Traduction : Tressym383

Relecture : Emiko Yure (AO3)

Résumé : Bakugo retourne en classe, qu'il y soit prêt ou non.


Ça avait été son choix, sa demande, vraiment, de retourner en classe. Mais maintenant que le moment était venu, il avait l'impression qu'il allait peut-être vomir.

Il sursauta et se cogna le genoux contre son bureau lorsque Kirishima frappa à sa porte.

"T'es prêt à y alleeeer, Baku-brooo ?"

Il traversa la salle commune aussi vite qu'il put sans pour autant totalement courir, essayant d'ignorer les regards qui le suivaient. Il n'admettrait jamais à quel point il s'était accroché à Kirishima le long du chemin jusqu'à la classe. Il essaya de soutenir la discussion, l'autre garçon essayant sans doute de le distraire de son anxiété, mais plus ils se rapprochaient, plus sa tête grésillait.

"Hey." Kirishima s'arrêta. "Si t'as besoin d'un jour de plus, t'as juste à le dire. Je te prendrai des bonnes notes. Et par là je veux dire que je prendrai en photo celles de Momo."

"Plus je serais absent, plus ça sera bizarre de revenir." il raisonna.

Ils arrivaient presque lorsqu'ils furent repérés dans le dernier couloir.

"Tu ferais mieux d'arrêter de me fixer, Double face, ou je vais faire chauffer ton deuxième œil."

Todoroki se rapprocha d'un pas, aucunement intimidé.

"Tu as su garder mon secret." il commença dans une version chuchotée de son habituel discours formel. "Je t'avais dis que je ferais de même."

Un éclair de panique aiguë le traversa. Combien de gens étaient au courant et faisaient juste mine de rien ?

"Ouais, ouais. T'as intérêt." Il le dépassa, cachant ses mains tremblantes au fond de ses poches.

Double face à une bonne parole, tout va bien tout va bien tout va bien-

"Hey, mon gars-sûr est de retour !" s'écria Kaminari, bondissant vers lui puis- s'arrêtant à la limite de son espace personnel nécessaire. Bakugo n'arriva pas à décider s'il en était énervé ou soulagé.

"Qu'est-ce que j'ai raté ?" il demanda sur un ton détaché, comme s'il ne le savait pas déjà par la visite de Kirishima et Mina. "Quoique ce soit d'important ?"

"Hero's Highlight a fait des théories vraiment bizarres sur l'anatomie de la queue d'Ojirou." répondit Kaminari.

"Ne ramenons pas le sujet !" cria le concerné depuis l'autre bout de la salle.

"Les cours étaient un peu chaotiques avec Six et Aizawa qui disparaissaient à tour de rôle, du coup Mic a improvisé tout un truc sur les thèmes musicaux de chaque héros." l'informa Sero.

"Et je t'assure que tu veux pas écouter le sien." ajouta Kaminari. "C'est juste trois minutes de Garage Punk et de cris déformés et décalés à la musique."

"Au moins, il était pas ennuyant." répondit Bakugo.

"Ça allait." confirma Sero. "Et toi ?"

Arrêtez de me demander ça, putain.

"Je vais bien." il répondit d'un ton bourru, le bousculant sans plus tarder avec Kaminari pour aller faire la tête à sa table.

"Bakugo- " le brun essaya de rattraper.

"J'ai dit que j'allais putain de bien, Scotch-man." il claqua. "Laisse-moi tranquille."

Sero accepta la défaite et s'éloigna, suivit de Kaminari. Même Kirishima garda ses distances le temps qu'il reprenne ses repaires dans la classe. Tout le monde sembla comprendre qu'il avait besoin d'espace, à l'exception de-

"Bakugo." La formalité d'Iida voilait à peine sa nervosité maladroite. "C'est mon devoir en tant que délégué de t'accueillir à nouveau et, dans cette période difficile, de t'offrir mon aide si jamais tu as besoin de quoi que ce soit pour aller de l'av- "

"J'ai rien besoin venant de toi, Quatre yeux !" il siffla, la colère-défensive montant peu à peu. "Je sais pas ce que tu penses savoir de moi, mais si jamais tu me reparles encore comme ça, je te bute, t'entends ?! J'ai pas besoin de ton aide, alors dégage de là !"

"Whoa, calme !" Kirishima se matérialisa de nul part, essayant de l'adoucir. "Mec, il fait juste son job."

"Il sait." il siffla à voix basse.

"Peut-être, mais t'as pas à le buter pour ça." il murmura en retour.

"Si."

Merde, pourquoi ça n'avait pas été ses premières pensées ? Pourquoi se faire discret alors qu'il pouvait simplement détruire les preuves et ses putains de camarades de classe en même temps ?

