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Disclaimer : Basée sur FF7 de Square Enix
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Chapitre 47
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J'ai déjà eu une maman...
Ouais ça fait complètement con de le dire, mais faut comprendre, j'en ai plus et depuis belle lurette !
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Et si ma vraie maman m'a beaucoup, mais alors, vraiment beaucoup consolé dans mon jeune âge... Et bah Érine est ma nouvelle maman !
Et en plus de me consoler en alternant savamment compassion et coup d'pieds au cul, cette foutue vieille sorcière m'a surtout offert une... solution...
Elle m'a dit des choses, elle m'a fait des choses...
Et voilà, il est pas loin minuit, et dans quelques secondes, Tifa va m'ouvrir la porte de l'immeuble.
Bien sûr je l'ai prévenue, et je ne pense pas avoir été si pitoyable que ça, à lui demander de passer, même si elle s'est quand même laisser convaincre très facilement...
Bon, j'ai dû être pitoyable, obligé !
C'est à cause de cette mamie totalement dérangée ! Elle m'a fait appelé de force, ça faisait pas 5 minutes que j'avais arrêté de larmoyer, et c'est à coup de taloches aussi discrètes que bien envoyées, à m'en faire couiner à chaque fois s'il vous plaît, qu'elle m'a fait réciter un petit texte à ma Tifa pour la convaincre que c'est pas juste de la gaminerie, ma demande.
Après même pas 20 secondes de conversation... j'ai eu le feu vert...
... J'en rappelle pas clairement mais ça a donné à peu près ça...
« Tifa, il faut absolument que je te vois, ce soir, il est tard je sais, mais ça ne sera pas long, c'est important et il n'y a que toi pour ça. »
« ... 'Ça' quoi ? »
« Écouter... entendre... »
« Pas au téléphone ? »
« Non, s'il te plaît. »
« Pourquoi ce soir ? »
« Pour terminer de régler le problème. »
« Quel problème ? »
« Ce qui n'allait pas en moi. »
« Tu veux dire... d'une manière générale ? »
« Pas au téléphone »
« D'accord. Je t'attends. »
Peut-être plus de 20 secondes avec les 'aïe' et les 'ouille' que j'ai pas compté... En fait, ce sont eux, les 'aïe' et les 'ouilles' qui ont fait tout le travail... En fait Érine est brillantissime, c'est pas croyable ! Ah... si Zagan pouvait être pareil... Bref !
Et donc me voilà ici, au pied du bâtiment où j'ai loué l'appart... Le buzz de la porte d'entrée me fait sursauter... Bon...
... Aller ! Putain, merde Strife, aller ! Ouvres !
Je tire la lourde porte en bois, comme quelqu'un la pousse... Tifa... Mes yeux picotent, je serre les dents...
Tifa ! Te passes pas de moi ! Te passes pas de moi !
« Cloud ? Ça va ? » elle plisse les yeux à ma sale tronche, emmitouflée dans une grosse couverture.
« Normalement... ça devrait... » je respire un grand coup « Mais toi... ? » je pointe la couverture et vois ses jambes sous un épais pyjama « Tu es malade ? »
« ... Moi... ? » elle s'écarte pour me laisser entrer dans le hall, j'avance « ... Malade, non... c'est... » elle hésite « Y a... pas de chauffage... »
« Quoi… ? » pas de... chauffage ! « Merde ! » je couine pitoyablement « Je vais voir ça tout de suite ! »
« Cloud, c'est minuit ! » elle me retient en bondissant entre la sortie et moi « Et tu n'es pas là pour ça, non? »
« Pourquoi tu m'as rien dit ? » je couine...
« Parce que c'est minuit ! » elle me jappe dessus.
« Et alors, Justement ! Moi, ça m'empêche pas t'emmerder même à c't'heure-ci ! » je couine et boude.
« J'ai dit ça, que tu m'emmerdais ? » elle papillonne sincère...
« ... T-tu... t'as... » non, elle l'a pas dit, oui, elle a plutôt été... gentille... « T'as besoin de le dire ?! » je siffle méprisant complément pris au dépourvu.
« Continues comme ça et, oh oui, je vais te le dire et te le montrer ! » elle gronde et me menace du doigt...
Je m'avachis… euh, sur moi-même... Rah... j'suis mauvais même quand on est 'bon' avec moi...
