CHAPITRE 15 - EPILOGUE.
Cinq ans plus tard.
– C'est le Jour J, l'ouverture la plus attendue de l'année, que dis-je, du siècle. Deux grandes enseignes, il y a encore quelques années, ont officiellement fusionné pour n'en former qu'une : « L'Âme Sœur ». Comme vous pouvez le voir derrière moi, c'est déjà plus de deux cents personnes qui se pressent depuis une heure, alors que les portes ne s'ouvriront que ce soir.
Le caméraman pointa son équipement vers la façade. Il filma toute l'agitation des derniers préparatifs qui y régnait encore. Les téléspectateurs purent assister aux tests de lumières, au rangement de racks de multimédias, au dernier coup de balai et de nettoyage et à la foule qui s'agglutinait le long d'un passage balisé.
La journaliste reprit ses commentaires :
– Les professionnels de la nuit se préparent à ouvrir la discothèque, sous un thème fort et unique. Ce soir, c'est tout un symbole qui est représenté ce 14 février : l'Amour. L'Amour Vrai, le Seul, le Véritable. C'est ce que scande depuis plusieurs mois, cette nouvelle agence. Il s'agit de l'une des plus grandes boîtes de nuit de la région qui, sans l'ombre d'un doute, peut se transformer en une institution fiable. « L'Âme sœur » réunit, le jour, les personnes en quête d'une relation profonde et la nuit, c'est la rencontre tant attendue, après un travail minutieux et personnalisé.
La jeune femme se baladait le long du trottoir, ne quittant pas des yeux la lentille. Elle commentait, au fur et à mesure de ses pas, la mise en contexte de son reportage :
– Cette soirée inévitable de rencontres rassemblera un des plus grands nombres de célibataires issus des quatre coins de la région. Elle attend plus de 500 cœurs célibataires. Un exploit, de nos jours, à l'heure des réseaux sociaux. Cette nouvelle dynamique qui s'installe est un nouveau défi… Et ce concept se base sur l'association du Club du sud de la ville « Chasse-Cœur » et l'agence matrimoniale « Aphrodite ». Ensemble, les deux gérantes ont monté, ce qui semble se transformer, une société florissante.
Elle s'avança près de deux personnes affairées à distribuer des consignes à leurs employés.
– Bonsoir, Mesdames.
Elle se tourna d'abord vers Regina.
– Bonsoir Regina. Vous êtes une femme d'affaires, anciennement redoutée et implacable, patronne de l'établissement nocturne…
Celle-ci se tenait droit comme un i, coincée dans un étau invisible, gênée par toute l'attention braquée sur elle. Elle qui avait l'habitude d'être de l'autre côté des caméras, ne se sentait pas à l'aise face à elles. La professionnelle des médias lui demanda :
– A l'heure où la plus forte concurrence est les réseaux sociaux et les sites de rencontre online, cette agence, contre toute attente, se démarque des autres et remporte un franc succès… Comment pouvez-vous expliquer cela ?
– Rien n'est laissé au hasard, répondit-elle stoïquement : Le travail est important et précis en amont. Le projet a été muri et est beaucoup plus sûr, plus fiable que les échanges virtuelles. Nos clients ont tous commencé par un site de rencontres en ligne et, déçus par un contact impersonnel, ils se dirigent, ensuite vers nous. Savoir qu'ils ont été vus, rencontrés, écoutés et interrogés et se rendre compte qu'ils sont accompagnés et aidés, par des professionnels impliqués, ça redonne confiance et espoir. Ils sentent qu'ils ne sont plus un numéro ou un virement bancaire. Ici, ils sont considérés comme des personnes, des êtres humains avec des sentiments et un cœur. Et nous garantissons un résultat, à la hauteur de leur espérance.
Emma la regarda avec beaucoup de fierté et de tendresse. Elle savait ce que cette déclaration publique lui coûtait et ne fût pas étonnée de la suite :
– Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je dois vérifier quelques détails avant le lancement de la soirée.
Et sans un au revoir, la jeune femme brune tourna brutalement des talons et disparut dans le Club. La journaliste pivota, imperturbable, vers sa gauche et tendit son micro vers l'autre propriétaire des lieux, souriante, chaleureuse et amusée :
– Et voici Emma Swan, co-gérante et organisatrice, à l'initiative de cette démarche pour le moins singulière. Bonsoir Emma.
