CHAPITRE 5.

Le lundi matin, après avoir déposé Henry au collège, Emma fit un détour à la bibliothèque communale. Elle avait envoyé un mail, samedi, pour annoncer sa visite et demander un accès aux archives.

Les temps étaient calmes, c'est pourquoi elle eut une réponse positive très rapidement.

Isabelle Heller, responsable en chef de la bibliothèque, la reçut aimablement. Elle la précédait dans les escaliers qui menaient au sous-sol :

– Je n'aime pas trop les ascenseurs. Vous comprenez ? Surtout celui-ci qui est une vieille cage métallique et mécanique.

– Pourquoi ne la changez-vous pas ?

– Nous n'avons pas les fonds. Nous avons vraiment très peu de visite et très peu de demandes. Avec l'ère du tout numérique, seules les écoles primaires viennent encore… et quelques nostalgiques lecteurs de livres brochés.

– Je suis désolée de l'apprendre.

– Ce n'est pas grave. C'est la vie. Mais nous restons, malgré tout, encore la mémoire de la ville. Nous y sommes. Nous sommes en retard, du coup, dans la digitalisation des archives… Je suis seule la plupart du temps et, parfois, une personne bénévole vient m'aider.

– Tant mieux !

– Voilà les rayons sont classés par années. Ensuite chaque étagère rassemble les journaux de la région selon leur groupe presse. Je vous demanderais de prendre vos précautions et de bien vous dégraisser les mains avec les lingettes. Les bobines sont rangées dans des petites boites. N'en prenez qu'une à la fois.

– Promis, je ferai très attention. Vous n'imaginez pas à quel point ce service m'est utile. Si je devais demander au journal, je devais introduire une demande, payer et attendre. Grâce à votre service et à votre accessibilité, j'ai tout, tout de suite…

– Oui, c'est la différence entre le service public qui est gratuit et accessible à tous mais qui a peu de moyen et le privé, qui est hors de prix, accessible à certaines catégories de personnes...

– Je vous remercie de me recevoir et de me permettre de me documenter.

– Et bien, vous pouvez remercier en faisant un petit don dans la tirelire… à l'entrée. Alors, voilà l'appareil.

La bibliothécaire prit une bobine d'essai et montra, étape par étape, les démarches à suivre.

– Et si vous souhaitez imprimer une version, l'imprimante est branchée. Utilisez le code que je vous ai donné tout à l'heure pour la lancer. C'est l'encre et la location de la machine. Voilà.

– C'est très simple.

– Oui. Un jeu d'enfant. C'est impressionnant au départ, mais une fois que vous vous êtes familiarisée avec le mécanisme, ça roule tout seul. Bien, je vais vous laisser. Je serai à l'accueil, je vais devoir ouvrir.

– Merci.

– A tout à l'heure.

Emma retira de son sac les papiers qu'Henry avait imprimés la veille. Il avait saisi l'adresse du lien et l'avait décortiqué mot à mot et chiffre par chiffre. Cela pouvait aider dans sa recherche. Elle partit de plusieurs combinaisons de dates possibles et se dirigea vers le rayon de la première date de son papier.

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Après deux heures de recherches et près de 13 bobines, Emma tomba enfin sur l'article en question. Elle reconnut immédiatement les traits du visage de Regina Mills sur la photo en noir et blanc, exceptée qu'elle était habillée étrangement. L'entremetteuse lit l'article :

Six personnes mises en examen après le démantèlement d'un réseau de mariages forcés. L'agence matrimoniale élitiste de la ville de Storybrooke doit fermer ses portes.

L'agence matrimoniale « Reine de cœurs » a été contrainte de fermer son établissement. Une femme, la Directrice, plus connue sous le pseudonyme d'Aphrodite, est soupçonnée d'avoir organisé des unions afin que l'un des deux époux soit uni avec une personne étrangère et beaucoup plus jeune. Elle a été mise en examen, en vue de fraude, d'aide aux séjours irréguliers d'étrangers, faux et usages de faux en bande organisée. A ces chefs d'accusation s'ajoutaient traitements dégradants et inhumains et abus de confiance. Elle encourt jusqu'à 10 ans de prison. Cependant, tout aussi surprenant, Aphrodite, ou la femme qui se cache derrière ce surnom, ne s'est pas présentée au tribunal ce matin et a disparu, emportant tous ses dossiers et ses secrets avec elle.