Ils continuaient tous de le regarder avec cette expression, comme s'il était une sorte d'animal blessé qu'il fallait sortir de sa misère. Ses yeux rencontrèrent le vert éclatant de ceux de Midoriya, avec la même humilité qu'il avait lors des évènements du vilain boueux, de l'enlèvement et de sa chute dans le putain de ruisseau et il craqua.

"ARRÊTEZ DE ME REGARDER COMME ÇA, PUTAIN !" il explosa. "J'ai besoin de la pitié de personne, bordel ! Oubliez pas que je peux tous vous démonter ici !"

"Tu reconsidères pas encore ta déclaration sur le « j'ai pas besoin de thérapie » ?" se moqua Ojirou.

"Tu veux crever, Le marsupial ?!" Il sauta sur ses pieds.

"J'appelle juste ça comme j- "

Ojirou fut coupé par un coup de coude de Sero, avant de secouer la tête en levant les yeux au ciel.

"Non, vas-y !" Bakugo grogna dangereusement. "Ose finir cette putain de phrase."

L'autre garçon jeta un œil au reste de la classe, tendue.

"Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais règle ton merdier, Bakugo." Il secoua la tête. "Tu te fous la honte."

Il laissa les explosions involontaires parler d'elles-mêmes et retomba sur sa chaise, donnant un coup de pied dans sa table et croisant les bras pour avoir l'air aussi froid que ç'en était physiquement possible.

Putain de merde, Le marsupial avait raison. Il venait littéralement de péter un plomb parce que des gens le regardaient mal.

"Bakugo, bon retour." Aizawa émergea avec l'entrain matinal qui lui était propre. "J'apprécierais que tu puisses t'abstenir de commencer un combat jusqu'à ce que j'ai au moins fini mon café."

Bakugo se renfrogna pour toute réponse.

"Six est en train de se faire embaucher comme une véritable membre du personnel plutôt que l'amie bizarre qui cache ses bonbons en gelée dans mon bureau, donc aujourd'hui, on va passer en revue certains événements d'actualité."

Ce fut accueilli par une chorale de lamentations.

"Ne vous inquiétez pas, la moitié sont des crimes. Je sais que vous les aimez plutôt bien."

Bakugo devait l'admettre, les crimes étaient la meilleure partie. Les élections locales étaient sûrement importantes, mais il n'était pas assez âgé pour voter et une poursuite policière à travers un parcours de minigolf pour des diffuseurs d'odeur volés était bien plus divertissant. Le sujet suivant était sur un employé qui avait fait semblant de se faire braquer.

"Pourquoi quelqu'un simulerait un vol ?" Deku se demanda à haute voix.

"Pour qu'il puisse fermer plus tôt et rentrer chez lui." répondit immédiatement Aizawa. "Un homme que je porte dans mon cœur."

"Monsieur !" réprimanda à moitié Deku en riant.

"Ce dernier cas est un peu plus sérieux, mais je ne peux pas dire à Nezu que je vous ai laissé lire des articles randoms durant tout un cours, alors faites avec."

Troisième enfant âgé entre neuf et treize ans porté disparu à Musutafu au cours des deux derniers mois.

Haruki Yamamoto, dix ans, a été porté disparu après avoir été absent à l'école durant plusieurs jours. Lorsqu'un enseignant a contacté la mère du garçon, celle-ci a confirmé qu'elle ne l'avait pas vu depuis plus de soixante-douze heures.

"Pourquoi les parents n'ont-ils pas signalé sa disparition ?" demanda Asui.

"Très probablement parce que ce n'était pas inhabituel que le garçon soit absent de chez lui pendant un jour ou deux." devina Aizawa.

"Quels genres de parents ne savent pas où se trouve leur enfant de dix ans pendant plusieurs jours ?!" s'exclama Iida.

"Les miens." répondit Bakugo sans réfléchir.

Oups.

"Mon père a oublié de venir me chercher à la fin d'une colonie de vacances une fois. J'ai attendu deux jours." commenta Kaminari.

"Mon père a toujours su ma localisation." ajouta Todoroki. "Mais il n'a pas su remarquer que mon frère Natsuo n'était pas rentré à la maison depuis trois semaines avant de réaliser qu'il avait emménagé dans le grenier d'un ami."

"Oh." émit Iida, mal à l'aise.

"Une fois mon père m'a déposé chez le dentiste et l'hygiéniste a dû finir par me reconduire chez moi par lui-même pour qu'ils puissent fermer." continua Kaminari. "Et il m'a déjà laissé au gymnase toute une nuit. Et une fois, à cette pizzeria bizarre ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre où le sol était super collant- "

"On dirait qu'il essayait de te perdre." releva Bakugo.