– Bonsoir.
– Que pouvez-vous nous dire sur le concept assez original et unique de ce projet ? Pouvez-vous nous expliquer comment cela se passe, quelles sont les étapes ?
– Hé bien pour commencer, nous les recevons personnellement et individuellement dans un salon. Nous tentons de briser la glace et de les mettre le plus possible à l'aise. Ensuite, nous leur posons des questions.
– Quels types de questions ?
– D'ordre personnel, professionnel, leurs objectifs de vie aussi, leurs valeurs, tous ces points essentiels et communs qui rapprochent les gens.
– Comment apprenez-vous à les connaitre ?
– En passant du temps avec eux, afin de découvrir leur ouverture d'esprit, comment se comportent-ils en présence de leurs amis, comment passent-ils leur week-end, …
– Intimes aussi ?
– Oui, bien sûr. Ensuite, nous rassemblons plusieurs personnes qui correspondent à leurs demandes… Le même espace, le même temps… D'où ce soir, un nombre impressionnant d'invités. C'est le travail de toute une année, vous savez... Et cette soirée est le moment où il faut laisser le charme agir, ce dernier ingrédient qui ne se calcule et ne se prépare pas.
– Vous avez bien une touche personnelle ? Une botte secrète ?
Emma rit poliment :
– Oui, mais si je la divulguais, elle ne serait plus secrète. Sinon, la confiance. C'est, je crois, la clef de notre réussite : les membres nous font entièrement confiance.
– Quel est le mot d'ordre de cet événement ? Quel est votre objectif ?
– Nous souhaitons que les personnes qui viennent ce soir soient motivées pour rencontrer la personne qui leur convient. Qu'elles passent un moment agréable, inoubliable et plaisant.
– Je suppose que l'entrée est sélective.
– Les gens viennent pour s'amuser, ils ont également payé pour être tranquilles. Toutes les personnes sérieuses sont invitées, après avoir rempli préalablement, bien entendu, une fiche d'inscription.
La journaliste regarda à présent la caméra et ajouta :
– Parce que, bien sûr, ce club fonctionne différemment. Triés sur le volet, les clients qui entrent doivent montrer patte blanche. Tout est fin prêt pour que la magie s'opère afin que ces hommes et ces femmes retrouvent l'espoir.
– C'est tout à fait ça.
– Quel sera votre prochain projet ?
– Nous pensons organiser un diner pour des clients plus timides et introvertis. Mais je n'en dirai pas davantage.
– Vous n'avez pas peur de vous essouffler ?
– Non, au contraire. Nous comptons nous réinventer et avancer avec notre temps.
La reporter se tourna une dernière fois vers son collègue et clôtura :
– Vous l'aurez compris, Regina et Emma n'ont pas le droit à l'erreur. Leur clientèle est exigeante et leur réputation sur le fil du rasoir. Bien, Emma, je ne vous retiens pas plus longtemps, je suis sûre que vous avez des milliers de choses encore à terminer. En attendant, je vous souhaite bonne chance et beaucoup de plaisir.
Emma la quitta sans se presser en faisant un dernier signe de main et rejoignit Regina à l'intérieur du Club. La journaliste sillonna la ruelle où la file d'impatients ondulait le long du trottoir. Le parcours était jalonné de brûleur d'encens dans des pots en terracotta. Il en émanait des effluves doux et fleuris. C'était apaisant et attrayant. Elle tendit le micro aux invités qui patientaient dans la foule, derrière les cordons de sécurité.
– Bonsoir monsieur, pourquoi venez-vous ici ?
– Ça me plait les soirées de célibataires. Je suis souvent un peu tout seul et je sens moins la pression, la solitude, toussa, quoi …
Un peu plus loin, un groupe de jeunes filles dans la foule se met à crier pour attirer l'attention :
– On est célibataires ! On est célibataires !
– Bonsoir, madame, avez-vous des attentes pour cette soirée ?