« Aller viens, il fait meilleur là-haut... » elle bougonne et fait volte face.
Je la suis dans les escaliers...
Faire pitié a parfois du bon... C'est pas très bon pour l'orgueil, mais super efficace pour attirer la sympathie de n'importe qui et surtout éveiller l'instinct maternelle de n'importe quelle fille... Je sais bien faire en plus... C'est juste... nouveau que ça marche avec Tifa...
5 étages, c'est long, mais la température se réchauffe à mesure des paliers. On arrive enfin au dernier, où il n'y a que le studio. Le reste c'est les locaux techniques.
« Tu vois ? » elle me sourit un peu essoufflée « Au moins, prendre si haut à cause du prix, c'est pas une arnaque ! » elle déverrouille sa porte.
« C'est si pourri que ça ? » me revoilà reparti à couiner... les efforts qu'elle fait me perce le cœur...
« Mais non ! » ça la gonfle, elle tape du pied « C'est très bien pour ce que j'y fais ! » faire pitié, avec Tifa, c'est plutôt un mauvais plan je crois...
« J'aurais dû vérifier... » je couine... faut que je me reprenne... « Viens chez moi, on échange ! »
« Mais non, j'te dis ! » elle ouvre et s'engouffre dans l'unique pièce « T'as l'air aussi con qu'habitude, à ce que j'entends ! » puis elle se retourne vers moi, mauvaise « T'as l'air d'aller vachement bien, en fait ! » ... ouais, que je me reprenne, faire pitié là, très mauvais plan... « C'était du flan, hein, c'est ça, ton coup de fil ?! »
« ... Du flan... ? » mes yeux re-picotent « Non... » ... Si tu m'avais vu chez Érine... quoique, à la réflexion... « En fait, si, y'en avait. »
« Pardon... ? » elle crisse des dents, la couverture glisse de ses épaules...
Pour foutre des patates dans les sales tronches, c'est mieux d'avoir les bras libres. ça marche avec tout le monde, moi y compris.
« Moi. J'étais un flan, oui... tout mou, tout par terre, parce que, tout bousillé à l'intérieur... » et je couine, encore et toujours... le truc c'est que 80% du temps, faire pitié, j'fais pas exprès...
« Tu cherches à faire pire que m'emmerder, c'est ça ? » ses yeux se plissent d'une colère douloureuse.
« Non, non... » je me frotte le visage... « Ça va être très court, rassures-toi... » Aller ! Faut qu'j'arrête !
« Ah mais, planter un couteau dans le cœur, c'est très rapide ! »
Mes bras tombent de mes yeux que je frottais... Merde, putain, faut vraiment qu'j'arrête ! Et maintenant !
Sa colère fond à la consternation sur mon visage à mon propre sujet...
Elle sait que je fais pas exprès... Elle sait que je le subis autant que je le leur fait subir...
« Y a l'eau par contre, tu veux quelque chose parce que moi j'ai besoin d'un remontant ! » elle me tire à l'intérieur, ferme la porte à en faire trembler les murs et file vers la kitchenette.
Le remontant non alcoolisé de Tifa, c'est le cappuccino...
Il fallait que ce refuge soit opérationnel en cas d'urgence, avec Aérith, j'ai fait la liste de l'essentiel à y avoir, nourriture, produits d'hygiènes, linge et vêtements compris.
C'est notre bon et grand seigneur Vincent qui a fait l'achat et la livraison. Il avait tout intérêt à ce qu'on puisse y squatter aussi vite que possible.
Et Monseigneur non plus n'a pas vérifié le chauffage ! Parfait ! J'vais lui souffler dans les oreilles à ce'ui-là !
Je fais le tour du l'appart, pendant que Tifa fait chauffer son eau. Sait-on jamais, nous pauvres hommes, on a pu passer à côté d'un autre détail important...
Tifa a raison, ça va... Il est juste minuscule, un velux pour seule ouverture, on dirait une capsule, mais c'est propre et sain de ce que j'en vois...
Heureusement la salle de bain n'a pas de véritable cloison mais une vitre de cabine, c'est déjà ça... dans certain y a même pas un rideau...