La Police et les enquêteurs la recherche activement. Les chefs d'accusations se sont allongés en plus de la requête principale défendue par le Procureur, Aphrodite est poursuivie pour délit de fuite volontaire, et non comparution (…)

– Oh, mon dieu.

D'effroi, Emma porta sa main à sa bouche. Se ressaisissant, elle ne perdit pas une minute et imprima une copie de la mise en page. Elle parcourut les informations suivantes, survolant les semaines et les mois sans trouver un article qui clôturerait l'affaire. Cette femme avait-elle été retrouvée ? Qu'entendaient-ils par traitements inhumains et par abus de confiance ? Tant de questions encore, qui restaient sans réponse.

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Emma poussa la porte de l'entrée et interpella sa réceptionniste :

– Pssssst. PSSSSSSST !

La jeune gérante lui fit signe de la rejoindre vers l'extérieur.

– Hé bien, qu'est-ce qui te prend ?

Ruby la rejoignit sur le seuil de l'immeuble, intriguée. Elle jeta un œil tout autour d'elle pour essayer de comprendre.

– On n'est jamais trop prudentes. Comment savait-elle qu'il y avait des caméras et comment est-elle informée de ma vie privée ?

– Tu crois que le bureau est sur écoute ?

– Je crois, oui. Et je ne veux pas qu'elle sache ce que j'ai trouvé.

Victorieuse, elle brandit une enveloppe de papier craft.

– Tu as eu une copie de l'article ? Mais comment tu as fait si vite ?

– Un coup de génie ! La bibliothèque… Enfin je t'expliquerai plus tard. Ce soir, tu viens manger à la maison et quand Henry se couchera, je te montrerai.

X

Après avoir diné ensemble et souhaité bonne nuit à Henry, les deux jeunes femmes s'étaient rassemblées autour du travail de recherche d'Emma :

– Elle est incroyable cette histoire ! Quand tu penses que tu es proche du but…

– Il y a toujours un obstacle en plus qui se rajoute ! Emma termina sa phrase : Exactement !

– Mais ça veut dire quoi traitements inhumains et dégradants ? Et qu'est-ce que ça sous-entend « abus de confiance » ?

– Je n'en sais rien ! Dès que j'ai trouvé enfin ce que je cherchais, j'ai imprimé, cherché d'autres éventuels articles et je suis partie… Je n'ai pas lu plus que ça.

– D'accord, alors, lisons ensemble.

(…) L'enquête, menée depuis plus d'un an par la Section des fraudes, a permis d'établir des faits qui remontent à une dizaine d'années. Déjà 4 mariages ont été célébrés depuis le début de l'année. La marieuse organisait de fausses unions civiles pour permettre à l'un des deux époux, homme ou femme fortunés, de s'unir avec une personne plus jeune, tout juste sortie de sa majorité ou vendue par sa famille dans le besoin. L'organisatrice fournissait aux nouveaux époux de faux documents, de faux témoins et facturait ses service à 25000$.

C'était une véritable petite entreprise qui tournait quasi-parfaitement. Le bouche-à-oreille avait pris de l'ampleur et les demandes de particuliers étaient devenues de plus en plus importantes. Jusqu'aux premiers signalements parvenus l'année dernière. Les enquêteurs ont été alertés par l'adjoint du Maire, Xavier Blanchard, interpelé par les agissements suspects de ce dernier, en dehors des heures de bureau.

Ainsi, le Maire Rumple Von Stiltskin, le docteur émérite Jafar Ulima et l'héritière Ursula Glowerhaven ont été placés en garde à vue et mis en examen pour être présentés au juge Spencer, suite à la fuite de la principale commanditaire.

