée ! » s'exclama Black. « Que diriez-vous d'emménager là-bas ? »
« Je dirai que cette une idée complètement – » commença Severus.
« Excellente idée ! » le coupa Lupin. « Nous pourrons avoir nos propres quartiers, loin de la surveillance de Dumbledore ! »
« Tu parles de lui comme s'il était notre ennemi au même titre que Tu-Sais-Qui… » marmonna Severus.
« Lui et moi avons une vision très différente de la façon dont une guerre doit se dérouler. » expliqua-t-il.
« Je ne peux pas oublier qu'il n'a jamais vérifier qu'Harry était bien traité dans sa famille. » renchérit Black.
« Des raisons valables, mais que nous ne devrions peut-être pas énoncer dans son bureau… » fit remarquer Severus.
« Qu'est-ce que tu en dis, alors ? Tu emménages avec nous ? » insista Lupin.
Il ne serait jamais laissé tranquille, n'est-ce-pas ?
« J'ai l'impression que oui. » soupira-t-il. « Je crois que je ne pourrai pas rester seul, de toute façon. Et puis… je dois vous empêcher de faire des bêtises. »
« Depuis le temps que je voulais des colocs ! » se réjouit Black.
Severus ne l'avouerait pour rien au monde, mais il était vraiment soulagé de la proposition de son ancien ennemi. Il ne pensait pas qu'il aurait survécu à la culpabilité sans le soutien de Lupin et les distractions de Black.
E
Recroquevillée sur un fauteuil dans son salon, Ellana se demandait si elle devait briser le silence la première.
Sa mère était assise sur un canapé, la tête baissée sur ses mains, qu'elle serrait à s'en blanchir les articulations. Un elfe avait posé une couverture sur ses épaules, voyant qu'elle tremblait, sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle n'avait toujours pas dit un mot depuis qu'Harry était revenu du cimetière.
Son père se tenait debout, devant la cheminée, et regardait danser les flammes dans l'âtre, agitant de temps en temps sa baguette pour raviver le feu. Il n'avait pas ouvert la bouche depuis leur entrevue avec Harry.
Aucun d'eux n'avait bougé depuis qu'ils étaient rentrés, plusieurs heures auparavant.
Ils le devaient bien pourtant. Vers quatre heures du matin, une sonnerie familière se fit entendre dans l'entrée, les faisant tous sursauter – ce qui, pour des sang-purs habitués à ne pas montrer leurs émotions, était un exploit.
Ils avaient un visiteur.
« Toby ! » appela Cassiel, et son elfe de maison apparut dans un « crac » sonore. « Va ouvrir, amène le visiteur jusqu'ici. »
Il avait visiblement autant envie de bouger qu'Ellana. Toby hésita un fragment de seconde avant d'obéir, sans doute parce qu'ils se trouvaient dans le salon privé, réservé à la famille Forester les invités n'étaient pas censés y entrer.
Un regard appuyé du chef de famille, et l'elfe disparut sans plus attendre. Il revint accompagné de Lucius Malfoy, dont le teint cireux, les cernes et les cheveux sales indiquaient qu'il n'avait pas passé une bonne nuit jusque-là.
« Bonsoir Cassiel… Abigaïl… Ellana. » commença-t-il, en leur faisant un signe de tête respectueux à chacun. « Toutes mes condoléances. Melian était un jeune sorcier remarquable, promut à un avenir brillant. Il manquera énormément à notre Société. »
Tout ce qu'il fallut à Ellana pour sentir une larme couler le long de sa joue fut le nom de Melian, et bientôt, elle fondait en larmes devant ses parents et Mr Malfoy.
Sa mère sembla se rappeler à se moment-là qu'elle avait une fille, et la regarda avec un mélange d'effroi et de détresse. N'y tenant plus, Ellana se leva, vint s'assoir à côté d'elle, et la laissa la prendre dans ses bras. Elle sentait que sa mère en avait autant besoin qu'elle.
Mal à l'aise, Mr Malfoy dépassa le seuil du salon, et Ellana remarqua à ce moment qu'il tenait quelque chose dans les mains – une boîte rectangulaire en ébène, ornementée de gravures de cyprès.
Son père dut le voir également, car il quitta enfin son poste devant la cheminée, pour venir s'assoir sur le plus grand fauteuil, à droite de leur canapé. Il fit ensuite signe à Malfoy de s'assoir en face de lui, avec une espèce d'arrogance qui semblait déplacée dans ce contexte.
« Je suis venu vous remettre ceci. » annonça finalement Malfoy, en tendant la boîte à Abigaïl.
La boîte contenait, sans grande surprise, une baguette qu'Ellana aurait préféré ne pas revoir. Elle aurait reconnu ce boit de houx n'importe où. La baguette de Melian.
Il était coutume, lorsqu'un enfant mourait avant ses parents et après avoir commencé son apprentissage de la magie, que sa baguette soit remise à sa mère dans une boîte d'ébène.
Ellana dut se retenir de la jeter dans la cheminée, tant elle abhorrait ce souvenir qui venait déjà la hanter.