Personne n'a prit le temps de le visiter, pas même la très avisée femme du trio. À tous les coups, Aérith a dû estimer qu'on serait pas assez con pour passer à côté d'une visite... Je redouble d'attention dans mon inspection !
Non, Tifa a vraiment raison et elle a eu le temps de bien regarder de partout. Cela dit, elle peut très bien ne pas tout me dire...
Nan, franchement ça va, c'est potable... Les toilettes et la douche sont en état et propres...
Il fait frais, mais ça va aussi... j'approche du chauffage qui est en fait un truc au gaz, c'est pour ça qu'il ne marche pas. J'aurais dû vérifier, quel con !
« Tu t'en occuperas demain ! » elle grognasse dans mon dos.
« Tifa... » je soupire « Si moi, j'peux, t'emmerder à une heure pareille... s'il te plait, emmerdes-moi aussi... » c'est bien, ça change du couinage !
« Non ! Moi, je suis sensée me passer de toi ! » ... Ah... ? elle ricane mauvaise « Je t'aurais prévenu demain matin, c'est tout. »
« Alors... ? » je me retourne sur elle... « Alors moi, je... ? » ... moi... j'peux... ? ... « Je peux, moi ? Ne pas me passer de toi ? »
Sa mâchoire tombe d'un coup. Elle se reprend très vite avec une vilaine étincelle dans les yeux.
« Bah ça ! » elle ricane en encore plus mauvaise et me fusille des yeux en encore plus mauvais « Ce serait bien que t'y arrives aussi ! »
Elle pouffe et grognasse en faisant couler son eau fumante.
« Bah ça... » je secoue la tête « Ça va pas être possible... »
« Cloud ! Arrêtes un peu ton drama ! » elle touille sa poudre de cappuccino comme une possédée « Reste que 21 jours ! »
« Si tu veux qu'il en reste 21... faut absolument que ça reste impossible. » je grimace, mais que la cuillère crisse au fond de la tasse.
« Bah voyons ! » cette fois l'innocente cuillère, au lieu de se faire égoutter, se fait fracasser sur le rebord.
« Sinon... te reste demain, pas plus... » je pousse un long soupire
« Hein !? » elle me fait face « Qu'est-ce que tu racontes ? Et puis qu'est-ce que ça à avoir avec-... »
« Je t'emmerde pas non plus pour rien ! » je la coupe entre bouderie et couinement.
« Y parait ! » elle glousse « Demain pas plus, c'est ça ? »
« C'est du sérieux. »
« Si c'est vrai, oui c'est du sérieux. » elle hausse les épaules « T'as pas un côté hyper défaitiste, toi ? »
Sur cette petite phrase qui revient à m'assassiner, elle s'installe sur le clic-clac en positon canapé. La capsule n'est pas assez large pour un lit même une place, et pas assez haute de plafond pour une mezzanine.
« Aller ! Fais vite ! » elle pose brutale, son remontant trop chaud sur l'unique et micro table de la pièce « De un, parce que c'est que tu m'as vendu ! De deux, parce qu'à cause de sa taille, un cœur ne peut se faire transpercer que par un nombre limité de couteau ! » elle me sourit comme si elle venait de m'exposer contre un mur « Je parle du tien évidemment. »
« Pft... ! » j'm'en fous de c'qu'elle vient d'me balancer.
Elle me regarde glousser avec une envie de réellement m'exploser contre un mur, puis elle papillonne au doux sourire que je lui fais.
Ah, Tifa, ma Tifa...
« Cloud... ? Tu vas... bien... ? »
... T'as pas idée de la taille de mon cœur ! Il est très gros parce qu'il t'aime comme un fou !
« Normalement, ça devrait... » je respire un grand coup... Pas plus que t'as idée du nombre de lames qui l'embrochent déjà !
« Bon... » elle me scrute, méfiante « Donc, tu as quelque chose à me dire. » elle s'adoucit, mais je la sens sur ses gardes.
« Je peux ? » je lui indique la place à côté d'elle « C'est court à dire, mais... moins court à venir... » faut que j'en profite...
« Hein ? » elle papillonne « Bon, viens ! » agacée, elle se décale pour qu'on soit le moins proche possible.
Elle est très sur ses gardes ! Je m'en fous de ça aussi, oui ! C'était un peu abusé de ma part.