"Probablement." Kaminari haussa les épaules. "Toi t'étais largué où ?"

"Nul part." il répondit. "Elle m'oubliait pas, elle me foutait dehors."

"Ça craint." sympathisa Kaminari. "Mais au final, ça revient un peu au même. Tu dois te débrouiller par toi-même, sans nulle part où aller et sans argent. T'es comme : « hey, j'ai douze ans, faites comme si j'étais pas là ». C'est super gênant."

"Le genre de dynamiques que tu viens de décrire est courant dans les cas de personnes disparues." Aizawa attira leur attention. "La plupart du temps, c'est un crime d'opportunités."

"Donc vous dites que j'étais un enfant très kidnappable." plaisanta Kaminari. "Dieu merci, j'étais chiant."

"C'est horrible, Kami." reprit sérieusement Mina. "Genre, j'ai jamais rencontré ton père mais je veux déjà me battre avec. Pareil pour la mère de Bakugo. J'ajouterais même Endeavor, mais avouons-le, j'aurais aucune chance de gagner contre lui."

C'était étrange de réaliser que Mina pouvait combattre sa mère. Mitsuki était en assez bonne forme, mais son alter était inutile et Mina pouvait faire jaillir de l'acide de ses mains. L'image le perturba, le mettant mal à l'aise à l'idée d'avoir besoin de quelqu'un d'autre pour mener ses combats à sa place, mais il n'en était pas entièrement contrarié. Il ne se sentirait pas coupable si Mina le faisait, parce qu'elle était gentille, bienveillante, n'avait jamais initiée de violences injustifiées et qu'elle ne devait rien à l'autre sorcière.

L'image d'Aizawa se tenant entre sa mère et lui lui revient soudainement en mémoire. Ça lui faisait un peu peur, de se dire qu'un jour il serait lassé de se dévouer à sa protection. Il ne pouvait pas s'attendre à ce qu'il le défende pour toujours, mais l'envie de se cacher derrière lui comme un enfant était écrasante.

Il se sentait un peu pathétique en comparaison à Double face qui tenait tête à son père ces temps-ci. Endeavor n'oserait pas frapper Shoto devant les professeurs.

"Tu es enfant unique, n'est-ce pas ?"

Ça faisait vraiment une si grande différence ? Le reste de la classe était partie lorsque Bakugo chuchota à Kaminari.

"T'as des frères et sœurs ?"

"Ouais." il répondit. "Un frère aîné et une petite sœur."

"Est-ce que ton père les traite aussi comme des merdes ?"

"Euh... eh bien... Wow, t'y vas vraiment pas de main morte, Bakugo." Il fit une pause pour organiser ses pensées. "Eh bien, on pensait tous que mon frère était le grand génie qui allait finir par aller dans des grandes écoles. Il a un petit problème de drogues maintenant, je pense que la pression d'être le favori de mon père a fini par l'écraser. Mais c'est bizarre. Ma mère a commencé à beaucoup plus me donner d'attention quand elle s'est faite une idée pour Hatori, et je crois que ça a encore plus fait chier mon père."

Les autres savaient probablement déjà que Kaminari avait un frère, une sœur et des problèmes avec son père. Seul Bakugo n'avait jamais pris la peine de demander. Il n'avait même pas été au courant pour le père de Kirishima jusqu'à ce que Momo le demande. Bordel, il était vraiment merdique avec les relations amicales.

"Quand on était petits, Hatori était celui qui m'aidait avec mes devoirs et celui qui venait me chercher partout où notre père m'oubliait." reprit Kaminari avec une tristesse nostalgique. "Tu me le rappelles des fois. Surtout avec le regard que t'as quand t'es sur le point de me battre à quelque chose et de devenir une vraie tête à claque à ce sujet."

"J'aurais dû deviner que t'étais le gosse du milieu." sourit Bakugo.

"Ouais, ouais." Kaminari leva les yeux au ciel. "Le besoin désespéré d'attention est notre caractéristique principale, je sais. Mais j'espère que t'en es conscient, t'es tout aussi évident."

"Ah ? J'ai aucun frère et aucune sœur."

"Exactement !" Kaminari sourit en coin. "Les enfants uniques sont égocentriques et sont socialement nazes avec leurs pairs."

Il y a encore quelques jours, il aurait répondu par des menaces de violence, mais aujourd'hui... "Je plaide coupable."


Todoroki s'était habitué à retrouver Midoriya en pleurs. C'était simplement sa manière d'exprimer des émotions intenses. Il ne la comprenait pas, mais il… peut-être qu'aimer n'était pas un qualificatif approprié, mais il l'appréciait ?