– Oui, je suis motivée … Je souhaite trouver la personne que je recherche… Qui, j'espère, doit-être ici, aujourd'hui.
La caméra balaya la façade de long en large au fur et à mesure d'un décompte digne d'un réveillon de fin d'année :
– 5 … 4 … 3 … 2 … 1 … 0, criait à l'unisson la foule interminable.
Soudain les murs s'illuminaient de couleurs, de flashs et de spots étincelants, des serpentins et des confettis tombèrent du toit, des feux de Bengale crépitèrent à divers coins de la bâtisse. Des Oh ! et des Ah ! de stupéfaction s'exprimèrent spontanément, admirativement. Cette entrée en la matière était pleine de promesses.
La journaliste jeta son microphone à son collègue caméraman qui l'attrapa au vol. Elle fit un demi-tour assuré et partit en direction des deux spots qui éclairaient l'entrée et le tapis rouge déployé. Dans un déhanché exagéré, elle se dirigea vers les grandes portes vitrées ouvertes pour l'occasion et entra en présentant au steward son carton d'invitation.
X
Henry éteignit le téléviseur et déposa la télécommande sur la table basse du salon :
– Vous avez fait sensation, on dirait ! Toute la ville et la région ne parlent que de ça. J'ai entendu dire qu'il y a des franchises qui souhaitent s'associer à votre projet.
Regina était assise dans le canapé et souriait d'une oreille à l'autre, tandis qu'Emma lui apportait une tasse de thé fumante. Elle s'installa à ses côtés et étendit un bras pour étreindre sa compagne.
– Oh mais tu peux attirer la couverture à toi, aussi. Tu as ta part de responsabilité. C'est grâce à toi si c'était un réel succès ! Les clients sont plus que satisfaits. Plus de 250 couples sont sortis main dans la main. Et je suis sûre que tu y es pour quelque chose… J'ai vu les étoiles briller dans leurs yeux quand ils se croisaient… Et nous n'y sommes en rien dans ces effets spéciaux-là.
Le jeune homme, devenu adulte, sourit, heureux de sa première soirée et de sa première réelle action. Il baissa la tête humblement et se souvint des personnes qu'il avait volontairement touchées pour les éveiller.
Emma l'encouragea :
– Les invités ne tarissent pas d'éloges. Et les contrats, les demandes… débordent de nos boites de réception, pleuvent comme les confettis sur notre bureau et le téléphone ne s'arrête pas de sonner à un point qu'on doit engager plusieurs standardistes.
Regina ajouta :
– Les Séraphins ont, eux aussi, trouvé un sens à leur existence qui les comble… ça leur donne un but altruisme. Cette mission généreuse à chacun les a particulièrement motivés et touchés.
Henry demanda plus d'explications :
– Les Séraphins ?
– Les ex-chemises rouges, répondit Emma, nonchalamment.
– Emma ! reprit sa compagne, outrée.
– Quoi ? Tu veux que je les appelle comment ? Les anciens sbires ou les imbéciles ?
Regina leva les yeux au ciel. Elle regarda le jeune homme qui avait bien changé et qui se tenait toujours debout devant elles. Et lui demanda :
– Et toi, Henry, cette première ? Comment te sens-tu ?
– Plutôt bien.
Il souriait aux anges, d'une oreille à l'autre.
– Raconte-nous, comment as-tu vécu tout cela ?
X
Cinq ans plus tôt.
Ruby écoutait attentivement le retour d'Emma. Son amie était agitée, surexcitée. Elle décrivit sa rencontre avec Aphrodite et l'échange qui s'en était suivi.
Regina se tenait à l'écart, sur un fauteuil, seule et discrète. Elle s'était laissé convaincre de l'accompagner, malgré sa propre résistance. La journée avait été, pour elle également, chargée en émotion et elle avait souhaité prendre un peu de recul… au calme… seule. Ce qui était loin d'être le cas pour Emma…
Emma.
Cette femme qui ressentait les mêmes sentiments qu'elle. Et son cœur qui ne cessait de s'emballer chaque fois qu'elle lui jetait un regard ou un sourire tendre. Regina posa la main sur sa poitrine et le sentait cogner. Elle aimait le sentir battre au son de sa voix. Elle ferma les yeux et se laissa envahir par ses émotions.