Je m'assois à distance respectable et respire un bon coup... Ok, Strife ! Faut que j'enchaîne sinon, Tifa ne me prendra pas au sérieux... Aller !
« Érine m'a soigné... » Bravo ! Je rentre dans le vif du sujet, direct !
« Hein... ? Soigné ? » Tifa me regarde, surprise « Soigné quoi ? »
« Mon... blocage. » je hoche la tête.
« De quoi tu parles exactement ? »
« De mon blocage, tu sais, celui que... euh... mon... blocage... qui me... bloque quoi... » Merde... j'ai beau ne pas tourner autour du pot, elle ne risque pas de comprendre...
Elle hoche la tête à ma tentative, en faisant la moue.
« Du blocage qui me bloque. » du coup j'essaie encore...
Là, elle me scrute tristounette, mais reste une ombre d'espoir dans son regard.
« Celui qui... me bloque là, pour maintenant, quoi... »
Cette fois, elle lève les yeux au ciel, moi je me prends la tête dans les mains... il faut que je sois plus clair, pas que je fasse de plus en plus nul...
« Hum hum, je vois... »
Je lui jette un œil, elle hoche toujours la tête et ose un sourire d'excuse, le genre de sourire coupable juste avant qu'on en fasse une pas bien jolie...
« Si tu peux pas mieux, oui c'était court à dire. » elle conclu en me souriant d'un grand sourire.
« Pft... ! » je lui souris à mon tour... c'est qu'elle m'a laissé la plus jolie des ouvertures... « C'est court, vraiment, seulement t'en parler... c'est... dur... »
Je respire à fond un bon coup, pose mes mains sur mes genoux, gigote un peu sur le cliclac... Ok, aller Strife, tu peux !
« Si tu dois m'en parler c'est que c'est important, très important... » elle fait mine de poser une main sur la mienne mais se retient au dernier moment.
C'est dommage, ça, ça aurait été une encore plus jolie ouverture !
« J'ai aussi dit que ça, là... » je lève un doigt et touche la paume de sa main toujours en suspend... « Il fallait que ça reste impossible... » ... elle sursaute, puis me dévisage... « Ça, oui. »
Ça. Qu'elle ait le droit de me toucher mais qu'elle ne le fasse pas, parce qu'elle veut se me passer de moi...
Elle papillonne intensément...
Oui, Tifa, ça, que tu te passes de moi... ça doit rester impossible sinon il ne te reste pas un seul jour, pas un...
« C'est pas 21 jour sinon, non, c'est pas un seul qu'il-... »
« Alors vas-y ! » elle aplatit mon doigt d'un coup sec « Je t'écoute ! » après une petite tape, elle retire sa main « Juste, fais mieux, qu'on y passe pas la nuit !» sa voix tremble derrière son ton hautain et agacé...
« Hum... » j'hésite... elle est fébrile d'un coup, ça m'aide pas...
Elle touille sa boisson encore trop chaude une bonne minute dans le silence.
« Ça a vraiment un rapport avec mon affaire, ton affaire ? » elle marmonne tout bas « J'vois pas quel blocage... Pour l'instant, t'as assuré... »
« Parait ouais, j'en entendu ça de la bouche de ton grand maître ! Et dire que c'est lui qui me-... » je stoppe, mauvais.
« Zagan... ? » Tifa me dévisage un long moment « Cloud... Tu sais que je peux tout entendre de toi. » elle croit sûrement que j'ose pas balancer sur son Maitre.
« Non, pas tout... » ... si tu pouvais tout entendre... je lui lance un vilain regard en coin... On en serait pas là...
« Si. » elle me sourit gentiment « Tout. »
« Non ! » je détourne les yeux ... arrêtes de sourire ! Arrêtes avec tes gentilles et jolies ouvertures ! « Sinon, on en serait pas là ! » Sinon on en serait à s'aimer !
« Là ? » elle demande gentiment...
« ... Oui, là ! À ce soir ! À mon blocage ! » Arrêtes, j'ai dit !