Belle French, Jasmine d'Agrabah et Eric Anderson, les conjoints des principaux inculpés, sont entendus actuellement par la Justice. De source sûre, ils pourraient être victimes, eux également, de ce trafic d'êtres humains.

Les photocopies trônaient au milieu de la table. Emma en avait plusieurs pour pouvoir travailler dessus. Elle avait passé des passages en fluo et écrit des annotations dans la marge.

– Hé bien. Si je m'attendais à ça ! Une agence matrimoniale qui sert de couvertures pour un trafic ! C'est dingue…

– De quand ça date ? Demanda soudainement son amie. Je ne reconnais pas les noms… Pourtant, ils ont l'air d'être de grosses pointures de la ville.

– Ha oui, tiens, je n'ai pas regardé. J'ai visionné tellement de microfilms que j'ai arrêté de les retenir. Attends, c'est écrit en petit, à la fin du chapeau… Là : 27 mars 1950.

– Emma ! S'il te plait … 1950 ?

– Je ne me suis pas trompée, Ruby. Regarde par toi-même.

Emma leva la tête, les yeux écarquillés, la bouche ouverte. Plus aucun son ne sortait de sa bouche. Son amie lui saisit la feuille des mains et la porta à son regard. Elle s'assit sous le poids incroyable de cette découverte :

– C'est impossible ! C'est une erreur d'impression !

– Attends, je vais reprendre les notes qu'Henry m'a données.

Par sécurité, lettre par lettre, elle compara de ses deux index les informations :

– Là, il y a le 27 underscore, à côté le 03 et ça se termine par 1950 et un double slash. Ça coïncide. Vérifie par toi-même.

Ruby prit une copie neuve et posa la feuille d'Henry à côté. Elle reconnut les données chiffrées dans le lien qu'il avait saisi. Emma insista et posa la photo que Ruby avait tirée de la surveillance caméra, à côté du journal :

– Ce n'est pas tout, si tu compares les photos, on dirait que c'est la même femme. Le style en moins.

La photo en noir et blanc du journal la montrait de profil, de pieds en cape, lors d'une soirée mondaine. La femme semblait regarder un point à l'horizon. Emma la détaillait. Elle lui faisait penser à Grace Kelly, dans les films d'Hitchcock. Ses vêtements avaient été moulés sur ses courbes pour mettre en avant sa féminité. Elle était habillée d'une jupe foncée, étroite et étranglée à sa taille fine. Sa veste tailleur « Bar » de couleur claire était ouverte sur un chemisier serrant au décolleté appétissant. Sa coiffure était bouffante, étagée et marquée par des cheveux bouclés.

– Ce n'est pas possible. La photo est vieille et jaunie. La similitude est discutable ... Et c'était il y a 70 ans, Emma ! Réfléchis.

Ruby ne voulait pas croire à une telle folie. C'était totalement irréaliste.

– La recherche d'Henry nous a menées directement à cet article. Sur base de sa photo ! C'est une preuve ça, non ?

Ça dépassait le domaine de l'entendement. Il lui fallait trouver une explication rationnelle à ce que ses yeux lui jouaient comme tour. Ruby contrecarra son point de vue avec un fait d'actualité récent :

– Même les capteurs 3D de la reconnaissance faciale de l'iphone confondent les membres de la même famille. Google est un moteur de recherches grand public, c'est pas si fiable que ça. Tu sais, il suffit qu'ils aient … je sais plus, je crois, la moitié des points nodaux qui se ressemblent pour que cela suffise. Franchement… Réfléchis ! C'est sa grand-mère, au mieux son arrière-grand-mère ! Ça ne peut pas être autrement. Il y a des familles où les enfants ou les petits-enfants sont des copies conformes de leurs ancêtres. Elle est là, le fondement de cette histoire.

Les neurones d'Emma tournaient à plein régime.