Il avait grandi en gardant un œil sur les humeurs de ses parents pour assurer sa propre survie. Prédire le comportement d'Endeavor était vital. À ce jour, il imaginait le pire des émotions qu'il n'arrivait pas à identifier.

Il n'avait jamais eu à deviner avec Midoriya. Des démonstrations ouvertes de joie, de colère, de tristesse, les trois à la fois... il les donnait sans arrière-pensée. Avec Midoriya, il pouvait enfin arrêter de deviner et de craindre ce qu'il se passait dans la tête d'une autre personne.

Alors, lorsqu'il entra dans la cafétéria et y trouva Ochako et Iida en train de consoler un Izuku sanglotant, il eut accidentellement la mauvaise réaction. Heureusement, il réalisa sa maladresse et remplaça son sourire affectueux par une expression plus appropriée.

"Qu'est-ce qui ne va pas ?"

"Il est bouleversé à cause de ce qu'il se passe avec Bakugo." répondit Ochako.

Pas de surprise là-dessus, Midoriya avait été « bouleversé par Bakugo » la plupart du temps cette semaine.

"Je vois." Il prit sa place habituelle. "Par quelque chose en particulier, ou juste par la situation au sens large ?"

"Comment j'ai pu ne pas le savoir ?" il gémit.

"Il ne voulait pas que tu le saches." répondit simplement Todoroki.

"Notre relation s'améliorait enfin, mais maintenant... Il sait que je sais et il me déteste sûrement pour ça !"

"Pourquoi te détesterait-il ?" il s'enquit avec curiosité.

"Parce qu'il n'aime pas avoir l'air faible, surtout devant moi." il renifla. "Et maintenant que je l'ai vu comme ça, il ne voudra plus me parler."

"Pas si tu le traites normalement." Todoroki contredit. "Ne lui demande pas comment il va, parce que tu sais qu'il ne veut pas en parler avec toi. Défie-le à l'entraînement ou ce genre de choses."

Il n'était pas sûr de savoir à partir de quand Bakugo avait commencé à avoir du sens pour lui, mais la nécessité d'ériger des murs autour de soi pour se protéger lui était profondément familière.

"Merci, Todoroki." Midoriya lui sourit malgré les larmes.

"J'ai fais une terrible erreur, plus tôt." Iida se flagella.

"T'essayais juste d'apporter ton soutien." le rassura Ochako. "Si quelqu'un doit se sentir mal, c'est moi."

Elle avait jusque là à peine évoqué la dispute. Pas du tout, même. Un nuage maussade la suivait ces deux derniers jours.

"Ce qu'il s'est passé n'est pas de ta faute." il assura fermement.

"Je peux pas m'arrêter de revoir son visage quand il a réalisé que..." elle commença à s'étrangler. "Et ce qu'il a essayé de se faire- J'aurais juste dû le laisser tranquille."

"Tu ne savais pas, Ochako." lui rappela doucement Iida. "Pour tout ce dont tu étais au courant, il agissait juste comme un idiot."

"Mais je savais que quelque chose n'allait pas." elle soutient. "Kirishima m'avait dit la veille qu'il était bouleversé. Et pendant la dispute, il arrêtait pas de tressaillir, mais je l'ai juste ignoré !"

"Mais tu ne savais pas." répéta Iida.

"Peut-être que c'est une bonne chose." déclara Todoroki.

"Quoi ?!" glapit Midoriya. "Comment le fait que Bakugo fasse une crise dépressive et ait essayé de se faire du mal puisse être une bonne chose ?"

"Il va finalement pouvoir être aidé." il répondit. "Il est tellement têtu, je ne pense pas que ce se serait arrivé autrement."

"Je… suppose que ça a du sens." considéra Ochako. "Mais je me sens quand même mal."

"C'est une situation terrible." Todoroki déclara. "Mais je pense que sur le long terme, ce sera pour le mieux."


NP : J'étais tranquillement en train de faire l'une des dernières corrections du chapitre sur les musiques d'Euphoria (série sublime, je recommande fortement. Les musiques sont nickels pour cette fic d'ailleurs) cette après-midi lorsque- Oh wait. Réalisation. J'ai commencé à lire cette histoire en mars 2020, avec l'aide de google trad dans un premier temps, avant de me rendre compte que mon nouveau niveau d'anglais me permettait de tout (et mieux) comprendre en lisant sans cette aide. À partir de là je me suis mis à pleinement lire en anglais différentes fictions, et maintenant, à peine plus d'un an plus tard, je TRADUIS cette même histoire ?? Le moins doué de la classe d'anglais que j'étais au collège serait si fière krkrk. C'était juste une petite introspection personnelle pour vous dire que c'est possible, que c'est pas la fin du monde si vous vous aidez au début, et qu'au final on se rend compte que c'est bien plus facile qu'on le pense.