« Ah... ? » elle glousse et souffle sur sa tasse fumante « Moi, là, ce soir, ce que je vois surtout, c'est pas quelqu'un incapable d'entendre, mais quelqu'un incapable de parler... »
« Tss... » je boude très sec ! ... arrêtes ! Sinon j'vais te le dire ! Sinon tu vas l'entendre ! « Sûr ! Ouep ! Exact ! » je grince des dents « Moi, j'vois rien d'plus normal, puisque c'est jamais les mots le problème ! C'est leur conséquence ! »
« Sûr ! Ouep ! Exact ! » elle répète ça en ricanant, la punaise ! « C'est pour ça que JE peux tout entendre ! Après évidemment, J'EN fais ce que J'EN veux, c'est tout ! » elle ricane encore penchée tout près de son cappuccino « C'est un problème ça aussi, non ? »
« Parfait ! J'y vais alors ! » elle me gonfle ! « De toute façon, que tu sois d'accord ou pas avec moi ensuite, ce que j'ai à dire, tu dois l'entendre ! »
« Parfait. Vas-y alors ! » elle se tourne légèrement vers moi.
Je hoche la tête... Pourquoi j'ai si peur de parler ?... Parce que au fond de moi, si les mots paraissent complètement anodins... Je sens que... qu'ils sont lourds, lourds de sens...
Et puis, si Érine elle-même m'a dit de m'attendre à tout comme réaction de la part de Tifa, elle m'a affirmé et rabâché que c'est censé me sauver la peau ! Et la sienne aussi apparemment ! Go !
« Je suis utilisable ! » je balance tout et hop je chope son regard !
On se regarde dans les yeux un long moment, moi, je suis plutôt dans l'attente et j'avoue, j'appréhende un peu, Tifa, elle... ses yeux bougent sans cessent...
C'est mauvais signe, ça, avec elle...
« Tif-... »
Elle bondit avec une force et une vitesse de... folie... du coup je clignote à la place vide devant mes yeux.
C'était bien du lourd, ça, 'Je suis utilisable'...
Elle a sauté vers la droite, je le sais... dès que mes yeux la trouvent, elle bondit à nouveau... et euh, non... elle se télé-transporte...
Rah merde ! J'en étais sûr ! C'est du très lourd !
Ça me rappelle une autre scène, dans un autre lieu... une fuite... là, elle fait encore plus fort, elle fuse dans toute la pièce, dès que mon regard se pose sur elle, jusqu'à ce qu'elle disparaisse derrière la vitre teintée de la cabine de douche, dans un grand boum...
Ouais, ça me rappelle bien un truc parce qu'il y avait aussi une salle de bain dans cette autre scène... Sans trop savoir pourquoi, mes yeux picotent... et pas parce qu'elle m'a fait un remake de Flash, mais, ma gorge se noue...
Enfin si, je sais... je fixe mes mains et je sais, oui... mes mains sont vides, voilà...
Cette autre fois, c'était moi dans la salle de bain... et si on était à cette autre fois, je devrai avoir les mains... pleines... pleines de Tifa... Mais là, elles sont vides...
Alors... elle compte réellement se passer de moi... ?
« Érine ?! » elle ouvre la porte vitrée d'un coup « Elle t'a-... » et ... BANG !... Elle la referme comme une brute, puisque à sa question je l'ai... regardée... « ÉRINE T'A FAIT QUOI ?! » elle hurle de derrière la porte.
« ELLE M'A DÉBLOQUÉ ! » je crie pour qu'elle entende... Pas sûr que ce soit bien la peine, mais bon...
« DÉBLOQUÉ QUOI ?! »
« CE QUE ZAGAN AVAIT BLOQUÉ ! »
« DE QUOI ?! » la porte en prend un coup.
« IL M'AVAIT RENDU INUTILISABLE ! ELLE A CORRIGÉ ÇA ! » ... tout l'immeuble doit nous entendre...
« MAIS ELLE EST COMPLÈTEMENT DIGUE ! » ... peut-être même celui d'à côté à sa gueulante encore plus hystérique...
« ZAGAN ET ELLE NE SONT PAS D'ACCORD ! » ... moi, j'suis plutôt calme, mais j'gueule quand-même... Hum, tout le quartier nous entend...
« C'EST ÇA ! ELLE EST COMPLÈTEMENT DIGUE ! » la vitre encaisse 4 gros coups...
Merde... faudrait pas qu'elle l'abîme de trop, on est en location ici, c'est pas comme au bar...