– C'est incroyable ! Tout ce qui arrive … arrive pour une bonne raison. J'ai eu le temps de m'en rendre compte par mes propres yeux, Ruby… Je n'ai pas d'autres explications.
– Tu veux dire que tout ce que nous faisons est déjà écrit ? la questionna son amie, sceptique et inquiète.
– Non, pas à ce point, mais nous avons tous un but … Et je crois … que peut-être … Peut-être que Regina et moi, nous nous sommes rencontrées pour une raison … Parce que … quelque chose de bien peut en ressortir tout ceci… de nous.
Pour joindre le geste à la parole, la conseillère s'approcha de la disciple et lui prit la main. Elle la serra fort, heureuse. Convaincue. Elle se sentait bien, enfin complète, enfin accomplie. Elle s'assit sur l'accoudoir du fauteuil et attendit la réaction de son amie.
– Que vas-tu faire, alors ? Les conditions d'Aphrodite étaient bien claires. Tu vas remplir cette mission ? Devenir immortelle ?
– Je ne sais pas. Je n'y ai pas encore réfléchi. Mais il est hors de question que laisse Regina gérer cela seule.
– Tu es prête à devenir immortelle… avec elle ? répéta Ruby, pour s'assurer qu'elle se rende bien compte des conséquences de sa réponse : Ce n'est pas un peu rapide et… irrémédiable ?
Regina tentait de lire sur son visage ce qu'elle voulait transmettre comme message derrière son insistance. Ruby, était-elle réfractaire à leur relation ? Se méfiait-elle de sa présence ? Cependant, elle ne détecta aucune animosité mais plutôt de l'inquiétude, ce qui pouvait se comprendre.
– Je suis prête à rester à ses côtés et si c'est ce qu'il faut faire. Nous ne pouvons pas laisser ce pouvoir à n'importe qui… Il faut rééquilibrer-
– Moi, je peux le faire.
Henry sortit de sa chambre, il avait entendu toute la conversation depuis le début et n'était pas intervenu pour que sa mère ne pèse pas ses mots.
– J'ai écouté ce que tu as dit, Maman. Je ne suis pas de la descendance de Regina mais c'est un détail, non ? Et il fit un clin d'œil complice à l'héritière : à quelques degrés près, en jonglant un peu avec les mots et le sens, je suis ce qui s'en rapproche le plus. Je sais que je saute les étapes… Mais on n'en est pas à ça près… Je veux aider. Je peux aider.
– Ce n'est pas une bonne idée, Henry. Tu n'es qu'un enfant. Qu'est-ce que tu sais sur l'amour ? Sa mère s'était levée, prise au dépourvu et se mit à sa hauteur : Tu n'es même jamais tombé amoureux.
– Je sais déjà que c'est plus qu'une histoire d'âge ! répliqua-t-il de but en blanc : Et c'est moi qui t'ai encouragée à lancer ton agence, je te rappelle.
Emma se sentait prise à contre-pied. Il avait raison. Elle ferma les yeux. Après tout ce qu'elle avait appris de cette entreprise divine, après tout ce que Cora et Regina avaient fait… Qui voudrait le souhaiter pour son propre enfant ?
– Henry…
– Je croyais et je crois toujours en toi, lui dit-il. Je t'ai regardé la monter, je t'ai vu traiter avec tes clients. Peut-être que je ne suis qu'un enfant, mais mon prénom signifie « celui qui croit »…
Il regarda Regina. Elle ne put s'empêcher de lui sourire.
– Tu l'as dit toi-même. Nous avons une raison d'être ici. Et je pense que reprendre la suite de Regina est la mienne.
Emma se retourna vers sa nouvelle compagne, l'air triste et suppliant :
– S'il te plait, parle-lui. Tu es la seule qui peut le déconseiller de poursuivre son idée saugrenue. Toi mieux que personne peux le convaincre... Tu sais ce qui l'attendra et ce qu'il devra affronter…
Regina se leva à son tour et les rejoignit tous les deux. Elle posa sa main sur le bras de son amie :
– Je sais ce qui te retient et je comprends, Emma. Mais justement, je suis mal placée… Contrairement à toi, je ne pense pas qu'il s'agisse d'une idée saugrenue. De ce que j'ai vu d'Henry-
– Tu ne l'as vu que quelques heures et tu peux déjà déterminer ce qui est bon pour lui ?