– La qualité de l'image n'est pas non plus la meilleure, Ruby l'interrompit dans ses pensées : Et je doute que tu en trouveras une autre que celle-là. Mais je reconnais que c'est une incroyable coïncidence que cette famille et sa descendance aient monté une agence, comme la tienne et que la gérante, qui ressemble, c'est vrai, à cette femme qui te menace, se fasse également appeler Aphrodite.

Même si cela semblait être du domaine de la science-fiction ou du surréalisme, Emma ne démordait pas. Pour elle, la femme sur la photo en 1950 et celle dont elles avaient fait une capture d'écran étaient la même. Aussi incroyable, fantasque et impossible que cela puisse être. Elle secoua la tête. Pourquoi préférait-elle accepter l'inconcevable plutôt que d'avoir les pieds sur terre ? Pourquoi les explications de Ruby, réalistes et plausibles ne la convainquaient pas ?

Obtuse dans ses pensées, Emma ne put déterminer si c'était son amie qui se voilait volontairement la face pour ne pas perdre la raison ou si c'était elle, qui sombrait dans la folie. L'ombre qui couvrait la voix peu assurée de son amie lui fit comprendre qu'elle doutait également un peu… La ligne entre les deux était mince. Elles ne devaient pas trop s'aventurer sur la question. Elles étaient toutes les deux au bord du point de rupture. Il fallait qu'Emma change de sujet :

– D'accord… D'accord. Mais qu'a bien pu faire cette arrière-grand-mère ? Ces accusations sont graves et encore plus à cette époque.

– L'abus de confiance, en 1950, c'est d'avoir des liens étroits avec la Police et le monde politique pour servir son propre dessein. Et avec le Maire et les gens de la haute impliqués, on a déjà une piste.

Ruby était un vrai puits de sciences. Elle lisait énormément pendant son temps libre et emmagasinait toutes les informations qu'elle pouvait récolter. Elle poursuivit la corrélation :

– Elle a pu très certainement s'enfuir en emportant tout et disparaitre, à l'aide de complices haut placés, probablement des politiciens comme le Maire… Machin … et les autres.

– Tu penses que c'était aussi une couverture pour organiser des mariages blancs ?

– Ça m'en a tout l'air. Il nous faudra creuser.

– C'est probablement une porte ouverte à d'autres trafics…

– La guerre mondiale venait à peine de prendre fin, les cabarets, les soirées étaient légions… Les Trente Glorieuses, le féminisme naissant… Toute une période romantique de l'après-guerre. Mais Emma, on part dans tous les sens, là, et notre imagination est sans fin, ça ne nous rend pas service !

– C'est vrai, tu as raison. La jeune femme s'assit sur une chaise et prit l'article dans sa main : Mais…

– Quoi ?

– On a des noms. Rumple Von Stiltskin, Jafar Ulima, Ursula Glowerhaven, Belle French, Jasmine d'Agrabah et Eric Anderson. Des citoyens importants ! Le Maire en 1950, quand même. Il doit y avait d'autres articles sur cette personne.

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Après plusieurs heures de recherches sur internet, elles avaient rassemblé suffisamment d'informations pour se forger une opinion. Elles découvrirent ainsi les sombres histoires qui se cachaient derrière les mariages arrangés des trois protagonistes notamment.

Âgée à peine de 16 ans la jeune Belle French avait été forcée à épouser le Maire Von Stiltskin, de 35 ans son ainé. En effet, son père, le banquier Moe French, grand joueur et parieur invétéré, avait perdu, au détour d'une table de ping-pong, sa maison et sa banque. En offrant la main de sa fille à son créancier, il épongeait ainsi sa dette.

Jasmine d'Agrabah, quant à elle, avait été enlevée à sa famille, quelque part dans un village perdu du désert, dans le Moyen-Orient, quand elle avait 15 ans. Elle avait été ramenée de force à Storybrooke et donnée à Jafar. La police faisait appel à la population pour trouver un traducteur qui pouvait comprendre et traduire l'arabe. Jafar Ulima ne se montrait pas coopératif et la jeune femme, terrorisée, ne parlait pas un mot de français. L'article révélait également qu'elle avait subi des coups et sévices.