Elle ouvre la porte à grand vent, d'un coup, je sursaute sur le divan et dévie mon regard. Elle marmonne, gronde, genre incantation sataniques si grinçantes qu'elle doit juste appelé Santa en personne pour juste éclater la planète entière.
J'entends d'autres bruits suspects, mais je moufte pas et garde profil bas. Elle approche comme une furie pour saisir son téléphone, je serre le cul...
Les yeux à terre, je ne vois que ces jambes, mon regard monte à la question de savoir pourquoi, en plus d'avoir abandonné la couverture, elle s'est changée... Sa main, qu'elle plaque sur ma tête, me fait baisser les yeux sur ses jambes nues...
Bon... ok... Elle me touche, c'est... un immense soulagement... Elle pianote sur son téléphone. Ma vieille patronne avait raison alors, avec ce qu'elle m'a fait, Tifa n'aura pas à se passer de moi... YES !
« Vous n'êtes qu'une vieille folle ! » elle crie d'un coup.
J'ai le réflexe de vouloir lever les yeux, elle me plie le cou à la limite de me le briser, mais j'ai pu la voir re-pianoter comme une possédée...
« Maître ? » je la sens s'incliner bas... même au téléphone elle salue son maître... « Par pitié, rappelez-moi... »
Sa main tenant le portable pendouille devant mes yeux, elle tapote nerveusement mon crâne inlassablement.
Ah merde... en fait, elle s'est rhabillée pour me ramener à Zagan pour que ce connard me re-bloque... Non, pitié ! Tifa, te passes pas d'moi !
Rien à foutre les cocos ! Je file direct chez Érine après Zagan ! Na !
J'ouvre la bouche mais c'est la sonnerie d'appel qui emplit la pièce.
« Pardon de vous déranger Maître... Oui, bien sûr... c'est au sujet de Cloud... » elle crispe ses doigts dans mes cheveux « S'il vous plaît, laissez-moi parler... » sa main se fait caresse... « Comme je vous le disais, Cloud... il... » et descend sur ma nuque « C'est ce que j'ai fait, comme convenu. Il avait accepté, malgré tout il... Oui, Maître, il est ici... » ses doigts se crispent à nouveau « Je sais, Maître ! Pourquoi croyez-vous que je vous appelle ?! » elle s'incline subitement puis se redresse « Il semblerait que Érine l'ait… débloqué... » ses doigts se glissent derrière mon oreille et y tapotent « C'est ce qu'il dit, Érine l'aurait... Bon... très bien... » après un silence sa main revient pendouiller, puis elle oriente le téléphone vers moi « Cloud, qu'est-ce que Érine t'a fait exactement ? » elle parle fort, certainement pour Zagan...
« Elle m'a mit son petit doigt dans l'oreille, ensuite elle a tiré comme une dingue sur mon lobe, et j'ai entendu un gros crack. » et si faut qu'elle recommence, elle recommencera !
« Ensuite ?! » la question de Zagan grésille de colère.
« Ensuite ? Rien. »
« Ensuite, Cloud Strife ! Ensuite ?! » il gronde si mauvais que j'en papillonne.
« ... Ensuite... ? » Ensuite ? Bah... rien, non... bah à part... « Ensuite, elle m'a ... pas mal tapoté derrière la tête... » ... J'dis tapoter, mais... « C'est tout... »
« Ne mens pas, Cloud Strife ! »
« Elle ne m'a rien fait d'autre ! » je lui rends ça colère.
« Tu dis ?! Alors pourquoi es-tu là, avec Tifa ?! » il gronde, grésille, mais surtout son ton m'insupporte... Voyons voir du con, hum... ? Parce que je peux pas me passer d'elle ?
« Érine m'a dit qu'elle ne faisait pas ça pour moi, mais pour Tifa ! Qu'il fallait que ce soit fait le plus vite possible ! » et que je peux pas me passer d'elle !
« Fait ?! Donc quoi, Cloud ?! »
« J'en sais rien ! Ce que Tifa fait habituellement avec moi ! J'en sais pas plus ! » et de toute manière, j'm'en cogne !
« Érine ne t'as rien dit d'autre ?! »
« Elle m'a dit que Shinra avait des doutes ! Qu'il ne fallait surtout pas leur donner le moindre indice, pas une miette de changement ! »
« Nous en avions discuté pourtant ! » Zagan peste au téléphone.