Emma se fâcha, contrariée de ne pas être soutenue.
– Alors qui suis-je pour l'influencer ou l'en dissuader ?
– Ce n'est qu'un enfant, Regina. S'il te plait…
– Oui… qui a un cœur pur. Il t'a vu. Il a hérité des mêmes perceptions que toi. C'est vrai qu'il est jeune, que c'est un adolescent, un jeune adulte… Justement, il n'a pas été perverti par des éléments externes.
– Il n'est pas prêt.
Henry s'interposa entre les deux compagnes et regarda sa mère, sûr de lui :
– Peut-être. C'est ce que je souhaite. Quand je t'ai entendu parler de ta rencontre avec Aphrodite, je l'ai compris comme un signe.
– Qu'est-ce que te fait dire que c'est bien ce que tu veux ? Tu es un peu jeune pour prendre une décision de cette importance. Elle te sera liée à vie.
– Je sais. Mais c'est négociable, Aphrodite l'a dit. Non ? Nous pouvons-
– Nous ?
– Ecoute-moi jusqu'au bout… J'ai besoin de vous. Il regarda tour à tour sa mère et Regina : Nous pouvons Lui proposer un apprentissage … pour moi… un style d'orientation professionnelle, d'études en sociologie, sous votre approbation à toutes les deux … Toi parce que tu sauras ce qu'il y a de mieux pour moi et Regina de par son expérience… Jusqu'à ce qu'Elle homologue ma conversion et ma maitrise…
La secrétaire n'avait pas bougé de son fauteuil et observait l'échange, sans intervenir. S'il s'agissait d'une affaire de famille, dans le fond, son avis de personne externe comptait aussi, pour la forme. Elle se joignit à la conversation :
– Et je serai là aussi, Henry, tu peux compter sur moi. S'il y en a bien une qui a su garder un œil lucide dans toute cette histoire c'est moi. Je ne suis pas concernée par des liens affectifs… Enfin en quelque sorte, vous faites partie de ma famille, mais je suis toujours restée objective… Et Regina, sans offense, je ne vous connais pas :
– Pas de souci, rétorqua la concernée. Elle repartit s'asseoir à sa place.
– Maman…
– Oui ?
– Je suis persuadé que c'est la solution idéale pour rééquilibrer le monde… Et pendant ce temps-là, vous pouvez continuer, ensemble, … ce que vous faisiez ? lui dit-il d'une petite voix et avec des yeux de chiot battu.
– Tu y as bien réfléchi, on dirait…
– Oui. Et … ça me remplit… là… Cette sensation, rien que d'y penser et de m'y approcher… Ce bien-être, ce service que je peux rendre aux gens… Leur apporter un peu de bonheur, de l'espoir…
– N'es-tu pas un peu trop optimiste ? lui demanda Regina, encore un peu sur la défensive : Le bonheur est un mythe, Henry. J'y ai cru.
Henry s'approcha de l'actuelle disciple d'Aphrodite et s'abaissa à sa hauteur :
– Regina, regardez. Regardez autour de vous. Vous le vivez, ce bonheur.
Regina leva les yeux et croisa le regard d'Emma. Elle lui sourit malgré elle. Son fils… son petit garçon ne lui appartenait plus. C'était une évidence. Il avait trouvé sa voie. Elle hocha la tête, résignée, en accord avec son fils. Elle les rejoignit et s'assit de l'autre côté et lui prit la main. Elle était convaincue, maintenant. Qui d'autre que son fils pouvait relever, accomplir une telle mission. Elle le corrigea :
– Le bonheur existe, il est réel et nous le vivons.
– Et je ferai en sorte de retrouver ces jours heureux pour tous et de les partager avec d'autres. Ma décision en vaut la peine…
– Même si elle est irrévocable ?
– Cela fera partie des négociations. Je pourrais décider de m'arrêter et avec Aphrodite, nous me trouverons et formerons un successeur.