Elle aurait voulu que Mr Malfoy s'en aille, que Toby lui fasse un transplanage d'escorte jusqu'à sa chambre, et qu'on la laisse tranquille jusqu'à la fin de ce cauchemar.
« Merci. » dit-elle néanmoins à Malfoy, qui hocha gentiment la tête.
« Je dirai à Draco de passer te voir régulièrement cet été. »
Comment était-ce possible, se demanda Ellana, que cet homme ait une telle double personnalité ? Il venait de passer des heures sous le sortilège d'Endoloris, après avoir rampé aux pieds d'un sorcier dont le sang n'était même pas pur, et voilà qu'il réconfortait une jeune fille de la perte de son grand frère.
Son mauvais côté ne tarda cependant pas à reprendre le dessus. Il se détourna d'elle pour se concentrer sur Cassiel, qui avait observé l'échange, les poings serrés, comme s'il se retenait, tout comme elle, de faire disparaître la baguette de sa vue.
« Qu'est-ce que tu veux, Lucius ? » demanda-t-il. « Narcissa aurait pu nous amener la baguette. Tu n'avais pas besoin de faire le déplacement dans un tel état. »
Malfoy tressaillit légèrement à la critique à demi-cachée, mais ne nia pas l'insinuation.
« Je suis ici pour vous transmettre un message. Le Maître… » Il dut avaler sa salive et prendre une grande inspiration avant de continuer, l'air sincèrement désolé. « Le Maître attend vos remerciements pour avoir éliminer la mauvaise herbe de votre famille. »
Ellana sentit sa mère se figer à ses côtés, et elle insulta mentalement Malfoy et son « Maître » pour être de pareils sadiques – elle ne croyait pas une seconde à sa prétendue compassion.
« Si, par malheur, vous étiez offensés de son acte généreux, Il n'hésiterait pas à obtenir vos remerciements par la force. » poursuivit Malfoy, comme s'il ne venait pas de déshonorer Melian quelques heures seulement après sa disparition.
À ce point, Ellana se retenait physiquement de sauter sur Malfoy, ne serait-ce que pour le faire taire. Chacun de ses mots semblait être fait pour retourner le couteau dans la plaie.
« Il a également ajouté que, si toi et ta fille êtes aussi bien entraînés et résistants que ton fils, il serait ravi de recevoir vos remerciements sous forme… d'un serment de loyauté. » termina-t-il, ses yeux plantés dans ceux de Cassiel.
« Je vois. » fit ce dernier. « Je ne manquerai de le remercier dans les plus brefs délais. »
Incapable d'en écouter plus, Ellana se leva brusquement, s'inclina devant les trois adultes, et s'enfuit dans sa chambre.
Comment peut-il toujours vouloir s'associer au Seigneur des Ténèbres après ce qu'il a fait ?
Allait-il l'obliger à prêter allégeance au monstre responsable de la mort de son frère ?
Qu'il essaye… Je jure sur ma magie de ne jamais ramper aux pieds de ce monstre !
Déterminée à suivre sa promesse, Ellana claqua la porte de sa chambre et se laissa tomber sur son lit, baguette à la main, comme si son subconscient s'attendait à ce que son père la kidnappe dans la nuit pour l'amener devant le Seigneur des Ténèbres.
Elle ne pouvait pas se laisser abattre. Ce n'était pas ce que Melian aurait voulu.
Cet état d'esprit dura près de deux jours, pendant lesquels elle évita son père comme la peste, tout en supportant les crises d'angoisse de sa mère, et prétendit qu'elle allait bien car tel aurait été le souhait de son frère.
Et puis le troisième jour, des hiboux de Poudlard lui apportèrent sa valise proprement rangée. Elle aurait dû quitter Poudlard la semaine suivante, les elfes s'étaient donc probablement occupés de ranger ses affaires.
Ellana commença à déballer sa valise, lorsqu'elle tomba sur son carnet de notes, dans laquelle elle griffonnait de temps en temps des idées pour son livre sur Harry. Juste à côté se trouvait sa première ébauche complète de la première année, et le manuscrit en cours de la deuxième année.
Juste comme cela, une pensée lui traversa l'esprit.
Quand j'arriverai à la quatrième année d'Harry… je vais devoir parler de Mel. Je vais devoir écrire… je vais devoir raconter…
Ellana resta figée, le carnet de notes entre les mains. Et puis, sans réfléchir, elle le lança en direction de la fenêtre. Son désespoir devait avoir affecté sa magie, car le carreau se brisa et le carnet vola au travers.
Elle se tourna ensuite vers ses deux autres livres, et les balança les deux par la fenêtre.
Je ne peux pas…
« Désolé, Mel. » murmura-t-elle. « J'abandonne. Je refuse d'écrire. »
F
Je ne sais pas à quel point vous aimiez Melian, donc je ne sais pas à quel point sa mort aura été triste XD (perso je l'aimais bien, sniff) Si vous voulez tout savoir, il devait mourir depuis le début. Je l'ai créé pour ça, en fait. Je sais, je suis sadique XD
J'espère que vous reviendrez pour la suite ! *rire nerveux*
A bientôt !