« Érine m'a dit que vous n'étiez pas d'accord. Elle m'a parlé de contre-poison aussi et-... »
« Du quoi ? » Tifa me coupe d'un sursaut « Maître... ? »
« Oui, en effet... » Zagan se détend d'un coup « Nous avions des doutes, Tifa. »
« Des doutes ?! » c'est à moi d'être en pétard « Tu es empoisonnée rien que dans le sarcophage. »
« Dans le... » elle tangue, heureusement pour elle, elle est toujours accrochée à mes cheveux...
« Doucement. Zack n'a rien confirmé à ce sujet... » Zagan toujours bien détendu, temporise.
« Ils foutent déjà de la Mako dans le brumisateur, alors n'espèrez pas autre chose quand ils proposent à boire avec leur tuyau ! » je ricane... c'est des enculés point barre ! « Qu'ils y rajoutent des bricolent, moi ça ne me choque pas... » DES ! ENCULÉS !
« Tu savais ? » Tifa souffle sa question, ses doigts lâchent tout...
« Tout le monde le sait. » je grogne méprisant que eux ne le sachent pas « Pourquoi vous croyez qu'ils se sont faits chier à fabriquer ces machins ?! » Des enculés ! Des vrais !
« Je vois... » Zagan en souffle tout bas aussi.
« Détendez-vous pas trop vite, parce que-... » je bloque à ce qui vient de faire pop dans mon esprit... « Attendez un peu là, vous... Zagan, vous parlez pas d'autre chose là, non ? Parce que Tifa n'a eu le sarcophage qu'une fois, non ? »
« On parle bien de Mako... » la voix du maître résonne entre sentence et aveu...
« Non ?! Pas qu'une fois ?! » je force pour relever la tête, Tifa force à mort de son côté « Combien ?! »
« Qu'est-ce que la Mako a avoir avec toi ? » Zagan ignore ma question.
« À condition qu'il n'y ait eu que de la Mako ! Bon, combien d'fois et moi j'veux bien vous expliquer ! »
« Ce n'est pas le moment des petites chamailleries puériles ! Allons pour de la Mako pour commencer !»
« Oh si ! On est parti pour ces petites chamailleries ! J'confirme ! »
« Cloud ! Tu n'as vraiment aucun sens des priorités ! » il me coupe d'un voix blanche.
« P'être bien ! Comment voulez-vous que je le sache ?! » je grince des dents, mauvais « J'pige rien de c'que vous trafiquez tous, puisque vous m'dites rien ! »
« Fais-nous confiance ! Il n'y a rien de plus simple ! » il grogne choqué de ma stupide idée de vouloir faire autrement.
« Confiance ?! C'est-à-dire ? Pour que Tifa soit bien tranquillement empoisonnée ? Pour qu'elle se transforme bien gentiment en joujou made in Shinra ou en truc inhumain made in-... »
« Nous prenons le maximum de précautions ! » il me coupe encore.
« Des précaution ?! Pft ! » je ricane un bon coup « C'est-à-dire ? En stoppant les doses d'antidote ?! »
... Je papillonne au lourd silence... personne ne moufte... Merde... J'ai visé dans le mille... Un peu trop peut-être... Non... Non, pas dans le mille, mais là je vais l'faire !
« Ah oui, non, pardon... Comme précaution, vous avez carrément endommagé la filière de production ! » ... Bon, là... c'est dans le mille, mais moi... ce silence... « Vu ces brillantes et magnifiques démonstrations, heureusement que moi, je me contente d'être trop parfait ! »
« Tifa ! » Zagan glapit très mauvais, d'un coup... Ouf, enfin... « Il faut le tester ! »
Tifa m'accroche soudain les cheveux et tire, moi je serre les dents.
« Tifa ?! » le maître zen crie au silence de son élève.
Tifa bondit sur place et reprend le téléphone à l'oreille.