Henry voulut se redresser et pour prendre appui sur la table basse, il posa sa main sur une pile de lettres ouvertes. Une onde transparente, ressemblant à de l'eau, s'échappa de sa paume et s'étala sur toute leur surface. Les mots se mirent à briller et à éclairer la pièce.
– Que … Comment as-tu fait ?
– Je ne sais pas.
Il se pencha sur les mots. Comme s'ils lui obéissaient en pensée, ils s'évaporèrent dans l'air et tourbillonnèrent au-dessus de l'amas de courriers. Les filets de lettres et de phrases se glissèrent entre les enveloppes et les soulevèrent. Ils effectuaient une sorte de tri. Puis une onde saisit une enveloppe et l'associa à la lettre qu'il avait touché. Henry prit les deux missives. Il décacheta l'enveloppe scellée.
– Qu'est-ce que tu fais ? lui demanda sa mère, incrédule.
Ruby et Regina s'étaient approchées d'eux et regardaient béatement la scène, magique, qui se déroulait sous leurs yeux.
– Je … rien. Ça vient comme ça.
Il lut la première lettre, puis la seconde et passa d'une page à une autre. Il tendit les deux courriers à Regina qui les lui prit doucement des mains. Elle leva les yeux vers le jeune homme et lui sourit. Sans lire ce que contenaient ces lettres, elle savait.
– Je crois qu'Henry vient de percevoir et rassembler deux âmes sœurs.
Aphrodite apparut à ce moment-là dans le salon. Un halo de lumière brouillait les détails de sa silhouette. Ruby se rassit sous le poids de l'apparition et de l'inconcevable. La Déesse, elle-même, se présentait également à elle, simple et anonyme mortelle. Elle pouvait ressentir une aura chaleureuse et bienfaitrice qui émanait de ces faisceaux lumineux. Même si elle avait un peu peur, elle ne se sentait pas en danger.
Regina et Emma reculèrent à l'unisson, tandis qu'Henry souriait. Contrairement à sa mère, il s'approcha et s'inclina :
– Vous avez tout entendu, n'est-ce pas ?
– Oui.
– Cela vous convient-il ?
– Au-delà de tout ce que Nous pouvions imaginer.
– Emma et Regina, il parla d'elles comme si elles n'étaient pas dans la pièce, à côté de lui, poursuivront la véritable mission de la Déesse de l'Amour en attendant la fin de mon instruction. Qui de mieux que deux entremetteuses hors pairs, ensemble, pour rétablir l'équilibre et réparer les erreurs du passé.
– L'équilibre c'est maintenir le lien qui unit deux âmes destinées l'une à l'autre. Te rends-tu bien compte de ce que tu souhaites ? Si cet Être impartial et objectif ne veille pas, c'est le chaos. C'est ce qu'a créé le règne de Cora. Est-ce ce que tu veux vraiment ? Consacrer ta vie à cette Destinée ?
– Oui, plus que jamais. Et vous le savez, vous aussi. Vous ne seriez pas ici, autrement.
– En effet. Tu es fort avisé pour ton âge, Henry.
– Mais il ne s'agit pas d'âge mais de perception, n'est-ce pas ?
– Plus que jamais, nous avons besoin d'une personne suffisamment puissante et pure pour corriger les infractions, réparer les abus, réinstaurer l'ordre.
Henry se tourna vers les trois femmes qui n'intervenaient pas. Elles écoutaient attentivement. Emma ressentait qu'elle n'avait plus son mot à dire, tout cela la dépassait largement. C'était au-dessus de son rôle de mère.
Henry sentit sa détresse et se rapprocha d'elle :
– Vois-le comme un internat. Je reviendrai. Souvent. Je t'appellerai. Et qui d'autre que Regina et toi peut m'apprendre les subtilités du terrain ?
Fin.
XXX
Voici donc, l'histoire et l'application qui m'ont inspirée : YT Episode Choose Your Story:- Matchmaker Chapter #1 (Diamonds used) chaine d'Abhirio.
L'intrigue et les dialogues appartiennent à 40% à Alex Light, 20% à Edward Kitsis et Adam Horowitz et le restant sort de ma tête J'espère qu'elle vous a plue.