Et enfin, Eric Anderson, pauvre junkie déboussolé et dépendant, était sous l'influence de drogues puissantes et inconnues. Il semblait comme hypnotisé ou envouté lors de ses dépositions. D'abord hospitalisé pour tenter de le sevrer, il avait fallu le conduire dans l'aile psychiatrique. Totalement irrationnel, pris de crises constantes de panique et d'anxiété, il criait constamment après Ursula et la suppliait de lui revenir.

Un article parut quelques semaines plus tard et annonça son tragique décès. Il semblerait qu'il se soit suicidé. Les infirmiers l'ont trouvé pendu dans sa chambre. Le nom d'Ursula avait été gravé sur sa poitrine. Le jeune homme avait poncé sa brosse à dents pour un faire un stylet aiguisé.

Pour toutes ces trois affaires, c'était l'agence Reine de Cœurs qui avait organisé la cérémonie et arrangé les papiers administratifs.

L'ex-Maire de Storybrooke a été condamné à 6 ans de prison ferme pour fraude et abus de confiance et 5 ans pour détournement de mineur. Belle French a été prise en charge par une ASBL d'aide aux victimes. Jafar Ulima a été rayé de l'ordre des médecins et a été extradé en Irak. Personne ne sait ce qu'il est devenu. Jasmine d'Agrabah a été rendue à sa famille. Déshonorée, elle a été reniée par les siens et lapidée sur la place publique. Quand à Ursula Glowerhaven, aucune charge n'a été retenue contre elle, faute de preuves et de témoignage.

Les deux amies restèrent assises de longues minutes dans leur fauteuil respectif, le moral en berne. Il n'y avait rien à dire. C'était terrible. Dramatique. Horrible.

Ruby se leva péniblement. Toute motivation avait été aspirée par le résultat de leurs recherches. Elle mit un terme à leur soirée :

– Ecoute, il se fait tard. On ne découvrira rien de plus… Et je ne sais pas si j'ai envie d'en savoir plus. Je suis dégoutée et crevée … et j'ai eu assez d'émotions pour la journée. Je rentre.

Ruby récupéra son sac, son gsm et ses clefs et se dirigea vers la porte d'entrée. Avant de partir, elle conseilla à son amie :

– Reste prudente, tu veux ? Cette femme descend d'une lignée de monstres. On ne sait pas de quoi elle est capable et ni ce qu'elle te veut.

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Adossée contre la tête de lit et les jambes rassemblées contre sa poitrine, Emma posa son menton sur ses genoux. Elle souffla profondément. Elle regardait attentivement la photo récente de Regina Mills.

Mais qui es-tu ? Comment est-ce possible ? Une sociopathe… ? Une psychopathe… ? Qui fout le bordel dans ma vie… Pourquoi ? En quoi sommes-nous ses pions ? Pourquoi moi ? Qu'a-t-elle fait à Killian ?

De l'autre côté de la lentille de caméra cachée dans le montant de sa garde-robe, Regina fit un gros plan sur son visage. Elle aussi était dans son lit avec son ordinateur portable sur ses cuisses. Elle traça le contour de la silhouette d'Emma du bout des doigts et sourit :

– Si proche et pourtant si loin…

Quand Emma éteignit sa lampe de chevet, elle fit pareille. Regina referma son ordinateur portable et s'allongea. Une journée en plus venait de s'écouler. Une autre allait naître…

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En bas de l'immeuble, assis sur des marches, Killian regardait les lumières de la chambre d'Emma s'éteindre. Il alluma une dernière fois son écran de veille et soupira.

Il l'avait appelée toute la soirée et elle n'avait pas décroché. L'ignorait-elle volontairement ? Il pouvait sentir son cœur prendre douloureusement plus de place dans sa poitrine. Il se massa inconsciemment le muscle à cet endroit. Ensuite, il empocha son gsm et rentra chez lui, l'âme en peine.

XXX