« ... Maître ? » elle répond en déglutissant affreusement fort « ... Le tester, vous êtes bien certain ?... Excusez-moi, mais c'est aussi dingue que ce que Érine a-... » elle tire, lâche, reprend, tire, très nerveuse mes cheveux « Oui, Maître... je vois, mais, c'est... jusqu'où ?... » là, elle ne fait que tirer « Et comment voulez-vous que je fasse ?! » et hop elle s'énerve au téléphone « Évidemment ! Je refuse ! » et avec mes pauvres cheveux... « Comment ?! Mais ?! » elle joue au yoyo avec mon cou... ça va mal finir pour moi... « Et s'il ne passe pas le test ?! » elle serre la poignée qu'elle a entre les doigts encore plus fort que jusqu'à présent « Cloud et moi n'y sommes pour rien ! La situation vient de vous ! Et c'est à cause d'Érine que nous en sommes là ce soir ! »
Elle lâche d'un coup ma pauvre tête et arpente la micro pièce, en faisant un nombre incalculable de 'hm hm' au téléphone. Elle raccroche, je lève les yeux et tombe direct sur les siens, du doigt et d'un geste de la main, elle m'ordonne de baisser la tête.
« J'comprends pas pourquoi… » j'obéis en bougonnant « Maintenant que je te l'ai dit, j'peux plus te regar-… »
« C'est pour le test ! » elle me coupe hargneuse.
Je serre les dents... pas de soucis, j'vais coopérer au maximum... et je prie pour le passer haut la main leur test…
« Merde ! » Tifa tape du pied « Merde... » et tournicote sur elle-même en jurant « Merde ! Et merde ! Ça m'emmerde ! ... Érine, elle-... » Tifa tape encore du pied « Putain c'qu'elle m'emmerde ! » Tifa en crie et recompose « Érine, s'il vous plaît... » elle supplie dans un souffle, puis raccroche...
Elle a encore dû avoir le répondeur… Moi, j'ai une boule dans la gorge, plus vraiment certain d'être du bon côté de l'histoire...
Tifa s'approche de moi en traînant les pieds... elle pose son portable sur ma petite table pile en face de moi... On reste là, silencieux...
Après tout, cette dingue de mamie... a peut-être tord... peut-être qu'elle n'a rien fait d'autre que me faire plaisir... Et puis... est-ce qu'on est obligé de me tester ce soir ? Si Tifa le sent si mal...
Encore une fois, au moment d'ouvrir la bouche, le téléphone sonne et Tifa bondit dessus.
« Maître ? » elle s'incline puis me re-choppe les cheveux... merde, mais qu'est-ce qu'elle a avec ça ?... « Il veut le haut parleur... » j'entends le bip « C'est fait, Maître. »
« Parfait ! Eh bien, ce sera tant pis pour toi, Cloud ! » Zagan grésille de pure jubilation malsaine.
« Maître ! » Tifa est à deux doigts de m'arracher les cheveux « Pourquoi vous-... »
« Même si les chances sont aussi infimes que les chances que tu m'écoutes, je te souhaite de mal passer ce test, Cloud Strife ! » ce type a vraiment un problème avec ce que Tifa me fait...
« Maître ! » elle me plaque la tronche contre elle... Yes !... « Arrêtez, s'il vous plaît ! »
« Testes-le ! » sa voix vibre... non, il aime vraiment pas... « Et vas, jusqu'au bout ! »
« Oui, Maître. »
Elle raccroche et me redresse la tête comme une sauvage. Aïe !
Elle balance le portable par terre et ses deux mains sur mon visage, elle me... me...
J'vois plus rien ! J'entends plus rien ! J'peux plus bouger ! J'en étais sûr... ça va pile poils avec cette autre fois... Fais chier !
Et donc, je ne peux rien à part sentir ! Et je... je sens... Tifa me pousse brutale, contre le dossier. Elle place mes bras le long de mon corps. J'ai un long frisson... elle s'occupe de mes jambes, et... plus rien... ?
Si ! Je 'sens' son poids au-dessus de moi...
Elle dé-zippe mon gilet, ses doigts sur ma peau qui écartent le tissu affole mon cœur et le reste, elle appuie sur mon pauvre cœur au galop, quelque chose cogne mes cuisses et puis j'ai un haut le cœur, un vrai, mais un bon, un délice... une douceur pareille, une tiédeur comme ça... ça ne peut être qu'une peau...
Et c'est pas celle de ses mains, non, ses mains là, il y en a une dans mon cou et l'autre sur mon front, elles font mal...
Cette soirée me rappelle bien quelque chose... donc normalement je vais pas tarder à perdre connaissance, dès que ses doigts viendront-... Ah...
...
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